Poisson et Vin se marient bien en Bio !

Selon le Baromètre du Bio 2009, Poisson et Vin sont les deux produits à connaitre la plus forte progression dans les produits alimentaires biologiques (AB). Les poissons sont désormais consommés par 14% des consommateurs-acheteurs bio contre 7% l’an passé et les vins par 18% d’entre eux contre 11% en 2008.

La marge de progression des poissons bio et des vins bio serait encore grande par comparaison avec le niveau des autres produits alimentaires. Les fruits et légumes qui figurent au 1er rang des produits bio consommés, ont la faveur de 80% des consommateurs-acheteurs de Bio. Ils sont suivis des produits laitiers (71%), des oeufs (62%), des produits d’épicerie (huiles, pâtes, riz : 56%), de la viande (49%), du pain (42%) et des boissons (43%).

Selon l’Agence Bio, cette progression importante de la consommation des poissons et vins bio correspond à une augmentation de l’offre. Les viticulteurs français l’ont bien compris. Des vignobles entiers se convertissent actuellement en agriculture biologique. La comparaison entre le vin et le poisson s'arrête là....

Pour nous, le meilleur mariage, c’est un bon vin bio qui accompagne un bon poisson sauvage. Comme le montre le graphique, le poisson sauvage a encore la faveur d’une large majorité des consommateurs bio. Mais pour combien de temps ?

Du poisson bio principalement importé

L’offre française en poisson bio se limite à une trentaine de piscicultures (truite, bar et daurade) qui couvrent près de 20% du marché hexagonal. Les importations constituent donc la part la plus importante, avec du saumon bio d’Irlande, d’Ecosse et de Norvège.

Ces trois pays misent sur un développement important du marché biologique. Le gouvernement norvégien a déjà attribué des concessions piscicoles pour un potentiel de production annuelle de plus de 30.000 tonnes de saumon. L’Ecosse espère atteindre rapidement 10% de sa production salmonicole en bio (plus de 10.000 tonnes).

Il faudra compter aussi sur le tilapia et le panga biologiques....

Nous pouvons déjà nous interroger sur les incidences de ces poissons d'élevage biologique sur le marché traditionnel des poissons sauvages et les parades à mettre en place pour limiter les pertes de marché, un marché français des produits de la mer déjà bien ébranlé par les produits piscicoles classiques. La force de persuasion des multinationales de l'aquaculture est très grande ; elles peuvent faire pencher la balance du côté AB sans trop de problème. « Encore marginal avec 2% du marché alimentaire, le produit bio tient une place grandissante dans le panier du consommateur. » Philippe FAVRELIERE (modifié le 7 février 2010)

Autres articles :

Informations complémentaires :

Revue de presse :

Le 9 février 2010 : Ariège - La 1e truitticulture bio française en 2000

L'élevage de truites bio de Montbel récompensé (ariegenews)
Le «prix de la dynamique agricole et de la Pêche», catégorie agriculture durable. Voici le prix dont vient d’être lauréate la ferme aquacole du Plantaurel en Ariège.
Une reconnaissance bien méritée pour une production qui respecte les animaux et le milieu du début à la fin. D’autant plus que l’exploitation a été la première en France à produire du poisson bio en 2000.
Un pari gagnant pour la ferme en plein essor dans le bio, et qui a concentré son activité sur la production de truites, en se répartissant sur deux sites…..

Le 10 février 2010 : Les poissons bio sont bien meilleurs !!! argumentation à l'appui....

Les poissons bio ?
Les poissons sauvages ne sont pas certifiables bio car l'on ne peut pas suffisamment contrôler leurs conditions de vie en mer.
En revanche il existe une certification bio pour les poissons d'élevage.
Pour obtenir la certification, les élevages doivent respecter certains critères, notamment :
- nourrir les poissons avec des farines provenant de sources plus durables. En pratique, cela veut dire utiliser des farines faites à base de restes de poissons (après filetage par exemple) destinés à la consommation humaine (mais qui ne sont pas pour le moment forcément des poissons bio) ou à base de poissons pêchés en mer de manière responsable
- une densité d'élevage adaptée à l'espèce;
- une utilisation de produits chimiques, hormones et antibiotiques strictement contrôlée. Avec une densité d'élevage moins importante, les poissons sont moins susceptibles d'être malades; ce qui permet de réduire les doses d'antibiotiques qui leur sont administrées;
- aucune utilisation de génie génétique;
- les écosystèmes environnants sont protégés du mieux possible;
- l'utilisation d'arômes et colorants est interdite. L'utilisation de conservateurs est contrôlée.
La certification bio des aquacultures a été controversée, car il ne s'agit toujours pas d'un processus à 100% durable. L'ONG international WWF soutient qu'il s'agit d'une bonne façon de manger du poisson de manière responsable, alors que Greenpeace reste mitigé sur le sujet. Source : Quels poissons consommer pour une pêche durable? (La Cuillère)

Le 11 février 2010 : La conserverie Gonidec investit dans le bio

Conserverie de Concarneau - Un prix Produit en Bretagne pour Gonidec (Ouest France)
Jacques Gonidec présente le produit qui a permis à son entreprise d'obtenir le prix nouveauté 2010 de Produit en Bretagne : des rillettes de saumon bio. Les rillettes de saumon bio constituent le dixième produit labellisé.
Le prix Produit en Bretagne.
Les Mouettes d'Arvor se voient décerner pour la troisième fois un prix Produit en Bretagne. Pour des rillettes de saumon bio. Produit en Bretagne (l'association visant à promouvoir la production régionale) vient de décerner ses prix nouveauté 2010. La conserverie Gonidec (installée à Keramporiel, mais qui mitonne un projet d'extension) s'illustre une nouvelle fois. Car elle avait déjà été primée pour ses sardines au beurre, et ses boîtes millésimées que les collectionneurs s'arrachent.
Cette fois, ce sont les rillettes de saumon bio qui ont obtenu la faveur du jury 2010, dans la catégorie nouveauté. « Cette gamme de produits bio constitue pour nous une niche non négligeable, confiait hier Jacques Gonidec. Et si jusqu'ici ce sont les ingrédients qui ont le label bio (il n'existe de label bio que pour le poisson d'élevage), l'ensemble a obtenu l'agrément AB (agriculture biologique). Ce qui nous permet de considérer ces produits comme bio. »
Ce marché du bio, l'entreprise Gonidec y croit beaucoup. Elle a ainsi lancé plus de dix produits : « C'est suffisant, ajoute Jacques Gonidec. Et nous n'avons pas créé une nouvelle marque pour les distribuer. Nous souhaitons qu'ils figurent en rayon parmi nos autres produits, et plutôt pas à l'écart, dans un rayon spécifique bio. »….

Le 26 août 2010 : Aquaponics, le mariage du poisson et des légumes bio

Qu’est-ce-que l’Aquaponics ?

L’Aquaponics est une approche relativement nouvelle de production alimentaire qui associe poissons et plantes dans une relation symbiotique. Myles Harston de l’AquaRanch qui travaille selon ce système depuis 1992, élève des tilapias et une grande variété de légumes biologiques comme laitue, chou frisé, bette à carde, tomates et piments.

Pour plus d’informations : Aquaponics project to launch in Santa Cruz (Fis)



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Le 17 mars 2011

Vins et pisciculture biologiques

Les surfaces viticoles atteignent 5 % du vignoble national et pourraient, selon les prévisions, atteindre 8 % l'année prochaine. La pisciculture (truites, bars, daurades) représente, quant à elle, 5 % des sites d'élevage français et enregistre une très forte hausse en tonnage. Entre 2007 et 2010, le nombre de sites a augmenté de 12 à 28, la production de 700 à 1 200 tonnes.

Parmi les produits, on retrouve poissons frais, truites fumées, rillettes et préparations pour bébés, note Gaël Michel, chargé de mission développement durable au Comité interprofessionnel des produits de l'aquaculture (CIPA). Ce dernier n'est pas rassuré pour autant. Il " redoute un développement majeur de la pisciculture bio à l'étranger " à la suite de l'introduction de règles européennes en 2009, notamment la suppression de certains critères comme la qualité d'eau des sites et la baisse de la densité maximale d'élevage (de 25 kg à 15 kg par m3 en mer, de 35 kg à 25 kg par m3 en eau douce). Cette évolution pénalise les pisciculteurs français, car elle nécessite une extension des sites. Or, aucune expansion de la sorte n'est autorisée en France depuis plus de 10 ans.

L'alimentation bio fait son chemin à l'école - Pour faciliter l'approvisionnement en bio des cantines scolaires, le Conseil général de la Drôme est en train de mettre en place une plate-forme départementale de services sur Internet. Le but de cet outil, qui sera présenté au Printemps Bio à Paris en juin, est de permettre aux intendants des trente collèges du département de consulter rapidement les disponibilités et prix des producteurs proches de leur établissement et d'effectuer des achats inférieurs à 4 000 euros, donc sans appel d'offres. Sur environ 1,7 million de repas distribués chaque année aux 18 309 élèves des collèges drômois (13 417 pensionnaires), la part du bio approche les 20 % : fruits du verger, légumes, céréales, oeufs, viande, fromage... Soit le pourcentage préconisé par le gouvernement en 2012 pour la restauration collective de l'ensemble des entreprises publiques françaises

Une demande supérieure à l'offre - C'est là où le bât blesse : près de 30 % des achats bio des consommateurs français sont importés. Plus de 90% des poissons bio et autres produits de la mer bio (moules, algues,…) sont importés d’Irlande, Ecosse, Norvège, Grèce,... De même, les agriculteurs peinent à faire face à la demande. Ils étaient 16 446 en 2009 (23,7 % de plus qu'en 2008), mais en raison des contraintes, le nombre de conversions devrait se tasser en 2011, estime Jacques Pior, responsable agriculture biologique au service Qualité de l'assemblée permanente des Chambres d'Agriculture (APCA). " Le contrôle biologique nous coûte 700 à 800 euros par an ", indique Bernard Devoucoux, exploitant d'une ferme de 110 hectares dans l'Allier (35 vaches à viande charolaises, 70 brebis, 4 000 poulets et 30 hectares de cultures). Source : Salon international de l’Agriculture de Paris - Les Français disent « oui » à l’agriculture biologique (Mediaterre)

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