vendredi 29 mai 2015

Thon rouge : une pêcherie qui brasse des millions... répartis inéquitablement !


Avec un quota de 2971,71 tonnes attribué à la France, la pêcherie de thon rouge dégagera un chiffre d’affaires de plus de 30 millions d’euros en 2015. Un chiffre comparable aux plus importantes pêcheries françaises ! Un chiffre conséquent surtout pour la flottille industrielle qui se taille la part du lion : 17 thoniers-senneurs se partagent la plus grosse part du « gâteau » et ce en quelques jours de pêche entre le 26 mai et le 24 juin 2015 (1). Alors que les artisans pêcheurs - canneurs - palangriers et ligneurs - doivent se contenter de quelques tonnes réparties quasiment sur toute l’année...

A vos calculettes ! (*)

Téléchargez Ici  le document avec la répartition des quotas par bateau dans (*) : Arrêté du 3 juin 2015 modifiant l’arrêté du 28 janvier 2015 établissant les modalités de répartition du quota de thon rouge (Thunnus thynnus) accordé à la France pour la zone océan Atlantique à l’est de la longitude 45° Ouest et Méditerranée pour l’année 2015. (JORF du 6 juin 2015)

Et calculez le chiffre d'affaire par thonier-senneur sur la base de 10 euros le kilo et le CA à la journée de pêche pour les senneurs qui ont atteint leur quota de thon rouge en moins de 3 jours dans la zone Sud Baléares (1).

(*) Depuis le haro des ONGE sur le thon rouge, cette pêcherie méditerranéenne est probablement l'activité de pêche la plus réglementée et la plus transparente dans le monde jusqu'à pouvoir calculer à l'euro près le chiffre d'affaire de chaque bateau !..

Quand on parle du thon, les journalistes perdent la tête !

par Clément Calmettes

L'ouverture de la pêche au thon rouge en Méditerranée pour les senneurs est l'occasion, pour certains journalistes, de faire découvrir une activité souvent ignorée. Ils donnent malheureusement l'impression que les lecteurs ne sont pas les seuls ignorants.

Le quota de pêche de thon rouge en hausse de 2.500 tonnes pour 2015



La campagne du thon rouge qui débute en Méditerranée, pour une période d'un mois, s'annonce sous de bons auspices. Le plan de reconstitution de cette espèce, mis en place par l'Union européenne en 2006 pour limiter une pêche intensive, porte ses fruits. Le quota passe de 13.500 à 16.000 tonnes.

Source : France 3 Languedoc-Roussillon  Par Fabrice Dubault

Dans le Monde (2), Martine Valo profite du thon rouge, non pas pour insister sur le sauvetage quasiment miraculeux de cette espèce : stock supérieur à celui des années 2000, quotas en hausse, etc (3). Elle n'évoque pas non plus la difficulté des petits métiers dont la technique de pêche (la thonaille) a été interdite, les obligeant à se porter (avec réussite) vers les palangres et les lignes. Pas un mot non plus sur le combat que mènent ces petits pêcheurs pour un partage plus équitable de la ressource. Non, pour éviter de signaler que les choses peuvent s'améliorer en termes d'environnement et de gestion des pêches, pour éviter de parler de pêche responsable, on préfère changer immédiatement de sujet et semer la confusion en décrivant la pêche sur DCP dans les océans Indien et Pacifique. On reprend alors le discours des industriels français du thon tropical, en le mélangeant avec celui de Greenpeace (totalement compatible, dans ce cas). On y décrit les Dispositifs de Concentration du Poisson comme un engin de pêche, alors qu'il s'agit de radeaux autour desquels on peut pêcher avec différentes techniques. Aucun DCP en Méditerranée pourtant, mais des thoniers senneurs (plus petits que dans ceux des armements bretons ou réunionnais) qui respectent désormais globalement les quotas, embarquent des inspecteurs des pêches... On mélange l'industrie globalisée de la conserve de thon tropical et la flottille européenne opérant sur le thon rouge en Méditerranée. On évoque une prétendue surpêche au lieu de dénoncer les abus et les fraudes qui, malheureusement, perdurent (plus souvent concernant les hommes, leur paie, leurs droits que les poissons, les quotas, etc.).

jeudi 28 mai 2015

Sea ranching : Plus de 1 million de pétoncles noirs semés en Rade de Brest



Mois de Mai 2015

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Suite de la revue de presse : Mois de juin 2015


Le 30 Mai 2015

Plus de 1 million de pétoncles noirs semés en Rade de Brest



Dans la volonté de diversifier les pêcheries de coquillage en Rade de Brest, le projet DIRAPEN associant l'écloserie du Tinduff et le Comité Départemental des Pêches Maritimes du Finistère a vu le jour en 2015.

Source : Cdpm 29

Financé en partie par France Filière Pêche et EDF, ce programme vise à rechercher les zones et conditions favorables au développement de naissains de pétoncle noir.

Cette semaine, au banc du Roz, en baie de Roscanvel et dans l'anse de Kerdrein, plus de 900 000 pétoncles ont été semés sur ces 3 sites de 100 m2 qui sont dorénavant fermé à la pratique de la drague. Le suivi de la croissance de ces pétoncles est assuré sur l'année par l'Ifremer.

Coopérative maritime de production de naissains de coquilles St Jacques et Pétoncles

L’écloserie du Tinduff a été créée à l’initiative des pêcheurs de la rade de Brest en 1983. Alors qu’il se pêchait jusqu’à 2000 Tonnes de coquilles Saint Jacques par an dans les années 50-60 (début de la mécanisation de la pêche), la production est tombée à 30 Tonnes à la fin des années 70. Cette chute s’explique par les effets combinés de la surpêche et de conditions climatiques défavorables (hivers rigoureux notamment 62-63).

Les pêcheurs représentés par leur structure professionnelle, aidés des scientifiques (IFREMER) et des collectivités locales, ont créé l’écloserie du Tinduff afin de reconstituer le stock de coquilles Saint Jacques. Il a fallu près de 15 ans de recherches avant de maitriser les différentes phases (production de juvéniles et semis dans le milieu naturel).

Cette démarche avant-gardiste est aujourd’hui citée en exemple au niveau français mais aussi au niveau mondial comme exemple de gestion de la ressource.

Nous travaillons, aujourd’hui, pour les gisements coquillers allant de Granville jusqu’à la Rochelle.

Pour en savoir plus : Ecloserie du Tinduff

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Le 29 Mai 2015

Langouste rouge : population en hausse en mer d'Iroise

850 tonnes pêchées après guerre. Seulement 15 tonnes aujourd'hui, dont la moitié en mer d'Iroise, la langouste rouge s'est raréfiée de manière spectaculaire. Depuis 2007, les pêcheurs, Ifremer et le Parc marin d'Iroise ont pris des mesures pour tenter à terme de relancer l'espèce.



Intervenants : Claire Laspougeas, chargée de mission pêche professionnelle Parc marin d'Iroise - Images Agence des aires marines protégées - Martial Laurans, chercheur Ifremer Brest - Erwan Quemeneur, technicien comité des pêches du Finistère / Reportage : J. Le Bot - C. Aubaile - P. Pasco

Source : France 3 Bretagne    Publié le 29/05/2015

Au seul nom de langouste, on s'imagine des pays lointains exotiques. Et pourtant, la langouste rouge est un crustacé présent naturellement en Bretagne. Depuis longtemps, les langoustes sont recherchées pour la délicatesse de leur chair.

Bien trop pêchées en Finistère

Extrêmement abondante mais beaucoup trop pêchée en Finistère depuis la fin du XIXe siècle, l’espèce s'est fait très rare. Conscients de la surpêche des années 50, les marins pêcheurs ont alors décidé d'un cantonnement dans la chaussée de Sein début 2007, une zone interdite à la pêche à la langouste rouge. Un suivi scientifique a également été instauré grâce au Parc marin d'Iroise et Ifremer.

Suivi scientifique

Les langoustes capturées pour ce suivi sont mesurées, pesées et marquées avant d’être rejetées à la mer. Les pêcheurs professionnels et plaisanciers, associés à ce programme préviennent Ifremer et le Parc naturel marin d’Iroise s’ils attrapent une langouste marquée. L'objectif est de compter ces crustacés, de connaître leurs déplacements, et de savoir si elles se reproduisent.

Des résultats encourageants

Les premiers résultats ont permis de noter une abondance en hausse. Il y a davantage de langoustes aujourd"hui qu'en 2007. A plusieurs reprises, l’abondance, en quelques points (c'est-à-dire les zones de pêche expérimentale définies au sein du cantonnement), dépasse les 20 kg, ce qui est rare lors d’une pêche professionnelle. A trois reprises, au cours des deux dernières années (2013 et 2014), elle est égale ou supérieure à 30 kg, atteignant en 2014, la valeur record de 55 kg. L'avenir des stocks de langouste, encore marginaux en France est pris très au sérieux par la profession. Dès 2009, le comité des pêches national avait décidé d'augmenter la taille minimale de capture (11 cm), au delà de la norme européenne (9,5 cm).

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Le 28 Mai 2015

TTIP : Recommandations du Parlement européen sur l’accord commercial avec les USA


Ce jeudi 28 mai 2015, les eurodéputés de la commission du commerce international (INTA) ont voté le projet de rapport contenant les recommandations du Parlement européen sur les négociations commerciales avec les USA : Recommandations à la Commission européenne sur les négociations relatives au partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP)

Le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (Transatlantic Trade and Investissements Partnership), c'est le nom de l'accord de libre-échange entre les États-Unis et l'Union européenne en discussion depuis 2013.... Il vise à constituer un marché commun de plus de 820 millions de consommateurs de part et d'autre de l'Atlantique. Les négociations, juridiquement complexes et politiquement sensibles, prennent du temps et risquent de s'éterniser. Malgré tout, Barack Obama qui a reçu les pleins pouvoirs du Sénat pour aboutir rapidement sur l'accord transatlantique ainsi que sur l'accord transpacifique, espère conclure d'ici la fin de son mandat (fin 2016)... 

« Les terminer avant la fin du mandat Obama est de moins en moins réaliste », indique l'Allemand Bernd Lange (social-démocrate) président de la commission du commerce extérieur et rapporteur pour le Parlement depuis novembre 2014...

Ces derniers mois, toutes les commissions parlementaires (Agriculture et développement rural, Transports et tourisme, Emploi et affaires sociales, Marché intérieur et protection des consommateurs, Environnement, santé publique et sécurité alimentaire, + 9 autres commissions) ont donné leur avis sur cet accord commercial de libre échange entre les deux plus importants blocs économiques au monde...

Toutes les commissions parlementaires à l’exception de la commission PECH ? Alors que le secteur de la pêche sera considérablement impacté par la levée des barrières douanières sur les produits de la pêche et de l’aquaculture, notamment les pétoncles, le homard, le colin d’Alaska, le cabillaud, le saumon d’Alaska,... Non seulement puisqu'avec l'accord transpacifique, l'Amérique du Nord deviendra un grand hub au centre du marché mondial des produits de la mer...

Cliquez Ici pour accéder à la fiche de procédure législative (avec le projet de rapport, les avis des commissions, les amendements,...)



TTIP et Secteur de la pêche : Question des eurodéputés italiens sans réponse ?

Parliamentary questions
31 March 2015

Question for written answer to the Commission

Remo Sernagiotto (PPE) , Salvatore Cicu (PPE) , Salvatore Domenico Pogliese (PPE)

Subject:  TTIP-fishing sector           

The European Commission has recently been in negotiations with the United States to agree a trade and investment partnership (TTIP), one of whose main aims is to eliminate, or at least to reduce, trade barriers in order to create a joint free trade area. In Italy, fishing and the processing and distribution of fish and mussel farming products constitute an important economic supply chain that employs thousands of workers. Fish canning and freezing processes, in particular, attain very high standards of excellence that are appreciated worldwide.

Within the framework of these negotiations, can the Commission specify:
  1. The extent to which the European fishing sector might benefit from the trade and investment partnership (TTIP)? 
  2. Which fish products in particular might be most positively impacted by this agreement?

Source : Parlement européen


Tout sur les accords commerciaux



03'10" 08/04/2015

L'UE est habituée à négocier des accords commerciaux, mais qui s'occupe précisément de la négociation, qui décide et à quoi servent les accords ?


TTIP: élargir l'accès au marché américain, réformer la protection des investisseurs et maintenir les normes européennes

Source : Communiqué du Parlement européen (28 mai 2015)

Les députés de la commission du commerce international appellent à plus d'ouverture du marché américain, une reforme de la protection de l'investissement et le maintien des normes de l'UE dans les négociations en cours sur le TTIP

Un accord commercial entre l'UE et les États-Unis devrait élargir l'accès au marché américain mais sans saper les normes de l'UE ou le droit de réglementer dans l'intérêt du public, ont affirmé les députés de la commission du commerce international dans leur projet de recommandations voté ce jeudi. Les outils visant à résoudre les litiges entre investisseurs et États devraient être réformés et améliorés, ont-ils ajouté.

mardi 26 mai 2015

Intermarché. SCOPALE : étonnants artisans !

Armement artisanal et financement des bateaux de pêche en question... Actualisation le 28 mai 2015

SCOPALE : étonnants artisans !  un article de Clément Calmettes

Illustration : Copies d'écran du logo de la CME (Coopérative Maritime Etaploise) et de  l'article de La Semaine dans le Boulonnais : La Coopérative maritime ne veut pas couler

Premier volet d’une série d’articles (*) concernant l'impact de la réforme de la Politique Commune de la Pêche (PCP) sur les pêcheries européennes et surtout françaises...

Nos inquiétudes sur la nouvelle PCP étaient-elles fondées ? : Imaginez la pêche française en 2020 après 7 années au régime QITs

En préambule

Boulogne va très très mal...

Après avoir laissé filer son dernier armement industriel - Euronor est passé sous la coupe d’une puissante pêcherie néerlando-islandaise - Boulogne accueille un nouvel acteur dans le port de pêche, Intermarché. La Scapêche, filiale du groupement Les Mousquetaires, arrive en « sauveteur » de la CME (**). La Coopérative Maritime Etaploise (CME), principal acteur du premier port de pêche français, est au bord du naufrage... Bien que regroupés et solidaires, ces pêcheurs artisans aux commandes d’une quarantaine de chalutiers hauturiers et semi-hauturiers n’ont plus la capacité de rester à flot.

Il est loin le temps où le Crédit Maritime aidait sans problème les pêcheurs à acquérir leur premier bateau. La banque des professionnels de la mer finançait sans sourciller des navires de plusieurs millions de francs sans que le pêcheur n'ait besoin d'apporter le moindre centime !.. A ce moment-là, l'Europe accompagnait la modernisation de la pêche communautaire...

Depuis le vent a tourné à Bruxelles... Subventionner un bateau de pêche est devenu un crime contre la biodiversité marine ! « Investir dans de nouveaux bateaux quand tant de stocks halieutiques européens sont en danger est de la pure folie », avait proclamé le responsable européen d’Oceana, Xavier Pastor. (lire : Feamp : Rapport secret sur la pêche française. Secret de Polichinelle !) Les pêcheurs artisans ne peuvent compter que sur leurs propres moyens... La ressource s’améliore... Place aux investisseurs ! Les autres devront rester à quai !

L’article de Clément Calmettes illustre les changements en cours dans le port de Boulogne... La disparition des artisans hauturiers et semi-hauturiers au profit de sociétés dont les capacités financières sont sans commune mesure avec celles d’un armement artisanal.

SCOPALE : étonnants artisans

Copie d'écran du portail de la Scapêche : La Scapêche investit dans la Scopale et se développe dans la pêche côtière et artisanale

En France, la « pêche artisanale » est le modèle dominant. Elle recoupe ces réalités variées et tout porte à croire que certains veulent maintenir l'ambigüité. Est reconnu comme artisan tout armateur d'un bateau de moins de 25m embarqué et ne possédant pas plus de 2 bateaux. Ces « artisans » sont donc propriétaires de navires aussi différents qu'une petite barque de 7m ou qu'un hauturier de 25m. Dans ce dernier cas, il sera à la tête d'une entreprise de près de 10 salariés pour un chiffre d'affaire de 200 000 ou 500 000 euros.

Scapêche-­Intermarché est le premier armateur à la pêche fraiche de France. Cette entreprise s'appuie sur l'un des principaux réseaux de grande distribution et exploite plus de 20 bateaux de pêche. La Scapêche prétend aujourd'hui participer au « développement de la pêche côtière et artisanale ». Elle entre au capital des entreprises de la pêche artisanale. Comment continuer alors de parler d'artisans ? Comment en est-on arrivé là ?

Les armateurs artisans rencontrent en effet de grandes difficultés de financement : acheter un navire entre 16 et 25m est extrêmement coûteux, notamment en raison de la limitation des licences. Le groupe Intermarché dispose de ces capacités de financement.

mardi 19 mai 2015

Mortalités ostréicoles, conchylicoles. Remise à plat !






2015, une année charnière pour la survie de toute l’activité conchylicole.

Jean François Le Bitoux, Vétérinaire en aquaculture

Billet n° 1 / Relancer l’enquête

Billet n° 2 / GROBEST : La maladie des élevages de crevettes EMS est le résultat d’une course à la production d’aliments toujours moins cher.

Billet n° 3 / Merci Professeur Puyt (1)

A relire 3 articles (+ billets) de Jean-François Le Bitoux

28 janvier 2014 : Mortalités ostréicoles, 2014 l'année des solutions ? Chiche ?  (+ 10 billets)
7 juin 2014 : Mortalités de moules : Nouvelles pathologies "inconnues" ?
9 mars 2015 : Les huîtres crèvent... et alors ! Stop ou encore ?

Relancer l'enquête

Quoi de neuf depuis un an ?

Le long des côtes françaises, des mortalités conchylicoles se sont multipliées depuis que l’ostréiculture existe, soit plus de 150 ans. Les 12 derniers mois furent particulièrement riches en évènements, en informations, en réunions et en interventions, sans oublier d’autres manifestations de rues d'associations écologistes indirectement concernées, contre l’extension des filières, les marées vertes, etc.

L’historienne Mona Ozouf nous invite à prendre conscience que le contexte est aussi important que le texte : « Il faut contextualiser avant de hiérarchiser ». Le contexte c’est autant ce qui se déroule dans les parcs d’élevage que dans des réunions qui se succèdent sans avancer, selon les termes mêmes des participants. C’est l’heure de faire preuve de connaissances innovantes et d’imagination pour ouvrir de nouvelles pistes.

Arrêt sur quelques images


Pour illustrer cette série de billets 2015, j’utiliserai les mêmes images que l’an passé à savoir : « Tous responsables du désastre... chacun a joué un rôle » du Mensuel du Golfe du Morbihan (sept 2010) et le diagramme montrant les successions de mortalités ostréicoles depuis le début du siècle que je me propose d’expliquer « scientifiquement » dans un mois environ.


Comme les rapports des Dr. J.D. Puyt et P. Vannier sont rédigés sous le signe des lois de l’épidémiologie, la couverture du livre du Dr. B. Toma et de son équipe rappelle que l’épidémiologie est par excellence une science multifactorielle où les domaines les plus étranges peuvent prendre une importance inattendue, par effet d’entrainements et d’amplification, tout en acceptant que l’on puisse faire des découvertes innovantes en chemin.


Les bases techniques qui sous­-tendent cette réflexion vétérinaire sont vieilles de quelques millions d’années et il serait vain de tenter de s’en échapper car « On ne trompe pas la nature ». (R. Feynman). Ce chercheur Nobel de physique exigeant avertissait l’auditeur ou le lecteur à la recherche d’explications simples qu’il lui faudra changer de monde car le nôtre et la nature n’obéissent pas à des constructions simples. Elles sont même si complexes que nul ne peut affirmer qu’il en a « tout compris ». Bref une discussion prétendue démocratique, à la recherche d’un consensus est de peu d’intérêt en science même si la majorité préférerait des explications simples, fausses mais simples.

Pour autant la citation précédente est un résumé simplifié d’une sentence plus lourde de conséquence. Elle conclut sa contribution à l’enquête sur les 73 secondes du vol de Challenger (28/1/86), évènement dramatique que le physicien attribue à un certain « laissez-­aller » à différents niveaux de responsabilité du programme et ce document est exemplaire à plus d’un titre : “For a successful technology, reality must take precedence over public relations, for nature cannot be fooled”. « Pour qu’une technologie marche, la réalité doit prendre le dessus sur toute attitude de relation publique car on ne triche pas avec la nature. » On pressent que cette phrase pourra avoir une traduction et une portée différentes selon le cadre technique, commercial, administratif ou politique. Et que si elle s’applique à une catastrophe qui se déroule en moins de 2 mn, elle s’applique aussi à d’autres catastrophes, dans beaucoup de domaines.

Toute enquête policière piétine par moment et connait ses coups de blues ! A ce moment­-là, le commissaire lance : « Il y a quelque chose qui nous a échappé, on reprend tout à zéro ! » Et les enquêteurs relisent leurs notes, scrutent les images, rendent à nouveau visite à tous les témoins et les obligent à raconter leur histoire une fois de plus, à la recherche du détail qui a pu échapper consciemment, inconsciemment, volontairement ou pas. En fait, il y a souvent des séquences qui cadrent mal les unes avec les autres et auxquelles il faut donc redonner de la cohérence. La conclusion finale de l’enquête décrira un enchainement fluide d’évènements discrets.

lundi 18 mai 2015

Afrique du Nord. Stimuler la croissance des secteurs de la pêche pour accroitre la disponibilité en nourriture...


News de la pêche dans le monde  : Afrique, Asie, Amérique et Océanie 

Mois de Mai 2015

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Suite de la revue de presse : Mois de Juin 2015


Stimuler la croissance des secteurs de la pêche pour accroitre la disponibilité en nourriture

La région du Proche-Orient et de l'Afrique du Nord n'a pas réussi à réduire de moitié la prévalence de la faim avec l’échéance de 2015


Quinze des dix-neuf pays ont atteint l’Objectif du Millénaire pour le Développement (OMD) concernant la lutte contre la faim, mais les conflits et les crises prolongées dans d’autres pays ont entrainé une augmentation du taux de sous-alimentation

Source : FAO

La plupart des pays de l'Afrique du Nord et du Proche-Orient (NENA) ont réussi à tenir leur promesse internationale consistant à réduire la proportion de leur population souffrant de la faim. Pourtant, à cause des conflits et des crises prolongées en Irak, au Soudan, en Syrie, au Yémen, ainsi qu'en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, NENA est la seule région où la prévalence globale de la sous-alimentation a augmenté par rapport a son niveau d’il y a un quart de siècle.

Près de 33 millions de personnes dans la région NENA sont aujourd'hui chroniquement sous-alimentées ; c'est le double du nombre qui prévalait en 1990, a annoncé aujourd’hui l'organisation pour l'alimentation et l'agriculture des Nations unies (FAO). Selon le premier rapport régional de la FAO sur l'insécurité alimentaire, la prévalence de la sous-alimentation dans la région a augmenté de 6,6 pour cent à 7,5 pour cent entre 1990 et aujourd’hui.

"La région NENA, dans son ensemble, a connu un revers dans sa lutte contre la faim. Les conflits et les crises prolongés sont les principaux moteurs de l'insécurité alimentaire dans la région", a déclaré Abdessalam Ould Ahmed, Sous-Directeur général et Représentant régional de la FAO pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord. "La région NENA présente actuellement le plus grand nombre et la plus haute intensité de conflits dans le monde. Au cours des quelques dernières années, 12 pays de la région ont connu au moins une forme d'instabilité, y compris les troubles civils, les guerres ou les crises prolongées ", a-t-il ajouté.

Les estimations récentes montrent qu’en raison de la crise syrienne 13,6 millions de personnes sont dans une situation critique nécessitant une assistance alimentaire et agricole permanente. Parmi ceux-ci 9,8 millions vivent en Syrie et 3,8 millions sont des réfugiés. De même, la crise prolongée au Yémen a exacerbé la situation d'insécurité alimentaire. De fait, la malnutrition frappe une personne sur quatre au Yémen on estime que la moitié des 24 millions de personnes qui constituent sa population avaient besoin d'une aide humanitaire au début de 2015. En Irak, la prévalence de la sous-alimentation, qui était de 8 pour cent seulement en 1990-1992, a augmenté à 23 pour cent en 2014-2016.

"La situation globale ne devrait pas occulter les progrès accomplis par la grande majorité des pays. Il faut féliciter les 15 pays de la région qui ont atteint la cible l’objectif du Millénaire pour le développement, visant réduire de moitié la proportion de la population souffrant de malnutrition, ou bien ont maintenu cette proportion à un niveau inférieur à 5 pour cent. Ces pays sont les suivants : l’Algérie, le Bahreïn, l’Egypte, l’Iran (République islamique d’), la Jordanie, le Koweït, le Liban, la Libye, le Maroc, la Mauritanie, l’Oman, le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Tunisie et les Emirats arabes unis", a ajouté Ould Ahmed.

La performance a également été inégale dans la région NENA. Deux pays, l’État du Koweït et le Sultanat d'Oman - ont réalisé à la fois l'OMD relatif à la lutte contre la faim et l'objectif plus difficile du Sommet mondial de l'alimentation qui consiste à réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées.

En général, la prévalence de la sous-alimentation a diminué de 23,4 pour cent à 12,9 pour cent dans les pays en développement, avec toutefois des des variations considérables. Ainsi, la sous-alimentation a enregistré une baisse rapide en Amérique latine, en Afrique de l'Ouest et dans une grande partie de l'Asie, mais des hausses dans les zones en difficulté comme l'Afrique centrale, ainsi que le révèle L'Etat d'Insécurité Alimentaire dans le monde 2015, publié la semaine dernière par la FAO, le Programme alimentaire mondial et le Fonds international pour l'agriculture.

Une stratégie globale et un engagement collectif à éradiquer la faim

Constantant que le nombre de personnes sous-alimentées étant "trop élevé", la FAO souligne la nécessité de renouveler l'engagement politique et de renforcer la coordination régionaux pour lutter contre la sous-alimentation.

Le Rapport régional a confirmé qu'il y a de l'espoir, que des progrès sur la voie de l'éradication de la faim étaient possibles et peuvent effectivement voir le jour, si la stabilité était assurée, les engagements politiques et régionaux honorés et une approche intégrée et coordonnée soutenue par des programmes concrets et des ressources était mise en œuvre. De fait, l'approvisionnement alimentaire moyen dans la région NENA - lorsque l’on compte les importations - a augmenté de 10 pour cent depuis 1990 en termes de calories et dépasse actuellement la moyenne mondiale.

"A mesure que l’on avance, au-delà des OMD, vers les objectifs du développement durable (ODD), il est crucial d’investir dans la gestion durables des ressources rares en eau et dans les systèmes de protection sociale, plus spécifiquement, dans les moyens de réduire la vulnérabilité, et ce, à travers des politiques et des programmes de protection sociale productifs, afin de faire face aux multiples menaces et risques qui pèsent sur la sécurité alimentaire et la nutrition et renforcer la résilience dans la région NENA", a déclaré Ould Ahmed.

Le rapport régional sur l'insécurité alimentaire fournit un aperçu sur les progrès enregistrés par la région NENA quant à la réalisation de l’OMD et de l’objectif du Sommet mondial de l'alimentation relatifs à la lutte contre la faim, utilisant les données de l'état d'insécurité alimentaire dans le monde 2015. Il met aussi en évidence un certain nombre de recommandations politiques pour faire face aux défis futurs, y compris le changement climatique dans une région marquée par la rareté des ressources en eau.


Le Rapport - Aperçu Régional de l’Insécurité Alimentaire au Proche-Orient et en Afrique du Nord


Stimuler la croissance des secteurs de la pêche pour accroitre la disponibilité en nourriture

La production halieutique a considérablement augmenté au cours des deux dernières décennies

Le secteur de la pêche détient un potentiel important pour la sécurité alimentaire et la nutrition dans la région NENA. La production totale des pêches de capture (marine et continentale) dans la région est passée de moins de 0,5 million de tonnes dans les années 1980 à presque 3,5 millions de tonnes récemment.

Les pêches de capture proviennent principalement de sources marines (Figure 10). La production aquacole qui était presque inexistante jusqu’aux  années 1980, a enregistré une augmentation spectaculaire depuis la fin des années 1990, atteignant environ 1,5 millions de tonnes en 2013 (Figure 11). En 2013, l’Égypte et l’Iran (République Islamique d’) ont représenté 75 % de la production totale de l’aquaculture. Comme le potentiel d’accroissement de l’offre de poisson provenant des pêches de capture marines et continentales est incertain, l’importance de l’aquaculture pour l’approvisionnement en poissons dans la région augmentera vraisemblablement de manière significative. Cependant, la disponibilité limitée en l’eau douce et saumâtre, ainsi que les considérations environnementales, poseront des limites à la production de l’aquaculture.

La région a une balance commerciale de poisson positive

Malgré l’importance des secteurs de la pêche, la consommation de produits de la pêche reste faible par rapport à la norme internationale. La consommation annuelle moyenne de poissons dans la région n’est que 10,3 kg en 2011 contre une moyenne mondiale de 18.9kg en 2011.

L’import et l’export de poisson de capture provenant des sources d’eau à la fois maritime et continentale n’a cessé de croître (Figure 12) au cours des 35 dernières années et reste un important contributeur aux revenus d’exportations de la région et par conséquent au produit intérieur brut (PIB). Il représente environ trois fois la valeur du commerce de la viande.

Libérer le potentiel de la « Croissance Bleue »

Il existe encore un fort potentiel pour un développement durable de la production halieutique dans la région NENA. Ceci exige d’optimiser la production de l’aquaculture et de réduire les pertes, tout en prenant en considération les dimensions environnementales et socio économiques. Exploiter le potentiel du secteur de la pêche demande une approche globale à long terme qui respecte la contribution socio-économique et environnementale des océans, des mers, des côtes et des eaux intérieures. Ceci implique de pouvoir concilier sécurité alimentaire, nutrition, emploi décent et conservation des ressources aquatiques pour les générations futures.

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Le 30 Mai 2015

Le marché lucratif des publications scientifiques

Papiers Dorés


de François Maginial

Un documentaire de Gabriel Benet et François Maginiot

Dans les laboratoires, les chercheurs produisent du savoir. Très concrètement, ce savoir prend la forme d'un papier, l’article scientifique.

Ces publications sont éditées par des organismes majoritairement privés qui proposent aux autres scientifiques d'y accéder contre des sommes colossales : l'abonnement à certains journaux peut atteindre les 60 000€ par an ! Force est de constater que l'argent public sert à racheter des travaux eux-mêmes financés par des fonds publics.

Face à l'absurdité apparente du modèle de l'édition scientifique, nous avons souhaité enquêter.

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Le 29 Mai 2015

Récit. Notre poisson pêché par des esclaves


Enfermés dans des cages et forcés à travailler jusqu’à 23 heures : les conditions de travail des pêcheurs thaïlandais, cambodgiens, laotiens ou birmans au large de l’Indonésie ressemblent, à s’y méprendre, à de l’esclavage. Les activistes estiment qu’il pourrait y avoir jusqu’à 3 000 pêcheurs travaillant dans des conditions d’esclavage au large de l’Indonésie. CNN Freedom Project.

Source : Courrier International par Saima Mohsin

Durant mon enfance dans le sud de Londres, je ne réfléchissais pas vraiment à la provenance des bâtonnets de poisson que je trouvais dans mon assiette au dîner. Mais il se pourrait que le poisson vendu au Royaume-Uni et ailleurs dans le monde soit en fait pêché par des esclaves.

Alors que j'enquêtais pour CNN Freedom Project, j'ai rencontré Samart Senasook, un homme chétif qui semblait faible et perdu. Un agent l'avait convaincu de devenir pêcheur. Il s'attendait à partir en mer pour 12 mois, mais il est parti 6 ans, et s'est retrouvé piégé sur un bateau.

Des équipages d’esclaves sur les chalutiers thaïlandais

Ces hommes étaient détenus dans ce qui ressemblait à des cages, forcés à travailler jusqu'à 23 heures par jour et quand ils avaient de la chance, on leur donnait parfois une pomme de terre bouillie à manger. Ils étaient enfermés dans des chambres froides pendant des heures, ou devaient porter de gigantesques blocs de poisson surgelé qui les écrasaient, leur brisant les os ou les laissant paralysés.

“Le capitaine me donnait des coups de pied et de poing. Mon nez et ma bouche saignaient. J'ai toujours des douleurs dans la mâchoire à chaque fois que je mange.” Il m'a montré sa bouche – il y avait du sang coagulé autour de ses dents.

Esclaves en mer

Samart a voulu s'échapper, mais selon lui, le capitaine conservait les papiers des travailleurs et lui avait attribué une fausse identité.  Lui et ses collègues d'infortune ont uniquement été découverts par accident, lorsque l'Indonésie a pris des mesures fermes contre les bateaux de pêche illégaux. Son bateau faisait partie de ceux qui ont été forcés à regagner la terre.

Des milliers d'hommes originaires de Thaïlande, d’Indonésie, du Cambodge ou du Laos ont émergé de ces embarcations, et ont raconté avoir été esclaves en mer pendant des mois, des années, voire des décennies.
(Pour plus d’informations sur le CNN Freedom Project, rendez-vous sur CNN.com/freedom)

Nous avons rencontré les parents âgés de l'un de ces pêcheurs. Ils vivaient dans une cabane en tôle rouillée et faisaient les poubelles pour trouver des objets à vendre. Il n'est pas difficile d'imaginer pourquoi leur fils a pris le risque de partir en mer. Des milliers d'autres sont peut-être encore sur l'océan, ou coincés sur des îles, dans l'attente que leur gouvernement les ramène chez eux.

Des milliers de pêcheurs étrangers retenus en esclavage

Samart souffre toujours. Les autorités ont refusé de le déclarer victime de traite d'êtres humains – ce qui aurait été un premier pas vers la justice, et éventuellement la compensation. Un groupe de défense des droits des travailleurs affirme que le gouvernement thaï ne répertorie pas les victimes de trafic afin de mieux manipuler les chiffres et d'améliorer son statut dans un rapport américain – une allégation que réfute le Premier ministre thaïlandais.  La Thaïlande tient une conférence régionale sur la traite d'êtres humains et l'immigration illégale [ce 29 mai].

Samart s'est effondré de nombreuses fois au cours de notre interview. Ses longues pauses alourdissaient l'atmosphère. Je voulais utiliser davantage ses silences que ses mots parce qu'ils en disent beaucoup. Je n'oublierai jamais qu'il m'a raconté qu'il y avait des chiens à bord, qui étaient caressés, aimés et bien nourris. “Le capitaine traitait mieux ses chiens que nous, à bord.”

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Le 28 Mai 2015

Projet Fish Forward : Une pêche durable pour les Hommes et les poissons

 
WWF France

Saviez-vous que l’Europe est le plus grand importateur de produits de la mer au monde et que 50% de ces importations proviennent de pays en voie de développement ? Saviez-vous qu’en choisissant votre poisson selon des critères durables, vous pouvez avoir un impact positif à la fois sur les communautés de pêcheurs et sur les écosystèmes ? Lorsque vous achetez du poisson, pouvez-vous identifier celui qui a été pêché selon des critères durables des autres ?

Source : 2015. Année européenne pour le développement

En 2015, Année Européenne du développement, le WWF travaillera sur les questions de durabilité environnementale, sociale et économique dans les pays en voie de développement avec l’idée de promouvoir une pêche durable pour les hommes comme pour les écosystèmes.

Le WWF appelle donc l’ensemble des acteurs à se questionner sur ce qu’il se passe au-delà de nos frontières et de nos côtes, pour devenir acteur de notre consommation.

A travers ce projet, le WWF s’est donné pour mission de fournir de l’information aux consommateurs, aux entreprises et aux pouvoirs publics afin de donner à chacun d’entre nous la possibilité d’agir sur la réduction de la pauvreté et la protection des écosystèmes, deux enjeux qui sont au cœur de ce projet co-financé par la Commission européenne.
Des activités autour de cette thématique seront proposées dans les 3 années à venir pour permettre une prise de conscience globale dans les 11 pays européens concernés. Plus d’informations à venir sur ce site.

Pays impliqués dans le programme :
Autriche
Allemagne
Bulgarie
Croatie
Espagne
France
Grèce
Italie
Portugal
Roumanie
Slovénie

Durée du projet :  2015-2017

Co-financement : Commission européenne

Contact : Joséphine Labat, chargé de projet pêche durable
jlabat@wwwf.fr

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Le 23 Mai 2015

Sécurité alimentaire : Prise en compte du poisson et de l’aquaculture


The rise of aquaculture - Food Security

En début mars 2015, l’Institut international de Recherche sur les Politiques alimentaires (IFPRI) a produit son rapport 2014 – 2015 sur les politiques alimentaires dans le monde.

The rise of aquaculture
Food Security
 
Tout un chapitre du rapport de l'IFPRI est consacré à l'aquaculture. De quelle manière ce secteur contribue-t-il plus que d'autres à l'amélioration de la sécurité alimentaire dans le monde ?

mardi 12 mai 2015

Les poissons du Soleil : Une écloserie de poisson de mer


Revue de presse de Mai 2015

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Suite de le revue de presse : Mois de Juin 2015


Le 29 Mai 2015

Sciences - Une écloserie de poisson de mer



Source : France 2 Présenté par Laurence Beauvillard

Diffusion : 28/05 à 07h10

La Commission européenne vient d’annoncer (le 20 mai) de nouvelles mesures concernant les quotas de pêche afin de limiter le déclin des poissons de mer comme celui du  bar de mer (en mer celtique, mer d'Irlande, Manche et Mer du Nord). l’autre solution c’est l’aquaculture marine. Aujourd’hui le poisson d’élevage représente la deuxième source de protéines consommées sur notre planète (le poulet est la première source de protéines)

l’aquaculture ! Une technique  inventée par le Japon et la France il y a seulement 50 ans. Aujourd’hui il est possible d’élever beaucoup de poissons d’eau douce mais aussi d’eau de mer. Laurence Beauvillard s’est rendue à Côté de Sète dans une écloserie pour poissons de mer.

Lieu de tournage : Les poissons du soleil  (groupe Aqualande)

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Poissons du Soleil et Médithau

Zone portuaire : des travaux et deux nouvelles entreprises à Frontignan

La Région a investi 5,6 M€ dans la réhabilitation du site. Visite officielle mercredi à Médithau et aux Poissons du soleil.


C'est au pas de course qu'ont été inaugurés, mercredi 27 mai, les travaux d'aménagement du port de pêche de Frontignan. Au pas de course, dans le bruit des engins de chantier en train de finaliser le ponton que la Région est en train de construire et en présence d'une foule d'élus du bassin de Thau et d'ailleurs, que des bus ont ensuite conduits à Sète.

Le président du conseil régional, Damien Alary, était en effet attendu là-bas pour l'inauguration d'autres aménagements portuaires et d'une réhabilitation au lycée de la Mer : au total 75 M€ dont 5,6 M€ consacrés à Frontignan. En effet, les accès, voies de circulation, les réseaux alimentant les parcelles ont été refaits et cela se voit. Marc Chevallier, président de l'EPR Port sud de France l'a rappelé à l'issue de la visite : "En 2007, lorsque nous sommes arrivés, cette zone était abandonnée. Aujourd'hui, elle accueille dix-sept entreprises." "Et d'ici 2016, 25 emplois seront créés", a renchéri Damien Alary.

"devenir une entreprise mytilicole leader sur le marché européen"

Symbole de ce nouvel attrait de la zone portuaire l'arrivée de Médithau, première entreprise conchylicole régionale née il y a 25 ans à Marseillan, dans les locaux de Medipêche (partie à Simyra). "Un geste fort pour continuer à nous développer et à devenir une entreprise mytilicole leader sur le marché européen", a expliqué Florent Tarbouriech à l'assistance.

Forte d'une croissance à deux chiffres - en progression de 15 % en 2014 -, Médithau (11M€ de CA, 48 personnes) va investir 2 M€ dans des travaux : construction de bassins de purification, augmentation de la superficie actuelle (3 000 m²) de 1 600 m ², achats de machines dans l'optique de passer d'une production en mer de 6 000 à 10 000 tonnes de moules d'ici trois ans et de pouvoir traiter les volumes de la grande distribution. Autre perspective de développement annoncée par le patron de la société : se positionner dans le circuit court, l'agro tourisme et accueillir le public sur place en 2016.

Une autre entreprise innovante, pionnière en matière d'élevage de poissons marins en Méditerranée, a reçu la visite des élus. Les Poissons du soleil ont ouvert il y a trois mois leur unité, entièrement automatisée, de prégrossissement d'alevins jusqu'au stade 2-10 grammes. Ils sont expédiés ensuite par bateau vivier à ses clients : des fermes d'élevage de Méditerranée. Philippe Balma, le patron, l'a souligné : "Notre quai n'est pas encore terminé mais dès qu'il le sera nous n'utiliserons plus de semi-remorques."

Sur ses trois sites (Balaruc-les-Bains, Salses-le-Château et Frontignan), Les Poissons du soleil produisent 35 millions d'alevins et emploient 46 personnes. L'investissement sur la zone portuaire s'élève à 2 M€, soutenu par la Région (10, 35 %), l'État et le Département (5,18 % chacun) et les crédits du Fonds européen pour la pêche (20,7 %)....

.... La zone portuaire de Frontignan héberge une quinzaine d’entreprises qui représentent 150 emplois et quelque 100 M€ de chiffre d’affaires. Il reste à ce jour 17 000 m² d’espaces disponibles pour accueillir des entreprises de la filière pêche et aquaculture sélectionnées par appels à projets. L’hôtel d’entreprise Simyra, qui héberge aujourd’hui Medipêche, pourrait abriter une écloserie d’huîtres de souches méditerranéennes plus résistantes. Ce projet, qui en est à l’étude de faisabilité, vise à combattre la mortalité des huîtres. Il est porté par le Comité régional conchylicole de Méditerranée (CRCM), présidé par Philippe Ortin. 

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L’accrétion minérale : un moyen électrique de sauver les huîtres de l’acidification des océans


L’atmosphère de notre belle planète bleue est malheureusement de plus en plus chargée en CO2, principalement à cause de l’activité humaine. L’océan absorbe une partie de ce gaz à effet de serre pour rétablir l’équilibre. Des problèmes apparaissent alors dans l’hydrosphère, tels que la diminution du pH de l’eau, phénomène communément appelé acidification des océans. La chimie de l’eau étant bouleversée, les ions carbonates CO32- dans la mer deviennent moins disponibles pour des réactions chimiques (CO32 + CO2 + H2O _ 2 HCO3-), ce qui nuit à la formation de calcaire chez certains organismes marins, comme les huîtres. Dans la littérature scientifique, on dit que le procédé d’accrétion minérale pourrait créer un phénomène chimique pouvant pallier ce problème. L’expérience effectuée consistait à introduire un système d’accrétion minérale dans l’eau, soit un système dans lequel circule un faible courant, afin d’évaluer son effet sur la croissance des huîtres. Des huîtres ont été soumises à une intensité de courant de 500 μA et d’autres à une intensité de 1000 μA, et leur taux de croissance a été comparé à celui d’huîtres témoins. Des résultats concluants ont été observés pour les huîtres en présence d’un système d’accrétion minérale, notamment en ce qui concerne la largeur. Les huîtres ont grandi de 1,51 mm et 1,70 mm respectivement pour l’intensité de 500 μA et de 1000 μA, et ce, en seulement trois semaines. Pour les huîtres témoins, il n’y a pas eu de croissance. Source: Acfas
 
L'électricité pour pallier les effets de la pollution chez les huîtres

Trois étudiantes en Sciences de la nature au Cégep de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (campus des Îles) ont démontré que l'introduction d'un faible courant électrique dans l'eau peut aider les huîtres à former leur coquille. La méthode permettrait de contrer les effets négatifs de l'acidification des océans.

Source : Radio Canada

Geneviève Boudreau, Audrey Bourgeois et Pascale Cyr ont présenté leur travail intitulé « L'accrétion minérale : un moyen électrique de sauver les huîtres de l'acidification des océans » au congrès de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS), cette semaine, à Rimouski.

La technique de l'accrétion minérale permet d'attirer des ions de carbonate qui pourront s'associer à leur tour avec des ions de calcium, ce qui va aider la coquille à se recouvrir plus facilement de sa croûte minérale. Ces deux particules sont présentes en abondance dans l'eau de mer. Leurs mesures ont démontré que les coquilles avaient grossi 19 fois plus rapidement que la normale.

Cette méthode est déjà utilisée pour la production des huîtres chez les industriels américains, mais aussi en Australie, sur les récifs coralliens.

Les huîtres vulnérables à l'acidification des océans

L'étudiante Audrey Bourgeois explique que l'acidification des océans, qui est une problématique mondiale, a des répercussions néfastes sur la croissance des huîtres.

« On émet trop de CO2 dans l'atmosphère. Il se retrouve ensuite dans l'océan et ça a de nombreux effets négatifs. Entre autres, ça fait diminuer le pH de l'eau et les huîtres ont plus de difficulté à former leur coquille. Elle peut même être dissoute. » — Audrey Bourgeois

L'étude a été effectuée en collaboration avec le centre collégial de transfert technologique Merinov du Cégep de la Gaspésie et des Îles. Les trois étudiantes affirment qu'elles seraient heureuses de voir Merinov poursuivre l'expérience.

Par ailleurs, la recherche des trois étudiantes leur a permis de se qualifier à la finale des prix étudiants de l'Association pour la recherche au collégial.

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Moules de Dunkerque: la saison démarre et elles ont tout bon

La saison de la moule de Dunkerque redémarre tout juste. Et contrairement à une rumeur qui circule, elle est propre à la consommation. Cette année ...

La saison de la moule de Dunkerque redémarre tout juste. Et contrairement à une rumeur qui circule, elle est propre à la consommation. Cette année, Emmanuel Turpin mise sur une production de 600 tonnes, contre 280 l’an dernier. Histoire de lui faciliter la tâche, la Coopérative maritime installe des bassins de purification.

Source : La Voix du Nord

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Algues. A Lannion, la société Olmix bientôt autorisée à les exploiter (22)


Un projet d'arrêté prévoit d'autoriser la société Olmix à « valoriser » les algues. Dans des produits pour animaux ou comme substituts aux pesticides. Contre, l'agglo espère au moins encadrer l'activité.

Source : Ouest France

Et si en plus des tracteurs ramassant les algues vertes sur le sable de la Lieue-de-grève, il y avait des engins d'un nouveau genre dans les premières vagues ? La société morbihanaise Olmix, spécialisée dans les solutions naturelles pour la santé animale et végétale, en parlait déjà en 2012, dans le cadre de son projet « Ulvans ». Elle est en passe d'obtenir le feu vert de la préfecture de région.

Cette dernière a déjà accepté un projet d'arrêté. Il doit être affiné cet après-midi à la préfecture de Saint-Brieuc, notamment pour que Lannion-Trégor communauté ait son mot à dire.
Autorisation annuelle

Le projet détermine que l'autorisation sera annuelle, et que « dans un délai de deux mois à l'issue de la campagne de récolte », l'entreprise devra présenter « un bilan des effets de la circulation sur le milieu naturel et sur la ressource benthique ». Olmix et son partenaire Agrival comptent récupérer des laitues de mer entre le 1er avril et le 30 novembre, pour ensuite les transformer, vraisemblablement dans la raffinerie de Plouénan, ouverte en septembre 2013, et prévue pour traiter 100 tonnes d'algues par jour (pas que des vertes).

Dans quelles proportions sur la Lieue-de-grève, avec quelles machines et pour quoi faire précisément ? Olmix et Agrival n'ont pas souhaité s'exprimer sur le sujet. Le groupe utilise les algues dans les aliments pour poissons, bétails, poulets. Elles pourraient aussi servir d'alternative aux pesticides. À l'échelle de la Bretagne, l'objectif affiché sur le site Internet d'Olmix « est de traiter plus de 60 000 tonnes d'algues à l'année ».

« Déontologiquement contre »

« C'est la décision de l'État, pas la nôtre » rappelle bien, avec une pointe d'amertume, Jean-Claude Lamandé, élu en charge des algues vertes à l'agglo. Car depuis qu'ils ont été sollicités en 2012 pour adouber cette valorisation des algues, les élus locaux sont restés « déontologiquement contre. Nous, notre but n'est pas de faire du business mais de faire disparaître les algues en amont »....

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La crépidule bretonne à l'exposition universelle de Milan

Pierrick Clément, un chef d'entreprise finistérien, veut mettre plus de berlingots de mer sur les tables. Il va profiter de l'exposition universelle de Milan pour en faire la promotion.

Source : Ouest France par Anaëlle Berre

Crepidula fornicata, c'est le nom latin du coquillage parmi les plus répandus sur les côtes. Il a été rebaptisé « coquillage coquin » par Pierrick Clément, un chef d'entreprise installé à Châteaulin, dans le Finistère. Des sobriquets, le coquillage en a pas mal. On l'appelle aussi le berlingot de mer.

Un grand reproducteur

Pourquoi coquin ? Le gastéropode a la capacité d'augmenter sa colonie de 10 % par an ! Il est à la fois mâle et femelle, ça aide. Aussi, le petit animal possède une grande capacité de reproduction. Bien présent dans les baies de Saint-Brieuc et de Cancale, il est cependant peu aimé des pêcheurs et ostréiculteurs. Le coquin a, en effet, la fâcheuse tendance à s'accaparer la place d'autres habitués des fonds marins.