jeudi 30 septembre 2010

Au large de l’Afrique : Des marins-pêcheurs, esclaves des temps modernes !

En Europe, nous mangeons les poissons de ces forçats des mers en nous fermant les yeux derrière des labels et autres écocertifications ! Nous sommes tous coupables ! Lire aussi : Tous complices des braconniers des mers !

Au départ, l’organisation britannique, Environmental Justice Foundation (EJF), voulait mener une enquête sur les bateaux pirates pour montrer leur impact négatif et jusqu’ici non mesuré sur les stocks de poisson au large des côtes ouest-africaines. Ce qu'ils ont découvert est autrement plus troublant. Sur ces bateaux pirates, véritables poubelles des mers, les travailleurs sont traités dans des conditions proches de l'esclavage.

Ces marins-pêcheurs travaillent pour des armateurs sans scrupule qui écoulent les poissons sur les marchés asiatiques et européens !

Les conditions décrites par les militants d’EJF, dans un long reportage publiées par The Guardian, donnent froid dans le dos : nourriture périmée, insalubrité et travail éreintant sans aucune règle de sécurité. Côté salaire ? Un pêcheur francophone nous parle de 200 dollars par mois dans la vidéo ci-dessous. C'est-à-peine si ces esclaves des temps modernes reçoivent une boîte de déchets de poissons, qu'ils peuvent revendre au marché pour quelques dizaines de dollars.

La plupart de ces bateaux sont enregistrés sous pavillon de complaisance mais ont des autorisations pour commercialiser leur poisson sur les marchés asiatiques et européens, ajoutant au non-respect des droits humains la concurrence déloyale et l’épuisement des ressources naturelles.

ALL AT SEA-The Abuse of Human Rights on Illegal Fishing Vessels from Environmental Justice Foundation on Vimeo.

Pour plus d’informations sur l’enquête d’EJF : All at Sea – the abuse of human rights aboard illegal fishing vessels

Autre article :

Pour aller plus loin...

Le 28 novembre 2010

Résolution du Parlement européen du 25 novembre 2010 sur les droits de l'homme et les normes sociales et environnementales dans les accords commerciaux internationaux

Droits de l'homme et normes sociales et environnementales dans les relations commerciales unilatérales: SPG et SPG+

24. estime que les 27 conventions, dont la ratification et la mise en œuvre effective sont demandées afin de pouvoir bénéficier du SPG+, représentent un mélange unique de conventions sur les droits de l'homme, le droit du travail, l'environnement et les normes en matière de bonne gouvernance; souligne que, jusqu'ici, le SPG+ a eu un impact positif visible en ce qui concerne la ratification de ces conventions, mais moins quand il s'agit de leur mise en œuvre, et souhaite donc mettre davantage l'accent sur les mesures d'accompagnement visant à améliorer la capacité de mise en œuvre; considère également que, pour assurer la crédibilité du SPG+, la Commission doit lancer des enquêtes si des éléments concordants indiquent que certains pays ne mettent pas en œuvre les 27 conventions, et le cas échéant supprimer les préférences;

25. considère qu'un lien plus étroit pourrait être établi entre les clauses sur les droits de l'homme et le SPG+ dans les accords de l'Union européenne avec les pays tiers, en particulier en ce qui concerne le suivi;

26. invite la Commission, dans le processus de révision du régime SPG, à faire en sorte qu'il bénéficie surtout aux pays qui en ont le plus besoin, et à simplifier les règles d'origine, afin que les pays bénéficiaires de l'initiative «Tout sauf les armes» et du régime SPG+ puissent tirer le plus grand profit des préférences qui leur sont accordées; demande que des points de comparaison, des mécanismes et des critères transparents pour l'octroi ainsi que le retrait des préférences dans le cadre de ce régime soient établis; demande également la pleine participation du Parlement européen tout au long de ce processus, notamment en ce qui concerne la proposition du Conseil relative aux listes de pays bénéficiaires, le lancement des enquêtes ou la suspension temporaire du SPG+;

27. prie instamment la Commission de déposer dans les meilleurs délais une proposition de règlement interdisant l'importation dans l'Union de biens produits par le biais de formes modernes d'esclavage, du travail forcé, notamment du travail forcé de groupes particulièrement vulnérables, en violation des normes fondamentales des droits de l'homme;

Texte intégral, Cliquer Ici

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Guide : Convention de l’OIT sur le travail dans la pêche 2007

Convention de l’OIT sur le travail dans la pêche 2007

Guide pour les syndicats

ITF

La convention de l’OIT sur le travail dans la pêche 2007 (n° 188) vise à faire en sorte que les pêcheurs du monde entier bénéficient de conditions de travail et de vie décentes. Après des années de négociations difficiles, elle a été adoptée en juin 2007, de même qu’une recommandation officielle qui l’accompagnait.

Cette convention historique s’applique à tous les types de pêche commerciale et s’attache à fournir des normes minimales acceptables qui protègent les pêcheurs dans tous les aspects de leur travail, sachant qu’il s’agit d’une profession extrêmement dangereuse qui n’est pratiquement pas réglementée.

Les pêcheurs et les navires de pêche étant exclus de la quasi-totalité de la législation existante, cette convention établit un cadre fondamental d’obligations pour les employeurs, et d’obligations correspondantes pour les gouvernements concernant l’intégration des normes minimales à la législation nationale. Cela représente un plus grand défi pour certains gouvernements que pour d’autres, étant donné la diversité des conditions dans lesquelles opère l’industrie de la pêche à travers le monde. Pour cette même raison, il est probable que les dispositions les plus fondamentales de la convention auront davantage d’impact sur les pêcheurs travaillant dans les secteurs de l’industrie les moins développés.

La convention est flexible, de manière à être pertinente pour tous les types de pêche commerciale et à être appliquée dans le monde entier. Certaines de ses dispositions bénéficient en outre d’une mise en place progressive.

Cependant, bien qu’adoptée, elle n’entrera pas en vigueur avant d’avoir été ratifiée par 10 États membres de l’OIT (Organisation internationale du travail), dont huit doivent être des États côtiers. Cette condition n’est pas encore remplie. L’ITF estime qu’il est essentiel que davantage de pays la ratifient, et que les syndicats ont un rôle important à jouer pour les convaincre de le faire.

L’ITF tient à rendre hommage aux 30 millions d’hommes et de femmes dans le monde qui travaillent dans le secteur de la pêche et veut les aider à obtenir des conditions de travail décentes à travers l’application de cette convention. Ce guide vise à aider les syndicats et leurs membres à mieux comprendre la convention et à mener des actions de lobbying plus efficaces en faveur de sa ratification ; à les aider à s’en servir pour améliorer les conditions de travail et soutenir les négociations collectives ; et enfin à montrer comment elle peut être appliquée en utilisant une convention collective cadre de l’ITF spécifique.

Sommaire :
  • À propos de la convention
  • De quelle protection bénéficient les pêcheurs ?
  • Que signifie « flexible » dans ce contexte ?
  • Qui est couvert ?
  • En quoi la convention profite-t-elle aux petits pêcheurs ?
  • Quelles sont les répercussions sur la réglementation existante concernant le travail dans la pêche ?
  • Qu’est-ce que cela signifie pour les pêcheurs ?
  • Quel est l’âge minimum ?
  • Quelles sont les normes médicales ?
Pour télécharger le document, cliquer ITF

------ 10 mars 2011 ------

Des réseaux criminels organisés sont impliqués dans la Pêche illégale !

« Le gouvernement norvégien reconnaît que des réseaux criminels organisés sont impliqués dans la pêche illicite et qu’ils constituent une nouvelle forme de crime ayant non seulement un impact important sur l’environnement, mais étant également associée à d’autres types de criminalité transnationale organisée. La Norvège est résolue à faire la lumière sur ces faits dans les futures procédures internationales sur la criminalité transnationale organisée et à réagir face à ces crimes. Et nous espérons que l’Union européenne accordera la plus haute priorité à ces questions. » Citation de Gunnar Stølsvik, chef du groupe norvégien consultatif national contre la pêche INN tirée de : «La pêche illégale ignore les frontières – la loi doit en faire autant» (cfp-reformwatch.eu)

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Le 12 septembre 2011

Violation des droits des pêcheurs et concurrence déloyale (CLPM Le Guilvinec)

Dans le monde les pêcheurs sont l’un des groupes humains dont les droits sont les plus bafoués. International Trade Federation (ITF) vient de rendre public un rapport qui met le doigt sur le lien entre les abus et la pêche illicite (IUU) pratiquée par des navires sous pavillon de complaisance. Cela peut paraître lointain, mais une bonne partie de cette pêche illégale arrive à prix cassés sur les marchés européens.

La pêche illicite a le triste record de présenter souvent les conditions de travail les plus déplorables et le plus grand nombre de violations des droits. Les enquêtes menées par Environmental Justice Foundation (EJF), soutenue par ITF, démontrent que les équipages des navires IUU travaillent dans des conditions proches de l’esclavage. Dans son nouveau rapport « All at sea : the abuse of human rights aboard illegal fishing vessels » l’EJF dénonce ces violations des droits humains et l’absence de règlementation internationale, notament sur les pavillons de complaisance (mais pas seulement), qui permet aux opérateurs IUU de commettre ces violations des droits humains en toute impunité.

La Mission de la Mer qui travaille ces questions donne un exemple classique de contrat IUU : un népalais analphabète a signé un contrat de trois ans au salaire de 200 US$ par mois. Sur cette somme 150 US$ sont prélevés par l’agence de Singapour chaque mois, ainsi que les six premiers mois de salaire. 50 US$ sont retenus mensuellement par le capitaine et remis dans le port. Les envois d’argent au Népal se font tous les six mois. Le travail journalier est de 18 heures, sans heures supplémentaires. Toilettes et lessives se font à l’eau de mer. Le pêcheur doit rentrer à Singapour par ses propres moyens pour toucher son salaire. Si le contrat n’est pas rempli, pour une raison ou une autre, le pêcheur est abandonné sur place.

Les États et l’Europe doivent prendre leurs responsabilités dans ce domaine. Madame Damanaki indique elle-même que « nous importons plus des deux tiers de la consommation européenne », quel pourcentage provient des pêches illicites ? Il faudrait dire aux pêcheurs européens que la Politique Commune des Pêches (PCP) prévoit un alignement sur les cours mondiaux, mais qu’en plus la lutte contre les IUU n’est faite que de vœux pieux....

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Le 14 septembre 2011

Derrière la pêche industrielle thaïlandaise, les récits d'esclavage (20 minutes)

RAYONG (Thaïlande) - Des milliers de Birmans et de Cambodgiens travaillent sur les riches bateaux de pêche thaïlandais, mais à bord se côtoient parfois ouvriers en règle et esclaves des temps modernes. Avec des récits de meurtres, de violence, de terreur.

Le jour où Hla Myint a vu la mer la première fois, c'est après un trek d'une semaine à travers la jungle pour rejoindre la côte thaïlandaise depuis la Birmanie. Le début de sept mois "en enfer", marqués par des violences "chaque jour, chaque heure".

Son témoignage en rejoint bien d'autres dans un secteur qui, selon plusieurs rapports, s'appuie sur le travail forcé.

Hla Myint a décidé de plonger du bateau où il était retenu après avoir assisté à l'exécution d'un compagnon d'infortune.

L'homme, qui avait tenté de s'évader, a été torturé devant l'équipage. "Puis ils l'ont emmené à l'arrière du bateau, l'ont fait monter sur le bord et lui ont tiré une balle dans la tête", ajoute celui qui aide désormais une association à recueillir les fuyards.

Son histoire, il l'a racontée à l'AFP lors d'une opération pour récupérer quatre Birmans près de la ville de Rayong, à une heure et demie de Bangkok. "Ils m'ont dit que si j'essayais de me sauver, une balle ne coûterait que 25 bahts" (83 cents), a raconté Myo Oo, 20 ans.

Mana Sripitak, de l'Association nationale de la pêche, affirme qu'il est "impossible" que le travail forcé soit utilisé. Mais le gouvernement lui-même reconnaît un flou propice aux malversations et promet l'enregistrement futur de tous les bateaux.

"On ne peut pas savoir ce qui se passe quand les bateaux quittent la côte. Les ouvriers peuvent être torturés ou détenus. Les capitaines exercent un contrôle absolu et ils peuvent maltraiter les gens", admet sans détour Sirirat Ayuwathana, du ministère du Développement social, en charge du trafic des êtres humains.

Impunité et collusion

Les Nations unies, tout en évoquant des efforts du pouvoir, ont récemment dénoncé un phénomène "qui augmente en proportion".

A bord, les hommes travaillent 20 heures par jour, sept jours sur sept. Certains bateaux-mères se déplacent pour faire le plein des navires, en fuel et en personnel. Certains sont ainsi piégés des mois, voire des années, jusqu'au large de la Somalie, selon l'Office international des migrations (OIM).

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Le 22 juin 2012


Des patrons de pêche s’arrogent en toute impunité le droit de vie et de mort sur leur équipage. A leur insu, les consommateurs occidentaux sont complices du système.

Dans la plaine du Cambodge brûlée par le soleil, où la poussière pique les yeux et bouche les pores de la peau, se dresse une minuscule habitation bâtie sur des pilotis en ciment. Elle abrite trois générations d’esclaves en fuite. Le chef de famille, Sokha (un pseudonyme), est de retour depuis peu, après deux ans de captivité. La maison est dans le même état que lorsqu’il l’a quittée : vide, avec quelques oreillers sales en guise de meubles. Des rais de lumière filtrent à travers les fissures des murs. Le bien le plus précieux de la famille, une truie, se dandine en grognant sous le plancher surélevé. Jusqu’à son évasion, en décembre dernier, Sokha était la propriété d’un capitaine de chalutier de haute mer. Ce Cambodgien de 39 ans, son jeune fils et deux de ses neveux avaient chacun été achetés pour environ 650 dollars [520 euros] via des intermédiaires leur ayant promis un travail au noir dans une conserverie de poissons.La conserverie n’existait pas. Introduits clandestinement en Thaïlande, les quatre Cambodgiens ont été embarqués sur un bateau en bois qui a pris le large sur une mer de non-droit. L’oncle de Sokha était tombé dans le même piège cinq ans plus tôt. Il avait réussi à s’échapper et avait mis en garde sa famille. En vain. Sokha a persuadé son fils, alors âgé de 16 ans, que, cette fois, l’aventure tournerait différemment. Bien entendu, il se trompait. “Nous étions contraints de travailler à l’œil et sans arrêt pendant parfois deux ou trois jours d’affilée, malgré le mal de mer et les vomissements, se souvient-il. Nous obéissions au doigt et à l’œil au capitaine.” Un capitaine qui proférait des menaces de mort pour maintenir son emprise sur l’équipage et n’hésitait pas à sortir son pistolet K-54 datant de la guerre du Vietnam. Une nuit, il a tailladé le visage de l’un des esclaves sous les yeux de l’équipage. “Vingt heures par jour, nous étions forcés de pêcher et de trier ce que nous remontions : maquereaux, crabes, calmars, poursuit Sokha. Mais le poisson n’était pas pour nous.”

Un marché axé sur l’exportation

A qui était-il donc destiné ? La réponse devrait faire tomber des nues tous ceux qui observent de près l’industrie de la pêche en Thaïlande, secteur générant plusieurs milliards de dollars. “C’est un marché axé sur l’exportation. Et nous savons vers quels pays ces produits partent”, indique Lisa Rende Taylor, du Projet interagences des Nations unies sur le trafic d’êtres humains (Uniap). “Il suffit de faire le calcul.”

La Thaïlande est le deuxième fournisseur de produits de la mer des Etats-Unis, avec une part de marché de 16 % de ces importations. En 2011, selon la Direction américaine des pêches maritimes, la Thaïlande a exporté 375.000 tonnes de poissons et de fruits de mer aux Etats-Unis pour une valeur dépassant 2,5 milliards de dollars [1,6 milliard d’euros]. Seul le Japon en consomme davantage.

En cette ère de mondialisation, les Etats-Unis apparaissent de plus en plus sensibilisés aux mauvais traitements subis par les pauvres qui, à l’étranger, les approvisionnent en produits de consommation. Il suffit de voir le succès remporté par le commerce équitable, l’indignation suscitée par les “diamants de sang” [qui financent des guerres en Afrique] et, plus récemment, le tollé provoqué par les conditions de travail inhumaines qui règnent chez les sous-traitants chinois d’entreprises comme Apple.

Mais l’assemblage des iPad est une sinécure comparé à l’esclavage pratiqué sur les chalutiers thaïlandais. Là, les conditions de travail sont aussi dures et exténuantes que dans les plantations américaines au XIXe siècle. Les plus chanceux parviennent à s’évader au bout d’un an ou deux. Les autres sont revendus encore et encore. Quand ils ne sont pas assassinés.

Il est de plus en plus difficile de nier que les gros importateurs de produits de la mer thaïlandais – Japon, Etats-Unis, Chine et Union européenne – profitent, de fait, du travail forcé. Les témoignages d’anciens esclaves, d’associations de pêcheurs thaïlandaises, de fonctionnaires, d’exportateurs et de travailleurs sociaux recueillis par le Global Post au cours d’une enquête de trois mois ont levé le voile sur une chaîne logistique qui repose sur l’esclavage. La complexité du réseau de chalutiers, bateaux-mères et grossistes indépendants contribue à masquer l’origine du poisson pêché par les esclaves bien avant que celui-ci ne soit débarqué à terre. C’est ainsi que nombre de patrons d’usines thaïlandaises ignorent par qui a été pêché le poisson qu’ils transforment avant de l’exporter.

mardi 28 septembre 2010

Aires du patrimoine communautaire : Pêcheurs, gardiens de la biodiversité marine et côtière

Aires marines protégées, Parcs marins, Réserves marines, Natura 2000 en mer sont autant de mesures pour protéger l'environnement marin et côtier. En 2003, lors du congrès mondial sur les parcs de Durban, l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) a reconnu en plus les Aires du patrimoine communautaire (APAC) ; c'est la reconnaissance que les peuples autochtones et les communautés traditionnelles peuvent gérer de leur propre chef les espaces naturels menacés....

Tout est parti d'Afrique et notamment du Sénégal....

En Afrique de l’Ouest, le secteur de la pêche est en crise depuis les années 1990. Face à la diminution des ressources halieutiques, les organisations environnementales ont été les premières à réagir. Dans le prolongement de la Convention sur la biodiversité issue du Sommet de la Terre à Rio 1992, plusieurs Ong internationales ont « poussé » les autorités ouest africaines à mettre en place des aires marines protégées (AMP). Au Sénégal, cinq AMP ont été décrétées en 2004 : Saint-Louis, Kayar, Joal-Fadiouth, Bamboung et Abene-Kafountine.

Cependant, la diminution des stocks de poissons voire l’effondrement de certains est d’origine multifactorielle. La pêche illégale des flottilles internationales, l’afflux des populations rurales vers les côtes, la précarité des communautés littorales et le changement climatique sont autant de facteurs qui agissent et interfèrent sur la gestion et l’exploitation des pêcheries. Il est illusoire de penser que la diminution des ressources halieutiques s’inversera en actionnant un seul levier : Aires marines protégées (AMP).

Les AMP ont le plus souvent été fondés sur des interdits, des obligations.....

Depuis leur création, les Aires Marines Protégées et autres Parcs marins ont le plus souvent « été fondés sur des interdits, des obligations, mais surtout une très grande défiance envers les premiers occupants des lieux, pour ne pas dire au total mépris de leurs intérêts légitimes. De manière générale, les mesures conservatoires ont toujours été imposées aux communautés locales par des organismes qui leur étaient extérieurs, souvent même sans qu'elles soient consultées, voire seulement interrogées. De nos jours, la déprédation du patrimoine naturel mondial est désormais trop importante pour envisager de poursuivre - et a fortiori intensifier - de telles procédures. Il s'agit tout au contraire de repenser fondamentalement le système des Aires protégées dont l'efficience et le statut demeurent bien précaires dans de nombreuses régions du monde, dans les pays du Nord comme dans les pays du Sud. » (1)

Six années après la création des cinq premières aires marines protégées, les résultats sur le terrain sont plutôt minces. Dans un rapport, Claude Sène de l'Association pêche tourisme environnement (Apte) « fait état des sérieuses menaces qui pèsent sur les aires marines protégées. Parmi ces menaces, on peut citer la pauvreté grandissante qui frappe les populations vivant dans et autour des aires marines protégées et la mauvaise gestion de ces dernières. La diminution des ressources halieutiques, la pollution, l'occupation des zones marines et côtières par des activités économiques et l'urbanisation constituent de sérieuses menaces pour ces aires marines protégées. Les spécialistes de la conservation ont souvent déploré la faiblesse de la volonté politique pour financer les aires marines protégées. » (2)

Aires de patrimoine communautaire reconnues au Congrès mondial sur les Parcs de Durban 2003

Traditionnellement, la gestion des écosystèmes côtiers est inscrite dans les habitudes ancestrales des communautés littorales. La protection de l’environnement qui est ancrée dans la culture villageoise, relève de la survie de ces communautés littorales. Il s’agit par exemple des espaces sacrés et réservés, des interdictions et des limitations temporaires ou pérennes d’usage de certaines espèces, des obligations sociales par rapport à l’extraction des ressources gérées par des règles communautaires,… Il s’agit encore d’un animal totem qu’il est interdit de tuer parce qu’il est lié soit à un ancêtre, soit à un génie.

Ce sont les Aires du Patrimoine (et Autochtone) Communautaire (APAC) qui traduisent le mieux cette gouvernance locale de la biodiversité et des aires protégées. Les Aires du patrimoine communautaire qui ont une approche de la conservation plus « capillaire », participative, équitable et efficace en environnement marin, ont été reconnues par l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) au Congrès mondial sur les Parcs de Durban 2003.

Avec les APAC, les communautés locales reprennent en main leurs espaces naturels menacés

Face au manque de résultats des 5 AMP classiques initiées et portées par les ong environnementales, les communautés de pêcheurs sénégalais fondent beaucoup d’espoir dans les aires de patrimoine communautaire (APAC). « Les aires de patrimoine communautaire permettent aux communautés locales de reprendre en main leurs espaces naturels menacés. Elles constituent une alternative aux aires protégées établies et gérées par les États. » (3)

Mais, « la reconnaissance du bienfait de la gouvernance locale de la biodiversité et des aires protégées est un phénomène inexplicablement tardif et apparemment gênant pour plusieurs états, ONGs et experts de la conservation. D’une certaine façon, ni les états ni les experts ne semblent facilement « faire confiance » aux peuples autochtones et aux communautés locales en tant que décideurs et gestionnaires des ressources naturelles. » (3)

Depuis le 1 juin 2010, les pêcheurs de la communauté de Mangangoulak en Casamance sont autorisés à gérer et à protéger de leur propre chef un territoire de pêche, après la signature du Gouverneur de Ziguinchor d’un arrêté « portant autorisation de créer une Aire de Patrimoine Communautaire. » L’Etat sénégalais reconnait que les pêcheurs sont les gardiens de la biodiversité marine et côtière. Philippe Favrelière

(1) IUCN. Les Aires du Patrimoine Communautaire (http://cmsdata.iucn.org/downloads/cca_jlariviere.pdf)

(2) Article dans allafrica juillet 2010 : Aires marines protégées - Ces difficultés qui gênent leur fonctionnement (allafrica)

(3) Grazia Borrini-Feyerabend. 2009. Engager les peuples autochtones et les communautés locales dans la gouvernance des aires protégées en environnement marin et côtier: options et opportunités en Afrique de l’Ouest. Rapport pour le projet Sirenes. IUCN/PRCM/CEESP

Autre article :

Photographie de Philippe Favrelière : Départ à la pêche dans le port de Kafountine (Casamance - Sénégal)

Pour aller plus loin....

Les aires marines protégées d'Afrique de l'Ouest - Gouvernance et politiques publiques

Les aires marines protégées d'Afrique de l'Ouest

Gouvernance et politiques publiques

Editeurs scientifiques

Jean-Yves Weigel, François Féral, Bertrand Cazalet

Veigel J.Y, Féral F, Cazalet B., Les aires marines protégées d'Afrique de l'Ouest. Gouvernance et politiques publiques. Presses Universitaires de Perpignan, 232 pages. PUP, 2007

Le Sommet mondial pour le développement durable, qui s'est tenu à Johannesburg en 2002, a réaffirmé le rôle des aires marines protégées dans la conservation de la biodiversité en prenant l'engagement de créer des réseaux représentatifs censés couvrir 20 à 30% de la surface maritime à l'horizon 2012.

L'expression détaillée des recommandations du Sommet et de celles du Congrès mondial sur les parcs de Durban (2003) ont mis l'accent sur la nécessaire cohérence des politiques de préservation des ressources naturelles et de développement socio-économique, plus particulièrement en ce qui concerne la catégorie d'aire protégée administrée principalement à des fins d'utilisation durable des écosystèmes naturels (IUCN, 1994)

Mais au-delà, ces recommandations soulignent l'indispensable association de toutes les parties prenantes (stakeholders) aux différentes étapes de la constitution et de la mise en œuvre d'une aire protégée ; elles appellent à la reconnaissance et au respect de la propriété coutumière, des droits d'usage et d'accès des populations locales, ce dernier point étant particulièrement important dans la mesure où il englobe la question des droits de pêche traditionnels peu ou pas pris en compte par les programmes de protection des espaces marins.


L'importance de la gouvernance est ainsi explicitement reconnue dans plusieurs recommandations du Congrès, dont celles concernant l'établissement d'un système mondial de réseaux d'aires protégées marines et côtières, la protection de la diversité biologique marine et des processus écosystémiques, la gestion intégrée du paysage pour soutenir les aires protégées, ou bien encore les recommandations portant sur la cogestion des aires protégées et sur la pauvreté des populations locales". Ces recommandations s'inscrivent dans un mouvement général qui mentionne le caractère central des facteurs sociaux, culturels, économiques et institutionnels pour la conservation et qui appelle à décentraliser le plus possible la gestion.

Cette reconnaissance de l'importance de la gouvernance environnementale conduit à adopter une conception plus ouverte de la gestion des aires marines protégées permettant de discuter, non seulement du rôle de l'administration dans le processus de régulation de l'accès et de l'usage des ressources, mais également de la contribution que peuvent apporter d'autres intervenants tels que les communautés de résidents ou de pêcheurs, les ONG et les acteurs privés. Cette reconnaissance, qui s'inscrit dans une tendance mondiale à la décentralisation de l'autorité et de la responsabilité, vise à obtenir un engagement plus marqué de la société civile dans le processus décisionnel et réhabilite la gouvernance locale.

Ainsi, la question de la gouvernance environnementale et locale des aires marines protégées est celle de la coordination des organisations et des acteurs privés, communautaires ou publics, qui suppose la prise en compte d'un ensemble de contraintes et la levée d'un certain nombre d'ambiguïtés susceptibles d'être autant d'obstacles à l'atteinte des objectifs de développement durable, Les aires marines protégées sont un champ d'expérimentation privilégié de tels modes de coordination dont l'enjeu dépasse ces espaces, au regard du nombre considérable d'usagers dépendant des ressources naturelles dans les pays du Sud.

La caractérisation et l'évaluation des modes de gouvernance….

Pour télécharger le document, cliquer Ici

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Governance of marine protected areas in the least-developed countries

Case studies from West Africa

Weigel, J.Y.; Féral, F. & Cazalet, B., eds.

FAO Fisheries and Aquaculture Technical Paper No. 548. Rome, FAO. 2011. 78 pp.

Ce document en anglais est une synthèse du document en français ci-dessus

« Les aires marines protégées d’Afrique de l’Ouest. Gouvernance et politiques publiques (Weigel et. al, 2007)

This document is a synthesis of Les aires marines protégées d’Afrique de l’Ouest. Gouvernance et politiques publiques (Weigel et. al, 2007) which proposes an analytical framework to study the governance of MPAs in the LDCs, drawing on four sources of inspiration: (i) the interactive fisheries governance approach; (ii) the risk governance approach; (iii) the socioanthropology of mediations and brokerage; and (iv) the governance analytical framework. The framework indicates the five issues that must be addressed in order to operationalize the concept of governance in LDC MPAs: (i) definition of the problem or the issue at stake; (ii) identification of the set of relevant governance norms; (iii) presentation of the actors involved in the governance process; (iv) highlighting the nodes around which actors’ strategies converge; and (v) recalling the processes that have led to the current state of governance. This analytical framework makes it possible to characterize the governance system of each of the MPAs considered and to develop a typology of these systems. The characterization of different governance systems highlights their weaknesses and paves the way for new public policy options and, more generally, for the restructuring of governance to correct these weaknesses. In order to develop an analytical framework and the characterization of governance systems the main MPA governance principles and constraints, as well their legal context, were clarified. This was done by testing the proposed methodology in three West African coastal and marine protected areas, which illustrated the difficulties of governance in LDCs: the Banc d’Arguin National Park in Mauritania, the Saloum Delta Biosphere Reserve in Senegal, and the Bolama Bijagos Archipelago Biosphere Reserve in Guinea-Bissau. The analysis of demographic and economic constraints in these West African MPAs showed the importance of: (i) increasing population density and mobility; (ii) the intensification of resource exploitation; and (iii) and the opening of the MPA economy. The analysis of the legal and institutional contexts showed the international inspiration of the MPA objectives and conservation arrangements, and the syncretism of the legal system.

Pour télécharger le document, cliquer FAO

lundi 27 septembre 2010

Des huîtres aux poissons panés : L’envolée des prix sur les marchés

15% - 20, 25% - 15% et 35%.... Qui dit mieux ?

Findus France qui fustige la raréfaction des ressources halieutiques, annonce 15% de hausse sur le tarif de ses poissons panés au début de l’année 2011. D’ici les fêtes, le prix des huîtres devrait augmenter de 15% selon le Comité national de la conchyliculture (CNC), plutôt de 20 à 35% selon le Comité de survie de l’ostréiculture (CSO)….

Rachita Dati, ancienne Garde des sceaux, est passée par le journal de Canal+ pour nous ouvrir les yeux sur les marchés… « Quand je vois certains (ndlr fonds d’investissements) qui demandent des taux de rentabilité à 20, 25 %, avec une fellation quasi-nulle... » Voir Sud-Ouest : Le lapsus de Rachida Dati déclenche l'hilarité sur le web

Question de survie pour les ostréiculteurs

Les ostréiculteurs sont dans l’obligation d’augmenter le prix de vente des huîtres pour une question de survie de leurs entreprises. Compenser la diminution de production d’huîtres après la mortalité massive du naissain par une hausse des tarifs à la douzaine d’huîtres.

Question de rentabilité pour les investisseurs de Findus France

Findus France invoque la raréfaction des ressources halieutiques pour annoncer une augmentation de ses prix de 15% en moyenne. Le groupe explique que le poisson sauvage se raréfie, alors que la demande mondiale explose. La situation n'est guère meilleure du côté du poisson d'élevage. Le saumon est victime cette année d'une chute de la production au Chili et en Norvège…..

Mais, Findus France devrait aussi expliquer que le fonds d’investissements britannique Lion Capital (1) qui détient le Groupe de surgelés, lui impose 15% de croissance annuel ! « Si Lion Capital n'a pas réussi à mettre la main sur Findus Italie, il peut se targuer d'avoir hissé la marque en France au premier rang du marché, devant Maggi (Nestlé) et McCain. Findus France, qui a réalisé l'an passé 180 millions de chiffre d'affaires, s'est fixé un objectif de croissance de 15 % par an d'ici à 2013. » Le Figaro du 20 juillet 2010 : Unilever met fin à son aventure dans les surgelés

(1) Le fonds d’investissement Lion Capital vient d’acquérir le distributeur français Picard Surgelés qui compte plus de 850 magasins et a réalisé un chiffre d'affaires de 1,15 milliard d'euros en 2009, pour une valeur de 1,5 milliards d’euros à BC Partners qui avait lui-même racheté le distributeur français en 2004 pour 1,3 milliard d'euros.


Autres articles :

Revue de Presse :
  • Le 2 novembre 2010 : L'industrie de la transformation Adepale prévoit une hausse des prix

La demande en poissons et produits de la pêche de toutes espèces ne cesse d'augmenter sur le marché communautaire comme sur le marché mondial, traduisant l'intérêt des consommateurs pour les aliments d'origine marine et pour des protéines à coût abordable…..

A côté de ces situations, on note des cas de pêcheries ou de zones d'élevage en grave déficit intrinsèque (ex. anchois du Maroc, saumon du Chili) alors que les possibilités de substitutions peuvent entraîner des frais douaniers importants, en raison de la sortie du cadre des régimes à taux préférentiels. Par ailleurs, les industriels acheteurs de matières premières sur les marchés mondiaux se trouvent confrontés à une forte concurrence aux achats de la part des industries des autres continents (Asie, Amérique, marché émergents), elles mêmes désireuses d'alimenter leurs propres consommateurs. Ce phénomène de " ciseaux ", entre des disponibilités limitées et des marchés en expansion, a un fondement structurel, préfigurant une situation durable de déficit de la ressource par rapport aux besoins du marché. Dans ces conditions, l'offre tend à se réduire, et les industriels qui transforment ces produits sont obligés de prendre pleinement en compte les nouvelles problématiques d'approvisionnement, les hausses généralisées et durables des coûts de leurs matières premières, et même d'intégrer dans certains cas des risques de ruptures d'approvisionnements.

Les métiers de la transformation du poisson rassemblés au sein de l'ADEPALE représentent les fabricants de conserves de poissons, de semi-conserves d'anchois, de surimi, de saumon et truite fumés, de crevettes cuites, et de produits traiteurs de la mer. Ils représentent un CA cumulé de près de 2 milliards d'euros et environ 8.000 emplois directs. www.adepale.org

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  • Le 25 octobre 2010 : Plus grosse opération 2010

Le fonds Lion Capital s'empare des surgelés Picard pour 1,5 milliard d'euros (La Voix du Nord)

Le fonds d'investissement britannique Lion Capital a finalisé le rachat de Picard, spécialiste français des produits surgelés, pour 1,5 milliard d'euros, soit l'une des plus importantes opérations du secteur cette année en France.

« Lion Capital et BC Partners (actionnaire majoritaire du groupe français) ont bouclé la cession de Picard », a déclaré un porte-parole du distributeur français, confirmant une information du Figaro. Le même porte-parole a toutefois refusé de dévoiler les détails de la transaction.

« La cession est effective depuis le 14 octobre », a confirmé une porte-parole de BC Partners, par ailleurs propriétaire de Findus. Selon une source proche du dossier, cette opération s'élève à 1,5 milliard d'euros, dont près de 600 millions ont été versés en liquide, tandis que le reste est financé par emprunt auprès des banques et des marchés. « La croissance de l'activité permettra de générer du cash pour rembourser la dette », a déclaré le PDG de Picard, Philippe Pauze, jeudi au Figaro. Souvent décrit comme une success-story à la française, Picard, qui compte aujourd'hui 823 boutiques en France, dont plus d'une centaine à Paris, et 30 en Italie, change de propriétaire pour la troisième fois en dix ans.

Sur cette période, la chaîne de surgelés, qui emploie 4 000 salariés, a doublé son chiffre d'affaires. Celui-ci a atteint 1,15 milliard d'euros l'an dernier, et ce malgré la crise économique. La petite entreprise de pains de glace, créée en 1906 par Raymond Picard sous le nom des « Glacières de Fontainebleau », envisage désormais d'accroître encore sa taille, en ouvrant de nouveaux points de vente en France (95% de son chiffre d'affaires) et en pénétrant la Scandinavie. « Il y a un potentiel pour 250 à 300 magasins de plus (en France, ndlr), dont une vingtaine à Paris, mais surtout dans les grandes villes de province et celles de moins de 100.000 habitants », indique son PDG. Picard entend par exemple intégrer davantage de produits régionaux dans sa gamme pour séduire plus de monde en province.

Livraison à domicile…

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Lion Capital s'offre les surgelés Picard pour plus d'1,5 milliard d'euros (Agefi)

Le fonds a fait une offre, dont le financement, de l’ordre de 60% en dette, est assuré par Credit Suisse, Morgan Stanley et Citigroup. Les surgelés Picard, détenus par BC Partners, vont passer dans le giron du fonds britannique Lion Capital. Au coude à coude avec plusieurs candidats, notamment CVC et Bain Capital dans la dernière ligne droite, Lion Capital est entré en période de négociation exclusive avec l’actuel actionnaire en vue de la signature d’un accord au cours du quatrième trimestre 2010. Si le montant de l’opération n’a pas été divulgué, plusieurs sources proches du dossier s’accordent sur un prix légèrement supérieur à 1,5 milliard d’euros. Aux côtés des fonds propres apportés par Lion Capital, le financement, assuré par trois banques – Credit Suisse, Morgan Stanley et Citigroup–, est constitué de dette à hauteur de 60% environ, n’incluant pas de mezzanine…..

BC Partners avait acquis Picard en 2004 pour 1,3 milliard d’euros, sur la base d’un multiple de 12 fois l’Ebitda. Si l'opération se finalise, «les fonds conseillés par BC Partners auraient réalisé, en prenant en compte le remboursement de la dette, une plus-value raisonnable. Face à notre durée d’investissement de six ans, il s’agirait d’une bonne opération de fond de portefeuille dans le contexte de crise que nous avons connu», estime André François-Poncet, associé-gérant de BC Partners.

Le rachat de Picard par Lion Capital, qui représente l’une des plus importantes opérations de capital investissement en France depuis la crise, constitue le troisième LBO de l’histoire du distributeur de surgelés. BC Partners avait en effet racheté Picard à un groupe d’actionnaires composés de Candover, Montagu Private Equity et Chevrillon. Avec une mise de 910 millions d’euros, ces derniers avaient alors réalisé une belle plus-value…. BC Partners était conseillé sur l’opération par Rothschild & Cie et Crédit Agricole sur le plan financier, et par Cleary Gottlieb Steen Hamilton sur le plan juridique. Citigroup et SJ Berwin ont assuré le conseil de Lion Capital, respectivement dans les domaines financier et juridique.

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Picard teste l'appétit des investisseurs pour la dette obligataire dans les LBO (Agefi)

Le montage financier, qui intègre 990 millions d'euros de dette, inclut un mélange innovant d'obligataire et de prêts seniors. Le financement du rachat de Picard Surgelés (Picard) par Lion Capital, dans le cadre d’un LBO tertiaire, pourrait servir de test à l’appétit des investisseurs pour la dette obligataire. Le montage financier repose en effet sur un mélange, rarement utilisé dans le cadre de financement LBO, d’obligations et de dette bancaire senior. «L’utilisation de dette obligataire est très nouvelle dans ce type de montage, qui intégrait plutôt auparavant de la dette mezzanine. Or, la profondeur du marché high yield (obligation à haut rendement, ndlr) est très importante et les taux et marges y sont plus compétitifs que pour la mezzanine», explique un banquier spécialisé dans les financements LBO….

Le financement de Picard, valorisé à un peu plus de 1,5 milliard d’euros, intègre près de 990 millions d’euros d’endettement. Une dette senior d’un montant de 675 millions, qui intègre 225 millions d’euros de tranche A, 400 millions de tranche B ainsi qu’une ligne de crédit revolving, est «actuellement en cours de syndication, explique une source bancaire proche du dossier. «Les banques et les fonds de CDO doivent rendre leurs engagements d’ici à la fin de la semaine. Au plus tard, en début de semaine prochaine». Aux 675 millions d’euros de dette senior, s’ajoute une dette obligataire de 300 millions d’euros de maturité huit ans, dont le placement se déroule jusqu’à la fin de la semaine, ainsi qu’une ligne de financement immobilier de 13 millions d’euros. «L’ensemble du financement repose sur un levier de 5,6 fois l’Ebitda, dont un multiple de 3,8 fois sur la dette senior», explique une source bancaire. Par ailleurs, «l’application d’un reverse flex (technique permettant au prêteur de réduire le coût des tranches de dette selon le succès de la syndication, ndlr) n’est pas à l’ordre du jour», ajoute-t-il, contredisant ainsi certaines rumeurs circulant sur le marché.

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Le 10 août 2011 : Moins de RTT pour se sauver durablement ?

11 millions d'euros investis : Findus reste à Boulogne (Semaine dans le boulonnais)

Les salariés ont consenti à rendre un tiers de leurs RTT, contribuant ainsi au sauvetage de leur entreprise.

L'usine, d'où sortent notamment les bâtonnets panés Croustibat, échappe à la délocalisation grâce à un investissement consenti par son propriétaire britannique, aidé des pouvoirs publics. 200 emplois sont préservés et d'autres seront créés

Voilà une bonne nouvelle pour le Boulonnais, et plus particulièrement pour le port : le fonds d'investissement britannique Lion Capital, propriétaire de Findus, a annoncé un investissement de 11 millions d'euros pour le site de production de Boulogne-sur-Mer.

Un accord syndical portant sur la réduction des RTT permet également d'assurer la pérennité d'une usine qui emploie 200 personnes sur le port de Boulogne.

« C'est une vieille histoire et une inquiétude qui prend fin », souffle Frédéric Cuvillier, président de la communauté d'agglomération du Boulonnais.

Cuvillier loue « le sens des responsabilités » des salariés La puissance politique a elle aussi été mise à contribution pour sauver le site de la délocalisation. La CAB, la Région et l'État ont été sollicités et vont répondre favorablement pour contribuer à hauteur de 15 % du plan d'investissement. Soit un peu plus de 1,5 million d'euros.

Ce n'est pas la première fois que la CAB, via sa compétence développement économique, et la Région, apportent leur aide à des sociétés dans l'expectative.

Le jeu en vaut la chandelle, à entendre Frédéric Cuvillier, rappelant que Findus entend, à terme, créer « 30 à 50 emplois supplémentaires à Boulogne ».

Dans une interview au Figaro, Matthieu Lambeaux, Pdg de Findus France se réjouit de l'accord boulonnais : « Nous avons montré que dans une région industrielle avec 25 % de chômage, nous étions capables, en respectant la législation sociale, d'améliorer notre efficacité. » Car c'est bien de productivité et de rentabilité dont il s'agit. Souvent comparé à l'autre usine du groupe, près de Newcastle, le site de Boulogne affichait, en sa défaveur, des coûts de production plus élevés que sa voisine britannique.

La société, qui produit notamment les bâtonnets de poisson panés Croustibat et transforme le merlu, le colin et le cabillaud, prévoit une augmentation de sa production de 25 % provenant de ses chaînes boulonnaises (environ 20 000 tonnes actuellement).

« Findus joue aussi sur la crédibilité de son site boulonnais, notamment sur la réglementation européenne », se réjouit Frédéric Cuvillier, qui a rencontré le patron international de Findus à l'Assemblée nationale.

Pour l'élu socialiste boulonnais, « la bonne nouvelle » résulte aussi « du sens des responsabilités » dont ont fait preuve les salariés, en acceptant de rogner sur un tiers de leurs RTT. Tout comme sur les temps de pause.

« Les dirigeants de Findus France ont pu présenter à leur direction un accord signé par les forces syndicales et cela a eu un poids certain pour peser dans la balance », indique Frédéric Cuvillier.

L'usine a été créée voilà près de 50 ans. Elle appartenait au groupe Nestlé, avant d'être rachetée par Lion capital en 2006.

L'investissement de 11 millions d'euros permettra d'écrire une nouvelle page de Findus à Boulogne-sur-Mer.

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FranceAgriMer : Situation des marchés

Situation des marchés / Conseil spécialisé de FranceAgriMer du 22 juin 2011

Conjoncture internationale

Vente en criées de janvier à mai 2011

Prix du gazole

Commerce extérieur (Importations/exportations)

Consommation des ménages

Le marché de la truite

Le baromètre d’image des produits de la mer : Perception confiance et intention d’achat

Pour télécharger la Situation des marchés / Conseil spécialisé de FranceAgriMer du 22 juin 2011, cliquer Ici

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Poisson ou viande, est-ce seulement une question de prix ?


Poisson ou viande, est-ce seulement une question de prix ?

Les synthèses de FranceAgriMer

Produits Pêche et Elevage

Décembre 2011

Au cœur du repas quotidien, la viande et le poisson sont deux types de produits directement substituables. Les Français consomment l’un ou l’autre, rarement les deux au cours du même repas. La présente synthèse a pour objet d’éclairer cette consommation à partir d’une analyse des prix d’achat de ces deux grandes familles de produits. Ce travail est réalisé à partir des données sur les achats des ménages français issues du panel Kantar Worldpanel pour les produits carnés et aquatiques. On regardera en particulier s’il peut être répondu à la question fréquente : Le poisson est-il plus cher que la viande ?

Un ménage moyen français, composé de 2,3 personnes, a consacré annuellement en moyenne, entre 2008 et 2010, 1 033 € pour ses achats cumulés de viande et de poisson. Il en a dépensé 76 % pour les produits carnés et 24 % pour ceux aquatiques. Au cours des trois dernières années, la part de ces derniers dans les dépenses est en progression de près de 1 point.

Pourquoi consomme-t-on moins de poisson que de viande ? Parmi d’autres explications telles que la difficulté d’approvisionnement, de préparation et le goût, le prix d’achat élevé est une des raisons fréquemment avancée. Le poisson est réputé plus cher que la viande. C’est ce que confirme, en mai 2011, le Baromètre de la pêche et de l’aquaculture réalisé par la société MICA RESEARCH pour FranceAgriMer. Sur 700 personnes interrogées, 66 % estimaient que le poisson était plus cher que la viande, contre seulement 11 % moins cher.

Cette perception globale peut paraître surprenante dans la mesure où, il existe une grande dispersion des prix, tant au sein des produits carnés que des produits aquatiques, selon les espèces et les morceaux choisis. Par exemple, pour les poissons frais, le prix moyen d’achat en 2010 se situe entre 4,9 €/kg pour la sardine fraîche et 19,6 €/kg pour la sole (toutes présentations) ; pour les viandes fraîches, entre 5,8 €/kg pour le poulet et 14,5 €/kg pour le veau.

Pour affiner l’analyse, il est intéressant de rapporter le prix moyen d’achat des ménages à des produits entièrement consommables, c’est-à-dire des morceaux de viande fraîche sans os comme les steaks et les escalopes, d’une part, et les découpes de poisson frais, soit sans tête et dans la plupart des cas sans arête (filet, darne, pavé), d’autre part.

Il a également été choisi de centrer l’analyse sur les produits carnés à griller ou rôtir pour qu’ils correspondent mieux aux produits aquatiques substituables, qui sont peu concernés par des cuissons longues....

Les facteurs qui influencent le prix du poisson

Le prix de vente du poisson frais en halle à marée est extrêmement volatil, et de nombreux facteurs l’influencent, au jour le jour.

Tout d’abord, le prix moyen varie sous l’effet d’une offre très aléatoire : variations difficilement prévisibles des quantités d’une espèce débarquée dans la halle à marée, mais aussi par l’offre présente dans une halle à marée voisine, ainsi que par les importations quotidiennes sur la même espèce ou des espèces concurrentes.

L’offre est dépendante de facteurs journaliers (météo), saisonniers (présence des stocks de poisson) ou plus structurels (quotas, plans de sortie de flotte des navires de pêche, arrêts temporaires de captures).

La demande est davantage prévisible mais aussi variable selon le jour de la semaine (plus de demande en fin de semaine), de la météo, des périodes de congés. Les clients (grande distribution, restauration, exportations) sont également déterminants sur l’évolution du prix moyen : promotions de la grande distribution, besoins des pays étrangers, situation économique globale conduisant à des arbitrages des ménages…

D’un point de vue plus global et sur le moyen terme, l’évolution de la ressource, du prix du gazole, de la demande en produits aquatiques des pays émergents et l’augmentation de l’offre aquacole ont un impact sur le prix du poisson.

Pour télécharger le document, cliquer FranceAgriMer

mercredi 22 septembre 2010

De Rio à Nagoya, les enjeux de la biodiversité marine et côtière

Au mois d’octobre 2010, la Convention sur la diversité biologique (CDB) réunira près de 200 pays à Nagoya au Japon. De nombreuses publications et déclarations nous préparent déjà à cet évènement de portée internationale au même titre que la Conférence de Copenhague fin 2009 sur le changement climatique. Environnementalistes, scientifiques et politiques se positionnent en tant que gardiens de la biodiversité. Dans l’effervescence d’avant négociation, les professionnels de la mer, pêcheurs et aquaculteurs, semblent à cent lieux de tous les enjeux qui se trament autour de cette Convention sur la diversité biologique (CDB). Pourtant, l’avenir des pêcheries dépendra en grande partie des orientations données à cette convention internationale portant en particulier sur les ressources naturelles marines et côtières de la planète. Le Collectif international d’appui aux travailleurs de la pêche (Icsf) qui défend les intérêts de la pêche artisanale à travers le monde, l’a bien compris ; cette organisation de développement participera aux débats en défendant l’option : « Pêcheurs, gardiens de la biodiversité marine et côtière ».

Des aires marines protégées issues de la Convention sur la biodiversité

Issue du Sommet de la Terre de Rio en 1992, la Convention sur la biodiversité impacte déjà les activités halieutiques. Aires marines protégées, Natura 2000 en mer et autres Réserves marines et côtières sont autant de décisions prises suite à ce traité international signé par 193 États. Plusieurs ONG environnementales ont déjà affiché leurs intentions : Sanctuariser jusqu’à 40% des étendues océaniques mondiales. A Durban en 2003, l’objectif fixé pendant cette réunion-étape se situait déjà entre 10 et 20% des océans.

Selon certains spécialistes, la notion de biodiversité ne se limiterait plus aujourd’hui à « la diversité des êtres vivants et de leurs caractères génétiques ». Elle s’étendrait à « tout le matériel » susceptible d'être mis en valeur. Elle inclurait non seulement les plantes, les animaux, les gènes, mais également les paysages, les forêts, le captage et la filtration de l'eau, les savoirs faire traditionnels, les cultures, la «sensibilisation» du public, etc... (1)

Les convoitises du monde des affaires

Tous ces patrimoines culturels et naturels sont convoités par le monde des affaires notamment par l’industrie du tourisme (2)…. Que les entreprises japonaises participent activement à la Convention sur la diversité biologique à Nagoya n'a rien d'anodin. Les grands patrons veulent imprimer leur manière de voir sur l’utilisation des ressources naturelles de la planète. Le dernier rapport de l’OMC sur le commerce mondial ne portait-il pas sur les ressources naturelles y compris les ressources halieutiques !

A suivre : Aires de patrimoine communautaire : Pêcheurs, gardiens de la biodiversité marine et côtière

Autres articles :

Pour aller plus loin sur les enjeux....
  • (1) Biodiversité : alerte, l'ONU s'aligne sur l'OMC ! (Mondialisation.ca)
  • Aires Marines Protégées : Les pêcheurs du monde sont attendus à Nagoya (CLPM Le Guilvinec)
  • (2) Nagoya 2010: Un site web de l'ONU pour révolutionner l'écotourisme (Pnue)

    Aller des fjords de l'ouest de la Norvège aux volcans d'Australie, en passant par les 150.000 zones protégées de la planète, le tout en restant assis dans un fauteuil, c'est désormais possible grâce à un site internet lancé par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), à l'occasion de la 10ème Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique, qui se déroule à Nagoya, au Japon.

    Baptisé «http://www.protectedplanet.net/», ce portail est un site interactif basé sur les nouveaux réseaux sociaux en ligne, qui fournit des informations détaillées sur des lieux emblématiques ou des joyaux moins connus que la planète abrite et qui font l'objet de mesure de conservation. En utilisant les dernières images satellites transmises au site, les utilisateurs peuvent identifier en quelques clics les différentes zones protégées - comme les parcs nationaux ou les réserves marines- de la planète. En zoomant, ils peuvent ensuite obtenir des renseignements précis et détaillés sur les espèces menacées, le type de végétation et ses conditions de vie, ou encore les ressources de tels ou tels types de terrain ou d'écosystème.

    Le site http://www.protectedplanet.net/ offre également aux visiteurs la possibilité de télécharger des photos de leurs voyages dans les zones protégées, d'écrire des récits de voyage publiés ensuite sur Wikipedia ou encore de recommander des lieux d'intérêt à proximité des sites, à partager ensuite via les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter ou Flickr. Les informations partagées peuvent ensuite inspirer d'autres internautes à faire le voyage, au profit des communautés de ces zones souvent pauvres et éloignées du reste du monde.

    C'est l'une des facettes de l'écotourisme, dont l'industrie est en pleine croissance, avec actuellement 77 milliards de dollars du marché mondial du tourisme. Face aux inquiétudes liées au réchauffement climatique, de plus en plus de touristes optent désormais pour des vacances respectueuses de l'environnement, y compris dans des zones protégées….

  • Biodiversité : la conférence de Nagoya pour les nuls (Terra Eco) - Point d'orgue de l'année internationale de la biodiversité, ce sommet doit permettre d'enrayer la destruction à marche forcée de la nature. Un objectif que les bonnes résolutions de l'édition 2002 ont à peine effleuré. Mode d'emploi.

    Qu’est-ce que la COP10 ? La Convention sur la diversité biologique (CDB) est, avec les traités internationaux sur le climat et la lutte contre la désertification, l’une des triplées nées au sommet de la Terre de Rio en 1992. Tout comme, pour le climat, COP15 était le petit nom du sommet de Copenhague, COP10 signifie 10e conférence des parties de la CDB, qui a lieu tous les deux ans. Organisée à Nagoya au Japon du 18 au 29 octobre, elle réunira les 193 pays signataires.

    A quoi ça sert ? Le texte signé en 1992 affiche trois objectifs. Le premier est limpide : la « conservation de la biodiversité ». Le deuxième concerne « l’utilisation durable de ses éléments », c’est-à-dire « la mise en place de pratiques durables dans l’exploitation forestière, l’agriculture, l’utilisation des ressources halieutiques… », résume Sébastien Moncorps, directeur du comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature.....

Quelques jours avant la rencontre de Nagoya, le rayon "biodiversité" de la bibliothèque se complète...


L'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) ne pouvait rester en dehors de l’année de la biodiversité. Son président vient de remettre au gouvernement un rapport qui préfigure sa stratégie en la matière. Revue de détails. Disposant de la seconde zone économique exclusive du monde, la France est responsable du maintien de la biodiversité de milieux aussi différents que les barrières de corail de Nouvelle-Calédonie, les grands fonds des Kerguelen, les lagons de Polynésie ou la bande littorale de Saint-Pierre-et-Miquelon. Au total, grâce aux confettis d’empire, le drapeau tricolore est susceptible de flotter sur 11 millions de kilomètres carrés d’océan. Un océan que l’on connaît bien mal. D’où l’importance de relancer la recherche sur cet univers mystérieux et dont les ressources restent considérables. C’est tout l’objet du rapport que Jean-Yves Perrot, le PDG de l’Ifremer, a remis ce jeudi 26 août 2010 à la secrétaire d’Etat à l’écologie, Chantal Jouanno. Intitulé « Biodiversité en environnement marin », ce document de 138 pages est, en fait, le résultat d’une expertise collective, ayant associé des chercheurs de nombreuses disciplines et d’horizons très différents.
Télécharger le document d’Ifremer : « Biodiversité en environnement marin »
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Diversité aquatique : une richesse inexploitée (FAO) -
L’aquaculture et la production des pêches de capture sont indispensables à la sécurité alimentaire mondiale et représentent une source importante de moyens d’existence et de revenus pour beaucoup de familles pratiquant la pêche de subsistance et l’agriculture. La richesse des ressources génétiques halieutiques mondiales offre de grandes possibilités pour renforcer la contribution des secteurs de l’aquaculture et des pêches à la sécurité alimentaire et relever les défis qui se présenteront pour alimenter une population en expansion. Toutefois, alors que l’on estime que, d’ici à 2030, 40 millions de tonnes de poisson supplémentaires par an seront nécessaires pour satisfaire la demande mondiale, les opportunités qu’offrent la diversité génétique halieutique restent largement inexploitées…..

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Les ressources génétiques marines : un potentiel exceptionnel à protéger ! (Ifremer) -

Une étude conjointe du CSIC (Espagne) et de l'Ifremer, parue dans le dernier numéro de Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), souligne l'urgence de la mise en place d'un cadre légal international pour la protection de la biodiversité en Haute mer et l'utilisation des ressources génétiques marines. En effet, les avancées technologiques récentes dans l'observation et l’échantillonnage de l'océan ont permis le développement considérable de la bioprospection de zones vierges d'exploration en Haute mer.

Conséquence : une augmentation spectaculaire du nombre de brevets et d'applications associées à des gènes d'organismes marins. Aujourd'hui, l'augmentation du nombre de brevets issus de ressources génétiques marines est dix fois plus rapide que la description de nouvelles espèces marines....

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Parlement européen : Rapport sur la mise en œuvre de la législation européenne visant à la protection de la biodiversité (Parlement européen) -

Commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire / Rapporteure: Esther de Lange

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Les entreprises face à l’érosion de la biodiversité : Une étude du WWF-France -

Cette étude offre aux entreprises un outil de sensibilisation pour « penser globalement » et « agir localement » au regard de la biodiversité. Car si la biodiversité peut être complexe, les solutions concrètes pour améliorer la situation le sont souvent beaucoup moins.

Les entreprises sont au cœur des enjeux environnementaux à la fois par leurs impacts et dépendances, mais également par leur capacité à contribuer à une solution globale. Cependant, les outils pour les aider sont encore rares aujourd’hui. Le WWF-France a donc souhaité apporter son expertise aux décideurs politiques et économiques afin d’agir concrètement pour la restauration et la préservation du vivant…..

Téléchargez l'étude en cliquant Ici

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Le 5 novembre 2011

Des agences des Nations Unies dévoilent dix propositions pour la sauvegarde des océans

Plusieurs agences des Nations Unies - la COI/Unesco, le Pnud, l’OMI et la FAO - ont un plan visant à améliorer la gestion des océans et des zones côtières.

Le document Blueprint for Ocean and Coastal Sustainability (Plan pour la durabilité de l’océan et du littoral) sonne l’alarme à propos de l’état des océans et explique à quel point ceux-ci influencent notre vie quotidienne, en régulant le climat, en nous fournissant une nourriture hautement nutritive et en contribuant à nos économies et à nos moyens de subsistance. Il rappelle que si les océans représentent soixante-dix pour cent de la surface du globe, seul un pour cent bénéficie d’une protection.

* Présentation détaillée des 10 mesures en Français

* Téléchargement du document en Anglais

Présenté au siège de l’UNESCO durant la 36e session de la Conférence générale, le Blueprint a été préparé en vue de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20, juin 2012). Il propose toute une série de mesures concrètes en vue de :

  • créer un marché mondial du carbone bleu (dioxyde de carbone stocké dans les océans) afin d’engendrer des gains économiques directs via la protection de l’habitat
  • pallier les manques de gouvernance en haute mer, en renforçant la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer
  • appuyer le développement d’économies vertes dans les petits Etats insulaires en développement
  • promouvoir la recherche sur l’acidification des océans, sur la façon de s’y adapter et de la réduire
  • augmenter la capacité institutionnelle en matière de suivi scientifique des océans et des zones côtières
  • réformer et renforcer les organisations régionales de gestion des océans
  • renforcer les cadres légaux en vue de répondre au problème des espèces invasives marines
  • « verdir » l’économie des nutriments afin de réduire l’hypoxie des océans et d’encourager la sécurité alimentaire
  • améliorer la coordination, la cohésion et l’efficacité du système des Nations Unies face aux questions concernant les océans

Le Blueprint a été préparé par la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’Organisation maritime internationale (OMI) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Il souligne que 60% des grands écosystèmes marins de la planète ont été dégradés ou sont surexploités, ce qui se traduit par d’énormes pertes économiques et sociales. Au cours des cinquante dernières années, les mangroves ont perdu de 30 à 50 % de leur surface et les coraux près de 20%, ce qui augmente la vulnérabilité de nombreuses zones côtières fortement peuplées. Les océans piègent près de 26% des émissions de carbone, ce qui provoque leur acidification qui est néfaste pour certaines variétés de plancton et menace toute la chaîne alimentaire marine, ainsi que les activités socio-économiques qui en dépendent.

Certains de ces phénomènes ne sont pas nouveaux mais ils ont été aggravés par l’accumulation des pressions que représentent les changements climatiques, l’accroissement des activités humaines et les progrès technologiques. De plus, les écosystèmes situés dans les profondeurs des océans - dont la biodiversité et les habitats ont souvent une grande valeur mais sont souvent encore méconnus – ne bénéficient de pratiquement aucune protection.

La communauté internationale a promis de prendre en compte ces défis lors des sommets de Rio de Janeiro (1992) et de Johannesburg (2002). Mais les engagements pris restent souvent sans effet et les objectifs n’ont pas été atteints. C’est notamment le cas de la promesse de ramener d’ici 2015 les stocks de poissons à des niveaux permettant leur durabilité et de la promesse de créer d’ici 2012 des réseaux de zones marines protégées. Très peu de pays ont adopté des lois en vue de réduire la pollution marine émanant de la terre, ce qui a amené une augmentation du nombre de zones océaniques mortes. Plus de 400 zones marines sont aujourd’hui considérées comme « biologiquement mortes ».

« Une véritable mise en œuvre de la plupart de ces objectifs demandera de nouveaux efforts de la part des Etats, des organisations intergouvernementales et de la communauté internationale », affirment les auteurs du document. Ils soulignent que la situation actuelle tient au manque de volonté politique, à l’insuffisance des ressources, à des capacités institutionnelles inadaptées, à des données scientifiques insuffisantes et aux déséquilibres du marché.

Ils concluent : « Verdir l’économie bleue doit se faire en s’appuyant sur la science et la technologie (…) Mais le succès dépendra de processus politiques pertinents et de véritables améliorations institutionnelles. Il demandera aussi davantage d’engagement et de financement de la part de la communauté internationale mais aussi des pays et des industries ». Source : Unesco

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Changement climatique : Un œil sur les océans (Irin)

Des centaines de millions d’humains dépendent de la pêche pour leur alimentation et leurs revenus

Johannesbourg, 10 avril 2012 (IRIN) - Le vent semble enfin tourner pour les océans. Après des années de négligence, on s’intéresse de plus en plus à la santé des océans. Ceux-ci contribuent en effet à alimenter la vie sur terre de façon durable, un aspect particulièrement important au vu des effets de l’augmentation actuelle des taux de gaz carbonique (CO2) et des températures.

L’augmentation des taux de CO2 provoque l’acidification des océans à des niveaux jamais observés au cours des 20 derniers millions d’années, fait remarquer Wendy Watson-Wright, Sous-Directrice générale de la Commission océanographique intergouvernementale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (COI-UNESCO).

Sous l’égide de la COI-UNESCO, plusieurs agences onusiennes ont établi un Plan pour la durabilité de l’océan et des zônes côtières , pour souligner le rôle joué par les océans dans le maintien de la vie. Elles présentent des suggestions, en prévision de la Conférence des Nations unies sur le développement durable (CNUDD ou Rio+20).....

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Des océans mieux gérés et protégés

Plus de trois milliards de personnes dépendent de la biodiversité marine et côtière pour leur subsistance.

Les océans -- leur température, leurs propriétés chimiques, leurs courants et la vie qu'ils abritent -- sont la source d'écosystèmes qui rendent la Terre habitable pour l'humanité.

Notre eau de pluie, notre eau potable, le climat, les littoraux, une grande partie de notre nourriture et même l'oxygène de l'air que nous respirons, tout cela est en fait fourni et régulé par la mer. A travers l'Histoire, les océans et les mers ont été des axes vitaux pour le commerce et les transports.

Une gestion prudente de cette ressource mondiale essentielle est un élément fondamental d'un avenir viable.

Faits et chiffres

Les océans recouvrent les trois quarts de la superficie de la Terre, contiennent 97 % des réserves en eau de la planète et représentent 99 % de son espace vital en volume.

Globalement, la valeur marchande des ressources et des industries marines et côtières est estimée à 3.000 milliards de dollars par an, soit environ 5 % du PIB mondial.

Les océans abritent près de 200.000 espèces non encore identifiées mais il est possible qu'en réalité, leur nombre se compte en millions.

Les océans absorbent environ 30% du dioxyde de carbone produit par les humains, atténuant ainsi les effets des changements climatiques.

Les océans sont la première source de protéines du monde et plus de 2,6 milliards de personnes dépendent principalement des océans pour leurs besoins en protéines.

Les pêcheries maritimes emploient directement ou indirectement plus de 200 millions de personnes.

Près de 40 % des océans sont considérés comme ‘lourdement affectés’ par les activités humaines, dont la pollution, la diminution des stocks de poisson, la destruction d'habitats côtiers tels que les récifs de coraux, les mangroves et les algues marines, ainsi que l'implantation d'espèces aquatiques envahissantes.

Les récifs de coraux rendent de nombreux services de grande valeur – dans les domaines de la gestion des risques naturels (en hausse, à 189.000 dollars par hectare et par an), du tourisme (en hausse, à 1 million de dollars/hectare/an), du matériel génétique et de la bio-prospection (en hausse, à 57.000 dollars/hectare/an) et des pêcheries (en hausse, à 3.818 dollars/hectare/an).

Les subventions accordées aux secteurs de la pêche contribuent à la diminution rapide des stocks de nombreux poissons et entravent les efforts déployés pour sauvegarder et restaurer les pêcheries à travers le monde et les emplois qui leur sont liés, et il en résulte pour les pêcheries maritimes un manque à gagner de 50 milliards de dollars par an.



Photographie de Philippe Favrelière : Ce paysage côtier a une très grande valeur touristique - Île des Pins (Nouvelle-Calédonie)