mercredi 26 juin 2013

Saumon de Norvège. Comment noyer le poisson ?

Saumon de Norvège. Des normes sanitaires en question ?

Lire aussi : Agroalimentaire. Ces licenciements qui donnent la chair de poule...

Le 19 juin 2013, Rue89 publie dans ses colonnes un article de Sophie Caillat qui explique que les femmes enceintes et les enfants ne doivent pas manger de saumon norvégien plus deux fois par semaine : « La Norvège reconnaît que son saumon peut être dangereux pour la santé ». Deux fois par semaine, c'est encore trop pour les pêcheurs français face à la mévente des poissons de nos côtes comme merlu, maquereau, sardine,... Du poisson, deux fois par semaine, c'est la nouvelle recommandation de l'Anses en France en date du 5 juillet 2013.

Deux jours plus tard, le Centre de Promotion des Produits de la Mer de Norvège (Norge) apporte un démenti : Informations faisant suite à la publication de l’article de Rue 89, mercredi 19 juin 2013, complété par une note d’information : Eléments d’information sur l’élevage du Saumon de Norvège.

La journaliste de Rue89 a repris un article publié le 10 juin 2013 dans le journal norvégien VG. Ce papier n'aurait jamais du traverser la frontière !

La Norvège reconnaît que son saumon peut être dangereux pour la santé

Femmes enceintes et jeunes, ne mangez pas de saumon plus de deux fois par semaine. Telle est la nouvelle recommandation du gouvernement norvégien, forcé de reconnaître – tardivement – que ce poisson gras est aussi bourré de produits toxiques....

Ce n’est qu’à la suite d’une grosse pression médiatique que les autorités sanitaires ont fini par reconnaître qu’elles avaient trop poussé à la consommation. L’alerte lancée par le journal VG est très claire :

« Les médecins appellent à ne pas manger de saumon d’élevage. »

Le journal fait parler une équipe indépendante du laboratoire de biochimie de Bergen, qui estime que ce poisson est tout simplement dangereux pour les jeunes enfants, adolescents et femmes enceintes en raison des polluants organiques persistants qu’il contient.

En vertu du principe de précaution, ces groupes de populations ne devraient pas en consommer.

Selon Dr Anne-Lise Bjorke Monsen, membre de ce labo, précise :

« Les polluants retrouvés dans le saumon d’élevage ont une mauvaise influence sur le développement du cerveau, et sont associé à l’autisme, à l’hyperactivité et à la baisse de QI.

On sait aussi qu’ils peuvent avoir un effet négatif sur les défenses immunitaires, le système hormonal et le métabolisme. Ils se transmettent aussi par allaitement. Si l’on a besoin d’oméga-3 provenant du poisson, le maquereau et le hareng sont très bien. »

Après plusieurs jours de déballage médiatique, l'Ambassade de Norvège publie un communiqué le 25 juin 2013 : Le saumon norvégien, toujours bon pour la santé,  au contenu incompréhensible, probablement pour mieux noyer le poisson !

En fait, la Norvège est toujours au petit soin des consommateurs français. « Pas de problème ! Ne vous inquiétez pas ! » semble nous dire l'Ambassade de Norvège. Nous, les plus gros consommateurs de saumon norvégien, avons encore une large marge de sécurité avant l’intoxication aux PCB, dioxines et autres POP !.. L’ambassade nous encourage même à en consommer davantage pour ses qualités en omega3 !..

4 ans plus tôt (en 2009), le pays du saumon d'élevage tenait les même propos rassurants : Saumon de Norvège, en maître sur la salmoniculture mondiale, toujours au petit soin des consommateurs français !

En 2009, les sociétés norvégiennes contrôlaient 90% de la production mondiale de saumon d'élevage
(Carte tracée avant l'effondrement de la production chilienne - plus bas tableau actualisé)

Saumon toxique « A consommer avec modération ! »

Les autorités norvégiennes ne portent pas un démenti formel sur la présence de produits toxiques dans leur saumon d’élevage. Néanmoins, ils n’admettent pas que ce saumon soit dangereux pour la santé. Pour les responsables norvégiens, la toxicité dépendrait (serait à mettre en relation avec) de la régularité de la consommation et de la quantité ingurgitée... Dans un très long article d'Huffingtonpost : « "La Norvège reconnaît que son saumon peut être dangereux pour la santé"? Un modèle de désinformation », le toxicologue et membre de l’Anses, Jean-François Narbonne, porte une attaque cinglante contre Sophie Caillat, auteure de l’article de Rue89...

Ce qui nous mène tout droit aux objections formulées par les pêcheurs professionnels de l’hexagone qui contestent l’interdiction de la pêche de sardine en baie de Seine ou celle de l’anguille, lamproie ou autre poisson dans les estuaires, fleuves et rivières pour des taux de PCB trop importants... et qui demandent une réouverture des pêcheries contre l’obligation d’indiquer la mention : « A consommer avec modération ! » selon une pratique usitée dans les pays nordiques...

Du saumon interdit en France mais consommable en Suède !

Il y a quelques semaines, des sociétés suédoises ont exporté en France près de deux cents tonnes de saumon interdit en raison de leur taux de dioxine. Ces poissons, pêchés en mer Baltique en 2011 et 2012, ont été interdits à l'exportation par l'Union européenne depuis 2002. Stokholm autorise pourtant sa vente dans le pays tout en mettant en garde les consommateurs contre les éventuels dangers... Un produit dangereux pour la santé, surtout pour les enfants et les femmes enceintes. Les autres ne devraient pas en consommer plus de trois fois par an. D'après Euronews : Du saumon suédois à la dioxine illégalement exporté



Le 16 avril 2013, les autorités de sécurité alimentaire suédoises avaient annoncé dans un communiqué qu'une entreprise de Karlskrona, un port du Sud de la Suède, avait exporté illégalement 105 tonnes de saumon de la Baltique vers la France. Elles n'avaient précisé ni la période ni les entreprises concernées. Pêcheries nordiques revend du poisson frais scandinave à des transformateurs qui approvisionnent la grande distribution et la restauration. Dans le documentaire de SVT, M. Agussol dit que le saumon suédois s'est retrouvé dans les rayons d'enseignes comme Carrefour. SVT cite Intermarché comme autre acheteur. D'après des témoins interrogés par la chaîne, ce saumon suédois s'est retrouvé illégalement dans d'autres pays de l'UE en moindre quantité, comme le Danemark, l'Allemagne ou la Grande-Bretagne.

Le saumon de la Baltique est renommé pour son goût. Le négociant en caviar parisien Petrossian en vend à 18 euros les 120 grammes, soit 150 euros le kilo. Il vient toutefois de Pologne, pays qui a le droit d'exporter. Source : France 3 Nord-Pas-de-Calais / AFP

Philippe Favrelière (actualisé le 22 juillet 2013)

Autres articles :


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La pêcherie de saumon d’Alaska est recertifiée MSC

Les marchés des produits de la mer mondiaux peuvent désormais continuer à s’approvisionner en saumon d’Alaska certifié MSC et utiliser le label. Cette décision fait suite à une évaluation tierce-partie, scientifique et rassemblant les parties prenantes réalisée par Intertek Moody Marine (IMM) qui a conclu que 13 unités de certification répondaient au Référentiel MSC pour une pêche durable et bien gérée. Seule l’unité du Prince William Sound reste en évaluation, en attendant de récolter des données supplémentaires.  Les 13 unités recertifiées couvrent tous les autres saumons d’Alaska. Cette pêcherie fut la première à obtenir la certification en 2000 et la recertification en 2007. Cette troisième certification a été portée par les 400 membres de l’Association des Purse Seine Vessels Owners  (PSVOA) avec le soutien d’un groupe d’entreprises de transformation de saumon d’Alaska. Il s’agit de la première pêcherie américaine du programme MSC à recevoir sa troisième certification.

Source : MSC  Le 12 novembre 2013

PSVOA a ouvert le certificat à d’autres entreprises volontaires et les premiers transformateurs suivants ont rejoint le groupe client : Copper River Seafoods, International Seafoods of Alaska, Ekuk Fisheries, 10th and M Seafoods, Silver Bay Seafoods, Hoonah Cold Storage et une entreprise anonyme.  Afin que le saumon d’Alaska puisse porter la mention MSC, il doit être passé par l’un des membres du groupe client.

Bob Kehoe, Directeur Général de PSVOA, s’exprime au nom de l’association : « le programme MSC  a mis en avant la durabilité, renforçant cinquante années de gestion étatique responsable et les qualités uniques du saumon d’Alaska. Cette recertification offre aux acheteurs l’ assurance précieuse et indépendante que la pêcherie est gérée durablement ».

5 espèces de saumon du Pacifique sont certifiées : sockeye (Oncorhynchus nerka), chum (Oncorhynchus keta), chinook (Oncorhynchus tshawytscha), coho (Oncorhynchus kisutch), pink (Oncorhynchus gorbuscha)


Kerry Coughlin, directrice régionale du MSC Amériques, commente : « le MSC se réjouit de cette relation de longue date avec l’industrie de la pêche en Alaska et nous sommes ravis que le saumon d’Alaska soit devenu la première pêcherie du programme à démontrer sa gestion durable sur les marchés mondiaux à travers une troisième certification. Avec un engagement large des acheteurs pour des  approvisionnements certifiés MSC, la certification se traduit par la reconnaissance de la qualité de la gestion des pêches en Alaska et de la valeur des pêcheurs et des acteurs de la filière. "

La recertification MSC de la pêcherie de saumon d’Alaska intervient au début  de la saison des vacances d’hiver, lorsque la demande est la plus forte.

Le saumon d’Alaska des 13 unités de certification, capturé après le 1er février 2013 et respectant les exigences de la Chaîne de Garantie d’Origine du MSC, peut porter le label MSC. La date d’éligibilité cible précède la saison de pêche du saumon 2013. Toutes les entreprises de première transformation nommées sur le certificat de la pêcherie ont un certificat Chaîne de Garantie d’Origine. Afin de mentionner la certification MSC, toutes les sociétés  plus en aval ont simplement besoin d’un certificat Chaîne de Garantie d’Origine valide comprenant le saumon d’Alaska dans leur champ de certification. Vous pouvez obtenir de plus amples informations en contactant PSVOA ou votre contact au sein du MSC.

La pêcherie de saumon d’Alaska opère dans les eaux territoriales des États-Unis, adjacentes à la côte de l’État d’Alaska. Les saumons sont pêchés à la senne, au filet ancré ou dérivant, à la traine et à la roue à poissons; ce dernier engin de pêche fonctionne comme une roue de moulin à eau munie de paniers pour attraper les poissons. Les saumons d’Alaska frais,  congelés et en conserve sont vendus essentiellement au Japon, en Europe et aux États-Unis. Au total, les produits de saumon d’Alaska portant le label MSC sont aujourd’hui vendus dans 21 pays.

À propos de PSVOA

La Purse Seine Vessel Owners Association (PSVOA) est l’organisation porteuse pour la réévaluation du saumon d’Alaska dans le programme MSC. Elle a été créée en 1936 pour servir les intérêts de la flotte de pêche commerciale. Aujourd’hui PSVOA est le plus grand groupe commercial dans l'État de Washington, représentant plus de 400 propriétaires de navires opérant dans différentes pêcheries le long de la côte ouest de l'Alaska.

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Pour aller plus loin...

Le 30 juillet 2013

Santé : petits mensonges autour du saumon norvégien

Norge - Logo du Centre des Produits de la Mer de Norvège 

Source : Rue89 publié le 24/07/2013

par Diane Berbain - Blogueuse, j'habite en Norvège depuis neuf ans, je suis guide touristique et secrétaire des Verts au conseil municipal de Bergen)

Le samedi 20 juillet, le journaliste norvégien Morten Strøksnes, l’un des plus réputés du pays, a publié un article dans le quotidien Aftenbladet de Stavanger, où il révèle que le Centre des produits de la mer de Norvège a menti. Ils ont eux-mêmes rédigé les conseils en français sur le site de l’ambassade de Norvège en France, et en anglais sur le site du ministère de la Santé norvégien, suite à la publication d’un article sur Rue89, « La Norvège reconnaît que son saumon peut être dangereux pour la santé ».

Le quotidien Nordlys de Tromsø en a fait sa une le même jour :
« Les conseils de santé sur le poisson ont été écrit par une organisation avec des intérêts dans les produits de la mer. »

Le Centre des produits de la Mer de Norvège a bien transformé les recommandations limitées de consommation du saumon en recommandations pour en manger plus.

Cette affaire révèle le lien intime entre l’industrie et les autorités. Retour sur la chronologie de l’affaire.
  • Le 19 juin, la nouvelle arrive en France
Rue89 publie un article dévoilant les nouvelles limites de consommation de saumon pour les femmes enceintes et les enfants, que les autorités norvégiennes avaient décidé de ne pas communiquer à l’étranger.
Sur le site français du Centre des produits de la Mer de Norvège, et seulement sur celui-ci, a été ensuite rajouté une ligne sur ces changements. La mise à jour n’est pas datée.
  • Le 21 juin, la machine se met en route
10h48 : le journal en ligne des aquaculteurs norvégiens Kyst.no publie un article qui annonce que « l’affaire des polluants environnementaux a atteint la France », et révèle que le Centre des produits de la Mer de Norvège travaille d’arrache-pied pour blanchir l’image de son produit en France suite à la divulgation de la nouvelle.
17h55 : le ministère de la Santé norvégien publie incognito un texte en anglais qui ressemble à un démenti, où les limites sont transformées en recommandations pour manger plus de saumon.
Ce texte fut ensuite adapté en français sur le site de l’ambassade de Norvège en France. (On ne peut pas appeler ça une traduction fidèle...)

Le grand journaliste Morten Strøksnes entre dans la bataille, il s’ensuit plusieurs échanges acharnés dans les journaux entre lui et le Centre des produits de la Mer.
  • Le 6 juillet, la presse norvégienne rebondit
Le journaliste norvégien Morten Strøksnes reprend cette affaire dans un article publié simultanément dans trois quotidiens norvégiens (Bergens Tidende de Bergen, Aftenbladet de Stavanger et Nordlys de Tromsø). Il y décrit le trouble semé en France suite au communiqué du ministère de la Santé et de l’ambassade en France.

« Le texte rappelait une pub pour le saumon, mais il était flanqué des armoiries de l’Etat norvégien. Le Centre des produits de la Mer de Norvège, un des nombreux éléments du lobby du saumon, et où la ministre de la Pêche Lisbeth Berg-Hansen représente à elle seule l’assemblée générale, est probablement derrière ces textes », écrit Strøksnes.

« Vous ne comprenez plus rien ? Pour quel autre produit alimentaire sur le marché utilise-t-on des sommes énormes à l’étranger pour le vendre comme quelque chose de sain, tandis que les experts norvégiens déconseillent d’en manger, à cause de sa haute toxicité ? Est-ce que le poison norvégien est sain pour les étrangers ? »
  • Le 15 juillet, la presse norvégienne s’interroge
Strøksnes interroge dans un nouvel article le chef de la direction du Centre des produits de la Mer de Norvège, Terje Martinussen :

« Qui a écrit les nouvelles recommandations de consommation du saumon publiés en français et en anglais sur les sites officiels de l’ambassade à Paris et du ministère de la Santé ? Est-ce le ministère ou le lobby du saumon, le Centre des produits de la Mer de Norvège ? »
  • Le 19 juillet, le Centre des produits de la Mer ment
Terje Martinussen répond qu’ils n’ont rien à voir avec ce qui est publié sur ces sites.
  • Le 20 juillet, le mensonge est révélé
Strøksnes révèle que le ministère de la Santé, via Alexandra Reksten Tufteland, conseiller spécial et responsable presse du ministère, confirme de façon très claire et sans équivoque que le Centre des Produits de la Mer a écrit les deux textes.

Le quotidien Nordlys confirme qu’Alexandra Reksten Tufteland leur a écrit que le 21 juin, le Centre des Produits de la Mer de Norvège a contacté le ministère de la Santé en les sommant de publier une version en anglais sur leur site des nouvelles recommandations. La raison était la divulgation de la nouvelle dans les médias en France. Le Centre a envoyé au ministère un texte traduit en anglais a utiliser s’ils le souhaitaient. (...) Le texte fut donc publié sur le site du ministère de la Santé.

Martinussen a donc menti.
« Que Martinussen mente est déjà suffisamment grave. Mais c’est sur quoi il ment qui fait que cette affaire est un véritable scandale. Car c’est bien au-delà du mandat du Conseil de produits de la Mer que de fournir des conseils de santé aux citoyens norvégiens ou étrangers », écrit Strøksnes.

Les consommateurs pris pour des imbéciles

Le problème n’est pas tant que cela mine la crédibilité du Centre des produits de la Mer, car elle est déjà pour le moins inexistante. Ce qui est vraiment grave est que cela sape la crédibilité fondamentale des autorités au niveau d’une question où ils sont dépendants que la population entière – et de millions de consommateurs de saumons étrangers – ait confiance en elles.

Quand les marchands de saumon ont accès aux sites internet officiels de nos ambassades et du ministère de la Santé, les consommateurs et citoyens norvégiens et étrangers sont pris pour des imbéciles. Que l’influence du lobby du saumon soit si grande ne peut être difficilement décrite autrement que comme un problème démocratique.

Cette affaire doit avoir des conséquences, que ce soit pour Martinussen ou pour son chef. Le Centre des produits de la Mer de Norvège est à 100% détenu par le ministère de la Pêche. La ministre fonctionne comme chef de l’assemblée et comme l’assemblée toute entière. La ministre de la Pêche Lisbeth Berg-Hansen est donc responsable. A cause de son implication et de son double rôle, elle a été sous grosse pression ces dernières semaines suites aux nouvelles recommandations des autorités sanitaires sur la consommation de saumon. Comme la plupart le savent désormais, la ministre est copropriétaire dans la compagnie d’élevage de saumon hautement lucrative SinkaBerg-Hansen AS.

« La situation est hors de contrôle [...] Je ne dis pas que la ministre doit examiner son poste. Cette tâche revient à d’autres », écrit Strøksnes.

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Le 10 juillet 2013

Les verts demandent que toute la lumière soit faite sur le saumon de Norvège

Elevage intensif : saumons norvégiens et risques sanitaires

Source : Europe-Ecologie Les Verts

Jeudi 27 juin, sur France Info, Jean-Philippe Magnen (porte-parole d’EELV et vice-président du Conseil régional des Pays de la Loire) explique les risques sanitaires (alimentaires et environnementaux) dus à l’élevage intensif des saumons en Norvège



Le saumon norvégien, dangereux pour notre santé : il faut protéger les consommateurs

Source : NouvelObs

Par Jean-Philippe Magnen (Porte-parole EELV)

LE PLUS. Fumé, en tartare ou dans des sushis, le saumon norvégien est partout. Les Français en sont les plus grands consommateurs en Europe et pourtant il serait dangereux pour la santé. Jean-Paul Besset, député européen EELV, Jean-Philippe Magnen, porte-parole national EELV et Tom Sverre Tomren, membre du conseil fédéral norvégien de Miljøpartiet De Grønne tirent la sonnette d'alarme.

Un très grave problème de santé alimentaire et environnementale vient d’éclater au grand jour en Norvège. Le saumon d’élevage y est produit dans des conditions scandaleuses et est nocif pour la santé.

Depuis un rapport officiel de 2006 des autorités sanitaires norvégiennes, et malgré la multiplication des études et rapports sur le sujet, la Norvège a tardivement (7 ans après et sous pression de l’opinion) reconnu les recommandations émises par des scientifiques et des médecins, notamment sur les limitations de consommation nécessaires pour les enfants et les femmes enceintes ou les femmes en âge d’avoir des enfants sans, pour l’instant, les avoir mises en application.

Le gouvernement norvégien joue avec notre santé

Sur les conditions d’élevage et l’alimentation des saumons, en 2010, des éléments factuels ont été rapportés sur l’utilisation excessive d’un pesticide, le Diflubenzuron, afin de lutter contre un parasite naturel, le pou de mer. Ce pesticide présente des risques pour la santé, outre qu’il affecte les poissons, sa toxicité se transmet également à l’homme. Rien n’a été fait malgré l’alerte lancée par le gouvernement français de l’époque à son homologue norvégien.

La France, premier pays consommateur de ce poisson (il importe 110.000 tonnes de saumon norvégien par an) et sa population sont donc concernés tout comme nombre d’autres pays européens.

Par leur inaction persistante, le gouvernement norvégien et son industrie du saumon d'élevage jouent avec la santé de la population mondiale. L’enjeu économique est en effet de taille : la Norvège pèse pour 60 % de la production mondiale de saumon atlantique et l’exportation de celui-ci lui rapporte chaque année 4,7 milliards de dollars (29 milliards de couronnes norvégiennes).

Pour des contrôles accrus de la production

Mais l’enjeu sanitaire et environnemental dépasse évidemment l'enjeu économique. L’élevage intensif du saumon en Norvège, dans des conditions déplorables – entassement des animaux, traitements aux antibiotiques, épandages nocifs pour l’environnement... – aboutit à produire un poisson porteur de substances nocives potentiellement transmissibles aux consommateurs et alimente une pollution grandissante dans les fjords où sont installées les fermes d'élevage.

Avec les Verts norvégiens (De Grønne), Europe Écologie Les Verts exige que toute la lumière soit faite sur les conditions d’élevage du saumon de Norvège et que les recommandations de consommation établies par les autorités sanitaires soient respectées. Il faut garantir au plus tôt la distribution d’un saumon dépourvu de toutes substances dangereuses pour la santé, produit et nourrit de manière non nocive pour l'environnement. Des contrôles accrus de la production sont, à ce stade, évidemment indispensables.

Nous appelons les autorités françaises et européennes à se mobiliser pour protéger la santé des consommateurs. Celles-ci doivent exiger du gouvernement norvégien un nouveau cadre réglementaire qui, a minima, doit respecter la législation européenne et la transparence sur les conséquences sanitaires et environnementales de production industrielle du saumon d'élevage.

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La Norvège reconnaît que son saumon peut être dangereux pour la santé

Source : UFC Que Choisir Le 21 juin 2013

Femmes enceintes et jeunes, ne mangez pas de saumon plus de deux fois par semaine. Telle est la nouvelle recommandation du gouvernement norvégien, forcé de reconnaître – tardivement – que ce poisson gras est aussi bourré de produits toxiques.

Le gouvernement aimerait surtout que la nouvelle ne traverse pas la frontière. Pensez : la Norvège a été en 2012 à l’origine de 60% de la production mondiale de saumon atlantique, le pays a produit près d’1,2 million de tonne de ce poisson. Et les 29 milliards de dollars annuels générés par les exportations de ce secteur-clé de l’économie pourraient s’en trouver affectés.

En 2011, Rue89 vous avait alerté sur ce sujet, et trouvé étonnant que le ministère de la Santé recommande de manger du poisson gras deux à trois fois par semaine au nom de ses nombreuses vertus supposées pour la santé (ils sont bons pour le cœur, la circulation et la lutte contre certaines maladies inflammatoires, voire contre certains cancers).

Est-il bien raisonnable de manger autant de poissons nourris aux farines animales, aux antibiotiques et même aux pesticides ? La pharmacologue Claudette Béthune, qui a travaillé pour l’organisme norvégien de sécurité alimentaire (le Nifes), avait clairement tranché :

« La présence de polluants tels que les dioxines et le PCB dans le saumon génère un risque de cancer, qui, pour les personnes jeunes, dépasse les bénéfices attendus du saumon sur la santé. »..........

Michel Texier - UFC Que Choisir Var Est          

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Pendant ce temps, l'Etat norvégien renforce ses positions dans la filière "saumon"

Saumon d'élevage: l'état norvégien augmente sa part dans Cermaq

Source : AFP OSLO, 25 juin 2013 (AFP) -

Le gouvernement norvégien a annoncé mardi avoir fait passer à 59,17% sa part dans le producteur de saumon d'élevage Cermaq, après l'échec d'une offre hostile de son compatriote Marine Harvest, et devrait avoir les coudées franches pour décider du sort du groupe.

Marine Harvest, qui offrait 107 couronnes par action, et valorisait ainsi Cermaq à près de 10 milliards de couronnes (1,3 milliard d'euros), s'est heurté à l'opposition du gouvernement norvégien, principal actionnaire avec alors 43,5%.

Le gouvernement a acquis "5 millions d'actions à 108 couronnes (13,5 euros) par action (...). La participation de l'Etat dans le capital de Cermaq (...) représente 59,17% des actions de Cermaq", a indiqué mardi le ministère de l'Industrie et du Commerce dans un communiqué.

"Notre objectif est d'obtenir le meilleur développement de la valeur de Cermaq et de prendre soin de nos intérêts en tant qu'actionnaire", a expliqué le ministre, Trond Giske, à l'agence de presse norvégienne NTB.

"L'offre de Marine Harvest a reçu un niveau d'acceptation inférieur aux 33,4% auxquels elle était conditionnée, y compris en incluant les actions déjà détenues par Marine Harvest", a annoncé le groupe vendredi dans un communiqué.

Cermaq a souligné avoir entamé des négociations avec deux fonds d'investissement, le scandinave Altor et l'américain Bain Capital, pour leur céder sa filiale de production de farine de poisson, Ewos, sa plus grosse activité, pour laquelle ils offrent 6,2 milliards de couronnes.

Le groupe a prévu une assemblée générale extraordinaire le 11 juillet, où l'avenir d'Ewos devrait être examiné.

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Mercure, PCB, dioxines : deux portions de poisson par semaine, pas plus, dit l'Anses

L'agence de sécurité alimentaire (Anses) recommande de consommer deux portions de poisson par semaine, mais pas plus, un équilibre entre nos besoins nutritifs et les risques de contamination au mercure ou aux PCB.

Dans un avis rendu public vendredi, l'Anses précise que sur les deux portions recommandées, il faut une portion de poisson gras (saumon, sardine, maquereau, hareng ou truite fumée).

Mais l'agence émet également de sérieux bémols sur la consommation de plusieurs espèces de poissons d'eau douce et de certaines autres espèces, en particulier par les populations les plus à risque comme les femmes enceintes ou les jeunes enfants.

Saisie il y a un an par les autorités pour faire le point, l'Anses indique avoir "étudié différents scénarios" en tenant compte à la fois des "effets bénéfiques sur la santé" de la consommation des acides gras oméga 3 qu'on trouve principalement dans les poissons gras et du niveau de contamination des poissons en dioxine, MeHg (mercure organique) et PCB (polychlorobiphényles, isolant utilisé dans l'industrie) "dont l'action toxique est particulièrement importante pendant la période périnatale".

Les effets positifs des oméga 3 ont fait l'objet de nombreuses études scientifiques ces dernières années, qu'il s'agisse de leur effet protecteur face à certains cancers, comme celui du sein, ou de leur intérêt pour le coeur. Ils pourraient également jouer un rôle dans le fonctionnement cérébral.

Mais un nombre croissant d'experts s'inquiètent de l'aggravation de la pollution des eaux de mer et de rivières par des produits toxiques allant des hydrocarbures aux métaux lourds: selon une étude publiée en janvier dernier juste avant l'adoption d'une Convention internationale sur le mercure, la déforestation dans le monde s'est traduite par un déversement dans les lacs et rivières de quelque 260 tonnes de mercure auparavant retenues dans les sols, tandis que les quantités de mercure présentes dans les 100 premiers mètres de profondeurs des océans ont doublé en 100 ans.

Varier espèces ou approvisionnement

L'agence précise avoir fixé sa recommandation pour la population générale afin de permettre une "couverture optimale" des besoins en nutriments tout en limitant les risques de contamination. Mais pour bien faire, les consommateurs sont incités à manger leurs deux portions de poisson "en variant les espèces et les lieux d'approvisionnement (sauvage, élevage, lieux de pêche) dans le cadre d'une alimentation diversifiée".

La consommation de poissons d'eau douce fortement bio-accumulateurs (anguille, barbeau, brème, carpe, silure) est pour sa part limitée à 2 fois par mois pour la population générale, mais à une fois tous les deux mois pour les femmes en âge de procréer, enceintes ou allaitantes ainsi que les enfants de moins de trois ans, les fillettes et les adolescentes.

Les femmes enceintes ou allaitantes ainsi que les jeunes enfants sont également invités à limiter leur consommation de poissons prédateurs sauvages (lotte, loup ou bar, bonite, anguille, grenadier, flétan, brochet, dorade, raie, sabre, thon) et même à éviter celle d'espadon, marlin, siki, requin "en raison du risque lié au mercure".

Mais l'Anses relève que les produits de la mer et des rivières peuvent également être contaminés par des microorganismes d'origine humaine ou animale qui sont majoritairement détruits par la cuisson et met en garde tout le monde contre la consommation de produits crus ou insuffisamment cuits, qu'il s'agisse de poissons ou de coquillages.

La consommation de ces produits est spécifiquement déconseillés aux populations "sensibles" (femmes enceintes, jeunes enfants, personnes âgées, ou immunodéprimées ou souffrant de pathologies comme le cancer ou le diabète) tout comme celle de crustacés décortiqués vendus cuits.

L'Anses rappelle enfin qu'il faut cuire le poisson de mer frais "à coeur" et qu'il faut "éviter la consommation de coquillages s'ils ne proviennent pas d'une zone d'élevage autorisée et contrôlée".

Quant aux amateurs de sushis faits maison, il leur est conseillé de congeler le poisson utilisé "pendant 7 jours afin de détruire les parasites potentiellement présents".

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Le 5 juillet 2013

Poissons et produits de la pêche : synthèse des recommandations de l’Agence

Source : Anses publié le 05/07/2013

Le poisson et les produits de la pêche possèdent des qualités nutritionnelles précieuses qui en font des aliments particulièrement intéressants au plan nutritionnel, il est ainsi recommandé de consommer du poisson deux fois par semaine, dont un poisson gras. Cependant, du fait qu’ils vivent en contact permanent avec l’environnement, les aliments qui en sont issus sont susceptibles d’être contaminés par des substances chimiques mais également par des micro-organismes. L’Agence a rendu de nombreux avis tant sur l’évaluation des risques liés à la consommation de ces aliments que de leurs bénéfices. Un avis récapitulant l’ensemble des ces recommandations est publié aujourd’hui.

Le poisson et les produits de la pêche (fruits de mer, coquillages, …) possèdent des qualités nutritionnelles précieuses qui en font des invités de choix des menus de toute la famille. Il est ainsi recommandé de consommer du poisson deux fois par semaine, dont un poisson gras. Cependant, les caractéristiques de leur environnement et la biologie de certaines espèces font que les aliments qui en sont issus sont susceptibles d’être contaminés par des substances chimiques (PCB, methylmercure notamment) mais également par des micro-organismes (bactéries et certains parasites). Ainsi, certaines recommandations spécifiques de consommation peuvent s’appliquer notamment pour certaines populations sensibles(femmes enceintes, jeunes enfants, …).

Lors de l’élaboration des recommandations de consommation nutritionnelle du programme national nutrition santé (PNNS), l’Agence avait été consultée pour fournir le fond scientifique de ces recommandations. Depuis, l’Agence a rendu de nombreux avis tant sur l’évaluation des risques liés à la consommation de ces aliments que de leurs bénéfices. Ces différents travaux permettent d’affiner les recommandations de consommation de poisson et produits de la pêche notamment en termes de fréquence et de types de poissons à consommer afin de bénéficier des qualités nutritionnelles de ces produits sans s’exposer à un risque particulier. Un avis récapitulant l’ensemble des ces recommandations est publié le 5 juillet 2013.


Pour en savoir plus : Bénéfices et risques du poisson et des produits de la pêche

Autant que la viande, le poisson est une excellente source de protéines, il contient également des minéraux, mais aussi des vitamines. Enfin, selon les espèces, les poissons sont également des sources d'oméga 3à longue chaine, particulièrement intéressants au plan nutritionnel car intervenant dans la prévention des maladies cardio-vasculaires, ainsi que le développement et le fonctionnement de la rétine, du cerveau et du système nerveux.

Cependant, les produits de la mer et des rivières peuvent aussi être contaminés par des polluants de l'environnement dont les dioxines, les PCB ou le méthyl-mercure, qui peuvent avoir des effets néfastes sur la santé en cas de surexposition. Ces aliments peuvent également être contaminés par des microorganismes pathogènes d’origine humaine, animale, hydrique ou tellurique présents dans l’eau douce ou salée. Les coquillages, en filtrant l’eau, peuvent concentrer de grandes quantités de bactéries, virus et parasites et à ce titre représentent une source de contamination humaine s’ils ne proviennent pas d’une zone d’élevage autorisée et contrôlée.

A lire documents et autres recommandations de l'Anses :
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Boulogne-sur-Mer : du saumon aux dioxines importé de Suède ?

Selon l'AFP : mis en cause mercredi par un documentaire de la télévision publique suédoise SVT, un importateur français, Pêcheries nordiques, a confirmé avoir fait entrer en France du saumon suédois pêché en mer Baltique, interdit à cause de niveaux de dioxines supérieurs aux limites autorisées.



Publié le 08/05/2013 | 11:03, mis à jour le 10/05/2013 | 12:11

Interrogée par l'AFP, l'entreprise, implantée à Echinghen (Pas-de-Calais) près du port de Boulogne-sur-Mer, a confirmé avoir importé 103 tonnes en 2011 et 2012, puis avoir arrêté.

Le directeur général de cette société de six personnes, François Agussol, a plaidé sa bonne foi.

 "Personne n'est venu nous dire que c'était illégal. Des analyses n'ont pas permis de détecter de problème" a-t-il souligné.

Depuis 2002, la Suède n'est plus autorisée à exporter de poisson pêché dans la Baltique, l'Union européenne l'estimant dangereux pour la santé. Stockholm a négocié une exception pour que sa consommation reste autorisée sur son territoire. Elle l'est aussi dans deux autres pays riverains de la Baltique, la Finlande et la Lettonie.

Les Suédois, au courant de la pollution de cette mer, savent qu'il faut consommer de ce saumon avec modération. Leur gouvernement recommande aux enfants et femmes enceintes de ne pas manger de ce saumon plus de trois fois par an.

Le 16 avril, les autorités de sécurité alimentaire suédoises avaient annoncé dans un communiqué qu'une entreprise de Karlskrona, un port du Sud de la Suède, avait exporté illégalement 105 tonnes de saumon de la Baltique vers la France. Elles n'avaient précisé ni la période ni les entreprises concernées. Pêcheries nordiques revend du poisson frais scandinave à des transformateurs qui approvisionnent la grande distribution et la restauration.

Dans le documentaire de SVT, M. Agussol dit que le saumon suédois s'est retrouvé dans les rayons d'enseignes comme Carrefour. SVT cite Intermarché comme autre acheteur. D'après des témoins interrogés par la chaîne, ce saumon suédois s'est retrouvé illégalement dans d'autres pays de l'UE en moindre quantité, comme le Danemark, l'Allemagne ou la Grande-Bretagne.

Le saumon de la Baltique est renommé pour son goût. Le négociant en caviar parisien Petrossian en vend à 18 euros les 120 grammes, soit 150 euros le kilo. Il vient toutefois de Pologne, pays qui a le droit d'exporter.

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Le 11 novembre 2013

Dans le Finistère, les saumons seront élevés à terre

Armoric veut créer dans le Finistère la première ferme aquacole à terre au monde....

Source : Ouest France  par Christophe Violette 

La venue de Stéphane Le Foll, vendredi à Rennes, n'a pas été inutile. Le ministre a été totalement séduit par le projet industriel innovant que lui a présenté Vincent Gelamur, directeur industriel d'Armoric, fumeur de saumon à Quimper (Finistère). Un investissement de 10 millions d'euros. Armoric veut créer dans le Finistère la première ferme aquacole à terre au monde. Un peu comme les piscicultures, pour la truite. Mais, ici, pour le saumon de taille adulte, avec de l'eau de mer en circuit fermé et sans aucun rejet. Une première mondiale.

À l'heure du repli de Marine Harvest en Pologne, on comprend que le projet d'Armoric, propre et durable, ait séduit le ministre qui a retenu à déjeuner Vincent Gelamur.

En circuit fermé

Armoric est l'une des cinq sociétés du groupe Meralliance, leader français sur le marché du saumon et poissons fumés marinés à marque distributeur. Le groupe réalise un chiffre d'affaires de 150 millions d'euros et compte 900 salariés en France, Écosse et Pologne, dont 400 à Quimper et Landivisiau. Cette PME indépendante d'envergure européenne traite 7 000 t de saumon, par an, 7 % du marché français. « Mais, face à la Norvège, qui produit 1 million de tonnes, nous ne pesons rien... » relativise Vincent Gelamur. La pression norvégienne sur le marché mondial est telle qu'il est désormais difficile de s'approvisionner en saumon adulte de qualité. « Surtout depuis que le Chili, avec ses fermes aquacoles en mer, a connu de graves maladies. »

Alors, Armoric a eu l'idée de produire elle-même son propre saumon. De qualité. Et propre, « avec au moins 50 % d'alimentation marine ». Grâce à une ferme d'élevage à terre. Une technologie complètement innovante « qui retraite sans arrêt l'eau en circuit fermé. Pas de rejets, pas d'antibiotiques puisque l'eau est constamment traitée ». Autre innovation fondamentale : ce type d'élevage « nécessite moins d'un kilo d'alimentation pour produire un kilo de saumon ». Alors qu'aujourd'hui la norme est, dans les fermes marines les plus performantes, au mieux de 1,3 kg pour 1 kg. « D'où une production beaucoup plus durable et soutenable. »

L'investissement est très conséquent pour Meralliance : 10 millions d'euros. La future ferme s'implantera à Treffiagat, près du Guilvinec, dans le pays bigouden. Le conseil général du Finistère soutient ce beau projet innovant qui vient prouver qu'on peut débuter en Bretagne une aquaculture ambitieuse et durable. Mais il faudra, aussi, le soutien de l'État. Et Vincent Gelamur n'a pas été déçu. Puisque Stéphane Le Foll a réagi très positivement, soulignant « que c'est le moment d'y aller, c'est le moment de démontrer qu'on peut développer d'autres pratiques d'élevage durables en Bretagne ».

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Le 9 Novembre 2013

Poisson. Elevage en eaux troubles

Envoyé Spécial - France 2

Présenté par Guilaine Chenu & Françoise Joly

Emission du 7 novembre 2013

Un document de Nicolas Daniel et Louis de Barbeyrac.

C’est l’un des symboles du bien-manger : recommandé par les médecins et les nutritionnistes, le poisson a gardé l’image d’un produit sain et naturel. En France, sa consommation a plus que doublé en cinquante ans et elle concerne particulièrement le poisson d’élevage. Sa chair renferme pourtant bien des secrets, parmi les plus toxiques de l’industrie agroalimentaire : utilisation de farines animales, usage massif d’antibiotiques et de pesticides, pollution au mercure et aux PCB, défauts de traçabilité, substitutions d’espèces… Un monde secret et opaque où l’intérêt de l’industrie passe parfois avant celui des consommateurs. Pendant des mois, en France mais aussi en Norvège et au Vietnam, en passant par la Suède et le Danemark, les équipes d’Envoyé Spécial ont remonté les filières de cette industrie planétaire. Poissons d’élevage, produits de la pêche, mais aussi plats cuisinés : plongée dans les eaux troubles d’une filière hors de contrôle, qui déverse à notre insu un dangereux cocktail de produits chimiques dans nos assiettes...

http://metatv.org/poisson-elevage-en-eaux-troubles

Cliquer Ici pour revoir le version intégral (1h30) Envoyé spécial France 2 - 7 nov 2013 Elevage en Eaux Troubles

"Envoyé spécial" : Poissons d'élevage, un business en eaux troubles (Bande annonce)

Poisson : élevage en eaux troubles - Extrait 1

Saumon pulvérisation de produits chimiques




Poisson : élevage en eaux troubles - Extrait 2

Saumon comparé à d'autres aliments




Poisson : élevage en eaux troubles - Extrait 3

Elevage de Panga au Vietnam




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Informations sur le Saumon de Norvège relatives au reportage d’Envoyé Spécial, « Poisson : élevage en eaux troubles»

Suite au reportage d’Envoyé Spécial« Poisson : élevage en eaux troubles» diffusé jeudi 7 novembre à 20h45 sur France 2, voici des éléments de réponse relatifs aux sujets abordés dans ce reportage.

Communiqué de presse du 9 novembre 2013 : Norge

Toutes les informations qui suivent se basent sur des principes fondamentaux au sein de l’aquaculture norvégienne : une activité transparente, réglementée et contrôlée. La priorité pour la Norvège est de produire des produits sains et sûrs à la consommation. Le consommateur peut à tout moment obtenir des informations :

Tous les tests effectués sur le Saumon d’élevage norvégien, sont faits en accord avec la législation européenne et norvégienne. Ils sont rendus publics sur le site web du NIFES : http://www.nifes.no/sjomatdata/?lang_id=2

Le Centre des Produits de la Mer de Norvège se tient à disposition pour répondre aux questions des consommateurs à travers l’adresse mail suivante : norge.fr@seafood.no

En France, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a également publié un avis de recommandation sur la consommation de produits de la mer. Il est recommandé de consommer 2 portions de poissons par semaine, dont un poisson gras ; saumon, sardine, maquereau, hareng, truite fumée…
http://www.anses.fr/fr/content/manger-du-poisson-pourquoi-comment
http://www.anses.fr/fr/content/poissons-et-produits-de-la-p%C3%AAche-synth%C3%A8se-des-recommandations-de-l%E2%80%99agence

1. Sur la traçabilité
Comment pouvons-nous être sûrs de l'origine du poisson?

Tous les poissons d’élevage importés dans la zone de l’UE doivent porter une étiquette fournissant des informations sur l’espèce et l’origine du produit. Cette réglementation concerne donc aussi le saumon norvégien commercialisé en France. Les informations de traçabilité sur le saumon norvégien permettent en outre de retrouver toutes les informations concernant les géniteurs, la société et le lieu d’élevage, l’alimentation du saumon, les éventuels traitements et le suivi de santé, le lieu d’abattage et de transformation, l’emballage, etc.

Arrivés sur le territoire français, les poissons font l’objet de contrôles dans le cadre des plans de surveillance et de contrôle (PSPC) : http://agriculture.gouv.fr/dispositif-surveillance-controle-securite-sanitaire-aliments-564

2. Sur la crédibilité du système de sécurité alimentaire norvégien
Pour quelles raisons peut-on faire confiance au système de sécurité alimentaire norvégien ?

La Norvège garantit la sécurité alimentaire par une approche scientifique. Les législations norvégiennes sont totalement harmonisées avec les législations européennes. L’Autorité Européenne de Surveillance (l’autorité de contrôle de l’Association Européenne de Libre-Echange), vérifie le respect des lois par les Etats membres de l’AELE, établissant  une entière conformité et intégration au marché intérieur européen.

L’approche scientifique du système de sécurité alimentaire se fonde sur 4 principes :
Fournir de l’information : uniquement à partir des études et rapports scientifiques
Evaluer les risques : Cette évaluation est réalisée par des institutions scientifiques indépendantes : L’Autorité Européenne sur la Sécurité Alimentaire (EFSA) (http://www.efsa.europa.eu/), le Comité scientifique norvégien pour la sécurité alimentaire (http://www.english.vkm.no/) et d’autres institutions mandatées par le gouvernement norvégien.

Gérer les risques : En Norvège, l’autorité compétente est l’Autorité Norvégienne de Sécurité Alimentaire. La gestion des risques peut être encadrée par de nouvelles législations (ex : les limites maximums autorisées ; ou les avertissements adressés aux consommateurs).

Contrôler : il y a des contrôles à tous les niveaux de la chaîne de production alimentaire. Le programme de surveillance, exigé par la législation européenne (Directive 96/23) est l’un des contrôles officiels de la production aquacole. Les résultats de ces contrôles, et de tous les autres contrôles officiels sont rendus publics sur NIFES.no

Le NIFES (National Institute of Nutrition and SeafoodResearch) est l’institut de recherche indépendant mandatépar le Ministère Norvégien de la Pêche et des affaires côtières. Cet institut de recherche est spécialisé dans la recherche sur les produits de la mer et la nutrition : la nourriture pour les poissons – et le poisson comme aliment de consommation. L’institut donne des avis scientifiques relatifs à la santé et à la sécurité liées aux produits de la mer.Ces avis sont notamment donnés au gouvernement et aux autorités alimentaires nationales et européennes. http://www.nifes.no/om-nifes/?lang_id=2

3. Sur l’usage des antibiotiques
Dans quels cas administre-t-ondes antibiotiques aux saumons d’élevage ?

Aucun médicament ou antibiotique n’est administré de manière préventive dans l’alimentation des saumons.
L’utilisation des antibiotiques a ainsi chuté de 99% depuis les années 90 alors que la production de saumon sur la même période a augmenté de 50 000 tonnes à 1 million de tonnes. En 2012, moins d’un pour cent des saumons ont été traités avec des antibiotiques.

L’utilisation des antibiotiques est scrupuleusement surveillée : ils ne peuvent être administrés qu’en dernier recours, et sur autorisation vétérinaire.

Les saumons traités sont obligatoirement placés en quarantaine, avant d’être autorisés à la vente. La quarantaine accorde à l’organisme plus de temps pour évacuer tous les résidus de traitement. Le saumon norvégien est contrôlé selon les régulations européennes concernant les résidus de substances non-désirables. Des résultats récents informent que le saumon norvégien est parfaitement sûr et sain http://www.nifes.no/index.php?page_id=&article_id=4169&lang_id=1

C’est l’apparition des vaccins qui a permis de réduire considérablement l’usage des antibiotiques. Les vaccins permettent au système immunitaire du saumon de combattre efficacement les infections, tout en étant sans aucune conséquence pour la sécurité alimentaire et la santé humaine.

4. Sur l’usage d’autres médicaments vétérinaires

4.1 Qu’est-ce que le diflubenzuron ? S’il est classé en tant que pesticide pour l’agriculture, pourquoi l’utilise-t-on dans le cadre de l’industrie aquacole ?
Le diflubenzuron est parfois utilisé, dans des limites très strictes et uniquement sur ordonnance vétérinaire, pour traiter les saumons pour les poux de mer.
Les statistiques de 2012 montrent que l’utilisation dediflubenzuron est rare, et que les autres moyens de maîtriser les poux de mer sont utilisés en préférence. La méthode de traitement la plus utilisée consiste à introduire un « poisson nettoyeur » (dit « vieille commune ») dans les bassins.  Les poissons nettoyeurs mangent les poux présents sur la peau du saumon.
Son utilisation a été approuvée par l’UE pour lutter contre le pou de mer dans les élevages de saumon. Le pou de mer est un parasite qui existe naturellement en milieu marin. Il vit du mucus de la peau de saumon, et concerne autant les saumons sauvages que les saumons d’élevage.
Dans l’objectif de garantir la sécurité alimentaire, un programme important de surveillance des poissons d’élevage est mené par l’Autorité norvégienne de la sécurité alimentaire depuis 1994, en accord avec les régulations européennes. A raison de 11 000 tests tous les ans, aucun résidu de diflubenzuron n’a jamais été détecté dans le saumon d’élevage norvégien au-delà des limites autorisées par les autorités norvégiennes et européennes.

4.2 Pourquoi est-il possible de trouver des traces d'endosulfan, un pesticide interdit par l’UE, dans le saumon norvégien?
L’utilisation de l’endosulfan en tant que pesticide est interdite au sein de l’Union Européenne et en Norvège, et il n’est en aucune manière utilisé dans l’élevage de saumon.
En raison des quantités limitées de ressources marines, et dans le souci de trouver des ressources plus durables, le secteur aquacole utilise des matières premières d’origine végétale dans l’alimentation des saumons. Des résidus de pesticides dans les matières premières achetées aux pays d’Amérique du Sud et d’Asie peuvent se retrouversous forme de traces dans les aliments pour animaux utilisés en UE et en Norvège.

Pour assurer la sécurité alimentaire des consommateurs, de strictes limites sont établies par les autorités sanitaires. Au sein de l’UE, la limite maximum autorisée pour l’endosulfan est de 0,1 mg/kg pour l’alimentation des élevages terrestres et de 0,05 mg/kg pour l’alimentation des poissons.
Cependant, selon les conclusions de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) et de la Commission, l’endosulfan dans les aliments pour saumons n’est pas un facteur de risque, ni pour la santé humaine, ni pour le bien-être des animaux. (Source : http://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/pub/236.htm).
La consommation de 300 g de saumon contenant la plus forte concentration mesurée dans des filets de saumon d’élevage (0,00636 mg/kg) constitue environ 0,5 % de la dose journalière admissible pour une personne de 70 kg.

5. Sur l’alimentation des poissons
L’alimentation du saumon est composée exclusivement des protéines provenant de poissons et de végétaux. Les autres ingrédients sont l’huile de poisson,les huiles végétales,antioxydants, vitamines et minéraux.

Qu’est-ce que l’éthoxyquine ?  Est-elle dangereuse pour la santé du consommateur?
L’éthoxyquine est un antioxydant utilisé comme additif dans les aliments donnés aux poissons afin de conserver leur qualité durant le transport.
Le règlement européen n° 2316/98 habilite l'utilisation des antioxydants tels que l’éthoxyquine (EQ) dans les aliments pour animaux. Leur limite maximale seuls ou en combinaison avec d’autres antioxydants est fixé à 150 mg/kg par aliment.

En Norvège, le contenu de ces antioxydants dans l’alimentation des poissons d'élevage est contrôlé chaque année. Les derniers résultats du programme de contrôle officiel norvégien sur l'alimentation des poissons ont montré que les niveaux d’éthoxyquine étaient bien en deçà des limites européennes.
En France, selon un rapport d’expertise de l’ANSES publié en juin 2011, sur les risques des résidus de pesticides et autres substances (dont les antioxydants), les risques liés à l’exposition à l’éthoxyquine ne constituent pas un problème de santé publique (aucun dépassement de la Dose Journalière Admissible n’étant observé) http://www.anses.fr/fr/content/exposition-alimentaire-aux-substances-chimiques-lanses-publie-les-r%C3%A9sultats-de-la-deuxi%C3%A8me

6. Sur la pollution au mercure et aux PCB
6.1 DIOXINES ET PCB
Pour rappel :
En juin 2013, plusieurs articles ont été publiés sur la présence de POP (polluants organiques persistants) dans le saumon d'élevage norvégien. Ils s’appuyaient notamment sur des allégations de quelques physiciens sur les risques sanitaires présumés, en particulier pour les jeunes femmes et femmes enceintes, sans qu’aucune nouvelle recherche ou tests ne permettent de confirmer la véracité de ces déclarations anxiogènes. Ces avis restent isolés et non reconnus par les autorités de sécurité alimentaire ou les instituts de recherche indépendants qui contrôlent le saumon norvégien sur mandat de l’Autorité norvégienne de la sécurité alimentaire.
Suite à ces articles, la Direction norvégienne de la santé a émis une précision concernant sa recommandation de consommation de poisson pour les jeunes femmes et femmes enceintes. Cette recommandation précise ainsi de manger une quantité de 2 à 3 portions de poissons par semaine, dont un maximum de 2 poissons gras tels que le saumon ou le maquereau[1]. Même les Norvégiens, qui mangent beaucoup de produits de la mer, ne mangent pas assez de poissons gras, avec une consommation de 8 kg de saumon d’élevage par an.
En France, l’Agence Nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) recommande quant à elle de manger du poisson au moins 2 fois par semaine combinant un poisson riche en oméga-3, tel que le saumon, et un poisson maigre.
[1]http://www.norvege.no/News_and_events/policy/Les-autorites-sanitaires-norvegiennes-ne-mettent-pas-en-garde-contre-la-consommation-du-saumon-delevage/
Doit-on s’inquiéter du niveau de POP dans le saumon d’élevage de Norvège ?
La présence de POP – dioxines et PCB inclus – dans le saumon norvégien est à un niveau bien en-deçà de toutes les valeurs limites européennes(moins de 1 ng TEQ/kg pour une valeur limite de 6,5ng TEQ/kg - source : NIFES[1])

Les autorités norvégiennes effectuent des contrôles réguliers sur l’ensemble de la chaîne d'approvisionnement pour s’assurer du respect des limites européennes. Les résultats des différents tests sont publics et accessibles sur le site web du NIFES (National Institute of Nutrition and SeafoodResearch[2]). Le NIFES effectue plus de 11 000 tests chaque année sur les saumons norvégiens, et les niveaux de POP dans le saumon d’élevage norvégien n’ont jamais excédé les valeurs limites de l’UE.
Le NIFES a confirmé que les niveaux de POP trouvés dans le saumon d’élevage norvégien n’ont cessé de diminuer, et ont chuté de deux tiers depuis 2004.
Sur l’étude de Jérome Ruzzin établissant un lien entre la consommation de Saumon d’élevage de Norvège et l’obésité et le diabète. L’étude consistait à nourrir des souris avec du saumon d’élevage pendant 8 semaines. Elle poussait à l’extrême un régime alimentaire afin d’en étudier plus rapidement les effets. Si l’on devait manger les mêmes quantités que celles utilisées dans cette étude, cela consisterait à manger du saumon à tous les repas chaque jour pendant 2 mois. Personne ne devrait avoir un régime alimentaire aussi extrême. Les recommandations officielles de consommation visent à éviter ce genre de comportement. Les co-auteurs de cette étude ont déclaré que celle-ci ne pouvait conclure que la consommation du saumon provoquait l’obésité et le diabète.
[1]http://www.nifes.no/sjomatdata/?lang_id=2
[2]http://www.nifes.no/index.php?page_id=126&article_id=3390&lang_id=2
6.2 MERCURE ET METAUX LOURDS
Y’a-t-il des traces de mercure et métaux lourds dans le saumon d’élevage norvégien ?
On retrouve des traces de mercure et métaux lourds dans l’ensemble des poissons, d’élevage ou sauvages, puisqu’on retrouve ces éléments dans les mers et rivières.
L’ANSES a conclu que le taux moyen retrouvé dans la chair des poissons est inférieur à la dose journalière tolérable définie par l'Organisation mondiale de la santé,c’est-à-dire qui peut être quotidiennement ingérée par le consommateur sans effets néfastes pour sa santé.
Le saumon d’élevage norvégien ne fait en aucun cas partie des poissons les plus contaminés (requins, lamproies, espadons, marlins et sikis); ou susceptibles d'être fortement contaminés (baudroies, lottes, loup de l'Atlantique, bonite, anguille et civelle, empereur, grenadier, flétan de l'Atlantique, raies, dorade, thon…). (Source: ANSES[1]). Enfin, le taux relevé par le NIFES dans la chair des saumons d’élevage norvégiens en 2012 s’élevait à 0.016 mg/kg alors que les autorités européennes limitent à 0.5 mg/kg.
[1]http://www.anses.fr/fr/content/consommation-de-poissons-et-exposition-au-m%C3%A9thylmercure

7. Sur la malformation des cabillauds
Les malformations témoignent-elles de mutations génétiques ?

Les cabillauds avec des malformations ont toujours existé, même à l’état sauvage.
Ce n’est pas un phénomène qui est apparu avec l’élevage de cabillaud. Les cas de malformations sont relativement nombreux à l’état sauvage. Cependant, à la différence des cabillauds d’élevage, ces poissons atteignent rarement la maturité, faisant souvent l’objet de proies faciles pour les prédateurs.
Les malformations ne sont pas des mutations génétiques. Le cabillaud d’élevage et le cabillaud sauvage disposent des mêmes gènes. Les malformations que les cabillauds d’élevage peuvent développer à un stade précoce de leur vie, ne sont aucunement transmises aux générations suivantes. Il n’y a pas donc pas de risque que les cabillauds d’élevage mal-formés affectent les cabillauds sauvages. (source: Atle Mortensen, 2010 – Nofima, Food Research Institute of Food : http://nofima.no/en
Les malformations ont été réduites de manière significative parmi les poissons d’élevage ces dernières années et restent minoritaires.

A propos du Centre des Produits de la Mer de Norvège

Le Centre des Produits de la Mer de Norvège est un organisme norvégien représenté à Paris, dont le siège (NSC/NorwegianSeafood Council) est situé à Tromsø, en Norvège, à 600 kilomètres au nord du cercle polaire. Le NSC a été créé par le Ministère norvégien de la pêche en 1991 afin de renforcer la notoriété des produits de la mer de Norvège de par le monde.

Ses activités sont financées par le secteur de la pêche et de l’aquaculture via un prélèvement sur les exportations des produits de la mer.

Les principaux axes de communication du CPMN sont l’origine norvégienne, les qualités gustatives et nutritives des produits et la sécurité alimentaire que garantit le savoir-faire des Norvégiens en matière de pêche et de pisciculture.

La France est le second marché d’exportation pour les produits de la Mer de Norvège avec environ 671 millions d’euros par an, ce qui fait également de la Norvège son plus gros fournisseur en matière de produits de la mer.

La France est également le premier marché d’exportation de Saumon de Norvège avec 136 000 tonnes importées en 2012.

Pour plus d’informations:
Contact Centre des Produits de la Mer de Norvège : norge.fr@seafood.no

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Le 12 novembre 2013

Après l’enquête d’« Envoyé spécial », le lobby du saumon norvégien s’active

Dans une excellente enquête diffusée jeudi par « Envoyé spécial », sur France 2, on voyait confirmé ce qu’on commence à savoir depuis un bon moment : les poissons d’élevage sont bourrés de substances toxiques. Des produits chimiques utilisés dans leur nourriture et dans les substances avec lesquelles on les asperge.

Source : Rue 89 par Renée Greusard | Journaliste Rue89

En surpopulation dans leur cage, les saumons d’élevage tombent en effet plus facilement malades, infestés par des poux de mer. Un militant écologique norvégien raconte ainsi à « Envoyé spécial » :

« Dans les saumons, on trouve du diflubenzuron et toutes sortes de produits chimiques. C’est dégoûtant, ces trucs. Vous savez le saumon norvégien, c’est la nourriture la plus toxique du monde. »

Le reportage n’a pas plu au Centre des produits de la mer de Norvège (CPMN). En septembre, cette organisation a signé un accord de collaboration avec le ministère des Affaires étrangères norvégien. Objectif : « Soutenir l’internationalisation, l’innovation et le marketing des produits de la mer de Norvège ».

C’est en vertu de ces ambitions que ce lobby a diffusé un communiqué en réaction à l’émission, signalé par une lectrice. On y apprend qu’en gros, il n y a pas de problème de santé publique :

« Des résultats récents informent que le saumon norvégien est parfaitement sûr et sain. »

Mais aussi que l’élevage de saumon est « une activité transparente, réglementée et contrôlée » ou que « la priorité pour la Norvège est de produire des produits sains et sûrs à la consommation. »

Une chercheuse poussée vers la porte

Les arguments avancés par le document laissent cependant dubitatifs. Exemple :

« Tous les tests effectués sur le saumon d’élevage norvégien sont faits en accord avec la législation européenne et norvégienne. Ils sont rendus publics sur le site web du Nifes. »

Le Nifes est un institut de recherche étatique norvégien. Problème : on apprend justement dans le reportage qu’il a poussé vers la démission une chercheuse, qui avait étudié les effets sur la santé humaine de l’éthoxyquine, un additif présent dans la nourriture des poissons, .

Elle avait découvert des choses gênantes, comme elle le raconte à « Envoyé spécial » :

« J’ai découvert que l’éthoxyquine a le pouvoir de traverser la barrière hémato-encéphalique du cerveau. Or cette barrière a une fonction très importante. Elle sert à protéger physiquement votre cerveau contre les substances toxiques et aucune substance étrangère au corps humain n’est censée pouvoir la traverser. »

Un poisson nettoyeur qui mange les poux

Le CPMN a d’autres arguments pour défendre ses saumons. Au sujet des poux de mer notamment, le centre concède que « le diflubenzuron est parfois utilisé », mais tempère maladroitement :

« Les statistiques de 2012 montrent que l’utilisation de diflubenzuron est rare, et que les autres moyens de maîtriser les poux de mer sont utilisés en préférence.

La méthode de traitement la plus utilisée consiste à introduire un “ poisson nettoyeur ” (dit “ vieille commune”) dans les bassins. Les poissons nettoyeurs mangent les poux présents sur la peau du saumon. »

Miam miam tout ça. A lire le communiqué, on a presque l’impression de lire les arguments vintages des fabricants de tabac quand ils assuraient que le tabac était bon pour la santé.

Difficile pourtant d’oublier qu’en juin, comme Rue89 le rappellait, le gouvernement norvégien a émis « une nouvelle recommandation, forcé de reconnaître – tardivement – que ce poisson gras est aussi bourré de produits toxiques ».

Un lobby allié à la diplomatie norvégienne

En même temps, fallait-il s’attendre à une meilleure réponse du CPMN à des accusations aussi graves ? Le communiqué précise :

« Le CPMN a été créé par le ministère norvégien de la pêche en 1991 afin de renforcer la notoriété des produits de la mer de Norvège de par le monde. Ses activités sont financées par le secteur de la pêche et de l’aquaculture via un prélèvement sur les exportations des produits de la mer. »

Par e-mail, j’ai demandé à notre blogueuse en Norvège, Diane Barbain, de nous dire son avis sur la question. Secrétaire des Verts au conseil municipal de Bergen, elle critique l’accord signé en septembre entre le CPMN et le ministère des Affaires étrangères :

« Le Centre est localisé avec les services de la diplomatie norvégienne à l’étranger, et bénéficie d’un statut de diplomate et de l’adresse de l’ambassade de Norvège en France. »

C’est que la France est un marché essentiel pour les producteurs de saumons norvégiens. De l’aveu même du CPMN, dans son communiqué :

« La France est le second marché d’exportation pour les produits de la mer de Norvège avec environ 671 millions d’euros par an, ce qui fait également de la Norvège son plus gros fournisseur en matière de produits de la mer.

La France est également le premier marché d’exportation de saumon de Norvège avec 136 000 tonnes importées en 2012. »

Le saumon est la deuxième ressource économique de la Norvège, après le pétrole.

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Le 3 février 2014

Le premier saumon d’aquaculture durable arrive sur les tables

© Aquaculture Stewardship Council

Deux fermes piscicoles étroitement liées (Villa Arctic AS Jarfjord  et Lerøy Midt Hognseset Nord) viennent d‘obtenir la certification d’aquaculture durable ASC (Aquaculture Stewardship Council).

Source : Fish2Fork

Le label ASC est à l’aquaculture ce que le MSC (Marine Stewardship Council) est à la pêche.

Il existe dorénavant plus de 740 produits portant le label ASC d’aquaculture durable sur le marché.

Le saumon provenant des deux élevages norvégiens est prédestiné à nourrir la clientèle du groupe IKEA, qui s’est fixé l’objectif de ne servir, dans ses restaurants, que du saumon labélisé aquaculture durable d’ici 2015.

Pour les autres espèces la grande enseigne suédoise, porte son dévolu sur du poisson durable labélisé MSC ou bien recommandé par le WWF.

Chris Ninnes, le directeur de l’ASC déclare: « C’est une étape cruciale qui vient d’être franchie pour l’industrie du saumon d’élevage et nous félicitons Villa Arctic AS pour les efforts réalisés pour certifier l’élevage de Jarfjord. »

 « Le saumon est un produit en forte demande et il ne fait aucun doute que les efforts de la société Villa reflétant leur responsabilité sociale, va  attirer l’intérêt des consommateurs et des professionnels de la filière. »

Trois élevages norvégiens supplémentaires, appartenant eux aussi au groupe Lerøy, espèrent ainsi obtenir la certification d’ici la fin de l’année. Un élevage en Australie se penche également sur la question tandis qu’en Ecosse, grand producteur de saumon d’élevage, aucun élevage n’a encore signé pour se faire certifié.

Tout élevage souhaitant se faire évaluer suivant le référentiel ASC doit suivre les grandes lignes suivantes : tout d’abord l’alimentation des saumons doit être effectuée en quantité raisonnable et durable. Il doit ensuite démontrer qu’il a pris toutes les dispositions nécessaires pour minimiser leur impact sur les stocks de saumons sauvages en limitant les incidences d’échappements de saumons et par un meilleur traitement des parasites.

Vidar Skarr, directeur général de la société Villa Arctic déclare : « Le processus de certification ASC n’a pas été des plus simples, néanmoins il nous a permis d’identifier et d’améliorer certains de nos modes de fonctionnement et la qualité de nos services en suivant les étapes requises pour obtenir le label. »

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Les critiques sur le saumon ont profité à la truite

La diffusion sur France 2, en novembre 2013, dans l'émission Envoyé spécial, d'un reportage sur les dessous pas toujours reluisants des élevages de saumon en Norvège et dans la Mer Baltique a jeté un froid sur les consommateurs français. Au point de réduire leurs achats de ce poisson gras dans les magasins.

Source : Le Monde.fr | 31.01.2014 à 18h28 | Par Laurence Girard

Mais les fabricants de saumon fumé ont poussé un ouf de soulagement à la fin de l'année 2013. A la veille des réveillons, les clients ont fini par faire leurs emplettes dans les rayons. Finalement, « le marché du saumon fumé a baissé en valeur de 1,3 % en novembre et décembre 2013, par rapport à la même période de 2012 », explique Jacques Trottier, le directeur général de Labeyrie.

Marques distributeurs en recul

La marque Labeyrie a maintenu ses positions de leader, avec 32,5 % de part de marché, malgré l'arrivée d'un nouveau concurrent, Delpeyrat. Ce sont les marques de distributeurs qui perdent du terrain, passant de 44,6 % à 41,2 %.

Mais comme le souligne M. Trottier, « la crise du saumon a profité à la truite ». Les ventes de truite fumée ont bondi de 22,6 % en valeur à Noël 2013. Là encore, les marques de distributeurs sont en recul, passant de 66,1  % à 60,6 % de parts de marché. Le plus grand bénéficiaire de ce report des consommateurs est la société Aqualande avec la marque Ovive, qui détient 18,4 % du marché. Labeyrie en revendique 8,9 %.

Labeyrie, dont le capital est détenu aux deux-tiers par la coopérative Lur Berri et pour un tiers par le fond LBO France, revendique également la place de numéro un sur le marché du foie gras, qui, lui, a progressé de 3,4 % en valeur à l'occasion des Fêtes de fin d'année 2013.

L'entreprise, qui affiche un chiffre d'affaires de 255 millions d'euros, se diversifie maintenant dans les plats cuisinés. Elle a commencé à tester son offre de produits traiteurs frais haut de gamme chez Monoprix. Les plats sont fabriqués par la société Festin de Sologne, implantée à Lamotte-Beuvron. (Loir-et-Cher).

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Labeyrie confirme son leadership sur le saumon et le foie gras pour les fêtes de fin d'année 2013

La marque confirme sa place de leader sur le foie avec 26,2 de part de marché, juste derrière les MDD.

Source : LSA par Julie Delvallée 

Alors que les produits festifs ont connu une mauvaise fin d’année 2013, Labeyrie a su tirer son épingle du jeu. Le saumon fumé n’a pas échappé au sort des produits festifs, qui affiche un repli de 1,4 en volume (et +1,6 % en valeur).

Le marché du poisson roi des fêtes de fin d’année affiche des volumes en chute libre, à -10% ( et -1,3 % valeur. Source : IRI, CAM, P12 et P13 2013). En cause ? Un reportage sur l'industrie du saumon de Norvège diffusé sur France 2 dans l'émission Envoyé Spécial et jugé "à charge" par l'ensemble des acteurs du secteur. Après la diffusion le 7 novembre, les ventes ont plongé de plus de 15,5 % la semaine suivnte...Ajouter à cela des problèmes d’approvisionnement pour certains acteurs, le tout sur fond de contexte économique morose, ce qui n'a rien arrangé…

Malgré ce contexte tendu, Labeyrie reste la marque leader, derrière les MDD qui restent le premier acteur.

Delpierre (groupe Labeyrie) demeure la deuxième marque du marché. A noter l’arrivée de Delpeyrat sur ce marché, qui se félicite de terminer à 4,5 % de part de marché valeur à la fin de ses premières fêtes sur le saumon.

Foie gras en cours de valorisation...

(...)
Pour 2014, Labeyrie parie sur des investissements médias massifs, qui vont doubler sur 2014. Elle soutiendra sa nouvelle gamme de plats cuisinés individuels dans le métro parisien.

Labeyrie propose aussi, depuis ce début d’année, des saumons fumés haut-de-gamme sortis à l’occasion des fêtes de fin d’année 2013, venus du cercle polaire norvégien et des High Lands d’Ecosse. Le tout avec un nouveau packaging « qui se veut plus premium et moderne » assure jacques, Trottier, le directeur général de Labeyrie.

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Capécure. Chez Corrue et Deseille, on transmet le savoir

Les "anciens" transmettent leur savoir-faire aux nouvelles générations.
L'entreprise de salaison fumaison Corrue et Deseille, une des plus anciennes sociétés de Capécure, n'a de cesse de défendre et développer son capital humain.

Elle vient de signer deux contrats de génération, pour mieux préparer et affronter l'avenir.

Pierre Corrue, directeur de cette entreprise familiale qui traverse les décennies et même les siècles (fondée en 1935 par son arrière grand-mère), ne le cache pas. « Le travail n'est pas toujours facile pour nos 46 salariés. Il faut se lever tôt. Travailler dans le froid et l'humidité. Certains gestes sont très répétitifs. » Aussi, lorsqu'il y a cinq ans, plusieurs de ses collaborateurs assez âgés ont été atteints de Troubles Musculo Squeletiques avec les inconvénients afférents (coût financier, absentéisme,etc), Corrue Deseille a décidé de revoir en profondeur son organisation du travail. « Nous avons mis en place des plans de formation, essentiellement en interne. L'idée est d'éviter la répétition des gestes en favorisant la polyvalence des postes. » Une politique qui trouve son prolongement dans la signature de deux contrats de génération, portant à trois le nombre de contrats au sein de l'entreprise. La signature desdits contrats a eu lieu jeudi dernier, en présence du sous-préfet Philippe Dieudonné.

Qu'est-ce qu'un contrat de génération ? L'idée est d'anticiper les nombreux départs et arrivées sur le marché du travail d'ici à 2020, où on prévoit quelque 600 000 départs par an en moyenne et l'entrée de plus de 700 000 jeunes par an sur le marché du travail.

« Je n'aurais pas appris ça à l'école »

Concrètement, le contrat de génération est un dispositif d'aide à l'emploi visant à créer des binômes jeune (- de 26 ans) - senior (57 ou plus) pour encourager l'embauche des jeunes et garantir le maintien dans l'emploi des seniors, tout en assurant la transmission des compétences. Ce dispositif prévoit une aide financière pour toute embauche à partir de 2013 effectuée par les PME sous certaines conditions. Pour Corrue et Deseille, il s'agit d'une aide financière annuelle de 4 000 euros versée par Pôle Emploi à l'employeur, pendant une durée maximale de 3 ans. Le jeune salarié doit être embauché en CDI et à temps plein.

Benjamin, 21 ans, bénéficie de ce dispositif : « Quelqu'un me transmet son savoir-faire. Cela fait plaisir. Il est clair que je n'aurais pas appris ça à l'école. Je suis formé. J'ai un CDI, un salaire à la fin du mois. En plus, au sein de la boîte, on n'est jamais au même poste. Ici, on est polyvalent (ndlr  : à l'exception de quelques postes, comme l'allumage et l'entretien des fours).

Marcellin, lui, était déjà au sein de l'entreprise lorsqu'il a signé son contrat. « Il vient d'un contrat d'apprentissage, commente Pierre Corrue. Comme il est issu de l'entreprise, nous avons pu le jauger avant. Le remplacement de personnes, ça se prépare. »
S.D.

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La crise du saumon affecte l'activité du port de Boulogne-sur-Mer

Les ventes de saumon ont chuté de plus de 20%. Inquiétude à Boulogne-sur-Mer, premier port français de transformation du poisson. Aymeric Chrzan, secrétaire du syndicat des mareyeurs de Boulogne-sur-Mer est l'invité de France Bleu Nord.

Source : France Bleu

La crise du saumon crée l'inquiétude à Boulogne-sur-Mer, premier port français de transformation du poisson. Le saumon, le poisson le plus consommé par les français, n'a plus la faveur des consommateurs. Ces derniers mois, les ventes ont chuté de plus de 20 %.

Hausse des prix et reportage-choc

En cause : la hausse des prix depuis début 2013 et un reportage-choc d'Envoyé Spécial sur France 2 sur les méthodes de production du saumon d'élevage en Norvège.

Plus de 500 emplois à Boulogne

Aymeric Chrzan, secrétaire du syndicat des mareyeurs de Boulogne-sur-Mer, estime qu'à Boulogne-sur-Mer, le saumon représente entre 500 et 600 emplois directs sur le port. Si la consommation ne repart pas rapidement, "il y aura des conséquences sur l'emploi.".

Comment bien choisir son saumon au supermarché ?

Réponse d'Aymeric Chrzan : "Le saumon est un produit extrêmement contrôlé dès la production et tout au long de la chaîne de transformation, de préparation. Si le consommateur veut avoir le maximum de garantie, il faut qu'il choisisse un poisson préparé en France. C'est inscrit sur les étiquettes. Si vous voulez du saumon transformé à Boulogne, si le numéro commence par 62, vous êtes certain qu'il est transformé dans le Pas-de-Calais."

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Marine Harvest – Guillaume Garot veille au respect des engagements de l’entreprise à l’égard des salariés

Comme il s’y était engagé, Guillaume Garot, ministre délégué chargé de l’agroalimentaire a reçu aujourd’hui les représentants du personnel et de la direction française de Marine Harvest Kritsen en présence du député Richard Ferrand. Le groupe norvégien a décidé une restructuration de ses sites en France.

Source : Ministère de l'agriculture et de l'agroalimentaire

Guillaume Garot suit ce dossier avec une attention continue dans ses dimensions sociales et territoriales.

Il prend acte du dialogue entre les acteurs qui a permis la négociation d’un plan de sauvegarde de l’emploi accepté par les partenaires sociaux.

Une convention de revitalisation est en cours d’élaboration pour le site de Poullaouen (Finistère).

Répondant aux craintes exprimées par les élus et les représentants des salariés pour l’avenir des autres sites bretons, la Direction de Marine Harvest s’est engagée devant le Ministre à développer les investissements et à adapter les offres de produits pour maintenir une activité durable tant à Landivisiau qu’à Chateaulin. Dans un courrier adressé au ministre, Marine HARVEST exprime son choix de : « développer ses outils de production et son activité commerciale en France pour de nombreuses années avec la certitude affirmée que cette stratégie sera bénéfique tant pour les consommateurs que pour les futurs employés français. »

Guillaume Garot veillera au respect des engagements. Un rendez-vous a été pris pour le deuxième trimestre afin de mesurer l’évolution de la ré-industrialisation du territoire impacté par la fermeture du site de Poullaouen.

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Marine Harvest : des reclassements difficiles

Le directeur du projet de restructuration du groupe, spécialisé dans les produits à base de saumon, fait le point sur les sites bretons de Poullaouën et Landivisiau (Finistère) et Châteaugiron (Ille-et-Vilaine). Entretien avec Laurent Baynast, directeur du projet de restructuration de Marine Harvest en Bretagne.

Source : Ouest France  par Philippe Gaillard

Vendredi, un comité de soutien à l'emploi en Bretagne manifestait à Quimper. Vous maintenez bien votre activité dans la région ?

Marine Harvest restructure sa production, mais reste en Bretagne. Nous abandonnons le saumon fumé premier prix qui n'est plus rentable, pour nous recentrer sur des produits milieu et haut de gamme de marque Kritsen. D'où la fermeture de l'usine de Poullaouën. Nous avons investi à Landivisiau, où nous employons plus de 200 salariés et où nous disposons de 80 postes à pourvoir qui sont proposés en priorité au personnel de Poullaouën. Nous allons passer de 8 500 t sur les deux sites à environ 5 000 t à Landivisiau. Nous maintenons aussi notre activité traiteur à Châteaulin (35 salariés) et notre découpe de poisson frais à Lorient (56 salariés).

Châteaugiron doit fermer cette année. Où en est le reclassement des salariés ?

À Châteaugiron, près de Rennes, où nous traitons du saumon en frais, la cellule de reclassement, animée par le cabinet Altedia, va se mettre au travail fin mars. Pour l'instant, sur les 101 salariés, un seul a accepté un reclassement interne. Nous sommes en liaison avec Pôle emploi de Rennes et Vitré pour proposer d'autres postes et des formations. Nous travaillons avec Idéa 35 afin de trouver un repreneur sérieux pour les 6 000 m2 de bâtiments.

Et à Poullaouën ?

Le plan social a été signé fin décembre. Les deux unités qui tranchent, filètent et fument le saumon avec 178 salariés, vont s'arrêter fin mai. La troisième unité, dédiée à l'expédition, fonctionnera jusqu'en décembre 2015. Quatre-vingts postes ont été proposés dans notre site de Landivisiau, à une cinquantaine de kilomètres. Le personnel est réticent. Pour le moment, cinq personnes ont accepté, malgré une prime de mobilité de 15 000 €. La convention de revitalisation sera signée en février. Elle concerne six communautés de communes autour de Carhaix.

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Le 18 mars 2014

La filière du saumon d'élevage privilégie le développement durable par rapport à l'aspect compétitif afin de répondre à la demande des consommateurs


Boston, March 18, 2014 /PRNewswire

Aujourd'hui, au salon des produits de la mer Seafood Expo North America, à Boston, la Global Salmon Initiative (GSI), avec le World Wildlife Fund (WWF), la Food and Agricultural Organization (FAO) de l'Organisation des Nations Unies (ONU) et Rabobank parleront d'une seule voix pour la première fois aux États-Unis afin de montrer de quelle manière la filière mondiale du saumon d'élevage ouvre la voie à la modification des pratiques actuellement appliquées dans les exploitations aquacoles, afin d'assurer un avenir durable à ce secteur.

Pour consulter la version multimédia de ce communiqué de presse, veuillez cliquer sur le lien suivant :

Les États-Unis constituent le plus grand consommateur au monde, par pays, de saumon d'élevage, avec une consommation qui, en 2013, s'est élevée à plus de 282 000 tonnes. La demande des consommateurs en saumon d'élevage a augmenté de 14 % au cours des 5 dernières années pour les seuls États-Unis, et cette tendance ne montre aucun signe de fléchissement. À l'échelle mondiale, la demande en saumon a augmenté encore plus rapidement. Elle a doublé au cours des dix dernières années et devrait doubler à nouveau d'ici 2020.

Le séminaire Pathways  to  Sustainability (« Chemins vers le développement durable ») présentera un exemple de la manière dont la coopération entre les différents membres de l'industrie des poissons et fruits de mer pourra mener à la durabilité et être appliquée dans d'autres secteurs. De nombreux chefs d'entreprise sont convaincus que seule une profonde modification des pratiques actuelles du secteur permettra aux professionnels d'exploiter tout le potentiel de ce marché et de répondre à la demande mondiale future en saumon. Des cadres supérieurs de la GSI, qui rencontreront à Boston des leaders mondiaux en matière de développement durable, affirment leur engagement à privilégier l'aspect durable du développement plutôt que l'aspect compétitif, afin d'élaborer un modèle unique de coopération environnementale comme moteur de réussite de leur filière.


« Il est extrêmement rare de voir des PDG, qui se font généralement une concurrence effrénée pour conquérir des parts de marché, joindre leurs forces pour relever des défis en termes de développement durable », souligne Jason Clay, senior vice-président de la division Transformation du marché pour le WWF. « Ce type d'action collective audacieuse menée pour le saumon d'élevage devrait l'être également pour tous les produits alimentaires si nous voulons pouvoir nourrir 9 milliards de personnes tout en préservant la biodiversité. »

Au cours de ce séminaire qui aura lieu le 18 mars, un panel d'experts se joindra aux dirigeants de la GSI pour examiner les premiers résultats du modèle de coopération de la GSI et discuter de la façon dont la collaboration au sein de ce secteur d'activité peut se traduire par des améliorations.  Ce travail s'inscrit dans la recherche d'une solution durable sur les plans économique et environnemental pour répondre à la demande mondiale croissante en aliments à teneur élevée en protéines.

Pionnière en matière de changements dans le secteur de l'aquaculture, la GSI a été créée pour contribuer à modifier les pratiques professionnelles actuelles et privilégie un modèle de coopération environnementale comme moteur de réussite.

« Les entreprises actives au sein de la GSI reconnaissent que la durabilité est raisonnable en termes commerciaux, et qu'en s'engageant publiquement pour des pratiques durables, elles contribuent à faire de la durabilité un moteur stratégique de réussite sur le long terme », constate Jeroen Leffelaar, co-directeur de Rabobank Global Animal Protein.


La GSI a choisi trois domaines prioritaires où appliquer les résultats du modèle et les traduire en améliorations notables pour le secteur.  Parmi les priorités spécifiques de la GSI figurent :
  • Faire en sorte que toutes les entreprises membres détiennent la certification Salmon Standard de l'Aquaculture Stewardship Council (ASC) d'ici 2020. À ce jour, les membres de la GSI ont fait certifier leurs trois premières fermes - témoignage du succès de ce modèle unique.
  • Concentrer les efforts sur la biosécurité, et gérer avant tout le problème des poux de mer ainsi que les maladies. Les entreprises membres utilisent le transfert des connaissances pour élaborer de meilleures pratiques de gestion.
  • Travailler avec des partenaires du secteur afin d'assurer des sources durables d'alimentation et de répondre à la demande croissante.

« Nous pouvons travailler aussi dur que possible, en tant qu'entreprise individuelle, pour améliorer notre fonctionnement et nous développer de façon plus durable, mais la nature même de notre activité fait que nous subissons systématiquement les retombées des actions de nos voisins et collègues », remarque Jon Hindar, co-président de la GSI et directeur général de Cermaq. « Nous constatons qu'au contraire, en privilégiant la coopération et la collaboration, nous pouvons progresser à bien plus grande échelle et à un rythme plus soutenu. »

Forcing des éleveurs de saumon dans le pays du saumon d'Alaska 

Actualisation salmonicole : En 2013, la Norvège a atteint 1,1 million de tonnes et les Féroé près de 60.000 tonnes... Les autres pays sont quasiment inchangés...

À propos de la GSI

La Global Salmon Initiative (GSI) est une initiative de leadership établie en 2013 par des producteurs mondiaux de saumon d'élevage visant à réaliser des progrès significatifs en matière de durabilité de ce secteur d'activité. La GSI est déterminée à atteindre intégralement l'objectif commun consistant à fournir une source extrêmement durable d'alimentation saine pour une population mondiale croissante, tout en minimisant notre empreinte environnementale et en continuant à améliorer notre contribution sociale.

Parmi les entreprises membres de la GSI figurent Bakkafrost, Blumar, Cermaq, Compañía Pesquera Camanchaca, Empresas AquaChile, Grieg Seafood, Lerøy Seafood Group, Los Fiordos, Marine Harvest, Norway Royal Salmon, SalMar, Multiexport Foods SA, The Scottish Salmon Company et Scottish Sea Farms. Les entreprises de la GSI sont présentes au Chili, au Canada, en Norvège, aux îles Féroé et en Écosse, et contribuent notablement aux économies de leurs pays respectifs.

(Ces 14 sociétés représentent près de 90% de la production aquacole mondiale de saumon atlantique (Salmo salar). Parmi les grands producteurs manquent à l'appel le canadien Cooke Aquaculture et l'australo-chinois Tassal (du groupe Pacific Andes) NDLR)

Pour davantage d'informations, veuillez contacter le secrétariat de la GSI, AXON, à l'adresse GSI@axon-com.com ou consulter le site Internet http://www.globalsalmoninitiative.org.  Suivez la GSI sur Twitter @GSI_Salmon.


À propos de l'ASC

ASC est l'acronyme d'« Aquaculture Stewardship Council », une organisation indépendante à but non lucratif. L'ASC a été fondée en 2010 par le WWF et l'IDH (Dutch Sustainable Trade Initiative) afin de gérer les normes mondiales pour une aquaculture responsable. Ces normes sont élaborées par les « Dialogues de l'aquaculture », un programme de tables rondes créé à l'initiative du WWF, qui en assure la coordination. L'ASC a pour objectif d'être le principal programme mondial de certification et d'étiquetage pour des élevages responsables de poissons et de fruits de mer. L'ASC est une organisation mondiale travaillant avec des producteurs de poissons d'élevage, des transformateurs de poissons et de fruits de mer, des entreprises de distribution et de restauration, des scientifiques, des groupes de protection ainsi qu'avec le public, afin de promouvoir le meilleur

choix, sur les plans environnemental et social, en matière de produits de la mer. Le programme de l'ASC pour la certification de l'aquaculture et l'étiquetage des poissons et fruits de mer reconnaît et récompense l'aquaculture responsable.

RÉFÉRENCES

Disponibles sur demande.

Contacts  pour  les  médias :
Sophie Ryan
AXON Communications
+44(0)7809-390-664
sryan@axon-com.com

Jill Moors
AXON Communications
+44(0)203-595-2415
jmoors@axon-com.com

Illustrations : Projet de cages d'élevage géantes de la société Salmardans le Dailymail : The giant floating robotic fish farm set to revolutionise salmon production

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Le 8 avril 2014

Saumon : le premier producteur norvégien prend des mesures pour décontaminer son poisson

Marine Harvest a annoncé qu'elle allait désormais nourrir ses poissons avec des aliments décontaminés afin de réduire la teneur en dioxines et PCB du poisson d'élevage.

Source : France TV Par Marion Solletty

C'est une mesure importante pour la santé des amateurs de poisson : Marine Harvest, premier producteur norvégien et mondial de saumon d'élevage, a annoncé jeudi 3 avril qu'elle nourrirait désormais ses poissons avec des huiles de poissons préalablement nettoyées de certains contaminants environnementaux.

Comme l'a soulignée une enquête de francetv info sur le saumon publiée en décembre, les poissons gras comme le saumon contiennent des doses non négligeables de polluants organiques persistants (POP) comme les PCBs et dioxines. Ces substances sont accusées notamment de perturber le système immunitaire et hormonal. Les poissons y sont exposés via la pollution des eaux mais aussi et surtout à cause de l'accumulation de ces contaminants le long de leur chaîne alimentaire.

Des contaminants "sources d'interrogation pour le consommateur"

"Des débats sur les quantités maximales de saumon que devrait manger le consommateur font régulièrement surface dans les médias", explique Marine Harvest dans un communiqué. "Nous reconnaissons que ces débats sont source d'interrogation pour le consommateur. Notre objectif avec la décontamination des aliments est de lever les doutes concernant ces doses maximales."

La décontamination des aliments à base de poisson - huiles principalement - qui composent leur alimentation était de fait l'une des principales mesures suggérées par les spécialistes pour réduire l'exposition des consommateurs.

Une mesure saluée par les spécialistes

"Tout le monde se félicite de cette mesure, y compris moi", explique ainsi à francetv info le toxicologue Jérôme Ruzzin, qui soultient toutefois que l'industrie gagnerait à décontaminer également les huiles végétales. Dans un article publié en 2010, ce chercheur de l'université de Bergen avait précisément mis en avant les effets néfastes sur la santé des rongeurs d'une nourriture à base d'huile de poisson contaminée. Les rats nourris avec des huiles décontaminées ne présentaient pas les symptômes concernés.

Pour l'industrie du saumon, l'enjeu est de taille : en novembre, les ventes de saumon en France, premier marché d'exportation du saumon norvégien, avaient connu une forte baisse attribuée par les professionnels notamment à la diffusion d'une enquête critique d'Envoyé Spécial sur la filière aquacole.

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Le 15 mai 2014

Groupe Aqualande sur Youtube

23 reportages qui présentent les engagements du groupe Aqualande, les élevages et la transformation des truites... Cliquer ici ou sur l'illustration pour visualiser les clips vidéo

https://www.youtube.com/channel/UChsaRe9UiaIHMVThSYyk2aQ


Poisson Fumé : Saumon en berne, la Truite entre en lice....

Aqualande, qui produit 10.000 tonnes de truites par an dans ses élevages du Sud-Ouest, a constaté "une explosion des ventes" sur les six à huit derniers mois, se réjouit son directeur commercial Eric Mezrich.

Saumon fumé : pour rebondir, les professionnels lorgnent vers la truite et l'aquaculture

Bruxelles, 8 mai 2014 (AFP)

Pour les professionnels français du saumon fumé, truite et aquaculture pourraient être des solutions pour rebondir dans un contexte tendu par la flambée des prix et les polémiques sur les conditions d'élevage.

Les étapes de la transformation de la truite fumée chez Aqualande



  
Avec un marché qui a reculé de 5% depuis le début de l'année, "tout le monde est tendu dans la profession. On a dépensé beaucoup d'énergie pour rétablir nos marges", explique Jean-François Floch, directeur commercial saumon de l'entreprise bretonne Guyader, présente au salon SeafoodExpo à Bruxelles. Le saumon, poisson le plus consommé au monde, occupe une large place de l'événement.

Malgré de bonnes ventes à Noël, le secteur a été traumatisé en 2013 par la diffusion en novembre d'un reportage d'Envoyé Spécial très critique sur les élevages de saumon norvégiens, d'où viennent la majorité des poissons ensuite fumés en France. Mais surtout, les industriels souffrent de la forte hausse des prix de la matière première ces deux dernières années, liée à une demande en forte progression. Or le prix du saumon frais représente entre 50 et 75% du prix du produit fumé.

"Beaucoup d'industriels en France n'ont pas réussi à répercuter sur leur prix", d'où la fragilité et la concentration du secteur, expliquait récemment à l'AFP Jacques Trottier, directeur général de Labeyrie, et président du Syndicat français des industries du saumon et de la truite fumés (STF). Le norvégien Marine Harvest, n°1 mondial du saumon, est en passe de supprimer 400 postes en Bretagne pour doper sa rentabilité.

Pour certains, le salut pourrait passer par la truite, qui "a une belle image (...) et a pu bénéficier de transferts" en raison des suspicions sur le saumon, selon M. Trottier. Les ventes ont augmenté de 25% début 2014 par rapport à 2013, selon des données transmises par Labeyrie.

Aqualande, qui produit 10.000 tonnes de truites par an dans ses élevages du Sud-Ouest, a constaté "une explosion des ventes" sur les six à huit derniers mois, se réjouit son directeur commercial Eric Mezrich. "L'origine locale joue beaucoup", estime-t-il. La truite consommée en France provient en grande majorité de l'Hexagone.

La filière truite mise sur pied en Bretagne par Guyader bénéficie aussi des évolutions récentes.

"A produit identique, la truite coûte 15% moins cher à produire que le saumon", souligne M. Floch, qui estime que les prix élevés du saumon risquent de se maintenir faute d'une augmentation suffisante de la production norvégienne.

Meralliance, 3e producteur de saumon fumé après Marine Harvest et Labeyrie, espère de son côté se lancer dans l'aquaculture, quasiment inexistante pour le saumon en France. Avec une production d'un million de tonnes par an, la Norvège est dans une telle position de force qu'il est difficile d'exiger des gages de qualité, reconnaît Vincent Gelamur, responsable de l'innovation chez Meralliance. 

Pour redorer l'image du saumon en France, l'idée serait donc d'élever les poissons dans une ferme sur le sol et non dans des cages en mer. La technique permettrait "d'éliminer les problèmes de rejets, de stress, d'attaque de la faune sauvage" qui sont reprochés aux saumons norvégiens, explique M. Gelamur. Construite à côté du port breton du Guilvinec, l'installation profiterait de l'eau de mer pompée par le port pour la criée et surtout des coproduits de la pêche (déchets de poissons), qui seraient réutilisés pour fabriquer de la nourriture pour les saumons. L'objectif de production reste modeste: 800 tonnes, quand Meralliance en importe 20.000 chaque année de Norvège et d'Ecosse. Mais le modèle pourrait ensuite être répliqué dans deux autres sites en France, voire à l'étranger où seules deux fermes de ce type existent, au Danemark et au Canada. Le projet, dont le financement n'est pas encore bouclé, s'élèverait à 12,5 millions d'euros. S'il se concrétise, la ferme pilote pourrait produire ses premiers saumons début 2017.

Lire aussi Ouest France : Le marché du saumon fumé plonge

Flambée des prix et polémiques sur les conditions d'élevage ne font pas les affaires des professionnels français. Ils cherchent des alternatives, notamment du côté de la Bretagne.

Le marché du saumon fumé a reculé de 5 % depuis le début de l'année. « Tout le monde est tendu dans la profession », confie Jean-François Floch, directeur commercial saumon de l'entreprise bretonne Guyader, présente au salon SeafoodExpo, qui s'est achevé, hier, à Bruxelles.

Le secteur a été traumatisé par la diffusion en novembre d'un reportage de l'émission Envoyé Spécial sur France 2 très critique sur les élevages de saumon norvégiens, d'où viennent la majorité des poissons ensuite fumés en France. L'alimentation aux croquettes et l'utilisation de pesticides pour lutter contre les poux de mer qui attaquent les poissons ont marqué le public. Dans la foulée, plusieurs chaînes de la TNT ont consacré à leur tour un reportage au sujet.

Mais surtout, les industriels souffrent de la forte hausse des prix de la matière première ces deux dernières années, liée à une demande en forte progression. Or le prix du saumon frais représente entre 50 et 75 % du prix du produit fumé. « Beaucoup d'industriels en France n'ont pas réussi à répercuter sur leur prix », d'où la fragilité et la concentration du secteur, explique Jacques Trottier, directeur général de Labeyrie, et président du Syndicat français des industries du saumon et de la truite fumés (STF). Le norvégien Marine Harvest, n° 1 mondial du saumon, est en passe de supprimer 400 postes en Bretagne pour doper sa rentabilité.

La truite pour se rattraper

Pour certains, le salut pourrait passer par la truite, qui « a une belle image [...] et a pu bénéficier de transferts » en raison des suspicions sur le saumon, poursuit Jacques Trottier. Les ventes ont augmenté de 25 % début 2014 par rapport à 2013. Guyader élève également des truites : « A produit identique, la truite coûte 15 % moins cher à produire que le saumon », souligne Jean-François Floch.

Meralliance, troisième producteur de saumon fumé après Marine Harvest et Labeyrie, espère de son côté se lancer dans l'aquaculture, quasiment inexistante pour le saumon en France.

L'idée serait d'élever les poissons dans une ferme sur le sol et non dans des cages en mer (exit le problème des poux). Construite à côté du Guilvinec (Finistère), l'installation profiterait de l'eau de mer pompée par le port et surtout des déchets de poissons pour nourrir les saumons.

Cette ferme pilote pourrait produire ses premiers saumons début 2017.

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Le 14 Mai 2014

Avis aux consommateurs de poisson

Questionnaire sur le poisson issu de pisciculture marine

https://twitter.com/Dantoulon/status/459604373333479426/photo/1 


https://twitter.com/dabbadie/status/465881448319160320

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Le 13 juin 2014

Marine Harvest lance le saumon Mowi



Le Mowi Salmon de Marine Harvest est une nouvelle marque de saumon que le leader mondial de la salmoniculture va d'abord lancer au Japon (livraison dans les 36 heures après la récolte). Le Mowi Salmon est le fruit d'une sélection de plus de 40 ans, une souche de saumon plus résistante aux maladies qui est la garantie d'un produit plus sain...

Saumon : gare à la désinformation !

par Maria Grimstad de Perlinghi - Directrice France du Centre des Produits de la Mer de Norvège (Norge)


Accusé de tous les maux, le saumon d'élevage de Norvège respecte pourtant toutes les réglementations en vigueur. Toutes les analyses récentes montrent que les résidus de traitement et les différents polluants sont généralement en quantité indétectable ou trop faible pour être mesurés.

Depuis plusieurs mois, le saumon de Norvège fait l’objet d’une véritable campagne de désinformation. Il est souhaitable de rappeler quelques faits afin de mettre un terme à cette polémique qui ne repose sur aucun élément rationnel. Les interventions récentes d’experts devraient rassurer lecteurs et consommateurs et apporter un démenti formel aux allégations d’activistes qui s’érigent en experts.

Les autorités françaises ont répondu, à une question parlementaire de la Sénatrice Catherine Procaccia, une réponse très claire sur ce sujet, en février 2014 : « Dans le cadre de l’Association européenne de libre-échange, la Norvège est soumise aux dispositions européennes. Les teneurs en contaminants chimiques tels que les PCB-Dioxines et les métaux lourds des produits de la pêche doivent respecter la réglementation Européenne ».

La France effectue des contrôles réguliers pour vérifier la conformité des produits comme le saumon de Norvège : 4000 prélèvements aléatoires et 6500 analyses ont ainsi été réalisés en 2012. « Sur les 141 prélèvements de saumon, dont 80% provenant de Norvège, aucun dépassement des seuils réglementaires n’a été constaté pour l’ensemble des contaminants chimiques tels que les PCB et métaux lourds. Et aucun résultat non conforme n’a été constaté sur le saumon, quelle que soit sa provenance, ces 4 dernières années ».

Pour ce qui est de la consommation, les autorités ont formulé une recommandation via l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail : consommer du poisson, 2 fois par semaine. S’agissant du poisson gras, dont le saumon, il est recommandé à l’ensemble de la population, d’en consommer une fois par semaine. Pour l’ANSES, le saumon ne fait pas partie des espèces pour lesquelles des recommandations spécifiques s’appliquent.


Face aux attaques dont le saumon de Norvège fait l’objet, d’autres experts ont, spontanément, accrédité la position des autorités sanitaires françaises. Ainsi le Professeur Jean-François Narbonne, toxicologue reconnu et membre de l’ANSES, a publié un document très précis dans lequel il démonte, un par un, les arguments à charge... Il rappelle notamment que « la question de la contamination des poissons sauvages ou d’élevage est connue depuis bien longtemps par les autorités sanitaires et fait l’objet d’une cascade d’études et de mesures réglementaires depuis les années 80. »

Yves Harache, physiologiste qui a exercé différentes fonctions à l’IFREMER, et qui a présidé l’European Aquaculture Society, s’est aussi élevé contre la désinformation et rappelle que l’organisme norvégien, NIFES (National Institute of Nutrition and Seafood Research),  publie dans son rapport 2013 les résultats d’analyses de filets de foies de saumon provenant d’un échantillonnage global de 11 585 poissons d’élevage (soit un poisson pour 100 tonnes de production). Les résidus de traitement et les différents polluants sont généralement en quantité indétectable ou trop faible pour être mesurés. Quand des traces sont trouvées, les concentrations sont très inférieures aux limites réglementaires. Concernant les antibiotiques, il rappelle que « leur usage est strictement réglementé et réduit au minimum indispensable grâce à l’utilisation de vaccins…  Aucun résidu n’a été détecté dans les échantillons de foie prélevés. »

Les éleveurs de saumon de Norvège sont indignés par cette campagne de dénigrement d’autant que la Norvège est totalement transparente : les fermes aquacoles sont ouvertes à toute partie-prenante, comme les représentants d’associations de consommateurs françaises, qui sont venus constater sur place et échanger avec les autorités.

Il faut rétablir un débat basé sur les faits, et non sur des allégations ou des opinions. La parole doit être donnée, par les journalistes, aux experts qui contrôlent, évaluent et garantissent la sécurité alimentaire, et non uniquement à des activistes qui ne basent leur « désinformation » sur aucun élément scientifique.

Les consommateurs attendent un produit sûr, sain et bon pour leur alimentation. Les aquaculteurs norvégiens mettent donc tout en œuvre pour remplir cette mission et offrir un saumon de qualité. Les autorités norvégiennes et françaises en assurent, quant à elles, le contrôle pour garantir la sécurité alimentaire.

Source : Les Echos 


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Le 24 juin 2014

Empois(s)onneur ! : Saumon bio ou pas bio

Mes Courses pour la Planète (après avis de Seaweb) nous dit de choisir du saumon d'élevage bio pour les sushis... 

Les tests de l'association "60 millions de consommateurs" révèlent que ce saumon bio est le plus chargé en pesticides et autres métaux lourds !... 

A lire les mots clés de l'article du Figaro (ci-dessous), le saumon entrerait plutôt dans la liste des poisons violents !

Tout n'est pas bon dans le saumon

Mots clés : Saumon d'élevage, Saumon sauvage, Aquaculture, PESTICIDES, Métaux lourds, Mercure, Arsenic, pollution, alimentation, nutrition

Source : Le Figaro par Anne-Laure Lebrun - le 24/06/2014

Sauvage ou en provenance d'élevage, étiqueté bio ou non : 60 millions de consommateurs a passé au crible des filets de saumon, avec des résultats parfois surprenants.

Qu'il soit d'élevage ou sauvage, surgelé ou frais, le saumon est l'un des poissons préférés des Français. Mais, régulièrement montré du doigt en raison des substances toxiques qu'il contient, il n'est plus numéro un, battu par le cabillaud. L'inquiétude des consommateurs et les interrogations autour de l'aquaculture intensive - en particulier en Norvège - ont entaché l'image du saumon. Cela a conduit l'association 60 millions de consommateurs à mener ses propres analyses sur dix-huit filets de saumon d'élevage (Chili, Écosse, Irlande, Îles Féroé et Norvège) et cinq filets de saumons sauvages pêchés dans le Pacifique. L'étude, parue dans le numéro de juillet-août 2014, rapporte une pollution modérée des saumons d'élevage et des résultats contrastés pour les saumons labellisés Agriculture biologique.

Saumon. Sushis : Les conseils de "Mes Courses pour la Planète" pour tuer la belle-mère !



• Près de cinq pesticides dans un même pavé

Sur les dix-huit saumons d'élevage testés, seulement quatre sont exempts de pesticides alors que «sept références contiennent jusqu'à cinq pesticides différents», affirme 60 millions de consommateurs. Bien que les traces retrouvées soient infimes, le magazine souligne que la réglementation européenne ne précise pas de quantités maximales autorisées dans le poisson. En appliquant donc la limite la plus faible autorisée pour la viande animale, 60 millions de consommateurs a calculé «que la contamination peut aller jusqu'à 30 % de cette limite, et ce pour le saumon frais Carrefour agir bio». Si les doses sont donc loin d'être alarmantes, elles interpellent tout de même puisque le label Agriculture biologique impose des critères stricts, notamment l'absence de pesticides.

La présence de ces produits dans les élevages bio peut être due à une contamination environnementale. En effet, 60 millions de consommateurs explique que dans certains États membres de l'Union européenne, les fermes bio sont très proches des élevages standards. Un échange d'eau, contaminée par les pesticides, est donc probable.

• Les métaux lourds retrouvés principalement dans les saumons bio

L'arsenic, le cadmium, le mercure, le plomb… sont des composés chimiques présents naturellement dans l'environnement (air, sol et eau) et peuvent, de fait, se retrouver dans les denrées alimentaires. Par ailleurs, l'activité humaine telle que l'agriculture ou l'industrie peut elle aussi être à l'origine de ces métaux lourds, nocifs pour l'organisme lorsque l'exposition est importante.

Pour quantifier les risques associés à ces contaminants, les experts évaluent la dose journalière ou hebdomadaire tolérable (respectivement DJT ou DHT). 60 millions de consommateurs a retrouvé des métaux lourds dans les 23 saumons testés. Toutefois, les teneurs sont variables et globalement, les résultats ne sont pas alarmants.

Concernant le mercure - toxique, entre autre, pour le développement de l'enfant in utero - la teneur est «largement en deçà de la limite réglementaire», affirme l'association. Paradoxalement, les doses les plus importantes ont été retrouvées dans le saumon Carrefour Agir bio d'origine Norvégienne. Il contient sept fois plus de mercure que le saumon surgelé Pescanova pêché dans l'Atlantique et élevé au Chili.

Quant à l'arsenic, «la plus mauvaise note revient au pavé Casino bio dont la teneur atteint 9 % de la DJT». Quatre autres produits, dont trois saumons bio, reçoivent un «insuffisant». Cependant, «dans les produits de la mer, on retrouve principalement l'arsenic sous forme organique, moins toxique», explique l'Organisation mondiale de la santé. Ce composé est neurotoxique et peut favoriser le diabète et des maladies cardiovasculaires.

Les mieux notés sont les saumons surgelés sauvages pêchés dans le Pacifique: le pavé de saumon rose avec peau de Leader Price, le filet de saumon rose d'Iglo, le pavé d'Intermarché top budget, le filet de Findus et le pavé de saumon argenté de Picard.

• Aucune trace d'antibiotique

«Aucun des produits issus de l'élevage ne contient de résidus d'antibiotiques quantifiables», affirme 60 millions. Une bonne nouvelle pour les consommateurs, d'après le magazine. A juste titre car l'utilisation inadéquate des antibiotiques favorise le développement de la résistance chez les bactéries infectant les poissons et les humains. Un mésusage qui réduit l'efficacité de ces médicaments et qui pousse à une utilisation raisonnée et maîtrisés des antibiotiques au sein des aquacultures mais également des élevages et productions agricoles.

• Le saumon reste un aliment santé

Malgré ces résultats contrastés, en particulier pour les saumons bio vendus chez les grandes enseignes, la qualité nutritionnelle du saumon reste réelle. Le saumon est source d'acides gras essentiels (oméga 3 et 6) de bonne qualité. Il contient également des vitamines A, B et D ainsi que des minéraux comme le calcium et le phosphore.

Il n'est donc pas nécessaire d'écarter le saumon de nos assiettes. Il faut simplement varier les espèces et diversifier les lieux d'approvisionnement. Afin de limiter la surexposition aux contaminants et couvrir les besoins nutritionnels, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) recommande de consommer du poisson deux fois par semaine dont un poisson gras (saumon, sardine, maquereau…).

Par ailleurs, les femmes enceintes ou allaitantes ainsi que les enfants de moins de trois ans doivent éviter «certains poissons comme l'espadon, le merlin, le requin et le siki car ils sont fortement contaminés en méthylmercure», explique l'Anses. Les poissons crus ou fumés sont également à proscrire. Il est également conseillé de limiter à deux fois par mois sa consommation de poissons d'eau douce (anguille, barbeau, brème, carpe et silure) car ces poissons sont fréquemment en contact avec des PCB, des perturbateurs endocriniens.

Lire le dossier de 60 millions de consommateurs

Peut-on encore manger du poisson ?

Alimentation - juillet 2014

60 millions de consommateurs

n° 495 - juillet 2014
Alimentation : quels poissons manger ?

Il est réputé bon pour la santé, mais renferme parfois beaucoup de polluants. Ses ressources sont menacées mais on nous recommande d’en manger. Difficile de ne pas nager dans les contradictions, quand on choisit son poisson.

Au sommaire de ce dossier :

Quels poissons manger ?

Nos analyses : le saumon entre deux eaux

Cet essai est disponible en achetant la version numérique du n°495 de 60 Millions de consommateurs (juillet-août 2014). Les abonnés pourront télécharger le PDF de l'article à partir du 15 juillet après s'être identifiés.

Nos tests de saumon : du bon et deux questions préoccupantes

60 Millions a comparé 23 filets de saumon frais et surgelés, d’élevage et sauvage. Le constat est en demi-teinte : globalement, les saumons testés sont de bonne qualité, mais nous avons identifié deux points noirs qui posent question.

Source : 60 millions de consommateurs

Que trouve-t-on sous les écailles ? 60 Millions de consommateurs a analysé l’un des poissons les plus consommés en France : le saumon. Nous avons étudié dix-huit filets de saumon d’élevage (Chili, Écosse, Irlande, Iles Féroé, Norvège) et cinq filets de saumon sauvage pêché dans le Pacifique. Cliquer Ici pour accéder aux résultats du test (à partir du 15 juillet 2014)

Aucune trace d’antibiotiques dans les poissons d’élevage

À chaque fois, nous avons recherché la présence de pesticides, antibiotiques, métaux lourds, éthoxyquine, PCB et colorants. Nos résultats apportent trois bonnes nouvelles. Tout d’abord, aucun des produits issus de l’élevage ne contient de résidus d’antibiotiques quantifiables. Ensuite, les saumons présentés comme « sauvages » le sont vraiment, comme le confirme notamment leur faible teneur en oméga 6.

Enfin, les saumons d’élevage chilien s’avèrent exempts de toute substance polluante. Pourtant, ces dernières années, les fermes aquacoles chiliennes étaient dans le viseur des associations de protection de l’environnement après la survenue de l’épidémie du virus AIS (anémie infectieuse du saumon). Il faut peut-être voir là les résultats des efforts de ce pays sur l’aquaculture.

Pesticides et métaux lourds dans quatre saumons bio sur six

En revanche, notre étude soulève deux points noirs. Le saumon bio se révèle beaucoup moins sain qu’attendu. Sur six saumons bio analysés, quatre se révèlent contaminés par des pesticides et quatre par des métaux lourds.

Selon nos experts, cette contamination a très probablement une origine environnementale. On sait notamment que les fermes de poissons bio peuvent, dans certains États membres de l’Union européenne, être installées au voisinage d’élevages conventionnels… avec le risque d’échange d’eau entre les deux unités.

L’éthoxyquine, un antioxydant inquiétant

Deuxième source d’inquiétude : la présence d’éthoxyquine dans six échantillons sur les dix-huit d’élevage étudiés, avec pour trois d’entre eux une présence à un taux assez élevé, voire très élevé pour un échantillon.

Cette substance est incorporée aux huiles et farines de poissons servant à nourrir les saumons afin d’éviter qu’elles ne s’oxydent durant leur transport : cette nourriture issue de la pêche minotière est en effet menée dans des zones souvent éloignées des fermes aquacoles.

Or l’innocuité de l’éthoxyquine n’a pas été évaluée pour l’homme alors même qu'elle a été interdite en tant que pesticide dans l'agriculture. Il n’existe pas de limite réglementaire maximale de résidus dans la chair du saumon consommée (alors qu’elle existe pour l’alimentation animale !).

Nous demandons une évaluation de sa toxicité

Didier Ortelli, chimiste au service des affaires vétérinaires du canton de Genève, souligne : « C’est le flou artistique au niveau de la législation européenne ; il n’y a jamais eu d’évaluation sur sa présence dans le poisson destiné à la consommation humaine. »

Alertés, des députés européens ont interrogé la Commission européenne en novembre 2013 sur ce sujet, pour l’instant sans réponse. 60 Millions demande également une évaluation de la toxicité de cette substance pour l’homme.

Patricia Chairopoulos et Fabienne Loiseau

Le projet de "Mes Courses pour la Planète" ne serait pas financé.... Les belles-mères sont sauves !


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Le 20 Octobre 2014 : Point sur le saumon

Tentations : le saumon dans tous ses états



Entrée des grandes occasions devenue quasi ordinaire, le saumon fumé est très prisé des Français qui en consomment régulièrement. Encore faut-il savoir de quoi on parle… Chaque mois, la rubrique Tentations dans Enjeux Les Echos.

Source : Enjeux Les Echos | Le 01/10

Longtemps considéré comme un mets de luxe réservé aux grandes tables ou aux fêtes de fin d’année, le saumon fumé s’est peu à peu banalisé. Devenu un aliment comme les autres, c’est désormais un incontournable de la grande distribution, qui vogue sur une demande en constante augmentation. Selon France¬Agrimer, la France – premier pays consommateur de saumon fumé en Europe – en achète en moyenne plus de 53 kg… chaque minute ! Des quantités considérables, donc, issues largement de l’élevage. Car la surpêche, la pollution et la perturbation des routes migratoires ont fait fondre les stocks de saumon sauvage de l’Atlantique, d’Amérique du Nord, d’Europe et de la mer Baltique, au point que l’espèce a carrément disparu de beaucoup de régions. Certes, on pêche encore du saumon sauvage, mais presque tous les saumons fumés commercialisés en Europe sont issus d’élevages norvégiens, écossais ou irlandais.

La Norvège, numéro Un

Les espèces les plus présentes en épicerie sont celui de l’Atlantique (d’élevage) et trois espèces sauvages du Pacifique (rouge, kéta et rose), la plupart du temps conditionnés sous vide. A première vue, tous se ressemblent ; la qualité, cependant, tient moins à la provenance qu'aux conditions d’élevage, intensif ou non. Rappelons l’énorme quantité de poissons – entre 2,5 et 5 kg – nécessaire pour produire un seul kilo de saumon. Numéro 1 mondial, la Norvège offre tous les niveaux de qualité… et de prix. L’Ecosse, quant à elle, occupe une position intermédiaire, avec une production axée sur le Label rouge, même si elle n’est pas totalement labellisée. L’Irlande, spécialiste du bio, est considérée comme haut de gamme.

100 % made in France

En France, le saumon de l’Adour, le dernier bassin où il peut être prélevé, est le seul à faire l’objet d’une pêche commer¬ciale. Ce saumon 100% made in France est réputé pour son goût sauvage et sa texture grasse sans comparaison avec le saumon d’élevage. Alors, élevage ou sauvage ? Difficile de répondre, pour Joël Robuchon : « Les inconditionnels du saumon sauvage devront respecter les saisons pour être sûr d’avoir un produit frais et non congelé. Quant aux néophytes, pour éviter les mauvaises surprises, je leur conseille de choisir un poisson d’élevage labellisé : la nourriture, le mode d’élevage et les étapes sont intégrés dans un cahier des charges et sont contrôlés par comparaison à un saumon sauvage. » Ensuite, tout est question de goût. Le saumon est considéré comme un poisson gras, bien que son contenu en lipides varie sen¬si¬blement selon l’espèce. « Généralement, le norvégien est le plus gras, suivi de l’écossais et de l’irlandais », poursuit-il.

Le saumon de l'Adour : retour d'un produit d'exception



France 3 Aquitaine

De l'aulne, pas n'importe quelle "fumée"

«  Mais attention, met en garde Joël Robuchon, que ce soit en Norvège, en Ecosse, en Irlande ou au Danemark, vous avez des élevages intensifs et des élevages raisonnés. » Outre les protéines, minéraux, oligo-éléments et vitamines qu’il contient, le saumon a pour lui d’être très riche en oméga-3. Sauf qu’il peut recéler dioxines et PCB. Préférez donc les petites structures familiales prônant la qualité et non la quantité, et surtout pas la production de grandes entités appartenant à des groupes financiers.  Pour que le Salmo salar (son véritable nom) reste donc un mets d’exception, parfumé plus que fumé, des matières premières exceptionnelles sont indispensables : des saumons sauvages ou élevés en pleine mer au plus près du cercle polaire et salés aux cristaux de sel gemme ; un feu de bois de bûches d’aulne, ni sciure ni générateur de fumée ; un fumoir traditionnel pour que l’opération soit totalement naturelle. Sur l’emballage, la mention « fumé au bois de… » garantit que le poisson l’a été par combustion lente de bois provenant d’une seule essence. La mention « fumé » ou « arôme de fumée » sans plus de précision dénote une vaporisation de fumée liquide.

Thierry Marx : les AOC et les petites producteurs

Les mentions « tranché à la main » et « jamais congelé » indiquent que la découpe s’est faite manuellement au couteau, contrairement au tranchage à la machine qui nécessite le rai¬dis¬sement du poisson par congélation partielle autour de -10 °C. Pour les produits Label rouge, le refroidissement en dessous de -2 °C est totalement proscrit. Les tranches doivent être larges et de couleur homogène. Elles ne doivent pas être striées de petites lignes blanches, signe d’un poisson trop gras. Généralement, un colorant est ajouté au saumon d’élevage pour améliorer son aspect, mais même ainsi, il n’aura jamais la belle apparence du saumon sauvage. « Ce qui reste primordial, estime Thierry Marx, le chef étoilé qui dirige les cuisines du Mandarin Oriental, c’est de pouvoir tracer le produit jusqu’à sa source. Et donc de faire confiance aux AOC et aux petits producteurs du Sud-Ouest. Il vaut mieux aussi privilégier le saumon d’Ecosse, celui qui selon moi se rapproche le plus du saumon de l’Adour. » « Evidemment, concède ce magicien qui n’a pas son pareil pour faire aimer le poisson, le sauvage est meilleur, mais on ne parle pas du même produit : un saumon d’élevage n’est pas un prédateur, il a été nourri par l’homme et n’a donc pas développé la même tonicité musculaire. »

Allons-y…
Maison Barthouil, 41, rue Charlot, 75003 Paris. Tél. : 01 42 78 32 88.
Côté sauvage, Route de la Côte Sauvage, ZA de Kergroix, 56510 Saint-Pierre Quiberon. Tél. : 02 97 30 73 38.
Petrossian (nouvelle boutique), 106, boulevard de Courcelles, 75017 Paris.Tél. : 01 47 66 16 16.
Le Fumoir du Porge, 53, avenue du Bassin d’Arcachon, 33680 Le Porge. Tél. : 05 57 70 94 67.
Bernard Joo', pour Enjeux Les Echos

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Boulogne. Marine Harvest ne connaît pas la crise

Le géant du saumon semble avoir le vent en poupe. Le groupe norvégien a lancé une première tranche de recrutement, d’une vingtaine de postes en CDI, pour son usine flambant neuve, construite en 2012.
La conjoncture n’est pourtant pas facile, surtout à Capécure. Plus surprenant encore, il ne s’agirait que d’un début. « D’autres embauches sont prévues pour la fin de l’année 2014 », précise Alexandre Savet, directeur du site. « Si nos projets pour l’année prochaine et notre organisation l’exigent toujours, et si notre situation le permet », prévient-il. Aussi, le directeur confie que les déçus du premier recrutement pourront être repêchés, si leur profil correspond aux attentes de l’entreprise. « Il a fallu faire une sélection, cela ne veut pas dire qu’ils ne seront pas rappelés », précise-t-il.

Plus de précisions dans notre édition du mercredi 22 octobre.

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Espagne : hausse de la consommation de saumon

L'Espagne a augmenté sa consommation de saumon de 15,6% au 1er semestre de l'année par rapport à la même période de 2013. Ainsi, les importations de saumon de Norvège ont enregistré une croissance notable par rapport aux années précédentes. Au premier trimestre 2014, l’Espagne a importé 31.150 tonnes de saumon norvégien, ce qui représente une hausse de plus de 15% par rapport à la même période de 2013.

Source : agroalimentairenews

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La Norvège tente de lever la suspicion sur son précieux saumon


Est-il dangereux de manger du saumon d'élevage? Après plusieurs polémiques, la Norvège, premier producteur mondial et premier fournisseur de la France, tente de redorer l'image de son poisson star, mais le débat sur l'impact sur la santé est loin d'être tranché, tout comme ses conséquences sur l'environnement.

Source : Var matin

Novembre 2013: un reportage d'Envoyé Spécial (France 2) provoque l'émoi en France (voir la vidéo ci-dessus). Il présente le saumon norvégien comme "la nourriture la plus toxique au monde", bourrée de produits chimiques.

A l'été 2014, les importations de saumon en France reculent de 5% sur un an. Une baisse liée avant tout à la flambée des prix mondiaux.

Mais "il est possible que (les polémiques) aient eu un impact, même si c'est difficile à quantifier", reconnaît Gabriel Chabert, responsable marketing en France du groupe norvégien Marine Harvest, premier producteur mondial de saumon d'élevage.

L'enjeu est crucial pour la Norvège qui produit 1,2 million de tonnes par an et en exporte 15% vers la France, son premier client. La Norvège est aussi le premier fournisseur de l'Hexagone, avec 85% des parts de marché.

"Les niveaux de contaminants dans le saumon d'élevage sont bien en-dessous des normes fixées par les autorités sanitaires", contre-attaque Randi Nordstoga Haldorsen, responsable de la sécurité alimentaire chez Marine Harvest, où l'AFP a pu se rendre à la mi-septembre.

- Moins d'antibios et de dioxine -

L'écrasante majorité des élevages norvégiens a renoncé à utiliser des antibiotiques, confirme Greenpeace Norvège.

Ils ne sont plus nécessaires car "depuis des années nous vaccinons les saumons. Il n'y a presque plus de maladies", explique Hermund Asheim, responsable de l'une des 114 fermes d'élevage de Marine Harvest, perdue dans un fjord brumeux, à 100 kilomètres au nord de Bergen, la deuxième ville de Norvège.

Posés sur la mer tels de gigantesques nénuphars, des filets de 30 mètres de profondeur enserrent de 60.000 à 180.000 saumons chacun.

Testés par l'association de défense des consommateurs "60 Millions de consommateurs" cet été, 18 filets de saumon d'élevage, dont dix norvégiens, ne montraient pas "de résidus d'antibiotiques quantifiables".

La Norvège met aussi en avant ses progrès sur les PCB (polychlorobiphényle) et dioxines, résidus industriels suspectés d'être cancérigènes.

"En dix ans, ils ont reculé d'un tiers", constate Ingvild Eide Graff, directrice de recherche à l'Institut national de recherche sur la nutrition et les produits de la mer (Nifes).

Les PCB sont présents dans tous les saumons testés par 60 Millions de consommateurs mais en "faibles teneurs". En France, sur les cinq dernières années, la Direction générale de l'alimentation (DGAL) a détecté seulement deux saumons "non-conformes" pour ces polluants. En 2013, tous les saumons norvégiens testés respectaient les normes européennes.

Cette évolution est liée à celle de la nourriture des saumons, des granulés autrefois composés essentiellement de farines et d'huiles de petits poissons, contaminés par la pollution industrielle marine.

Aujourd'hui, ils contiennent davantage d'huile végétale (colza, parfois soja).

Pour prendre en compte ces évolutions, un comité scientifique norvégien travaille à une nouvelle évaluation de la toxicité du saumon qui sera publiée fin 2014.

"Quand nous aurons terminé, je pense que le gouvernement révisera sa recommandation", estime Janneche Utne Skaare, directrice de la recherche à l'Institut vétérinaire norvégien.

Pour le Nifes, on peut sans problème "manger plus" de saumon qui n'est "pas plus contaminé que d'autres aliments", soutient Mme Graff. Et le saumon norvégien n'est "pas plus toxique" que l'écossais ou l'irlandais, estime Patricia Chairopoulos qui a effectué l'étude de 60 Millions de consommateurs.

- Quid des pesticides ? -

Mais les scientifiques ne sont pas tous d'accord. Pour Jérôme Ruzzin, toxicologue à l'université de Bergen, le saumon d'élevage "est aujourd'hui un produit alimentaire totalement différent de ce qu'on mangeait il y a cinq ans", à cause justement de la modification de sa nourriture.

Certes, pas de dioxine dans l'huile de colza, mais quid des pesticides ? interroge le chercheur.

Cette question "mérite d'être surveillée de près", reconnaît Ingvild Graff. Jusqu'ici, en Norvège comme dans l'UE, "il n'y avait pas de limites pour les pesticides dans le saumon car cela ne semblait pas nécessaire. Mais comme la composition de la nourriture évolue, cela pourrait changer", souligne-t-elle.

Pour Patricia Chairopoulos, les pesticides sont "le principal problème", peut-être aussi parce que les élevages norvégiens sont souvent "proches des côtes, plus exposés à certaines pollutions venant de l'agriculture notamment".

Le changement d'alimentation du saumon d'élevage a aussi fait diminuer sa teneur en oméga-3, réputés protéger contre les maladies cardio-vasculaires.

Malgré cela, "il y a 200 fois plus de vies qui sont sauvées par les effets bénéfiques du saumon que perdues à cause des cancers provoqués par les dioxines", affirme Mme Graff, citant une étude de 2011 de la FAO et de l'Organisation mondiale de la santé.

Des bénéfices plus grands que les inconvénients? "Je n'y crois pas. Cela n'est pas démontré scientifiquement et nos résultats montrent le contraire", rétorque Jérôme Ruzzin.

En 2010, il a dirigé une étude sur des rats nourris avec de l'huile de saumon. Les effets bénéfiques des oméga-3 disparaissaient si l'huile n'était pas purifiée de ses polluants.

Marine Harvest commence à détoxifier son huile de poisson, mais pas l'huile végétale.

L'incertitude entoure aussi l'éthoxyquine, un antioxydant ajouté aux farines et huiles de poisson. Il n'existe aucune évaluation officielle de son impact sur la santé alors que ce produit était à l'origine utilisé comme pesticide.

"C'est surveillé mais pas retiré", reconnaît Marine Harvest.

-Poux de mer-

En Norvège, la qualité du poisson est malgré tout jugée globalement rassurante. Le débat se focalise en fait sur l'impact écologique des élevages.

"Dans certaines régions, l'industrie n'arrive pas à contrôler les poux de mer, qui finissent par affecter les saumons sauvages", qui peuvent en mourir, regrette Truls Gulowsen, de Greenpeace Norvège.
Selon lui, les industriels ne font pas assez d'efforts pour réduire le volume de saumons dans chaque cage, propice au développement des parasites.

La lutte anti-poux est pourtant "notre grande priorité", assure Catarina Martins, responsable du développement durable chez Marine Harvest. L'entreprise respecte désormais la proportion, fixée par le gouvernement, de 97% d'eau pour 3% de poisson dans ses filets.

Les industriels utilisent aussi de petits poissons "nettoyeurs" pour aspirer les parasites. Mais ils n'arrivent pas encore à se passer de traitements chimiques.

Les fuites de saumons hors des fermes, à cause de tempêtes ou de l'usure des filets, inquiètent aussi, car ils se reproduisent alors avec les saumons sauvages.

"Il y a beaucoup de spéculations sur les conséquences génétiques. Les poissons sauvages pourraient devenir moins aptes à la survie", estime Terje Svasand, de l'Institut de recherche marine, qui a énormément développé son département aquaculture, avec des programmes de surveillance des rivières et de l'impact des déjections d'élevage sur l'écosystème marin.

Les échappées reculent depuis quelques années, mais 200.000 saumons se sont tout de même fait la belle en 2013.

"L'industrie innove beaucoup" pour résoudre ces problèmes mais ces technologies "coûtent très cher. C'est peut-être pour ça que cela ne va pas plus vite", résume Solveig Van Nes, de l'ONG Bellona.

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États-Unis - Saumon OGM : la Californie réaffirme son opposition

Source : infogm par Christophe Noisette, octobre 2014

Nombreux ont été les projets de loi déposés, dans les différents états des Etats-Unis, sur le saumon transgénique, pour l’interdire ou pour rendre son étiquetage obligatoire. Certains ont été adoptés, d’autres sont toujours en cours d’instruction. Une chose est sûre : le saumon génétiquement modifié (GM) pour grossir plus vite, mis au point par l’entreprise AquaBounty, ne fait pas l’unanimité et les parlementaires se sentent concernés par ces espèces potentiellement envahissantes. Ainsi, fin septembre, la Californie a adopté un nouveau texte.

Le 19 septembre 2014, le gouverneur de Californie, Jerry Brown, a signé une loi (AB504) qui étend l’interdiction de la production commerciale des salmonidés transgéniques (dont le saumon d’AquAdvantage) à l’ensemble des eaux de l’état. Dans la loi adoptée en 2003 et valable jusqu’au 1er avril 2015, seul l’océan Pacifique était concerné par cette interdiction. L’adoption de cette nouvelle loi repousse le délai au 1er avril 2020.

L’interdiction concerne tant les écloseries que les élevages ou le stockage du saumon GM. Le but de cette loi est de protéger les saumons et truites natifs de Californie, lesquels seraient menacés, estime le député Wes Chesbro, à l’origine de ce projet de loi, par le « frankenfish », via « l’accouplement mais aussi la compétition pour la nourriture et l’introduction de parasites et de maladies ».

Cependant, les opposants à ce saumon, à l’instar du Center for Food Safety (CFS), déplorent que la loi californienne exclue la recherche. Les saumons, destinés au commerce ou à la recherche, peuvent s’échapper, souligne le CFS, qui cite un rapport du Fish and Wildlife Service : « l’histoire nous apprend que les poissons détenus dans des équipements d’aquaculture, que ce soit sur terre ou sur eau, s’échappent ». Et la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, liés aux changements climatiques, risque de compliquer encore les mesures de confinement.

Cependant la loi ne laisse pas la recherche libre de faire ce qu’elle veut. L’activité sera encadrée. Ainsi tout projet de recherche mené sur des salmonidés transgéniques devra recevoir une autorisation spéciale de la part des autorités de l’état californien. Et surtout, le texte de loi précise clairement que la « recherche ou l’expérimentation en vue d’une production commerciale » sont, elles, interdites. A noter qu’à l’instar de la plupart des essais en champs de plantes génétiquement modifiées (PGM), de nombreux projets sont présentés comme de la recherche alors qu’il ne s’agit que d’une phase nécessaire à l’obtention d’une autorisation commerciale.

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Médecine, alimentation… Pourquoi des chercheurs créent des animaux transgéniques



Une protéine fluorescente verte a été introduite dans l’ADN d’un singe via un virus. © Anthony Chan, Emory University

Source : National Geographic

Vache qui produit du lait sans lactose, saumon à croissance ultra-rapide, singe fluorescent… Aux Etats-Unis, au Canada, en Chine et en Nouvelle-Zélande, des chercheurs en biotechnologie planchent sur les AGM : des animaux génétiquement modifiés destinés à la recherche médicale, mais aussi à l’alimentation.

Qu’est-ce qu’un AGM ?

Un AGM est un animal génétiquement modifié. Au début des années 1990, les laboratoires de recherche ont multiplié les expérimentations sur les animaux pour servir divers domaines : la médecine, l’écologie et l’alimentation humaine.

En médecine, les chercheurs ont par exemple injecté une protéine rendant un singe fluorescent, afin d’étudier la maladie de Huntington. Ils ont aussi créé des « porcs diabétiques » pour mieux comprendre la maladie et élaborer de nouveaux traitements. Des poules et des vaches transgéniques ont, elles, développé des anticorps contre le cancer de la peau ou des antiviraux pouvant être prélevés dans le lait ou les œufs pour le bénéfice de l’homme.

Au Canada, des scientifiques ont fabriqué un « Enviropig », un cochon aux déjections moins nuisibles à l’environnement.

Aujourd’hui, certains aliments issus de ces AGM, comme les oeufs de saumon transgénique, commencent à débarquer dans les rayons des supermarchés nord-américains. Et les foyers canadiens serviront bientôt du saumon transgénique à table.

Comment les AGM sont-ils « fabriqués » ?

Aujourd’hui, les avancées en biotechnologie permettent de modifier des organismes vivants, selon deux techniques : par une recombinaison de l’ADN in vitro, dans les cellules, ou par la fusion d’organismes cellulaires n’appartenant pas à la même famille. Par exemple, le transfert d’un gène d’araignée à un mouton. Ce processus « surmonte les barrières naturelles de la reproduction ou de la recombinaison », affirme l’Organisation mondiale de la santé (OMS)*.

Quels AGM sont destinés à la consommation ?

> Le saumon transgénique Surnommé « Frankenfish » par les écologistes, le poisson transgénique AquAdvantage, élevé par la société américaine AquaBounty, est un saumon atlantique à croissance rapide. Il grandit 3 à 5 fois plus vite que son homologue naturel, ce qui permet d’augmenter la production.

Ce poisson bénéficie par ailleurs du gène d’hormone de croissance du saumon Chinook, un congénère des eaux glaciales du Pacifique nord. Ce gène lui permet de grandir même pendant la saison froide, contrairement au saumon atlantique naturel.

La truite, la carpe, le poisson-chat et cinq autres espèces de poissons d’élevage ont aussi subi une transgénèse. Le but : accélérer leur croissance. Mais les scientifiques cherchent aussi à améliorer la résistance des poissons d’élevage aux maladies. Comment ? En fabriquant des saumons porteurs de séquences ADN de truite arc-en-ciel qui survit très bien dans les eaux de mauvaise qualité.

En 2013, le Canada a autorisé, pour la première fois au monde, la commercialisation d’œufs de saumon génétiquement modifiés, toujours produits par la firme américaine Aquabounty Techonologies Inc.

> Le bétail et la volaille attendent leur tour Les premiers travaux remontent à 1980. Des scientifiques américains ont essayé de stimuler la croissance de porcs via la transplantation de gènes humains et bovins.

Résultat ? Les porcs nés de ces expérimentations souffraient d’arthrose et de lésions pulmonaires. Depuis, le projet est tombé à l’eau. Mais la recherche a persévéré: des chercheurs de Pittsburgh s’affairent en ce moment à créer des cochons à la viande riche en Oméga 3, des acides gras favorisant le bon cholestérol.

Après les porcins, les bovins. Des chercheurs néo-zélandais ont inventé une vache transgénique produisant un lait plus riche en caséines, des protéines qui constituent la majorité des composants du lait.

D’autres travaux visent à réduire la teneur du lait en lactose pour élargir sa consommation aux intolérants au lactose. En Chine, des vaches de laboratoire produisent un lait presque similaire au lait maternel. L’idée ? Ce nouveau lait de vache pourrait se substituer à celui en formule, souvent critiqué.

En Chine, les chercheurs de L’institut du génome de Pékin s’attaquent aussi aux ovins. En 2012, ils ont fait naître un mouton à la chair riche en Oméga 3 et Oméga 6. Deux types d’acides gras bons pour la santé, très peu présents dans les viandes animales, et qui limitent les risques de maladies cardio-vasculaires.

Quels sont les impacts sanitaires et environnementaux de ces « créations » ?

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) se préparent depuis une décennie à l’éventualité d’une production industrielle d’aliments issus d’AGM.

Aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) autorise ou non la commercialisation de nouvelles marchandises alimentaires et médicamenteuses. « Les conclusions de la FDA sont formelles : le saumon transgénique ne représente aucune menace pour la santé, ni pour l’environnement », relate Devin Bartley, superviseur des ressources halieutiques pour la FAO. Pourtant, à ce jour, la FDA n’a toujours pas autorisé la firme AquaBounty à commercialiser son saumon à croissance rapide.

Que craignent les organismes de veilles sanitaire et environnementale ? Les effets à long terme de la consommation de ces animaux génétiquement modifiés. Mais ils craignent surtout les conséquences écologiques, si, par exemple, un saumon transgénique s’échappait d’un élevage et se mélangeait à une population d’homologues naturels.

« Le saumon AGM contaminerait alors toute une population !, s’alarme Muriel Mambrini, généticienne à la tête du projet Défis des OGMs aquatiques, impacts et stratégies (Dogmatis). Comment saurait-on ensuite si le poisson que l’on pêche, que l’on vend, que l’on consomme est naturel ou modifié ? Les gens devraient savoir ce qu’ils ont dans l’assiette. »

Plusieurs dispositifs sécuritaires sont pourtant déjà mis en place par AquaBounty pour minimiser ce type de risque. « Les femelles sont toutes stérilisées, explique Devin Bartley. Même si l’une d’entre elles s’échappait dans la nature, elle ne pourrait pas se reproduire. Bien sûr, il est impossible de prévenir les risques à 100 %. »

AquaBounty espère recevoir l’approbation de la FDA d’ici un ou deux ans, après avoir renforcé ses dispositifs logistiques. Reste ensuite la mise en place des chaînes de productions et  de diffusion. « Leur saumon transgénique ne sera pas commercialisé aux Etats-Unis avant 2017, au mieux », prédit Devin Bartley.

En Europe, « ce n’est pas au programme », déclare Muriel Mambrini, catégorique. Depuis une dizaine d’années, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) planche, à la demande de la Commission européenne, sur un document évaluant les risques environnementaux que présente l’élevage d’animaux transgéniques. Aucun jugement définitif n’existe à ce jour.

« Les OGM, donc les AGM, sont perçus comme des monstruosités scientifiques en Europe, constate Devin Bartley. Les comités de réflexions craignent de retrouver par mégarde un saumon transgénique destiné aux Américains dans leurs assiettes, alors comment imaginer qu’ils approuvent une telle production pour leurs citoyens ? Le problème, c’est qu’il faudra bien trouver un moyen de satisfaire la demande mondiale lorsque nous serons 9 milliards d’habitants, d’ici 2050. Nos ressources naturelles ne suffiront pas ! »

Marie Dias-Alves

* Biotechnologie alimentaire moderne, santé et développement : étude à partir de cas concrets, OMS, 2005

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Le 14 Novembre 2014

Les français plébiscitent le saumon fumé à Noël 


Sur les plateaux de fêtes dans sept foyers sur 10, le saumon fumé a néanmoins souffert d’une baisse des ventes en 2014. Et les consommateurs ignorent que le produit est majoritairement élaboré en France.

Source : pdm-seafoodmag  par B.Vaudour

Un vent favorable porte le marché du saumon fumé vers les réveillons. Tendance que confirment la forte activité promotionnelle programmée en fin d’année par les distributeurs et des commandes en hausse par rapport à 2013. Un an plus tôt, les fumeurs faisaient triste mine suite au reportage à charge d’Envoyé spécial contre le saumon norvégien, de loin la principale matière première à entrer dans les fumoirs avec 67 % des volumes utilisés. « Malgré le reportage, les semaines 51 et 52, se sont avérées très positives, nuance Jacques Trottier, directeur général de Labeyrie et président du groupe saumon fumé d’Entreprise traiteur frais (ETF), regroupement d’industriels au sein de l’Adepale. Preuve que le saumon fumé reste un référent des menus festifs aux côtés des huîtres et du foie gras. Une bonne chose pour l’industrie car 35 % des ventes de saumon fumé s’effectuent au moment des fêtes. Avec une constante sur l’année :40 à 45 % des volumes vendus en GMS sont sous promotions.

Un marché chahuté

Ceci étant, « l’impact de l’émission a été très négatif sur la consommation globale de saumon », poursuit le responsable. L’autre épine plantée dans le pied des fabricants est le prix du saumon matière première : trop élevé jusqu’à cet été pour dégager de la marge et tirer la consommation. Bilan cumulé fin octobre 2014 par rapport à 2013, les ventes de saumon fumé ont chuté de 12,8 % en volume et 6,2 % en valeur. Même si le tassement des cours en août a fait respirer les fumeurs, le répit pourrait être de courte durée étant donné la pression de la demande mondiale. «En rayon à Noël, les prix du saumon fumé devraient être sensiblement identiques à ceux de 2013. Je suis confiant sur le potentiel d’un marché qui a triplé en volume sur les 20 dernières années et qui offre encore de belles perspectives », se félicite Jacques Trottier.

Nombreux segments

L’enquête consommateurs réalisée par CSA pour ETF en octobre confirme la force du marché français. Le premier en Europe, aux côtés de l’Allemagne, avec 35 000 tonnes mises en marché. Du côté des acquis, 9 Français sur dix consomment du saumon fumé, une majorité en occasionnels (65 %) et certains régulièrement (22 %). Ils sont 71 % à en consommer lors des réveillons et des grandes occasions.

Sur les possibilités de croissances, les pistes sont nombreuses. Comme en témoigne le développement des grandes tranches (45 g) cette année. Si la tranche reste plébiscitée à 93 %, plus de la moitié des consommateurs consomment le saumon fumé sous des formes multiples : dés, pavés, tartare, carpaccio, cœur de filet, sushis… C’est dire le potentiel d’innovation à explorer en présentations, recettes, arômes, occasions de consommation. À partir d’une palette de produits finis allant du premier prix (12 €/kg) au milieu de gamme (25 à 30 €/kg) jusqu’au produit artisanal bio (à plus de 100 €/kg).

À la segmentation classique par pays d’élevage ou de pêche, s’ajoutent le type de fabrication (ficelle, fumage à chaud…), le type de bois, les petites origines (France, Islande, Tasmanie, Patagonie…). Mais plus simplement, l’enquête CSA révèle les progrès à réaliser sur l’information en rayon. Alors que 75 % des saumons fumés vendus en France proviennent d’usines et d’ateliers hexagonaux, seuls 10 % des Français savent que ce saumon est fumé dans leur pays. Aux fabricants de lever les couleurs sur une activité qui fournit quelque 3 000 emplois. Première productrice européenne de saumon fumé avec la Pologne, la France a produit 30 700 t en 2013 pour un chiffre d’affaires d’un demi-milliard d’euros.

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Le saumon tarde à faire son retour dans les assiettes des Français



En France, depuis un an, les consommateurs chipotent devant le rayon du saumon fumé. Selon les chiffres dévoilés mercredi 12 novembre, par le syndicat Les entreprises du traiteur frais (ETF), les ventes de ce produit ont baissé de 12,8 % en volume entre octobre 2013 et octobre 2014. Les Français consomment tout de même encore 35 000 tonnes de saumon par an.

Source : Le Monde.fr | Par Laurence Girard

Si le saumon se fait plus rare dans les assiettes, il le doit à la vague de défiance suscitée par le reportage d’« Envoyé Spécial », diffusé, le 7 novembre sur France 2. Cette émission jetait un regard cru sur certaines dérives supposées de l’aquaculture intensive norvégienne. Elle évoquait le cocktail de PCB, de dioxines et autres substances toxiques, que les poissons gras stockent dans leur organisme. Ce voyage glaçant au pays du premier producteur mondial de saumon n’a pas manqué de rallumer les craintes alimentaires des consommateurs français.

Effet prix

L’effet prix joue aussi dans ce recul des ventes. Depuis fin 2012, la tension sur les cours du saumon est très forte. Le saumon qui se négociait à 25 couronnes norvégiennes à l’automne 2013, a atteint un sommet à 50 couronnes en décembre 2013. Depuis, il est en légère décrue, repassant sous le seuil des 40 couronnes, ce qui demeure un niveau niveaux élevé.

Les industriels ont donc été contraints de répercuter dans leurs prix de ventes la hausse des cours. « Les prix ont augmenté de 5 à 6 % en moyenne en 2013 », explique Jacques Trottier, président de l’ETF et directeur général de Labeyrie. D’ailleurs, cette revalorisation permet de contenir la baisse du marché du saumon fumé à 6 % en valeur. « Ce marché est estimé à 525 millions d’euros », affirme M. Trottier, qui espère que les fêtes de fin d’année redonneront un coup de fouet à ce produit. Une période cruciale car plus d’un tiers des ventes se jouent sur les deux derniers mois de l’année.

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Noël au saumon, Pâques aussi avec Labeyrie

Le foie gras et le saumon premium seront les produits phares pour les fêtes, à la grande satisfaction du directeur général.

Source : Sud Ouest par Olivier Bonnefon 

« Sud Ouest ». Comment se présentent les fêtes de fin d'année pour Labeyrie ?
Jacques Trottier. C'est une période charnière pour l'entreprise, puisque nous réalisons entre Noël et jour de l'An, 75 % de notre chiffre d'affaires annuel pour le foie gras et 50 % pour le saumon. Cette édition 2014 se présente bien, selon les études d'opinion qui ont été réalisées ces dernières semaines. Le saumon et le foie gras seront les produits incontournables des tables de fête. Tout change et rien ne change, car la clientèle reste attachée à une présentation traditionnelle mais elle sert le foie gras et le saumon de plus en plus à l'apéritif par exemple.

La collection de Noël 2014 disposera d'une nouvelle gamme qualité traiteur et mettra en avant le bloc de foie gras entier, la partie la plus noble et raffinée. On constate en effet une progression continue des produits premium, qui restent imperméables à la crise. Maintenant, le bilan final, on le dressera le 31 décembre, quand la grande distribution aura les chiffres de vente.

Comment faire en sorte de réduire cette saisonnalité ?
On ne se plaint pas trop de cette saisonnalité. Labeyrie est aujourd'hui positionnée clairement comme une marque premium, attachée à la qualité, au plaisir et à la fête. Notre objectif n'est absolument pas de devenir une marque du quotidien. Cela casserait notre précieuse image. En revanche, on développe des produits destinés à multiplier les occasions festives : un dîner à deux, une communion, une fête de famille, la Saint-Valentin… Pâques est devenu au fil des ans notre second moment fort.

Quel est aujourd'hui le rythme de croissance de Labeyrie ?
Environ 5 % l'an. Le marché du saumon a été multiplié par trois en vingt ans, passant de 6 000 à 18 000 tonnes par an. Idem pour le marché du foie gras qui pèse aujourd'hui 6 000 tonnes contre 2 000 tonnes en 1994. Et le créneau qualitatif est celui qui progresse le plus.

Au sein de ce marché, que pèse aujourd'hui le bio ? Pourra-t-on trouver bientôt du saumon de l'Adour Labeyrie ?
Le bio est une vraie tendance de fond. Nous sommes archi leader sur ce créneau qui se développe chaque année, avec des saumons en provenance essentiellement de fermes bio de Norvège et d'Irlande. Le saumon de l'Adour est une micro niche avec des produits vendus 170 euros le kilo. En revanche, nous avons de solides positions sur le saumon sauvage d'Alaska, que nous travaillons depuis quinze ans. Pour proposer des produits raffinés, il faut commencer par soigner ses approvisionnements. C'est la même chose pour le foie gras. C'est une des raisons pour lesquelles nous avons investi 7,3 millions d'euros à Came (64).

La loi sur la souffrance animale n'est-elle pas une menace à terme sur le foie gras ?

L'entreprise est aujourd'hui un symbole des Landes qui gagnent. Pas question de délocaliser ?

1 500 personnes travaillent aujourd'hui pour Labeyrie dans les Landes, dont 1 200 sur le site de Saint-Geours-de-Maremne, et 300 à l'abattoir de Came (Pays basque).

260 millions d'euros, c'est le chiffre d'affaires de Labeyrie qui réalise 55 % de ce dernier dans les produits de la mer et 45 % avec les produits du terroir dont le foie gras.

84 c'est le pourcentage du marché français dans l'activité de Labeyrie qui a doublé en dix ans sa part vers l'international. Elle est aujourd'hui de 16 %.

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Le 6 Décembre 2014

Le Panda et le saumon : la face sombre du WWF

Wilfried Huismann, Pandaleaks : The Dark Side of the WWF, éd Nordbook, Bremen, 2014, 260p

En 2012, le journaliste allemand Wilfried Huismann a publié son enquête sur le WWF en Allemagne et elle a eu un grand retentissement. Il nous donne maintenant une version en anglais, complétée et revue. Il a rencontré des dirigeants du WWF, quand ils ont accepté de le recevoir et de répondre à ses questions, et il a aussi reçu de nombreux témoignages d’anciens membres de l’organisation -ou actuels- sur le malaise que suscitent en son sein les liens étroits qu’entretient le WWF avec les grandes multinationales, y compris celles qui sont considérées comme les plus grands pollueurs et destructeurs de l’environnement. Il ne met pas en cause la sincérité des salariés de l’ONGE, et il reconnaît que le travail de terrain peut être respectable,  il constate simplement que les plus hautes instances du WWF négocient avec de grandes sociétés multinationales et les contestent de moins en moins, au point de couvrir et même de favoriser l’expansion de pratiques inacceptables. Il analyse ainsi les rapports avec Coca Cola, les liens avec les défenseurs de l’apartheid, avec Monsanto et les grands producteurs d’huile de palme et de soja. Il confronte les intentions affichées par le WWF avec les réalités sur le terrain. Or, toutes les enquêtes de terrain menées par W Huismann montrent que les entreprises liées au WWF ne respectent pas leurs engagements, pourtant bien limités. Malgré ces constats alarmants, le WWF continue d’assurer qu’il contribue à l’amélioration des pratiques de ces grandes sociétés, en Afrique, au Mexique, au Brésil, en Argentine, en Inde et en Indonésie. L’enquête montre qu’elles poursuivent la déforestation, la destruction des sols, des ressources en eau. Elles sacrifient des communautés indigènes et paysannes et le WWF soutient cette politique, malgré ses engagements en faveur des droits des indigènes . Loin de contribuer à la protection de la nature et des populations qui en vivent, selon W Huismann, le WWF couvre les turpitudes et les pratiques scandaleuses des sociétés qui le financent. Pire, il permet ainsi à ces multinationales d’étendre leurs activités destructrices, comme en Indonésie, au Chili ou en Argentine.

Le WWF et le roi du saumon

L’entreprise norvégienne Marine Harvest réalise près du quart (plus de 400 000t en 2014) de la production mondiale de saumon d’élevage. L’ensemble des entreprises norvégiennes contrôle 90% de cette production et John Fredriksen, propriétaire de Marine Harvest, est considéré comme le roi du saumon. Son entreprise produit du saumon en Norvège, en Ecosse, au Chili et elle le transforme dans plusieurs pays d’Europe et d’Asie. Avec 10 000 employés dans 23 pays, elle est le leader de la « révolution bleue ». En 2008, le WWF a signé un accord de partenariat avec Marine Harvest pour promouvoir l’aquaculture durable suivant les canons de la certification ASC (Aquaculture Stewardship Council), conçue sous l’égide du WWF et lancée officiellement en 2009.

Carte extraite de l'article de Global magazine : L'or rose en chute libre

Cette même année, le Chili a connu un désastre dans ses fermes aquacoles, le virus ISA (Anémie Infectieuse du Saumon), apparu en 2007, a touché une grande partie des élevages, entraînant la mort de millions de saumons, du nord au sud du pays. Cette crise jette une lumière crue sur les pratiques des entreprises aquacoles du Chili. Marine Harvest, en Norvège, subit des contrôles et chaque année, les concessions peuvent être retirées ; l’usage des antibiotiques est réduit et souvent absent, la densité des élevages est nettement plus faible qu’au Chili. Il en résulte que l’épidémie a été maîtrisée en Norvège alors qu’elle ne le fut pas du tout au Chili . L’ISA n’est pas la seule maladie, sur 478 élevages, 420 sont infestés de poux et les saumons sont touchés par une vingtaine de maladies. L’usage des antibiotiques est hors contrôle, 800 fois plus élevé qu’en Norvège et même 36 000 fois, selon un biologiste chilien . L’environnement marin est sacrifié, les fonds marins sous les cages sont en état d’anoxie (sans oxygène), les saumons échappés des cages ont modifié les espèces locales et la biodiversité. Les ressources qui faisaient vivre les pêcheurs sont détruites et n’offrent plus d’alternative aux employés des élevages et des ateliers de transformation qui se retrouvent sans emploi et sans revenu. La pêche chilienne se trouve sous la dépendance des industriels du saumon à qui les pêcheurs fournissent les poissons pour la farine et l’aliment : « Nous ne sommes que des esclaves des multinationales, il ne reste plus de pêcheurs indépendants au Chili » déclare un patron pêcheur à Wilfried Huismann. Le gouvernement a favorisé une véritable mafia du saumon, sans contrôle. Les dirigeants de Marine Harvest reconnaissent leurs erreurs face à cette catastrophe, mais ils l’ont organisée, par appât du gain, et n’ont nullement respecté les règles imposées en Norvège. Malgré ces responsabilités évidentes, en 2011, le WWF a signé un accord de partenariat avec cette entreprise, au nom de progrès futurs. Le WWF vient de recevoir, en novembre 2014, d’importantes subventions de la part des grandes entreprises chiliennes pour accompagner le « verdissement » de l’aquaculture et sa labellisation ASC. Pour l’ONG Ecoceanaos, ce partenariat, c’est l’annonce d’une catastrophe et l’extension des zones d’élevage .  En l’absence de règles contraignantes fixées et contrôlées par l’Etat, les entreprises feront ce qu’elles voudront en cherchant, peut-être, à éviter la catastrophe dans leurs nouvelles implantations. Ce n’est pas le WWF qui les dénoncera si elles continuent de dégrader l’environnement, tant il est lié à leurs financements. Le WWF apporte plutôt une caution verte à des entreprises déconsidérées par leur comportement et leur mépris de l’environnement et des droits sociaux. Au sein même du WWF International, ces accords sont considérés comme honteux par certains responsables, en privé…



L’enquête ne concerne pas la pêche et le Marine Stewardship Council (MSC), premier label lancé en 1995 par le WWF et Unilever. Ce label certifie des pêcheries durables, mais ces pêcheries sont déjà suivies par les services scientifiques et le label ne vient que conforter des pêcheries déjà bien gérées. Certains parlent d’un racket, car il faut payer cher une certification qui est de plus en plus souvent exigée par la grande distribution. Walmart est un des grands soutiens à cette politique et Carrefour vient de s’y mettre en France. La fondation Walmart finance le WWF pour promouvoir ce label. Les organisations de pêcheurs artisans ont pris fortement position contre ce type de labellisation lors de la rencontre de Bangkok en 2008. Des chercheurs considèrent que cette certification renforce les logiques de privatisation : «La certification et l’éco-labellisation privatisent la gouvernance des pêches de plusieurs façons largement méconnues, par la création de nouvelles formes de droits exclusifs et de privilèges dans des situations de gestion commune déjà compliquées par des droits d’accès et de propriété, créant ainsi les conditions de confusions, de conflits mais aussi de coopération ».

Cette certification met les pêcheurs artisans entre les mains de la grande distribution qui contrôle leur accès au marché.

L’environnement et les affaires contre les droits humains.

« Au cas où je me réincarnerais, j’aimerais revivre sous la forme d’un virus mortel, afin de contribuer à résoudre le problème de la surpopulation » Voilà ce que déclarait le Prince Philip, Duc d’Edimbourg, dans une interview en 1988. Il était alors président du WWF, puisqu’il le fut de 1981 à 1996. Il était aussi l’un des fondateurs du WWF en 1961. Une telle déclaration n’est pas un épiphénomène pour le WWF, elle témoigne de l’existence en son sein d’un courant profondément réactionnaire qui se retrouve au plus haut niveau, ce qui explique les choix de l’organisation. Le WWF entretient des relations étroites avec les grandes sociétés multinationales dans de nombreux domaines : la pêche, l’aquaculture, l’huile de palme, le soja, les forêts, etc. Le WWF s’est fait une spécialité dans le développement de dialogues et de tables rondes avec les grandes entreprises, y compris les plus critiquées pour leur mépris de l’environnement. Ainsi le WWF n’hésite pas à collaborer avec Monsanto. Mais cet affairisme, revendiqué au nom d’une amélioration des pratiques de ces puissantes sociétés, va jusqu’à la collaboration avec des groupes et des hommes qui sont les piliers des régimes les plus réactionnaires et dictatoriaux. L’exemple le plus significatif analysé par W Huismann est celui de José Martinez de Hoz. Il a été membre fondateur de la Fondacion Vida Silvestre (FVSA), partenaire du WWF en Argentine. Il est membre influent du WWF international en tant que membre du club des 1001, un club fermé de 1001 membres où figure le gotha des multinationales et des têtes couronnées d’Europe qui financent le WWF. Mais il a été également membre du gouvernement de Videla, comme ministre de l’économie, et il a depuis été condamné pour crimes contre l’humanité. Il a participé à la promotion du soja en Argentine et au développement des OGM. L’autre grand partenaire du WWF a été Hector Laurence, président de FVSA de 1998 à 2008, et représentant de deux filiales de Dupont en Argentine, promoteur du soja OGM. La présence de tels personnages dans les instances dirigeantes du WWF n’est pas un accident. Elle est la manifestation des liens étroits établis par le WWF, depuis sa création en 1961, avec les milieux les plus réactionnaires partenaires des fondateurs. En Afrique du Sud, le WWF est né au sein des milieux défenseurs de l’apartheid. Le premier président du WWF a été le prince Bernhard des Pays-Bas, connu pour son passé nazi et ses liens avec les industriels de l’armement. Les accusations de corruption l’ont amené à quitter la présidence du WWF, il a été remplacé par le Prince Philip…

Malgré ces turpitudes, qui ne sont qu’un échantillon de toutes celles dévoilées par l’enquête de Wilfried Huismann, le WWF reste la meilleure marque environnementale pour réaliser du verdissement à bon compte, et il sait la vendre.

Alain Le Sann
Décembre 2014

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Chili

Le dernier jour de Bachelet. Privatiser le littoral de la mer australe ?

de Franck Gaudichaud, extrait de l'article de Forum des alternatives : Tremblement de terre politique et retour des Chicago boys au Chili

Et s’il fallait essayer d’expliquer pourquoi la Concertation est honnie de toute une partie du mouvement social et critiquée par de nombreux militants de gauche (y compris du Parti socialiste) ; s’il fallait tenter de montrer de quoi le social-libéralisme est-il le nom au Chili, on pourrait alors s’en tenir au denier jour de la présidence Bachelet. Ce 10 mars 2010, c’est avec l’approbation du dernier exécutif de la Concertation qu’est paraphée la réforme de la Loi générale de pêche et d’agriculture. L’objectif ? Tout simplement, venir en aide aux transnationales de saumon d’élevage qui ont inondé les côtes du sud du pays depuis des années et connaissent de graves difficultés. Crise sanitaire tout d’abord, conséquence d’un mode de production aberrant qui a dévasté une partie du littoral à coup de colorant, hormones, antibiotiques, surpêche (pour nourrir les saumons !). Crise économique ensuite. Alors que cette industrie était censée être un des moteurs de l’économie, elle a été engagée sur la voix d’une rentabilité à tout prix, basée sur une exportation de masse aux quatre coins de la planète (Japon, Etats-Unis, UE). Le développement exponentiel d’un virus (virus ISA) a affecté toute la chaîne, et c’est ce modèle d’élevage intensif entièrement dépendant du marché mondial s’est affaissé violemment |3|. Cette « agonie du saumon » a provoqué une chute de la production de plus de 30% entre 2007 et 2008 et le licenciement de milliers travailleurs (plus de 15.000) |4|.

Vues les conditions offertes, en 20 ans, les capitaux ont afflué de toute part, à commencer par la transnationale hollandaise Nutreco (plus grosse productrice mondiale) mais aussi des entreprises norvégiennes, japonaises, canadiennes et espagnoles. Le patronat chilien n’est pas en reste puisqu’il détient 55% de la filière. N’en déplaise aux écologistes et aux pécheurs artisanaux (dont la vie a été ruinée), le Chili est devenu le second producteur de la planète, avec plus de 650 000 tonnes de saumon en 2007 et, en valeur, cette denrée représente le 4° poste d’exportation nationale |5|. Rapidement c’est un véritable lobby du saumon qui a fait son apparition au sein des institutions et de la société civile. Ainsi, alors que le secteur affiche désormais une dette de deux milliards de dollars, la proposition du gouvernement Bachelet a été de garantir le déblocage d’un fonds public de 450 millions de dollars. Les banques restant méfiantes, le projet de loi prévoit aussi une modification des règles de production, un meilleur confinement des poissons, une rotation régulière dans les lieux d’élevage et… la concession de milliers d’hectares de mer et de terre ferme offerte comme garantie hypothécaire auprès des banques ! Comme le rappellent les responsables de la campagne « Sauvons la mer chilienne », « Jamais dans l’histoire aucun pays n’avait permis d’hypothéquer la mer. Ce n’est pas seulement un scandale, c’est aussi le renoncement de notre pays à la souveraineté sur son territoire » |6|. Au lieu de s’inscrire dans le sillage d’Allende qui avait exproprié les grandes compagnies de cuivre (“le salaire du Chili”), le gouvernement Bachelet se sera montré beaucoup moins glorieux aux yeux de l’histoire… |7|

|3| Voir le dossier « Industria salmonera en Chile » de l’OLCA (Observatorio Latinoamericano de Conflictos Ambientales), www.olca.cl/oca/chile/region11/salmoneras.htm.
|4| Darío Zambra B., « La agonía del salmón », La Nación Domingo, 15 mars 2009.
|5| Arnaldo Pérez Guerra, “Chile : Salmoneras, crecimiento a cualquier costo”, 28 août 2003, www.ecoportal.net/content/view/full/21441
|6| Cette loi pourrait d’ailleurs être déclarée inconstitutionnelle puisqu’un recours a été présenté par 34 députés et 12 sénateurs devant le tribunal constitutionnel.
|7| Certains journalistes et militants ont même eu le mauvais gout de faire le parallèle avec le Général Pinochet qui avait lui aussi la veille de son départ, fait passer subrepticement (et en dictature) une loi léonine favorisant les intérêts de l’éducation privée dans le système scolaire du pays.

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