lundi 9 mars 2015

Les huîtres crèvent... Et alors ! Stop ou encore ?

Après une saison de crève des huîtres sur les côtes françaises, marquée par la mortalité subite des moules dans le pertuis breton, Jean-François Le Bitoux nous entraine maintenant dans les méandres tortueux de la Politique de développement de la conchyliculture française...

Illustration : Passons l'éponge sur la mortalité des huîtres dans Ostrea.org : Quel avenir pour l'ostréiculture ?

Rappelez-vous au début de l’année 2014, Jean-François Le Bitoux - véto aquacole globe-trotter -  y croyait encore à la résurrection des huîtres : Mortalités ostréicoles : 2014 l'année des solutions ? Chiche ?

Y croyait un peu moins après la mortalité massive des moules sur les côtes charentaises et vendéennes : Mortalités des moules : Nouvelles pathologies « inconnues »?

Quand la science vétérinaire débouche sur une réflexion politique...

Diffuser ou résister à la diffusion : Fractales fatales, par Jean-François Le Bitoux

« Il y a deux types de populations. Il y a ceux où ce type d’information circule, et puis ça ne se diffuse pas à l’intérieur du reste du système. »

Paul Jorion, Le temps qu’il fait le 6 mars 2015

Source : Blog de Paul Jorion

L’anthropologue s’étonne d’un problème qu’il connait et dénonce depuis toujours : ce qui parait simple aux uns est parfois insupportable et irrecevable aux voisins. Bruno Latour enseigne que le « fait scientifique » est peu de choses sans le « fait sociologique » qui le porte. La science pastorienne n’existerait pas sans l’encadrement sociétal et de communication que le savant a su gérer simultanément. Peu avant Pasteur, Semmelweis constatait « scientifiquement » par les statistiques, que se désinfecter les mains faisait baisser les mortalités dans les maternités. Ce constat ne fut pas partagé à l’époque !

Vétérinaire de terrain depuis 40 ans, j’ai reconnu dans la description anthropologique du fonctionnement des sociétés de pêcheurs de l’Ile d’Houat, d’ostréiculteurs, de saliculteurs, une approche « holistique » que le véto pratique au quotidien : on ne soigne pas en étudiant tel ou tel paramètre mais en vérifiant comment les fonctions vitales s’équilibrent entre elles, bien ou mal.

Scientifique, j’ai longtemps cru que cette rigueur suffit à rendre accessible la biologie, la physiologie, les dérives pathologiques et les thérapeutiques curatives ou mieux encore préventives. Même sans en connaître les détails, on peut accepter qu’il existe un lien entre population croissante et l’émergence de pathologies. Le risque pathologique augmente avec l’augmentation et la densité des populations et, pour en limiter l’effet, il faut définir et mettre en œuvre une zootechnie de plus en plus rigoureuse.

Illustration : L'heure est grave ! Selon les informations dont nous disposons, les parcs, bassins et claires sont encore gavés d'huîtres. En effet, ce sont bien des centaines de tonnes qui restent invendus... Comité de Survie de l'Ostréiculture dans Ostrea.org : Prix de vente à la production des huîtres

« Élémentaire mon cher Watson ? Pas tant que ça mon cher Holmes ! ». Car il existe dans toute démonstration scientifique des paramètres culturels et environnementaux masqués ou ignorés qui bloquent « la diffusion vers l’intérieur des écosystèmes ». L’environnement du vétérinaire, c’est d’abord le propriétaire de l’animal qui ayant perçu quelque dysfonctionnement, demande de l’aide pour retrouver une homéostasie. Si personne n’appelle, aucune thérapie ne résoudra rien !

Et c’est ce qui se passe aujourd’hui en conchyliculture le long des côtes françaises! Vous avez pu lire que bactéries et virus contribuent à la destruction des élevages mais l’étiologie et l’épidémiologie anthropologique ou sociologique de ces maux montrent qu’aucune des parties prenantes – producteurs, chercheurs, administration maritime – ne s’y impliquent suffisamment pour chercher à résoudre les problèmes. L’émergence de pathogènes est un phénomène parfaitement naturel qui résulte du laisser aller des uns et des autres. Tout ceci vient d’être enfin rapporté dans l’expertise du Professeur Puyt de l’Ecole Vétérinaire de Nantes.

Vous ne savez pas ce que sont les lois de l’épidémiologie, ce message ne se diffusera de lui-même nulle part, même chez ceux qui en ont le plus besoin ! À moins qu’ils n’en aient pas vraiment besoin ? Et qu’il y ait d’autres intérêts masqués qui soient plus solidement défendus que la vie des coquillages et des entreprises ?

Chacun se construit une identité bordée de membranes de sécurité culturelles, scientifiques, administratives, religieuses ; elles sont certes souples mais souvent imperméables à ce qu’on ne veut pas entendre et plus encore à ce qui n’a pas été exprimé. Je laisse conscience et inconscience aux psys, sans complètement les ignorer mais il manque un « détail » à cette histoire de conchyliculture qui se meurt : c’est le commerce qui prime sur la santé des élevages. Les huitres se promènent à travers toutes la France et au-delà en suivant des circuits commerciaux qui structurent le reste de l’activité : y toucher est une telle remise en cause de l’histoire de l’ostréiculture française que cette hypothèse n’est pas retenue. Evidemment virus et bactéries circulent aussi et il sera donc plus difficile de s’en débarrasser. En attendant, ce sont les circulations commerciales des virus et bactéries qui détruisent les animaux et la profession : un véritable suicide assisté ! La conchyliculture a progressé en « colonisant » des territoires nouveaux (Irlande) et aujourd’hui, les produits commerciaux reviennent de ces territoires récemment colonisés où un écosystème neuf les protège provisoirement de l’émergence de pathogènes et ils font concurrence aux produits locaux ! Bref une défaite qui n’a rien d’étrange ! Voilà un « fait sociologique » plus solide que le « fait scientifique » ! On pourrait définir des thérapies préventives, encore faudra-t-il les faire appliquer et donc limiter la circulation des stocks !

Suite : Blog de Paul Jorion 

Autres articles :

Pour aller plus loin...

Le 22 Juin 2015

L'huître en questions

Catherine Flohic (Auteur) -  broché. 

Editeur : Argol - Vivres

Paru en 06/2015

Résumé du livre

L'huitre, indissociable des fêtes de fin d'année et des tables de restaurants, liée au tourisme sur le littoral, est-elle en voie de disparition ?

Les scientifiques s'en mêlent et nous l'ignorons, comme pour beaucoup de mutations biotechnologiques de notre alimentation. Ils ont créé des huitres triploïdes biologiquement modifiées, dites poétiquement « des quatre saisons ».

Le livre propose, depuis l'histoire de l'huitre et de sa culture traditionnelle, de multiples investigations et pose les questions : Pourquoi vouloir "maîtriser " la mer et ses produits. Pour quelles raisons ? Scientifiques, idéologiques, politiques, financières ? Enquêtes de terrain, entretiens, reportages tout en couleur font de cette série un concept nouveau entre la revue et le livre.

L'association Ostréiculteur traditionnel a été reçue au Sénat


Trois questions à... Benoît Le Joubioux, Président de l'association Ostréiculteur traditionnel

Source : Ouest France

Une vingtaine de membres se sont rendus au Palais du Luxembourg la semaine dernière, où, en collaboration avec Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, ils organisaient un colloque « Regards croisés sur l'ostréiculture, quels enjeux pour demain ? ».

Pourquoi un colloque sur les enjeux de l'ostréiculture ?

C'est en collaboration avec le sénateur Joël Labbé qui est l'auteur d'un amendement sur l'étiquetage des huîtres en fonction de leur origine et qui a questionné le gouvernement sur les risques inhérents à l'exploitation de l'huître triploïde. Il a tenu à organiser un colloque dédié aux enjeux de l'ostréiculture de demain, offrant la parole aux acteurs de la filière.

Comment s'est déroulé ce colloque ?

Il a réuni des producteurs, des scientifiques, des distributeurs et consommateurs dans un dialogue sur les enjeux de l'ostréiculture de demain, qu'ils soient économiques, environnementaux ou sociétaux, alimentant une réflexion sur une possible évolution législative et réglementaire.

Plusieurs intervenants se sont succédé, les producteurs, pour expliquer la diversité des modes de production et mutations du monde agricole. Les scientifiques ont éclairé les participants sur les biotechnologies et biodiversité. Enfin, les représentants des consommateurs ont été entendus sur un besoin de transparence.

Quelle est la demande de l'association Ostréiculteur traditionnel ?

Notre association, « Ostréiculteur traditionnel : huîtres nées en mer » regroupe, depuis 2007, 80 ostréiculteurs des 7 bassins de production, pour la valorisation des huîtres nées en mer. Nous nous battons contre une forme d'industrialisation de la culture du mollusque et pour faire reconnaître notre mode de production traditionnel par un étiquetage différencié. Ceci, dans l'intérêt d'une plus grande transparence pour le consommateur.

Dans l'attente du compte-rendu du colloque : 
 
Télécharger Ici les présentations des différents intervenants (sur le Blog du sénateur Joël Labbé)

Les deux premières réactions...

Regards croisés sur l’ostréiculture Colloque au Sénat le 10 juin 2015

1. Je souhaite utiliser les 2 mn accordées pour répondre à une interrogation émise ici même par M. Jean-Noël Yvon. M. et Mme Yvon sont des ostréiculteurs traditionnels et modernes qui partagent leur expérience dans un blog riche de confidences. Des amis agriculteurs leur ont dit que « Les paysans de la mer répétaient les erreurs commises par les éleveurs il y a 20 à 25 ans ».

2. Vos amis ont raison. Des pathologies bactériennes et virales ont décimé les populations de lapins, de porcs, de poulets, etc. lors de l’industrialisation des élevages et ces mortalités étaient dues à des conditions environnementales mal maîtrisées.

3. C’est ce que les vétérinaires Puyt et Nicolas ont souligné dans un rapport d’expertise que tout le monde connait ici mais que les exposés ont ignoré alors que ses conclusions sont d’une importance cruciale pour l’avenir de tous.

4. Pourtant M. Yvon, vos amis se sont trompés de dates. Ces pathologies ont débuté il y a une cinquantaine d’années, au cours des années 1960/80. On a alors constaté qu’en pathologie d’élevage industriel, la nature de germes omniprésents est moins importante qu’un laisser-aller de la gestion ou que l’usure des structures.

5. Si la Recherche a mal apprécié ces phénomènes, c’est qu’elle n’a pas connu cette époque et que la pression du travail administratif ne lui laisse pas le temps d’écouter les professionnels. On ne fait pas d’épidémiologie sans une présence continue sur le terrain.

6. Ce sont ces bases scientifiques acquises en médecine vétérinaire qui en 1975/80 nous ont permis de définir une gestion sanitaire des écloseries de crustacés au sein du CNEXO/COP. Cette technique a conquis le monde. Ces pathologies ne sont pas dues à des bactéries, ni à des virus venus d’ailleurs mais à des souches dont la virulence émerge localement en vertu de lois vieilles de 3 milliards d’années d’évolution. Le seul enseignement à en retirer est que la santé des animaux et le salut des entreprises passent par le respect de ces lois.

7. Conclusion: Merci M. le Sénateur d’avoir relayé le message des ostréiculteurs traditionnels. Ce sont des lanceurs d’alerte de la dégradation des écosystèmes aquatiques côtiers à laquelle ils ne veulent pas participer. Merci aussi à M & Mme Yvon d’avoir contribué à remettre le débat sur de bons rails. Des erreurs d’aiguillages ont mené la profession dans une impasse où « elle tourne en rond ».

8. Les bonnes nouvelles : les pathologies émergentes conchylicoles sont des phénomènes naturels produits par des erreurs d’élevage et de gestion environnementale. Des réponses économiques et écologiques existent.

9. Les moins bonnes nouvelles : Monsieur le Sénateur, même avec un président vétérinaire, n’espérez pas faire plier les lois de l’évolution de 3 milliards d’années à aucun code démocratique, républicain, juridique ou commercial. Il faut repartir sur des bases techniques artisanales saines, repenser l’activité et la moderniser en y incluant des techniques sanitaires qui ont fait leurs preuves ailleurs.

10. Une excellente nouvelle : une gestion sanitaire exigeante des élevages et des écosystèmes aquatiques permet aussi de résoudre d’autres pathologies environnementales comme les proliférations d’algues toxiques, rouges bleues ou vertes et de sortir du chaos. On commence dès que quelqu’un s’y investit sérieusement !

Jean-François Le Bitoux
jflebitoux@hotmail.com
ACE sarl (ASAP Consulting & Ecology)

Les huîtres triploïdes sur la sellette

Faut-il étiqueter les huîtres triploïdes sur les étals des poissonniers ? Est-il légitime d’informer le consommateur des particularités génétiques de ces mollusques  stériles produits en écloserie ?  Alors que l’ostréiculture traverse une crise gravissime, la traçabilité de ces huîtres fait plus que jamais débat.

Source : UFC Que Choisir par Florence Humbert

Tous les amateurs d’huîtres le savent : à l’arrivée des beaux jours, période de la reproduction pour  ces coquillages, les huîtres se gonflent d’une matière blanchâtre  peu appétissante qui freine leur consommation pendant l’été. Sauf que depuis une quinzaine d’années, la plupart des huîtres proposées sur les étals ne sont plus laiteuses.  L’explication de ce mystère de la nature ? C’est tout simplement que ces huîtres d’un nouveau genre sont triploïdes. Nés en 1997 dans les laboratoires d’Ifremer, ces mollusques possèdent dix lots  de trois chromosomes et non dix lots de deux chromosomes comme l’huître « normale » diploïde. Cette anomalie génétique rend les triploïdes stériles. Leur texture est donc constante toute l’année. Un avantage pour les touristes des stations de bord de mer qui peuvent désormais se régaler d’huîtres non laiteuses, et surtout pour la filière conchylicole  qui  s’affranchit ainsi de la tradition des mois en « r ». Cerise sur le gâteau, les triploïdes ne consommant pas leur énergie dans la reproduction, grossissent plus vite que les diploïdes, ce qui permet de ramener leur cycle de production de trois à deux ans. Une aubaine pour les ostréiculteurs qui, dans leur grande majorité,  se sont laissé séduire par cette championne de la productivité. Les « triplo » représenteraient aujourd’hui 50 % des huîtres vendues en France.  Pourtant, aucun étiquetage ne permet aujourd’hui au consommateur de différencier les triploïdes issues de naissains (larves)  produits en écloserie, des huîtres « naturelles » issues de naissains de captage  dans le milieu marin.

En 2001, le Conseil national de la consommation (CNC) avait demandé que les consommateurs soient informés du caractère polyploïde de ces huîtres et qu’une indication « huîtres triploïdes » soit rendue obligatoire dans l’étiquetage. Une demande restée lettre morte, l’Afssa (agence de sécurité sanitaire de l’alimentation), n’ayant mis en évidence  aucun risque sanitaire particulier pour les consommateurs. La question de l’étiquetage  n’est pas réglée pour autant et fait toujours l’objet de débats acharnés au sein de la profession. La majorité des ostréiculteurs n’y est pas favorable,  de crainte d’un boycott de ces coquillages  par les clients. De leur côté, les pouvoirs publics y ont jusqu’ici mis leur veto, arguant du fait que ces huîtres, bien qu’issues d’une manipulation génétique,  ne sont pas  des organismes génétiquement modifiés (OGM),  puisqu’il n’y  a pas introduction de gènes nouveaux.   De plus,  le recours à des hybrides triploïdes est souvent la règle dans de nombreuses filières végétales (agrumes, bananes, céréales…) voire dans les filières animales (truite)  afin d’obtenir des produits homogènes et de meilleure qualité.  Dès lors que la vente de ces produits ne fait pas l’objet d’un étiquetage spécifique, il semble injustifié de faire une exception pour les huîtres.

Chute de la production

Sauf que depuis l’introduction des animaux de laboratoire dans les élevages,  le petit monde de l’huître  ne tourne plus rond.  De 130 000 tonnes par an,  la production d’huîtres  est tombée à 80 000 tonnes.  En 2008 et 2009, le virus herpès OsHV-1 a frappé massivement les juvéniles (jeunes huîtres de moins d’un an) détruisant jusqu’à  80 % du cheptel de certains parcs ostréicoles.  Aujourd’hui encore, les épizooties continuent de sévir dans les élevages. « Dans plusieurs secteurs, les mortalités d’huîtres adultes n’ont jamais été si importantes et touchent indistinctement les diploïdes et les triploïdes », déplore Louis Teyssier, président du comité régional conchylicole (CRC) de Normandie-mer du Nord. De là à rendre responsables du désastre les naissains provenant d’écloserie,  il n’y a qu’un pas.  L’association Ostréiculteur traditionnel, qui compte 70 adhérents, n’a pas hésité à le franchir à l’automne dernier en assignant  l’Ifremer pour « défaut de surveillance sanitaire depuis la commercialisation des huîtres des écloseries ».  Les plaignants estiment en effet que l’explosion de la proportion de triploïdes a fragilisé le cheptel et favorisé la dissémination de l’herpès. Le rapport d’expertise judiciaire du professeur J. D. Puyt apporte de l’eau à leur moulin.  Il pointe en effet  « l’absence de diagnostic médical qui a empêché l’Ifremer de formuler le moindre avis, notamment sur les mesures de prophylaxie à prendre… »  Cette expertise constate en outre que le virus sévissait déjà dans les élevages avant l’apparition des triploïdes,  et qu’une flambée virale,  probablement par mutation,  a provoqué les mortalités constatées.  Mais les ostréiculteurs ont leur part de responsabilité dans le désastre : la  surcharge des bassins ostréicoles par des tonnes de mollusques qui vont et viennent sans contrôle de leur état sanitaire ni de connaissance des productions primaires nourricières (plancton) ont multiplié les risques.

Quid de l’étiquetage obligatoire ?

En attendant l’issue du procès, les ostréiculteurs traditionnels, soutenus par le sénateur écologiste du Morbihan, Joël Labbé, reviennent à la charge sur la question de l’étiquetage obligatoire.    Interrogé sur ce point le 12 mai dernier par M. Labbé, le secrétaire d’État chargé des transports, de la pêche et de la mer, Alain Vidalies, a pris la défense des triploïdes qu’il juge complémentaires des diploïdes issues d’écloseries ou de captages naturels.  Toutefois, il s’est montré favorable à l’affichage des mentions « huîtres issues d’écloserie »  (triploïdes ou diploïdes) et « huîtres de captage naturel » (forcément diploïdes).  Pas sûr que le consommateur y voie plus clair. Avant de mettre en place un étiquetage franco-français sur les triploïdes, ne vaudrait-il pas mieux commencer par faire respecter la réglementation européenne sur l’origine des produits ?  Force est de constater que les  gros opérateurs s’en affranchissent !  « Sur un cycle d’élevage de 2 à 3 ans, il suffit d’un mois d’affinage dans les claires de Marennes-Oléron pour que des huîtres élevées en Irlande, en Normandie, et bientôt au Maroc, deviennent charentaises »,  s’insurge sur son blog Philippe Favrelière, ingénieur agricole et expert en aquaculture. « Il y a donc tromperie, ou du moins manque de transparence vis-à-vis des consommateurs, et concurrence déloyale envers les ostréiculteurs qui continuent à produire une huître locale  et qui exploitent et entretiennent les parcs marins des différents "merroirs" sur tout le littoral français. Le problème est là… et pas ailleurs ».   

Tétraploïdes : un risque  pour l’environnement

Les huîtres triploïdes sont obtenues par croisement d’huîtres diploïdes (2 lots de 10 chromosomes), avec des huîtres tétraploïdes (4 lots de 10 chromosomes) dont le nombre de chromosomes a été doublé par des procédés brevetés par l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer). L’organisme de recherche public vend ses tétraploïdes aux écloseries qui doivent les détruire ou les restituer à l’Ifremer après utilisation. La fuite des tétraploïdes dans le milieu naturel serait une catastrophe écologique car ces super-géniteurs femelles pourraient se reproduire avec des huîtres diploïdes « sauvages » et donner naissance à des huîtres triploïdes donc stériles. En outre, la disparition des naissains de captage naturel rendrait les ostréiculteurs entièrement dépendants des écloseries.  Problème : le brevet d’obtention des huîtres tétraploïdes détenu par l’Ifremer expire cette année. Il pourrait donc échoir à des entreprises privées. Pour éviter ce scénario à la Monsanto, le Comité national de conchyliculture (CNC) envisage de se porter acquéreur du brevet.

Florence Humbert

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Maladie de l'huître. Espoir de solution... au Mans

Illustration extraite du document en ligne : Biovadia par Jean-Luc Mouget

Au pays des rillettes, un enseignant-chercheur s'intéresse depuis près de vingt ans à la micro-algue Haslea ostrearia. La marennine, pigment qu'elle secrète, pourrait renforcer la défense des mollusques.

Source : Ouest France par Thierry Ballu.

À la station Ifremer de Bouin et l'université de Nantes en passant par Vannes, la Grande-Bretagne, les États-Unis, sans oublier le Canada, l'Australie, l'Ukraine ou la Grèce, ils sont nombreux à tenter de mieux comprendre le comportement de l'Haslea ostrearia. Cette micro-algue fabrique un pigment capable de verdir les branchies des huîtres de Marennes-Oléron ou d'ailleurs. Mais l'enjeu va désormais au-delà d'une simple plus-value commerciale les soirs de réveillon...

« Le fruit de l'histoire »

La marennine, pigment en question, pourrait avoir des vertus protectrices ou thérapeutiques. « Elle a des propriétés antioxydantes et antiprolifératives. Son activité antimicrobienne contre les virus et les bactéries a pu être démontrée en laboratoire », expose Jean-Luc Mouget, coordonnateur du projet Pandha (Propriétés antimicrobiennes d'Haslea ostrearia) orchestré à partir du Mans.

Que la recherche sur les algues passe par la capitale de la Sarthe, davantage connue pour ses rillettes que ses huîtres, ne manque pas de surprendre à brûle-pourpoint. « C'est le fruit de l'histoire. Lorsque l'université du Maine a pris son essor, la première unité de biologie est venue de Caen. » Nettement plus proche de la mer...

Jean-Luc Mouget a posé son sac au Mans en 1996. Il a consacré une partie de son temps à mieux cerner l'étonnante micro-algue et sa reproduction en particulier. Première découverte, l'Haslea ostrearia n'est pas du tout un enfant unique dans la lignée des diatomées (micro-algues), comme on l'a cru longtemps. Elle a des soeurs aux caractéristiques différentes. « Nous nous en sommes rendu compte quand un collègue ukrainien a envoyé un échantillon de la mer Noire. »

Depuis 2013, le programme Pandha, soutenu par la Région des Pays de la Loire et le programme Biovadia, soutenu par l'Europe (1), aident à mieux cerner la structure chimique exacte de la molécule. « Ce n'est pas un lipide, peut-être un glucide complexe ou un polyphénol », indique le chercheur manceau. Avec d'autres et notamment son jeune collègue Romain Gastineau, qui a réalisé une thèse sur les Haslea, le chercheur manceau tente de décrypter les secrets de la micro-algue et de son pigment.

Des questions demeurent

Pourquoi apparaît-elle régulièrement dans un bassin et pas dans un autre ? Pourquoi la marennine peut-elle stopper voire tuer certaines bactéries ou certains virus, mais pas d'autres ?... Il reste pas mal de questions sur la paillasse. « Il faudrait mettre le paquet pour vraiment aboutir », prévient Jean-Luc Mouget. L'enjeu le mérite et la piste est plus que sérieuse : « Une équipe canadienne a déjà démontré l'efficacité du pigment pour protéger les larves de moules contre une bactérie marine du genre Vibrio. Un des agents pathogènes impliqués dans les mortalités estivales de l'huître creuse. »

(1) Pour le programme Pandha, la Région a donné 42 570 €. L'Europe a mis 186 500 € pour Biovadia (Biodiversity and valorisation of blue diatoms).

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Surveillance de la mortalité des coquillages : 2015, année de transition


Évolution de la surveillance de la mortalité des mollusques : dispositif mis en œuvre en 2015, année de transition.

Note de service de la Direction générale de l'alimentation - DGAL/SDSPA/2015-350 - 14/04/2015
 
A télécharger Ici

L'objet de cette note de service est de présenter la procédure à suivre en 2015 par les DDTM lors de signalement de hausses de mortalité de mollusques, et dans l'attente d'une révision intégrale du dispositif de surveillance. Le dispositif effectif en 2015 repose sur une surveillance événementielle (constat de hausse de mortalité) et s'appuie sur les différents réseaux existants jusqu'alors pour les différentes espèces de mollusques, REPAMO, RESCO et MYTILOBS, et soumis à quelques adaptations qui sont présentées dans cette instruction.

Contexte

Suite à la rencontre avec les acteurs de la filière conchylicole en Charente le 14 février 2014, le directeur général de l'alimentation a confié une mission portant sur l'amélioration de la situation zoosanitaire en conchyliculture à Monsieur Philippe Vannier, ancien directeur de la santé animale de l'Anses. L'objectif était d'identifier les difficultés à faire progresser la connaissance relative aux différents épisodes de mortalités massives conchylicoles d'une part, de retranscrire les attentes de la profession vis-à-vis des instances de recherche et de surveillance ainsi que des services de l'Etat, d'autre part.

Le rapport, remis en septembre 2014 et basé sur des rapports et productions antérieures ainsi que des entretiens avec les différents acteurs, fait notamment état d'une inadéquation entre les productions du dispositif de surveillance des mortalités REseau de PAthologie des Mollusques (REPAMO), et les attentes des différents partenaires de la surveillance.

Si l'intégralité du dispositif doit être revue en concertation avec l'ensemble des partenaires de la surveillance, et sous l'égide d'un coordinateur national tel que le recommande M. Vannier dans son rapport, le plan d'action n'est pas opérationnel à ce jour. Pour autant, le dispositif de surveillance basé sur le REPAMO tel qu’utilisé jusqu'à présent ne paraît plus envisageable au regard des ressources disponibles allouées à la surveillance des coquillages marins.

La détection précoce des infections exotiques et l'identification rapide des infections émergentes apparaissent comme l'objectif prioritaire de la surveillance de la santé des mollusques marins, afin d'en limiter la propagation.
Aussi, il nous apparaît important de faire évoluer, a minima, le dispositif de surveillance pour cette année 2015 de transition, de façon à ce qu'il soit fonctionnel sur l'ensemble du territoire.


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1 juin 2015

Merci Professeur Puyt (1)

Merci pour cette expertise, pierre d’angle du renouveau d’une conchyliculture nationale durable

Jean-François Le Bitoux

Résumé - Le rapport d’expertise du Prof. J.D. Puyt sur l’étiologie des mortalités qui ont affecté certaines productions ostréicoles françaises en 2008 et 2009 est un véritable « OVNI » dans le débat national, un rapport « hors normes » et c’est ce qui en fait l’originalité à plus d’un titre. Il combine une approche scientifique, zootechnique, vétérinaire, historique, anthropologique, comptable et juridique qu’on ne retrouve nulle part, même si le document disponible est incomplet, sans les annexes. Il révèle l’importance d’un paramètre oublié, l’épidémiologie qui régule tout écosystème, domaine complexe qui contient les clefs d’une activité durable, indispensable pour neutraliser l’évolution « naturelle » de pathologies émergentes dans les élevages en phase d’industrialisation.

Rapport d'expertise judiciaire (Jean-Dominique Puyt) (*) : A télécharger Ici ou

Si cette série de billets n’avait eu qu’une seule raison d’être, ce serait de remercier le professeur J.D. Puyt pour son travail d’expertise et de réflexion vétérinaire en réponse à la plainte posée par l’Association Ostréiculture Traditionnelle (O.T.) contre « le reste du monde ostréicole français », la Profession, la Recherche et l’Etat. Il n’est pas sûr que ses conclusions agréent qui que ce soit mais l’impact des lois de l’épidémiologie devra être pris en compte pour sortir de l’impasse où les trois partis se trouvent. « C’est la vie ! » qui réserve des bonnes et de moins bonnes surprises.

Cette réflexion est présentée dans un cadre juridique qui impose une  présentation spécifique et qui même incomplète puisqu’on ne dispose pas des annexes, lui donne une tonalité et une considération très particulières, uniques. Rédigé comme un article de revue scientifique, ce travail ne pouvait pas avoir le même impact. Merci donc à l’O.T. pour avoir su trouver le bon angle pour obtenir des réponses pertinentes à des questions en suspens depuis longtemps car dérangeantes.

Le silence qui accompagne la publication de ce document peut s’expliquer par le choix des partis de conserver leurs arguments pour le procès mais ce faisant la situation ne s’arrangera pas d’elle-même. Ce silence peut aussi indiquer que le fond du problème reste incompris de la majorité et je me propose d’en éclaircir quelques thèmes même si un livre entier ne suffirait pas à expliciter les situations vécues et les arguments utilisés par les parties impliquées.
Cette expertise constate l’absence d’études épidémiologiques sérieuses dans les programmes de recherche. En fait ce que constatent ces trois confrères – J. D. Puyt, P. Vannier, autre épidémiologiste, P. Nicolas « sapiteur virologue » de l’expertise – c’est que Profession, Recherche et Administrations « tournent en rond ». Ils sont dans une impasse faute d’une meilleure appréciation épidémiologique des lois qui régulent toute vie en élevage, faute d’avoir oublié le concept « d’écopathologie » né à Ploufragan dans les années 1980/90. Il faudra pour en sortir faire machine arrière et retrouver l’aiguillage qui rendra la gestion d’un élevage saine et durable, de l’intérieur comme de l’extérieur. Je ne doute pas que ce travail soit la pierre angulaire d’un assainissement des écosystèmes aquatiques en général car les pathologies conchylicoles et les proliférations d’algues toxiques obéissent aux mêmes lois épidémiologiques....

Suite : Merci Professeur Puyt (1)

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Le 29 Mai 2015

L’accrétion minérale : un moyen électrique de sauver les huîtres de l’acidification des océans


L’atmosphère de notre belle planète bleue est malheureusement de plus en plus chargée en CO2, principalement à cause de l’activité humaine. L’océan absorbe une partie de ce gaz à effet de serre pour rétablir l’équilibre. Des problèmes apparaissent alors dans l’hydrosphère, tels que la diminution du pH de l’eau, phénomène communément appelé acidification des océans. La chimie de l’eau étant bouleversée, les ions carbonates CO32- dans la mer deviennent moins disponibles pour des réactions chimiques (CO32 + CO2 + H2O _ 2 HCO3-), ce qui nuit à la formation de calcaire chez certains organismes marins, comme les huîtres. Dans la littérature scientifique, on dit que le procédé d’accrétion minérale pourrait créer un phénomène chimique pouvant pallier ce problème. L’expérience effectuée consistait à introduire un système d’accrétion minérale dans l’eau, soit un système dans lequel circule un faible courant, afin d’évaluer son effet sur la croissance des huîtres. Des huîtres ont été soumises à une intensité de courant de 500 μA et d’autres à une intensité de 1000 μA, et leur taux de croissance a été comparé à celui d’huîtres témoins. Des résultats concluants ont été observés pour les huîtres en présence d’un système d’accrétion minérale, notamment en ce qui concerne la largeur. Les huîtres ont grandi de 1,51 mm et 1,70 mm respectivement pour l’intensité de 500 μA et de 1000 μA, et ce, en seulement trois semaines. Pour les huîtres témoins, il n’y a pas eu de croissance. Source: Acfas
 
L'électricité pour pallier les effets de la pollution chez les huîtres

Trois étudiantes en Sciences de la nature au Cégep de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (campus des Îles) ont démontré que l'introduction d'un faible courant électrique dans l'eau peut aider les huîtres à former leur coquille. La méthode permettrait de contrer les effets négatifs de l'acidification des océans.

Source : Radio Canada

Geneviève Boudreau, Audrey Bourgeois et Pascale Cyr ont présenté leur travail intitulé « L'accrétion minérale : un moyen électrique de sauver les huîtres de l'acidification des océans » au congrès de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS), cette semaine, à Rimouski.

La technique de l'accrétion minérale permet d'attirer des ions de carbonate qui pourront s'associer à leur tour avec des ions de calcium, ce qui va aider la coquille à se recouvrir plus facilement de sa croûte minérale. Ces deux particules sont présentes en abondance dans l'eau de mer. Leurs mesures ont démontré que les coquilles avaient grossi 19 fois plus rapidement que la normale.

Cette méthode est déjà utilisée pour la production des huîtres chez les industriels américains, mais aussi en Australie, sur les récifs coralliens.

Les huîtres vulnérables à l'acidification des océans

L'étudiante Audrey Bourgeois explique que l'acidification des océans, qui est une problématique mondiale, a des répercussions néfastes sur la croissance des huîtres.

« On émet trop de CO2 dans l'atmosphère. Il se retrouve ensuite dans l'océan et ça a de nombreux effets négatifs. Entre autres, ça fait diminuer le pH de l'eau et les huîtres ont plus de difficulté à former leur coquille. Elle peut même être dissoute. » — Audrey Bourgeois

L'étude a été effectuée en collaboration avec le centre collégial de transfert technologique Merinov du Cégep de la Gaspésie et des Îles. Les trois étudiantes affirment qu'elles seraient heureuses de voir Merinov poursuivre l'expérience.

Par ailleurs, la recherche des trois étudiantes leur a permis de se qualifier à la finale des prix étudiants de l'Association pour la recherche au collégial.

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Le 23 Mai 2015

Dans Ostrea.org :  L’huître triploïde : authentiquement artificielle



Pour en savoir plus et réagir à la sortie de ce documentaire dans Ostrea.org

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GROBEST : La maladie des élevages de crevettes EMS est le résultat d’une course à la production d’aliments toujours moins cher.



Billet 1 de Jean-François Le Bitoux

avec en ligne de mire la journée consacrée à l'huître au Sénat, le 10 juin 2015 : Regards croisés sur l'ostréiculture : Quels enjeux pour demain ?

GROBEST : La maladie des élevages de crevettes EMS est le résultat d’une course à la production d’aliments toujours moins cher.

De nouveaux cas sont inévitables mais une meilleure qualité d’intrants contribuera à limiter la casse estime la direction de Grobest, géant asiatique de fournitures et d’aliment aquacole.

Ce titre parle de lui-même ! La maladie EMS (Early Mortality Syndrome) est une maladie émergente hautement pathogène déterminée en 2013 provoquée par une nouvelle souche de Vibrio particulièrement virulente, qui détruit des élevages intensifs un peu partout dans le monde. Elle a débuté en Asie et semble poursuivre ses méfaits en Amérique Centrale  mais il existe des zones moins affectées. C'est une "peste moyenâgeuse" nouvelle qui fait peur à tout éleveur, à juste titre.

J’en profite pour signaler qu’en Equateur l’usage de postlarves pêchées dans le milieu naturel est dorénavant interdit non pas à cause de prélèvements indus mais parce qu’elles sont naturellement porteuses de souches virales. D’autres éleveurs craignent que ces souches réactivées n’attaquent leurs souches génétiques « nettoyées » c'est-à-dire non porteuses des souches virales connues, après tests PCR. Cette activité économique a donc évolué en moins de 30 ans, avec ses 150.000 ha de bassin rapporte autant de devises que les bananes et fait mieux vivre des dizaines de milliers de travailleurs dans tous les secteurs associés. Les premières postlarves d’écloserie ont été produites en 1980 - sur une technique Cnexo/Ifremer peut-on rappeler - à partir de géniteurs sauvages. La mise en place de souches génétiquement « améliorées », simplement « plus propres », a débuté 15 ans plus tard et leur effet s’est imposé au plan national à partir de l’an 2000. C’est alors  qu’une gestion zootechnique plus exigeante a permis de produire des animaux de 30 à 50 grammes sans crainte de les voir mourir au moindre stress. A partir de là, les éleveurs ont mieux dormi et les exportations nationales ont recommencé à croître : tout va tellement mieux pour tout ce monde...

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Le 22 Mai 2015

Nouvelle-Calédonie : Le naissain voyage !.. Et les mortalités aussi ?

Des millions de naissains d'huîtres pour le parc ostréicole de Dumbéa



Source et reportage : la1ere.fr par Sylvie Hmeun et Nicolas Fasquel

Une cargaison un peu particulière, en provenance de Vendée, est arrivée par avion dans la nuit de mercredi à jeudi: il s'agit de plusieurs millions de naissains d'huîtres, qui vont venir grossir le parc ostréicole de Dumbéa.

Des millions de naissains d'huîtres à destination du parc ostréicole de Dumbéa sont arrivés à Tontouta dans la nuit de mercredi à jeudi.

La précieuse marchandise rejoindra vite une  pouponnière de 50 hectares, placée sous haute surveillance. Bon nombre de naissains ne passeront pas les premiers mois : les professionnels s’attendent à une mortalité d'environ 75%. Le premier lot de cette cargaison d’huîtres est attendu sur le marché pour Noël 2016.

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Le 20 Mai 2015

Regards croisés sur l’ostréiculture : Quels enjeux pour demain


10 juin 2015 au Sénat

Joël Labbé Sénateur du Morbihan organise le 10 juin prochain au Sénat, en collaboration avec l'association "Ostréiculteur traditionnel" :

"Regards croisés sur l'ostréiculture, quels enjeux pour demain ?"



Le nombre de places est limité : Inscription obligatoire avant le 3 juin 2015 par mail : colloqueostreiculture.senat@gmail.com, en précisant vos nom, prénom, fonction, structure.

Contacts:
Cyrielle Simon : 01 42 34 49 61
Karine Grosjean : 06 16 91 56 79


La discrétion des huîtres triploïdes

 Google images : huitre triploide

Représentant un tiers de la production française, les huîtres triploïdes, accusées d’être des crypto-OGM, inquiètent les écologistes, qui demandent au minimum leur étiquetage. Pour le gouvernement, la solution ne semble pas à l’ordre du jour, a sous-entendu le secrétaire d’Etat à la pêche le 12 mai devant le Sénat.

Source : Journal de l'environnement par Romain Loury

Peu connues du grand public, les huîtres triploïdes, surnommées «huîtres des quatre saisons», sont entrées sur le marché au début des années 2000. Disposant de dix lots de trois chromosomes, et non de dix lots de deux chromosomes comme toute huître sauvage diploïde, elles ont l’avantage d’une croissance plus rapide. Théoriquement stériles, elles sont propres à la consommation estivale, contrairement aux huîtres non modifiées, qui deviennent laiteuses en été.

Or ces huîtres triploïdes ne sont pas sans poser plusieurs problèmes, a rappelé le sénateur Joël Labbé (EELV, Morbihan) lors d’une question au gouvernement. Outre un affaiblissement du patrimoine génétique, elles rendraient la profession «fortement dépendante des écloseries, à l'image des agriculteurs par rapport aux semenciers». Se pose aussi un risque pour l’environnement, notamment de stérilisation de l’espèce sauvage. Certains ont par ailleurs noté la concomitance entre leur arrivée et la surmortalité des huîtres, depuis 2008.

Les huîtres triploïdes ne font l’objet d’aucune obligation d’étiquetage, n’étant pas considérées comme des organismes génétiquement modifiés (OGM). Ne recourant d’ailleurs pas à l’introduction de nouveaux gènes, elles n’en sont pas à proprement parler. Ce qui n’empêche pas que certaines de leurs caractéristiques (stérilité, croissance rapide) peuvent laisser songeur, et faire craindre un risque de propagation au milieu naturel.

On peut d’ailleurs s’étonner de la rapidité avec laquelle elles ont pu intégrer le marché, avec assez peu de débat public au goût de certains observateurs. Un phénomène qui pourrait s’expliquer par le fait que leur promoteur n’est pas une entreprise du type Monsanto, mais un organisme de recherche publique, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer).

Triploïdes? Mais comme d’autres!

Interrogé le 12 mai par Joël Labbé, le secrétaire d’Etat chargé des transports, de la pêche et de la mer, Alain Vidalies, a pris la défense des huîtres triploïdes, qu’il juge «complémentaires» des diploïdes –issues d’écloseries ou de captages naturels d’individus juvéniles.

Et l’on est bien loin d’un éventuel étiquetage: Alain Vidalies se dit certes «favorable» à une mention d’origine lorsque le naissain est de provenance naturelle, mais se montre moins disert quant à une appellation «triploïde», certes peu alléchante.

«Il ne s’agit pas d’organismes génétiquement modifiés, car le patrimoine génétique n’est pas modifié. En outre, il existe de nombreux autres organismes triploïdes, dans les céréales, les cultures maraîchères ou fruitières. Chez certains organismes, comme les fruits rouges sauvages, la polyploïdie peut même être naturelle», louvoie Alain Vidalies.

Des huîtres en ICPE

Les huîtres triploïdes sont créées par croisement d’huîtres diploïdes, normales, avec des huîtres tétraploïdes, dont le nombre de chromosomes a été doublé par des procédés brevetés. Or ce brevet, détenu par l’Ifremer, expirera cette année. Jusqu’alors exclusivement aux mains de l’institut public, la production d’huîtres tétraploïdes, reproducteurs fournis aux écloseries, pourra ainsi échoir à des entreprises privées.

«Ce transfert doit être préparé et accompagné, il n’est pas question de laisser cette technologie sans un encadrement adapté», promet Alain Vidalies. D’autant que les huîtres tétraploïdes pourraient, si elles venaient à fuiter dans l’environnement, constituer un danger pour l’espèce.

Pour Alain Vidalies, «la production d’huîtres tétraploïdes par des opérateurs privés en vue de la commercialisation de naissains d’huîtres triploïdes justifie un encadrement réglementaire rigoureux. Cet encadrement est en cours d’élaboration, c’est une priorité forte de mon ministère. Nous y travaillons pour parvenir à une mise en œuvre effective au début de l’année 2016».

Quant au statut des futures entreprises de production d’huîtres tétraploïdes, le secrétaire d’Etat dit penser au dispositif ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement). Pour Joël Labbé, «il faudra prendre le chemin de la clarification et de la réduction des risques: on n’a pas le droit de faire prendre des risques aux milieux naturels. Tout le monde y gagnera, la profession en premier».

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Le 15 mai 2015

Bassin de Thau. Le sénateur Commeinhes débat sur l'huître triploïde


Le sénateur François Commeinhes est intervenu cette semaine lors du débat sur les "Risques inhérents à l'exploitation de l'huître triploïde" initié par le groupe écologiste lors d'une question ouverte avec débat au Sénat. Le sénateur de l'Hérault, donc vous trouverez ci joint le détail de l'intervention, a interpellé le gouvernement et répercuté les préoccupations des professionnels à propos de ces huîtres issues d'écloserie, "dépendants d'un double approvisionnement en naissains", insistant sur le fait qu'un étiquetage spécifique pourrait nuire à la commercialisation du produit alors que rien dans la législation n'impose une telle mention.


Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Mes chers collègues,

Depuis des années, le milieu conchylicole se perd en débats sémantiques et génétiques concernant l’huître triploïde. Stérile, consacrant l'essentiel de son métabolisme à sa croissance, elle possède dès lors une double qualité: l’absence de substance laiteux au cours de la saison de reproduction favorise sa commercialisation tout au long de l'année. Cerise sur le gâteau, sa croissance est  améliorée  de 30 % à 40 %. Inconvénient: l'huître triploïde peut difficilement être considérée comme l'un des derniers produits alimentaires 100 % naturels, à l'instar de certains autres coquillages et crustacés.

Outre la loi d'orientation agricole qui, depuis 1999, confie au Comité  National de la Conchyliculture  la police du marché, un règlement européen de 1997, sur fond de polémique sur les OGM, oblige les Etats membres à mettre en place un dispositif d'étiquetage circonstancié. S'ajoute une directive sur les produits de la mer qui, depuis 1er janvier  2002,  accentue les obligations d’informations sur les conditions d'élevage et de pêche.

A défaut d'être des organismes génétiquement modifiés (OGM), les huîtres triploïdes ne seraient-elles pas, au minimum, biotechnologiquement manipulées? Elles relèveraient alors de la réglementation sur les «novel foods» (nouveaux produits alimentaires), dont la mise sur le marché relève de procédures spécifiques.

Bruxelles a répondu par directive dès 2002 :«Les huîtres triploïdes peuvent se trouver à l'état naturel (sic). Il n'y a pas de justification à des mentions obligatoires particulières. Toutefois, les producteurs, sur une base volontaire, peuvent informer les consommateurs sur leurs caractéristiques.»

La direction générale de l'alimentation (DGAL) du ministère français de l'Agriculture n'est pas  favorable non plus à l'étiquetage obligatoire.

Le débat semble  moins porter sur des questions sanitaires car la «triplo» est sans danger pour le consommateur ou environnementales car seule la tétraploïde de l'Ifremer, fertile, risque éventuellement de se propager dans les parcs que sur la transparence et l’information sur le produit commercialisé.

Pourtant ce secteur nécessite une clarification de ses méthodes de production.  

Afin d’éviter tout risque d’ordre pathologique, génétique ou écologique, les huitres d’écloserie polyploïdes mises en élevage dans les bassins de production devraient être issues de techniques agrées par l’administration et ayant fait l’objet d’une validation scientifique. Les professionnels pourraient engager des démarches auprès des administrations dans ce sens.

Un  schéma de gestion collective de la production d’huitres polyploïdes pourrait être mis en place parrallélement et qui mobiliserait l’ensemble des professionnels du secteur.

Il pourrait avantageusement comporter :
  • un programme pluriannuel de suivi des méthodes d’obtention des mollusques polyploïdes notamment en étudiant les opportunités des brevets de l’IFREMER,
  • un programme à court terme (2017-2020) d’organisation des stocks en élevage d’huitres tétraploïdes en lien avec le CNC, - des moyens permettant d’améliorer  les prescriptions techniques et les cahiers des charges permettant de développer les garanties pour la biosécurité et la biovigilance,
  • un programme de transfert à moyen terme à l’organisation interprofessionnelle des missions actuellement remplies par l’Ifremer pour l’hébergement, la production et la fourniture d’huitres tétraploïdes.

Enfin, sur la question spécifique de l’étiquetage, la demande d’une plus grande transparence sur les méthodes de production semble relever de la fausse bonne idée. Les professionnels français sont en effet dépendants d’un double approvisionnement en naissains et estiment que le recours à un seul d’entre eux aurait largement compromis les ventes d’huîtres ces dernières années, sauf à un prix inabordable ce qui impose de conserver les 2 systèmes :
  • Le captage naturel lorsqu’il est disponible,
  • L’approvisonnement par écloserie.

La distinction « diplo/triplo » pour les huitres issues d’écloseries pourraient amener le consommateur à boycoter ces produits et condamner ainsi toute une profession.

D’ailleurs dans le domaine agricole, de nombreux fruits et légumes (bananes, tomates, pommes de terre ….) sont triploïdes sans qu’un étiquetage spécifique n’ait jamais été envisagé. Ainsi, la clémentine est une mandarine triploïdée (sans pépins, puisque stérile).

Pourquoi réclamer ce type d’information pour les huîtres alors que cela n’est pas appliqué dans les autres secteurs agricoles, ce qui reviendrait à instaurer une sorte de « 2 poids 2 mesures ? Si Un  étiquetage devait cependant être décidé , j’appellerai à une certaine raison et à considérer les intérêts de l’ensemble de la filière conchylicole en privilégiant  les mentions :  « huîtres issues de captage naturel » pour des huîtres qui seront  donc forcément diploïdes ; et « huîtres issues d’écloserie » pour des huîtres qui pourront donc être diploïdes ou triploïdes.

François COMMEINHES - Sénateur de l'HERAULT (15-05-15)


Etang de Thau : face au virus tueur, de nouvelles pratiques

 Copie d'écran Google images : huître Etang de Thau

Depuis 2008 et les premières mortalités, la profession a adopté d’autres rythme d’élevage.

Source : Midi Libre

Les producteurs ont renoncé à “ensemencer” au printemps. Et limitent les dégâts.

Les remèdes miracles ont déserté les écrans radars. Depuis plusieurs mois déjà, plus ou peu de rumeur de tel ou tel producteur qui aurait trouvé la solution pour contrer l'herpès virus. Et la garderait pour lui. Chacun a plutôt appris à faire avec le virus tueur, en adaptant sa façon d'élever les huîtres. Aussi, si le fameux herpès tue toujours des quantités considérables d'ostrea gigas, le tonnage d'huîtres produit sur le bassin, qui s'était effondré en 2008-2009, est reparti la hausse (au rythme de plus 300 tonnes par an). Et on parle beaucoup moins des mortalités qui ont fait couler tant d'encre depuis 2008.

Les clefs de cette reconquête entamée par les producteurs ? Des pratiques d'élevage différentes, et notamment le fait que ces derniers “n'ensemencent” plus au printemps, période où (du fait de la hausse des températures ?), le virus est le plus virulent. Les ostréiculteurs achètent de petites huîtres, de 6 mm, qu'ils ne mettent en production qu'à la fin de l'été. Et il semble que la situation s'améliore : "Des huîtres meurent, mais beaucoup moins qu'avant. Il semblerait qu'elles aient développé une petite résistance", explique Didier Aspa, producteur et élu mézois délégué à la conchyliculture. Mieux : sur des huîtres de 18 mois issues non d'écloseries mais du milieu naturel, en Atlantique, puis élevées dans l'étang de Thau, le producteur mézois n'a déploré aucune perte !

Du reste, selon lui, les écloseries ont aussi revu leurs protocoles : "Elles daignent à nouveau mélanger les huîtres et semblent avoir abandonné leur sélection sur le seul critère d'une rapidité de “pousse”." Au mois de juillet, Didier Aspa achètera en écloserie des huîtres de 6 mm qu'il collera sur cordes en octobre, avec l'espoir que le léger mieux entrevu cette année se confirme. À défaut, il enrichira encore "la connaissance empirique qui fait que la conchyliculture reste une aventure."

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Journée studieuse pour les ostréiculteurs à Agon-Coutainville


Le 12 mai 2015, à l’initiative du Comité Régional de la Conchyliculture Normandie Mer du Nord, les conchyliculteurs normands étaient invités à s’exprimer sur les enjeux actuels de leur profession et leur vision de l’avenir.

Une quarantaine de professionnels ont répondus à l’appel de cette Journée Ostréicole Normande, en présence de Stéphane Travert - Député de la Manche et de Louis Teyssier - Président du comité régional de la conchyliculture Normandie / Mer du Nord

Le matin était consacré à des échanges de vue avec des experts scientifiques.

L’après-midi était dédié à deux ateliers : l’un portait sur la production des huîtres et l’autre sur leur commercialisation.

D'après un article du Smel

Lire les réactions sur Ostrea.org

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Un cru irlandais dans la Manche

La famille ostréicole Hélie complète sa gamme de fines et de spéciales élevées à Saint-Vaast-la-Hougue (Manche) avec un cru irlandais commercialisé sous la marque Ostre’Emeraud. Produite dans la baie de Dungarvan, au sud-est de l’Irlande, cette huître creuse bien charnue est une spéciale, qui vient d’être lancée au printemps.

Source : pdm-seafoodmag

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Pectiniculture

Méditerranée : vers une filière d’élevage de coquille Saint-Jacques

Les conchyliculteurs de Méditerranée, le Cepralmar et l’université de Montpellier mènent des tests depuis trois ans pour créer une nouvelle filière d’élevage : la coquille Saint-Jacques. L’objectif est de diversifier leurs activités. Plus d'informations dans le marin



Thau : Saint-Jacques et pétoncles au secours d’une économie

L’'herpès virus tue les huîtres, les daurades mangent les moules. Collectivités, professionnels et université ont peut-être trouvé une parade : la diversification des cultures marines.

Source : Midi Libre par Patrice Castan

Évoqué à demi-mot depuis des années, le sujet n'a pas fait l'objet de grandes campagnes de com'. Peut-être parce que justement, c'est du sérieux. Du très lourd, même. Et que si le projet arrive à son terme, il ouvrira de telles perspectives qu'il n'aura pas besoin de publicité pour avoir un large écho dans le monde conchylicole, et au-delà. Imaginez plutôt : après l'huître de Bouzigues, la moule de Thau ou de pleine mer, les mareyeurs, les étals, les restaurants (les grandes surfaces ?) pourraient à terme proposer pétoncles noires (les fameuses et trop rares pachelines) et même coquilles Saint-Jacques de Méditerranée élevées in situ. Des pectinidés qui atteindraient leur taille commercialisable en milieu naturel, dans les filières en mer (au large des Aresquiers ou encore entre Sète et Marseillan), entourés des soins des conchyliculteurs locaux. Le made in (sud de) France rejoindrait ainsi la logique du zéro kilomètre et une sacrée garantie de fraîcheur...

"Les producteurs ne veulent plus mettre tous leurs œufs dans le même panier"

Le début de “l'affaire” date de 2008. Cette année-là, la conchyliculture régionale subit deux fléaux concommittents : la prédation des moules par les daurades (qui va toujours bon train) et une surmortalité des huîtres du fait d'un virus qui a depuis fait parler de lui : le fameux herpès. En relation avec le Comité régional conchylicole (ou CRC, sis à Mèze), le Cépralmar (1) interroge alors une centaine de professionnels sur leurs idées quant à une sortie de crise : "Plus d'un tiers des conchyliculteurs consultés nous ont confié que pour s'en sortir, il ne faudrait plus, désormais, mettre leurs œufs dans le même panier (élever exclusivement moules et huîtres, Ndlr), explique Érika Gervasoni, chargée des cultures marines au Cépralmar. "Et quand on leur a demandé à quelles espèces ils pensaient en particulier, ils ont immédiatement parlé pétoncles et Saint-Jacques."

Les géniteurs mis au défi

Après une première tentative infructueuse (l’émission de larves a bien eu lieu mais elles ne se sont pas fixées sur les supports) ont été programmés cette année trois essais de pontes. Il s’échelonneront entre mai et juillet, les Saint-Jacques étant plongées dans des bassins de températures différentes. Aujourd’hui, à la station de La Plagette, les géniteurs ("à un stade de la ponte") sont comme des coqs en pâte. Plongés dans une eau de qualité marine, par ailleurs filtrée, ils sont nourris d’"un cocktail de trois algues marines de grosseurs et de qualité nutritives différentes". Suite aux chocs thermiques programmés, ces pecten jacobeus devraient produire spermatozoïdes, puis ovules, récupérés en vue d’une fécondation provoquée. Les larves entreront ensuite en micro-nurserie, puis en nurserie (en mer ou en étang) avant la phase de grossissement (sur les filières en mer). Empirique, vous direz-vous. Pas tant que ça. N’oublions pas que c’est à la station de Sète qu’au début des années 1970 fut maîtrisé pour la première fois le cycle biologique complet d’un poisson marin. C’était celui du loup de Méditerranée. Et c’était une première mondiale.

L'élevage de pétoncles noires en filières est déjà possible

Deux pistes étaient dès lors ouvertes, auxquelles s'attelaient Cépralmar, CRC, Comité des pêches et Osu-Oreme (2), sous le nom de code “Coqmed” pour la partie consistant à étudier la faisabilité de la reproduction de la pecten jacobeus, la Saint-Jacques de Méditerranée. "Pour l'élevage, la base, ce sont les juvéniles, rappelle Érika Gervasoni. Et pour les obtenir, il n'y a que deux solutions : soit les acheter en écloserie, soit les “capter” dans le milieu naturel." Dès 2012, des coupelles, collecteurs en PVC, étaient ainsi immergés en mer et dans l'étang afin de récolter les précieux juvéniles. Or, si ces derniers s'avéraient être bien rares en lagune, ils étaient plus nombreux autour des filières en mer, sur des fonds de 15 à 30 m. Là, le captage de pachelines (la pétoncle noire) fonctionnait à plein. À tel point que, deux ans après, un conchyliculteur de Vendres élève déjà ses propres pétoncles sur la base de juvéniles captés en mer, puis élevés en filière.

50 Saint-Jacques adultes bichonnées à La Plagette

Pour la coquille Saint-Jacques, l'affaire est plus corsée. Vu les résultats décevant du captage en mer, une autre option s'imposait, et le programme Coqmed voyait le jour, d'abord concrétisé par la création d'une petite écloserie expérimentale dans les locaux de la station de biologie de La Plagette. Là, une cinquantaine de géniteurs adultes, prélevés en mer, sont depuis invités, de mars à mai, à “faire leurs pontes”. Le reste du temps, ils sont rapatriés dans les filières. "Pour obtenir des juvéniles de Saint-Jacques issues de nos côtes, le protocole est le même que celui qu'appliquent les écloseries de Bretagne, détaille encore Érika Gervasoni. Sauf que ce sont deux espèces bien différentes." Heureusement, en terme de cultures marines, le secteur ne manque pas de ressources. Humaines, celles-là. Notamment du côté de La Plagette, à Sète, où Claude Amiel - il fut notamment responsable des formations à la “station de biologie” - a pris en main nos petits pensionnaires dans l'écloserie expérimentale créée pour l'occasion.

Les “patchelines” d'élevage vendues plus de 10 € le kilo

Si ses équipes parviennent à maîtriser la reproduction de ces Saint-Jacques, c'est ensuite en pearl-nets (lanternes suspendues, un contenant très solide hélas pas adapté à l'élevage de moules) qu'elles grossiront ensuite aux filières, à l'abri des attaques des redoutables daurades. Enfin, à taille commercialisable (10 cm environ), on estime que ces Saint-Jacques de Méditerranée pourraient être écoulées entre 4 et 8 € le kilo (même si les marchés restent à préciser. D'ores et déjà, les pachelines (pétoncles noires) élevées à Port-Vendres trouveraient preneur à plus de 10 €. Une petite révolution est peut-être en marche.

(1) Émanation de la Région, le Cépralmar est le Centre d'études et de promotion des activités lagunaires et maritimes. Il est présidé par le Sétois André Lubrano, également questeur du conseil régional. Ses actions concernent autant les élevages marins que la pêche.
(2) Le Creufop désigne l'ancien Centre régional universitaire de

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Ranching in Scotland brings hope for scallops future

A new ranching operation in Scotland may be the first sign of hope for the future of King Scallops (Pecten maximus), a valuable commodity in Scotland that has fallen on low volumes from traditional fishing of late.

Scallop ranching in Scotland, A truly sustainable future



Scallops Ranching 4 0001

Grant Campbell

A new ranching operation in Scotland may be the first sign of hope for the future of King Scallops (Pecten maximus), a valuable commodity in Scotland that has fallen on low volumes from traditional fishing of late.

Source : Seafoodsource by Nicki Holmyard Published on Wednesday, April 29 2015

With annual landings of around 8,000 metric tons (MT) worth GBP 16 million (USD 24.5 million), scallops harvested in Scotland make up a quarter of total U.K. landings. However, government figures and anecdotal evidence from fishermen indicate a gradual decline in stocks, while processors report a noticeable reduction in the size of scallops landed, particularly from the northwest coast.

Around 5 percent of the reported catch is fished by commercial divers, who can expect a premium 2 to 2.5 times higher than for dredge-caught scallops.

Check out any high class restaurant menu and you will find they advertise “hand dived” rather than dredged scallops, as the debate continues with environmentalists over their concerns for this type of fishery.

According to Jane Grant, a partner in Scot-Hatch, a new scallop ranching venture, the 500 MT of diver caught scallops landed into Scotland do not come close to meeting current demand, and this low level of production ensures that new markets cannot be explored.

Scot Hatch HQ again



Grant Campbell

Scalllop Ranching

This could be more than a business; it could become a £billion industry. In 40 years, Japan increased Scallop production from 10,000Tonnes to 400,000Tonnes using a Ranching system. Since 2010 we have self-funded the development of techniques to ranch scallops. - Ranched scallops are truly sustainable. We can only take out, what we put in. - No chemicals or antibiotics are used in production - Scallops filter organic material from the sea and actually improve water quality. There are also no feed bills, scallops feed for free in the sea. We see scallop ranching as inevitable; global demand rises whilst wild stocks are depleted. We need the prize money and the Business mentoring because this is a difficult business to raise finance for; it`s long term and unproven in the UK on a commercial scale. Want to make a Bank Manager laugh just before he shows you the door? Present him our Business Plan.
 
We deserve to win because this business has the potential to grow into an industry that could benefit so many people in our coastal communities. Belief and dogged determination is what has kept this project going for the last 5 years. Belief, not only that scallop ranching can work on a commercial scale but belief that scallop ranching is inevitable in the UK . As the global population increases the demand for scallops increases. The wild fishery cannot sustain the ever increasing demand, we need a sustainable alternative and we deserve the opportunity to prove that scallop ranching is the sustainable alternative.

“Scotland’s global reputation for the quality of its seafood, along with our company’s sustainable production methods, mean that ranched scallops are very attractive to consumers, chefs and retailers,” she said.

“In particular, they are consistent in size and quality, which is something that chefs really appreciate, we can harvest them at any time, they are fully traceable, and the production method has low environmental impact.”
Scot-Hatch was set up in 2010, with working partners Jane Grant and Scott Campbell committed to perfecting the technique of scallop ranching, which is not widely practiced in the U.K., but is commonplace in other parts of the world.

“We don’t take anything from the wild. Instead, we produce young scallops in a hatchery, tend them in trays and lanterns suspended on longlines through their juvenile stage, then grow them to market size on the seabed, before harvesting them by diver. It takes 4 to 5 years to produce a 125 to 140 mm scallop, so it’s a real commitment,” she said.

“Ranched scallops are good for the wild scallop fishery because they add to the breeding stock, whilst careful site selection and attention to stocking density leads to increased yields. We have found that the meat content of our ranched scallops is far superior to those taken from the local wild fishery,” said Grant.

A recent visit by French actor and restaurateur Gerard Depardieu who owns the 2 Michelin star restaurant La Fontaine Gaillon in Paris, saw their scallops declared as “magnifique” and “superbe!”

For the past 5 years Scot-Hatch has been working with Norwegian company Scalpro, running commercial scale trials. They now hope to develop their business into a thriving, profitable industry, and to set up their own hatchery, rather than sending scallops to Norway to be hatched.

“This could become more than a business; it could become a GBP billion industry, with the potential to kick-start scallop ranching all over the U.K.!” said Grant.

She pointed out that while salmon aquaculture now flourishes in Scotland, shellfish aquaculture remains a poor relation, and despite boasting an 18,000 km coastline, just 3 kg/km of shellfish is produced.

“It is nothing, compared to China, which produces 434,000 MT/ km from its 30,000 km coastline. And over 40 years, Japan increased its production of the Yesso scallop (Patinopecten yessoensis) from 10,000 MT to 400,000 MT using a ranching system.”

Funding the hatchery has proved to be the major stumbling block, as scallop ranching is unproven in the U.K. on a commercial scale. “Want to make a bank manager laugh just before he shows you the door? Present him with our business plan!” said Grant.

However, Scot-Hatch has now entered a competition run by Sir Richard Branson called "pitch to rich," in which businesses of all types place a pitch on the competition web site and encourage people to vote for their favorite. The top 150 pitches will compete for investment money and mentoring by experts.

“We have come a long way using our own funds. We have a shore site and premises that will enable us to move forward with our plans for the hatchery, and are keen to get things moving. Winning this competition would be such a fantastic opportunity for us, and make all the difference to the future of the U.K. scallop industry,” said Grant.

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12 mai 2015 : Débats en séance publique au Sénat

Risques inhérents à l'exploitation de l'huître triploïde

http://videos.senat.fr/video/videos/2015/video28455.html

M. Joël Labbé, auteur de la question (cliquez sur la photo)

Source : Public Sénat

M. Joël Labbé


Alain Vidalies (Secrétaire d'État auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche)



Mme Agnès Canayer


M. Yannick Vaugrenard




M. François Commeinhes



Huître triploïde : si on continue on va droit « dans le mur » avertit Joël Labbé

Depuis son introduction en 2008, l’huître triploïde a envahi le marché. Les conséquences ne sont pas simplement écologiques puisqu’aujourd’hui, c’est l’ensemble de la filière ostréicole qui est menacée.

Source : Public Sénat par Natacha Gorwitz

En tant qu’élu du Morbihan où l’activité ostréicole est bien installée, Joël Labbé, est directement concerné et le bilan qu’il dresse est sévère. « On est allé trop loin » insiste le sénateur écologiste, alors que dans son département « 40 chantiers ostréicoles ont fermé en six ans ». A son initiative, un débat en séance publique aura lieu cet après-midi au Sénat. Y participera Alain Vidalies, secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’Ecologie, chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche.

« Tout le monde a cru que c’était une aubaine » malgré des signes « préoccupants »

A l’origine, « beaucoup ont trouvé ça intéressant », commente Joël Labbé, et ce pour deux raisons principales. Non seulement, elles sont « consommables toutes l’année », mais sont commercialisables en seulement « deux ans », au lieu de trois pour les huîtres naturelles [Voir Encadré]. « Tout le monde a cru que c’était une aubaine » à quelques ostréiculteurs près qui sont restés fidèles aux modes de production traditionnels, raconte Joël Labbé. De son côté l’élu écologiste admet que dès l’origine, il avait « beaucoup de doutes ».

En fait, dès le départ, on a pu observer de façon « préoccupante » des taux de mortalité très élevés chez les ‘naissains’ – les larves des huîtres toutes confondues, triploïdes ou naturelles. En cause, la présence d’un herpèsvirus (appelé OsHV-1). Quatre ans plus tard, dès 2012, c’est au tour des huîtres ‘adultes’ d’être frappées par une forte mortalité, cette fois du fait de la présence d’une bactérie. Prétendues plus ‘résistantes’ –les huîtres triploïdes sont finalement les plus touchées. En fait, la bactérie existait déjà dans le milieu avant l’arrivée de la triploïde, explique Joël Labbé. Mais, l’arrivée en masse d’une huître plus fragile dans le milieu naturel a exacerbé la prolifération de cette bactérie.

Actuellement, le « paradoxe » signale l’élu écologiste, c’est qu’on est quasiment en situation de « surproduction ». En anticipant des taux de mortalité élevés sur leur production, les ostréiculteurs ont fortement augmenté leur nombre de naissains. Non seulement cela a entraîné « une plus grande pression sur le milieu », mais il s’en est suivi une chute importante des cours en cette fin de printemps. Sur les étales des marchés, les ostréiculteurs ont dû vendre leurs huîtres triploïdes à prix bradé pour écouler leurs stocks. Or, l’histoire ne s’arrête pas là car « il y a très peu de temps » on a découvert que « 13,5% des huîtres triploïdes sont laiteuses » informe le sénateur écologiste.

« Le minimum du minimum, c'est d'informer le consommateur »

Pour Joël Labbé, c’est clair. Si on continue, on va droit « dans le mur ». Le problème est connu depuis plusieurs années mais « on en parle sans prendre de vraies décision ». En fait, l’huître triploïde a été introduite sans qu’il y ait d’étude d’impact, pointe du doigt le sénateur écologiste. D’ailleurs, une procédure est actuellement en cours en cours dans laquelle l’association des ostréiculteurs traditionnels met en cause Ifremer qui possède le brevet pour défaut de prévention. Jusqu’ici, l’établissement qui dépend du ministère de l’Ecologie dément tout lien entre l’introduction de la triploïde et les déséquilibres observés.

Pour le sénateur du Morbihan, « le minimum du minimum » serait d’informer le consommateur en rendant obligatoire « l’étiquetage des produits ». De plus, l’élu écologiste demande qu’on impose la sanctuarisation des bassins naissains afin de séparer les huîtres triploïdes de celles qui sont naturelles.

Ceci dit, Joël Labbé va plus loin. Il défend tout bonnement et simplement l’adoption d’un moratoire sur les huîtres triploïdes, au moins le temps qui soit nécessaire à l’étude de ses conséquences sur le milieu. L’élu écologiste en est conscient, « on s’attaque à une grosse machine » admet-il de ses vœux. Le 10 juin prochain, à son initiative « tous les éléments de la chaîne» se retrouveront autour de la table pour en débattre, à l’occasion d’un colloque au Sénat. L’enjeu c’est de « sauver la filière ostréicole » et « d’assurer l’équilibre du milieu naturel » souligne Joël Labbé.

S’il n’exclut pas la soumission d’une proposition de loi, de nouvelles dispositions pourraient être introduites par amendement au projet de loi biodiversité. Adopté en première lecture par les députés au mois de mars, le texte présenté par la ministre de l’Ecologie débutera au mois de juin au Sénat.

Bassin d'Arcachon : qu'est-ce qu'une huître triploïde ?


Ce dimanche vous allez peut-être manger des huîtres triploïdes. Ces coquillages, conçus en laboratoire, ont l'avantage de ne pas être laiteux et de grandir plus vite que les huîtres naturelles. Mais pour certains puristes les triploïdes n'ont rien a faire dans nos assiettes car elles s'apparenteraient à des OGM. Des ostréiculteurs "traditionnels" ont saisi la justice.

Source : France Bleu Gironde par Stéphane Hiscock, France Bleu Gironde - Dimanche 18 janvier 2015

30 % des huîtres commercialisées en France sont des triploïdes 

Vous l'avez peut-être remarqué dans vos assiettes : cette année au réveillon les huîtres étaient plus grosses que d'habitude. Il semblerait que les ostréiculteurs aient un peu de mal à contrôler la croissance des coquillages. En cause : l'huître triploïde conçue en laboratoire. Son avantage : elle grandit plus vite que les autres et surtout elle n'est jamais laiteuse.

Des huîtres non laiteuses

Quelque 30 % des huîtres produites en France aujourd'hui sont des triploïdes. Seule différence avec leurs cousines naturelles, elles possèdent un chromosome en plus et sont stériles. Développé depuis 15 ans dans les labos d'IFREMER (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer), ce coquillage répond clairement à une demande des consommateurs. Été comme hiver, nous souhaitons les déguster non laiteuses.

Techniquement ce n'est pas un produit OGM. Les scientifiques n'ont pas touché à son génome mais de nombreux consommateurs aimeraient que ces triploïdes fassent l'objet d'un étiquetage particulier.

Une huître plus fragile selon les ostréiculteurs "traditionnels"

Certains ostréiculteurs refusent toujours d'en commercialiser. Une association de producteurs traditionnels vient d'ailleurs d'assigner IFREMER devant la justice. Pour eux la triploïde représente une menace pour la biodiversité. Ils estiment que cette huître est plus fragile que les autres et que sa croissance est difficilement contrôlable. Pourtant, selon Jean-Pierre Baud responsable conchyliculture à IFREMER, la triploïde ne pourra jamais appauvrir le capital génétique de l'huître naturelle. Et pour cause : elle est stérile.

Sur le Bassin d'Arcachon les ostréiculteurs constatent que l'huître triploïde est plus fragile face aux virus mais qu'elle a rendu un grand service aux producteurs quand le nombre de naissains (bébés huîtres) a dramatiquement baissé il y a quelques années de cela. Pour Olivier Laban, président des ostréiculteurs d'Arcachon, la triploïde a permis de sauver des centaines d'emplois.

"Les plus belles huîtres, celles qui récupèrent des médailles au concours agricoles et que l'on retrouve sur les meilleurs tables de France jusqu'à l'Élysée sont des triploïdes."
– Olivier Laban

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Le 12 Mai 2015

Huîtres triploïdes : Attention ! Crash d'un 3e Airbus...

Le 24 mars 2015, en séance publique du Sénat, Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, n'avait pu poser sa question au Ministre de l'Ecologie "Crise du secteur ostréicole et exploitation des huîtres triploïdes". Ségolène Royal était alors mobilisée autour du crash suicidaire de l'Airbus dans les Alpes.

Un autre Airbus s'est écrasé depuis...

Ce mardi 12 mai, à 17 h 30, Joël Labbé tentera à nouveau de poser sa question orale sur les huîtres triploïdes, non pas à Ségolène Royal, mais à son Secrétaire d'Etat au transport, Alain Vidalies. Ce dernier ne manquera pas d'expliquer qu'en matière d'Airbus, il ne faut jamais dire " jamais deux sans trois". Sans quoi, nous pourrions assister à un troisième crash au Sénat et Joël Labbé n'aurait toujours pas la réponse à son interrogation sur les huîtres triploïdes...

Question orale avec débat n° 0010A de M. Joël Labbé (Morbihan - ECOLO)
publiée dans le JO Sénat du 05/02/2015 - page 223

Crise du secteur ostréicole et exploitation des huîtres triploïdes

M. Joël Labbé attire l'attention de Mme la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie sur l'exploitation de l'huître triploïde, variété développée et brevetée par l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (IFREMER).

Deux types d'huîtres creuses sont, en effet, produites et commercialisés aujourd'hui, sans distinction : les huîtres diploïdes, nées en mer, et les huîtres d'écloserie. Parmi ces dernières, les huîtres triploïdes, parfois appelées « huîtres des quatre saisons » et issues d'une manipulation biologique, prennent de plus en plus d'importance sur le marché, représentant au moins 30 % à 40 % de la production française. Présentées avec beaucoup d'avantages (notamment une durée de production moindre), ces huîtres contribuent cependant à l'affaiblissement du patrimoine génétique, du fait des sélections intensives réalisées. Leur production rend, en outre, la profession fortement dépendante des écloseries, à l'image des agriculteurs par rapport aux semenciers. Les professionnels ayant choisi de poursuivre la culture de l'huître traditionnelle dénoncent, d'une part, la concurrence déloyale qu'ils subissent en raison de la commercialisation plus rapide des huîtres triploïdes et, d'autre part, le risque de contamination du milieu naturel en quelques générations. Leur combat pour un étiquetage différencié se heurte à la réglementation européenne en vigueur : l'huître triploïde échappant à la réglementation des organismes génétiquement modifiés (OGM) et n'étant pas non plus considérée comme un « nouveau produit alimentaire » par l'Europe, aucun étiquetage spécifique n'est imposé.

Sur fond de crise majeure du secteur ostréicole, confronté à de fortes surmortalités ces dernières années, la mise en place d'un moratoire concernant les triploïdes a souvent été avancée mais est restée sans effet jusqu'ici. Cette exploitation d'huîtres triploïdes soulève, aujourd'hui, plusieurs interrogations : privatisation du vivant, impacts environnementaux et conséquences sur la biodiversité, traçabilité sur l'origine et le mode de production des huîtres, transparence pour le consommateur.

Il souhaite connaître les mesures mises en place par le Gouvernement pour éviter une contamination des variétés sauvages et préserver la diversité génétique des huîtres nées en mer, ainsi que les mesures envisagées afin de garantir la transparence sur les étalages pour le consommateur.

En attente de réponse du Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie

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Conchyliculture

Un rapport pointe l'immobilisme à enrayer la propagation des pathogènes








Maladies des coquillages : à quand l’action ?

Comment limiter la propagation des pathogènes d’un élevage conchylicole à l’autre, et limiter ainsi les pertes ? Un énième rapport rabâche des solutions maintes fois préconisées, et dénonce l’immobilisme de l’État et de la profession. Mais ça n’est pas si simple. 

Suite dans le marin

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L'huître, bientôt un produit de luxe ?

France revient vendredi 8 mai sur le secteur de l'huître qui a connu une forte chute de la production ces dernières années en raison de maladies qui ont décimé les larves.


Source : France 2  (France 3)

Miser sur le haut de gamme, c'est la solution pour faire face à la crise de la mortalité des huîtres. "Jusqu'à 60% de perte ces dernières années", note la journaliste de France 3. Chaque jour, David Hervé veille sur ses parcs à huîtres à Ronce-les-Bains (Charente-Maritime). Cet ostréiculteur produit des huîtres d'exceptions. Pour obtenir la qualité recherchée, il a réduit d'un tiers le nombre de coquilles par poche. En les retournant fréquemment, il ralentit leur croissance.

Produire moins, mais avec une meilleure qualité

Après trois ans en mer et huit mois d'affinage en eau claire, ces huîtres sont notamment vendues au restaurant L'Huîtrade, à Paris. Mais la dégustation à un coût. L'huître est vendue autour de 10 euros la pièce. Les fins gourmets apprécient le voyage. L'huître s'exporte partout dans le monde sur les grandes tables. "Un nouveau marché pour le luxe français", conclut la journaliste.

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Le 11 mai 2015

Etiquetage des huîtres : les débats s'animent sur Ostrea.org

Les débats s'animent sur Ostrea.org à l'approche du colloque sur l'ostréiculture qui se tiendra le 10 juin 2015 au Sénat... 

Un colloque sur l’avenir de l’ostréiculture où sont conviés de nombreux scientifiques et représentants de la profession. L’objectif sera notamment de faire avancer la réglementation ostréicole. 

Le sénateur Joël Labbé tente de mettre la lumière sur un problème qui n’est pourtant pas récent et tient à rappeler que « les consommateurs sont au cœur du débat ». L’huître triploïde échappant à la réglementation des OGM, et n’étant pas non plus considérée comme un « nouveau produit alimentaire » par l’Europe, aucun étiquetage spécifique n’est imposé.

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8 mai, 17:54

Encore du grand n’importe quoi , quelques crétins arriérés vont tenter de faire chiez les mecs qui bossent sous pretexte de faire une huitre traditionnelle qui il l’oublie a été importée massivement dans les années 70 sans aucun controle ; laissez moi rire avec vos montagnes de plastique posées si vous trouvez cela naturel alors chapeau

Tous les commentaires sur ostrea.org : Mortalités des huîtres : actions

Extrait sur Ostrea.org

3 mai, 21:11

La nouvelle-zelande et l’australie sont touchés par l’herpes depuis 2010. Ils ont mis en place restriction de mouvement de huitres et du matériel. Limitant ainsi la propagation de la maladie. Chose que l’on a été incapable de mettre en place en France depuis 91. On refait la même avec asterianus. On est vraiment trop con.

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    4 mai, 15:26

après être venu en formation en France ! ils ont commencé la triplo au même moment ...!!

sommes nous vraiment trop con ... ?
   
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    4 mai, 20:05

    T’inquiète. Ils n’avait pas besoin de nous pour en faire.
    Ceci dit Nouvelle-Zélande prédominance de captage naturel et Australie prédominance d’écloserie. Ce n’est donc pas un souci d’écloserie ou de captage naturel. Il semblerai que le principal vecteur soit le phyto.
   
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Le sénateur Joël Labbé demande l’étiquetage des huîtres


Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan et vice-président de la Commission des Affaires économiques du Sénat a annoncé mercredi 28 janvier vouloir un étiquetage obligatoire des huîtres françaises afin de suivre leur traçabilité et connaître leur mode de production.

Source : Marie Claire - Cuisine et Vins de France par Hélène Damien

Quelle est la situation actuellement ?

Produit d’origine naturelle par excellence, issu de captage traditionnel en mer, l’huître a pris le virage, en deux décennies, de la production intensive.

Une grande partie de la production actuelle, quasiment une huitre sur deux, est issue de laboratoires (huîtres nées en écloseries). Les larves d’huîtres y sont rendues stériles dans le but d’accélérer leur croissance, et de commercialiser des huîtres en toute saison.

Il s’agit essentiellement d’huîtres “triploïdes”, une variété développée et brevetée par l’IFREMER (Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer). Joël Labbé, entouré d’ostréiculteurs a voulu mettre le point sur la généralisation de ces mollusques appauvris par les sélections et par la quantité limitée de géniteurs, ce qui pourrait jouer un rôle non négligeable dans l’affaiblissement du patrimoine génétique des huîtres et leur résistance aux bactéries et virus. Leur production rend en outre la profession fortement dépendante des écloseries, à l’image des agriculteurs par rapport aux semenciers.

Depuis 2008, les surmortalités du naissain et des huîtres juvéniles, provoquant une baisse de plus de 40 % du tonnage français, frappent de plein cœur la profession, a tenu à préciser le sénateur.

Les ostréiculteurs dénoncent une concurrence déloyale

Les professionnels ayant choisi de poursuivre la culture de l’huître née en mer s’estiment victimes d’une concurrence déloyale et craignent la contamination du milieu naturel en quelques générations. Ils dénoncent le manque de contrôle des laboratoires et des produits qui en sortent, aucune traçabilité étant en vigueur, ainsi que l’absence de protection des bassins naisseurs. Ils rappellent que mener une huître adulte prend 3 ans, contre 2 pour une huître triploïde. Il existe un risque de contamination de l’environnement, le patrimoine génétique de l’huître pouvant être affecté.

Jean-Noël Yvon, ostréiculteur à Locoal-Mendon (Morbihan) tient à préciser qu’ « aujourd’hui, il n’existe dans le commerce aucun étiquetage sur cette distinction. Il y a un souci pour le produit et le consommateur. La survie des producteurs dépend de cet étiquetage. Il s’agit d’une « hypocrisie » car ce manque de transparence n’est pas bon pour le consommateur ».

L’impact des écloseries

Pour Angélika Hermann, ostréicultrice à La Teste (Bassin d’Arcachon, Gironde) les écloseries représentent des menaces. « On a besoin d’être préservé des agressions » car il n’existe aucun contrôle. « Elles peuvent stériliser progressivement notre environnement naturel. Il faut donner au consommateur le droit de choisir entre une huître née en mer et une huître développée dans des écloseries ».

Christian de Longchamp vient, quant à lui, d’appendre qu’il y avait l’utilisation d’antibiotiques dans les écloseries. « Il faut expliquer aux gens qu’il y a des saisons, des catégories d’huîtres et les écloseries ont détruit cela. Il faut respecter le savoir-faire, sinon on appauvrit la biodiversité. A force d’industrialisation, on a affaibli les huîtres. Il n’y a pas assez de moyens de contrôle ».

La création du Réseau Cohérence

L’association Réseau Cohérence regroupe sur la Bretagne et au-delà, plus d’une centaine d’organisations (associations, syndicats, entreprises...) et des membres engagés pour un développement durable et solidaire.

En 2010, le Réseau Cohérence a accompagné des ostréiculteurs de la Ria d’Etel et du Golfe du Morbihan sur l’élaboration d’un cahier des charges « ostréiculture durable et solidaire » en partenariat avec le Comité Régional Conchylicole de Bretagne Sud, le Syndicat Mixte de la Ria d’Etel et le Syndicat Ostréicole de la Ria d’Etel. L’objectif était de proposer aux ostréiculteurs volontaires d’intégrer une démarche de durabilité, avec un cahier des charges évolutif portant sur la qualité des produits, le respect de l’environnement et l’éthique.

Aujourd’hui, le Réseau Cohérence lance, en partenariat avec l’association Ostréiculteur Traditionnel, une étude de faisabilité sur l’instruction d’une demande de reconnaissance sous signe officiel de qualité pour l’huitre née en mer.

« Les ostréiculteurs traditionnels font de la résistance »

CVF : En quoi l’étiquetage est-il nécessaire à la fois pour le producteur et pour le consommateur ?

Joël Labbé : Aujourd’hui les consommateurs tiennent à savoir ce qu’ils ont dans leur assiette. Et c’est souvent le choix du consommateur qui guide la production ; et il se trouve qu’il y a une production faite par les ostréiculteurs traditionnels, une production traditionnelle, respectueuse des équilibres sur les bassins, du produit, de son patrimoine génétique. Les producteurs sont également demandeurs d’un étiquetage pour faire le lien entre consommateur-produit de qualité et production de qualité.

Vous êtes sénateur du Morbihan, quel est l’impact de ce manque de traçabilité dans votre région ?

Il y a maintenant pratiquement une huître sur deux qui provient des écloseries, et ce marché gagne de plus en plus. Si les ostréiculteurs voient à court terme une huître qui pousse en deux ans au lieu de trois, qui n’est pas laiteuse l’été, qu’ils s’y mettent tous et à ce moment-là on aura que des huîtres triploïdes. Donc ce n’est pas le souhait ! Les ostréiculteurs traditionnels, quelque part, font de la résistance, mais c’est difficile pour eux et la reconnaissance de leur produit fera en sorte qu’il sera mieux valorisé et mieux choisi par les consommateurs.

A partir de quelle date pourrait être mis en place cet étiquetage ?

Je suis un politique impatient. Cela fait trois ans que je suis sénateur et j’ai appris une certaine patience. Je ne peux pas donner de délai, par contre pour moi au 10 juin, il faut que l’on ait des objectifs, soit du côté réglementaire, soit du côté législatif, mais je poserai un acte et on le fera collectivement pour que ce soit suivi des faits.

Et qu’en est-il du côté des principaux concernés ? Le point avec Angélika Hermann, ostréicultrice à La Teste (Bassin d’Arcachon, Gironde).

CVF : Quelle est la situation globale actuelle des ostréiculteurs français ?

Angélika Hermann : Je suis ostréicultrice sur le Bassin d’Arcachon, qui a la particularité d’être un bassin naisseur, c’est à dire que les huîtres se reproduisent naturellement. Un autre site majeur est Marennes d’Oléron. Nous sommes une nurserie naturelle, la première nurserie d’Europe. Après on a la chance de faire un produit 100% naturel qui est non transformé où à aucun moment on ajoute des substances artificielles, donc le consommateur sur le marché a encore la chance de trouver parmi les rares produits aujourd’hui un produit 100% naturel. Nous demandons à ce que l’on donne une chance au consommateur d’être responsable, de lui donner le droit d’avoir le choix entre une huître qui est née en mer, naturellement ou une huître qui est née en écloserie, artificiellement. Nous avons besoin de ce soutien des consommateurs pour qu’ils disent ce qu’ils veulent. Et c’est important pour nous, pour la survie de notre façon de travailler, de faire les huîtres par rapport à cette ostréiculture artificielle qui a perdu tout lien avec l’environnement.

Vous comptez sur l’appui des politiques. Pensez-vous qu’ils puissent mettre en place cet étiquetage ?

Bien sûr ! Parce que nous tous seuls, on ne peut rien faire donc on a besoin que les politiques se mettent derrière nous pour faire avancer la réglementation. Car actuellement, pour les écloseries il n’y a aucun encadrement, aucun contrôle sanitaire. Si quelqu’un veut s’installer en ostréiculture, il faut avoir le Baccalauréat et suivre une formation ; tandis qu’en écloserie, vous pouvez vous y installer avec un peu d’argent et personne ne vous demandera quoi que ce soit. Et c’est là le gros problème !

Le sénateur Joël Labbé tente donc de mettre la lumière sur un problème qui n’est pourtant pas récent et tient à rappeler que « les consommateurs sont au cœur du débat ». L’huître triploïde échappant à la réglementation des OGM, et n’étant pas non plus considérée comme un « nouveau produit alimentaire » par l’Europe, aucun étiquetage spécifique n’est imposé.

Le 10 juin 2015 se tiendra au Sénat un colloque sur l’avenir de l’ostréiculture à laquelle sont conviés de nombreux scientifiques et représentants de la profession. L’objectif sera notamment de faire avancer la réglementation ostréicole.

Par Damien Hélène

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Le 9 mai 2015

Et si on mangeait des Marennes Oléron d'exception à l'unité ?

C'est peut-être la solution pour les ostréiculteurs pour lutter contre la surmortalité. Produire des huîtres d'exception qu'ils vendront ensuite très cher. Le phénomène commence à prendre de l'ampleur à Paris. Du côté de Marennes aussi.



Un reportage entre les claires de Ronce-lès-Bains et les restos chics parisiens d'Anne Claire Le Sann, Loic Houeix, Luc Gieysse et Nathalie Aibar

Source : France 3 Poitou-Charentes par Marine Rondonnier

A Ronce-les-Bains, petite station balnéaire qui fait face à Marennes, David Hervé a choisi de plonger dans le monde de l'huître de luxe. Une bonne façon pour lui de ne plus subir les hausses de mortalité de ses coquillages. Le taux de mortalité a atteint 60 % cette année.

Il a réduit d'un tiers le nombre de coquilles par poche, laisse ses coquillages trois ans en mer et les affine huit mois en claires. Son secret pour améliorer la qualité de son produit : ralentir la croissance des huîtres en les retournant fréquemment.

"Plus l'huître est profonde, plus la qualité de la chair est importante, plus on va avoir de sucre et donc le goût de noisette qu'on recherche".

A Paris, ses huîtres se vendent 10 euros pièce dans des restaurants spécialisés où manger une huître est un luxe parce que c'est une huître d'exception.

A l'origine : une surmontalité insurmontable

De 1996 à 2007, la production nationale plafonnait entre 130.000 et 140.000 tonnes par an. Dès 2008, elle chute à 80.000 sous l'effet cumulé d'un virus s'attaquant aux coquillages juvéniles puis d'une bactérie décimant les huîtres creuses adultes.

Conséquence logique, les prix ont bondi de 10 à 50 % dans les restaurants. Déjà très à la mode dans les repaires chics de Hongkong, Moscou et Stockholm, il n'est pas interdit d'imaginer que la consommation à la pièce devienne bientôt la règle.

En 2010, Garry Dorr, jeune entrepreneur de 30 ans,  a fait figure de pionnier français en ouvrant le premier Bar à Huîtres. L'idée : s'installer au bar, déguster un verre de blanc et seulement une huître. Il parle d'ailleurs d'«Huîtres grands crus».

Fini la douzaine d'huîtres alors? La petite Marennes va-elle devenir aussi chère que du caviar?

Pas de panique, on pourra continuer à manger sa petite douzaine au goût de noisette dans les cabanes de pêcheurs. Mais les prix continueront d'augmenter de toute façon.

Côté mortalité, l'histoire est rassurante.

La profession est familière des crises de mortalité. En 1922, la quasi-totalité des bancs d'huîtres plates avait disparu en quelques mois. L'espèce avait été remplacée par une souche venue de Hollande et la production n'avait repris que six ans plus tard. En 1970, une épizootie fulgurante avait contraint la profession à abandonner l'élevage d'huîtres portugaises, Crassostrea angulata, au profit de l'espèce japonaise, Crassostrea gigas. Celle-là même qui est aujourd'hui en danger.

En attendant l'huître d'exception est un nouveau marché pour le luxe français.

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Le 8 Mai 2015 : Rapport Philippe Vannier

Maladies des coquillages : à quand l’action ?

Comment limiter la propagation des pathogènes d’un élevage conchylicole à l’autre ? Un énième rapport dénonce l’immobilisme de l’État et de la profession.


 Source : Ouest France

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Le 30 Avril 2015

Mytiliculture : la profession est sur le qui-vive

https://fr-fr.facebook.com/pages/Mairie-de-Charron/287258481296269
2014 a été catastrophique pour les mytiliculteurs charentais-maritime.

Les aides aux mytiliculteurs sont euro-compatibles (Source : Facebook Mairie de Charron)

À quelques semaines du début de la commercialisation des premières moules de filières, les mytiliculteurs charentais-maritimes ne sont pas sereins.

Source : L'Hebdo 17
« À la marée d’hier, il n’y avait pas de mortalité, si ce n’est le 1 % habituel ». Mercredi 21 avril, Benoît Durivaut, président du syndicat des mytiliculteurs du Pertuis Breton se montrait confiant. Une situation aux antipodes de celle connue l’année passée, à pareille époque. En effet, en 2014, la majeure partie de la production des moules de filières et de bouchots, produite au large des côtes de la Charente-Maritime, avait été décimée par un virus, selon le laboratoire l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer).

Si, pour le moment, le naissain (larves de moules, ndlr) semble tenir sur les collecteurs posés en mer, le Comité régional de la conchyliculture (CRC) du Poitou-Charentes a tout de même les yeux rivés sur les rapports journaliers émanant de son vis-à-vis des Pays de Loire.

La Baie de Bourgneuf, située plus au nord de celle de l’Aiguillon et englobant la côte est de l’île de Noirmoutier, connaît à ce jour un taux de mortalité dans les concessions de moules allant de 80 à 90 %. Les premières analyses menées par l’Ifremer sont toujours en cours, mais laisseraient apparaître la présence d’une bactérie pathogène. Bactérie, qui serait identique à celle en partie à l’origine de la mortalité constatée dans le bassin charentais-maritime l’année passée.

Cette similitude du phénomène « inquiète, mais n’alarme pas encore », dixit Benoît Durivaud. Malgré tout, la vigilance est de mise chez les professionnels qui, depuis quinze jours en effet, ont constaté dans le Pertuis Breton situé au large des côtes vendéennes « des petits signes d’augmentation de la mortalité des mollusques ». Une inquiétude renforcée par le fait que ces mêmes sites avaient déjà été touchés en 2014. La mortalité faisant peut-être son apparition avec un mois de retard. Seule certitude, les mytiliculteurs ne pourront que subir, ce qui pourrait bien sonner le glas de leur profession.

Sept années pour s’en remettre

Mickaël Sarreau a repris il y a cinq ans maintenant, l’entreprise familiale, qui se transmet de père en fils depuis quatre générations. Même si, à 35 ans, il ne regrette pas de s’être lancé dans l’aventure, 2014 lui laisse cependant un goût amer. Elle aura été pour lui synonyme de double peine. L’année passée, avant les premiers signes de mortalité, le jeune chef d’entreprise avait investi, histoire de développer son entreprise. 120 000 €. C’est le montant qu’il a dû débourser pour l’achat d’une filière et de 800 m de bouchots supplémentaires, ainsi que pour celui d’un bateau. Bilan des courses : 4 tonnes seulement de moules de vendues, contre 50 en 2013. Malgré tout, il a su rester la tête hors de l’eau, grâce à la diversification de la production de son entreprise, répartie en parts égales entre moules et huîtres. Et, comme pour les moules, le naissain d’huîtres est « beau actuellement », mais seul l’avenir dira ce qu’il deviendra.

Ombre au tableau, l’entreprise de Mickaël, comme onze autres dans le département, n’a toujours pas été indemnisée au titre des calamités agricoles. Elle devrait l’être cependant avant le mois d’août, dans le cadre de mesures complémentaires. Le montant sera calculé sur la base de 12 % des pertes subies. D’autres mytiliculteurs ont, eux, eu recours à l’emprunt, notamment pour éviter de procéder à des licenciements. Conséquence, selon Benoît Durivaud, « sept années à venir sans aucun investissement pour eux  ».

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Et pourquoi pas la conchyliculture et l'algoculture ?

Le Foll veut inscrire l'agro-écologie à "l'agenda des solutions" de la COP21

Comment faire du problème agricole une des solutions pour la lutte contre les changements climatiques ? En développant l'agro-écologie qui permet de stocker du carbone tout en augmentant les rendements, plaide la France.

Source : Actu-Environnement |  Philippe Collet

La lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le secteur agricole peut-elle constituer une opportunité plutôt qu'une contrainte ? Oui, a répondu Stéphane Le Foll, le 27 avril à l'issue d'une réunion de travail relative au programme de recherche international "quatre pour mille" sur la séquestration du carbone dans les sols. Pour y parvenir, le ministre de l'Agriculture compte s'appuyer sur ce programme de recherche, mis en œuvre par l'Inra et le Cirad, qui combine la lutte contre les changements climatiques et l'amélioration des rendements agricoles. "Une telle augmentation [de la séquestration du carbone dans les sols] permettrait de compenser l'ensemble des émissions des gaz à effet de serre de la planète, inversement, une diminution de 4 pour 1.000 déboucherait sur un doublement des émissions", explique le ministère de l'Agriculture qui souligne par ailleurs le bénéfice en terme de rendement lié à l'augmentation de la matière organique dans les sols.

Il s'agit donc de promouvoir "une stratégie de réconciliation" entre l'amélioration de la sécurité alimentaire et la lutte contre les changements climatiques, résume Stéphane Le Foll qui évoque une "deuxième Révolution verte". Pour ce faire, il entend promouvoir ce programme de recherche dans le cadre de "l'agenda des solutions" qui regroupe des initiatives complémentaires à l'accord international attendu à Paris associant gouvernements et acteurs non-gouvernementaux et visant à soutenir et amplifier les engagements des Etats.

Selon le ministère de l'Agriculture, quelque 45 Etats auraient montré de l'intérêt pour le programme 4 pour 1.000. Le Brésil, qui cherche à restaurer ses sols dégradés pour freiner la déforestation motivée par les besoins en nouvelle terre agricole, est "très impliqué", explique le ministre. "Pour l'instant, les Etats-Unis regardent", a précisé Stéphane Le Foll, ajoutant vouloir "les sensibiliser au sujet à l'occasion du G20 agricole d'Ankara" du 6 au 8 mai 2015. Parmi les grands absents figurent l'Afrique et l'Inde qui "est très réticente".

Plaidoyer pour l'agro-écologie

Au niveau mondial, les sols, hors sols gelés en permanence (le pergélisol ou permafrost pour le terme anglais) stockent sous forme de matière organique l'équivalent de 2,6 fois le carbone présent dans l'atmosphère. Par ailleurs, les sols absorbent environ un quart des émissions mondiales de CO2. Ce stockage est assuré grâce à la photosynthèse, qui permet d'extraire du CO2 de l'atmosphère, associée à la dégradation des végétaux, qui transfère vers les sols le carbone contenu dans les végétaux. Cependant, l'essentiel de cette absorption est réalisé par les forêts, les sols agricoles ne jouant qu'un rôle secondaire. S'agissant des sols cultivés, la situation est d'autant plus critique qu'en moyenne ils auraient perdu 50 à 70% de leur stock de carbone initial au niveau mondial.

Ce constat, plutôt négatif, est néanmoins porteur d'espoir puisqu'une politique agricole favorisant le stockage de carbone dans la matière organique des sols permettrait de renverser la tendance et de lutter contre les changements climatiques. D'autant qu'une telle stratégie "reviendrait à reconstituer la banque de nutriment du sol et à augmenter sa fertilité", plaide le ministère. Pour y parvenir, le ministère de l'Agriculture défend le développement au niveau mondial de l'agro-écologie qui privilégie une meilleure couverture des sols par la végétation, par rapport au modèle agricole intensif.

Un programme emblématique

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Le 28 Avril 2015

Les huîtres de Camargue bientôt commercialisées

L'huître de camargue : c'est pour bientôt



Reportage de Jérémie Hessas et Xavier Schuffenecker
Interview : Joël Graindepice - Conchyliculteur et ostréiculteur

 A Port-Saint-Louis du-Rhône, une vingtaine de producteurs de moules ont décidé d'élever des huîtres. La production a commencé l'an dernier et il ne manque plus que l'autorisation administrative définitive, pour commercialiser enfin, les huîtres de Camargue.

Source : France 3 PACA Par Marc Civallero
   
D'ici la fin du mois de juin 2015, l'huître de Camargue va faire son apparition sur les étals des commerçants .
Une vingtaine de conchyliculteurs s'est regroupée au sein d'une coopérative , Coopaport, pour lancer ce projet avec un  constat en point de mire : le prix d'un kilo de moule est de 1.50 euro alors que celui de l'huître est de 7.50 euros. Il faut 10 mois pour obtenir une huître de "catégorie 3, la plus consommée en France, contre deux à quatre ans pour un élevage classique. À ses deux mois, les huîtres sont collées entre elles par trois via du ciment puis placées sur une corde qui sera ensuite plongée dans l'eau pour huit mois de culture. Denis Manias, président de Coopaport a déclaré :

Nous bénéficions d'une situation très particulière, extrêmement favorable, avec l'apport d'eau douce du Rhône et la Méditerranée qui apportent les nutriments nécessaires à une croissance rapide de l'huître

L'huître de Camargue provient d'un naissain de Charente-Maritime. La coopérative Coopaport via sa vingtaine d'ostréiculteurs prévoit d'en produire environ 100 tonnes en 2015.

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Morbihan. Dans le Golfe, le trop-plein d'huîtres de printemps

Dans le golfe du Morbihan, les ostréiculteurs qui vendent en gros bradent les prix des grosses huîtres de calibre 0 et 1.

Source : Ouest France par Maël Fabre 

La météo clémente de ces derniers jours a entraîné un surplus de stocks d'huîtres chez les vendeurs en gros. Conséquence pour le client, les prix baissent sur les gros calibres.

Reportage

Elle fait la taille d'un pied-de-cheval et pèse lourd ! Elle, c'est l'huître de calibre 0 et 1. Depuis ces dernières semaines, elle refait son apparition sur les étales et dans la grande distribution.

Pourquoi ? Parce qu'il faut écouler une certaine surproduction due à une météo clémente et à une faible consommation à Noël.

« Nous avons eu un dernier été chaud et un automne chaud. Les huîtres ne sont pas mortes et elles ont continué à grossir dans les parcs. On se retrouve donc aujourd'hui avec un surplus de stock de grosses huîtres qui ne se sont pas vendues à Noël », explique Philippe Le Gal, président du Comité régional de conchyliculture de Bretagne Sud. « Les huîtres qui survivent continuent à grossir du fait qu'elles ont plus de place et surtout davantage d'aliments pour se nourrir vu qu'elles sont moins nombreuses », ajoute Philippe Le Gal.

3,50 €/kg sur le marché

Pendant les vacances, une campagne nationale a même été lancée pour inciter à la consommation d'huîtres pendant les fêtes pascales afin d'écouler les stocks.

Depuis mercredi, sur le marché de Vannes, certains ostréiculteurs, qui vendent en gros, bradent les prix des triploïdes. « D'habitude, nous tournons autour de 5 € le kg. Ce matin, j'affiche les huîtres de calibre 1 à 3,50 €/kg. Nous avons eu deux tonnes de surplus entre Noël et le printemps », explique cette ostréicultrice de Séné. Une huître de calibre zéro pèse entre 150 et 250 grammes et une n° 3 environ 75 grammes.

Dans le golfe du Morbihan, d'autres ostréiculteurs ne sont pas touchés par cette surproduction. Il s'agit de ceux qui vendent au détail. C'est le cas de Thierry et Nolwenn Rehault, à Badel, en Séné. « Nous ne connaissons pas de surplus de production car nous vendons tout ce que nous produisons. Les huîtres ne restent donc pas à grossir dans les parcs et de toute façon, notre clientèle n'achèterait pas ces gros calibres », explique Nolwenn, de la Belle d'Illur.

Depuis 2008, l'ostréiculture connaît une crise en raison de la présence d'un herpèsvirus qui a décimé jusqu'à 75 % des jeunes huîtres (naissains). Depuis 2013, les huîtres de taille adulte sont elles aussi victimes d'un taux de surmortalité important, pouvant atteindre 65 % selon l'Ifremer.

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Le 27 Avril 2015

Sète : "Les daurades sont de vrais piranhas !"

Un répulsif acoustique, le “Predador”, doit être mis sur le marché. Ce qui rappelle combien la voracité des poissons perturbe depuis des années la conchyliculture en mer, des Aresquiers à Marseillan.

Face aux attaques de daurades, les conchyliculteurs du Languedoc n'ont pas pu développer leurs élevages dans les concessions attribuées en mer ouverte...

Source : Midi Libre par Patrice Castan 

Sur le bassin de Thau, quand on parle coquillages, on pense étang. En oubliant un peu vite l'énorme potentiel des exploitations situées au large des Aresquiers d'une part, entre Sète et Marseillan de l'autre. Des zones parsemées de structures flexibles immergées entre la surface et une trentaine de mètres de fond depuis les années 1980 : les filières.Créées dans un premier temps pour capter du naissain de moules en mer ouverte et l'élever ensuite dans l'étang, elles avaient ensuite été réorientées vers la production.

47 professionnels produisent sur les "filières en mer"

Deux zones qui regroupent aujourd'hui 47 professionnels rompus à un mode de production que le directeur du Comité régional conchylicole (CRC) Denis Régler estime "très exigeant car demandant à la fois une bonne connaissance du métier et un excellent matériel". Du fait d'une exposition à la houle forcément supérieure à celle de l'étang mais aussi de “créneaux météo” difficiles à maîtriser, notamment en période hivernale.

Des filières qui sont essentiellement "plantées" en huîtres dites de pleine mer (dont on assure là la finition), en naissains (pour le prégrossissement), mais aussi et surtout en moules, l'élevage en mer permettant ici d'obtenir "de très beaux produits". Tout au moins dans le meilleur des cas. À la condition expresse que les filières soient dûment protégées par des filets (très costauds) ou tout autre dispositif permettant de calmer l'ardeur des daurades, qui attaquent en bancs.

Les premières razzias datent de la fin des années 1990

Depuis la fin des années 1990, ce poisson, sparidé prisé des pêcheurs et des gastronomes, ne laisse en effet aucun répit à ceux qui tentent l'aventure de la moule de mer. Aussi, au lieu de prendre plutôt comme une bonne nouvelle la prochaine validation industrielle d'un prototype de répulsif acoustique qui permettrait, enfin, de chasser le carnassier des filières (l'engin est appelé le Predador), Jean-Louis Cousinier est amer...

"Elles peuvent engloutir 300 tonnes de moules en un week-end"

Le producteur et mareyeur muscatier, président de l'association des Cultures en mer (qui regroupe les concessionnaires des filières), estime en effet que ses collègues et lui-même ont été abandonnés à leur sort : "Ça fait des années qu'on appelle à l'aide. La profession est en train d'en mourir. Ces daurades sont de vrais piranhas, capables d'engloutir 300 tonnes de moules en un week-end. Elles m'ont même mangé des filets ! On ne produit plus qu'avec dégoût. Les petites mangent la semence (la graine, NNLR), les grosses, les moules commercialisables. Heureusement, un fournisseur espagnol nous a dégotté un filet très solide en polypropylène", sur lequel ce poisson "très intelligent" semble se casser les dents. Pour l'instant.

Jusque-là, pas d'autre solution, en tout cas, que d'entourer chaque "filière" d'un filet qui, outre son coût, représente une perte de temps en terme de manutention. Et une baisse de compétitivité pour les producteurs locaux au regard de leurs homologues espagnols et italiens. Pourtant, ce n'est pas faute de s'être creusé les méninges. Dans l'objectif de se débarrasser des gloutonnes daurades, les producteurs ont essayé les pétards géants, demandé le renfort des pêcheurs professionnels, etc.

Un CD de sifflements de dauphins

Rien n'y a fait. Seul, peut-être, un dispositif artisanal "mis au point par un collègue aujourd'hui décédé, paraissait efficace : il avait placé un lecteur CD dans une boîte, reliée à deux haut-parleurs étanches. Il passait là-dedans un CD reproduisant le sifflement des dauphins, et n'était plus attaqué !" L'expérience s'était, hélas, arrêtée là.

Aujourd'hui, alors que la région Bretagne devrait contribuer au lancement du Predador (qui aurait prouvé son efficacité en 2013 et 2014, chassant les daurades de la Rade de Brest et de la Baie de Quiberon), le CRC Méditerranée et le Cépralmar (*) travaillent sur un répulsif à micro-impulsions électriques. Un système qui n'est toutefois pas adapté aux filières en mer puisqu'il nécessite des structures fixes où installer les panneaux solaires l'alimentant en énergie.

Seules les "tables" de l'étang (les daurades y sévissent aussi) pourront en bénéficier. Quant aux producteurs en mer, ils devront faire preuve de patience ou varier les plaisirs en diversifiant leurs élevages. Dans ce contexte, les pistes actuellement explorées par la Région, le comité régional conchylicole et l'université Montpellier 2 concernant l'élevage de pétoncles noires et de Saint-Jacques, sur les filières en mer, n'en ont que plus de saveur.

284 filières

Il ne faut pas confondre filières en mer et tables conchylicoles. Alors que ces dernières, qui sont le support des élevages dans l’étang, sont rigides, les "filières" sont des structures de câbles fixées d’une part à des blocs de béton immergés entre 18 et 30 m de fond, d’autre part à des bouées de surface. Sur ces câbles sont suspendues des "chaussettes" (filets allongés) contenant les coquillages. On trouve les filières entre 1,6 et 5 km de la côte.

Ce système, souple, peut résister à de forts courants et à une forte houle. 284 concessions (comprenant de 1 à 6 filières) sont aujourd’hui exploitées par les 47 adhérents de "l’Asa des cultures en mer", présidée par le Muscatier Jean-Louis Cousinier.

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Pêche et aquaculture : on produit moins, on consomme plus

Avec 665 000 tonnes, la France ne pèse que 11 % de la production aquatique européenne, qui ne représente elle-même que 3 % de la production mondiale. C’est peu, et surtout c’est de moins en moins si on observe l’évolution publiée dans l’édition 2015 du rapport de FranceAgriMer sur Les filières pêche et aquaculture en France.

 Source : Le Marin 

Les filières pêche et aquaculture en France

Cette publication présente les derniers chiffres connus (2013 et/ou 2014) pour la production, les entreprises, les échanges et la consommation des produits maritimes et aquacoles en France. (version française)

Édition avril 2015

Cliquer Ici pour télécharger ce document de FranceAgriMer

À la baisse, la pêche fraîche et congelée, descendue à 460 000 tonnes, et la conchyliculture, descendue à 160 000 tonnes, tandis que la pisciculture demeure à 45 000 tonnes. Dans le peloton de tête des ventes se trouvent l’huître, le thon tropical et la moule, avoisinant chacun les 80 000 tonnes. Puis autour de 30 000 tonnes, on trouve le merlu, la truite, le hareng, la coquille Saint-Jacques et la sardine. Géographiquement, la Bretagne sort clairement du lot. Du côté des engins, le chalut est dominant dans les apports.

Ce rapport illustre aussi la baisse drastique du nombre de navires, la prépondérance de la petite pêche parmi eux, les emplois (16 777 marins-pêcheurs et 10 439 aquaculteurs en équivalent temps plein) avec leur répartition (géographique, par type de pêche…). Avec aussi 306 entreprises de mareyage (pour 4 584 emplois), 295 entreprises de transformation (16 184 emplois) et 2 926 poissonneries (7 475 emplois).
La balance des échanges commerciaux est toujours aussi catastrophique : -3,6 milliards d’euros en 2014. On importe à gogo saumon, crevette, thon et cabillaud. Nos gros fournisseurs sont la Norvège, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Équateur.

Le bilan d’approvisionnement montre une croissance de 1 % par an de la consommation de produits aquatiques en France au cours des dix dernières années, atteignant 35 kg par habitant.

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Le 22 Avril 2015

Bretagne : moules et huîtres décimées par la dorade royale

Depuis quelques années, des tonnes de moules et d'huîtres sont décimées en Bretagne. La faute à un poisson.

Illustration : Prédation sur des huîtres en baie de Quiberon (photo CRC Bretagne Sud / S. Gachelin)

En Bretagne, les producteurs de moules et d’huîtres ont un nouvel ennemi, redoutable. La dorade royale. Depuis quelques années, des hordes de poissons viennent dévaster les élevages. Pour les protéger, des chercheurs ont mis au point un répulsif acoustique. Un appareil sonore qui fait fuir les dorades.

Source : RTL par Virginie Garin publié le 22/04/2015 à 08:48

C'est devenu un vrai problème en Bretagne. La dorade est un poisson délicieux dans l'assiette, mais quand elle ouvre la bouche, elle fait peur. Elle a plein de dents et peut pulvériser une coquille d’huître en un coup de mâchoire. Près des côtes bretonnes des milliers de dorades royales, viennent régulièrement attaquer les parcs. L'an dernier dans la rade de Brest, un ostréiculteur a perdu en quelques minutes 160 tonnes d’huîtres. L'année d'avant, pour la même raison, plusieurs producteurs ont mis la clé sous la porte. Donc la profession a demandé à l'Institut de recherche sur la mer, l'Ifremer, de l'aider.

Un appareil acoustique efficace

Et ces chercheurs ont trouvé. Ils ont mis au point un appareil acoustique. C'est une sorte de chaîne-HiFi qui flotte posée sur une barque et reliée à un haut parleur sous marin. Il envoie des ondes et des plongeurs sont allés vérifier, quand il est en marche, les dorades déguerpissent. L'appareil est testé en ce moment dans la baie de Quiberon. Avant de le commercialiser, les chercheurs veulent vérifier que les dorades ne finissent pas s'habituer car elles sont malines.

100 fois plus de dorades en 20 ans

C'est un poisson qui vit en général dans les mers plus chaudes, en méditerranée, mais qui depuis quelques années remonte vers le Nord. En Bretagne, on en trouve 100 fois plus qu'il y a 20 ans. C'est une aubaine pour les pécheurs, c'est un poisson délicieux qui pourrait compenser la disparition d'autres espèces. En revanche c'est une plaie pour les ostréiculteurs. Donc la profession espère que grâce à ce répulsif acoustique, grâce aussi à des grillages installés autour des parcs, elle va pouvoir sauver ses huîtres.   


PREDADOR : un répulsif acoustique pour lutter contre la menace des daurades royales


La daurade royale, très vorace, peut causer des dégâts considérables dans les élevages de moules et d’huîtres. Dans le cadre du projet PREDADOR, un prototype expérimental de répulsif acoustique a été développé par l’Ifremer et testé par les professionnels.

Source : Ifremer

La daurade royale, très vorace, peut causer des dégâts considérables dans les élevages de moules et d’huîtres dont elle broie les coquilles grâce à ses puissantes dents. En septembre dernier, selon les mytiliculteurs impactés de la Rade de Brest, un banc de plusieurs milliers de daurades a ainsi dévoré 160 tonnes de moules.

Dans le cadre du projet PREDADOR, démarré en 2013, un prototype expérimental de répulsif acoustique a été développé par l’Ifremer et testé par les professionnels en 2013, puis en 2014 durant cinq mois, sur deux concessions pilotes en Rade de Brest et en Baie de Quiberon. Le répulsif a prouvé son efficacité sur les grands bancs de daurades et un projet industriel pourrait voir le jour prochainement.

Les daurades royales : une menace pour la conchyliculture

« Les répulsifs acoustiques existaient déjà pour faire fuir les cétacés, comme le dispositif CETASAVER en partie développé à l’Ifremer destiné à éloigner les dauphins lors d’opérations de pêche, mais pas pour des espèces ciblées de poissons, comme la daurade », expliquent Yves Le Gall, chef du service Acoustique Sous-marine, et Eric Menut, ingénieur électronicien, au Centre Ifremer Bretagne. Or, la demande existe. Les professionnels de la conchyliculture observent depuis plusieurs années des prédations importantes et soudaines de leurs élevages de moules et d’huîtres par les daurades royales.

Cette espèce carnivore dont la taille peut dépasser 70 cm et le poids 8 kg, se régale des coquillages au sol en eau profonde, sur estran, sur bouchots ou sur filières. Les moyens de protection utilisés comme les filets ou les grillages, fonctionnent dans certains cas, mais sont coûteux, fragiles et requièrent beaucoup de main d’œuvre car ils doivent être nettoyés régulièrement. Depuis une vingtaine d’années, les daurades sont de plus en plus abondantes en Bretagne. Leur aire de répartition semble avoir été modifiée. Les daurades remontent de la Méditerranée aux eaux vendéennes et bretonnes, et jusqu'à l'entrée de la Manche.

Le projet PREDADOR, qui vise aussi à améliorer les connaissances sur la biologie et le comportement de la daurade royale, a permis le développement d’un prototype de répulsif acoustique de type alarme sonore, de faible puissance, dont la portée d’efficacité est estimée entre 200 et 300 mètres.

Les expérimentations ont été réalisées à la demande de la profession conchylicole (Comité Régional de la Conchyliculture (CRC) Bretagne Sud et soutien du CRC Bretagne Nord). Le projet de recherche PREDADOR est labellisé par le Pôle Mer Bretagne Atlantique, financé par la région Bretagne et le département du Morbihan, et piloté par le CRC Bretagne Sud.

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Le 10 Avril 2015

Charente-Maritime : vers une ZAD dans l'île d'Oléron ?

Un site alternatif lance un appel en opposition à un projet de conchyliculture dans l'anse de la Malconche...

Après Echillais, la forêt de Saumonards dans l'île d'Oléron va-t-elle accueillir une zone à défendre (ZAD) ce samedi ?

Source : Sud Ouest

Le site de média alternatif Indymedia Nantes a publié mercredi soir un appel "en opposition à un énorme projet de conchyliculture". Il veut rassembler des opposants au projet d'installation de filières conchylicoles dans l'anse de la Malconche.

Illustration : Copie d'écran du site Indymedia Nantes

Projet retoqué

La première version du projet portée par le comité régional conchylicole Poitou-Charentes avait été retoquée devant le tribunal administratif. Une seconde version a été soumise à enquête publique l'automne dernier. L'avis favorable du commissaire enquêteur (suivi d'une autorisation préfectorale) avait fait tousser les opposants au projet : communes du nord de l'île et associations de riverains et environnementale.

Un deuxième recours serait en cours de préparation et les requérants  qui ont changé d'avocat ont frappé à la porte du cabinet de l'ancien ministre de l'Environnement Corine Lepage.

Envasement et pollution

Rappelons que les filières conchylicoles consistent à produire huîtres et moules sur de longues lignes suspendues en eaux profondes. Les opposants au projet craignent que ce champs de filière envase et pollue le site naturel de l'anse de la Maleconche. Ils critiquent aussi la gêne à la navigation. 

Cette anse, située en face de la plage des Saumonards, est bordée de forêt qui s'étend sur environ 8 kilomètres.

Une date qui coïncide?

Il ne serait pas surprenant que le mouvement spontané de ZAD se constitue ce samedi car c'est aussi le jour où débute à La Tremblade le Salon du matériel conchylicole, grand rendez-vous annuel de cette filière professionnelle.

11 au 13 avril 2015

Salon conchylicole de La Tremblade

Le 43e salon national du matériel conchylicole, aquacole, pêche, énergies renouvelables et les loisirs de mer... 

Cette année le salon est ouvert à de nouveaux exposants et à de nouvelles technologies en particulier les énergies renouvelables, l'environnement, les énergies solaires et photovoltaïques, le traitement écologique des déchets. 

Tous matériels élevage, expédition, conditionnement (pompes électrique et moteurs, trieuses, calibreuses), cercleuses, laveurs, matériels de manutention, moteurs marins, propulseurs, accastillages, emballages et dérivés, bateaux, chalands, pontons, aménagements d'installations et de bureaux, matériels ostréicoles pneumatiques, techniques scientifiques, aquaculture, pêche artisanale, petite navigation et pêche de loisirs. 

Une édition sous le signe de l’innovation

Cette année, le salon est ouvert à de nouveaux exposants et à de nouvelles technologies en particulier les énergies renouvelables, l'environnement, les énergies solaires, photovoltaïques et le traitement des déchets. Le salon est la vitrine de ce qui se fait de mieux dans divers domaines : le captage, l'élevage, les écloseries, le conditionnement, sans oublier les chaînes d'emballages et les trieuses calibreuses.

Source : Sud Ouest par Alain Tontale 

Deux colloques

Deux colloques seront organisés dans l’enceinte du salon : dimanche 12 à 10 h 30, Jean Prou de l’Ifremer en animera un sur les mortalités et leurs causes. Lundi, à 14 h 30, le Comité régional de la conchyliculture évoquera le sujet du Parc naturel marin. L’inauguration du salon aura lieu samedi, à 10 h 30.

Dans un contexte économique difficile, Jacky Frétillère, président du Comité foire et salon est confiant, malgré la concurrence sur les salons : « Nous allons avoir le même nombre d'exposants que l'an dernier sur une surface légèrement plus grande. Nous avons quelques exposants étrangers : Espagnols, Belges, Hollandais, Australiens et des nouveaux venus ».

Nouveautés

Le président signale parmi les nouveautés de ce salon la présence du Centre d'étude et de valorisation des algues de Pleubian dans les Côtes-d'Armor dont c'est la première participation au salon. Participera également à la manifestation, Emyg environnement et aquaculture qui est une société innovante spécialisée dans le traitement de l'eau de mer et dans le stockage en circuit fermé des coquillages et crustacés. Elle expose pour la première fois ses installations : une station de purification verticale (appelé aussi stockage en douchette).

Horaires d'ouverture. Samedi, de 14 à 19 heures. Dimanche, de 9 à 19 heures. Lundi, de 9 à 18 heures. Entrée gratuite. Contact : Comité foire et salon au 05 46 47 22 57.

Si le parc marin leur était conté

Le rendez-vous trembladais sera pour les conchyliculteurs une première occasion de fixer leurs attentes à propos du nouveau parc naturel marin.

Source : Sud Ouest par Philippe Baroux

Quatre des soixante-dix membres du conseil de gestion, l'organe exécutif du Parc marin de l'estuaire de la Gironde et des pertuis charentais, seront des conchyliculteurs. Lundi prochain, le parc, encore lui, sera présenté en clôture du Salon national de la conchyliculture de La Tremblade (1). Le parc naturel marin, nul n'y échappe, depuis que Ségolène Royal a apposé sa signature sur le décret de création, le 4 avril dernier. Qu'en attendent ces professionnels qui, tout au long du week-end, vont rencontrer leurs fournisseurs à La Tremblade, dans un contexte de crise de mortalités des huîtres qui n'a jamais régressé depuis 2007 ?

Pour l'heure, et c'est bien naturel tant le sujet est frais, les questions sont plus nombreuses que les certitudes. La question du développement des activités d'élevage est dans tous les esprits, qui dit la crainte d'une mise sous cloche. « Je suis assez inquiet des compétences dont se dotera ce parc, exprime le président du Comité régional conchylicole Poitou-Charentes, Gérald Viaud. Au sein d'un conseil de gestion de 70 membres qui expriment des besoins différents les uns des autres, comment cela se passera-t-il lorsque nous voudrons par exemple renouveler les titres de nos concessions d'élevage, ou faire évoluer notre travail dans les parcs ? »

Sur une ligne proche, le Marennais Jean-Pierre Suire, président du Groupement qualité Marennes-Oléron (garant du respect des critères de la fameuse marque ostréicole) incite à la prudence, afin que la profession poursuive ses objectifs, dont celui « du maintien de la conchyliculture en l'état. » La question de la marge de manœuvre des professionnels est posée. Le parc n'entachera-t-il pas de lourdeurs administratives leur action ? Ne freinera-t-il pas des évolutions techniques ?

La Charente-Maritime est le premier département producteur de coquillages en France...

L'élevage des coquillages - ou conchyliculture - est un élément essentiel du littoral de Charente-Maritime. Que ce soit pour les moules dans la baie de l'Aiguillon avec les alignements de bouchots ou pour les huîtres dans la zone de Marennes-Oléron avec les parcs d'élevage en mer et les claires, le travail des hommes a façonné le paysage et engendré une activité économique majeure qui fait la renommée de la région.

Ce 2e recensement conchylicole après celui de 2001 porte sur l'année 2012. Malgré d'importants problèmes sanitaires ces dernières années, la Charente-Maritime reste le premier département français producteur de coquillages, avec le tiers de la production française d'huîtres. En 2012, 789 entreprises ayant leur siège dans le département ont commercialisé pour la consommation 37 000 tonnes d'huîtres creuses et 13 000 tonnes de moules.

Cliquer Ici pour en savoir plus sur le Recensement de la conchyliculture 2012 (Agreste Poitou-Charentes)



Pression d'« écolos bobos » Au nord du département, le président du Syndicat des mytiliculteurs du pertuis Breton, Benoît Durivaud, résume l'inquiétude et lui donne un visage, celui des associations de protection dont les usages peuvent entrer en conflit avec ceux des conchyliculteurs : « On nous parle de développement durable, donc de développement. Or, on voit la pression que mettent sur le littoral les ayatollahs de l'écologie, les écolos bobos. Ils me laissent le sentiment que l'on veut nous mettre sous cloche. » Benoît Durivaud pointe ici le dossier de la Maleconche, ce projet porté par l'interprofession conchylicole d'élever sur filières, en eau profonde, devant Oléron. Plusieurs associations l'ont attaqué. Éleveur de moules à Marennes, Francis Baudet exploite le même filon, mais se demande, lui, si le parc ne serait pas un bienfait ? « Ne facilitera-t-il pas le dialogue en amont avec les associations environnementales et de plaisanciers, plutôt que de se retrouver au tribunal… »

Et les hommes dans le parc ?

Remarque : Dans ce tableau le nombre d'entreprises (2172) correspond au total des établissements agréés sanitaire qui commercialisent des huîtres et des moules pour la consommation, sachant que le nombre d'entreprises conchylicoles actives en 2012 serait de 2864 (voir l'étude ci-dessous)

Le même professionnel, par ailleurs président du Centre régional d'expérimentation et d'application aquacole, sait que cette structure, dans le cadre des études scientifiques et techniques que le parc pourrait déclencher serait prêt à répondre favorablement. Comme il le fait déjà, par exemple, pour le compte du Comité régional conchylicole et du Comité régional des pêches maritimes, sur les pratiques de cultures, la connaissance du marais de claires d'affinage, ou le suivi des coquilles saint-jacques. Mais Francis Baudet n'en demeure pas moins circonspect. « J'étais présent samedi dernier, lors de la signature du décret de création. J'ai entendu parler des espèces d'oiseaux, des poissons, mais pas des hommes, ces gens qui vivent du territoire du parc marin, et qui le façonnent. »

L'adhésion n'est pas pleine et entière, c'est évident. Pourtant, à la crainte de la complication des démarches administratives, de l'empilement d'une strate administrative supplémentaire au millefeuille existant, s'oppose l'idée positive que le parc marin sera l'instrument de la protection des milieux naturels. « Il m'arrive de me promener entre Brouage et la tour de Broue, en plein marais, cette nature est merveilleuse, et je ne doute pas que le parc la protège », dit dans cet esprit Yves Papin, ostréiculteur trembladais à la retraite, qui garde toujours les deux yeux rivés sur l'horizon de la profession.

« Périmètre de protection »

Gérald Viaud transcrit le propos au plan de la gouvernance. Posant le pied sur l'idée que les conchyliculteurs sont des sentinelles du milieu, il espère voir ce rôle mieux reconnu au sein du parc qu'il ne l'était jusqu'alors. « Ce que je peux attendre du parc, c'est que nous soyons mieux respectés, espère le président national des conchyliculteurs. Il nous faut un périmètre de protection, avec des profils de vulnérabilité propres au problème des eaux conchylicoles. Si le parc est une garantie qualitative du milieu, c'est très bien. Mais s'il est une carte postale de plus, aucun intérêt. »

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De l’ère judiciaire à l’aire marine

L’ex-tribunal d’instance et de commerce va accueillir le siège du parc naturel marin.

Source : Sud Ouest par David Briand 

Il avait été mis au courant du choix de Marennes « quelques jours avant » la venue de Ségolène Royal qui a officialisé samedi matin, à la préfecture du département, la création du Parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des pertuis, en même temps que la désignation de Marennes pour accueillir le siège. Une annonce qui avait aussitôt suscité le courroux du premier magistrat de Rochefort, Hervé Blanché (UMP), une ville qui avait candidaté au même titre que l'île d'Aix et La Tremblade (1).

Au cours d'une conférence de presse tenue hier, Mickaël Vallet a voulu apaiser la situation avec son homologue rochefortais : « Je ne suis pas dans la compétition territoriale », dit-il en arguant de la « dimension environnementale » de la cité de Colbert (elle accueille le Conservatoire du littoral et le siège national de la Ligue pour la protection des oiseaux) et plaidant pour la spécificité maritime de la cité ostréicole : « siège départemental des Affaires maritimes et du Comité régional de la conchyliculture ».

Opérationnel fin 2015

« Ce n'est pas comme si on avait candidaté pour accueillir la Maison de la montagne », raille-t-il, décochant une flèche à son voisin du sud, Dominique Bussereau. « On n'est pas des ploucs, même si on n'est pas en milieu balnéaire ».

Suite : Sud Ouest

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30 ans de biotechnologies à l’Ifremer

Chatry Gilles
IFREMER, Ctr Bretagne, Plouzane, France.


La France a initié les premières études de biotechnologies en rapport avec l’aquaculture, les produits et sous-produits de la pêche et l’environnement, il y a plus de 30 ans. Mais le tournant s’opère réellement en 1990 lorsque le spectre des molécules étudiées s’élargit. Grâce aux apports de la génomique et des souchothèques, les perspectives pour l’environnement et la santé s’annoncent très prometteuses pour l’Ifremer.

Dans les années 1980, le CNEXO (Centre national pour l’exploitation des océans) et l’ISTPM (Institut scientifique et technique des pêches maritimes), qui donneront naissance, par leur fusion, à l’Ifremer, en 1984, dédient une part importante de leur activité à l’exploration des grands fonds, à l’aquaculture et à la pêche. Ils dotent ainsi le nouvel institut de moyens techniques pour l’exploration océanique et d’une large culture s’étendant des questions de pêche à l’océanographie. L’étude des molécules et des microorganismes marins se révèle de plus en plus incontournable. Et les biotechnologies marines deviennent rapidement indispensables à la poursuite de ces recherches.

Le lancement en 1990

Les biotechnologies participent aux recherches sur l’environnement, la valorisation des produits et des sous-produits de la pêche et l’aquaculture dans les domaines spécifiques de la physiologie, de la nutrition, de la pathologie et de la génétique. Par exemple, il est démontré que la tyrosine de l’algue Delesseria sanguinea favorise la métamorphose de la coquille Saint-Jacques (1). Dans les écosystèmes marins, il s’agit, en particulier, d’évaluer les effets des polluants et de détecter les algues responsables des efflorescences toxiques qui altèrent les coquillages (2). La recherche et la mesure de taux d’histamine et d’autres amines biogènes, responsables d’intoxications alimentaires, commencent dans les laboratoires de l’Ifremer (3).

Le démarrage du programme portant sur les microorganismes des écosystèmes hydrothermaux a marqué l’année 1988 et poursuit cette démarche en ouvrant l’institut aux biotechnologies. L’année suivante, lors des campagnes océanographiques Biolau et Starmer, effectuées avec le submersible Nautile près des îles Fidji, sur des sources hydrothermales chaudes, des archæbactéries adaptées à des conditions extrêmes de pression et de température sont découvertes et étudiées (4).

En 1990, sur demande du ministère de la Recherche et de la Technologie, une étude évalue l’évolution des biotechnologies marines, tant au niveau national que mondial, afin de préciser le rôle de l’Ifremer (5). Les biotechnologies deviennent alors un des axes prioritaires de l’institut et la biologie moléculaire entre, sans réserve, dans ses laboratoires. Un premier colloque sur les biotechnologies a lieu la même année à Martigues.

Les actions de l’Ifremer se diversifient vers les hydrolysats et les enzymes de poisson, l’identification de peptides en raison de leurs propriétés pour la conservation des produits et la santé humaine. Dans le domaine des algues, une nouvelle famille d’anticoagulant est identifiée (6). Les premiers essais de culture de micro-algues Skeletonema costatum sont initiés afin de proposer de nouveaux fourrages aquacoles.

Les micro-algues, des micro-usines d’innovation

Suite sur Archimer

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Le 8 Avril 2015

De Jersey, les toutes premières huîtres labellisées ASC

Jersey Oyster Company est la première entreprise ostréicole dans le monde à obtenir le label ASC  de l'Aquaculture Stewardship Council.

« Je suis ravi d'accueillir Jersey Oyster Company dans la liste des entreprises certifiées ASC », a déclaré Chris Ninnes, chef de la direction de NCP. « Maintenant, j'attends avec beaucoup d'impatience les premières huîtres ASC sur les étals ».

« Deux autres entreprises ostréicoles à Jersey, Seymour Oyster Company et Jersey Sea Farms, attendent aussi le résultat de leurs évaluations.... Nous voulons avoir un large éventail de produits et d'entreprises de toutes tailles impliqués dans notre programme. Ces trois exploitations ostréicoles sont représentatives des petits aquaculteurs indépendants qui voient un intérêt dans la certification ASC de leurs produits...

Pour plus d'informations : First oyster farm certified against ASC bivalves standard

ASC (Aquaculture Stewardship Council), Kesaco ?

La mission de l'ASC est de transformer l'aquaculture vers la durabilité environnementale et la responsabilité sociale par des mécanismes de marché efficaces en créant de la valeur au travers la chaîne d'approvisionnement.

Qu'est-ce que l'Aquaculture Stewardship Council (ASC) ?

Fondé en 2010 par le WWF et l'IDH (initiative néerlandaise pour le commerce durable), l'Aquaculture Stewardship Council (ASC) est une organisation indépendante à but non lucratif dont l'influence s'exerce à l'échelle mondiale.

L'ASC a pour ambition d'être le principal programme de certification et de labellisation des produits de la mer issus d'une aquaculture responsable. Son rôle consiste avant tout à gérer les référentiels mondiaux pour une aquaculture responsable établis par les Dialogues sur l'aquaculture du WWF.
L'ASC travaille en collaboration avec les aquaculteurs, avec les transformateurs de produits de la mer, les entreprises des secteurs de la vente au détail et de la restauration, les scientifiques, les groupes de protection de l'environnement et les consommateurs en vue de :

Reconnaître et récompenser les efforts de l'aquaculture responsable au travers du programme de certification de l'aquaculture et de labellisation des produits de la mer de l'ASC.
Promouvoir de meilleurs choix environnementaux et sociaux lors de l'achat de produits de la mer.
Contribuer à la transformation des marchés de produits de la mer dans le sens d'une plus grande durabilité.
Transformer les marchés mondiaux de produits de la mer

Avec ses partenaires, l'ASC gère un ambitieux programme visant à transformer les marchés de produits de la mer de la planète et à promouvoir les meilleures performances environnementales et sociales dans la filière de l'aquaculture. Cela suppose un accroissement de l'offre de produits de la mer issus d'une aquaculture responsable et certifiée à la disposition des acheteurs, ainsi que des efforts pour promouvoir l'utilisation du logo ASC. Le logo adresse un message fort aux consommateurs quant à l'intégrité environnementale et sociale du produit qu'ils sont en train d'acheter.

Changer réellement le cours des choses

L'ASC est bien plus qu'un organisme dépositaire des référentiels. Il œuvre activement à la transformation de la filière de l'aquaculture grâce à son approche axée sur le marché. Ses efforts dans ce sens s'appuient sur les atouts de l'organisation :

Crédibilité

Les référentiels de l'ASC sont élaborés conformément aux lignes directrices de l'ISEAL - multiplicité des parties prenantes, transparence, intégration de mesures de performances reposant sur des critères scientifiques.

Efficacité

En s'attaquant aux principaux impacts attribuables à la filière, l'ASC contribue à réduire au minimum l'impact environnemental et social de l'aquaculture commerciale.

Valeur ajoutée

Destiné au consommateur, le label de l'ASC contribue à promouvoir des pratiques responsables - il crée une relation entre l'exploitation et le marché.

Pour plus d'informations : ASC

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Le 7 Avril 2015

Création du parc marin de l'estuaire de la Gironde et des Pertuis charentais




Illustration à partir de la carte de l'Agence des aires marines protégées : Carte du périmètre du Parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis

La Rochelle : Ségolène Royal acte la création du septième Parc naturel marin

Ce samedi, la ministre de l'Ecologie a signé le décret de création du Parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis. Ce sera le plus grand parc marin hexagonal

Source : Sud Ouest par Luc Bourrianne

"C'est un très beau jour", s'est enthousiasmée Ségolène Royal avant d'acter la création du septième Parc naturel marin français, celui qui va englober les pertuis charentais et l'estuaire de la Gironde.

La ministre de l'Ecologie s'est félicitée d'avoir relancé le projet qui avait été arrêté à l'automne 2012. Elle a eu beau jeu de rappeler qu'en tant que présidente de la région Poitou-Charentes, elle avait "réclamé sa création dès 2008".

Les nombreux élus locaux présents ont salué cette création. De Philippe Plisson (député PS de la Gironde) à Didier Quentin (député-maire UMP de Royan), ils se sont tous félicités de la renaissance du projet. Beaucoup se sont montrés davantage perplexes quant aux moyens qui seront alloués au futur parc.

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Un cadeau royal pour Marennes 

Alors que les élus étaient invités par la ministre à réagir à la création du Parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis, Hervé Blanché (maire UMP de Rochefort) douchait l'ambiance et brisait l'unanimité du moment : « Rochefort est candidate à l'accueil du siège social du Parc naturel marin. Nous sommes central, accueillons déjà le siège national de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), le Centre international de la mer ou encore le Conservatoire du littoral. Et en plus, nous avons des bâtiments beaucoup plus grands que ceux de Marennes. »

Source : Sud Ouest

Un plaidoyer qui ne troublait pas Ségolène Royal. Sans ciller, la ministre de l'Écologie prenait tout le monde de court en officialisant sa décision, à l'avantage de la ville dirigée par le socialiste Mickaël Vallet. « L'État a choisi Marennes car, justement, il est important que tout ne soit pas au même endroit. Il faut répartir les potentiels, rapprocher les territoires. » Une argumentation qui ne calmait pas le maire rochefortais. « C'est le fait du prince et comme tout fait du prince, ce n'est pas forcément logique. C'est un choix politique. » De son côté, le maire de Marennes se réjouissait de l'officialisation ministérielle avant d'être à son tour surpris par les annonces de Royal. La ministre évoquait en effet d'elle-même les locaux de l'ancien tribunal de Marennes pour accueillir le siège quand Mickaël Vallet ne parlait encore que de « simple hypothèse ». Au final, on s'en doute, les 30 agents du Parc devraient bien siéger dans l'ancien tribunal de Marennes.

Remarque personnelle : Le quartier maritime de Marennes-Oléron par le nombre de ses inscrits maritimes (pêcheurs et conchyliculteurs), fait partie des plus grands quartiers en France, il mérite bien ce siège... A Marennes... Dans une autre majorité, La Tremblade (sur l'autre rive de la Seudre) aurait aussi été un bon choix...

Les enjeux économiques du parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et des pertuis charentais

Samedi 4 avril, le parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et des pertuis charentais est créé par décret de la ministre de l’Ecologie et du développement durable, Ségolène Royal. Il s’ajoute à la liste des six parcs marins français existants. 

Certains pensaient que ce parc naturel marin ne verrait jamais le jour. Mais, il y a un peu moins d'un an, à La Rochelle, la ministre, Ségolène Royal relançait la procédure de création qu'avait impulsée Jean-Louis Borloo en juin 2008.

Un périmètre de 6 500 km²

Le parc marin est doté d'une gouvernance centrée sur un conseil de gestion de 69 membres issus des collectivités territoriales, de groupement professionnels, des services de l'Etat et des associations des pratiques et usages maritimes de loisirs. La concertation est le maître mot qui doit régir ses interventions, sur un périmètre de 6 500 kilomètres carrés qui s'étire du pertuis Breton, au nord, au bec d'Ambès, en amont de l'estuaire de la Gironde. Un linéaire côtier de près de 700 kilomètres, dont 230 pour les quatre îles charentaises-maritimes.

Concilier intérêts économiques et respect de la nature...

Comment sera financé le parc marin ?

Une très forte activité économique maritime


Parmi les activités économiques majeures exercées dans le périmètre du parc se trouvent celles des deux Grands Ports maritimes de La Rochelle et de Bordeaux. Ils cumulent près de 18 millions de tonnes de trafic. Il y a aussi la conchyliculture charentaise, avec la mise en marché de près de 20 000 tonnes de moules et 45 000 tonne d'huîtres. Le sort des flottilles de pêche artisanale de La Rochelle, La Cotinière, et Royan, mais aussi des pêcheurs de l'estuaire de la Gironde, au regard des quotas et restrictions européennes, est aussi sensible dans ce périmètre. On ne saurait, enfin, éluder les enjeux de la qualité des apports d'eau douce des bassins versants vers l'aval et les productions maritimes.

Pour en savoir plus :

Communiqué de presse

Création du Parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et des Pertuis charentais…sur le papier !



Ce samedi, la ministre de l’Ecologie signera enfin le décret de création du septième Parc Naturel Marin français, celui de l'estuaire de la Gironde et des Pertuis charentais, le plus grand de métropole ! Après un abandon de 5 ans, France Nature Environnement et ses associations membres la LPO, la SEPANSO Gironde, Nature Environnement 17, Ré Nature Environnement, Vendée Nature Environnement et Coorlit 85, mobilisées depuis le début du projet, saluent cette bonne nouvelle mais restent exigeantes concernant les objectifs et la gouvernance du parc et s’inquiètent des moyens humains et financiers qui seront déployés. 

Source : FNE

Explications. 

Un parc attendu pour un milieu exceptionnel

6 000 km², 700 kilomètres de côtes, des zones d’enjeux écologiques majeurs, une multitude d’activités maritimes…Nos associations soutiennent pleinement l’esprit de ce parc marin qui conduira les acteurs du littoral, à approfondir leurs connaissances des milieux marins et estuariens, à débattre de façon concertée à propos des orientations à donner aux activités maritimes et nautiques dans le but d’en pérenniser les ressources, protéger les milieux marins et assurer la vie économique raisonnée des territoires concernés. Rappelons qu’un parc marin a pour mission première la connaissance du patrimoine marin, puis la protection du milieu marin, et, enfin, son développement durable. Son action doit viser à concilier les activités existantes les unes avec les autres en s'appuyant sur le rassemblement, au sein d’un seul conseil de gestion tel un « parlement de la mer », des élus, professionnels, usagers et associations territorialement concernés.

Pour Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO : « La LPO se réjouit de la création du Parc Marin, qui vient conforter notamment les réserves naturelles qu’elle gère et qui accueillent les effectifs d’oiseaux hivernants les plus importants de la façade Atlantique.»

A cette occasion, FNE et ses associations membres attendent la reconnaissance et un appui pour les gestionnaires associatifs des aires protégées.

Carte extraite de l'article de Sciences et Avenir : Pertuis charentais et Gironde deviennent le 7e parc naturel marin français

Pour un parc représentatif des intérêts environnementaux

La création de ce parc est une bonne nouvelle pour les milieux marin et estuarien. Néanmoins, les associations exigent que soient définis un périmètre cohérent et une gouvernance équilibrée afin de défendre les intérêts de ce milieu naturel remarquable à sa juste mesure.

Nos associations demandent l’intégration du plateau de Rochebonne ainsi qu’un découpage en deux comités géographiques et non trois[1], comme proposé lors des dernières réunions de concertation et ce, afin de respecter le fonctionnement naturel des milieux.

Par ailleurs, un parc marin concilie nature et activités. La représentativité des défenseurs de l’environnement s’améliore, tout en restant malheureusement toujours minoritaire, ce qui est insatisfaisant. Les océans, étant devenus progressivement de nouveaux moteurs économiques (énergies marines renouvelables, extraction de granulats marins, etc.), nos associations poursuivront leur investissement au sein du « parlement de la mer » et exigeront que la protection du milieu marin soit clairement affichée dans les orientations du parc afin d’éviter un accaparement par les activités économiques.

Pour Yves Le Quellec, président de Vendée Nature Environnement : « Cette création est une bonne nouvelle et contribuera à renforcer le lien terre-mer, négligé aujourd’hui. Parce que l’essentiel de la pollution en mer vient des bassins versants, nous ferons en sorte de consolider les travaux portant sur l’interface entre les espaces marins et terrestres. »

Une belle ambition…sur le papier pour l’instant !

Depuis l’enquête publique en 2011, nos associations n’ont cessé de s’interroger sur les engagements humains, techniques et financiers dont sera doté le parc marin. A ce jour, ces interrogations ne peuvent être que renforcées aux regards des actualités récentes : Création du parc marin du bassin d’Arcachon, projets de parcs marins en Martinique ainsi qu’au Cap Corse, extension du réseau Natura 2000 en mer, mise en œuvre de la directive-cadre stratégie pour le milieu marin, intégration de l’agence des Aires Marines Protégées au sein de l’Agence Française pour la Biodiversité, etc. Les surfaces à protéger et les problématiques marines augmentent, pas les moyens. Nos associations s’interrogent donc sur la stratégie de la France en matière de protection du milieu marin et rappellent qu’un parc marin a besoin de ressources pour fonctionner, répondre aux enjeux et à ses missions et mener des projets. L'étendue et la diversité des problématiques du parc marin de l'estuaire de la Gironde et des Pertuis charentais appelleront indéniablement des moyens accrus en termes de personnels, de spécialistes et de répartition géographique.

Pour Denez L’Hostis, président de France Nature Environnement et administrateur de l’Agence des Aires Marines Protégées: «Rappelons que les océans sont les premières victimes des changements climatiques et sont au cœur de la machine climatique planétaire. La création de parcs naturels marins peut et doit répondre aux enjeux des changements climatiques. A l’approche de la COP21, la France, second domaine maritime mondial, doit se montrer exemplaire en la matière en mettant en œuvre une stratégie ambitieuse de création et de gestion des aires marines protégées ! »

[1] Les trois comités géographiques proposés étaient le littoral vendéen, la mer des Pertuis et l’estuaire de la Gironde

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Salon conchylicole de La Tremblade


Le 43e salon national du matériel conchylicole, aquacole, pêche, énergies renouvelables et les loisirs de mer... 

La Tremblade - Charente-Maritime

11 au 13 avril 2015

Cette année le salon est ouvert à de nouveaux exposants et à de nouvelles technologies en particulier les énergies renouvelables, l'environnement, les énergies solaires et photovoltaïques, le traitement écologique des déchets. 

Tous matériels élevage, expédition, conditionnement (pompes électrique et moteurs, trieuses, calibreuses), cercleuses, laveurs, matériels de manutention, moteurs marins, propulseurs, accastillages, emballages et dérivés, bateaux, chalands, pontons, aménagements d'installations et de bureaux, matériels ostréicoles pneumatiques, techniques scientifiques, aquaculture, pêche artisanale, petite navigation et pêche de loisirs. 

Organisation de colloques. 

Ouvert de 9h à 12h et de 14h à 19h. Entrée gratuite... Renseignements : 05 46 47 22 57

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Le 6 Avril 2015

Les moules de Groix cuisinées à toutes les sauces

Les moules de l'île de Groix moule de corde élévée en pleine mer - Peinture Gildas Flahault

À la cantine municipale, le chef Jean-Louis Farjot et son invité Patrick Saigot, venu expliquer l'élevage des moules de Groix aux élèves de l'atelier.

Source : Ouest France

Animé par le patron du restaurant Le Cinquante, le dernier atelier de cuisine s'est déroulé samedi après-midi, à la cantine municipale. Il était dédié cette fois aux moules de Groix. Le chef Jean-Louis Farjot a eu l'idée d'inviter le mytiliculteur de l'île, Patrick Saigot, qui utilise comme méthode le captage naturel en pleine mer. Il a expliqué aux participants l'élevage des moules et leur vie de mollusque. « Les restaurateurs ne veulent pas prendre les moules de Groix, parce qu'elles sont dures à nettoyer... Ce qui fait que 10 % de la production est vendue sur place et tout le reste est exporté. Mais l'an prochain, nous investirons dans une machine pour les nettoyer », a-t-il annoncé.

Les élèves de l'atelier ont ensuite suivi les recettes du chef : moules farcies au beurre d'algue ; brochettes de moules ; baluchons retravaillés au chou ; crème de chou-fleur et risotto de moules cuites aux herbes... Ainsi s'achève le cycle consacré à la cuisine et aujourd'hui démarre un nouveau cycle sur le thème du jardin. « Samedi 11 avril, aura lieu un troc de plantes, sur le terrain Jep Jep, de 10 h à 12 h 30. Les inscriptions sont à effectuer dès à présent en mairie », indique Cécile Valentin, chargée de mission tourisme durable.

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Le Sétois Henri Grizel apporte son savoir-faire aux conchyliculteurs chinois


Depuis 2010, Henri Grizel s’est rendu à sept reprises sur des sites conchylicoles chinois.

L'ancien patron d'Ifremer Sète, Henri Grizel, a mené plusieurs missions en Chine pour initier les conchyliculteurs aux indispensables analyses. Entretien. 

Source : Midi libre

Retraité d'Ifremer depuis 2009, vous assurez pourtant encore des missions à l'étranger, dans quel cadre ? Je suis en fait membre de l'ECTI (à l'origine Échanges et Consultations Techniques Internationales). C'est une association de seniors désireux de s'engager, à l'issue de leur carrière, dans le développement. Le siège social, à Levallois-Perret, recueille les CV des volontaires, qui sont ensuite sollicités en fonction de leurs compétences pour des missions diverses au service de gouvernements ou de particuliers. Pour ma part, j'ai travaillé 38 ans à Ifremer autour des coquillages, de leur élevage, de leurs pathologies... Des compétences pour lesquelles l'ECTI vous a proposé plusieurs missions en Chine... L'existence de la mission nous est dans un premier temps signifiée, puis on postule et notre...

Retraité d'Ifremer depuis 2009, vous assurez pourtant encore des missions à l'étranger, dans quel cadre ?

Je suis en fait membre de l'ECTI (à l'origine Échanges et Consultations Techniques Internationales). C'est une association de seniors désireux de s'engager, à l'issue de leur carrière, dans le développement. Le siège social, à Levallois-Perret, recueille les CV des volontaires, qui sont ensuite sollicités en fonction de leurs compétences pour des missions diverses au service de gouvernements ou de particuliers. Pour ma part, j'ai travaillé 38 ans à Ifremer autour des coquillages, de leur élevage, de leurs pathologies...

Des compétences pour lesquelles l'ECTI vous a proposé plusieurs missions en Chine...

L'existence de la mission nous est dans un premier temps signifiée, puis on postule et notre candidature repart, en l'occurrence en Chine, cette fois, pour validation. En ce qui me concerne, ma première mission, en 2010, consistait en une assistance technique pour le Nantong (ville de 7,7 millions d'habitants dans la province du Jiangsu) Foreign Expert Bureau.

Où les Chinois ont un problème avec leurs coquillages ?

Ils en sont en fait au tout début : ils veulent recueillir des informations sur tout : les technologies, l'élevage, les écloseries, que cela concerne les huîtres, les moules ou encore les ormeaux...

Qu'ils ne savent pas encore produire ?

Comment élèvent-ils leurs coquillages ?

Mais s'ils font appel au savoir-faire français, c'est bien qu'ils ont un problème...

Et leur conscience de l'environnement ?

Du style escherichia coli (*) ?

Que leur avez-vous apporté ?

Les Chinois consomment-ils des huîtres ou veulent-ils seulement en produire pour les exporter ?

J'imagine qu'une partie de la population consomme les huîtres locales, notamment produites dans le sud. En revanche, dans les grandes villes, les cartes de restaurants un peu huppés proposent essentiellement des huîtres occidentales.

Une telle mission en Chine est, on l'imagine, grassement rémunérée...


L’antenne de Royan de la CCI présentait vendredi au siège de la Cara le bilan de son activité en 2014.

Tout n'est pas rose. Tout n'est pas noir ou porteur d'inquiétude, non plus. Il est intéressant, en effet, de souligner ce chiffre presque paradoxal pour un territoire où dominent les activités de service et de commerce de proximité : 48 entreprises du territoire ont exporté, en 2014. C'est notamment le cas dans le domaine ostréicole.

Les deux plus gros exportateurs du territoire sont d'ailleurs la SARL Spéciales Gillardeau et les huîtres Geay. Les consommateurs chinois apprécient particulièrement les huîtres Marennes-Oléron, contribuant à l'essor de l'exportation. Alors que le territoire de l'antenne de Royan de la CCI héberge 33 % des entreprises globalement recensées sur le territoire de la CCI Rochefort-Saintonge, on y enregistre 50 % des formalités d'exportation à l'international.


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Le 3 Avril 2015

Trop-plein d'huîtres à Pâques en Languedoc-Roussillon



C. Agullo et F. Detranchant.

Consommer des huîtres à Pâques ? La météo clémente en Languedoc-Roussillon a entraîné une surproduction d'huîtres de Bouzigues dans le bassin de Thau. Les producteurs sont prêts à baisser les prix pour écouler les stocks, notamment pendant les fêtes pascales.

Source : Midi Libre par Z. S. avec AFP

Une campagne nationale incite à la consommation d'huîtres pendant les fêtes pascales afin d'écouler une certaine surproduction due à une météo clémente et à une faible consommation à Noël alors que les ostréiculteurs réalisent de 40 à 80% de leur chiffre d'affaires pendant les fêtes de fin d'année.

La commercialisation des huîtres et des moules de l'étang de Thau avait par ailleurs été suspendue en fin d'année en raison des inondations de l'automne.

La surproduction d'huîtres de Bouzigues dans le bassin de Thau (Hérault), qui représentent 90% des huîtres de Méditerranée, est estimée entre 800 et 1.000 tonnes (entre 7.000 et 8.000 tonnes sur le plan national) en ce qui concerne les calibres 0 et 1, confirme le président du Comité régional de conchyliculture de Méditerranée Philippe Ortin.

L'automne 2014 a été favorable à la croissance des huîtres et on s'est retrouvé avec des huîtres très grosses en quantités non négligeables, qui ne se sont pas vendues à Noël", explique Gérald Viaud, président du Comité national de la conchyliculture (CNC).

Depuis 2008, l'ostréiculture connaît une crise en raison de la présence d'un herpès virus qui a décimé jusqu'à 75% des jeunes huîtres (naissains). Depuis 2013, les huîtres de taille adulte sont elles aussi victimes d'un taux de surmortalité important, pouvant atteindre 65% selon l'Ifremer.

Dans la grande distribution, on trouve actuellement la douzaine d'huîtres n°2 autour des 6 euros, contre 9 euros pour celles de calibre 3. Une huître de calibre zéro pèse entre 150 et 250 grammes et une n°3 environ 75 grammes.

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Des huîtres à Pâques pour écouler les stocks en gros calibres

Une campagne nationale incite à la consommation d'huîtres pendant les fêtes pascales afin d'écouler une certaine surproduction due à une météo clémente

Source : Libération avec AFP

Des huîtres à Pâques. Pourquoi pas? Une campagne nationale incite à la consommation d’huîtres pendant les fêtes pascales afin d’écouler une certaine surproduction due à une météo clémente, une consommation plus faible en fin d’année ou à l’embargo russe.

«L’automne 2014 a été favorable à la croissance des huîtres et on s’est retrouvé avec des huîtres très grosses en quantités non négligeables, qui ne se sont pas vendues à Noël», explique à l’AFP Gérald Viaud, président du Comité national de la conchyliculture (CNC). Les ostréiculteurs réalisent de 40 à 80% de leur chiffre d’affaires pendant les fêtes de fin d’année.

«L’huître est un produit d’exception qui ne se consomme pas uniquement pendant les fêtes de fin d’année», peut-on lire sur le site du CNC à la rubrique «Huître de Pâques». Le Comité a mis à la disposition de ses membres des outils de communication - recettes, affiches, petit film présentant la filière - pour promouvoir les huîtres de gros calibre (numéro 0, 1 et 2), alors que depuis quelques années les consommateurs demandent plutôt des mollusques plus petits (n°3).

Dans la grande distribution, on trouve actuellement la douzaine d’huîtres n°2 autour des 6 euros, contre 9 euros pour celles de calibre 3. Une huître de calibre zéro pèse entre 150 et 250 grammes et une n°3 environ 75 grammes.

«Les huîtres ce ne sont pas des boulons, c’est pas un produit industriel», souligne M. Viaud. «On oublie que ce sont des animaux vivants qui réagissent aux éléments de la nature», explique-t-il, assurant que le surplus de grosses huîtres concerne actuellement entre 7.000 et 8.000 tonnes et que tous les bassins sont concernés.

La surproduction d’huîtres de Bouzigues dans le bassin de Thau (Hérault), qui représentent 90% des huîtres de Méditerranée, est estimée entre 800 et 1.000 tonnes en ce qui concerne les calibres 0 et 1, confirme le président du Comité régional de conchyliculture de Méditerranée Philippe Ortin.

- Campagne 'trop tardive' -

L’ostréiculteur met en cause la douceur automnale mais également une faible consommation à Noël, ainsi que le fait que les huîtres du bassin de Thau sont triploïdes, ce qui les empêche de se reproduire mais conduit à un fort développement. M. Viaud pointe du doigt également l’embargo alimentaire décrété en août dernier par la Russie en réponse aux sanctions occidentales liées à la crise ukrainienne.

Depuis 2008, l’ostréiculture connaît une crise en raison de la présence d’un herpès virus qui a décimé jusqu’à 75% des jeunes huîtres (naissains). Depuis 2013, les huîtres de taille adulte sont elles aussi victimes d’un taux de surmortalité important, pouvant atteindre 65% selon l’Ifremer.

«Les huîtres qui survivent continuent à grossir du fait qu’elles ont plus de place et surtout davantage d’aliments pour se nourrir vu qu’elles sont moins nombreuses», explique Philippe Le Gal, président du Comité régional de conchyliculture de Bretagne Sud, soulignant que les professionnels du secteur ont essayé de mettre en place davantage de naissains depuis 2008 pour pallier la surmortalité.

«On n’est pas revenus à une production normale», assure-t-il cependant, M. Viaud précisant qu’avant 2008 elle était de quelque 150.000 tonnes par an, contre 100.000 en moyenne depuis.

La petite production haut-normande (100 à 150 tonnes), concentrée à Veules-les-Roses (Seine maritime) où sont présents cinq ostréiculteurs, se dit en revanche plutôt satisfaite de la situation actuelle. «Pour nous, côté production c’est la stabilité avec une belle qualité», se réjouit Gérard Gallot, ce qui devrait ravir les consommateurs.

«Mangez des huîtres pour Pâques! Il n’y a pas que les chocolats, on mange les chocolats après les huîtres!» lance à leur égard Gérald Viaud. Une campagne de promotion «trop tardive» cependant pour Ronan Henry, ostréiculteur à Saint-Philibert (Morbihan), qui regrette «un manque d’anticipation des instances nationales», assurant avoir un surplus de production de 30%.

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Le 24 Mars 2015

Mytiliculture. Les moules meurent en baie de Bourgneuf


Le phénomène qui a frappé en 2014 la baie de L'Aiguillon-sur-Mer semble se reproduire dans le nord. Le signal d'alarme est tiré.

Source : Ouest France

« Aujourd'hui, un nouveau phénomène de mortalité anormale est observé par les mytiliculteurs de la Baie de Bourgneuf, dont certaines exploitations subissent des taux de mortalité pouvant atteindre 70 % », indique le conseil général dans un communiqué signé de son président, Bruno Retailleau.

La filière mytilicole vendéenne se remet à peine d'une crise « d'une ampleur exceptionnelle » qui avait occasionné la destruction de 80 à 100 % des élevages, il y a un an tout juste, dans la baie de L'Aiguillon. En cause, une bactérie tueuse de naissains qui avait proliféré, favorisée par une eau de mer anormalement douce. « Plus de 70 exploitations avaient été touchées de plein fouet et près de 300 emplois fragilisés », rappelle Bruno Retailleau. Aujourd'hui, l'eau qui baigne les bouchots de la baie de L'Aiguillon a retrouvé une salinité conforme aux conditions d'élevage. « Les coquillages grandissent normalement et si tout va bien, nous connaîtrons une saison satisfaisante », assure Yan Aujard, mytiliculteur à L'Aiguillon-sur-Mer.

Moules : une surmortalité en baie de Bourgneuf



Source : TV Vendée
 
« Lancer des analyses »

En revanche, le spectre d'une hécatombe se profile chez les professionnels de la baie de Bourgneuf, « qui craignent pour l'avenir de leurs exploitations ». Le président du département tire le signal d'alarme : « Il est indispensable que soient très rapidement lancées, sur l'ensemble des bassins mytilicoles du Nord-Vendée, des analyses les plus complètes possibles afin de mieux appréhender les risques de ce phénomène de mortalité. »

Bruno Retailleau a réclamé aux services d'Alain Vidalies, secrétaire d'État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, « de prendre les mesures urgentes pour répondre à la légitime inquiétude des mytiliculteurs vendéens, afin que ne se reproduise une crise identique à celle subie en 2014. »

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