jeudi 30 mai 2013

Surpêche et Dépendance aux poissons d’importation. Imposture de la Nef et d'Ocean 2012...

Ancien titre. Dépendance de la France aux poissons d’importation. L’étude de la Nef est une imposture !

Selon la Nef et la coalition Ocean 2012, la dépendance accrue aux importations de poissons est liée principalement à la surpêche. Or selon la Commission Européenne qui s'appuie sur les avis scientifiques, l'élimination de la surpêche se poursuit dans l'Europe Bleue...

Demain samedi 18 mai 2013, les Français auront mangé tous leurs poissons...

Si les Français ne consommaient que les poissons pêchés dans les eaux européennes, ils auraient mangé les derniers de l'année dès ce vendredi 17 mai 2013, selon une étude de la New economics foundation (Nef) pointant notre «dépendance» accrue aux produits pêchés ailleurs dans le monde en liaison avec l’épuisement des ressources en poisson dans les eaux de l’Europe Bleue.

Chaque année depuis 2011, la Nef et Ocean2012, une coalition d'Ong, calculent, pour chaque pays de l'Union européenne, le jour à partir duquel il devient dépendant des importations et de la pêche menée hors des eaux européennes. C'est une façon pour ces organisations de reparler de surpêche, en lançant une campagne médiatique sur le niveau de consommation «insoutenable» de l'Europe au regard de l'état catastrophique de ses réserves de poissons.

La France dépendrait ainsi de poissons pêchés hors des eaux européennes pour assurer 62% de sa consommation de poissons. Traduit en jours pour 2013, la France aurait ainsi "virtuellement" consommé les poissons capturés en Europe par les bateaux français dès ce vendredi et commence à dépendre de pêche plus lointaine à partir de samedi, selon les associations. (1)

Ce jour était intervenu le 21 mai en 2012, le 13 juin en 2011 et en septembre en 1990 : signe que la "dépendance" de la France s'accroît année après année, à la fois en raison d'une augmentation de la consommation et d'un épuisement des réserves, selon le rapport. 

Ce «jour de dépendance» est une «imposture»

Pour le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), ce «jour de dépendance» est une «imposture» car il donne l'impression que «les pêcheurs font n'importe quoi». La part de plus en plus importante de produits non européens sur les étals français s'explique moins par la surexploitation et l'épuisement des réserves que par une hausse continue de la consommation de produits de la mer des Français, affirme son directeur général Hubert Carré. «En dix ans, on a quasiment doublé la consommation», passée de 17 à 34 kg environ par an et par personne, fait-il valoir.

La pêche française couvre 15% de la consommation du pays, et 50% si on écarte la consommation de deux produits phare importés, le saumon (Norvège et Ecosse) et les crevettes (Madagascar et Asie), assure-t-il.


En criée, débarquements à la hausse depuis 2009

Alors que la Nef et Ocean 2012 expliquent à grand renfort de communiqués de presse que la ressource en poisson se raréfie et que la France est de plus en plus dépendante des poissons d’importation avec ce «jour de dépendance» de plus en plus précoce : le 21 mai en 2012, le 13 juin en 2011 et en septembre en 1990, le rapport annuel de FranceAgriMer sur les filières pêche et aquaculture en France (2) montre que les débarquements dans les criées françaises sont repartis à la hausse depuis 2009 (voir le graphique et le tableau ci-dessus).

Faire pression sur la réforme de la PCP

« Environ les deux-tiers des stocks de poissons européens sont surexploités, ce qui signifie qu'ils fournissent beaucoup moins de poissons que si on leur permettait de se restaurer », indique le rapport de New economics foundation (Nef). Les eaux européennes peuvent « fournir à long terme des poissons et des emplois, mais seulement si ces ressources de pêche sont gérées de façon durable », ajoute ce même rapport. La réforme de la pêche actuellement discutée au niveau européen pour «verdir» cette activité «est une occasion majeure pour restaurer ces stocks et réduire notre dépendance aux poissons non européens», indique Aniol Esteban, responsable environnement à la Nef et principal auteur du rapport.

Ce que retiennent les médias de l’étude de la Nef


« Au total, la NEF souligne que ce phénomène n'est pas seulement préoccupant pour l'environnement marin, il a aussi un impact sur l'économie, puisque des stocks halieutiques en régression entraînent fatalement une diminution des emplois dans le secteur de la pêche et de la transformation.... »


« Signe que la « dépendance » s’accroît, ce jour était survenu le 21 mai en 2012, le 13 juin en 2011 et au cours du mois de septembre en 1990. À l’échelle de l’Europe des 27, cette date est fixée au 8 juillet. Pour le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins, cette dérive s’explique par l’augmentation de la consommation, passée en France de 17 à 34 kg par an et par personne en l’espace de dix ans.

Les deux associations, elles, mettent l’accent sur l’épuisement des réserves. Surexploités à 60 %, les stocks « fournissent beaucoup moins de poissons que si on leur permettait de se restaurer », révèle les associations dans leur rapport.... »

Actu-Environnement : Réserves halieutiques : la France n'est plus autosuffisante 

"La France devient dépendante pour son approvisionnement en poissons à partir du 18 mai", indique une étude de la New economics foundation (Nef) et d'Ocean 2012... 

La surpêche est la principale cause de ce phénomène, explique l'étude. Près de deux tiers des stocks de l'Union européenne (UE) évalués sont surexploités, rappelle-t-elle. Or, "si nous cessions complètement de pêcher les stocks surexploités aujourd'hui, la plupart pourraient être entièrement reconstitués en l'espace de cinq ans". La pêche durable relève d'après elle d'un bon sens économique qu'elle détaille dans son rapport. La reconstitution des stocks halieutiques apporterait des bénéfices en termes d'alimentation, de revenus et pourrait même créer des emplois.

L'élimination de la surpêche se poursuit selon la Commission Européenne

Selon les derniers chiffres concernant les stocks de poissons des eaux de l'UE, les efforts de la Commission européenne pour éliminer progressivement la surpêche se sont avérés fructueux. Dans un document de consultation adopté aujourd'hui, la Commission européenne fait part de l'état des stocks de poissons européens et expose ses intentions quant aux propositions relatives aux possibilités de pêche pour 2014. Actuellement, 39 % des stocks de poissons des eaux de l'UE de l'Atlantique du Nord-Est ayant fait l'objet d'une évaluation sont surexploités, contre 47 % l'année dernière et 95 % en 2005 (tableau 2). La politique commence à produire de réels avantages pour le secteur de la pêche, comme le montrent les dernières données relatives aux bénéfices qui témoignent d'une augmentation de 40 % par rapport à l'année précédente. Toutefois, des progrès doivent encore être accomplis.

 

Mme Maria Damanaki, membre de la Commission chargé des affaires maritimes et de la pêche, a déclaré: «Ces chiffres indiquent que des mesures responsables en matière de gestion de la pêche peuvent être efficaces et qu'en effet, elles le sont. Cependant, nous devons intensifier nos efforts afin de mettre un terme à la surpêche pour l'échéance convenue. À cette fin, nous devons achever la réforme de la politique commune de la pêche.»

Par ce document, la Commission sollicite, comme chaque année, le point de vue des États membres et des parties prenantes sur la fixation des totaux admissibles des captures (TAC), des quotas et de l’effort de pêche (jours en mer) pour l'année suivante. Le document montre que les efforts déployés par la Commission pour supprimer progressivement la surpêche commencent à porter leurs fruits. On compte désormais dans les mers européennes 25 stocks de poissons dont on sait qu'ils ne sont pas surexploités, contre seulement 2 en 2005.

Les données scientifiques sur lesquelles repose l'évaluation des stocks s'améliorent. De nouvelles méthodes introduites par le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM) ont permis de disposer d'avis pour 30 stocks de plus que l'an dernier.

Depuis 2011, les bénéfices nets moyens de la flotte de pêche de l'UE ont augmenté d'environ 40 %, ce qui démontre que l'amélioration des revenus des pêcheurs découle de la diminution de la surpêche, même si les coûts du carburant imposent à la flotte une charge supplémentaire.

Pour l'année prochaine, la Commission veut que le secteur s'en tienne aux avis scientifiques. En ce qui concerne les stocks concernés par les plans de gestion à long terme, les TAC et les niveaux de l’effort de pêche pour l'année prochaine devraient être fixés conformément aux plans en vigueur (c'est une exigence légale). Pour les autres stocks de poissons, qui ne sont pas couverts par ces plans, les TAC devraient être fondés sur les avis scientifiques, avec pour objectif d’éliminer progressivement la surpêche d’ici à 2015. En l'absence d'avis, le principe de précaution doit être appliqué.

L'élimination de la surpêche n'a rien à voir avec la campagne Fishlove et la mise à nue de Mélanie Laurent face à un crabe...

Philippe Favrelière (actualisation le 30 mai 2013)
 
(1) Selon le rapport de la Nef, les Allemands auraient été privés de poisson depuis le 7 avril, les Italiens depuis le 14 avril, les Portugais depuis le 29 avril, les Espagnols depuis le 16 mai et les Grecs à partir du 5 septembre. A l'échelle de l'Europe des 27, la dépendance commencera le 8 juillet, ce qui signifie que quasiment un poisson sur deux consommé dans l'UE est pêché hors des eaux communautaires.
(2) FranceAgriMer : « Les chiffres-clés - Les filières pêche et aquaculture en France – Edition avril 2013 »

Cliquer Ici pour télécharger le document de la Nef "Fish dependence – 2013 Update / The increasing reliance of the EU on fish from elsewhere"

Autres articles :

Pour aller plus loin dans l'imposture de la NEF et d'Ocean 2012

lundi 27 mai 2013

Démocratie. Les pêcheurs disent « Non » au Partenariat mondial pour les Océans

Les pêcheurs du monde entier disent « Non » au Partenariat mondial pour les Océans... They say « No » to GPO (Global Partnership for oceans)

A Nantes, l’époque du commerce triangulaire est toujours bien ancrée dans les mémoires. En témoigne l’affiche qui a accueilli les participants au 5e Forum mondial des droits de l’Homme. Ce pêcheur piroguier sur fond portuaire comme souvenir de trois siècles de traite négrière dans la cité ligérienne...

« Développement durable – Droits de l’homme : même combat ? » Telle était la question majeure du 5e Forum mondial des droits de l’Homme qui s’est tenu du 22 au 25 mai à Nantes.

« Développement durable – Droits de l’homme : même combat ? » Ce piroguier qui pêche aux abords de ce grand port de commerce, aurait probablement beaucoup à dire ! Pendant des mois, il a combattu avec tous ses collègues pêcheurs, la construction de ce complexe portuaire qui allait signer l’arrêt de mort de toute une communauté villageoise très prospère sur cet estuaire....

Mais, le pêcheur n’a pas été invité à ce Forum des droits humains comme n’ont pas eu droit à la parole les opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes refoulés sous la menace des matraques policières... Lire : Accaparement Terre Air Mer : Ayrault et Longueira, même combat !

Les communautés de pêcheurs du monde entier lancent un appel : "Non au GPO"

Les pêcheurs et les travailleurs de la mer du monde entier disent « Non » au Partenariat mondial pour les Océans (GPO – Global Partnership for oceans), programme porté par la Banque mondiale et soutenu par les ONGE internationales...

Les pêcheurs disent « Oui » aux Directives internationales visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale, en discussion actuellement au département des pêches de la FAO : Technical Consultation on the International Guidelines For Securing Sustainable Small-Scale Fisheries...

Les deux principales organisations de la pêche dans le monde, Forum mondial des populations de pêcheurs (WFFP) et Forum mondial des pêcheurs et travailleurs de la pêche (WFF), qui représentent plusieurs millions de pêcheurs et travailleurs de la mer, ont lancé au mois de mars 2013, un appel aux gouvernements du monde entier :

Appel aux gouvernements : Arrêter de soutenir le Partenariat mondial pour les océans (GPO) et la pêche fondée sur les droits de pêche (synonyme de privatisation de la mer)...

Le Forum mondial des populations de pêcheurs (WFFP) et le Forum mondial des pêcheurs et travailleurs de la pêche (WFF), et tous nos membres à travers le monde, appelons les gouvernements de chaque pays et les institutions inter-gouvernementales à abandonner le Partenariat mondial pour les océans et exigeons l’arrêt immédiat des initiatives basée sur les droits de pêche (Rights-Based Fishing) en tant que «remède» pour la pêche.

En outre, nous demandons instamment aux gouvernements de chaque pays et à toutes les institutions inter-gouvernementales d’orienter leurs ressources humaines et financières vers un engagement renforcé auprès des populations de pêcheurs artisanaux de la planète afin de finaliser et de mettre en œuvre les Directives internationales visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale.

Deux visions bien différentes de l’exploitation et du partage des richesses de notre planète maritime...

Les mers, les océans, et la faune qui les habite, représentent une grande source de richesses qui mobilise Etats, ONGE (organisations non gouvernementales environnementalistes), fondations, multinationales de l’industrie et de la distribution, instituts de recherche…

La procédure mise en avant est libérale et conservationniste : l’accès aux ressources, quelles quelles soient, repose sur des droits privatifs et payants. A côté de ce marché potentiel de ressources, de grandes réserves intégrales sont prévues ou en cours (de la taille de la France dans le cas de Palau, un micro-état du Pacifique). Elles sont ouvertes, cependant, au tourisme, à l’extraction, aux forages, à l’éolien…

« Charting a course » (tracer une voie) : 36 grandes organisations participent à un atelier à Vancouver en novembre 2012. Il est envisagé des monopoles sur les droits de pêche au profit de mareyeurs et de transformateurs, tout comme « des campagnes d’éducation d’envergure pour dépasser la peur et le rejet initial de la gestion par les droits de pêche » (privatifs et capitalisables, s’entend).

Les communautés de pêcheurs artisans qui, partout dans le monde, vivent de la pêche et permettent à une grande part de la population mondiale de se nourrir en produits de la mer, ne sont pas associées à cette démarche. Elles en sont même les première exclues (hormis quelques cas rares, largement financés par les grandes fondations et servant d’alibi).

Les deux organisations mondiales de pêcheurs artisans, le WFF (Fish Harvesters and Fish Workers) et le WFFP (World Forum of Fisher Peoples), ont pris position contre ce Partenariat Mondial pour les Océans et les politiques de privatisation des ressources marines. Dans le même temps, la FAO élabore un programme de soutien à la pêche artisanale.

Ce sont deux visions bien différentes de l’exploitation et du partage des richesses de notre planète maritime (d'après le texte d'Alain Le Sann dans l’Encre de Mer : Les pêcheurs artisans s’opposent au Partenariat Mondial pour les Océans)

Cliquer Ici pour télécharger l'appel "A Call for Governments to Stop Supporting the Global Partnership for Oceans (GPO) and Rights-Based Fishing (RBF) Reforms"


Pour aller plus loin...

Global Partnership for oceans (GPO), Kesaco ?

GPO Global Partnership for oceans ou Partenariat mondial pour les océans est un programme porté par la Banque mondiale avec le soutien des grandes institutions internationales (Fao, Unesco, Iucn,...), d’Ong, d’entreprises,...


Parmi les soutiens au Partenariat mondial pour les océans figurent un certain nombre de pays développés et en développement, ainsi que des groupements de pays (comme les nations insulaires) ; des organisations non gouvernementales et de défense dont Conservation International, Environmental Defense Fund, l’International Seafood Sustainability Foundation (ISSF), l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la National Geographic Society, The Nature Conservancy, Oceana, Rare et World Wildlife Fund (WWF) ; des organismes scientifiques comme la National Oceanic & Atmospheric Administration (NOAA) aux États-Unis ; des groupes industriels comme le National Fisheries Institute et le World Ocean Council, dont les membres ont besoin de produits de la mer durables ou sont tributaires de ressources océaniques ; des organisations internationales dont l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds pour l’environnement mondial, le Global Ocean Forum, GRID Arendal (Norvège), le Programme des Nations Unies pour le développement, le Programme des Nations Unies pour l’environnement, la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO et le Groupe de la Banque mondiale.

Démocratie. Les pêcheurs disent « Non » au Partenariat mondial pour les Océans

Les pêcheurs du monde entier disent « Non » au Partenariat mondial pour les Océans... They say « No » to GPO (Global Partnership for oceans)

A Nantes, l’époque du commerce triangulaire est toujours bien ancrée dans les mémoires. En témoigne l’affiche qui a accueilli les participants au 5e Forum mondial des droits de l’Homme. Ce pêcheur piroguier sur fond portuaire comme souvenir de trois siècles de traite négrière dans la cité ligérienne...

« Développement durable – Droits de l’homme : même combat ? » Telle était la question majeure du 5e Forum mondial des droits de l’Homme qui s’est tenu du 22 au 25 mai à Nantes.

« Développement durable – Droits de l’homme : même combat ? » Ce piroguier qui pêche aux abords de ce grand port de commerce, aurait probablement beaucoup à dire ! Pendant des mois, il a combattu avec tous ses collègues pêcheurs, la construction de ce complexe portuaire qui allait signer l’arrêt de mort de toute une communauté villageoise très prospère sur cet estuaire....

Mais, le pêcheur n’a pas été invité à ce Forum des droits humains comme n’ont pas eu droit à la parole les opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes refoulés sous la menace des matraques policières... Lire : Accaparement Terre Air Mer : Ayrault et Longueira, même combat !

Les communautés de pêcheurs du monde entier lancent un appel : "Non au GPO"

Les pêcheurs et les travailleurs de la mer du monde entier disent « Non » au Partenariat mondial pour les Océans (GPO – Global Partnership for oceans), programme porté par la Banque mondiale et soutenu par les ONGE internationales...

Les pêcheurs disent « Oui » aux Directives internationales visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale, en discussion actuellement au département des pêches de la FAO : Technical Consultation on the International Guidelines For Securing Sustainable Small-Scale Fisheries...

Les deux principales organisations de la pêche dans le monde, Forum mondial des populations de pêcheurs (WFFP) et Forum mondial des pêcheurs et travailleurs de la pêche (WFF), qui représentent plusieurs millions de pêcheurs et travailleurs de la mer, ont lancé au mois de mars 2013, un appel aux gouvernements du monde entier :

Appel aux gouvernements : Arrêter de soutenir le Partenariat mondial pour les océans (GPO) et la pêche fondée sur les droits de pêche (synonyme de privatisation de la mer)...

Le Forum mondial des populations de pêcheurs (WFFP) et le Forum mondial des pêcheurs et travailleurs de la pêche (WFF), et tous nos membres à travers le monde, appelons les gouvernements de chaque pays et les institutions inter-gouvernementales à abandonner le Partenariat mondial pour les océans et exigeons l’arrêt immédiat des initiatives basée sur les droits de pêche (Rights-Based Fishing) en tant que «remède» pour la pêche.

En outre, nous demandons instamment aux gouvernements de chaque pays et à toutes les institutions inter-gouvernementales d’orienter leurs ressources humaines et financières vers un engagement renforcé auprès des populations de pêcheurs artisanaux de la planète afin de finaliser et de mettre en œuvre les Directives internationales visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale.

Deux visions bien différentes de l’exploitation et du partage des richesses de notre planète maritime...

Les mers, les océans, et la faune qui les habite, représentent une grande source de richesses qui mobilise Etats, ONGE (organisations non gouvernementales environnementalistes), fondations, multinationales de l’industrie et de la distribution, instituts de recherche…

La procédure mise en avant est libérale et conservationniste : l’accès aux ressources, quelles quelles soient, repose sur des droits privatifs et payants. A côté de ce marché potentiel de ressources, de grandes réserves intégrales sont prévues ou en cours (de la taille de la France dans le cas de Palau, un micro-état du Pacifique). Elles sont ouvertes, cependant, au tourisme, à l’extraction, aux forages, à l’éolien…

« Charting a course » (tracer une voie) : 36 grandes organisations participent à un atelier à Vancouver en novembre 2012. Il est envisagé des monopoles sur les droits de pêche au profit de mareyeurs et de transformateurs, tout comme « des campagnes d’éducation d’envergure pour dépasser la peur et le rejet initial de la gestion par les droits de pêche » (privatifs et capitalisables, s’entend).

Les communautés de pêcheurs artisans qui, partout dans le monde, vivent de la pêche et permettent à une grande part de la population mondiale de se nourrir en produits de la mer, ne sont pas associées à cette démarche. Elles en sont même les première exclues (hormis quelques cas rares, largement financés par les grandes fondations et servant d’alibi).

Les deux organisations mondiales de pêcheurs artisans, le WFF (Fish Harvesters and Fish Workers) et le WFFP (World Forum of Fisher Peoples), ont pris position contre ce Partenariat Mondial pour les Océans et les politiques de privatisation des ressources marines. Dans le même temps, la FAO élabore un programme de soutien à la pêche artisanale.

Ce sont deux visions bien différentes de l’exploitation et du partage des richesses de notre planète maritime (d'après le texte d'Alain Le Sann dans l’Encre de Mer : Les pêcheurs artisans s’opposent au Partenariat Mondial pour les Océans)

Cliquer Ici pour télécharger l'appel "A Call for Governments to Stop Supporting the Global Partnership for Oceans (GPO) and Rights-Based Fishing (RBF) Reforms"


Pour aller plus loin...

Le 16 Mai 2014

Arundhati Roy, à propos des ONG

"Les ONG doivent rendre des comptes à leurs financeurs, et non aux gens avec lesquels elles travaillent," selon Arundhati Roy, militante et écrivain indienne, auteure du roman "Le Dieu des Petits Riens" (Photo Wikipedia)

Source : Crisla

Une analyse décapante du rôle des ONG par l’écrivaine indienne. Si elle évoque le rôle de certaines ONG de développement, 10 ans après, elle peut aussi concerner les ONG environnementalistes qui disposent aujourd’hui de fonds bien plus considérables que les ONG de développement…Cette analyse rejoint celle de Naomi Klein sur les BINGOs, les grandes ONG environnementalistes anglo-saxonnes.

Les mouvements de masse ont à faire face à un second danger, la résistance sur le modèle des ONG. Il serait facile de déformer ce que je vais dire en une mise en cause de toutes les ONG. Ce serait un mensonge. Dans les eaux troubles de la mise en place de fausses ONG, créées soit dans le but de siphonner les subventions ou alors d’éviter les taxes (dans les Etats tels que Bihâr, on les considère comme dot), bien sûr, il y a des ONG qui font un précieux travail. Mais il est important d’envisager le phénomène ONG dans un contexte politique plus large. En Inde, par exemple, le plein essor du financement des ONG a commencé à la fin des années 1980 et dans les années 90. Cela correspondait à l’ouverture du marché indien au néolibéralisme. A ce moment-là, l’Etat indien, conforme aux exigences de l’ajustement structurel, réduisait les fonds de développement rural, pour l’agriculture, l’énergie, les transports et la santé publique. Etant donné que l’Etat abandonnait son rôle traditionnel, les ONG se sont lancées dans le travail sur ces mêmes domaines. La différence, évidemment, c’est que les fonds qui leur sont disponibles représentent une part minuscule de la coupe budgétaire actuelle dans les dépenses publiques.

Les ONG avec le plus de fonds sont financées et mises sous tutelle par des agences d’aide et de développement, qui sont, à leur tour, financées par des gouvernements occidentaux, la Banque mondiale, les Nations Unies et certaines sociétés multinationales. Bien qu’elles ne soient pas exactement les mêmes agences, elles font certainement partie du même grand réseau politique qui supervise le projet néolibéral et réclame une réduction des dépenses gouvernementales dans un premier temps. Pourquoi ces agences devraient-elles financer des ONG ? Pourrait-il juste s’agir d’un élan missionnaire démodé ? De la culpabilité ? C’est un peu plus que ça. Les ONG donnent l’impression qu’elles remplissent la place vacante créée par un Etat en retrait. Et elles le font, mais substantiellement, sans conséquences. Leur vraie contribution est qu’elles désarment le mécontentement politique et distribuent en tant qu’aide ou don généreux ce qui devrait revenir de droit aux gens. Elles altèrent le psychisme public. Elles changent les gens en victimes dépendantes et émoussent les contours de la résistance politique. Les ONG forment une sorte de médiateur entre le dirigeant et le public. Entre l’Empire et ses sujets. Elles sont devenues les arbitres, les interprètes, les médiatrices. A long terme, les ONG doivent rendre des comptes à leurs financeurs, et non aux gens avec lesquels elles travaillent. Elles sont ce que les botanistes appellent des espèces indicatrices. C’est presque comme si, plus le néolibéralisme engendre de la dévastation, plus l’explosion des ONG est importante. Rien ne l’illustre de façon plus émouvante que le phénomène des Etats-Unis s’apprêtant à envahir un pays et simultanément préparant les ONG à rentrer et nettoyer les dégâts. Afin de s’assurer que leur financement n’est pas compromis, et que les gouvernements des pays où ils travaillent leur permettront de fonctionner, les ONG doivent présenter leur travail dans un cadre superficiel, plus ou moins coupé de tout contexte politique ou historique, dans tous les cas, d’un contexte historique et politique inopportun. Des rapports apolitiques (et donc, en fait, extrêmement politiques) sur la misère des pays pauvres et les zones de guerre font finalement paraître les gens (noirs) de ces pays (noirs) comme des victimes compulsives. Encore un Indien mal nourri, un autre Ethiopien crevant de faim, un autre Afghan d’un camp de réfugié, un autre Soudanais mutilé … nécessitant l’aide d’un homme blanc. Involontairement, ils renforcent les stéréotypes racistes et réaffirment les exploits, le réconfort et la compassion (le « qui aime bien châtie bien ») de la civilisation occidentale. Ils sont les missionnaires laïques du monde moderne.

Eventuellement – sur une plus petite échelle, mais plus insidieusement – le capital disponible aux ONG joue le même rôle dans les politiques alternatives que les capitaux spéculatifs qui rentrent et sortent des économies des pays pauvres. Ça commence par dicter le programme. Ça change la confrontation en négociation, ça dépolitise la résistance. Cela interfère avec les mouvements populaires locaux qui ont traditionnellement été autonomes. Les ONG ont des fonds qui peuvent employer des locaux qui pourraient autrement être militants dans les mouvements de résistance, mais peuvent désormais sentir qu’ils font quelque chose de bien, immédiat et créatif (en gagnant de l’argent en même temps). Une vraie résistance politique n’offre pas de tels raccourcis. La politique sur le mode ONG menace de changer la résistance en un travail de bureau avec des salariés aux bonnes manières, polis et raisonnables, au travail de 9h à 17h. Avec quelques avantages en plus. La vraie résistance a de réelles conséquences. Et pas de salaire...

Extrait d’une conférence d’Arundhati ROY aux Etats-Unis en 2004.
Publié par http://socialistworker.org/2004-2/510/510_06_Roy.shtml

Repris par Development Industry, Raza Rumi |14 avril 2009.

Traduction : Joana Neves, Mai 2014

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Global Partnership for oceans (GPO), Kesaco ?

GPO Global Partnership for oceans ou Partenariat mondial pour les océans est un programme porté par la Banque mondiale avec le soutien des grandes institutions internationales (Fao, Unesco, Iucn,...), d’Ong, d’entreprises,...


Parmi les soutiens au Partenariat mondial pour les océans figurent un certain nombre de pays développés et en développement, ainsi que des groupements de pays (comme les nations insulaires) ; des organisations non gouvernementales et de défense dont Conservation International, Environmental Defense Fund, l’International Seafood Sustainability Foundation (ISSF), l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la National Geographic Society, The Nature Conservancy, Oceana, Rare et World Wildlife Fund (WWF) ; des organismes scientifiques comme la National Oceanic & Atmospheric Administration (NOAA) aux États-Unis ; des groupes industriels comme le National Fisheries Institute et le World Ocean Council, dont les membres ont besoin de produits de la mer durables ou sont tributaires de ressources océaniques ; des organisations internationales dont l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds pour l’environnement mondial, le Global Ocean Forum, GRID Arendal (Norvège), le Programme des Nations Unies pour le développement, le Programme des Nations Unies pour l’environnement, la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO et le Groupe de la Banque mondiale.

jeudi 23 mai 2013

Stop au clapage. Opération sauvetage de la « Demoiselle » du Pays Bigouden

Quelle est jolie la « Demoiselle »* après le clapage** des boues du port de plaisance de Loctudy sur le terrier*** de cette langoustine !

Entendez le cri de la « demoiselle de Loctudy » : « Arrêtez de m'envoyer toutes vos poubelles ! »

Manifestation contre la clapage le samedi 22 juin à Loctudy, cliquer Le Marin 

* La « demoiselle de Loctudy » est une langoustine, fleuron de la pêche bigoudène. ** Le clapage est l'opération consistant à déverser en mer des substances (généralement, déchets ou produits de dragage), en principe à l'aide d'un navire dont la cale peut s'ouvrir par le fond. *** La langoustine vit dans un terrier creusé dans la vase sur des fonds de 15 à 800m. Elle le quitte à l’aube et au crépuscule pour rechercher sa nourriture : vers, crustacés, mollusques…

Photographie de Stéphane Guihéneuf extraite des caisses de boues du reportage plein de vases dans Le Télégramme :  Boues de Loctudy. On nous dit que c'est propre, on montre que c'est sale.

Boues de Loctudy. On nous dit que c'est propre, on montre que c'est sale.

Les pêcheurs bigoudens très remontés contre les opérations de rejet en mer des boues de dragage du port de Loctudy ont exprimé leur ras-le-bol... Ce mercredi 22 mai 2013, ils ont mené une opération coup de poing... Une opération sauvetage de la langoustine, fleuron de la pêche bigoudène : Encerclement de la barge dédiée aux opérations de clapage, débarquement à la criée de caisses de vase et dépôt de ces dernières devant la mairie de Loctudy.

Une trentaine de bateaux de pêche du Pays bigouden et de Concarneau s'est mobilisée ce mercredi, contre les opérations de clapage, au large du Guilvinec, des boues de dragage du port de Loctudy. Une action symbolique débutée tôt le matin par le blocage de l'Empedocle, la barge chargée des opérations, suivi de quelques traits de chaluts dans la zone de clapage, et qui s'est terminée, en fin de journée, par le dépôt de caisses remplies de vase et le déversement de vase sur les marches de la mairie de Loctudy. Ils n'entendent pas relâcher la pression.

Stop au clapage des boues du port de Loctudy est sur Facebook


Par ailleurs, la pétition sur Change.org dépasse les 1400 signatures...(17 juin 2013)

Avec Facebook, la mobilisation de soutien aux pêcheurs du Finistère Sud se renforce....

En soutien avec les pêcheurs...
Signez la pétition pour demander l'arrêt immédiat des clapages en mer !

(cliquer Ici ou sur les caisses de boues du port de Loctudy pour dire Stop au clapage des boues de Loctudy)


"On nous dit que c'est propre, nous on montre que c'est sale"

En début d'après-midi, les pêcheurs se sont dirigés vers le port du Guilvinec, où les attendaient les gendarmes. Là, devant un public assez fourni venu assister à la vente de la pêche du jour, ils ont pu montrer leurs caisses de poissons et de langoustines maculées des boues . "On nous dit que c'est propre, nous on montre que c'est sale", a indiqué Jean-Paul Biger, président de l'association des pêcheurs professionnels du littoral. Maintenant, a-t-il menacé, "s'il faut se faire violence, on se fera violence".

Même détermination du côté de Jean-Jacques Tanguy, président du comité départemental des pêches. "Cette action est partie du fond du coeur, sans être préméditée. Elle témoigne du ras-le-bol de la base. Les pêcheurs ont fait le choix de montrer la misère jusqu'au bout, au risque de perdre un peu de leur image".


« Tout remettre à plat pour faire autre chose »

Pour le symbole, une vingtaine de caisses ont été déposées sur les marches de la mairie de Loctudy. Certaines étant même déchargées à même le sol. À Joël Piété et Christine Zamuner (adjointe aux finances), ils ont redit qu'ils n'étaient pas opposés au dragage. Mais la méthode du clapage ne leur convient pas. « Vous pensiez vraiment qu'on n'aurait rien dit, qu'on aurait laissé faire ? », interroge Jean-Paul Biger. « On ne peut pas dire qu'on défend la pêche quand on fait ça ! ». Pour Dominique Faou, la situation « ne peut pas continuer, sinon ça risque de dégénérer en mer ».

Les pêcheurs défendent leurs droits humains

Les pêcheurs côtiers langoustiniers des quartiers maritimes du Guilvinec et de Concarneau qui ont bloqué la barge « Empédocle » chargée de 500 M3 de vase en provenance du port de plaisance de Loctudy « défendent leurs droits humains » (1). Ces pêcheurs artisanaux défendent le droit de vivre de leur métier, dénonçant le déversement en mer « d'une vraie poubelle » (2). Les boues déversées en mer sont constituées de vase, mais aussi de « macro-déchets, de bouteilles, de frigos », a indiqué Dominique Faou, membre de l'Association de protection des pêcheurs professionnels du littoral, qui regroupe une cinquantaine de navires opposés à ces rejets en mer.

« C'est une vraie poubelle que le conseil général [du Finistère] et la commune de Loctudy jettent dans nos zones à langoustines par 90 mètres de fond », a-t-il regretté. « Cette vase a la même densité que de la roche », a déploré Johan Gueguen, un autre pêcheur. « Au bout d'un mois de clapage [ce genre de rejet en mer], la zone est massacrée, a-t-il assuré. On réclame l'arrêt des clapages partout en France, c'est inadmissible, en 2013, de faire ce genre de choses. »

Débutées fin mars 2012, les opérations de dragage de ce port doivent s'achever en 2014. Elles ont cependant été arrêtées pendant plusieurs semaines en raison d'un recours déposé auprès du tribunal administratif de Rennes par le Comité régional des pêches. Elles ont repris samedi dernier après le rejet du recours.

Robin des Bois et France Nature Environnement, solidaires des pêcheurs... Pas les « Fishlovers » de studio !

L’association écologiste Robin des Bois exprime, dans un communiqué, « sa solidarité avec les pêcheurs », soulignant que la zone où sont rejetées les boues, au sud du Guilvinec, est « riche en biodiversité et en ressources halieutiques à vocation commerciale ». Elle juge « inquiétante » la dérogation accordée aux opérations de clapage et réclame « de nouvelle modalités de traitement des déblais » (3). « Ce blocage est de la légitime défense non violente face au rejet en mer des boues de dragage du port de Loctudy », indique cette association, solidaire des pêcheurs.

Outre l’association Robin des Bois, France Nature Environnement réaffirme aussi son soutien aux pêcheurs suite au blocage de la barge mercredi dans un communiqué (23 mai 2013) : L'association France nature environnement (FNE) soutient l'action des pêcheurs langoustiniers contre la reprise du clapage des vases portuaires de Loctudy et Lesconil. « Pour FNE, Eau et rivières de Bretagne et Bretagne vivante, ce projet de clapage, en pleine zone Natura 2000, est un non-sens environnemental. Nos associations ont déjà réagi en 2012 par un recours gracieux auquel la préfecture n'a pas donné de suite favorable. Un recours en annulation sera jugé dans quelques mois. Présent au sein du Comité de suivi, nous demandons la suspension des opérations », indique Denez L'Hostis, responsable de la mission mer et littoral. Benoît Hartmann, porte-parole de FNE : « Ce dossier est emblématique : l'évaluation d'incidence est insuffisante et l'absence de mesures de nature à réduire, supprimer ou compenser l'impact des effets dommageables est inacceptable. Comment accepter le déversement sur les fonds marins de tonnes de déchets parmi lesquels on retrouve des métaux lourds, quasiment sans aucun contrôle alors que c'est impensable à terre ? »

Quant à Greenpeace... Escale aux Glénan à quelques encablures de Loctudy...

Des langoustines au milieu de boues polluantes n'intéressent pas l'association environnementale, elle préfère plutôt soutenir des causes plus médiatiques : Blue Charity Business. OPA sur l'image de la pêche artisanale

Au moment où les pêcheurs manifestaient leur colère, le bateau des écologistes "Arctic Sunrise" naviguait au large des côtes du Finistère dans la cadre de la campagne pour la défense de la pêche artisanale. Une zone Natura 2000 devenue "poubelle" de langoustines maculées de vases ne vaut pas les eaux limpides de l'archipel des Glénan où l'association a déployé une banderole sur laquelle était écrit : "MM. les ministres, sans poissons, pas de pêcheurs". (4)

Pendant ce temps, les « Fishlovers » soutenus par la coalition Ocean 2012, se pavanent nus dans les studios. Ces soit-disant « défenseurs » de la pêche artisanale contre la surpêche n'ont que faire de la « demoiselle de Loctudy ».

René-Pierre Chever du Comité Départemental des Pêches du Finistère : « Au-delà des discussions purement juridiques, cette journée de protestation dans le Pays bigouden pose clairement la question politique de l’avenir de la pêche professionnelle maritime. Pour les pêcheurs il n’est pas question de devenir une réserve d’indiens que l’on viendrait visiter du haut du belvédère du Guilvinec un jour de sortie. « La pêche commence en Finistère » ne doit pas être un simple slogan, mais correspondre à une réelle ambition. » (1)

Philippe Favrelière (actualisé le 25 mai 2013)

(1) Comité départemental des pêches du Finistère : Clapage : les pêcheurs défendent leurs droits humains.
(3) Le Télégramme : Clapage. Les pêcheurs n'en veulent plus
(4) Le Marin : Pêche : action de Greenpeace aux Glénan

Autres articles :

Pour aller plus loin...

Clapage au Sud... Extraction au Nord... Mer bretonne en chantier !
 
Non à l'extraction massive de sable en Baie de Lannion !

Source : Blog d'Alain Cadec (Député européen)

La baie de Lannion est un site remarquable avec un écosystème vulnérable dont les dunes sous-marines de sable coquiller constituent le véritable "poumon".

Aussi, je soutiens pleinement le collectif "Le peuple des dunes en danger en Trégor" dans son combat contre le projet d'extraction de sable en baie de Lannion. Ce projet démesuré concerne en effet un espace maritime situé entre deux zones classées Natura 2000. Il consisterait à prélever 8 millions de mètres cube de sable coquillier... Rien de moins !

Il aurait pour conséquence la disparition pure et simple, au terme de l'exploitation, de  ce "banc de sable" indispensable à la reproduction de nombreuses espèces: lançon, lieu, bar etc... Ce projet aurait ainsi un impact négatif direct sur toutes les activités dans la baie de Lannion comme la  pêche, le tourisme, la conchyliculture...

L'effondrement de cette dune sous-marine de 10 000 ans aurait donc des effets dévastateurs sur ce bout de littoral préservé, qui regorge encore de ressources naturelles très riches. L'intérêt économique de cette opération ne  peut pas justifier  une telle destruction.

Le peuple des dunes a déposé une pétition au Parlement européen que je soutiens. J'ai adressé en ce sens un courrier à la commission des pétitions.  Je serais très attentif à l'évolution de ce dossier: le poumon de la Baie de Lannion ne doit pas disparaître.
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Communiqué de l'association Robin des Bois : Dénatura 2000

lundi 20 mai 2013

Thon rouge : Frénésie autour de la campagne 2013...


Ancien titre : Campagne 2013 : Frénésie autour du thon rouge...

La campagne de thon rouge commence dans quelques jours en Méditerranée... Cette nouvelle saison s'annonce torride... Pour Jean-Pierre du journal en ligne Consoglobe, "ça va saigner !" (1)

Campagne Thon rouge 2013 : cliquer Ici pour aller directement à la revue de presse de la campagne des thoniers-senneurs (= pêche industrielle) en Méditerranée.... Et depuis le 1 juillet 2013 pour la pêche artisanale dans le Golfe de Gascogne : Pays Basque

En Angleterre, la femme nue qui chevauche le thon rouge, se prépare à traverser la Manche. Elle va débarquer à Paris dans le cadre de la campagne « Fishlove ». (2)

Au Japon, la femme nue attend en position sushis de thon rouge selon la "tradition" nyotaimori en plein développement dans le monde (3)


Surpêche... Droit humain... Instrumentalisation du thon rouge !

L'origine du nyotaimori reste floue, aucun restaurant au Japon ne proposant ce type de service. Cette pratique est plutôt considérée au Japon comme jeu sexuel et non comme une tradition culinaire, bien qu'elle soit présentée ainsi dans les autres pays du monde... Pratique dénoncée par plusieurs organisations (notamment féministes) car elle porte atteinte à la dignité des femmes... (4)

Pendant ce temps, des stars se déshabillent contre la surpêche (5), elles se dénudent à l'image de Mélanie Laurent pour Le Marin (6), et posent nues par amour des poissons ! (7)
 
(1) Consoglobe : Pêche au thon, nouvelle saison – ça va saigner !
(2) Fishlove : la campagne dénudée contre la surpêche arrive à Paris
(3) Manger des sushis sur une femme nue (interdit -18 ans)
(4) Wikipedia : Nyotaimori

Autres articles :

Images : femmes nues "table à sushi" (Sources : Reuters et Sushi Maki)

La pêche au thon rouge au large de Saint-Jean-de-Luz en images

Juillet 2013. Les photographes de Sud-Ouest ont passé une journée avec l'équipage de l'"Airosa".


 Cliquer Ici pour découvrir le reportage photographique.... Et à suivre les explications....

Course contre le thon et le temps

C’est la pêche la plus spectaculaire. La preuve avec l’équipage du canneur « Airosa ».

Source : Sud Ouest par Arnaud Dejeans

«Où est-ce qu’ils sont ces thons ? » peste le patron Didier Martinez, les yeux rivés sur l’écran du sonar. À l’avant du bateau, alignés comme des sardines, les guetteurs ironisent : « Dans l’océan certainement ». Voilà cinq heures que l’équipage scrute la surface des eaux en espérant apercevoir un banc de thons rouges. Pas un frétillement à se mettre sous l’œil, ni un dadin à l’horizon, cet oiseau noir annonciateur. Le temps passe, le thon s’évapore.

Pour éviter de se transformer en figure de proue, Jojo, Jean-Claude, Alain, David et Paxkal enchaînent machinalement les cigarettes. « Le thon rouge, c’est toujours pareil, il faut être patient », témoigne Jean-Claude, dit « l’Ancien ». À 70 ans, cet ancien patron, qui a connu les grandes campagnes sénégalaises, vient donner un coup de main à l’équipage : « La pêche au thon rouge, c’est la plus belle ».

L’échine de l’océan frétille

Gladiateurs de la mer

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Pour aller plus loin....

En 2013, les quotas de thon rouge repartent à la hausse...

mardi 14 mai 2013

Chronique minotière de Fish-Peru.com : Le Niño Asiatique (ou la ruée sur l'anchois du Pérou)

Le Niño Asiatique (ou la ruée sur l'anchois du Pérou)

Nous saluons un tout nouveau dans la blogosphère halieutique : Fish-Peru.com. Il nous vient de Lima au Pérou et il écrit en français !

Fish-Peru.com nous donnera à n’en point douter des nouvelles fraiches et régulières du poisson n°1 dans le monde : « L'ANCHOIS DU PÉROU »

Lors de son lancement, fin 2012, Fish-Peru.com annonçait la couleur : « Découvrez l’anchois du Pérou. Depuis la période pré-inca à nos jours. Première ressource mondiale, elle est le fer de lance de l’industrie de la pêche péruvienne. » Les rubriques de Fish-Peru.com rappellent que le Pérou est un grand pays halieutique, riche d’une grande diversité : Merlu, Pota (calmar), Saint-Jacques (pétoncle),...

L’un des premiers messages de Fish-Peru.com concerne l’accaparement de la ressource en anchois par des « puissances étrangères », Corée du Sud (Dwongwon Group), Chine (China Fishery) et Chili (Angelini). La Norvège n’est pas citée dans cet article daté du 3 avril 2013 mais dans celui-ci : Le groupe norvégien Cermaq acquiert plus de 50% de Copeinca pour US$ 600 millions !

Cette ruée étrangère sur l'anchois du Pérou intervient à un moment où le président péruvien Ollanta Humala mène une politique contre la malbouffe (1) et souhaite développer la pêche "vivrière" avec l’extension à 10 milles nautiques de la zone de pêche réservée pour la consommation humaine directe (ce qui repousse la pêche minotière au-delà de cette limite au grand dam des industriels péruviens) (2) : "La anchoveta pour la consommation humaine", des anchois sur la table des péruviens afin de lutter en particulier contre la malnutrition infantile encore très présente dans le pays. Lire : Au Pérou, des carpes au secours des villageois !

"Chronique Fish-peru : Le Niño Asiatique" de Pedro Trillo


Alors que la tension entre le gouvernement et le secteur industriel minotier devrait fragiliser ce dernier, les valeurs des entreprises n’ont jamais été aussi hautes.

Récemment le président Humala attaquait de front les industriels de la pêche minotière, les accusant de s’enrichir sur le dos de la pêche artisanale et de piller l’anchois. Faux, "nous ne détruisons pas l'anchois" rétorquait la SNP (Société Nationale de la Pêche ndlr (3)) qui de son côté, via son avocat Aureliot Loret, montrait du doigt la pêche « illégale» soutenue par la ministre Triveño. Pour lui le Président est mal informé par sa ministre qui en faisant voter le décret Suprême DS-005-2013 PRODUCE  favorise tout simplement cette pêche illégale.

Depuis un an la législation s’est durcie contre la pêche industrielle minotière, le quota d’anchois a été divisé par deux, la zone de pêche a été porté au-delà des 10 milles nautiques, rendant quasiment impossible la pêche dans le sud du pays où le plateau continental est très étroit. Déjà 12 usines de la région annoncent des licenciements pour manque d’approvisionnement d’anchois.

Alors que ces mesures devraient fragiliser le secteur, en moins d’un mois deux entreprises majeures, COPEINCA et PESQUERA DIAMANTE, respectivement deuxième et troisième du secteur subissent des tentatives de rachat, l’une par l’entreprise chinoise CFG, l’autre par le géant coréen DWONGWON GROUP. Pesquera Diamante a refusé une offre de 600 Mio USD et Copeinca est sous le joux d’une OPA hostile, sa valeur a doublée en 5 ans, on dépasse là aussi les 600 Mio USD. Alors que ni l’une, ni l’autre ne dépassent les 300 Mio USD de CA, qu’est ce qui justifie des valeurs au-delà des ratios économiques qui plus est dans un contexte de crise et de conflits ouvert avec le gouvernement ?

Une stratégie commune

Le Pérou exporte plus de 3 Milliard USD, les 2/3 en farine et huile de poisson et 1/3 en produits de la mer pour la consommation humaine directe. Pour l’instant 20% de l’industrie minotière est contrôlée par des entreprises étrangères, mais cette situation pourrait changer très vite et ne serait pas souhaitable pour la souveraineté alimentaire du pays et en contradiction avec la politique du gouvernement qui veut lutter contre la malnutrition infantile encore très présente.

Pour des puissances étrangères, il reste potentiellement 80% des entreprises disponible à la vente. Et les derniers événements démontrent que tout a un prix !

Si l’on regarde de plus près la situation est très simple. Deux leaders asiatiques, chacun dans leur domaine ont affiché leur volonté d’étendre leur leadership au niveau mondial et pour cela ils sont appuyés par leurs gouvernements respectifs. Mais ils ont compris qu’ils devraient s’unir pour arriver à leurs fins.

En effet pourquoi une entreprise leader dans le thon s’intéresse t’elle à une entreprise de farine au Pérou.

Mais pourquoi le géant coréen DWONGWON, leader dans le thon, s'intéresse-t-il à l'anchois du Pérou ?

La réponse est Ici dans la suite de l'article de Pedro Trillo

(1) Le Monde du 18 mai 2013 : Le Pérou part en guerre contre la malbouffe
(2) fish-peru.com : Le décret 005 de Produce en grand danger: Les industriels sont confiants
(3) La Société Nationale de la Pêche (SNP) est une organisation regroupant les représentants des entreprises du secteur aquacole, de la farine et des armateurs

Autres articles :

Illustration : pulsamerica.co.uk

Pour aller plus loin...

Au Pérou, Saint Pierre n’a plus la cote dans le plus grand port de pêche au monde...

A Chimbote, Saint Pierre n’a plus la cote auprès des industriels de la pêche minotière. Par contre, ces minotiers ont une très bonne cote sur les marchés financiers notamment Copeinca que convoitent chinois et norvégiens...

Saint Pierre privé de barque pour la traditionnelle procession en mer

L'évêque fustige l'égoïsme des sociétés de pêche industrielle  

Source : Kipa/Apic - Chimbote, 11 juin 2013 

L’évêque de Chimbote, au Pérou, Mgr Angelo Francisco Simon Piorno a fustigé l'égoïsme des sociétés de pêche industrielle 'Tasa', 'Copeinca' et 'Hayduk' qui ont refusé de prêter leurs embarcations pour la traditionnelle procession en mer ouverte par le patron de la ville, saint Pierre.

Avec ses 350.000 habitants, Chimbote est l’une des principales villes industrielles du Pérou. Sa population, très majoritairement catholique, reste très attachée à fête patronale et à sa fameuse procession en mer, rapporte l'agence missionnaire vaticane Fides.

Selon Mgr Piorno, le refus des entrepreneurs "démontre l’égoïsme qui habite leur âme. Il leur semble excessivement coûteux de fournir un bateau pour une demi-heure alors que nous savons que ces grands entrepreneurs sont devenus riches dans ce port. Et maintenant, ils ne veulent plus collaborer".

Qu'à cela ne tienne "la statue du saint patron des pêcheurs sera transportée cette année à bord d’une petite chaloupe pour faire le parcours traditionnel en mer" a ajouté l’évêque. "La tradition continue, avec une barque, petite ou grande."

La fête de saint Pierre aura lieu du 19 au 30 juin dans le port et la ville de Chimbote, avec un programme riche en événements afin de célébrer l’Année de la Foi dans toutes les paroisses de la ville.

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