lundi 25 mars 2013

Thon tropical : Mise en boite des Papous réfractaires !

Thon tropical : Mise en boite des papous qui refusent des emplois !

La Papousie-Nouvelle-Guinée (PNG) est en passe de devenir le centre mondial de l’industrie thonière malgré l’opposition des peuples indigènes. Les Papous refusent de céder leurs terres ancestrales contre des dizaines de milliers d’emplois dans les conserveries. Plusieurs villages sont entrés en résistance au Nord du lagon de Madang où les leaders mondiaux du thon se sont donné rendez-vous pour créer le plus grand pôle thonier du Pacifique... Avec une production de plus de 400.000 tonnes de boites de thon chaque année !

400.000 tonnes de thon en conserve chaque année !

En Papousie-Nouvelle-Guinée, un thon tropical vaut bien plus qu’un Papou, ce bon sauvage encore accroché à la terre vierge. Des peuplades toujours ancrées dans la sorcellerie et la magie noire et qui en 1998 demandaient à leur député de la région de Madang le dépôt d'une proposition de loi visant à l'abolition de la monnaie-papier, et le retour à l'usage des coquillages....

Saupimer. Peu importe, les Papouaseries de Saupiquet dans sa dernière campagne de Pub (1)... La Sapmer a beau être l’amie de la mer... Les Papouans néoguinéens ne se laisseront pas intimider ; ils veulent faire valoir leurs droits coutumiers.

Certifié "Friend of the Sea" pour sa pêcherie de thon dans l'Océan Indien, l'armement thonier réunionnais Sapmer a décidé de s’installer en terre papoue à partir de 2015 (2). « La Papouasie-Nouvelle-Guinée vient de nous accorder dix licences d’exploitation, indique Yannick Lauri, directeur général de l’armement. Le premier bateau doit y entrer en service dès 2015. » Dix unités identiques seront exploitées au nord de l’île de Madang, « où tout est à construire ». L’armement réunionnais mise sur un potentiel de plus de 10 000 tonnes de thon par navire. « Le poisson est à deux heures de route de notre futur site d’implantation où 2 000 emplois vont être créés, équipages compris », indique Yannick Lauri. La Sapmer emploie aujourd’hui près de 600 personnes. (2')

Après le forcing de Bruxelles et l'accord du Parlement européen (3), la Papouasie Nouvelle-Guinée propose en effet d'indéniables avantages aux armements transocéaniques : des licences de pêche, des concessions à terre et un accès au marché européen.

La Papouasie Nouvelle-Guinée (PNG), le plus vaste pays ACP (4) du Pacifique insulaire, a un potentiel de 500.000 tonnes de thon dans son espace maritime (ZEE : 2,4 millions de km2).

Adossé à l'Indonésie, ce pays représente une plateforme opérationnelle idéale pour exploiter le million de tonnes de thonidés réparties dans l’ensemble des micro-Etats du Pacifique Sud regroupés au sein des Parties à l’Accord de Nauru : Palau, Salomon, Tuvalu, Kiribati, Marshall, Nauru, Micronésie et PNG. Ce groupe de 8 pays insulaires qui représente près de 25% des captures mondiales, est aussi appelé le "Cartel du thon".


PMZI : Enorme centre industriel thonier dans le lagon de Madang !

La Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) souhaite devenir l’un des leaders mondiaux de la transformation du poisson en attirant les entreprises et les emplois qui se sont dispersés dans d’autres usines de conserves en Asie. Sylvester Pokajam, Directeur général du Service national des pêches de la PNG, s’est engagé à améliorer la position compétitive du pays dans le secteur de la transformation du thon.

En 2011, le commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, dans le cadre d’une tournée océanienne, a visité le futur centre industriel de transformation de Madang PMZI (Pacific Maritime Industrial Zone). 

Ce pôle halio-industriel doit produire chaque année 400.000 tonnes de boites de thon d’ici 2020 pour 30.000 emplois directs (100.000 emplois indirects)

Ce site est contesté par les populations indigènes qui demandent la restitution des terrains déjà acquis par une première conserverie RD Tuna...

Les Parties à l’Accord de Nauru (PAN – huit pays insulaires du Pacifique riches en thon, dont la PNG)  s’efforcent par tous les moyens de relancer l’emploi dans ce secteur. « La PNG compte fournir  durablement environ 1,2 millions de tonnes de poisson par an, a déclaré Pokajam. Au cours de la dernière décennie, l’industrie de la transformation du thon est devenue un employeur majeur en PNG, où le total autorisé des captures de thon a été fixé à 500.000 tonnes par an.

L’industrie de la transformation du poisson est en plein essor dans la mesure où la PNG bénéficie d’un accès en franchise de droits et sans contingents aux marchés européens, grâce à l’Accord de Partenariat Economique provisoire signé avec l’UE. Selon Pokajam, il y aura encore plus d’emplois offerts dans dix ans en PNG. « Il s’agit d’une industrie durable offrant des emplois qui seront préservés à coup sûr », a-t-il affirmé. Il espère en outre que le secteur du thon offrira 30 000 emplois directs et 100 000 emplois indirects.



Une grande partie du thon pêché dans les eaux territoriales de PNG est mis en conserve dans d’autres pays. En créant ses propres sites de transformation, la Papouasie-Nouvelle-Guinée espère attirer des entreprises. « Notre principale zone de pêche reste l’océan Pacifique, et notamment les eaux du PAN. Le thon pêché localement est (directement) exporté vers la Thaïlande, les Etats-Unis, le Japon, Taïwan et la Corée, mais cela va changer », a-t-il expliqué. Source : Stratégie pour stimuler l'industrie de transformation du thon / CTA



Comment l'industrie thonière détruit les équilibres locaux

Canning Paradise a reçu le prix spécial du jury au Festival international du film documentaire océanien (Fifo), qui s'est achevé à Tahiti le 17 février 2013. Une enquête sans concession sur le développement de l'industrie de la conserverie en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

C'est en regardant une vidéo You Tube dénonçant les conséquences néfastes de l'implantation à Madang de l'entreprise philippine RD Tuna que le réalisateur Olivier Pollet a découvert le problème de la Papousie-Nouvelle-Guinée. Un pays aux ressources naturelles incommensurables convoitées par des investisseurs et des industriels du monde entier. A Madang, le géant de la conserverie RD Tuna offre certes des emplois, mais ne respecte pas les minimums sociaux. Surtout, depuis l'implantation de la compagnie, les bateaux dégazent dans les eaux du lagon et les prises des pêcheurs se sont raréfiées.

Le film se concentre sur le projet d'ouverture de la Pacific Maritime Indistrial Zone, une zone industrielle en cours de construction malgré l'opposition des habitants de la région, qui devrait regrouper jusqu'à dix conserveries de thon. On voyage entre les communautés qui vivent de la pêche à Madang, les manifestations qui s'opposent à la construction des usines et le parlement européen. Car les décisions prises à Bruxelles ont un impact direct sur la vie des habitants de Madang.

Attirés par les dispositions de l'Union européenne qui a augmenté le quota d'importation des produits en provenance de PNG, de nombreux investisseurs courtisent le gouvernement promettant emplois et retombées économiques.

Du parlement européen aux rives de Madang, ce film démonte les conséquences tangibles des politiques européennes et plus largement interroge sur le modèle de développement en vigueur proposé par les grands organismes internationaux.



Des décennies de surpêche par l'industrie thonière mondiale ont repoussé les frontières définitives aux eaux de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Dans les années 1950, on pêchait environ 400 000 tonnes de thon dans le monde. Maintenant, près de 4 millions de tonnes. Coût d'exploitation. Coût humain... La pêcherie de thon touche désormais les les endroits les plus reculés sur terre découvrant l'impact de la mondialisation. Situé dans "le pays de l'inattendu», au nord-est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, ce film suit la lutte des tribus indigènes pour protéger leur mode de vie sacré, pour préserver des traditions datant de plusieurs milliers d'années. Beaucoup ont perdu espoir, d'autres se battent pour la survie. Ils voient leurs terres ancestrales enlevées pour laisser la place aux multinationales, dans leur quête de nouvelle pêcherie de thon. La question demeure : est-ce que ce type de développement dans le Pacifique apporte la prospérité ou la pauvreté ? 90min - Un documentaire de Olivier Pollet

"Les enjeux de développement restent trop souvent cantonnés aux discussions dans les universités, explique le réalisateur Olivier Pollet. Je tenais à faire un documentaire pour que ce sujet touche le plus grand nombre."

Le développement économique n'est pas forcément la panacée. C'est le message de Canning Paradise. Les parlementaires européens citent les chiffres des emplois qui seront supposément créés par l'implantation d'entreprises sans parler du contexte, précise le réalisateur qui a justement voulu éclairer le contexte et aller au delà des chiffres. "Il faut savoir ce que l'on définit par pauvreté, ajoute Olivier Pollet. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, les gens n'ont certes pas accès aux infrastructures de base comme l'école ou l'hôpital, mais ils disposent de ressources naturelles très importantes. Si le type de développement aujourd'hui proposé semble séduisant sur le papier, c'est un peu la catastrophe en réalité. Il crée de la pauvreté en cassant un mode de vie."

Canning Paradise a impressionné  le jury du Festival du film documentaire océanien (FIFO) par la qualité de l'enquête menée par le réalisateur qui signe là son premier film. Il est d'ailleurs nominé pour the F4 award, un concours pour désigner le jeune réalisateur australien le plus prometteur de l'année. Source : Courrier International

Les investisseurs privent les peuples autochtones de leurs droits

Situé sur la côte Nord de la Papouasie Nouvelle-Guinée, le lagon de Madang avec ses récifs coralliens couvre une étendue d'environ 15 km sur 4.

Nous assistons à un processus mondial d’expansion de l’agro-industrie et de l’accaparement de terres dans le Sud. Au moyen du bail, de la concession et même de l’achat, des entreprises ou des États étrangers s’emparent de grandes étendues de terres agricoles pour produire des aliments de base ou des agrocarburants pour l’exportation. On estime qu’un millier d’investisseurs ont pris pour cible plus de cinquante pays d’Asie, d’Océanie, d’Afrique et d’Amérique latine (5).

Cela requiert la mobilisation de grandes sommes d’argent, la passation d’accords commerciaux et la réforme de certaines lois, afin de créer le cadre nécessaire à l’appropriation privée de la terre dans beaucoup de pays du Sud où celle-ci est encore gérée par les communautés suivant leurs systèmes traditionnels.

D’après l’IRIN (6), le 28 mai 2010 le parlement de la Papouasie-Nouvelle-Guinée a modifié certaines sections de la Loi de 2000 sur l’environnement et la conservation qui régit les grands projets concernant les ressources du pays. Les amendements introduits donnent au directeur de l’Office de l’environnement et de la conservation le pouvoir d’autoriser les plans environnementaux présentés par les investisseurs. L’autorité dont il dispose est telle que sa décision finale « ne peut être remise en question ni revue par aucun tribunal sans l’intervention d’un acte juridique ».

Ces amendements ont de nombreuses implications pour les droits fonciers de près de six millions de personnes et pour la protection de l’environnement. Des années durant, les habitants du pays pouvaient, à titre individuel ou en application du droit coutumier, protéger leurs terres et réclamer des indemnités en cas de dommages à l’environnement. Les amendements les ont privés de ce droit.

Les groupes autochtones de la Papouasie-Nouvelle-Guinée se battent depuis longtemps pour leurs droits territoriaux et environnementaux. En 1997, 1989 et 1999 des personnes sont mortes en luttant contre les activités de Freeport – Rio Tinto dans les mines de cuivre de Bougainville et d’Ok Tedi. Selon l’IRIN, plus de 5 000 personnes y auraient été tuées.

En plus des mines, la dégradation et la destruction provoquées par les opérations forestières ont eu de graves répercussions sur les habitants des forêts. Et plus récemment, une nouvelle pression est venue menacer les forêts et leurs habitants : les grandes plantations de palmiers à huile financées avec des prêts de la Banque mondiale, qui se sont développées dans un pays où 97 % des terres appartiennent aux communes et où la plupart de la population de cinq million de personnes vit à la campagne et dépend de l’agriculture pour sa subsistance.

Dans ce contexte, les amendements qui privent la population locale des droits qui lui permettaient de protéger sa terre semblent très convenables aux entreprises dans leur quête de nouveaux territoires.

Nous savons quel en est le prix : l’appauvrissement croissant en raison de la destruction des moyens d’existence, la concentration de terres et le déplacement, la perte de la souveraineté alimentaire pour les populations locales, davantage d’émissions de carbone dues au déboisement et à l’agriculture industrielle.

L’architecture commerciale mondiale coûte très cher. Qui répondra d’une telle destruction ? (Source : WRM)

(1) Le Marin : Les marrants pêcheurs, ambassadeur de la marque Saupiquet
(2) Ouest France : Thon tropical : Sapmer vise le Pacifique
(3) Pêche au thon dans le Pacifique : Fidji et la Papouasie-Nouvelle-Guinée en première ligne, cliquer DomTom
(4) Pays ACP : Pays Afrique Caraïbes Pacifique
(5) Papouasie-Nouvelle-Guinée : “Land grabbing and the global food crisis,” GRAIN, novembre 2009, cliquer: Grain
(6) Papouasie-Nouvelle-Guinée : Les populations indigènes perdent leurs droits fonciers, cliquer IRIN

Autres articles :

Pour plus d’informations sur le projet industriel de Madang :

Autres sources d'information :

Pour aller plus loin...

Des eurodéputés émettent des réserves sur les droits de l’homme

La commission du développement du Parlement Européen soutient le nouvel accord de partenariat économique UE/ACP (dit accord  de Cotonou), mais avec des réserves sur les droits de l'homme...

Les députés de la commission du développement ont soutenu la deuxième révision de l'accord de partenariat de Cotonou entre l'UE et les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, lors d'un vote à l'unanimité (24 voix pour), en mars 2013. Ils ont toutefois émis de sérieuses réserves face à l'absence de clauses contraignantes sur les droits de l'homme.

La commission parlementaire exprime "ses plus vives réserves à l'égard de certaines parties de l'accord qui ne reflètent pas les valeurs de l'Union européenne". Elle souligne que la version révisée ne comprend pas de clause de non-discrimination sur l'orientation sexuelle.

Elle a instamment invité la Commission européenne à se pencher sur les dispositions qui ne sont pas totalement incluses dans la révision actuelle, en vue de les incorporer dans la prochaine version, qui devrait débuter dans deux ans.

"En donnant une approbation si réservée, le Parlement européen a réaffirmé que ce qui arrive aux citoyens d'un pays tiers, nous concerne également. Par conséquent, nous donnons à la Commission européenne un délai de deux ans pour tirer des enseignements des failles de l'accord et pour les rectifier", a déclaré le rapporteur Michael Cashman (S&D, UK) sur le projet de recommandation qui sera mis aux voix en plénière en avril 2013.

Dans une résolution de janvier 2010, le Parlement avait recommandé que la seconde révision de l'accord de Cotonou renforce le "principe de clauses relatives aux droits de l'homme qui ne soient pas négociables et de sanctions punissant le non-respect de ces clauses, en particulier en ce qui concerne la discrimination fondée sur le sexe, la race ou l'origine ethnique, la religion ou les convictions, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle, et celle pratiquée à l'encontre des personnes affectées par le VIH/sida".

Cependant, l'accord révisé suit en grande partie les recommandations du Parlement de 2010, en ce qui concerne le "renforcement du rôle joué par les parlements nationaux", la reconnaissance et l'implication des acteurs non-étatiques, la cohérence entre les institutions de l'accord de partenariat économique ainsi que la nécessité de mettre l'accent plus clairement sur la pêche et l'aquaculture.

L'accord révisé reconnaît également que l'engagement en faveur d'une cohérence des politiques pour le développement est un "principe directeur de la coopération au développement de l’UE", comme l'ont décrit les députés européens dans leur résolution de 2010.

Contexte
En 2000, l'accord de Cotonou a établi un partenariat unique entre les pays ACP d'une part et la Communauté européenne et ses États membres d'autre part. Le partenariat UE-ACP compte désormais 79 États membres, dont 78 ont signé l'accord de Cotonou (Cuba fait exception).

L'accord de Cotonou inclut une clause de révision qui permet une adaptation du texte tous les cinq ans jusque 2020. Les négociations sur la première révision de l'accord ont été lancées en mai 2004 et conclues en février 2005. L'accord révisé est entré en vigueur le 1er juillet 2008.

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Effrayant Canning Paradise – French Review at FIFO

From FIFO

Pas tant sur la forme que dans le fond. Dans le genre, Canning Paradise répond parfaitement à l’essence même du documentaire qui a vocation à informer, réveiller les consciences, affronter le réel, donner à voir une vision subjective du monde tout en faisant parler les images, et enfin aider à se débarrasser des clichés.

Ici, on découvre d’abord une région peu connue, des traditions coutumières et une industrie mondiale du thon qui tente de grappiller quelques lopins de terre aux Papous. Après des décennies de pêche excessive qui comptabilisent, par an , plusieurs millions de tonnes de thon pêchées, les conséquences sur une terre lointaine et reculée comme celle de Papouasie-Nouvelle-Guinée se veulent lourdes. Dans ce pays « où la terre est ce que l’argent est au monde occidental », la levée des taxes et des quotas sur les exportations vers l’Union Européenne – plus gros consommateur de thon au monde – a une résonance dramatique. Et les premiers concernés sont évidemment les derniers informés. Ce concert de non-dits fait étrangement écho au mutisme qui a longtemps habillé l’installation du Centre d’Expérimentation du Pacifique. En Papouasie-Nouvelle-Guinée aussi la pêche et l’agriculture rythmaient il y a quelques années encore la vie des autochtones. Aujourd’hui la mondialisation bouleverse les traditions et impose une dégradation des conditions de vie pour des populations qui n’étaient pas préparées à un si rapide changement dans leur mode de vie. 80 à 85% des Papous vivent – ou devrait-on déjà dire vivaient ? – de leurs terres.

Au travers de Canning Paradise, c’est un « appel au monde entier à entendre nos pleurs » que lancent les différentes communautés filmées. Devant cette bataille de David contre Goliath, le public est sorti chamboulé.

Benoît, 22 ans, « Un documentaire réussi »

« On se plaint parfois que les films documentaires restent un peu sur une ellipse ou alors donnent trop d’informations en seulement 52 minutes. Dans ce long-métrage de 90 minutes c’est un peu le cas, le récit est très dense, mais j’ai bien aimé la manière dont cette histoire est racontée. Sur le contenu, c’est incontestable, on ne peut être que du côté de ces personnes qui se battent pour leurs droits, pour avoir le droit d’exploiter eux-mêmes leurs propres terres. Pour moi c’est un documentaire réussi dans la mesure où à l’issue de la projection on se pose beaucoup de questions, on a envie de compléter le moment de projection par des recherches personnelles. La fin est assez ouverte et je trouve que c’est l’une des bonnes définitions d’un documentaire qui se veut engagé et militant. »

L’article publié sur le site du FIFO.


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Papouasie-Nouvelle-Guinée : Les populations indigènes perdent leurs droits fonciers

Source : Irin

PORT MORESBY, 2 juin 2010 (IRIN) - Les populations indigènes de Papouasie-Nouvelle-Guinée ont perdu leur droit de défier les promoteurs immobiliers et l’Etat au sujet d’accords impliquant leurs terres et leurs ressources.

Comptant six millions de personnes, les Papouans-néo-guinéen – qui comprennent des centaines de groupes ethniques – possèdent 97 pour cent des terres du pays.

« Cela soulève d’énormes questions sur les droits humains », a dit à IRIN Tiffany Nonnggor, juriste et militante des droits humains à Port-Moresby.

Pendant que le reste du monde occidental démocratique passait la plupart de son temps, durant les 50 dernières années, à essayer de restaurer les droits à la propriété des populations autochtones, ce gouvernement « a juste privé ses citoyens les plus vulnérables, ceux dans les zones rurales éloignées où sont les projets, de leurs droits sans consultation ni débat, sans parler de compensation », a-t-elle dit.

« Il est évident que le gouvernement a décidé que le développement de n’importe quel genre est bon et que tout obstacle aux projets de ressources doit être balayé », a écrit le journal du pays, l’English daily Post Courier, le 31 mai.

« Intérêt national »

Le 28 mai, le Parlement national a modifié des articles de la loi de 2000 portant sur l’environnement et la conservation, qui réglemente les projets sur les ressources majeures dans ces îles du Pacifique.

Les amendements donnent des pouvoirs très étendus au directeur du Bureau de l’environnement et de la conservation pour accorder différents certificats relatifs aux projets environnementaux soumis par des investisseurs, en plus de dispositions stipulant que les certificats de conformité délivrés par le directeur seraient définitifs et « ne pourraient pas être remis en cause ou révisés par aucune cour ou aucun tribunal, excepté à l’instigation d’un mandat d’Autorisation ».

Benny Allen, le ministre de l’Environnement et de la conservation de Papouasie Nouvelle-Guinée, a dit quand il a présenté les amendements, que « l’intérêt national » était prioritaire et donc que la loi devait être modifiée.

L’opposition s’oppose fortement aux amendements, disant que les changements étaient passibles de contestations pour établir leur constitutionnalité.

Les conflits au sujet des terres et des ressources ne sont pas chose rare « Les nouvelles lois [sont] faites pour protéger les intérêts des investisseurs aux dépens de l’environnement et des propriétaires des ressources. Les nouvelles lois vendent les droits du peuple », a dit le député Bart Philemon, leader de l’opposition, lors d’une conférence de presse.

Droits retirés

Les amendements sont dévastateurs pour tous les propriétaires terriens, pas seulement pour les [propriétaires] coutumiers.

Les changements ont retiré aux Papouasiens de Nouvelle-Guinée les droits qu’ils avaient depuis des années à protéger leur propriété des nuisances environnementales, et du droit à demander une compensation pour des nuisances environnementales, et des droits coutumiers à demander une compensation pour des nuisances environnementales.

« Ils ont non seulement violé de nombreux articles de la Constitution, mais aussi réussi à faire une brèche dans la Convention internationale relatives aux peuples indigènes et tribaux dans les pays indépendants, ratifiée par le parlement en 2000 », a dit Mme Nonnggor. « Il s’agit du pire texte de loi en ce qui concerne les droits humains que j’ai jamais vu dans une supposée démocratie occidentale ».

Les conflits concernant les droits fonciers et des ressources entre les groupes autochtones, le gouvernement et les sociétés ne sont pas chose rare en Papouasie Nouvelle-Guinée.

Bien que les chiffres varient de façon significative, plus de 5 000 personnes ont perdu la vie sur l’île de Bougainville sur la côte est de la Papouasie Nouvelle-Guinée entre 1989 et 1999 après une lutte amère au sujet de compensation entre Bougainville Copper Limited (BCL), une société minière appartenant à l’Australie, et les centaines de propriétaires autochtones déplacés à Panguna.

Le conflit s’est intensifié, se transformant en guerre civile sanglante entre les membres de la population autochtone et les troupes gouvernementales.

A présent, il y a des réclamations pour dommage environnemental causé par la mine de cuivre OK Tedi dans la Province Ouest du pays, par le projet du pétrole Kutubu dans les Hautes-Terres méridionales, par la mine d’or Porgera dans la Province des Hautes-Terres méridionales, par la mine d’or Lihir dans la Province de Nouvelle-Irlande, par l’ancienne mine d’or Misima dans la Province de Baie Milne, et par la mine d’or Tokoluma dans la Province Centrale.

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Le 24 avril 2013

L'Océanie en quête d'un développement durable à son échelle 

Source : AFP via Marine et Océans

Un colloque international s'ouvre mercredi en Nouvelle-Calédonie pour réfléchir à la mise en oeuvre de modes de développement durable adaptés aux micro-Etats insulaires d'Océanie, ont annoncé ses organisateurs.

Organisé à Koné (nord) par l'Institut de recherche pour le développement (IRD), l'Université de Nouvelle-Calédonie et l'association Agora (sciences humaines et sociales), ce colloque réunit jusque vendredi une trentaine de chercheurs et scientifiques de la région Pacifique.

"La conception du développement durable, véhiculée depuis le sommet de Rio en 1992, ne correspond pas aux pays océaniens. Le postulat selon lequel la croissance est infinie s'est avéré faux dans les pays développés, il l'est encore plus dans ces micro-Etats", a déclaré à l'AFP Victor David, l'un des organisateurs.

Continent d'îles de 10 millions d'habitants, l'Océanie abrite une vingtaine de pays et territoires, pour la plupart pauvres en ressources, très dépendants de l'extérieur et à l'environnement naturel fragile.

Octroi d'une personnalité juridique à la nature

"Plutôt que de tout miser sur une croissance économique qui rapporterait de l'argent pour acheter des biens importés, le modèle pourrait être une économie de substitution aux importations, notamment dans les domaines de l'énergie et de l'alimentation", a-t-il indiqué.

Alors que les liens entre l'homme et l'environnement sont extrêmement forts en Océanie, Victor David, spécialisé en anthropologie juridique, prône par ailleurs une conception renouvelée du droit, tel que l'octroi d'une personnalité juridique à la nature.

"En Nouvelle-Zélande, le gouvernement a récemment a accepté de reconnaître la rivière Whanganui, en tant que personne qui a droit à une bonne santé et à un bien-être, après des négociations avec des tribus maories riveraines", a-t-il indiqué.

L'impact du réchauffement climatique, auquel l'Océanie est particulièrement vulnérable, en raison de la montée du niveau de la mer, l'habitat spontané, l'exploitation minière ou la décroissance figurent au rang des autres thèmes abordés.

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Oceania 21 Meetings

1er sommet océanien du développement durable à la Communauté du Pacifique Sud à Nouméa

Les 25, 26 et 27 avril 2013

Les rencontres océaniennes du développement durable

Le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie annonce le lancement du Sommet annuel du développement durable océanien : « Oceania 21 Meetings » dont la 1ère édition aura lieu du 25 au 27 avril 2013 à la Communauté du Pacifique Sud à Nouméa.

Le sommet de Rio +20 a permis de prendre conscience de la difficulté pour les petits Etats insulaires de se faire entendre dans cet espace international et l’attente d’avancées significatives reste donc, à ce jour très forte. Les Etats insulaires, ont attiré l’attention sur le fait que les économies verte et bleue étaient intimement liées. Cela signifie que la survie économique et culturelle des Territoires dépend implicitement de la gestion raisonnée et durable des ressources halieutiques et des richesses du milieu marin. Dans le cadre de la gouvernance des océans, il a été laissé aux Etats, un délai imparti de 3 ans pour définir les grands axes et des propositions concrètes. Oceania 21 Meetings souhaite être pour l’Océanie, le catalyseur de cette démarche qui devra aboutir en 2015 à la remise aux instances internationales, d’un "livre bleu", reflet des visions politiques et revendications océaniennes en matière de gestion des océans.
 
Oceania 21 Meetings s’inscrit naturellement dans le droit fil d’initiatives, d’actions, ou de stratégies politiques du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie

Aujourd’hui, fort de la position commune qui fédère déjà 14 pays du Pacifique, l’Océanie doit être mieux entendue dans le concert des nations. C’est dans cette volonté de continuité de Rio+20, que Monsieur Anthony Lecren, membre en charge du développement durable du Gouvernement de la Nouvelle Calédonie a souhaité initier un sommet annuel du développement durable océanien afin de permettre à l’Océanie de renforcer sa visibilité et de donner ainsi plus de poids à ces décisions politiques au niveau international.

Pour en savoir plus, cliquer CDurable 

Oceania 21 : Un portail collaboratif bilingue

Oceania 21 se veut à terme le portail du développement durable océanien mais surtout un site collaboratif.

Dans la philosophie du Think Tank et d’Oceania 21 Meetings, le site s’attache à collecter le plus d’informations accessibles et validées sur les différentes thématiques que les réunions du Think Tank et le sommet annuel souhaitent aborder.

Il est prévu une rubrique attribuée aux régions océaniennes qui au fur et à mesure de son implémentation deviendra une rubrique par pays, permettant à tous les États insulaires du Pacifique de pouvoir présenter leurs projets, programmes actions ou réalisations.

- Vous pouvez transmettre vos articles en remplissant le formulaire pour les "Rencontres océaniennes du Développement Durable"

Propositions de thématiques de travail

• Sur le plan environnemental Thématiques de travail

- La gestion des océans
- Les réponses au dérèglement climatique
- La gestion de l’eau douce et l’accès à l’eau potable
- La pollution et les risques sanitaires
- La reforestation, la gestion durable des forêts, la revégétallisation

• Sur le plan économique Thématiques de travail

- La développement de filières vertes et bleues,
- L’évolution des entreprises et institutions vers le développement durable
- L’agriculture raisonnée, la sécurité alimentaire
- L’énergie solaire, éolienne, biomasse, les carburants alternatifs, huile de coco et jatropha
- La gestion durable des ressources et des brevets
- La gestion des déchets et le recyclage
- Les nouveaux schémas d’urbanisation
- La construction, les bâtiments HQE ou à énergie positive, le mix énergétique, l’efficacité énergétique
- Le développement de technopoles et la mise en réseaux
- Les NTIC

• Sur le plan culturel et social Thématiques de travail

- L’accès à l’éducation et aux services de santé
- L’intégration de la jeunesse dans la société
- La gestion du foncier et l’accès au logement
- Le rééquilibrage
- La préservation des cultures ancestrales et la transmission des connaissances traditionnels

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Le 2 mai 2013
Océan Indien. La Sapmer dans le viseur de Greenpeace

L’Esperanza, un des bateaux de la flotte de Greenpeace fera escale pour la première fois à la Réunion, au Port les 8 et 9 mai 2013, lors de sa mission dans l’Océan Indien. Les équipes de Greenpeace mènent depuis 2 mois l’enquête en haute mer sur les pratiques des thoniers. L’état des stocks de thon est en effet préoccupant. Les scientifiques de la Commission Thonière de l’Océan Indien recommandent notamment de réduire de 20% au moins les prises de thon blanc pour permettre au stock de se maintenir.

La Sapmer dans le viseur

"Ces thoniers, qui battent en partie pavillon français, comptent notamment ceux de la Sapmer, et sont parmi les bateaux les plus prédateurs de la flotte française. Outre leur puissance et leur sophistication, cette flotte utilise des dispositifs de concentration des poissons : des épaves flottantes mises à l’eau par les thoniers", cible Greenpeace. "Les plus petits poissons s’y abritent, les plus gros arrivent pour s’y nourrir, et en haut de la chaîne alimentaire, thons et requins s’y rassemblent. Un coup de filet, la senne, peut permettre d’attraper des centaines de tonnes de poisson, dont, notamment les prises accessoires : des juvéniles n’ayant pas atteint leur âge de reproduction, des espèces non initialement visées, mais capturées, ou encore des espèces pêchées par ailleurs par les artisans des zones côtières".

Greenpeace demande que "les thoniers de la zone abandonnent les méthodes industrielles  trop intensives, qui déciment les populations de thons et touchent aussi d’autres espèces telles que les requins ou les tortues", explique François Chartier, chargé de campagne océans à bord de l’Esperanza. Greenpeace demande aussi aux organismes régionaux de gestion des pêches, comme la CTOI, de mettre en place un système de contrôle incluant des sanctions et de limiter la taille et la puissance de la flotte, pour la mettre en adéquation avec la ressource en poissons.

Pêche artisanale ou industrielle : quel modèle pour demain ?

"Il existe en fait deux modèles pour l’avenir de la pêche et des océans : la pêche industrielle, incarnée par ces thoniers aux pratiques destructrices, et la pêche artisanale, ancrée dans le tissu local, qui pratique une pêche sélective, à plus petite échelle, dans le respect de l’environnement, et qui nourrit le tissu économique et social localement".

"Si nous continuons sur ce cap, d’ici 35 ans, les océans pourraient se vider de tous leurs poissons. La Politique commune des pêches européenne, qui régit les bateaux battant pavillons français, dans et hors des eaux européennes, est en cours de réforme et cela n’arrive que tous les 10 ans. Il est donc urgent d’agir, aujourd’hui, pour que la capacité de pêche de la flotte européenne soit mise en adéquation avec la ressource en poissons, et que les pêcheurs ayant les pratiques les plus durables, les pêcheurs artisans, soient ceux qui aient d’abord accès aux ressources". C’est le travail que Greenpeace mène dans toute l’Europe, et un des messages que l’Esperanza vient apporter aux réunionnais, qui peuvent soutenir la pêche artisanale en ligne sur www.myboat.gp.


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Le 30 avril 2013

Changement climatique. Migration des thons vers le Pacifique Est

Au vu des prévisions du GIEC, les bonites devraient migrer vers l’est du bassin pacifique, en direction de la Polynésie française, au détriment des îles situées à l’ouest comme la Mélanésie, les îles Salomon, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, etc.


Isolées en plein cœur de l’océan, les îles du Pacifique dépendent étroitement de la pêche pour leur économie et leur sécurité alimentaire. La pêche et la vente de poisson sont la première ou la deuxième source de revenus de 50 % des ménages en zone côtière en Papouasie Nouvelle Guinée par exemple.

Mais le réchauffement de la planète devrait considérablement diminuer leurs ressources accessibles en poissons au cours des prochaines décennies. C’est ce que révèle, dans la revue Nature Climate Change, une étude de l’IRD, du Secrétariat général de la communauté du Pacifique (CPS) et de leurs partenaires français, australiens et américains. D’après les projections climatiques du GIEC, la quantité de poissons des récifs coralliens, essentiels pour l’alimentation des habitants, risque de baisser de 20 % d’ici 2050.

Les thons fuient vers l’est

Les chercheurs ont étudié la réponse de la biomasse en poissons au changement climatique dans le Pacifique selon les prévisions du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). La pêche des bonites, poissons de la famille des thonidés qui constituent 90 % des prises, sera notamment très affectée. D’après les modélisations effectuées, l’élévation de la température des eaux de surface, plus importante à l’ouest du bassin océanique, entraînerait la migration des thons vers la Polynésie à l’est. Les zones de prises s’éloigneraient ainsi des côtes mélanésiennes, des îles Salomon ou encore de Papouasie-Nouvelle-Guinée. L’exode de ces thons en dehors des eaux territoriales de ces pays représentera une perte économique significative. Les droits de pêche versés par les grandes pêcheries internationales constituent en effet une importante rentrée financière pour les petits États insulaires.


Les écosystèmes coralliens sont menacés

Le long des côtes, la disponibilité des poissons récifaux est également en péril. Le réchauffement océanique annoncé augmentera le blanchissement des coraux et engendrera donc la mort de nombreux récifs. La croissance démographique, dans ces territoires jusque-là préservés, viendra également ajouter une forte pression sur les écosystèmes coralliens – exploitation, dégradation, pollution, etc. Le taux de recouvrement des récifs en corail vivant devrait ainsi passer de 40 % aujourd’hui à travers le Pacifique, à 10 ou 20 % en 2050. Selon l’étude, cette perte réduira de 20 % la quantité de poissons coralliens, qui constituent une ressource alimentaire capitale pour les populations locales.

Des secteurs à développer

Certaines îles du Pacifique pourront toutefois se tourner vers l’aquaculture et les pêcheries en eau douce. En effet, sur terre se joue un tout autre scénario qu’en mer. L’augmentation attendue des pluies, en étendant de plus de 10 % d’ici 2050 la surface des lacs, cours d’eau, etc., pourrait favoriser ces activités. Les scientifiques encouragent donc dans leur nouvelle étude le développement de ces secteurs. Pour pallier les pertes prévues, ils invitent aussi les gouvernements à faciliter l’accès aux ressources thonières pour les pêcheurs locaux – en installant par exemple, le long des côtes, des dispositifs à concentration de poissons, sortes de pontons flottants qui les attirent. Enfin, d’autres ressources halieutiques, encore non exploitées, pourraient être mises à profit, comme le maquereau, l’anchois, la sardine…

Minimiser les risques en préservant les récifs et maximiser les opportunités : un défi que les autorités publiques des petits États du Pacifique devront relever dans les décennies à venir pour faire face au changement climatique et à la demande croissante en poissons de leur population en forte expansion.

Références

Bell J., Ganachaud Alexandre, Gehrke P., Griffiths S., Hobday A., Hoegh-Guldberg O., Johnson J., Le Borgne Robert, Lehodey P., Lough J., Matear R., Pickering T., Pratchett M., Sen Gupta A., Senina I. and Waycott M. Mixed responses of tropical Pacific fisheries and aquaculture to climate change, Nature Climate Change , 2013. doi:10.1038/nclimate1838

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Le 8 août 2013

Australie: une décision historique de la Haute Cour

Maîtres de leur mer. La haute cour de justice australienne vient de rendre une décision historique pour les indigènes du détroit de Torres, entre la pointe nord de l’Australie et la Papouasie. Elle leur a accordé la jouissance des ressources halieutiques des eaux du détroit. Concrètement les indigènes peuvent décider d'accorder ou non des licences de pêche sur leurs eaux territoriales.


Source : Radio Australia par Caroline Lafargue le 8 août 2013

Dans le Détroit de Torrès, depuis hier officiellement, les indigènes sont désormais maîtres en leur demeure. Concrètement ils peuvent décider d'accorder ou non des licences de pêche sur leurs eaux territoriales.
 
Et ils peuvent, bien sûr, se lancer eux-mêmes dans la pêche artisanale ou industrielle. « C'est un événement à fêter », a déclaré hier Mick Gooda, le Commissaire à la Justice Sociale pour les Aborigènes et les Indigènes du Détroit de Torrès.

Le contentieux sur les permis de pêche commerciale remonte aux débuts de la colonisation, mais il y a eu un événement important en 1998, quand trois habitants de l'île de Murray, dans le Détroit de Torres, ont volé 100 kilos de truites de corail à des pêcheurs en les menaçant avec leurs lances. Ils estimaient que les pêcheurs vidaient leurs eaux territoriales de ressources halieutiques qui leurs revenaient de droit.

Les voleurs de truites de corail ont été acquittés en 2001, et la même année, les indigènes de Murray ont déposé un recours en justice pour obtenir leur titre de propriété coutumière sur 44 000 kilomètres carrés d'océan dans les eaux australiennes du Détroit de Torrès. Le gouvernement fédéral s'y était opposé, mais les indigènes ont gagné leur titre de propriété, mais pas le droit de gérer les ressources sur leur bout d'océan.

Après moult péripéties juridiques, la Haute Cour australienne a donc rendu une décision historique mardi en accordant aux indigènes la jouissance de leurs ressources.

Ça c'est sur le papier, mais pas de révolution en vue. Les gouvernements fédéral et du Queensland sont certes désormais forcés de consulter les propriétaires coutumiers avant d'accorder des licences de pêche, mais selon Michael Gardner, le Président de l'Association de l'Industrie de la Pêche du Queensland, cela ne remet pas en cause les permis de pêche:

« Notre conseiller juridique sur le titre foncier autochtone nous assure que cette décision n'aura pas d'effet négatif sur les licences de pêche commerciale en cours ni sur les conditions d'obtention d'une nouvelle licence dans le Queensland. »

Selon le verdict de la Haute-Cour, les propriétaires traditionnels de l'océan pourraient très bien racheter les permis de pêche en cours et exploiter eux-mêmes les ressources halieutiques. Une perspective hypothétique qui ne fait pas frissonner Michael Gardner :

« Pour l'instant, je n'ai aucune raison de croire que cela pourrait arriver. »

Le Président de l'Association de l'Industrie de la Pêche du Queensland, au micro d'Annie Guest.

Reste que la décision de la Haute-Cour crée un précédent. Pour le moment, le fait pour un peuple aborigène d'obtenir un titre de propriété coutumière sur ses terres ne lui accorde pas pour autant le droit de gérer les ressources de ces terres. Typiquement le peuple reconnu comme propriétaire traditionnel de sa terre ne peut pas s'opposer à l'exploitation du sous-sol par une compagnie minière. En revanche, son titre de propriété lui ouvre des droits à des royalties.

Si l'on transposait sur terre la décision de la Haute-Cour sur les droits de pêche, cela donnerait de solides arguments aux peuples aborigènes pour demander le droit de gérer les ressources de leurs terres, y compris les ressources minières.

Lire aussi : Les Nouvelles Calédoniennes : Australie. Les indigènes du détroit de Torres obtiennent le droit d’exploiter leurs ressources

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Le 15 août 2013

Pacifique. La Chine subventionne sa flotte thonière au grand dam des Etats insulaires...

Les subventions chinoises inquiètent l'industrie du thon

Source : Radio Australia par Pierre Riant le 15 août 2013

De nouveaux rapports d'activité montrent que l'augmentation spectaculaire du nombre de thoniers chinois dans le Pacifique n'aurait pu se faire sans les très généreuses subventions du gouvernement chinois.

Au cours de ces 6 dernières années, des centaines de nouveaux bateaux de pêche chinois se sont lancés à l'assaut du Pacifique.

Prenons l'exemple d'une entreprise de pêche - China Overseas Fishing - qui a bénéficié de millions de dollars rien que pour le premier semestre 2013. Des subventions qui choquent de par leur taille et qui signifient que les entreprises de pêche du Pacifique ne sont plus compétitives et devront peut-être baisser le rideau.

Charles Hufflet, le président de l'Association du thon des îles du Pacifique, se dit choqué par l'ampleur des subventions.

HUFFLET : « C'est le montant prodigieux de ces subventions. Si nous prenons le cas de la société cotée en bourse, China Overseas Fishing,  elle a reçu 5,3 millions de dollars américains de subvention directe et récemment une subvention supplémentaire de 1,7 millions de dollars pour le fuel de sa flotte de bateaux. Sans ces subventions, elle ne pourrait pas exister dans le Pacifique.
Nous n'avions que des informations anecdotiques sur ces subventions, nous n'avions jamais vu de chiffres publiés auparavant. »

Plus de 1 000 bateaux de pêche chinois sillonneraient actuellement le Pacifique. Résultat le thon se fait de plus en plus rare et plus difficile à attraper.

HUFFLET : «  Le nombre de prises par bateau, y compris pour les Taïwanais, les Chinois et les Fidjiens a considérablement chuté dans la pêche au thon albacore. Une chute d'un tel niveau que les bateaux non-subventionnés ne sont plus compétitifs. Allez au port de Suva et vous verrez des vaisseaux à quai alors que c'est la pleine saison. Vous y verrez même des bateaux subventionnés. »

Ce n'est pas tout. Dans son plan quinquennal, la Chine prévoit la mise à l'eau de 300 bateaux de pêche supplémentaires d'ici 2015. Est-ce que certains mettront le cap sur le Pacifique. Charles Hufflet.

HUFFLET: « Et bien quand on voit les prises actuelles, on espère qu'ils iront ailleurs. Même des bateaux chinois subventionnés ne sont pas satisfaits des taux de prises dans le Pacifique Sud. »

Non seulement le thon est plus difficile à attraper, mais le prix du thon baisse également puisque les acheteurs savent que les pêcheurs sont subventionnés.

HUFFLET: « Très précisément. Ils sont les bienvenus dans le Pacifique, ce sont de bons opérateurs. C'est impressionnant de voir comment ils sont construit leur flotte. Ce qui ne va pas, c'est le nombre de bateaux et les subventions. Ils se plaignent de la baisse des prix alors qu'ils sont en partie à l'origine de cette baisse. Les acheteurs savent qu'ils sont lourdement subventionnés et c'est la raison de la baisse des prix sur le marché. »

Pour ne plus mettre les pêcheurs locaux à genoux, Charles Hufflet aimerait que les gouvernements du Pacifique fassent front commun et disent à la Chine et aux autres pays concernés de mettre fin aux subventions afin de pouvoir développer la pêche sur le long terme. Et leur dire tout simplement : ça suffit.

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Le 27 août 2013

EU/Pacifique. Point sur les accords économiques avec les Etats insulaires regroupés au sein du PNA

PNA =  Parties à l’accord de Nauru qui regroupe Marshall, Kiribati, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Paulu, Micronésie, Nauru, Salomon, Tuvalu.

« Si nous arrivons à posséder les flottes étrangères de palangriers, nous n’aurons pas besoin de la dérogation liée à l’approvisionnement global »

Source : Agritrade /CTA le 06 juillet 2013

Un entretien avec Maurice Brownjohn, OBE

Maurice Brownjohn est le Conseiller commercial des Parties à l’accord de Nauru (PNA) basé à Majuro, dans les îles Marshall, et il est également le directeur commercial de Pacifical, qui commercialise du thon skipjack du Pacifique portant le label MSC pour les pays PNA. Il a occupé le poste de Président de l’Association de l’industrie de la pêche de la Papouasie-Nouvelle-Guinée pendant 20 ans, de directeur de l’Autorité nationale de la pêche de Papouasie-Nouvelle-Guinée depuis 1995 et a été auparavant un acteur majeur de l’industrie de la pêche au thon à la palangre de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Q: Les pays ACP du Pacifique et l’UE sont toujours en train de négocier un APE, dans lequel l’extension de l’approvisionnement global est un point capital. Quel est l’enjeu pour le Pacifique ?

Les ressources halieutiques – en particulier le thon – sont les seules ressources partagées de valeur faisant l’objet d’un commerce entre le Pacifique et l’UE. Selon moi, l’extension de l’approvisionnement global comporte peu d’avantages, tel que proposé au titre d’un APE complet. Une telle disposition entraînerait au contraire des coûts très élevés, dans la mesure où la discussion porte également sur l’accès aux ressources halieutiques. Les pays ACP du Pacifique pourraient au final conclure un accord commercial prévoyant l’approvisionnement global pour les produits de la pêche mais à cause duquel nous perdrons le contrôle, ainsi que nos droits, sur nos ressources thonières.

En termes de bénéfices pouvant être retirés de l’approvisionnement global, nous devons nous rappeler que l’UE a toute une série d’exigences qui sont en fait des « barrières non tarifaires », et les coûts pour s’y conformer sont disproportionnés pour de nombreux pays ACP du Pacifique. Pour de nombreuses îles, ces coûts de conformité dépassent généralement le PIB du pays – ils ont des petites flottes et individuellement, ils n’ont pas la capacité de satisfaire et de conserver la reconnaissance de la part de l’UE qu’ils ont effectivement les compétences.

Par exemple, la plupart des îles du Pacifique n’ont pas d’autorité nationale compétente ou les mesures INN appliquées avec leur registre de navires se sont pas reconnues par l’UE, et par conséquent, les navires locaux et les usines de transformation locales ne sont pas éligibles pour approvisionner l’UE, ni pour bénéficier d’une quelconque concession tarifaire potentielle. Par conséquent, même si nous parvenons à négocier un meilleur accès au marché grâce à l’approvisionnement global, ainsi que des compromis dans le cadre d’un APE complet, nous pourrions encore être incapables d’accéder au marché de l’UE du fait de ces contraintes. Cela ne signifie pas que nos normes sont plus laxistes, mais plutôt qu’elles ne sont pas reconnues par l’UE.

Ces barrières non tarifaires ne vont pas disparaître tout simplement à cause de l’approvisionnement global. En effet, d’après ce que nous savons sur la réforme de la réglementation de l’UE sur la pêche, elle devrait encore se durcir, et être de plus en plus liée aux autres politiques sectorielles de l’UE. Pour le profane, ceci ressemble à un retour à notre passé colonial.

Ce qui compte pour nous est de diversifier nos partenaires commerciaux et nos marchés. Il est vrai que le marché européen offre potentiellement des prix plus élevés – à condition de pouvoir se mettre en conformité avec les normes SPS, INN, etc. – mais d’autres marchés tels que le Japon, les États-Unis, la Chine et l’Australie, qui sont plus proches de la région, sont plus accessibles. Si l’on tient compte des coûts de transport aérien vers l’Europe, les avantages de ces autres marchés régionaux sont considérables : le transport aérien du Pacifique vers l’Europe coûte le double du transport vers le Japon.

C’est le bénéfice net qui est important pour le commerce national.

Q: Vous affirmez que les pays ACP du Pacifique pourraient perdre le contrôle de leurs ressources avec la signature de l’APE, qui est pourtant un accord commercial. Comment est-ce possible ?
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Q: Ce problème, à savoir que l’accès négocié par l’UE ne respecte pas le VDS mis en place par les Parties à l’accord de Nauru (PNA), est soulevé par le Parlement européen dans le cadre des discussions actuelles sur l’APP UE–Kiribati …
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Q: Est-ce pour cette raison que les PNA ont également souligné la nécessité d’acquérir les flottes étrangères de pêche au thon ?
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Q: Le dernier écolabel du thon skipjack PNA fait-il aussi partie de la stratégie visant à augmenter les bénéfices locaux?
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Q: Comment progresse cette initiative?
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Le 6 septembre 2013

Pêche illégale. Le travail des observateurs océaniens salué par la NOAA....

L'Agence étatsunienne des Océans salue le travail des observateurs des pêches... C'est aussi la reconnaissance de la formation des contrôleurs des pêches organisée par deux organisations du Pacifique, CPS (Secrétariat Général de la Communauté du Pacifique basé à Nouméa en Nouvelle-Calédonie) et FFA (Agence des Pêches du Forum des Iles du Pacifique basée dans les îles Salomon). La CPS travaille donc en étroite collaboration avec ces instances politiques régionales, leur fournissant des avis scientifiques de haute qualité, avec l’appui de nombreux partenaires financiers tels que l’Union Européenne, les gouvernements d’Australie, de Papouasie Nouvelle-Guinée, de France, du Japon et de Nouvelle-Zélande, la Banque mondiale et des fonds de bienfaisance comme les Fondations Heinz ou Pew.

Des observateurs appelés à la barre des deux procès pour pêche thonière illicite

Les témoignages de six observateurs des pêches de la région océanienne ont permis de faire aboutir les poursuites engagées contre les armateurs, les exploitants et les capitaines de pêche de six thoniers senneurs. Ces derniers ont été condamnés à payer de lourdes amendes pour un montant total de plus de 1,5 million de dollars des États-Unis.

Les six bateaux incriminés ont été accusés de pêche illicite autour de dispositifs de concentration du poisson (DCP) en 2009, en pleine période d’interdiction de la pêche sur DCP. Cette mesure a été introduite dans l’ensemble de la région dans l’optique de réduire les captures de thons obèses de petite taille. D’autres faits étaient reprochés à plusieurs senneurs : installation de nouveaux DCP pendant le moratoire et pose de sennes sur des cétacés.

Les observateurs ont témoigné à deux procès de longue haleine engagés par les autorités américaines, compétentes pour faire appliquer les réglementations halieutiques à leur flottille opérant dans les eaux océaniennes aux termes de la loi régissant la mise en œuvre de la Convention relative à la conservation et à la gestion des stocks de poissons grands migrateurs du Pacifique occidental et central et de la loi sur la protection des mammifères marins.

Une responsable de la section police des pêches maritimes de la NOAA (Agence de l’océan et de l’atmosphère des États-Unis d’Amérique) a rendu hommage aux six observateurs océaniens.

« Les deux affaires ont pu être instruites grâce au travail fantastique des observateurs. En rendant sa décision, le juge a signifié toute la confiance qu’il a placée dans le témoignage des observateurs, jugé crédible et convaincant », affirme Alexa Cole, directrice adjointe de la section.

Originaires des Îles Salomon, des Îles Marshall et des États fédérés de Micronésie, les observateurs  ont été appelés à la barre au tribunal d’Honolulu début 2012. Les six hommes avaient été dépêchés par l’Agence des pêches du Forum sur les senneurs mis en cause, après avoir été formés par le personnel du Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS).

Un formateur de la CPS a renseigné le tribunal sur le contenu de la formation dispensée aux observateurs et sur les normes régionales d’observation des pêches qu’ils sont tenus de respecter. Également cité à la barre, un économiste de la FFA a précisé la valeur des prises thonières, élément capital dans le prononcé de la peine.

Les observateurs sont formés pour recueillir des informations scientifiques sur les opérations de pêche et les prises, mais aussi pour signaler toute activité de pêche illicite.

Depuis de nombreuses années, la CPS et la FFA accompagnent la mise en place de programmes nationaux d’observation dans leurs pays insulaires océaniens membres. Quelque 700 observateurs sont aujourd’hui en activité en mer. Les senneurs opérant dans la région sont tenus d’embarquer un observateur pour toutes leurs campagnes de pêche. La formation des observateurs est actuellement subventionnée par plusieurs partenaires du développement (Union européenne, Nouvelle-Zélande, Australie et Japon), mais c’est le secteur de la pêche qui finance indirectement les autres coûts associés au programme d’observation. Source : Des observateurs appelés à la barre des deux procès pour pêche thonière illicite

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Journée mondiale du thon : mais que fait la CPS ?

Ce 2 mai 2013 est l’occasion de rappeler que le Secrétariat Général de la Communauté du Pacifique (CPS) contribue depuis 1977 à la gestion des stocks de thons, ressource naturelle primordiale pour les pays et territoires du Pacifique. Elle assure l’appui scientifique à ses pays membres afin qu’ils soient en mesure de prendre les orientations et décisions adaptées pour pérenniser thons obèses, thons jaunes, thons germons ou autres bonites dans nos assiettes.

Pourquoi gérer la ressource en thons ?

Car face à une population mondiale en augmentation exponentielle et à des techniques de pêche gagnant en efficacité, les stocks de thon subissent une pression croissante. Sachant qu’ils sont aussi la source principale de revenus pour une majorité des pays et territoires du Pacifique, il est important pour ces pays de tirer des bénéfices optimums de cette ressource, en augmentant la valeur des captures ainsi que la part du volume total des captures revenant aux flottilles nationales. Et cette stratégie est dépendante d’une ressource en bonne santé, dont la gestion se base sur des informations scientifiques justes.

Un processus de travail élaboré

Les pays et territoires du Pacifique fournissent à la CPS un énorme volume de données récoltées dans le Pacifique central et occidental : des centaines de milliers de tableaux de données communiquées par les navires de pêche, les observateurs et les agents d’échantillonnage au port, sont ainsi saisis et vérifiés chaque année.

Sur cette base, les chercheurs de la CPS réalisent un important travail d’analyse permettant de conserver une idée juste et un regard indépendant sur les pêches océaniques de la région : ils sont ainsi en mesure de répondre aux centaines de demandes d’information des pays membres sur la biologie des thonidés (taux de croissance, reproduction, régime alimentaire), les prises annuelles et leur valeur, les stocks ou l’impact du changement climatique sur les différentes espèces.

Des partenaires et une reconnaissance internationale

Ces informations sont essentielles pour améliorer la gestion et le développement de la pêche thonière régionale. Les mesures de gestion qui garantiront la viabilité des stocks des différentes espèces de thons sont prises principalement au niveau de l’Agence des Pêches du Forum des Iles du Pacifique (FFA), des Parties à l’Accord de Nauru (PNA) et au niveau de la Commission des pêches du Pacifique occidental et central (WCPFC), qui regroupe les nations océaniennes et les nations de pêche, telles que le Japon, la Corée, l’Union européenne, la Chine et les États-Unis d’Amérique.

La CPS travaille donc en étroite collaboration avec ces instances politiques régionales, leur fournissant des avis scientifiques de haute qualité, avec l’appui de nombreux partenaires financiers tels que l’Union Européenne, les gouvernements d’Australie, de Papouasie Nouvelle-Guinée, de France, du Japon et de Nouvelle-Zélande, la Banque mondiale et des fonds de bienfaisance comme les Fondations Heinz ou Pew.

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Le 16 septembre 2013

Les négociations d’APE UE-Pacifique mises en suspens ?


D’après une déclaration de presse publiée par le Secrétariat ACP le 18 juillet 2013, « l’UE a suspendu ses efforts visant à conclure un accord commercial avec le bloc des 14 pays ACP du Pacifique ». L’annonce faisait suite à une réunion conjointe au cours de laquelle les deux camps ont été « incapables de résoudre de sérieuses divergences ». Les gouvernements des pays ACP du Pacifique (PACP) ont refusé que l’UE utilise le processus d’Accord de partenariat économique (APE) pour forcer des changements « dans la législation nationale des pays du Pacifique en matière de gestion des pêcheries », ainsi qu’obtenir des « engagements spécifiques sur l’accès aux ressources de pêche du Pacifique ». Les gouvernements PACP ont affirmé que ces questions seraient soumises à la Commission des pêches du Pacifique occidental et central, « l’organe compétent en la matière ».

Parmi les autres questions litigieuses pour lesquelles il subsiste de sérieuses divergences figurent l’approvisionnement global pour les produits de la pêche exportés vers l’UE, le commerce de services et l’accès au marché. Bien que les gouvernements PACP aient demandé une réunion supplémentaire en septembre 2013, la CE a semble-t-il « reporté les pourparlers pour prendre un “temps de réflexion” afin de consulter les parties prenantes ».

Les représentants ACP du Pacifique considèrent maintenant qu’« un accord d’ici la fin de l’année est peu probable à moins d’un changement majeur de la position de l’UE ». 

Sources : Agritrade / Cta

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26 Novembre 2013

Sapmer : première mission accomplie pour le Belle Rive

Premier thonier mauricien de la Sapmer, le Belle Rive a effectué sa première mission dans l’Océan Indien. Plus de 700 tonnes de thon pêchées et une matière première valorisée principalement pour le marché asiatique.

Source : linfo.re

C’est le premier d’une nouvelle série de bateaux. Contrairement aux cinq premiers navires acquis par la Sapmer et immatriculés à La Réunion, le Belle Rive bat pavillon mauricien.

A bord du bâtiment de quatre-vingt dix mètres de long, trente-cinq marins français, mauriciens, seychellois, malgaches et indonésiens auxquels il faut ajouter les membres de l’équipe de protection embarquée, un commando de militaires positionnés sur le navire pour parer aux éventuels actes de piraterie.

Le thonier senneur surgélateur, tout droit sorti de l’usine, a été mis en service cette année. Et la première "marée" comme on l’appelle dans le jargon a été fructueuse.

700 tonnes de thon ont en effet été pêchées. De bons résultats donc pour cette mission inaugurale de près de soixante-dix jours. Plus de 6000 tonnes de listao et d’albacore devraient être remontées dans les immenses filets chaque année. Construit au Viet-Nam pour un peu plus de vingt millions d’euros, le Belle-Rive se différencie des premiers navires de la Sapmer. Plus petit, moins puissant, et surtout quatre fois moins gourmand en gasoil, il est doté d’outils à la pointe de la technologie. Radars pour repérer les oiseaux, courantomètre, sonars et autres systèmes 3D aident l’équipage du Belle Rive a localiser les bans de thon albacore et listao. Particularité du Belle Rive : le poisson est congelé vivant. Remontée mécaniquement grâce à la senne (outil dont le coût s’élève à 500 000 euros), la prise est ensuite plongée dans la saumure à moins 18°c. Cette procédure de pré-congélation effectuée, le poisson est ensuite congelé à mois 40°c et stocké dans les six cales situées à l’avant du bateau. Denis Le Roland est le capitaine du Belle Rive. Il explique que "la pêche à vents libres est privilégiée", et ajoute : "l’activité de pêche se concentre essentiellement dans le canal du Mozambique. Aucun quota n’est imposé, mais nous nous limitons par nous-mêmes".

L’acquisition de ce bateau illustre le partenariat solide entre la Sapmer et Maurice. La société française créée en 1947 a de fait obtenu des licences lui permettant d’immatriculer cinq de ses nouveaux navires dans l’île soeur. Avec le Belle-Rive, Sapmer donne un coup d’accélérateur à son activité de pêcherie de thon et espère dans les années à venir calquer ce schéma dans le Pacifique. Il s’agit également d’intensifier les activités de transformation du thon afin de pénétrer davantage le marché asiatique.

Plus de 60 000 tonnes de thon stockés à moins 40°c

C’est dans ce cadre qu’une seconde usine de transformation a vu le jour. Après Mer des Mascareignes (financée à parts égales par le groupe mauricien IBL et Sapmer), une nouvelle filiale de Sapmer a été baptisée à Port-Louis : Tuna Processing Services Indian Ocean.

C’est dans ces lieux que pourront être stockées et valorisées 60 000 tonnes de thon listao et albacore, chaque année. L’activité de l’usine Tuna Processing Services - Indian Ocean a été lancée au mois de juin dernier. Directeur de l’usine TPS-OI, Christopher Talbot affiche clairement les objectifs : " cette usine, c’est la grosse cavalerie pour les longes. L’objectif à terme pour Mer des Mescareignes et TPS-OI est de traiter 30 000 tonnes de poisson afin d’obtenir au mois 12 000 tonnes de produit fini." L’unité de transformation TSP-Océan Indien qui compte présentement 90 salariés environ emploiera plus de 200 salariés à l’horizon 2015.

En attendant, chaque jour, ce ne sont pas moins de vingt tonnes de poisson qui sont traitées. Et cette productivité devrait s’accroître progressivement. Entre la première étape du processus de transformation et la palettisation, seulement huit minutes s’écoulent. Un délai réduit au maximum afin de ne pas rompre la chaîne du froid. Si une infime partie de cette production est écoulée sur le marché réunionnais, c’est bien dans les assiettes japonaises que l’on retrouve plus de 80% du thon transformé dans l’usine TPS-OI. L’activité de l’usine Tuna Processing Services se décline selon deux axes : d’une part la production de steaks destinés à être commercialisés aux Etats-Unis et au Canada. D’autre part, la transformation du thon pêché en longe, où le produit fini classé dans la catégorie des produits premium sera vendu sur le marché asiatique.

Sapmer à la conquête de l’Asie

La création de Sapmer Holding, l’acquisition de nouveaux thoniers, une nouvelle usine de transformation : ces étapes majeures symbolisent les ambitions de la Sapmer pour l’avenir.

Interrogé pour Antenne Réunion, le Directeur Général Yannick Lauri a détaillé les enjeux : " Notre prochaine série de navires « thonier senneur surgélateur » sera immatriculée à Maurice. Les débarques de tous nos thoniers se faisant à l’île Maurice, nous avons souhaité développer les infrastructures mauriciennes déjà en place afin de pouvoir accueillir les prises importantes de notre flotte grandissante. Maurice représentera, pour Sapmer, la base de ses activités thonières avec ses navires, ses capacités de stockage et ses capacités de transformation".

Sur le plan environnemental, la Sapmer, dont l’activité est critiquée par certaines organisations non gouvernementales, brandit les certifications obtenues depuis 2010, avec en premier lieu le label "Pêche responsable" du Bureau Veritas acquis il y a trois ans, les reconnaissances Dolphin Safe (depuis août 2011) et Friend of the Sea (depuis septembre 2012).

Outre ses activités de pêche à la langouste et à la légine (pêche australe dans la zone des Terres Australes et Antarctiques Françaises), Sapmer - qui enregistrait en 2012 un chiffre d’affaires de 93,1 millions d’euros, dont plus de 85% à l’exportation hors Europe - entend aujourd’hui étendre son activité de pêche thonière, pour conquérir un marché de niche. C’est dans ce but que Sapmer prévoit d’ailleurs de s’introduire sur le marché financier asiatique.

La société française a le regard tourné vers le Pacifique, "où les ressources sont quatre fois plus importantes que dans l’Océan Indien, pour des conditions de navigation plus faciles de surcroit" souligne le Directeur Général de la société Yannick Lauri. Le futur de Sapmer se dessinera notamment en Papouasie-Nouvelle-Guinée, où la société de pêche française a obtenu dix licences effectives jusqu’à l’horizon 2018. Objectif : créer une base où seront amarrés dix bateaux et où sera érigée une usine de transformation. Mais cela prendra du temps car il faut construire des routes, réaliser des infrastructures pour permettre à l’activité de prendre son essor.

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29 Novembre 2013

Les subventions européennes favorisent l'industrie de la pêche et désavantagent les pays du Sud


Une étude internationale, conduite par l'Université de Colombie-Britannique et à laquelle ont participé des chercheurs de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), révèle que les subventions de l'Union européenne allouées à la pêche favorisent l'industrie des pays du Nord et encouragent la surpêche en Afrique et dans le Pacifique Sud. Ces résultats sont publiés dans la revue PLOS ONE le 27 novembre 2013.

75 % des frais d'accès à la pêche financés par l'Union européenne

Les chercheurs ont analysé les accords conclus par l'Union européenne (UE) avec les pays en voie de développement entre 1980 et 2012, permettant à l'industrie des pays du Nord de pêcher dans les eaux des pays du Sud (en Afrique et dans le Pacifique Sud). L'étude de ces accords (compris entre 400 000 euros et 230 millions d'euros par an et par pays) a montré que sur la période, l'UE a versé un total de 5 milliards d'euros aux pays du Sud pour accéder à leurs eaux (soit 75 % des frais d'accès). L'industrie européenne a, quant à elle, contribué à hauteur d'1,7 milliard d'euros aux frais d'accès (soit 25 %) sur la même période.

Les chercheurs ont ensuite comparé le montant de la contribution financière de l'industrie pour accéder aux ressources halieutiques aux revenus qu'elle tire de la vente de la pêche. Pour cela, ils ont utilisé une base de données centralisant les prix mondiaux de vente de poissons sur la même période.

Ces calculs, principalement restreints aux accords concernant le thon, ont révélé que l'industrie a généré près de 96 milliards d'euros de revenus issus de la vente de la pêche entre 1980 et 2012. Ainsi, l'accès aux eaux des pays du Sud ne représente pour l'industrie que 2 % des revenus qu'elle en tire.

Ajuster les subventions pour lutter contre la surpêche....

Cette étude pointe du doigt le risque d'aggravation de la surpêche induit par des subventions élevées. En effet, ayant peu à investir dans l'accès aux ressources (2 % de leurs revenus), les flottes européennes peuvent consacrer une part plus importante de leurs bénéfices à l'accroissement des capacités de pêche. Ce phénomène est susceptible d'accentuer la surexploitation des ressources halieutiques, notamment les populations de thon, particulièrement touchées.

...et favoriser un meilleur accès des pays du Sud aux ressources halieutiques

Modifier le système de subventions à la pêche dans les pays du Nord permettrait de promouvoir une pêche plus durable écologiquement et plus équitable pour les pays du Sud, où le poisson représente parfois la principale source de protéines animales (jusqu'à 50 % dans certains pays insulaires ou côtiers à forte densité de population comme le Ghana, le Sénégal ou encore l'Indonésie). Par ailleurs, l'effondrement des stocks met en péril le développement économique de certains pays du Sud, où la pêche est une importante source de revenus. Ces résultats participent ainsi à la sensibilisation des instances décisionnelles aux risques de surexploitation des ressources halieutiques.

Cliquer Ici pour accéder à l'étude "European Union’s Public Fishing Access Agreements in Developing Countries / Frédéric Le Manach mail, Christian Chaboud, Duncan Copeland, Philippe Cury, Didier Gascuel, Kristin M. Kleisner, André Standing, U. Rashid Sumaila, Dirk Zeller, Daniel Pauly"

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Le 13 Janvier 2014

L’état des ressources halieutiques récifales, côtières et aquacoles dans les îles du Pacifique

Rapport 2013


Secrétariat général de la communauté du Pacifique (CPS)

Le présent rapport fait le point sur l’état des pêcheries récifales de poissons et d’invertébrés, des pêcheries côtières d’espèces pélagiques, notamment les thonidés, des pêcheries de poissons démersaux, en particulier le vivaneau, et de la filière aquacole.

Les pêcheries doivent faire l’objet d’une gestion avisée permettant d’optimiser les rendements de la pêche d’espèces démersales et d’invertébrés, et de réduire l’importance du « déficit vivrier » entre le volume de produits de la mer disponible et les besoins alimentaires des populations océaniennes en augmentation. Toutefois, le complément devra venir en grande partie des stocks pélagiques côtiers, en particulier les thonidés, et de l’aquaculture.

Le changement climatique aura des impacts différents selon les pays et les pêcheries. Il est essentiel d’élaborer les outils de suivi nécessaires, et de mettre en oeuvre au plus vite des programmes de suivi climatique à long terme, au plan national et régional. En effet, plus la période couverte par le programme de suivi sera longue, plus grandes seront les chances de déceler des changements et de fournir les informations nécessaires à une gestion adaptative.

Les données de la CPS laissent à penser que de nombreuses pêcheries récifales exploitant les poissons et les invertébrés font l’objet d’une pêche non viable, et qu’il est urgent d’introduire une gestion solide pour maintenir les captures à un niveau durable.

Un bagan typique, radeau flottant équipé de lampes utilisées 
pour rassembler les poissons et d’un carrelet pour les capturer

Cliquer Ici pour télécharger le Rapport 2013 : L’état des ressources halieutiques récifales, côtières et aquacoles dans les îles du Pacifique

Pêche thonière

Comment concilier les intérêts des industriels et des artisans pêcheurs

En 2011, la valeur à la livraison des thons capturés par le secteur industriel dans les eaux océaniennes était d’environ 3 milliards de dollars É.-U.

La vente de licences à des flottilles étrangères les autorisant à pêcher dans les eaux nationales océaniennes représente jusqu’à 150 millions de dollars É.-U. de recettes annuelles pour les États et Territoires insulaires océaniens (ÉTIO). De plus, les flottilles locales opérant dans les eaux des ÉTIO contribuent au PIB de la région pour plus de 300 millions de dollars É.-U.


Parallèlement, la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des populations rurales et urbaines dépendent de petites pêcheries locales ou pêcheries «  artisanales  ». Or, le risque de conflits d’intérêts entre artisans pêcheurs et industriels ne fait que croître.


Pour plus d'informations sur la pêche dans les Îles du Pacifique : CPS. Programme Pêche côtière

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Le 11 février 2014

Les perspectives de la pêche durable au sein et à l’extérieur de l’Union européenne


Une nouvelle génération d’accords de partenariat en matière de développement de la pêche durable (APD) entrera en vigueur pendant la période 2013-2017, et cette nouvelle politique va de pair avec une terminologie inédite. La durabilité, principe fondamental et mot d’ordre de ces accords, est désormais mentionnée dans l’intitulé de ceux-ci afin de mieux refléter leur objectif final.

Les modifications significatives dans l’élaboration et la mise en œuvre des APD, consécutives à la réforme de la politique commune de la pêche, ne sont pas fortuites. Selon l’Union européenne, les principes et les normes appliqués aux flottes qui sillonnent les eaux européennes devraient également être applicables à l’étranger. Et lorsque celles-ci pratiquent leurs activités de pêche dans les eaux des pays tiers, les pêcheries locales doivent bénéficier d’un soutien approprié susceptible d’assurer leur développement durable. 

C’est pourquoi les nouveaux accords sont :
• fondés sur des données scientifiques,
• équitables et durables,
• régis par des règlements exécutoires,
• dotés d’un cadre de surveillance et de contrôle renforcé,
• d’une totale transparence.

L’amélioration des pratiques administratives constitue l’un des principaux aspects de la réforme des APP. L’Union européenne s’est engagée à examiner de plus près le fondement scientifique des APD, à mieux évaluer l’évolution de ceux-ci et à garantir la transparence de l’information.


Les stratégies de meilleure gouvernance constituent la priorité des nouveaux accords. Le système ERS d’enregistrement et de communication électroniques, un outil performant de collecte des données qui enregistre les captures des flottes de pêche, assure un contrôle plus efficace des activités des navires de l’Union européenne. Le système ERS renforce également la transparence des opérations de pêche de l’Union européenne en dehors des eaux européennes et il facilite le partage de l’information avec les pays partenaires dans l’intérêt des deux parties.

Le financement des droits de pêche dans les ZEE des pays partenaires est en cours de révision. Auparavant, l’Union européenne finançait environ les deux tiers des dépenses mais, en vertu des nouveaux APD, les armateurs devront assumer jusqu’à 70 % des droits d’accès aux accords thoniers.

Les droits de capture sont également actualisés afin de tenir compte des prix actuels du marché, et si l’on pense à l’augmentation vertigineuse des prix du thon au cours des dernières années, cette adaptation est fondamentale. Les politiques en matière de droits d’accès et de capture respectent les principes d’équité comme la suppression des subventions cachées aux entreprises privées et le paiement d’un prix équitable aux pays tiers en échange de leurs ressources naturelles. En outre, la traçabilité des produits de la pêche capturés dans le cadre des APD est assurée tout au long de la chaîne d’approvisionnement pour contrôler qui fait quoi, assurer la transparence, et protéger les intérêts des consommateurs. Les nouveaux APD dissocient également le paiement de droits d’accès par l’Union européenne de la contribution financière consentie aux pêcheries du pays partenaire. Le soutien sectoriel de l’Union européenne à la pêche locale contribuera à renforcer les capacités scientifiques, administratives et techniques des partenaires locaux en vue du développement durable de leurs pêcheries. La gouvernance des accords a été renforcée, en particulier dans le domaine des droits de l’homme. La clause des droits de l’homme des nouveaux APD témoigne de l’engagement de l’Union européenne de défendre les mêmes principes à l’intérieur et à l’extérieur de son territoire.

Outre la durabilité qui constitue leur principal objectif, les APD offrent aux deux parties des opportunités et des avantages considérables susceptibles d’évoluer parallèlement à la progression des accords.

Le 10 mai 2013, l’Union européenne et les Seychelles ont signé, pour une durée de six ans, un nouveau protocole à l’APP conclu précédemment, qui garantit la prorogation à long terme du principal accord thonier de l’Union européenne dans l’océan Indien, tant en ce qui concerne les perspectives de pêche qu’il ouvre à la flotte de l’Union européenne que du point de vue des bénéfices financiers générés à terme pour les Seychelles par les activités de la flotte de l’Union européenne dans la région.

Le nouveau protocole à l’APP entre l’Union européenne et les Seychelles, à savoir l’accord thonier le plus important actuellement en vigueur, permet à quarante navires à senne et palangriers de l’Union européenne de capturer des thons et d’autres espèces fortement migratoires au sein de la ZEE des Seychelles. En contrepartie, l’Union européenne paiera plus de 5 millions d’euros par an pendant deux ans, dont la moitié financera la politique de pêche des Seychelles. Par la suite, l’Union européenne paiera 5 millions d’euros par an pendant les quatre années suivantes et la moitié de cette somme sera de nouveau consacrée au secteur de la pêche locale.

Le soutien sectoriel finance un équipement expérimental spécialisé destiné à garantir la conformité des produits de la pêche des Seychelles aux normes de l’Union européenne en matière de sécurité alimentaire et la possibilité d’importer ceux-ci. Grâce à cet accord, les Seychelles perçoivent un revenu équitable généré par leurs propres ressources et elles bénéficient de l’aide de l’Union européenne pour assurer la gestion durable et à long terme des pêcheries locales. Par exemple, l’Union européenne a financé la construction d’un nouveau quai à Victoria, permettant aux navires à senne de grand tonnage de décharger leur cargaison directement dans le port. Le financement de l’Union européenne a également favorisé le développement de petites unités de transformation du poisson destinées à la flotte palangrière semi-industrielle, ainsi que l’augmentation de la capacité de la flotte.

Les contributions financières prévues par les APP ciblent les besoins particuliers des pays partenaires. Par exemple, au titre du nouvel APP entre l’Union européenne et la Côte d’Ivoire, plusieurs initiatives distinctes ont été financées, allant de la fourniture d’un nouvel équipement d’aquaculture à deux stations piscicoles en activité, de la collecte d’informations sur les statistiques de capture dans les ZEE et de la formation des pêcheurs au réaménagement du ministère de la pêche au lendemain de la guerre civile.

Grâce à ces APD, l’Union européenne poursuivra sa lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (PNN) et elle a d’ores et déjà accordé un soutien sectoriel à la Côte d’Ivoire en vue d’améliorer l’infrastructure de contrôle de celle-ci. Les subventions de l’Union européenne sont également consacrées à la recherche scientifique en haute mer, à l’installation d’appareils de surveillance des navires par satellite (VMS) et à la formation de nouveaux inspecteurs.

La consolidation de la nouvelle génération des APP et l’élargissement du réseau des partenaires actifs constituent les étapes suivantes. Inspirée des principes solides d’équité, de durabilité, de transparence et de bonne gouvernance, et alignée sur la réforme de la politique de la pêche européenne, la nouvelle génération des APP utilise à bon escient l’argent public et est axée sur les avantages réels pour les citoyens européens et ceux des pays partenaires. L’objectif, dorénavant, sera d’accroître le nombre de partenaires actifs afin de promouvoir, à l’échelle internationale, l’attitude proactive de l’Union européenne dans le domaine de la conservation des ressources marines.


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Maroc: les députés votent à l'unanimité l'accord de pêche avec l'UE

Les députés marocains ont voté lundi soir "à l'unanimité" en faveur de l'accord signé entre Rabat et l'UE, qui va désormais permettre à plus d'une centaine de navires européens de pêcher à nouveau dans les eaux du royaume.

Source : Les Echos

Le montant de cet accord, déjà validé par le Parlement européen en décembre, s'élève à 40 millions d'euros. Sur cette somme, l'UE paie 16 millions pour l'accès aux ressources proprement dites tandis que 14 millions viendront soutenir la politique sectorielle du Maroc en faveur du développement durable, a rappelé la vice-ministère des Affaires étrangères, Mbarka Bouaida, citée par l'agence MAP.

Les 10 derniers millions d'euros seront à acquitter par la flotte de 126 navires battant pavillon de 11 pays européens --en grande majorité espagnols-- qui pourront pêcher durant les quatre prochaines années.
Le précédent accord avait été dénoncé fin 2011 par le Parlement européen, des députés considérant notamment qu'il ne prenait pas assez en compte les intérêts de la population du Sahara occidental, une ex-colonie espagnole contrôlée par le Maroc mais revendiquée par des indépendantistes sahraouis. Ce vaste territoire compte plus d'un millier de km de côtes.

"Le nouveau protocole est avantageux pour les deux parties et répond de façon directe aux préoccupations exprimées par le PE en 2011, sur les plans économique, écologique et social, c'est-à-dire sur l'impact pour les populations dans les zones de pêche", avait affirmé l'ambassadeur de l'UE au Maroc, Rupert Joy, au moment de la signature.

Lors d'une conférence de presse, lundi à Casablanca, M. Joy s'est à nouveau félicité de l'accord, et fait le point de la coopération avec Rabat.

Le royaume est le seul pays à disposer d'un statut avancé avec l'UE et les deux parties planchent actuellement sur un Accord de libre-échange complet et approfondi (Aleca). Trois rounds de négociations ont déjà eu lieu et le 4e est prévu au début du printemps à Bruxelles.

Devant la presse, le diplomate européen a par ailleurs souligné que l'année 2013 avait été "marquée par des dons de l'UE d'un montant exceptionnel de plus de trois milliards de dirhams" (près de 300 millions d'euros).
"L'UE et le Maroc sont engagés dans un rapprochement de plus en plus étroit, unique dans la région du voisinage", a fait valoir M. Joy, évoquant les projets pour 2014 dans la santé, l'agriculture ou encore l'éducation.

Accord de pêche UE-Maroc : un vol colonial

Alors qu’il avait dénoncé l’occupation marocaine du Sahara occidental, le Parlement européen a approuvé l’accord de pêche entre l’UE et le Maroc le 10 décembre 2013, avec 310 voix pour, 204 voix contre et 49 abstentions.

Source : Survie par Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Cet accord autorise les bateaux de 11 Etats européens à pêcher dans les eaux du Maroc, y compris les eaux territoriales du Sahara occidental, en échange d’une contrepartie financière. Il entérine un droit au pillage des ressources sahraouis, puisqu’il s’applique à un territoire occupé et viole en cela le droit international.

Le débat précédant le vote au Parlement européen a été vif. Les partisans se sont égoïstement réjouis d’un bon rapport coût/bénéfices dans l’accord et se sont dits satisfaits de l’introduction d’une clause sur les droits de l’Homme et d’une obligation pour le Maroc de consacrer une partie de la contrepartie financière au Sahara occidental.

Les opposants à l’accord ont dénoncé un « vol colonial » et des obligations hypocrites, quand l’on connaît les nombreuses violations des droits des sahraouis commises par le Maroc, et alors que le fondement même de cet accord viole un droit fondamental, le droit à l’autodétermination.

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Le 5 mars 2014

Renforcer la cohérence de la politique de pêche avec la sécurité alimentaire

Le Centre européen pour la gestion des politiques de développement (ECDPM) a publié un document sur la cohérence politique et la sécurité alimentaire. Celui-ci a fait suite au rapport biannuel de la Commission européenne sur la Cohérence des politiques pour le développement (CPD), qui a identifié la PCP comme un « des domaines prioritaires d’action de la CPD ».

Source : Agritrade - CTA

Présentation de l’ECDPM 

(European Centre for Development Policy Management)
Dans un monde où pays et régions doivent unir leurs efforts pour apporter une réponse à des problématiques urgentes telles que le changement climatique, les conflits, la sécurité alimentaire, la santé et l’éducation, le Centre aide les États d’Europe, d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) à mettre en place les partenariats efficaces qui leur permettront de relever ces défis mondiaux et d’autres enjeux du développement.

Les relations économiques et politiques entre le Nord et le Sud tendent à favoriser le partenaire le plus puissant: nous voulons atténuer cette « asymétrie » dans l’élaboration des politiques entre les pays de l’UE et les pays ACP. En conférant un plus grand équilibre et une plus grande efficacité au partenariat UE-ACP, nous incitons les régions et pays en développement à mobiliser tout leur potentiel et nous soutenons leurs processus essentiels de développement dans une perspective de long terme. Nous aidons ainsi les ACP à consolider leurs institutions et leurs capacités d’élaborer des politiques et des stratégies qui façonnent leur propre avenir et leur ouvrent des pistes pour sortir de la pauvreté. Pour plus d'informations : ECDPM

Cliquer Ici pour télécharger "Présentation du Centre européen de gestion des politiques de développement"

Dans son chapitre sur le secteur de la pêche, le rapport de la CE souligne l’importance du poisson et des produits de la pêche en tant que sources précieuses de protéines et d’oligoéléments essentiels : « en réalité, plusieurs populations, davantage dans les pays en développement que dans les pays développés, dépendent du poisson pour leur alimentation quotidienne. Pour eux, le poisson et les produits de la pêche représentent une source abordable de protéine animale qui peut bien souvent être meilleur marché que les autres sources de protéine animale, mais aussi un ingrédient préféré dans les plats locaux et traditionnels ». La CE salue les efforts consentis dans le cadre de la réforme de la PCP dans le sens de la CPD, soulignant plus particulièrement les progrès réalisés dans les APP durables, le soutien à la participation des pays en développement dans les organisations régionales de gestion des pêches (ORGP), le développement de la législation sur la pêche INN, et l’introduction d’une clause sur les droits de l’homme.

L’ECDPM reconnait que, d’un point de vue du développement et de la sécurité alimentaire, la dimension extérieure de la PCP réformée est une amélioration considérable par rapport à la législation précédente.

L’ECDPM considère qu’un des principaux problèmes est que « plus de la moitié des flottes externes de l’UE opèrent en dehors des APPD et des ORGP, et travaillent principalement au travers d’accords négociés en privé, d’entreprises conjointes ou de bateaux battant pavillon non-UE (…). La capacité de l’UE à surveiller le comportement de ces navires en matière de conformité à la législation de la PCP est limitée puisque, à proprement parler, il n’y a pas d’obligation pour les États membres d’informer la CE d’un tel accord hors-APP par les armateurs opérant sous leurs pavillons respectifs ». En outre, l’évaluation de la réglementation de base ne s’est pas penchée sur les implications potentielles d’une réforme de la PCP, qui est susceptible de pousser d’autres opérateurs européens en dehors des cadres réglementaires négociés. Cependant, l’ECDPM salue le fait que, dans la nouvelle législation, les principales dispositions relatives à la surveillance et à la réglementation des navires de l’UE opérant dans les eaux non-UE en dehors d’un APPD et des ORGP aient été maintenues. Cela est perçu comme un « effort tangible » pour renforcer la cohérence des politiques pour la sécurité alimentaire.

Certaines lacunes persistent encore. Généralement, la réglementation de base fait preuve d’une interprétation limitée du concept de la CPD, mettant exclusivement l’accent sur les obligations internationales de l’UE et les navires de l’UE opérant en dehors des eaux de l’UE. Elle néglige les liens avec des mesures, telles que les subventions pour le renouvellement des flottes, qui sont susceptibles d’avoir un impact, « quoique plus opaque », sur les pêcheries et la sécurité alimentaire dans les pays en développement.

L’ECDPM conclut son document par des recommandations clé pour renforcer plus encore les efforts en matière de CPD, en particulier dans le domaine de la sécurité alimentaire, notamment la détermination d’objectifs clairs de CPD liés à la sécurité alimentaire, ainsi que de cibles et d’indicateurs pour mieux orienter l’élaboration des politiques et le suivi des progrès : « Le programme de travail actuel semble avoir servi essentiellement de document de base pour le rapport bisannuel de la CPD, plutôt que comme un outil pour les décideurs politiques dans les institutions de l’UE et les administrations des États membres de l’UE pour se familiariser et respecter les engagements de développement de l’UE ». 

Sources :

ECDPM Discussion Paper No. 153, EU Policy Coherence for Food Security (chapter on fisheries), octobre 2013

EC Staff Working Document, EU 2013 Report on Policy Coherence for Development, 31 octobre 2013

Europeaid

Rapport annuel 2013 sur les politiques de l’Union européenne en matière de développement et d’aide extérieure et leur mise en œuvre en 2012

Commentaire éditorial

La sécurité alimentaire est devenue une priorité pour l’Afrique – 2014 a été choisie par l’Union africaine comme l’Année de l’agriculture et de la sécurité alimentaire – et pour les relations de pêche Afrique–UE, y compris les APPD. Il est par conséquent plus que bienvenu qu’une attention particulière soit accordée à ce sujet, et à la manière dont cela peut être mieux pris en compte par les institutions européennes. Dans la PCP réformée, des progrès ont été consentis dans ce domaine concernant la base des futurs APPD. Conformément à l’article 62 (2) et 62 (3) de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, l’accès sera maintenant limité à l’excédent des ressources qui ne peut être capturé par les flottes locales, en tenant compte des besoins régionaux en matière de sécurité alimentaire. Toutefois, comme recommandé par l’ECDPM, la détermination d’objectifs de sécurité alimentaire clairs, ainsi que de cibles et d’indicateurs pour orienter l’élaboration des politiques et le suivi des progrès permettrait davantage de garantir que la politique de pêche extérieure contribue à satisfaire aux engagements de l’UE en termes de CPD.

S’agissant de la capacité de l’UE à surveiller le comportement des navires de l’UE opérant en dehors des eaux de l’UE, la Commission européenne affirme que cela a été considérablement renforcé par les règlements sur le contrôle et sur la pêche INN. La surveillance satellite permettant une localisation permanente et automatique des navires et le rapport électronique quotidien de leurs activités de pêche sont maintenant en place. Dans ce cadre, les navires de l’UE doivent communiquer tous les accords de pêche privés à leur État pavillon de façon à ce que cet État puisse vérifier les droits du navire à opérer dans les eaux des pays tiers, en particulier pour la validation des certificats de capture.

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Le 12 mai 2014

Thon tropical. "Oriental & Pacific" se plie aux exigences de Greenpeace

Une marque de thon en conserve européenne leader ne proposera, à partir de 2015 « que du thon approvisionné de manière responsable »

Source : Agritrade

Greenpeace a salué l’engagement pris par une des plus grandes marques de thon en boîte, Oriental & Pacific, de ne fournir que « du thon provenant de pratiques responsables » à partir de 2015.

Le groupe de grande distribution Tesco a récemment fait l’objet de virulentes critiques par Greenpeace et le célèbre chef cuisinier britannique, Hugh Fearnley-Whittingstall, parce qu’il achetait du thon à prix réduit auprès d’Oriental & Pacific, dont les fournisseurs utilisent des dispositifs de concentration du poisson (DCP) qui sont connus pour capturer un grand nombre de juvéniles, de requins, de raies et de tortues. Selon Greenpeace, seul le thon pêché à la ligne ou par des filets sans DCP peut être considéré comme un produit issu d’une exploitation durable des ressources.

Plus de 85 000 personnes ont exhorté le supermarché Tesco à retirer de leurs étalages les boîtes de thon estampillées Oriental & Pacific, mais celui-ci a refusé d’agir. Toutefois, Oriental & Pacific a contacté Greenpeace et annoncé « qu’à partir du mois d’avril 2015, elle ne vendra que du thon provenant de sources d’approvisionnement durables ».

Greenpeace a salué la décision mais continue à émettre de fortes critiques envers le groupe Tesco. Le supermarché s’était engagé au préalable à créer sa propre marque de thon « durable » mais une fois sa promesse faite, « il a introduit du thon fourni par Oriental & Pacific ne provenant pas de sources durables, sapant ainsi son engagement public pris vis-à-vis de la protection des océans », a fait savoir un militant britannique de Greenpeace Oceans.

Le célèbre chef cuisinier avait également loué la décision, et est allé encore plus loin en demandant à ce que Tesco « insiste pour qu’Oriental & Pacific mette une étiquette claire précisant le mode de capture afin de s’assurer que ces engagements soient bien tenus ». « Je crois que tout consommateur devrait se refuser à acheter du thon en boîte qui ne spécifie pas la méthode de capture » a-t-il-précisé.

L’Association Greenpeace a annoncé qu’elle mènera une enquête sur le thon vendu dans les supermarchés discount comme Aldi et Lidl, qui ont une clientèle de plus en plus importante. Bien que les deux magasins proposent sur leurs étalages du thon pêché à la ligne, la majeure partie du thon proposé a été pêché au moyen de sennes coulissantes/de dispositifs de concentration du poisson.

Illustration : montage copie écran : Greenpeace et  The Independent : Tesco accused of selling 'dirty tuna' by top chef Hugh Fearnley-Whittingstall

Cliquer Ici pour plus d'informations sur Cta / Agritrade

Commentaire éditorial

Ce cas révèle que les produits « issus de la pêche durable » proposés sur les étalages constituent principalement un moyen pour les supermarchés de diversifier l’offre et d’accroître le nombre de clients, pour répondre à la fois aux besoins des consommateurs sensibles aux questions environnementales et à ceux qui regardent davantage les prix. Il montre aussi l’importance pour les pays fournisseurs, y compris les pays ACP d’avoir une vue plus claire sur ce que le « thon issu de pratiques durables » implique, de manière à adapter leurs stratégies de production. La seule prise en compte des méthodes de pêche pour définir si le poisson provient de pêcheries durables, comme l’a proposé Greenpeace, s’avère trop simpliste. D’autres facteurs devraient aussi être pris en considération comme le niveau de capacité/l’effort de pêche – critère que le label du Marine Stewardship Council prend en compte, ou comme les critères sociaux liés à la production, que les labels Naturland ou Pacifical garantissent. Au cours de la réforme de l’Organisation commune du marché (OCM), il a été demandé à la CE de proposer un label écologique européen pour les produits du poisson, ce qui aurait au moins le mérite d’apporter des clarifications sur ce qui constitue les normes officielles de durabilité. La réforme de l’Organisation commune des marchés (OCM) garantit également que l’étiquette des produits de la mer indique le type d’engins utilisés pour la capture du poisson (sauvage): chaluts, sennes coulissantes, filets dérivants, hameçons, lignes, dragueurs et pièges, ce qui répond à la requête des militants britanniques.

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Le 18 Juin 2014

Les Etats-Unis annoncent un sanctuaire marin dans le Pacifique


Les États-Unis veulent créer le plus grand sanctuaire marin du monde dans le Pacifique : L'aire marine protégée du Pacific Remote Islands Marine National Monument pourrait passer de 199 500 km2 à 2 millions de km2. (Carte Marine Conservation Institute)

Les États-Unis ont l’intention de créer dans le Pacifique le plus vaste sanctuaire marin du monde. Le président américain, Barack Obama, en a fait l’annonce le mardi 17 juin 2014 à l’occasion de la conférence internationale « Our Ocean » sur la protection des océans. Il s’agit d’étendre une aire marine protégée existante, le Pacific Remote Islands Marine National Monument, située au sud et à l'ouest de Hawaï, qui couvre 199 500 kilomètres carrés. Sa superficie serait décuplée pour atteindre 2 millions de kilomètres carrés. La protection passerait de 50 à 200 milles autour des îles Howland, Baker et Jarvis ; des atolls de Johnston, de Wake et de Palmyra ; et, enfin, du récif corallien de Kingman. Les États-Unis entendent interdire dans ce périmètre la pêche commerciale et l’exploitation énergétique. (d'après le marin)

Cet espace, d'une superficie sans précédent, a été défini en coopération avec des Etats insulaires de la région, directement menacés par les dégâts causés aux océans.

Les Etats-Unis ont annoncé mardi 17 juin un projet de création du plus vaste sanctuaire marin de la planète dans le Pacifique et des mesures «historiques» pour réprimer la pêche illégale, lors d’une conférence internationale sur la protection des océans en péril. Le secrétaire d’Etat John Kerry a reçu lundi et mardi au département d’Etat les représentants de 80 pays, aux côtés d’experts et d’industriels, pour pousser la communauté internationale à se doter d’une stratégie pour sauver les océans menacés par le réchauffement climatique, la pollution et la surexploitation des réserves de pêche.

Au total, plus d’1,8 milliard de promesses de dons ont été récoltées, dont 1 milliard fourni par la seule Norvège pour lutter contre le changement climatique. «Assurons-nous que nous pourrons regarder nos enfants dans les yeux et leur dire : oui, nous avons agi et nous avons préparé un monde plus sûr et plus stable», a exhorté le président Barack Obama, dans un message vidéo adressé à la conférence.

D’après la communauté scientifique, la santé des océans, qui couvrent 72% de la planète, et de leur écosystème s’est dégradée de manière spectaculaire depuis 70 ans. De fait, a égrené Barack Obama, «la hausse des niveaux de dioxyde de carbone provoque une acidification des océans. La pollution met en péril la vie marine. La surpêche menace toutes les espèces et les populations qui en dépendent pour leur alimentation et moyens de subsistance.»

Selon la Maison Blanche, le chef de l’exécutif a demandé à son gouvernement de mettre sur pied un projet de préservation d’aires marines dans les eaux territoriales américaines, notamment autour des îles Howland, au centre du Pacifique.

Pêche commerciale interdite dans le Pacifique

D’une surface de plus de deux millions de km2, il s’agirait du plus vaste sanctuaire marin du monde. Les Etats-Unis entendent y interdire la pêche commerciale et l’exploitation énergétique. Au total, avec les engagements d’autres pays comme les Îles Cook ou les Kiribati, «plus de trois millions de km2» d’aires marines devraient être sanctuarisées dans le Pacifique, selon John Kerry. «Nous devons faire davantage ailleurs, mais c’est un début formidable», s’est-il félicité.

C’est la République des Kiribati qui avait fait lundi la première annonce concrète, le président de ces archipels d’Océanie, Anote Tong, interdisant dès janvier 2015 la pêche commerciale, malgré l’impact économique. Les Kiribati font partie, avec l’archipel polynésien des Tuvalu et les Maldives, des pays qui pourraient disparaître avec la montée du niveau des océans si rien n’est fait contre le réchauffement climatique, selon l’ONU.

Le président Obama a aussi annoncé qu’il avait réclamé à son administration «une stratégie nationale pour combattre la pêche pirate». Aujourd’hui, 20% des réserves de poissons sont pêchées illégalement, soit 26 millions de tonnes par an, accélérant la disparition de certaines espèces, selon la fondation écologiste The Pew Charitable Trusts. John Kerry a promis que tous les produits de la mer vendus aux Etats-Unis seraient «traçables», pour lutter contre la fraude et la pêche illégale et des associations écologistes ont salué «un pas en avant historique».

Leonardo DiCaprio, quant à lui, a déclaré : «Nous croyons que dans presque tous les cas, vous pouvez toujours avoir la conservation marine et la protection marine, et encore permettre des activités de pêche récréative durable qui auront lieu», ajoutant « il n'y a presque pas d'activité de pêche sportive dans la région parce que c’est un sacré périple, là-bas. Notre préoccupation est évidemment le précédent que cela pourrait créer ». (d'après : Leonardo DiCaprio milite avec Barack Obama)

«Si nous ne réglons pas ces problèmes, si nous épuisons les ressources de nos océans, non seulement nous sapons les trésors de l’humanité, mais nous nous privons aussi d’une source majeure d’alimentation et de croissance économique», a mis en garde le président Obama. Il a été soutenu par la star d’Hollywood Leonardo DiCaprio qui a promis, via sa fondation, sept millions de dollars sur deux ans pour la protection des océans. L’acteur est un défenseur de l’environnement et un plongeur émérite. «J’ai été le témoin direct de la destruction de l’environnement», a dit DiCaprio en racontant ses plongées il y a une vingtaine d’années près de la Grande barrière de corail, le long de la côte orientale de l’Australie. «Ce qui ressemblait autrefois à un paysage de rêve sous-marin sans limites est aujourd’hui truffé de coraux blanchis et de zones mortes», s’est alarmé le comédien. (d'après AFP)

Pour plus d'informations :

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Le 26 Juin 2014

Une conférence internationale analyse la dimension extérieure de la nouvelle PCP

Un rapport récent sur la Conférence internationale qui s’est tenue durant deux jours à la fin janvier 2014 à Stockholm, examine les implications de la dimension extérieure de la nouvelle PCP. La Conférence, financée par le Ministère suédois des Affaires rurales et organisée par l’Agence suédoise pour la gestion marine et de l’eau, a rassemblé 110 participants provenant de tous les continents.

Source : Agritrade, le 23 juin 2014

Après le discours d’ouverture prononcé par le Ministre suédois des Affaires rurales, une session a été consacrée aux questions suivantes  « Quels sont les changements en termes de politiques et de gestion que les nouvelles actions extérieures sont susceptibles d’apporter et que peuvent faire les décideurs et gestionnaires européens pour orienter les développements de façon à atteindre les objectifs prévus? »

Les participants ont étudié les instruments, options, responsabilités et défis éventuels dans la mise en œuvre des actions extérieures de la nouvelle PCP, en examinant les différents liens entre les politiques d’orientation des pêches, la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (CDB) et les derniers développements des travaux de la FAO.

La conférence a souligné le défi que représente la protection de la biodiversité, tant dans les ZEE que dans les eaux internationales, à travers les relations en matière de pêche entre l’UE et les pays tiers. Les participants ont avancé que des mesures visant à préserver le potentiel de production des stocks de poissons devaient être également prises en vue de contribuer à la sécurité alimentaire sur le long terme.

Les différentes présentations et discussions ont permis de dégager une série d’enjeux majeurs. L’UE est un gros producteur de poissons et de produits qui en sont issus et représente également le plus grand importateur mondial de poissons. Cela donne une nouvelle impulsion à la thèse qui avance que tous les États-membres de l’UE, et pas seulement les pays producteurs, doivent prêter une plus grande attention à la question de la durabilité des stocks de poissons sur le long terme dans les eaux communautaires et au-delà de celles-ci. La demande en poisson continuera de croître au sein de l’UE bien que l’approvisionnement pourrait ne pas suivre le rythme. Ce constat soulève des questions sur ce qui constitue la part équitable de l’UE sur le marché mondial du poisson et des produits qui en dérivent.

Les participants ont insisté sur le besoin de transparence dans l’allocation des ressources et la gouvernance du secteur ainsi que dans le domaine des subventions. Ils ont également souligné l’importance de tenir de véritables consultations avec toutes les parties prenantes intéressées afin de renforcer l’engagement et l’adhésion de celles-ci vis-à-vis des mesures établies à l’échelle mondiale, régionale et nationale. Le potentiel d’amélioration de la participation des parties prenantes par la mise en place de conseils consultatifs a été étudié.

Source :

Commentaire éditorial

Outre les conclusions de la conférence internationale – qui sont largement partagées et ont déjà été exprimées par la plupart des parties prenantes des pêcheries des eaux lointaines de l’UE – il est d’une importance significative pour les pays ACP que cette conférence ait été organisée par un État-membre de l’UE. L’événement met en évidence l’intérêt croissant de la part des États-membres à jouer un rôle plus important dans la mise en place des actions extérieures de la PCP, notamment à travers des organes décentralisés comme les conseils consultatifs. Il serait opportun de rappeler que les États-membres de l’UE ne marquent pas seulement leur présence par les flottes pêchant dans les eaux ACP, mais que bon nombre d’entre eux sont activement impliqués dans des initiatives de coopération au développement au profit des pêcheries ACP. Un engagement accru des États-membres de l’UE dans la mise en place d’actions extérieures pourrait être une opportunité de renforcer la cohérence entre le soutien  octroyé à travers les APPD aux pêcheries pratiquant une exploitation durable, et la coopération au développement de ces derniers.

Cliquer Ici pour télécharger le Compte-rendu de la conférence : report on global trends in fisheries governance

Cliquer Ici pour accéder à l'ensemble des exposés :

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Le 28 juin 2014

Depuis le Pacifique, les océaniens lancent un appel à la France... Seront-ils entendus ?

Calédoniens, Wallisiens, Tahitiens et autres Polynésiens français... Sont-ils audibles maintenant que les autorités françaises semblent jeter leur dévolu sur les USA pour la région Pacifique. En effet, Pascal Lamy, Commissaire de la Commission Océan Mondial, "roule" maintenant pour les intérêts étatsuniens....

Représentation de la France au Forum des îles du Pacifique

Sénat - 14 ème législature

Question orale sans débat n° 0782S de M. Robert Laufoaulu (Iles Wallis et Futuna - UMP-R)
publiée dans le JO Sénat du 15/05/2014 - page 1100

M. Robert Laufoaulu attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur la représentation de la France au prochain Forum des îles du Pacifique qui se tiendra à partir du 29 juillet 2014.

Il est d'autant plus important que la France marque fortement son intérêt pour le Forum que ce dernier, dont une des missions essentielles est la préservation de l'environnement, avec un volet relatif à la lutte contre le réchauffement climatique, offre un cadre idéal de discussions en vue de la préparation de la conférence sur le climat qui devrait se tenir à Paris à la fin de l'année 2015.

Il lui demande, en conséquence, de lui indiquer si la France sera représentée, dans les discussions du « post-Forum », par un membre du Gouvernement de la République.

Réponse du Secrétariat d'État, auprès du ministère des affaires étrangères et du développement international, chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger
publiée dans le JO Sénat du 18/06/2014 - page 4886

M. Robert Laufoaulu. Madame la secrétaire d'État, ma question porte sur la représentation de la France au prochain forum du Pacifique qui se tiendra à partir du 29 juillet 2014 aux Îles Palau.

Le Forum, qui réunit seize États membres, ainsi que des membres associés, comme la Nouvelle-Calédonie ou la Polynésie française, et des membres observateurs, comme Wallis-et-Futuna, se tient chaque année et se termine par un dialogue post-forum avec une douzaine de pays partenaires, dont les États-Unis, le Japon, la Chine et, bien sûr, la France, puissance du Pacifique avec ses trois territoires ultramarins de la zone.

Notre pays avait depuis un certain temps compris l'importance stratégique de la zone Asie-Pacifique, importance qu'elle avait un peu perdue à la fin de la guerre froide, mais qu'elle retrouve pleinement dans le nouvel ordre géopolitique mondial. C'est ainsi qu'en 2011, Alain Juppé, alors ministre des affaires étrangères, conduisait la délégation française, à Auckland, lors du dialogue post-forum.

Toutefois, en 2012, à Avarua, aux Îles Cook, tandis que Hillary Clinton était présente, la France, malgré mes demandes renouvelées auprès du Gouvernement, a été représentée non pas au niveau ministériel mais seulement par notre ambassadeur. La situation s'est reproduite, en 2013, à Majuro, aux Îles Marshall.

Je suis tout sauf un homme partisan, madame la secrétaire d'État. Je n'hésite pas à voter les projets de loi du Gouvernement lorsqu'ils me paraissent aller dans le bon sens. Je me sens donc d'autant plus à l'aise pour dire les choses lorsqu'elles ne sont pas satisfaisantes.


Alors voilà : quelle que soit la qualité de nos diplomates, l'absence répétée de membres du gouvernement français au dialogue post-forum est vécue par les pays de la zone comme une marque de dédain. Quant à nous, Français du Pacifique, nous ressentons un profond malaise, pour ne pas dire plus.

Il est pourtant d'autant plus important que la France marque fortement son intérêt pour le forum que ce dernier, dont l'une des missions essentielles est la préservation de l'environnement, avec un volet sur la lutte contre le réchauffement climatique, offre un cadre idéal de discussions en vue de la préparation de la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris à la fin de l'année 2015.

Si nous voulons vraiment que cette conférence sur les changements climatiques, dite « COP 21 », soit un succès, si en tant que pays hôte nous voulons aboutir à cette occasion à un nouvel accord international sur le climat applicable à tous les pays, dans l'objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de deux degrés centigrades, nous devons, en amont, travailler aussi avec les États du Pacifique qui sont tellement concernés par la question.

En conséquence, je souhaiterais savoir si la France sera représentée, cette année, dans les discussions post-forum par un membre du Gouvernement de la République.

M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État.

Mme Fleur Pellerin,secrétaire d'État auprès du ministre des affaires étrangères et du développement international, chargée du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger.Monsieur le sénateur, le quarante-cinquième sommet du forum des îles du Pacifique et le dialogue post-forum de Koror, qui se dérouleront du 29 juillet au 1er août 2014, ainsi que la troisième conférence internationale sur les petits États insulaires en développement, qui se tiendra aux Îles Samoa en septembre prochain, sont des échéances extrêmement importantes dans le contexte de la préparation de la conférence Paris Climat 2015.

Nous le savons, monsieur le sénateur, les îles du Pacifique sont parmi les territoires les plus exposés aux impacts du dérèglement climatique. La déclaration de Majuro pour un leadership sur le climat, signée l'an dernier à l'occasion de la quarante-quatrième édition du forum des îles du Pacifique, avait montré l'extrême préoccupation et la forte mobilisation des îles du Pacifique sur ce sujet.

Le réchauffement climatique, la montée du niveau de la mer, l'acidification des océans, les variations de précipitations, les cyclones et les tempêtes tropicales auront des effets importants dans beaucoup de régions du monde. Mais ces évolutions auront des conséquences sans commune mesure avec ce que pourraient connaître les écosystèmes et les économies des territoires insulaires, menacés pour certains de disparaître.

Avec Laurent Fabius, nous sommes parfaitement conscients de l'extrême vulnérabilité de ces territoires, qui méritent toute notre attention.

Pour répondre précisément à votre question, monsieur le sénateur, et vous rassurer par la même occasion, je tiens à vous informer que la France sera représentée au dialogue post-forum par son secrétaire permanent pour le Pacifique. Ce dernier conduira la délégation française qui sera présente lors du forum des îles du Pacifique.

M. le président. La parole est à M. Robert Laufoaulu.

M. Robert Laufoaulu. Madame la secrétaire d'État, je suis un peu déçu de votre réponse. Comme je l'indiquais dans ma question, voilà deux ans que la France n'est plus représentée au niveau ministériel lors des réunions du forum des îles du Pacifique. Les îles de la région y voient a minima une marque de dédain à leur égard. Je réitère donc ma demande : il me semble que le Gouvernement devrait être représenté au niveau ministériel lors de ce forum, réunion internationale de la région du Pacifique.


Pétition de Pascal Lamy à l'adresse du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon

Contribuez à assurer un océan vivant, l'alimentation et la prospérité. 

Proposez de nouvelles normes pour la protection de la haute mer en Septembre 2014

Pascal Lamy (3e à droite) est Commissaire de la Commission Océan Mondial, organisation lancée en 2013 par la fondation étatsunienne PEW (Photo extraite du document : From decline to recovery - A rescue package for the global ocean")


Pascal Lamy, Commissioner, Global Ocean Commission
France

L'océan est en danger. Il est essentiel pour notre avenir. Faisons de sa protection une priorité de l'action des Nations Unies.

Il nous offre des aliments, de l’eau fraîche, de l’énergie, des médicaments, la moitié de l’oxygène que nous inspirons et même le cadre de nos vacances : un océan sain est essentiel à toute vie sur Terre.

Cependant, pendant trop longtemps, nous avons capturé trop de poissons, pollué aveuglément et dégradé de fragiles habitats des fonds marins. Nous poussons le système océanique jusqu’à son point de rupture, risquant ainsi notre propre santé et prospérité.


Les ressources marines et côtières atteignent une valeur de 3 000 milliards de dollars US par an – environ 5 % du PIB mondial – et, à travers le monde, 350 millions d’emplois sont liés à l’océan tandis que 97 % des pêcheurs vivent dans les pays en développement.

Mais sans la mise en œuvre de lois efficaces pour protéger un océan vivant, une minorité continuera à abuser de la liberté de la haute mer, à piller les richesses qui se trouvent sous sa surface, à prélever une part non équitable, et à en tirer profit au détriment du reste du monde, en particulier des plus pauvres.

La bonne nouvelle, c’est que nous avons l’extraordinaire possibilité de changer le cours des choses.

En septembre de cette année, l’Organisation des Nations unies (ONU) va entamer un débat sur l’avenir de la haute mer et sur la manière dont celle-ci devrait être gouvernée. Cela ne se reproduira pas de sitôt et c’est donc maintenant que nous devons tirer le meilleur parti de cette opportunité.

La haute mer – constituée des eaux internationales et recouvrant 45 % de la surface de la Terre – nous appartient à tous. Elle ressemble pourtant à un État en déliquescence au-delà de la juridiction de tout gouvernement. Personne n’en est globalement responsable, ce qui a pour conséquence alarmante un déclin important de la santé de tout l’océan.

Il est temps d’étendre l’État de droit jusqu’à cette moitié bleue de notre planète. Nous avons besoin d’un nouvel accord international (dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer) afin de garantir le bon état de l’océan, l’utilisation durable et équitable des ressources de la haute mer, et la préservation de celles-ci.

Cela aidera à nous assurer que nous disposons de suffisamment de nourriture pour tous, d’un accès équitable aux nouveaux médicaments issus des organismes d’eau profonde pour lutter contre le cancer et d’autres maladies graves, d’une résistance suffisante face aux effets les plus graves du changement climatique et d’une protection des habitats marins précieux contre les industries destructrices.

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est engagé en faveur de la santé et de la protection de l’océan, mais il a besoin de notre soutien pour être en position de force en septembre lorsqu’il appellera les dirigeants de la planète à préparer ce nouvel accord.

Joignez-vous à la mission pour un océan sain et vivant, et demandez à Ban Ki-moon de lancer un appel en faveur de la protection de la haute mer et de la santé de l’océan.

Source : Change.org

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Le 16 Août 2014

Pacifique : souriez, vous êtes filmé

Les pêcheurs de thon sont sous surveillance. Plusieurs initiatives pour protéger les ressources des pays insulaires. Le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS) teste en ce moment une innovation.

Protéger la pêche et nos mers



Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD)

Pour beaucoup de communautés dans le monde, l'océan est à la base de tout : culture, mode de vie et moyens de subsistance. Découvrez les efforts fournis par nos équipes en Asie Pacifique pour lutter contre la surpêche du thon avec le suivi des thoniers et l'intervention d'une flotte aérienne (Nouvell-Zélande,..)

La CPS teste la caméra de surveillance...

Le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS) projette d'installer des caméras de surveillance sur les bateaux de pêche trop petits pour accueillir un observateur en chair et en os. Des caméras de surveillance ont été placées sur deux bateaux de pêche. Ils sont trop petits pour accueillir à leur bord un observateur de la CPS. Alors la CPS a trouvé la parade : la caméra de surveillance.

Source : Radio Australia par Caroline Lafargue

Généralement l'observateur embarqué peut être chargé aussi bien d'une mission scientifique que de veiller au respect des quotas et des techniques de pêche par l'équipage. La caméra de surveillance qui le remplace va faire à peu près le même travail. Malo Hosken, le coordonnateur du recueil des données électroniques à la CPS:

« Les caméras sont reliées à un logiciel de surveillance, qui localise le navire, enregistre son trajet et sa vitesse. Quand le bateau rentre au port, ce logiciel permet d'analyser toutes ces informations, pour savoir exactement ce qui a été pêché. On peut aussi voir si la pêche a eu lieu dans une zone autorisée ou interdite, et cela dépend du type de licence de pêche accordée au navire. »

Ce mouchard embarqué rend le braconnage en mer un peu plus compliqué. Car il est impossible de trafiquer la caméra de surveillance:

«  Si quelqu'un essaie de désactiver ces petites caméras, elles envoient un signal au fabricant, puis à l'agence de contrôle des pêches. Donc l'équipage n'a pas intérêt à trafiquer les caméras de surveillance. Il risque une amende. »

Ce système n'est pas encore généralisé. Il est testé depuis un mois et demi sur deux bateaux aux Îles Salomon.

« Les caméras embarquées sur les deux navires nous envoient des captures d'écran toutes les 10 minutes. Et tout fonctionne très bien. Les relations entre l'entreprise de pêche concernées et nous sont bonnes. Nous attendons le retour des bateaux dans un mois pour analyser les données enregistrées par les caméras. »

Malo Hosken, coordonnateur du recueil des données électroniques à la CPS, répondait à Richard Ewart sur Radio Australie. Un deuxième essai est prévu sur d'autres bateaux, et le projet pilote sera bouclé d'ici la mi-août.

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9 Octobre 2014

90 millions de dollars pour 8300 jours de pêche par les thoniers US !

Pacifique: le traité de pêche le plus cher du monde


Au moment où Obama proclamait au monde entier la création du plus grand sanctuaire marin au centre du Pacifique, son gouvernement négociait un "gros" accord de pêche avec les Etats insulaires de l'Océanie.... Par ailleurs, qu'en est-il vraiment de ce sanctuaire marin après avoir lu cette article d'IPS : Championing Ocean Conservation Or Paying Lip Service to the Seas? (Le gouvernement étatsunien aurait créé cette vaste réserve marine pour protéger sa flottille de pêche basée à Hawaï et Samoa ?)

90 millions de dollars pour 8300 jours de pêche. C'est ce que va payer la flotte des bateaux américains pour pouvoir pêcher le thon dans le Pacifique en 2015.

Source : Radio Australia par Caroline Lafargue

Un coût supporté par l'industrie de la pêche et le gouvernement américains.

L'accord a été conclu hier à Hawaï après des mois de négociations ardues, entre les 17 pays membres de l'Agence des Pêches du Forum des Îles du Pacifique et les États-Unis.

C'est un accord historique, le traité de pêche le plus cher du monde. 90 millions de dollars pour un an de pêche dans le Pacifique, cela représente une augmentation de 328% par rapport à 2009, et de 42% par rapport à l'année dernière.

James Movick, le directeur-général de l'Agence des Pêches du Forum : « Tous ces pays se partagent les 90 millions, mais évidemment les pays où va pêcher la flotte américaine reçoivent plus que les autres, il s'agit des pays de l'Accord de Nauru, plus Tokelau. Le reste de la somme est distribué équitablement et servira à financer des projets de développement dans les autres pays de l'Agence des Pêches. »

Les pays de l'Accord de Nauru sont Nauru bien sûr, les Îles Salomon, Tuvalu, Kiribati, les Îles Marshall, la Papouasie Nouvelle-Guinée, les États Fédérés de Micronésie et Palau.

Toute la difficulté pour eux est de se mettre d'accord sur un tarif collectif, qui ne désavantage personne, alors qu'un pays peut se retrouver avec plus de thons dans ses eaux pendant une certaine période, qu'un pays voisin, vu que le thon tropical est un grand migrateur. Plus de 60% du thon pêché dans le monde provient du Pacifique, et les droits de pêche représentent le principal revenu des pays de l'Accord de Nauru.

Le système des jours de pêche, est également, selon James Movick, une mesure de conservation du thon, car le quota est réduit régulièrement. Organiser la rareté permet aussi de maximiser les profits pour les pays du Pacifique : « En réduisant l'accès des flottes étrangères aux zones de pêche, on fait monter les prix, c'est ce qui s'est passé avec les Américains. Les autres flottes étrangères vont, elles aussi, payer plus. »

Les autres flottes étrangères viennent principalement de la Chine, du Japon, de la Corée du Sud, d'Espagne, et d'Amérique du Nord et du Sud.

https://secure.avaaz.org/fr/ocean_of_hope_loc/



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