mercredi 31 octobre 2012

Aquaculture : Parlons de caca

Après le caca d’huître du Canard Enchainé, Le Monde Diplomatique sort ce mois-ci un article « Caca » sur l’aquaculture : « Fausse solution de l’aquaculture. »


Comment les conchyliculteurs et les pisciculteurs peuvent-ils défendre leurs projets en toute sérénité si les arguments des opposants, même les plus fantaisistes, sont retranscrits à la lettre près par des journalistes sous influence ?...

Actuellement, tous les programmes de développement conchylicole (huître et moule) sont bloqués en France. Filières à huîtres de l’Anse de la Malconche à Oléron, Filières de moules de Cancale/Saint Coulomb, Bouchot de la baie de la Vilaine,...

Dans son article du Monde Diplomatique, Jean-Sébastien Mora prend un raccourci qui le mène tout droit à une impasse : Résumer l'aquaculture aux seuls élevages de poissons carnivores (qui représentent à peine 10% de la production aquacole mondiale). Jean-Sébastien Mora s’appuie sur les thèses de Stéphan Beaucher, ancien de GreenPeace et porte-parole de la coalition Ocean 2012. Stéphan Beaucher stigmatise l’aquaculture en s’appuyant sur la pisciculture d’espèces carnivores notamment l’élevage de saumon. Le refrain est bien connu : « Le développement rapide de l’aquaculture de poissons carnivores a accru la pression sur les stocks halieutiques dans des proportions inquiétantes. Il faut en moyenne entre 2,5 et 4 kg de poissons sauvages pour la fabrication d’1 kg de poissons d’élevage. La farine et l’huile destinées à l’alimentation proviennent d’une activité halieutique destructrice mais qui ne fait jamais la « une » des médias : la pêche minotière. Avec 30 millions de tonnes de poissons, elle représente près d’un tiers des captures mondiales, alors qu’elle ne concerne qu’une poignée d’espèces jugées moins nobles sur le marché : le capelan, le hareng, le chinchard, la sardine, la sardinelle, l’anchois du Pérou, etc. »

Or, l'importance des élevages de salmonidés tend à diminuer dans le monde. Dans son dernier rapport « Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture 2012 », la FAO nous explique que globalement : « La part des poissons diadromes, notamment les truites arc-en-ciel et autres salmonidés (NDLR saumon atlantique,...), les anguilles et les esturgeons, a fortement reculé, passant de 6,3% en 1990 à 2,5% en 2010. »

Aussi arrêtons de stigmatiser l’aquaculture en France et en Europe. Et prenons le train en marche du développement piscicole, conchylicole, de l'algoculture.... Sans quoi l’Europe continuera à piller les mers du monde pour satisfaire ses besoins en poissons, coquillages et crustacés toujours plus importants...

Parlons enfin du bon caca !

Dans son ensemble, l'aquaculture n'est pas une fausse solution... C'est une activité complémentaire à la pêche comme dans le cas des opérations de repeuplement (exemple de la coquille saint-jacques en baie de Granville et rade de Brest). C'est surtout une alternative à la pêche comme la conchyliculture, l'algoculture, la pisciculture en étangs...en bassins dans lesquels les asiatiques versent le caca des porcs et des volailles, et où ils font directement caca (vu non pas à la télé mais sur le terrain en Indonésie)... Pour conclure, n'oublions pas le caca des poissons qui fertilise les rizières dans le cadre de la rizi-pisciculture...

En finir avec ce type d'articles qui enfoncent toujours plus notre pays dans les Abysses de l'aquaculture mondiale (voir ci-dessous le classement des principaux pays aquacoles en Europe et dans le monde). En France, la production aquacole plafonne depuis une trentaine d'années entre 220.000 et 250.000 tonnes, alors que l'aquaculture mondiale a triplé son volume pendant la même période. Avec son tilapia, l'Egypte fait maintenant partie des leaders mondiaux avec près d'1 million de tonnes....

Halte au caca d’huître !

Imaginez, face à 7 kms de plage de sable fin, dans une eau limpide, des millions d’huîtres recrachant chaque jour des tonnes d’excréments. Les huîtres, en effet, filtrent l’eau en permanence, retiennent le phytoplancton, en extraient la matière nutritive, sur laquelle agissent des enzymes digestives, et tout ce qui n’est pas digéré est évacué sous forme de caca d’huître…

Le projet fait cauchemarder les habitants d’Oléron. Il consiste à suspendre en pleine mer, sur pas moins de 360 hectares, des cages remplies d’huîtres grâce à 50 kms de câbles maintenus à flot par 15 000 bouées, le tout arrimé au fond avec un millier de blocs de béton, pesant chacun entre 2,5 et 4 tonnes. On appelle ça des « lanternes japonaises ». En avril 2011, à peine arrivée, la nouvelle préfète, Béatrice Abolivier, a donné son accord au début des travaux, qui doivent durer un an.

Du coup, 2 500 Oléronais ont déjà signé une pétition contre ce qu’ils appellent l’ « usine à huîtres », une association de défense a été créée pour l’occasion, et deux maires du coin ont dégainé des recours contre l’arrêté préfectoral. En s’appuyant sur des docs de l’Ifremer, l’Aplimap, qui regroupe les opposants, a calculé que les huîtres pourraient rejeter chaque jour 600 à 800 tonnes d’excréments ! Suite Ici

Fausse solution de l’aquaculture

L’idée de remplacer le poisson sauvage par du poisson d’élevage se heurte à des réalités incontournables, mettant en péril les écosystèmes marins à grande échelle.

« Il faut une volonté politique claire de développer une aquaculture durable et compétitive, afin de faire face à la concurrence des pays tiers. » Cette remarque répétée d’Alain Cadec, vice-président de la commission de la pêche, révèle le vrai visage de la production en captivité, celui de la conquête des marchés. Dans le secteur de l’agroalimentaire, c’est l’aquaculture qui dynamise le plus les échanges internationaux, avec des taux de croissance annuelle en matière d’exportations dépassant 50 % pour certaines espèces. En dépit d’une série d’annonces, le souhait d’une production d’élevage compatible avec la préservation de l’environnement ne se manifeste plus vraiment dans les propositions de la commission pour une réforme de la Politique commune de la pêche (PCP), ni dans l’organisation commune des marchés (OCM) des produits de la pêche et de l’aquaculture. Car l’idée de « remplacer » le poisson sauvage par du poisson d’élevage ne résiste pas à la plus petite analyse écologique.

Il est tout d’abord peu probable que l’aquaculture se substitue un jour à la production naturelle des écosystèmes marins. « Ceux qui la promeuvent oublient de rappeler que les poissons d’élevage sont nourris à partir de poissons sauvages. », alertait déjà en 2001 la revue Nature..... Suite Monde Diplomatique

Autres articles :

Illustration dans IRIN : Le Poo d'or est une façon amusante et vivante pour attirer l'attention sur le sujet qui tue la plupart des enfants dans le monde d'aujourd'hui © London School of Hygiene and Tropical Medicine

Pour aller plus loin

Le 16 août 2013

Et maintenant parlons plus précisément de Caca de porc....

Poisson d'élevage chinois : enquête sur les risques sanitaires

La Chine assure la moitié de la production mondiale de tilapia, le troisième poisson le plus populaire de la planète.

Source : L'Express par Harold Thibault - publié le 14/08/2013 

Un article à boire et à manger... Notamment après avoir lu cette partie sur le Caca de porc :


Li Jie a créé une porcherie, de sorte que les excréments de ses cochons sont déversés dans le bassin des poissons

Quant à Li Jie, l'éleveur, il rogne sur les frais de nourriture des poissons : à proximité de ses bassins, il a créé une porcherie, de sorte que les excréments de ses cochons sont déversés dans le bassin des tilapias, même s'il prend soin de préciser qu'il ne s'agit là que d'une portion de leur régime alimentaire...

Question à l'auteur de l'article : Li Jie pratique l'agro-pisciculture ? Association d'un élevage terrestre (porc, volaille,..) avec la pisciculture (traditionnellement la carpe) ? Technique ancestrale décrite par Fan Li dans le premier livre sur la pisciculture chinoise il y a plus de 3000 ans !

Leur production se retrouve au rayon des surgelés européens ou américains. Mais, dans nombre de fermes piscicoles, les normes sanitaires sont moins respectées que celles du rendement... Plongée dans un monde opaque qui n'hésite pas à frauder.

D'emblée, Steven avait prévenu son prétendu client : son usine n'a pas reçu la licence CIQ, du nom de l'Administration chinoise du contrôle de la qualité, de l'inspection et de la quarantaine. En principe obligatoire, ce certificat représente la garantie par les services de l'hygiène de Pékin qu'un producteur respecte bien les normes en vigueur pour l'exportation vers l'Union européenne. L'entreprise Hi-Taste ("goût exquis") n'a jamais obtenu le sésame. Qu'à cela ne tienne...

"Franchement, assure Steven, il ne faut pas s'inquiéter pour ça." Il suffira d'utiliser les documents d'une autre usine dont il connaît bien le gérant : "Nous vendrons sous leur nom, explique Steven. Au début, je sais, cela étonne. Mais tous les clients finissent par comprendre." Si l'opération tourne mal et que les douanes du port européen détectent un produit chimique illégal, par exemple, il suffira de montrer aux agents les papiers de l'usine prête-nom.

Le manager de Hi-Taste a déjà eu recours à cette combine pour expédier des conteneurs vers l'Espagne. Ce que confirme volontiers Simon, l'un des patrons de Kelong, l'usine complaisante que Steven se propose de solliciter en échange d'une commission : ce mode opératoire a aussi été utilisé il y a quelques mois par une entreprise française, assure-t-il. Mais il refuse de donner son nom.

Une fois précisée cette formalité à propos de laquelle "il n'y a vraiment pas à s'en faire", Steven, assis dans son bureau orné d'un portrait de Mao, prodigue ses conseils en affaires. A son avis, puisque l'économie marque le pas en France, le plus judicieux serait de se lancer dans le trading vers l'Afrique. C'est en direction de ce continent que partent les filets de poisson les moins beaux, parfois cassés ou un peu marron. "C'est plus simple, ajoute Steven. En Afrique, personne ne contrôle."

Dans le sud-est de la Chine, dans la très industrielle province du Guangdong, la ville de Zhanjiang est désormais la capitale planétaire de deux marchés mondialisés - la crevette et un poisson, le tilapia. Ici, les producteurs proposent des filets de toutes tailles, avec tous les niveaux de glaçage d'eau possibles : une fine couche d'eau glacée entoure les filets achetés au rayon surgelé afin d'éviter que le froid ne brûle le produit. Selon les demandes des marques, 10, 20 ou 30 % du poids total du filet peut donc être de l'eau glacée. En fonction des exigences des douaniers de chacun des pays du monde et selon les besoins des négociants, toutes les pratiques ont cours. Qu'elles soient légales ou non.

L'espèce se reproduit sans peine

Ici, à Zhanjiang, les industriels de la filière piscicole se sont pris d'amour pour un poisson en particulier, le tilapia. En octobre 2010, une spécialiste de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture constatait dans une note de recherche que la production mondiale de ce poisson avait explosé depuis deux décennies, passant de 830 000 tonnes en 1990 à 1,6 million en 1999 et à 3,5 millions en 2008, avant d'enregistrer une légère décélération. La République populaire demeure de très loin le premier fournisseur de la planète et ses fermes d'élevage assurent à elles seules la moitié de la production mondiale. Une part d'autant plus remarquable que le tilapia, originaire d'Afrique, n'a été introduit qu'en 1978 en Chine, dans la province centrale du Hubei.

Depuis, la hausse de la demande internationale a poussé les fermiers du Guangdong à franchir le pas. Car le tilapia a toutes les qualités : il grandit vite, tombe peu malade, se reproduit sans peine, offre de forts rendements. Le tilapia est devenu le troisième poisson d'élevage le plus populaire de la planète, après la carpe et le saumon. On le trouve en filets dans tous les supermarchés d'Amérique du Nord et d'Europe, lorsqu'il n'est pas utilisé comme matière première dans les plats surgelés. Bref, tout le monde apprécie ce poisson d'eau douce... sauf, précisément, les habitants de la région qui s'étend de Zhanjiang à Maoming, dans le Sud-Est chinois, d'où ont surgi des dizaines d'usines et un nombre incalculable de petits éleveurs. La raison en est simple : dans ce secteur proche de la mer de Chine méridionale, les habitants trouvent que cette espèce d'eau douce, qu'ils élèvent, n'a pas de goût.

"Le poisson d'eau de mer a bien plus de saveur", affirme Li Jie, l'air amusé, un producteur dont les bassins sont situés à proximité de la zone urbaine de Zhanjiang. Son élevage de tilapias rapporte entre 2000 et 3000 yuans par mois (entre 250 et 370 euros) à ce père de trois enfants - tout juste de quoi couvrir les besoins essentiels de la famille, mais pas assez pour vivre dans l'aisance. Voilà pourquoi, sans doute, près de 30 % des éleveurs piscicoles des environs de Zhanjiang ont changé d'activité ces deux à trois dernières années. "Certains parlent des aléas de la météo, explique Li Jie.

Mais la raison principale est ailleurs : les usines nous achètent le poisson à un prix trop faible. Les patrons nous disent qu'ils n'ont pas le choix s'ils veulent conserver leurs clients à l'export." C'est ça aussi, la mondialisation. La moitié de la production mondiale de tilapia est basée en Chine, car les producteurs de ce pays ont accepté de rogner sur les prix.

A la pression sur les marges s'ajoute le manque de formation des patrons de petites fermes piscicoles. Li Jie le reconnaît : "La plupart ont une faible connaissance de la science de l'élevage, ils ne savent pas qu'il faut davantage oxygéner l'eau l'été, par exemple. Personne ne les conseille, alors les pertes grimpent." Dans le même temps, les prix des granulés d'alimentation pour ses tilapias n'en finissent pas d'augmenter : ils atteignent l'équivalent de 14 à 16 euros les 25 kilos selon la qualité. Au cours de la dernière année, explique Li Jie, la nourriture des poissons a coûté environ 21000 euros, auxquels s'ajoutent les salaires et la location du terrain. "Les affaires ne sont pas bonnes", dit-il.

Nombre d'usines et de petites fermes piscicoles de Zhanjiang abandonnent, mais d'autres ont ouvert ailleurs, notamment sur l'île voisine de Hainan, moins développée. Là-bas, explique Lau Jamark, un commercial de Joinwealth, la licence CIQ, destinée à rassurer les douaniers européens, s'obtient en vingt-cinq jours. Il faut patienter une quarantaine de jours pour obtenir une certification dans la région de Zhanjiang.

Un futur tilapia plus performant...

Le gouvernement chinois est sensible aux difficultés des éleveurs, qui se plaignent d'être écrasés par le marché. Dans la province du Guangxi, une "équipe d'innovation pour le tilapia", financée par l'Etat, aurait créé une nouvelle espèce, le "Baigui no 1", capable d'atteindre un bon poids - et un prix correct - en deux mois à peine.

En attendant la commercialisation de ce prodige, les producteurs subissent les pressions économiques de leurs clients, occidentaux en particulier. L'usine Joinwealth a parfois travaillé avec la Fishin' Company, fournisseur de Walmart, la chaîne américaine de supermarchés discount, mais ses patrons ont dû attendre trois mois, après l'envoi de la commande, pour être enfin payés. Cette entreprise, basée à Seattle, a même essayé de convaincre son fournisseur de récupérer une partie de sa commande déjà livrée outre-Pacifique, après avoir constaté un trop-plein de ses stocks, ce qui ne facilite pas la tâche pour les usines chinoises.

Cette pression incessante sur les prix a un impact sur la qualité. Certains éleveurs sont tentés de donner davantage d'antibiotiques aux poissons, car ils craignent de gagner trop peu. Steven, le manager de Hi-Taste, explique que les petits exploitants de fermes piscicoles sont très malins dans ce domaine : "Si on leur donne une nouvelle liste de produits chimiques interdits sur les marchés à l'export, ils vont immédiatement utiliser autre chose."

Li Jie a créé une porcherie, de sorte que les excréments de ses cochons sont déversés dans le bassin des poissons

Quant à Li Jie, l'éleveur, il rogne sur les frais de nourriture des poissons : à proximité de ses bassins, il a créé une porcherie, de sorte que les excréments de ses cochons sont déversés dans le bassin des tilapias, même s'il prend soin de préciser qu'il ne s'agit là que d'une portion de leur régime alimentaire. Agé de 31 ans, dont sept dans le métier, l'éleveur ignore dans quels pays partent ses poissons une fois coupés en filets et surgelés. De fait, la traçabilité est inexistante jusqu'au bassin d'élevage : un intermédiaire vient simplement relever la production de son bassin, la paie au prix du marché, puis la livre aux usines de la région, qui se chargent de l'expédition sans distinguer entre les éleveurs.

A l'usine Kelong, Simon s'appuie sur un réseau d'une vingtaine de producteurs environ, dont il assure qu'ils ont tous fait l'objet d'une inspection des services de l'hygiène chinois, mais l'irrégularité des commandes est telle qu'il se fournit parfois ailleurs. Si l'un de ses gros clients, tel Beaver Street Fisheries, un fournisseur de Walmart, lui passe une commande de 10 à 15 conteneurs, à honorer en quelques semaines, il est bien obligé de se procurer la marchandise dans d'autres fermes, qui n'ont pas les licences requises. Kelong travaille aussi pour Froconsur, un agent néerlandais qui vend par conteneurs à des clients européens.

Les normes de l'UE divergent parfois de celles du marché américain. Le traitement au monoxyde de carbone, par exemple, est interdit dans l'Union européenne... mais presque systématiquement exigé par les distributeurs américains. Ce procédé permet au filet de tilapia de conserver longtemps sa couleur initiale ; il en améliore l'aspect extérieur, mais réduit d'autant l'alerte naturelle que constitue, pour le consommateur, le changement de teinte d'un filet de poisson au réfrigérateur.

A l'usine Go-Harvest, la directrice commerciale, Lucy Zhong, explique qu'elle tient à sa licence d'exportation vers l'UE, obtenue au prix d'investissements et d'efforts sur le plan de l'hygiène considérables : "Certains de mes concurrents acceptent d'appliquer un traitement au monoxyde de carbone sans le marquer sur le papier, mais, si le conteneur est inspecté à l'arrivée sur le marché européen et que vos douaniers s'aperçoivent de quelque chose, ce sera déclaré à la Chine et je peux perdre ma licence CIQ. C'est un risque que je ne veux pas prendre." Tout au plus reconnaît-elle que les poissons sont plongés dans une eau à laquelle est ajouté un anesthésiant chimique durant le transport entre les fermes et l'usine. Un procédé habituel qui permet d'éviter que les poissons, entassés en grandes quantités durant le transit, ne se tuent ou n'aient la peau abîmée.

Un truc pour franchir la douane

Les normes européennes amusent beaucoup Steven. Dans son bureau de l'usine Hi-Taste, il prend à témoin le visiteur : "Pour obtenir la fameuse licence, il faudrait que le lieu de production soit à plus de 50 mètres des dortoirs des ouvriers. Totalement irréaliste !" Ici aussi, un carton de la Fishin' Company, posé sur la table, confirme qu'une bonne partie de la production finira dans les supermarchés Walmart. A la fin de la conversation, alors qu'il fait découvrir son usine, Steven précise qu'il n'est pas nécessaire de changer ses chaussures car les employés sont en pause déjeuner.

D'ailleurs, un rinçage à l'eau est effectué chaque jour. La demande de tilapia est telle qu'il va ouvrir une deuxième ligne de production, explique-t-il. Les machines sont déjà en place. Liaquath Ali Khan, un ressortissant indien, sert d'intermédiaire avec les grands distributeurs. Ses deux principaux clients sont Walmart et Aldi, confie cet homme originaire d'Hyderabad, qui se targue d'avoir développé un truc pour franchir la douane aux Etats-Unis : les sept premiers conteneurs feront l'objet d'une inspection rigoureuse, mais, s'ils parviennent à passer, le contenu des 10 à 15 suivants ne sera sans doute pas analysé. Le tour est joué.

"Ce sont des problèmes de gouvernements", renchérit Steven. Son objectif est de les surmonter afin de résoudre une équation plus fondamentale : produire à un prix satisfaisant pour le client étranger. D'ailleurs, les bassins de taille réglementaire, dont dispose son entreprise, sont uniquement destinés à satisfaire les exigences des inspecteurs : "95 % du poisson vient des fermes et, à vrai dire, les fermiers sont au-delà de notre contrôle."

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Le Monde en met une autre couche...

Regardez bien ces deux producteurs industriels de coquillages !!!

D'après un article du quotidien Le Monde "L'île d'Oléron boude les huîtres industrielles", l'huître élevée sur des filières serait une huître industrielle !!!

Il faut ne pas être sorti de l'île d'Oléron pour associer la technique d'élevage en filière à une production industrielle...

C'est au japon où l'élevage de coquillages sur filière s'est développé à une très grande échelle dès les années 1970. Face à la diminution des stocks de pétoncle, les pêcheurs japonais ont été les premiers à adopter la conchyliculture sur filière (avec l'utilisation des lanternes japonaises)...

Comparée au projet ostréicole de la Malconche d'un potentiel de 5000 tonnes d'huîtres sur 400 ha, la pectiniculture japonaise se situe à un tout autre niveau : des dizaines de milliers de tonnes sur des milliers d'ha.  Pourtant, l'élevage de pétoncle japonais ne relève pas d'une activité de type industriel. 

Au Nord du Japon, les pêcheurs-conchyliculteurs produisent plus de 100.000 tonnes de pétoncles chaque année dans la baie de Mutsu. La pectiniculture est pratiquée dans un cadre familial au sein de coopérative de pêche (à l'image de ce couple qui relève ses lanternes japonaises de pétoncle)


L'île d'Oléron boude les huîtres industrielles

Source : LE MONDE | 29.12.2012 à 10h27 • Mis à jour le 31.12.2012 Par Laurence Girard - Ile d'Oléron (Charente-Maritime), envoyée spéciale

mardi 30 octobre 2012

L’accaparement des mers menace les pêcheries artisanales et les communautés de pêcheurs...

« L’accaparement des mers est une menace aussi sérieuse que l’accaparement des terres, » a déclaré Olivier De Schutter, Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation.

Accaparement des mers = Privatisation des stocks de poisson + Extraction des granulats marins + Tourisme et nautisme de masse + Parc éolien offshore + Aires marines protégées + Aquaculture industrielle + Destruction des habitats côtiers + Pollutions agricoles, industrielles et urbaines....

Le Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter, met en garde contre la menace que l’accaparement des mers fait planer sur la sécurité alimentaire, et recommande vivement aux gouvernements du monde entier et aux organes internationaux de mettre le holà à l’épuisement des stocks halieutiques, et de prendre des mesures urgentes afin de protéger, de soutenir et de partager les bénéfices retirés des pêches et des environnements marins.

« L’accaparement des mers – sous la forme d’accords d’accès déséquilibrés qui nuisent aux pêcheurs artisanaux, de prises non signalées, d’incursions en eaux protégées et de détournement des ressources au détriment des populations locales – peut s’avérer une menace aussi sérieuse que l’accaparement des terres, » a déclaré M. De Schutter au moment de dévoiler un nouveau rapport sur la pêche et le droit à l’alimentation.

« Sans une action rapide pour sauver les eaux de pratiques intenables, les pêches ne pourront plus jouer leur rôle capital dans la garantie du droit à l’alimentation de millions de personnes, » a annoncé l’expert, avant de remarquer que « les systèmes agricoles étant soumis à une pression croissante, bon nombre de personnes se tournent aujourd’hui vers les rivières, les lacs et les océans pour se procurer une part grandissante de nos protéines alimentaires. »


Les estimations relatives aux prises illégales font état de 10 à 28 millions de tonnes, tandis que quelque 7,3 millions de tonnes – 10% des prises mondiales – sont rejetées chaque année. « Il est évident qu’à mesure que le poisson se fait plus rare, les navires de pêche sont tentés de contourner les règles et les stratégies de conservation, » a ajouté le Rapporteur spécial.

Bon nombre des eaux du monde sont pêchées par des flottes de pêche lointaine, a fait remarquer M. De Schutter, appelant à une révision urgente des Accords de Licence et d’Accès (ALA) qui régissent leurs activités. Il a appelé à ce que les ALA incluent des mécanismes de contrôle plus stricts afin de parer aux prises illégales et non signalées ; qu’ils tiennent pleinement compte du rôle des pêches et des pêcheurs artisanaux dans la satisfaction des besoins alimentaires locaux ; qu’ils renforcent les droits des travailleurs sur les navires de pêche ; et qu’ils soient exclusivement conclus sur la base des évaluations de l’impact sur les droits de l’homme, qui doivent être préparées avec l’aide des États du pavillon.

L’expert de l’ONU a demandé aux gouvernements de repenser les modèles de pêches qu’ils soutiennent, en soulignant que les pêcheurs artisanaux pêchent en fait plus de poissons par gallon de carburant que les flottes industrielles, et rejettent moins de poissons. « La pêche industrielle dans les eaux très étendues peut sembler la bonne option économique, mais seulement parce que les flottes peuvent empocher d’importantes subventions tout en en extériorisant les coûts de la surpêche et de la dégradation des ressources. Ce sont les générations futures qui paieront le prix quand les océans seront vides, » a-t-il déclaré.

Le principal défi, a indiqué M. De Schutter, est d’assurer la coexistence entre la pêche industrielle et les droits des pêcheurs artisanaux et des communautés côtières – pour qui même une pêche occasionnelle peut s’avérer un filet de sécurité capital en temps de crise. Il avance donc les cinq recommandations suivantes : 
  1. Créer des zones de pêche exclusivement artisanales pour les petits pêcheurs et instaurer des mesures répressives contre les incursions des flottes industrielles ; 
  2. Soutenir les coopératives de pêcheurs artisanaux et les aider à s’élever dans la chaîne de valeur ;
  3. Mettre en place des plans de cogestion afin de gérer localement les ressources halieutiques ; 
  4. S’abstenir d’entreprendre des projets de développement à grande échelle, comme l’extraction de sable, qui ont un impact défavorable sur les moyens de subsistance des pêcheurs artisanaux ; et 
  5. Intégrer à part entière les pêches et les pêcheurs artisanaux dans le droit national aux stratégies alimentaires. 
L’expert indépendant a attiré l’attention sur des exemples positifs, comme la décision d’accorder des droits d’usage communautaires aux pêcheurs artisanaux sur le plus grand lac d’eau douce en Asie du Sud-Est (Tonlé Sap, Cambodge), et la décision d’interdire la pêche thonière industrielle en faveur des pêcheurs ‘à la canne’ locaux dans les Maldives.

« Il est possible et nécessaire de sauver ces ressources de la surexploitation et d’en faire profiter les communautés locales, » a souligné le Rapporteur spécial. Source : Olivier De Schutter

lundi 29 octobre 2012

Images chocs de la surpêche : Fallait-il les diffuser ?



 Les ONG Environnementales avaient annoncé une mer sans poisson en 2048...

Elles se sont trompées, la mer est déjà vide dans les eaux britanniques !!!

Pour ne pas tomber dans le panneau, cliquer : The Net (Cefas)

Autres articles :

Photographies Defra / Cefas

Pour aller plus loin...

Effondrement des stocks de morue Atlantique au large des côtes Est de l’île de Terre-Neuve en 1992

Cet effondrement a forcé à l’arrêt de la pêche après des centaines d'années d'exploitation. Jusque dans les dernières années de la décennie 50, la pêche était pratiquée par des flottes saisonnières migratoires et de petits pêcheurs résidents de l’île.

Depuis la fin des années 50, des chalutiers des eaux profondes commencèrent à exploiter la ressource dans sa partie profonde, occasionnant une augmentation drastique des prises et un déclin rapide de la biomasse qui les alimentait. Les quotas fixés sur le plan international au début des années 70 d’une part, et des systèmes de quota nationaux faisant suite à la déclaration par Canada de l’érection d’une  zone de pêche exclusive en 1977 d’autre part, échouèrent dans leur tentative d’arrêter et d’inverser le déclin. Les stocks se sont effondrés, atteignant des niveaux extrêmement bas vers la fin des années 80 et le début des années 90, et un moratoire relatif à la pêche commerciale fut déclaré en juin de 1992. Une petite pêche côtière commerciale fut réintroduite en 1998, mais les taux de capture déclinèrent et la pêche fut fermée définitivement en 2003.

Source : Rapport de synthèse de l’Évaluation des Écosystèmes pour le Millénaire (version provisoire finale  -  gelée jusqu’au 30 Mars 2005)

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Le 21 mars 2013

"Gestion des pêches maritimes : l'avis scientifique dans la tempête"

Conférence

"Pêches maritimes : l'avis scientifique dans la tempête"

Espace des sciences du Pays de Morlaix

Chambre de commerce et d'industrie de Morlaix

Vendredi 22 mars 2013

"Gestion des pêches maritimes : l’avis scientifique dans la tempête" par Didier Gascuel, écologue marin, Agrocampus Ouest, membre du conseil scientifique des pêches de l’Union Européenne Vendredi 22 mars 2013 à 20h à la Chambre de Commerces et d’Industrie de Morlaix.

Partout dans le monde et singulièrement en Europe, la pêche a modifié en profondeur le fonctionnement des écosystèmes marins.

A l’expansion vertigineuse des moyens de capture intervenue depuis un siècle ont répondu la quasi-disparition des espèces nobles, la raréfaction de nombreuses ressources, la baisse de la biodiversité et l’instabilité croissante des écosystèmes productifs.

D’autres impacts aggravants se sont rajoutés à cette surexploitation. La mer est malade et les premières victimes en sont les hommes eux-mêmes. Nul besoin d’attendre ici les générations futures : les pêcheurs d’aujourd’hui paient déjà très cher les erreurs d’hier et celles que nous continuons à commettre.

Dès lors, assurer un avenir aux pêches maritimes suppose une remise en cause très profonde des objectifs et des modes de gestion. Les scientifiques, qui établissent des diagnostics (généralement assez sombres) et essaient d’identifier ou d’analyser des solutions (souvent douloureuses), sont au coeur de la tourmente. La conférence montrera les enjeux et perspectives des changements, notamment dans le cadre de la réforme de la politique commune des pêches et précisera le rôle que peuvent y jouer les scientifiques.

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Morlaix : L'avenir de la pêche maritime à l'honneur 

Source : Ouest France
Trois questions à...Didier Gascuel, professeur en écologie halieutique et directeur du Pôle halieutique Agrocampus Ouest

Quel est l'objectif de cette conférence ?
Après avoir expliqué ce que les scientifiques savent de l'impact de la pêche maritime, j'aimerais insister sur le rôle que la recherche peut jouer pour changer les choses. La pêche a une importance cruciale en Europe, en France, et plus localement en Bretagne. Elle est aujourd'hui confrontée à plusieurs problèmes, que ce soit l'augmentation du prix du carburant, ou bien le phénomène de mondialisation, qui la met en concurrence directe avec les filières chinoise et chilienne notamment. Mais je reste persuadé que pour assurer un avenir à la pêche maritime, il faut avant tout restaurer le capital écologique.

Quel est le public visé ?
C'est une conférence tout public. Elle s'adresse avant tout aux personnes curieuses des questions de sciences bien sûr, mais aussi plus largement à tous les amoureux de la mer. Le but n'est pas d'assommer les gens de termes scientifiques, mais bien de s'attarder sur la question de développement durable qui entoure le sujet. Et dans ce domaine, on est plutôt en avance puisqu'en ce qui concerne la pêche, nul besoin d'attendre les générations futures : les pêcheurs d'aujourd'hui paient déjà très cher les erreurs d'hier.

À titre personnel, êtes-vous plutôt optimiste ou pessimiste sur la question ?
J'ai beaucoup évolué et je suis désormais résolument optimiste. Des changements radicaux sont nécessaires, mais il existe un avenir pour la pêche. Des solutions sont actuellement testées par les scientifiques. Les espoirs sont encore fragiles, mais il faut maintenant que des mesures réelles soient prises.

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Le 21 Mai 2014

USA. Avec la fin de la surpêche, les stocks ne sont plus surpêchés, mais épuisés ou réduits...


En 2011, un éminent spécialiste étatsunien a annoncé la fin de la surpêche dans les eaux de son pays. On comprendra qu'un parlementaire veut maintenant remplacer « overfished » (surpêché) par « depleted » (épuisé, réduit). Derrière la bataille des mots se joue en fait la révision de l’approche scientifique et politique de la gestion des pêches. L’utilisation du terme surpêché pour qualifier un stock en mauvais état induit une explication unique et la responsabilité des pêcheurs dans la situation. Elle implique donc des mesures de contraintes seulement pour les pêcheurs. Mais dans les faits, un stock en mauvais état peut être lié à des modifications environnementales, une variabilité naturelle, un accroissement de la prédation naturelle, une pollution. Il ne s’agit pas de nier la surpêche mais de rechercher la multiplicité des causes possibles, ce qui implique des mesures bien plus complexes qui ne concernent plus seulement les pêcheurs.

Pour la première fois la fin de la surpêche aux Etats-Unis

Source : BE USA (2012)

Un éminent scientifique en halieutique a déclaré en début d'année la fin officielle de la surpêche dans les eaux américaines. Steve Murawski, qui occupait jusqu'à récemment le poste de directeur des programmes scientifiques au sein du département de la pêche de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), affirme que plus aucune espèce de poisson vivant dans les eaux territoriales américaines n'est surexploitée cette année, contre 37 espèces l'année dernière. D'après lui, il s'agit d'une première depuis 1900, date à laquelle remontent les archives. "Jusqu'à preuve du contraire, nous sommes revenus à des niveaux acceptables, il s'agit d'une étape [importante]," déclare Murawski.

La surpêche ne permet pas aux stocks de se reconstituer et de rester sains. L'espèce surexploitée voit le nombre de ses représentants diminuer jusqu'à son éventuelle disparition. Mettre un terme à la surpêche ne signifie cependant pas que tous les stocks de poisson soient sains, mais les scientifiques pensent qu'il s'agit d'une condition primordiale pour y parvenir. D'après Murawski, une règle d'or en matière de gestion des ressources halieutiques dit qu'une espèce est bien plus abondante lorsqu'elle est pêchée à un niveau adéquat. Ce niveau est évalué en prenant en compte plusieurs facteurs, tel que le cycle de vie d'une espèce, le rythme de reproduction ou le taux de mortalité au sein d'un environnement.

La loi établissant les quotas de pêche aux Etats-Unis, nommée Magnuson-Stevens Act [1], existe depuis 1976 ; cependant, c'est la loi de réattribution des crédits, signée en 2007 par le président Bush, qui ajoute une obligation de mettre un terme à la surpêche à la fin de la saison de pêche 2010 - laquelle se termine en 2011, à des dates différentes selon les régions. Murawski affirme que les Etats-Unis sont le seul pays au monde qui dispose d'une loi définissant la surpêche et exigeant des pêcheurs d'y mettre un terme. "Si l'on compare les Etats-Unis avec l'Union Européenne [ou] avec les pays asiatiques, nous sommes le seul pays pêcheur industrialisé qui ait réussi à mettre un terme à la surpêche." déclare-t'il.

Ces bons résultats viennent après que la Nouvelle-Angleterre ait mis en place un nouveau système de gestion qui répartit les pêcheurs par secteurs, en leur attribuant un quota annuel de pêche pour les poissons de fond comme la morue, le haddock ou le flet. Si les pêcheurs dépassent la limite autorisée pour une espèce, ils n'ont plus le droit de pêcher les autres espèces. Murawski souligne que la mise en place d'un système qui introduit des quotas de pêche stricts a eu un réel impact. Les changements introduits par la Nouvelle-Angleterre ont d'autant plus d'effet que près d'un tiers des espèces précédemment surexploitées vivent au large de ses côtes.

Cependant, l'impact économique des restrictions de la pêche est discuté, et ne fait pas l'unanimité. Murawski avance que la fin de la surpêche aura pour résultat des bancs de poissons en meilleure santé et une reconstitution des stocks, et donc un bénéfice à terme pour la communauté des pêcheurs de Nouvelle-Angleterre. D'autres estiment qu'il s'agit d'un coup dur pour ces pêcheurs qui souffrent déjà - la flotte de pêche, qui comptait encore 1200 navires au milieu des années 1990 n'en compte plus que 580 aujourd'hui. Pour Brian Rothschild, professeur en science et technologie maritime à l'Université du Massachussets à Dartmouth, il s'agit d'une "victoire à la Pyrrhus", alors que les autorités auraient pu rendre la loi plus flexible afin d'autoriser plus de pêche sans pour autant mettre en danger les stocks. En refusant de le faire, elles auraient alors inutilement empêché les pêcheurs de profiter des bancs sains. " [Le nouveau système de gestion des quotas] m'a ruiné" déplore Dave Marciano, 45 ans, pêcheur pendant trois décennies au large de Gloucester (Massachussets). "On aurait pu mettre fin à la surpêche en ayant plus de considération pour l'aspect humain de la pêche."

Pour Peter Shelley, avocat conseil à la Conservation Law Foundation, un groupe environnemental, les problèmes de l'industrie poissonnière sont à chercher du côté des années de surpêche, en particulier au cours des années 1980, et pas du côté de la loi. "C'était une bulle. Les pêcheurs ont vécu dans un monde déconnecté de la réalité, et [la surpêche] n'est pas quelque chose de durable." déclare-t'il. "La fin de la surpêche est un événement majeur [...] Je pense que nous allons commencer à voir apparaître les signes d'un futur prometteur."

Pour en savoir plus : BE USA (2012)

Surpêché ou épuisé ? Petits mots, grands effets !


En Avril 2014, dans sa chronique de World Fishing, le scientifique israélien, Menakhem BenYami, un dissident de la science halieutique dominante se félicite de la bataille qui se déroule au Congrès des Etats-Unis sur le changement d’un mot dans le Magnuson Act, qui définit la politique de gestion des pêches du pays. Un parlementaire veut remplacer «overfished » (surpêché) par « depleted » (épuisé, réduit). Derrière la bataille des mots se joue en fait la révision de l’approche scientifique et politique de la gestion des pêches. L’utilisation du terme surpêché pour qualifier un stock en mauvais état induit une explication unique et la responsabilité des pêcheurs dans la situation. Elle implique donc des mesures de contraintes seulement pour les pêcheurs. Mais dans les faits, un stock en mauvais état peut être lié à des modifications environnementales, une variabilité naturelle, un accroissement de la prédation naturelle, une pollution. Il ne s’agit pas de nier la surpêche mais de rechercher la multiplicité des causes possibles, ce qui implique des mesures bien plus complexes qui ne concernent plus seulement les pêcheurs.

Au-delà de la gestion d’un stock particulier avec les approches classiques de RMD, de Tac et Quotas par espèces, il faut engager une approche scientifique de l’écosystème beaucoup plus complexe et prendre en compte les incertitudes, la variabilité naturelle dans le temps et l’espace, le rôle des éléments extérieurs à la pêche, celui du climat, etc… Pour Menakhem Ben-Yami, qui plaide depuis longtemps pour une révision radicale des approches classiques de gestion fondées sur les modèles mathématiques, aussi bien aux Etats-Unis (à la NOAA) qu’en Europe, au CIEM, les scientifiques ont pris conscience de la nécessité de modifier leurs approches. La politique de gestion basée sur la seule estimation de la mortalité par pêche mène à des impasses. Les ONGE ont concentré leurs critiques sur la surpêche et les responsabilités des pêcheurs, en minimisant les autres facteurs, pour imposer leur pouvoir, avec l’appui de Jane Lubchenco (issue d’une ONGE ultra-libérale, Environmental Defense Fund). Elles vont devoir changer de discours, si elles veulent continuer à prétendre s’appuyer sur les analyses des scientifiques. Menahkem Ben-Yami cite un récent rapport de la NOAA qui présente les principaux facteurs affectant l’habitat, dans l’ordre suivant :
  • Pollution et qualité des eaux,
  • Modification et dégradation des fleuves et routes migratoires,
  • Fragmentation et pertes des habitats estuariens et des eaux peu profondes,
  • Impact de la pêche sur les habitats,
  • Variabilité et changement climatique,
  • Espèces invasives et déchets en mer,
  • Le bruit et le trafic maritime.

Pour la NOAA, l’approche écosystémique et environnementale va donc bien au-delà de la pêche. Dans cette approche, les pêcheurs peuvent jouer un rôle positif de sentinelles de la mer pour surveiller au jour le jour l’évolution du milieu, en lien avec les scientifiques. Les ONGE peuvent jouer un rôle d’alerte sans prétendre mettre les pêcheurs sous leur tutelle.

Source : L'Encre de Mer par Alain Le Sann – Mai 2014

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samedi 27 octobre 2012

Dans la marine, les superstitions sont vivaces !

Dans la marine, les superstitions sont vivaces !

Portés disparus, les deux navires de Joseph Turner ont miraculeusement refait surface après des décennies...

Suite à la terrible tempête de 1805, personne ne pensait revoir ces si beaux voiliers de pêche...

Sur les quais, il se racontait alors, que Turner n’aurait jamais du mêler le curé à ces bateaux, lors de leur mise à l’eau, un jour de forte brise...

Les marins vous le diront, les curés portent la poisse....

Un grand tableau de Turner refait surface

Un tableau de Joseph Mallord William Turner, qu’on croyait perdu, a été retrouvé en Grande-Bretagne. Acheté aux enchères dans un club de golf pour 3 700 livres sterling, la toile a été effectivement peinte par le célèbre paysagiste anglais, disent les experts. Une conférence de presse sur ce sujet a été organisée à Londres le 26 septembre dernier.

D’étonnantes découvertes de tableaux inconnus, perdus ou oubliés des grands maîtres du passé, remontent à la surface ces derniers temps. A peine un mois vient de s’écouler après la découverte sensationnelle du tableau du peintre Pierre-Auguste Renoir, acheté pour quelques centimes sur le marché aux puces américain, que la nouvelle concernant une œuvre oubliée de Turner vient d'arriver d’Angleterre.

Il y a huit ans, le collecteur Jonathan Weal a acheté aux enchères une marine baptisée Fishing Boats in a Stiff Breeze (Bateaux de pêche sous une forte brise), peint au début du 19ème siècle. Le catalogue  mentionnait que l’auteur de ce tableau serait Turner, mais les habitués des ventes aux enchères savent que ce genre de remarques est publié assez souvent, sans que les informations soient véritablement vérifiées. C’est la manière des organisateurs des enchères d’attirer des acheteurs potentiels, car ces explications sont données à titre d’hypothèse. Rien d’étonnant donc que les acheteurs adoptent le principe du caveatemptor, ce qui signifie littéralement « que l’acheteur doit être vigilant ». Autrement dit, ayant vérifié la qualité du lot qu’il achète, la personne qui achète ne peut plus adresser aucune réclamation à la maison de vente aux enchères.

Jonathan Weal a décidé de prendre un risque après des enchères qui ont duré très longtemps (le prix de départ était de 700 livres), et il a pris la décision d’acquérir ce tableau. Après des consultations avec les principaux experts sur les œuvres de Turner, il s’est avéré que ce risque était totalement justifié. Il s’agit bien du tableau du paysagiste britannique. Ayant analysé la toile en détail, les experts ont rendu leur verdict : le tableau a été peint en 1806, en même temps que l’un des plus célèbres tableaux de Turner, The Battle of Trafalgar (La bataille de Trafalgar).

L’histoire du tableau a également pu être reconstituée. Joseph Turner aurait offert Fishing Boats in a Stiff Breeze à son ami, exécuteur testamentaire et prêtre Henry Scott Trimmer. Après la mort de Turner, le tableau a été vendu et est passé ensuite entre plusieurs mains avant de disparaître complétement du champ de vision des amateurs d’art.

On ignore pour l’instant si Weal vendra ce tableau ou le laissera dans sa collection personnelle. Les experts estiment que si le tableau est mis en vente aux enchères publiques, sa valeur pourrait atteindre 20 millions de livres sterling.

À ce jour, le record de prix parmi les tableaux de Turner revient au tableau Modern Rome – Camp Vaccino (1839), vendu en 2010 aux enchères de la maison Sotheby’s pour 29,7 millions de livres. T 


vendredi 26 octobre 2012

Poissons de Fukushima radioactifs... Pour longtemps....

Poissons de Fukushima radioactifs... Communautés de pêcheurs sinistrées pour des décennies....

Depuis la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, Regard sur la pêche et l'aquaculture (RPA) a régulièrement suivi l'évolution de la contamination radioactive des poissons sur la côte nord-est du Japon.

Le 20 juillet 2012, nous faisions le point sur cette pollution des produits aquatiques toujours contaminés aux césium 134 et 137, à un moment où les autorités japonaises commençaient à banaliser la radioactivité dans la vie quotidienne (illustration ci-contre tirée d'un document  du ministère japonais de l'alimentation) : Peut-on rire des radionucléides, après Hiroshima, Nagasaki et Fukushima ?

En effet, les données sur la radioactivité des poissons, crustacés, coquillages et algues, mises en ligne depuis 17 mois par le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche (MAFF) montraient que la situation ne revenait pas à la normale... Au contraire...

Une étude étatsunienne de l'Institut océanographique de Woods Hole (Massachussetts) publiée le 26 octobre 2012 dans la revue Science le confirme.... 

La contamination au césium toujours élevée pour les poissons

Le niveau de contamination radioactive demeure élevé chez les poissons au large de Fukushima, au Japon, plus d'un an et demi après l'accident de la centrale nucléaire, d'après un article publié dans la revue Science datée du 26 octobre.

Plus de 80% de la radioactivité émise par la centrale accidentée de Fukushima s'est retrouvée dans l'océan Pacifique, soit directement par écoulement des eaux contaminées soit indirectement en retombant au large, rappelle Ken Buesseler, auteur de l'étude et chimiste à l'Institut océanographique de Woods Hole (Massachussetts).

Une contamination inédite d'autant plus dramatique que le Japon est le plus gros consommateur de produits de la mer par habitant.

Pour la majorité des poissons pêchés près des côtes nord-est du Japon, la contamination est en-dessous des seuils acceptables pour la consommation humaine, même après abaissement de ces seuils par les autorités de 500 à 100 Becquerels par kilogramme (Bq/kg). Cependant, au large de la préfecture de Fukushima, où la pêche est encore interdite, près de la moitié des poissons dépassent les 100 Bq/kg.

La zone la plus impactée par les rejets radioactifs de la centrale de Fukushima s’étend tout de même sur près de 200 km de façade maritime, depuis la préfecture de Miyagi au Nord, jusqu’à celle d’Ibaraki au Sud...

C’est dans le port de pêche d’Ibaraki-Ibaraki à la limite de la préfecture de Fukushima, où les premiers poissons radioactifs, des lançons, ont été identifiés, une quinzaine de jours après la catastrophe du 11 mars 2011.

Face à la gravité d'une situation aussi inattendue, le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche allait fixer dans la grande précipitation une norme standard de radioactivité qui n'existait pas pour les produits de la pêche, un seuil de 500 Becquerels par kilogramme (Bq/kg) sur la base des légumes !.. Puis, les autorités japonaises mettait rapidement en place un dispositif de contrôle des produits aquatiques tout le long de la côte du Nord-Est du Japon, jusqu’à Hokkaïdo, ainsi qu'à l’intérieur des terres dans les étangs piscicoles.

Près de 9.000 échantillons de poissons, de crustacés, de coquillages et d'algues ont ainsi été analysés depuis mars 2011. Les résultats consultables sur le site du Ministère japonais de la Pêche, ont servi de base à l’étude de Ken Buesseler.

La radioactivité des poissons ne diminue pas

Ken Buesseler estime, sur la base de ces données, qu'environ 40% des poissons pêchés dans les environs de Fukushima ne sont pas consommables selon les normes établies par les autorités nippones.


Le scientifique souligne en outre que les niveaux de contamination par le césium-134 et le césium-137 dans presque toutes les espèces de poissons et crustacés ne diminuent pas - ce qui suggère que les sédiments contaminés sur le fond marin pourraient fournir une source continue.

Mais ces niveaux de radioactivité varient selon les espèces, ce qui complique la réglementation par les pouvoirs publics. Les poissons de fonds sont les plus touchés : cabillaud, colin d’Alaska, plie, congre, sébaste...

Pour Ken Buesseler, qui avait conduit en juin 2011 une mission internationale de recherche sur un navire afin d'étudier la dispersion des radionucléides provenant de Fukushima, il faudra faire plus qu'étudier les poissons pour prédire comment évolueront ces différents niveaux de contamination.

« Une meilleure connaissance des sources et des puits de césium est nécessaire pour prévoir les tendances à long terme de la contamination des produits de la mer, » estime le chercheur.

« Nous avons surtout besoin de mieux comprendre les sources de césium et d'autres radionucléides qui continuent à maintenir ces niveaux de radioactivité dans l'océan au large de Fukushima, » insiste-t-il.

Pour aider à atteindre cet objectif, le scientifique et son collègue Mitsuo Uematsu, de l'Université de Tokyo, organisent un symposium dans la capitale nippone les 12 et 13 novembre. Le but est de présenter les dernières estimations disponibles sur les émissions de radioactivité de la centrale Daiichi, ainsi que leur impact sur l'océan, la vie marine, les poissons et fruits de mer.

Philippe Favrelière (texte modifié le 28 octobre 2012)

Pour rappel : Le tsunami du 11 mars 2011 a coûté plus de 11,5 milliards d'euros au secteur de la pêche et de l'aquaculture selon les estimations du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche. Il faudrait y ajouter le coût des rejets radioactifs dans l'océan Pacifique ainsi que dans les étangs et les rivières... en liaison avec les interdictions de pêche....

Pour accéder au site Web de l'auteur de l'étude :  Fishing for Answers off Fukushima
Japan fisheries data provides a look at how the ocean is faring 18 months after the worst accidental release of radiation to the ocean in history
 

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    Le 20 janvier 2013

    La rascasse de Tepco habite les fonds marins

    Source : Gen4

    Photos : Rascasse super contaminé du nom vernaculaire murasoi (Sebastes pachycephalus) haut : Tepco et bas : Le Monde 

    Vous n’avez pas pu échapper à cette dépêche AFP qui reportait – une fois n’est pas coutume – vendredi 18 que Tepco avait péché “récemment” une rascasse radioactive fourrée de 254 KBq / kg de Césium radioactif.

    Ce poisson, un murasoi, appartient à la famille des sébastes et présente, tout comme nos rascasses méditerranéennes, la particularité d’habiter les zones rocheuses des fonds marins ; l’habitat spécifique du murasoi se situe plus précisément au niveau des fonds côtiers, donc de faible profondeur.

    Que représentent exactement 255 KBq / kg de radiocésium ?

    Ladite dépêche, fort concise, nous apprend que cette activité spécifique représente 2500 fois le seuil fixé par le gouvernement Japonais le 1er avril 2012 sans nous renseigner vraiment sur la dangerosité de consommer une telle prise.

    En avalant l’équivalent de 1 kilogramme de ce poisson la dose engagée équivalente s’élèverait à environ 4 mSv ; un pécheur dévorant régulièrement de tels mets en fricassée présenterait ainsi au bout d’un mois de consommation une dose engagée (donc à vie) estimée à 20 mSv, ce qui est loin d’être une affaire négligeable.

    Il est enfin nécessaire de savoir qu’il est très difficile de se “désintoxiquer” d’une contamination radioactive prolongée, surtout si elle est cachée et prolongée, et que les chiffres repris ci-dessus (les facteurs de doses) semblent représenter, pour certains, un moyen pratique de camoufler une partie des doses réellement engagées par les organismes soumis à une contamination radioactive.

    Le poisson a l’air OK ?

    En ne tenant pas compte de son aspect patibulaire habituel, ladite bestiole semble apparemment en bonne santé si on compare son allure générale par exemple avec les malheureux rats médiatisés récemment par le Professeur Séralini. En fait, il est nécessaire de savoir que les organismes simplifiés des poissons, sans réel système de protection immunitaire, ne développent généralement pas de grosseurs pouvant représenter l’indice évident d’un problème de croissance désordonnée de cellules anormales (cancer).

    En comparant un peu les photos de Tepco (en haut) et d’un murasoi sain (en bas), il est possible de noter que la zone des ouïes semble très décolorée et que la nageoire caudale semble divisée chez le spécimen péché par Tepco, indice d’un possible problème de dégradation de l’état de santé de l’animal.

    La parade à la diffusion biologique de la radioactivité : Des filets installés

    Pour éviter que les poissons hautement contaminés ne partent trop loin au risque d'être consommés par d'autres espèces ou pêchés, Tepco va installer de nouveaux filets alentour. Plusieurs restrictions ont frappé ou concernent encore des aliments de la préfecture de Fukushima et de province voisines, le gouvernement ayant durci l'an passé les normes légales.

    Le 21 août 2012, Tepco avait annoncé que des rascasses pêchées dans l'océan Pacifique à l'intérieur de la zone circulaire des 20 kilomètres autour de la centrale, fermée à toute activité humaine, présentaient un niveau de 25 800 becquerels de césium par kilogramme. Ce chiffre – 258 fois supérieur au seuil fixé par le gouvernement – était alors le plus élevé enregistré depuis le 11 mars 2011. Des niveaux comparables ont été relevés sur des lottes. (Dans Le Monde : Radioactivité record sur un poisson pêché près de Fukushima)
     
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    Le 7 mars 2013

    Les pêcheurs après Fukushima

    Comment vivre avec une pollution invisible, impalpable ? Deux ans après la catastrophe, Arte a posé l'œil de sa caméra sur les habitants de Fukushima, résistants ou abattus. Et signe l'un des deux documentaires d’une soirée spéciale : « Le monde après Fukushima, documentaire de Kenichi Watanabe - mardi 5 mars à 22h25 sur Arte. »

    Entre les témoignages des victimes, résistantes ou abattues, et les interventions des différents experts (sociologue, médecins…), ce documentaire souligne les failles multiples dans la gestion japonaise du nucléaire, des informations cachées aux risques minimisés. Il nous fait comprendre que nous sommes entrés dans une ère nouvelle. L’ère de la radioactivité. Et qu’il ne sera jamais possible de revenir en arrière.

    Pour les pêcheurs, la catastrophe a entraîné la plus forte pollution maritime jamais observée. La contamination remonte des sédiments du plancton jusqu’à la chair du poisson via la chaîne alimentaire. A l’arrivée à quai, les marins mesurent toutes leurs caisses et une grande partie des poissons (ceux qui affichent plus de 80 becquerels) sont rejetés. Tepco indemnise les pêcheurs en fonction du poids de la prise remise à la mer.

    Les agriculteurs, quant à eux, ne peuvent pas vendre leur production en dehors de la région. « Je hais, je déteste le nucléaire, vraiment, vraiment. Je n’arrête pas de penser que l’on a inventé quelque chose d’effroyable. C’est un vrai désastre fabriqué par l’homme. Il a fabriqué un monstre pareil en prétextant une sécurité absolue », lâche en sanglotant Mikiko Sato, agricultrice, qui en coupant quelques jonquilles dans son jardin pour s’en faire un bouquet a absorbé (en proportion du temps passé) autant que la dose admise pour un travailleur du nucléaire. D’après Terra Eco : Fukushima : la vie, deux ans après

    Entretien avec Kenichi Watanabe, réalisateur du documentaire “Le Monde après Fukushima”, diffusé le mardi 5 mars 2013 sur Arte. D’après Télérama : “Dire qu’il n’y a pas de morts à Fukushima est un mensonge”, Kenichi Watanabe, documentariste

    Vous avez passé beaucoup de temps dans la région de Fukushima ?

    J'y suis allé trois fois. La première en repérage, deux semaines à l'hiver 2012, où j'ai fait le voyage seul, dans une voiture de location. Ça m'a permis de découvrir toute la côte, de rencontrer des associations de pêcheurs, les gens des collectivités locales, des personnes comme Madame Sato. Toute la côte est ravagée, les gens sont évacués et vivent dans des maisons provisoires. Ça fait bientôt deux ans, et la situation ne change pas, parce tout est bloqué par les déchets radioactifs, dont on ne sait pas comment se débarrasser.

    J'y suis retourné en avril et en juillet 2012 avec un chef opérateur et un preneur de son. Oui, on a travaillé en zone contaminée. Je ne peux pas dire que je m'en fiche, mais avec mon âge, et puis, face aux gens de Fukushima, on peut pas porter le dosimètre comme ça ! Eux sont là en permanence, comment puis-je m'inquiéter de ma santé ?

    Ce plan sur les cerisiers en fleur est magnifique, et il y a beaucoup d'autres plans dans votre film qui s'attardent longuement sur la nature, sur la beauté de la région de Fukushima…

    La destruction nucléaire, c'est d'abord la destruction de la nature et de l'alimentation, qui sont à la base de la culture. C'est cela, la vraie tragédie, et pour qu'on la ressente, l'image de la nature doit être magnifique. On a donc consacré beaucoup de temps à la lumière, à la façon dont on filmait ces séquences-là, justement parce que sous la surface magnifique, tout est détruit…

    Quand je montre les pêcheurs peser leurs poissons contaminés par les radiations pour se faire indemniser par Tepco, puis les rejeter à la mer, j'espère que l'on ressentira tout ce qu'il y a de cruel là-dedans. C'est aussi pour cela que j'ai voulu réduire les explications narratives, et laisser au spectateur le temps de la réflexion. Sur ce point, le commentaire écrit par l'écrivain Michaël Ferrier compte beaucoup.

    Lui-même était sur place pendant la catastrophe, il est parti aider les gens, lui aussi a partagé ce moment noir des 14-15 mars où nous nous sommes perdus, où nous ne savions plus ce qu'était l'Etat. On a décidé très tôt de lui demander d'écrire le commentaire, et il lui apporte beaucoup, il amène une sorte de « politique poétique ». La politique, c'est très important, mais la dimension poétique, c'est ce qui manque dans le mouvement anti-nucléaire. Il faut élargir le front. Les philosophes doivent parler, les écrivains aussi, les musiciens et les peintres doivent créer, autour de cette même interrogation sur la civilisation.

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    Le 23 août 2013

    Tsunami. On élimine le bateau de pêche mais pas la radioactivité...

    Le second naufrage du «Kyotoku-maru», navire stigmate du tsunami

    Source : Libération par Mathias Cena - 22 août 2013 - Photo : AP

    A Kesennuma le 11 mars 2013, deux ans après le tsunami. L'épave du Kyotoku-Maru, dont il avait été envisagé de faire un monument commémoratif, sera finalement démantelée. L'immense navire de pêche, échoué en pleine ville de Kesennuma depuis que la vague meurtrière l'y a déposé le 11 mars 2011, doit disparaître pour de bon.

    C’était devenu le monument emblématique de la ville. Un navire de pêche au thon de 60 mètres de long, posé comme un poisson hors de l’eau à 750 mètres de la mer, en plein milieu d’un quartier résidentiel. Mais ce totem de 360 tonnes, les habitants de Kesennuma (à 490 km au nord de Tokyo) n’en veulent plus. Car le souvenir du tsunami du 11 mars 2011, qui a transporté là le Kyotoku-maru No. 18, est encore trop douloureux. La ville portuaire comptait 75 000 habitants avant la catastrophe, et lui a payé un lourd tribut : plus de 800 morts et près de 1 200 disparus, sur les 18 000 personnes tuées par le tsunami dans l’ensemble du nord-est du Japon.

    Dans un premier temps, on avait dégagé le terrain autour de cette carcasse métallique bleue et rouge, noircie par les flammes de l’incendie qui avait ravagé une bonne partie de la ville après le passage de la vague ravageuse. On avait nettoyé les débris qui jonchaient le sol, calé de lourdes poutres métalliques pour soutenir la coque, dont un maigre ruban jaune protège les abords. Il était question d’en faire un mémorial du tsunami, et déjà les visiteurs y affluaient de tout le Japon pour le photographier, y déposer une gerbe de fleurs et se recueillir. Mais après un vif débat, la question a été mise au vote des habitants, et leur verdict est sans appel. Environ 68% se sont prononcés pour bouter hors de Kesennuma ce mastodonte échoué qui leur «rappelait constamment cette terrible catastrophe». Seulement 16% auraient voulu le maintenir en place. Parmi eux, Shigeru Sugawara, le maire de la ville, qui était un fervent partisan de ce projet et se dit déçu de perdre «un symbole visible de ce qui est arrivé, [qu’il] voulait laisser aux générations futures».

    D’autres regrettent déjà la manne des visiteurs qui, après avoir photographié le Kyotoku-maru, s’arrêtaient au marché provisoire pour faire des emplettes. Alors qu’une grande partie du littoral dévasté par le tsunami est toujours en ruine, ils craignent que Kesennuma ne devienne une ville fantôme en l’absence d’activité économique.

    Avant le 11 mars 2011, le port de Kesennuma était connu pour la pêche intensive au requin : 14 000 tonnes de squale en 2009. C’est de là que venaient 90% des ailerons de requin vendus dans l’archipel, et exportés jusqu’à Hongkong et la Chine. Les touristes s’y pressaient l’été par cars entiers pour se faire servir la soupe d’ailerons, censée être la meilleure du pays. Mais le musée du requin, qui accueillait 45 000 visiteurs par an, est toujours fermé. Tous espèrent donc qu’avec ou sans bateau, la vie reprendra enfin pour les habitants de Kesennuma. Une nouvelle existence attend aussi le Kyotoku-maru, qui sera démantelé par une organisation à but non lucratif. Puis recyclé.

    Japon : la pêche stoppée au large de Fukushima


    Source : Le Point.fr - Par Patrick Artusle 22 août 2013

    Partiellement relancée depuis juin dernier, la pêche va cesser début septembre à cause des risques accrus de contamination radioactive.

    La pêche, qui avait été partiellement relancée depuis juin dernier au large de Fukushima, sera de nouveau stoppée début septembre à cause des risques accrus de contamination radioactive, selon l'agence de presse Kyodo. L'association des pêcheurs de Soma et Futaba (préfecture de Fukushima, nord-est) avait recommencé en juin à prendre quelques variétés de poissons et à effectuer des contrôles avant de les vendre si leur niveau de contamination était inférieur aux limites légales en vigueur au Japon.

    Mais compte tenu des récents aveux de nouvelles fuites radioactives en mer en provenance de la centrale saccagée Fukushima Daiichi, ces pêcheurs ont décidé de cesser leur activité dans les environs à compter du 1er septembre. Une autre organisation de pêcheurs de la région, celle d'Iwaki, a aussi renoncé à réactiver la pêche dans le Pacifique au large de la province de Fukushima, alors qu'elle projetait de recommencer prochainement à titre expérimental, toujours selon l'agence Kyodo.

    Ces dernières semaines, la compagnie gérante de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima a reconnu que de l'eau contaminée s'écoulait dans l'océan Pacifique voisin depuis les sous-sols situés entre les réacteurs et la mer. De surcroît, Tokyo Electric Power (Tepco) a indiqué mercredi soir que l'eau hautement radioactive qui a fui d'un réservoir de stockage du site a pu également descendre jusqu'à l'océan.

    Risque radioactif élevé à Fukushima


    Source : Novethic par Amélie Mougey pour terraecoublié le 21-08-2013
     
    En début de semaine, une nouvelle fuite a été constatée sur le site de Fukushima. Un réservoir a laissé s'échapper 300 tonnes d'eau radioactive, selon l'opérateur Tepco. Le 22 août, l'Autorité de régulation nucléaire japonaise a annoncé qu'elle allait relever de 1 à 3 sur l'échelle internationale de classement des événements nucléaires, qui en compte 7, la gravité de cette fuite d'eau radioactive.

    Près de la centrale nucléaire japonaise, césium, strontium et tritium dérivent lentement vers l'océan. Une nouvelle fuite d'eau radioactive s'est en effe produite en début de semaine. Déjà, début juillet, le gérant de la centrale ravagée par les séisme et tsunami de mars 2011 se faisait l’écho de prélèvements inquiétants. Dans les eaux souterraines situées entre la centrale et la mer, le taux de césium 134 a bondi de 9 000 à 11 000 becquerels en une journée, après avoir été multiplié par 90 les trois jours précédents. Même topo pour le césium 137, passé de 18 000 à 22 000 becquerels en moins de 24 heures. L’origine de ces hausses spectaculaires n’est pas clairement identifiée. Pourtant les incidents sont récurrents. En avril déjà, puis en juin, des fuites ont été signalées et, la semaine passée, d’autres éléments radioactifs tel que le strontium 90 ou le tritium ont, eux aussi, dépassé les limites autorisées.

    Risque élevé pour la santé humaine

    Césium, strontium et tritium… les noms de ces radionucléides comme leur dangerosité nous sont peu familiers. Depuis l’accident de Tchernobyl, on connaît bien l’iode radioactif, ou iode 131, libéré massivement lors d’une explosion et responsable des dérèglements de la thyroïde. Dans une certaine mesure, on sait aussi comment s’en protéger : à grand renfort de cachets d’iode non radioactif pour saturer la thyroïde. Mais concernant les substances qui circulent aujourd’hui dans les sous-sols japonais, les choses sont un peu plus compliquées.

    Le césium se fixe dans les muscles. Le strontium 90, lui, préfère les os. Et comme tout élément radioactif, chacun augmente les risques de cancers. « Mais ce n’est qu’après une exposition longue et régulière qu’il y a danger », relativise Monique Sené, présidente du Groupement des scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire (GSIEN). Dans le cas du césium, l’élément le plus facile à mesurer, les symptômes apparaissent bien plus tard que les effets de l’iode radioactif, « au bout de dix ou quinze ans », précise la chercheuse en physique nucléaire. A ce moment-là, le lien de cause à effet avec une exposition à la radioactivité sera difficile à établir. « Sur l’ensemble des cancers qui se déclenchent, on ne saura pas forcément identifier ceux liés à Fukushima », confirme Didier Champion, directeur du pôle « crise » au sein de l’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN). Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’existeront pas car : selon un quotidien japonais repris par Enerzine 15 000 terabecquerels de césium 137 ont été rejetés au moment de l’explosion. Ce serait 168 fois plus qu’à Hiroshima.

    « Ne surtout pas assouplir les interdictions de pêche »

    Pour ce qui est des incidents récents, que les Japonais se rassurent. Les hausses mesurées cette semaine ne menacent pas directement leur santé. En tout cas pas dans l’immédiat. « Ces eaux ne vont pas se répandre dans toute les nappes phréatiques de la région, précise Didier Champion, elles se dirigent dans l’autre direction, vers l’océan. » L’ont-elles déjà atteint ? Pour l’instant l’incertitude règne : « Nous ne sommes pas en mesure de dire si l’eau contaminée s’écoule ou non dans la mer », affirmait le mardi 9 juillet la société Tepco. Si cela se produit, le niveau de radioactivité dans la zone proche de la centrale, qui actuellement diminue, repartirait à la hausse. Et la faune maritime reprendrait une nouvelle charge de radioactivité.

    « Les coquilles des coquillage se chargeront en strontium, dont les propriétés sont similaires à celles du calcium, précise Didier Champion, le Césium, lui, se retrouverait dans la chair des poissons. » C’est-à-dire dans les parties potentiellement comestibles. Pour le chercheur, ces nouvelles mesures invitent donc à « ne surtout pas assouplir les interdictions de pêche ».

    Les récents prélèvements effectués sur un bar pêché à quelques dizaines de kilomètres de Fukushima confirment la nécessité d’une telle prudence. L’animal, interdit à la consommation, contient un taux de césium dix fois supérieur à la limite autorisée. Si par mégarde il était consommé, « le césium resterait au moins 200 jours dans l’organisme du consommateur, avant de diminuer de moitié », indique Monique Sené. Cependant, la contamination de ce poisson est sans doute antérieure aux hausses phénoménales mesurées récemment dans les nappes phréatiques. « Car le césium, strontium et tritium migrent doucement, tout au plus de quelques mètres par an », précise Didier Champion. Or, les prélèvements inquiétants ont été effectués dans les terres, 25 mètres avant le rivage.

    « Tepco est complétement dépassé »

    Pour stopper l’exode, lent mais continu, de ces éléments hautement radioactifs vers l’océan, Tepco doit achever l’installation, d’ici à un an, d’un écran étanche en sous-sol. Mais pour l’IRSN, cela ne suffira pas. « L’étanchéité n’est jamais totale et il existe un risque de contournement de l’écran du fait de l’apport permanent d’eau de nappe », indique l’institut dans sa dernière publication (en pdf). Actuellement, 350 m3 d’eau servant à refroidir les réacteurs arrivent quotidiennement dans les sous-sols, avant d’être à nouveau pompées. « Ce n’est pas un système satisfaisant, le refroidissement des réacteurs devrait avoir lieu en circuit fermé », souligne Didier Champion. Un diagnostic que partage Monique Sené : « Tepco est complétement dépassé par la gestion de l’eau », affirme la chercheuse.

    Sur le site, des milliers de mètres cubes d’eau doivent aujourd’hui être stockés en attendant d’être traités. « Dans un premier temps, l’exploitant utilisait des cuves en métal puis stockait l’eau en pleine terre avec des bâches géotextiles, détaille la physicienne, mais rien n’empêche les fuites, l’eau s’infiltre partout. » Et les éléments radioactifs finissent par rejoindre la mer. « Ce qui est un moindre mal, car ils sont dilués », précise Didier Champion. Dilués certes, mais toujours présents. Au bout de trente ans, les quantités de césium n’auront diminué que de moitié.

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    Poissons de Fukushima. Les informations de l'IRSN


    Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) : Bulletin d'information destiné aux ressortissants français vivant au Japon...

    Accident de Fukushima-Dai-Ichi

    Bulletin d’information n°10 du 4 juin 2013 de l’IRSN

    Ce bulletin élaboré par l’IRSN est spécialement destiné à l’information des ressortissants français vivant au Japon. Il actualise les informations et recommandations du précédent bulletin daté du 6 août 2012, compte tenu des données les plus récentes publiées au Japon concernant l’évolution de la contamination environnementale ainsi que celle des denrées alimentaires produites au Japon...

    Ce nouveau bulletin aborde deux sujets particuliers, développés respectivement en annexes 1 et 2 :
    • l’évolution des dépôts radioactifs dans le milieu terrestre depuis l’année de l’accident, et son incidence sur le zonage mis en place par les autorités japonaises autour de la centrale de Fukushima Dai-ichi ;
    • l’évolution des niveaux de contamination constatés dans les différentes catégories de denrées produites au Japon et l’estimation par l’IRSN des risques pour les consommateurs.

    En ce qui concerne les produits de la mer, seules les espèces vivant à proximité des sédiments autour de la centrale de Fukushima dépassent encore très régulièrement la norme de commercialisation. Il s’agit notamment des ainames, flétans, sébastes, grondins. Les poissons moins liés aux sédiments comme les maquereaux, les sardines, les chinchards, ainsi que les mollusques, présentent désormais des niveaux de contamination le plus souvent inférieurs à la norme.

    Remarque : depuis le 28 mars 2012, TEPCO a mis en place une stratégie des prélèvements d’espèces marines dans l’environnement proche de la centrale de Fukushima. C’est ainsi qu’en octobre et en décembre 2012, des poissons ont été capturés dans le port de la centrale, autour d’un point dénommé « Shallow draft quay ». Les activités en césium (137+134) y sont très élevées : de quelques dizaines à quelques centaines de milliers de Bq/kg frais avec une activité maximale observée dans une espèce de sébaste de 254 000 Bq.kg-1 frais. Ces activités sont liées au niveau de contamination très élevé présent dans le port de la centrale de Fukushima et en particulier à celle des sédiments pour cette espèce benthique (qui évolue à proximité des sédiments).


    Concernant les espèces d’eau douces, près de 4 000 prélèvements ont été réalisés entre mars 2011 et décembre 2012 et les résultats sont mis à disposition sur les sites officiels japonais. Parmi les différentes espèces prélevées en lac ou en rivière, 6 présentent des niveaux de contaminations plus élevés et font l’objet d’un suivi régulier (figure 14). Il s’agit des naseux (Tribolodon hakonensis), des ombles blancs tachetés (Salvelinus leucomaenis), des Ayu (Plecoglossus altivelis), des saumons masous (Oncorhynchus masou), des saumons rouges du Pacifique (Oncorhynchus nerka) et des éperlans japonais (Hypomesus nipponensis). Mis à part les naseux, toutes les autres espèces sont des espèces caractérisées comme amphihalines (espèces qui effectuent des migrations entre les eaux douces et les eaux de mer). La variabilité des résultats est importante, en raison de la diversité des lieux de pêche. Les échantillons les plus contaminés ont tous été récoltés dans des rivières ou lacs de la préfecture de Fukushima, de Gunma et de Tochigi. La concentration en césium la plus élevée (18 700 Bq.kg-1 frais) a été relevée près du village d’Iitate-Mura, dans la préfecture de Fukushima, le 18 mars 2012.

    Plusieurs autres espèces d’eau douce ont fait l’objet d’un suivi plus ou moins régulier comme des espèces de crevettes, de carpes, de barbues de rivière ou de truites. Le plus souvent les césiums y sont détectés à des niveaux inférieurs à 200 Bq kg-1 frais (137Cs+134Cs).


    Pour plus d'informations, accéder à l'ensemble des documents de l'IRSN : Fukushima, 2 ans après. Points de situation technique, environnemental et sanitaire 

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    Les radionucléides dans les espèces marines

    Les niveaux maximaux admissibles pour la consommation alimentaire, établis par les autorités japonaises, sont passés de 500 Bq/kg frais à 100 Bq/kg frais pour la somme des césiums 134 et 137 à partir du 1e avril 2012. Depuis 2012, les espèces pour lesquelles des teneurs en césium dépassent ces niveaux sont majoritairement des espèces benthiques.

    La Figure montre l’évolution des concentrations pour les deux isotopes du césium chez des espèces prélevées régulièrement. Ces résultats révèlent une grande variabilité, toutefois, les poissons ayant un mode de vie en forte relation avec le sédiment (ainames, sébastes, flétans, grondins) se situent plutôt dans les valeurs élevées de la gamme de concentration en césium (couleurs jaune, marron et violette), contrairement aux poissons pélagiques, vivant dans la colonne d’eau comme les maquereaux, les chinchards et les sardines (couleurs vertes)

    Outre les poissons, il est à noter que les échantillons d’oursins et d’ormeaux prélevés dans la préfecture de Fukushima peuvent également atteindre des niveaux élevés.

    La distinction entre les espèces très liées aux sédiments et celles évoluant dans la colonne d’eau se retrouve également dans l’évolution des activités au cours du temps. Ainsi, parmi les produits marins qui ont présenté les niveaux de contamination les plus élevés dès le début de la surveillance des produits de la pêche, figuraient les lançons japonais (Figure 30). Ces poissons sont pêchés et consommés par les Japonais aux stades larvaires et juvéniles sur la période janvier avril. Durant cette période de leur existence, ils évoluent et se nourrissent dans la colonne d’eau. Comme attendu, leurs activités en césium 137 (losanges rouges de la Figure 30) ont suivi l’évolution de la contamination de l’eau de mer (points bleus) en diminuant très rapidement, d’un facteur 100 en un mois. Les nouvelles pêches de début 2012 montrent que leur teneur en césium 137 a nettement diminué et continue d’évoluer parallèlement à celle de l’eau.


    Les tendances chez les espèces de type filtreurs comme les moules, huîtres, palourdes reflètent les évolutions dans le milieu ambiant, eau et aussi matières en suspension. Leur concentration en césium 137 (carrés verts) a diminué d’un facteur 100 en 18 mois et se situent maintenant en dessous des limites de commercialisation (trait rouge).

    L’évolution des concentrations de césium 137 chez une espèce de raie (Okamejei kenojei) prélevée depuis le mois de juin 2011 le long des côtes de la préfecture de Fukushima, illustre le cas des espèces très liées aux sédiments. La diminution de leur contamination est à peine perceptible à l’instar de celle des sédiments (cf. Figure28). Ces poissons dépassent encore régulièrement la limite de commercialisation.

    Depuis le 28 mars 2012, TEPCO a mis en place une stratégie des prélèvements d’espèces marines dans l’environnement proche de la centrale, c’est ainsi qu’en octobre et en décembre 2012, des poissons ont été capturés dans le port de la centrale, autour d’un point dénommé « Shallow draft quay ». Les activités en césium (137+134) y sont très élevées : de quelques dizaines à quelques centaines de milliers de Bq/kg frais avec une activité maximale observée dans une espèce de sébaste de 254 000 Bq/kg frais. Ces activités sont liées au niveau de contamination très élevé présent dans le port de Fukushima et en particulier à celle des sédiments pour cette espèce benthique (qui évolue à proximité des sédiments).

    Du 4 au 18 juin 2011, une campagne de prélèvements a été organisée dans le Pacifique Nord par des chercheurs américains (Buesseler et al., 2012). Outre des mesures sur l’eau, ils rapportent divers résultats sur des prélèvements de plancton et de poissons mésopélagiques. Les concentrations en césium 134 et 137 y varient de la limite de détection à 56,4 Bq/kg frais, suivant le lieu de pêche et la nature de l’échantillon. Les rapports d’activités 137Cs/134Cs se situent le plus souvent autour de 1. Il est à remarquer que de l’argent 110m est quasi systématiquement détecté dans le plancton à des niveaux variant de la limite de détection à 23,6 Bq/kg sec. Cet élément a également été mesuré, par TEPCO, dans des crabes (Ovalipes punctatus) et des seiches (Sepia andreana) prélevés dans la zone des 20 km au large de Fukushima, en mai-juin 2012. Dans les crabes, les concentrations varient de 13 à 69 Bq/kg frais. La présence de ce radionucléide n’est pas mentionnée dans les rejets en mer mais il a été détecté dans les prélèvements de sol autour de la centrale.

    Durant la campagne dans le Pacifique Nord du navire TARA, un échantillon de tazard (Scomberomorus commerson) a été prélevé pour l’IRSN en octobre 2011 au nord de l’une des îles de Hawai (Oahu). Cet échantillon a été analysé par l’IRSN ; il présente des traces de césium 134 (de l’ordre de 0,05 Bq/kg sec) qui atteste de son marquage par les rejets de l’accident de Fukushima.

    Source : Impact environnemental de l’accident de Fukushima-Daiichi / Rapport IRSN - Mars 2013 : Annexe 2 du dossier « Accident de Fukushima-Daiichi : état des lieux 2 ans après l’événement ». Cliquer Ici pour télécharger le rapport de l'Irsn / mars 2013

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    Fuites d’eau contaminée à Fukushima Daiichi : point de la situation au 7 août 2013

    Source : IRSN le 07/08/2013

    La publication le lundi 5 août 2013 par l’agence de presse Reuters d’une dépêche sur la situation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi a relancé les questionnements concernant la gestion et le devenir des eaux contaminées sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima-Daicchi.

    L’IRSN tient à souligner qu’il n’y a pas eu d’aggravation subite de la situation ces derniers jours, mais des déclarations de l’autorité présente sur le site rappelant à l’exploitant TEPCO la nécessité de mettre en place au plus vite des actions correctives concernant la contamination diffuse de l’Océan Pacifique.

    Les volumes d'eaux contaminées sur le site de Fukushima seraient estimés à plusieurs centaines de milliers de mètre-cube. Pour rappel, lors de l’accident du 11 mars 2011, les phénomènes naturels ont entraîné une inondation du site générant une accumulation d’eau dans les sous-sols des bâtiments de la centrale. En outre, depuis l’accident, l’eau assurant le refroidissement des cœurs dégradés des réacteurs s’écoule dans les sous-sols des bâtiments d’où elle est pompée pour assurer à nouveau, après traitement, le refroidissement de ces réacteurs.

    Mais les galeries en dessous de la centrale n’étant pas parfaitement étanches, il y a un soupçon de contamination des nappes phréatiques. Tepco tente actuellement de renforcer l'étanchéité du sol par des injections de produits étanchéifiants, et également par la réalisation d'un écran étanche entre les installations et l'océan (échéance de fin de travaux prévue pour mi-2014).

    Pour plus d’informations sur la situation, téléchargez les notes d’information de l’IRSN publiées le 11 juillet 2013 :
    • Accident nucléaire de Fukushima Daiichi : Gestion des eaux contaminées provenant des réacteurs accidentés - Situation à fin juin 2013
    • Accident nucléaire de Fukushima Daiichi : Contamination du sol entre les réacteurs accidentés et l’océan Pacifique
    Autres informations :
    • Le cout économique d’un accident nucléaire / IRSN – Mars 2013
    • Actualisation des connaissances relatives à l’évolution de la pollution radioactive de l’eau de mer et des sédiments issue du site nucléaire accidenté de Fukushima Dai-ichi / IRSN - 6 février 2013 mis à jour le 12 mars 2013. Cliquer Ici pour télécharger ce document de l'IRSN

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    Le 29 août 2013

    Fukushima : Tepco démuni face à la colère des pêcheurs

    Naomi Hirose s'incline devant les représentants des pêcheurs japonais venus lui réclamer des comptes au siège de Tepco à Tokyo. © Jiji press/AFP 

    Source : Le Point.fr

    Naomi Hirose, patron de Tepco, a dit aux pêcheurs japonais, qui lui reprochaient ses défaillances dans la gestion de l'eau contaminée, qu'il était "désolé".
    Les pêcheurs japonais se sont mis en colère face au patron de la compagnie d'électricité Tepco, qui tentait en vain de leur expliquer les mesures prises face aux fuites en mer d'eau radioactive de la centrale ravagée de Fukushima. "Nous pensons que la façon dont votre entreprise gère l'eau contaminée a failli", s'est agacé Hiroshi Kishi, chef de JF Zengyoren, fédération de plus de 1 000 coopératives de pêche du Japon. "Nous sommes extrêmement inquiets de l'impact incommensurable [de cette gestion] sur l'avenir de notre industrie", a-t-il poursuivi face à un patron de Tokyo Electric Power (Tepco) démuni. "Nous sommes réellement désolés, nous allons prendre les dispositions maximum", a répondu ce dernier, Naomi Hirose.

    Il était venu présenter la façon dont son groupe compte remédier aux graves problèmes de fuites d'eau bourrée de césium, strontium et autres éléments dangereux dans l'océan Pacifique, voisin de la centrale saccagée par le tsunami du 11 mars 2011. Tepco a notamment décidé de monter une cellule de crise et de renforcer les équipes sur le terrain pour éviter que ne se reproduise un "incident grave" comme la récente fuite de 300 tonnes d'eau hautement radioactive d'un réservoir de stockage. Une partie de ce liquide souillé a coulé jusqu'à l'océan.

    Après l'écoulement de 300 tonnes d'eau hautement radioactive dans les eaux japonaises près de Fukushima, les activités de pêche sont suspendues dans le secteur



    Fuites d'eau radioactive à Fukushima : un coup fatal pour les pêcheurs sur WAT.tv

    Les promesses du gouvernement japonais

    La pêche, qui avait partiellement été relancée depuis juin 2012 au large de Fukushima, sera de nouveau stoppée le 1er septembre à cause des risques accrus de contamination dus aux fuites dont certaines, depuis le sous-sol de la centrale, durent en réalité depuis plus de deux ans. Face aux inquiétudes croissantes non seulement chez les pêcheurs mais dans l'ensemble de la population nippone et à l'étranger, le gouvernement japonais ne cesse de promettre ces derniers jours qu'il va intervenir directement pour aider Tepco à venir à bout de ce dramatique problème d'eau contaminée. "Nous voulons que l'État prenne sérieusement en charge la conduite des opérations", a insisté le représentant des pêcheurs.




    Fukushima: la pêche à nouveau interdite – BFMTV 26/08

    Au total, Tepco doit déjà faire face à quelque 400 000 tonnes d'eau polluée enfouie dans le sous-sol ou stockée dans des réservoirs, un volume qui augmente chaque jour de 400 tonnes, sans compter les 300 tonnes environ qui filent quotidiennement en mer. "Notre premier devoir est de protéger l'environnement et les personnes, en prenant des mesures pour minimiser les risques d'accident et, le cas échéant, pour éviter une aggravation", a pour sa part déclaré jeudi lors d'une conférence de presse le patron de l'autorité indépendante de régulation nucléaire, Shunichi Tanaka.

    La confiance rompue

    "Nous ne sommes certes pas dans une situation où toutes les ressources marines sont contaminées par la radioactivité, mais je pense qu'il est nécessaire de suivre ce qui se passe de façon systématique et de fournir les informations au public. C'est ce que nous allons commencer à faire", a assuré M. Tanaka. Jusqu'à présent, des prélèvements et contrôles d'eau de mer sont effectués par différentes institutions et personne ne sait à quel saint se vouer. Mercredi, Tepco avait publié les plus récents résultats de ses propres tests sur diverses espèces de poissons pêchés dans un rayon de 20 kilomètres au large de la centrale, mais ces mesures sont extrêmement limitées et n'inspirent aucune confiance au public.

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    Témoignage des pêcheurs de Fukushima


    Reportage diffusé sur la Rtbf le 25 août 2013.... Cliquer Rtbf

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    3 ans après l'explosion de la centrale de Fukushima

    Fukushima : vers une contamination planétaire ?

    http://www.france3.fr/emissions/pieces-a-conviction/diffusions/26-02-2014_170742

    Trois ans après l'accident nucléaire de la centrale de Fukushima (Japon), une autre catastrophe se profile, sanitaire cette fois. Quelle est l’ampleur réelle de la contamination, humaine et environnementale ? Les contrôles sont-ils efficaces ? Sommes-nous au bord d’une catastrophe sanitaire à l’échelle mondiale ? "Pièces à conviction" fait le point sur ces interrogations, mercredi 26 février à 23h15 sur France 3, dans une enquête réalisée par Lionel de Coninck.

    Pour visualiser cette vidéo

    Un documentaire de 52' de Lionel de Coninck / Une production Code 5 avec la participation de France 3

    Partout, les scientifiques voient se profiler une catastrophe sanitaire mondiale. Chaque jour, des centaines de tonnes d'eau hautement contaminée se déversent dans le Pacifique, puis sur les plages californiennes, contaminant les poissons qui sont consommés sans aucun contrôle.

    Trois ans après la catastrophe nucléaire de la centrale de Fukushima Daiichi, une autre catastrophe se profile. Sanitaire celle là. Les premiers cas de cancer sont apparus. 26 déjà, tous chez des enfants de 0 à 18 ans. Plus d’une trentaine de cas sont suspects, et des dizaines de milliers d’enfants n’ont pas encore été testés. Le gouvernement tente de minimiser l’ampleur du drame. Mais les familles s’angoissent, et des mères sont en colère. La contamination s’étend, au-delà du Japon.

    Tous les jours, des centaines de tonnes d’eau hautement contaminée sont déversées dans le Pacifique. Sur les plages de Californie les chercheurs, témoins de l’arrivée quotidienne de déchets du tsunami sur leurs plages, tentent par tous les moyens d’alerter les autorités. Les scientifiques du monde entier redoutent les effets incalculables sur la santé des populations si les poissons du pacifique continuent à être consommés sans aucun contrôle : un laboratoire d’analyses suisse vient de découvrir du césium 131 et 134 dans des barquettes de poisson dans un supermarché, ou dans du thé vert venant du Japon !!

    Quelle est l’ampleur réelle de la contamination, humaine et environnementale ? Les contrôles sont-ils efficaces ? Sommes-nous au bord d’une catastrophe sanitaire à l’échelle mondiale ?

    Enquête sur le premier scandale nucléaire de l’ère de la mondialisation.

    "Nous sommes assassinés à petit feu"



    Depuis le début de la campagne de dépistage du cancer de la thyroïde lancée en 2011 par la préfecture de Fukushima, trente-trois cas de cancer de la thyroïde ont été recensés chez les jeunes de moins de 18 ans. Plus d’une trentaine d'autres cas sont suspects, et des dizaines de milliers d’enfants n’ont toujours pas été testés. La population visée est d’environ 375 000 jeunes de 0 à 18 ans. Seuls 254 000 Japonais ont été testés. Selon les autorités, à ce jour, rien ne permet de penser que ces cancers soient directement liés à l'accident du 11 mars 2011.

    Face à l'inquiétude et à l'angoisse des familles, le docteur Nishio, spécialiste du cancer de la thyroïde, pratique des dépistages bénévolement. Selon l'avis du médecin, les tests des autorités de Fukushima ne sont pas fiables et le Japon est menacé par une épidémie de cancer.
    "C’est une tragédie pour la faune"

    A des milliers de kilomètres Fukushima, sur les plages de Californie, des chercheurs s’inquiètent de l’arrivée quotidienne de déchets radioactifs sur leur littoral, mais aussi dans les barquettes de poisson vendues dans les supermarchés. En effet, tous les jours, des centaines de tonnes d’eau hautement contaminées sont déversées dans le Pacifique depuis la centrale de Fukushima. Depuis, les scientifiques tentent d’alerter les autorités car tous redoutent des effets incalculables sur la santé des populations si les poissons du Pacifique continuent à être consommés. Source : France Tv info

    Fukushima : la contamination est-elle planétaire ?

    Trois ans après la catastrophe nucléaire, retour à Fukushima. Alors que des centaines de litres d'eau contaminée ont été rejetés dans la mer depuis l'accident, les résultats de l'enquête de Lionel de Coninck -Fukushima: vers une contamination planétaire?-, diffusée mercredi 26 février sur France 3 (23h15), est sans appel: au Japon, le discours officiel sous-évalue les risques auxquels la population est exposée.

    Source : Le HuffPost  |  Par Stanislas Kraland

    Voir la bande-annonce de l'émission



    Hommes et animaux malades, crainte d'une épidémie de cancers de la thyroïde: le film documentaire fait également le point sur les risques de contamination au-delà des frontières de l'archipel nippon.

    En Suisse, des chercheurs ont identifié de la radioactivité sur des thons pêchés dans l'océan Pacifique. Du césium 134 et 137 qui prouve que ces poissons ont été contaminés. Ils se livrent alors à un test sur du cabillaud acheté à Bâle, avec le même résultat.

    Même chose sur la côte ouest des Etats-Unis. Alors qu'au printemps prochain, les débris de la centrale devraient gagner les côtes californiennes, les chercheurs se mobilisent. Là aussi, la présence de césium 134 a été décelée dans du thon pêché à moins de 150 km de San Diego.

    Risque zéro ?

    La consommation de ces poissons est-elle dangereuse pour l'homme? La communauté scientifique est divisée. Certes, les doses extrêmement faibles sont en-dessous des normes, mais plusieurs experts rappellent qu'en matière de radioactivité, il n'y a pas de seuil d'innocuité.

    En France, près de Paris, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), qui a cartographié l'évolution du nuage radioactif depuis la catastrophe, évoque un "accident majeur". Parti du Japon, le nuage aurait traversé le Pacifique, l'Amérique du Nord et l'Atlantique avant de gagner le pôle Nord. Il aurait pénétré l'Europe par la Suède et les pays de l'Est, avant de gagner l'Europe de l'Ouest, et notamment l'Hexagone.

    Les doses auxquelles les Européens ont été exposées n'ont rien de comparables à celles du nuage de Tchernobyl. Elles seraient en effet mille fois plus faibles que celles du nuage de 1986, mais comme le résume un scientifique de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), "toute dose augmente les risques".

    "Le dernier homme de Fukushima"

     Naoto Matsumura "dernier homme de Fukushima" jette une pierre sur la centrale

    Naoto Matsumura sera bientôt à Bure

    de la tragédie de Fukushima à la folie de Bure

    Source : Alterinfos

    Naoto Matsumura a choisi de rester en territoire contaminé pour ne pas abandonner les animaux laissés à eux-mêmes après l’évacuation de leurs maîtres.

    Aujourd’hui, il souhaite témoigner de l’horreur nucléaire directement aux Français et aux Européens, afin qu’ils saisissent réellement ce que veulent dire des mots comme « territoire contaminé », « exode », « abandon », « séparation », « désert », « désolation », « maladie », « mort », mais aussi « combat », « solidarité », « espoir ».

    Naoto Matsumura dénonce TEPCO, exploitant de la centrale de Fukushima (le EDF local) et l’autorité de sûreté nucléaire qui assuraient que le nucléaire était propre et sûr, ainsi que les gouvernants qui ont minimisé et travesti l’ampleur de la catastrophe.

    Comme nombre de ses compatriotes, Naoto Matsumura subit une double, voire une triple peine : la contamination de ses terres et de son terroir, le déchirement de voir détruit ce qui a fait sa vie, le rejet de la société considérant les habitants de la région de Fukushima comme des parias.

    Le cas de Naoto Matsumura démontre, s’il en était encore besoin, que NON, nul ne peut vivre sainement en territoire contaminé, que ce soit dans les région de Tchernobyl et de Fukushima, ou de tout autre territoire qui dans un avenir plus ou moins proche pourrait subir une nouvelle catastrophe nucléaire (440 cocottes minutes atomiques parsèment toujours la planète)… et pourtant, les autorités japonaises viennent de décider que les populations de réfugiés pourraient revenir en territoire contaminé dès le 1er avril (!), la norme maximale d’exposition à la radioactivité ayant été multiplié par ces mêmes autorités… par 20 ! Et les autorités françaises viennent d’emboîter le pas par un sidérant « plan national de réponse à un accident nucléaire majeur »

    Programme du voyage de Naoto Matsumura : Paris - Bure - Fessenheim…

    Naoto Matsumura sera accompagné tout au long de son périple en France par Ren Yabuki (acteur-réalisateur), Kazumi Goto (interprète), Catherine Connan (à l’initiative de l’évènement), Pierre Fetet (auteur du blog de Fukushima) et Antonio Pagnotta (auteur du livre « Le dernier homme de Fukushima »)
     
    Mardi 4 mars : arrivée à Paris de Naoto Matsumura et Ren Yabuki
    Mercredi 5 mars : rencontres à Paris
    Jeudi 6 mars : conférence (2ème arrondissement)
    Vendredi 7 mars : étape à BURE (Meuse/Haute-Marne/Vosges), sous les feux de l’actualité par son site ciblé pour l’enfouissement de déchets nucléaires, fausse solution et controversée ô possible
    Ø  Accueil en Mairie de BONNET vers 13H puis déjeuner
    Ø  Déplacement à Bure > examen de « Cigéo », sur site
    Ø  Conférence de presse > à Bonnet, horaire en cours de calage (vers 17H)
    Ø  Rencontre avec les militants résistants de la région > fin ap midi 
    Ø  Soirée publique, rencontre-témoignage-débat > BONNET – 20H30 – Salle des fêtes
    Ø  Programme complet et horaires en cours de finalisation
    Ø  Organisation locale : Mairie de Bonnet / CEDRA / EODRA …
    Samedi 8 mars : visite des forêts vosgiennes et rencontre de militants anti-nucléaires
    Dimanche 9 mars : participation à la manifestation pour la fermeture de la centrale de Fessenheim
    Lundi 10 mars : rencontre avec des viticulteurs alsaciens, conférence et soirée de clôture de l’exposition inter-lycée (Molsheim, Obernai et Barr) des photos d’Antonio Pagnotta au lycée Schuré de Barr
    Mardi 11 mars :  conférence de presse au Parlement Européen à Strasbourg
    Mercredi 12 mars : participation à une table ronde sur Les leçons de Fukushima à Strasbourg
    Jeudi 13 mars : rencontre avec les lycéens  du lycée Théodore Deck à Guebwiller, visite d’un agriculteur bio, visite de la centrale photovoltaïque de Feldkirch, réunion publique avec les riverains de la centrale nucléaire de Fessenheim
    Vendredi 14 mars : rencontre à la mairie de Fessenheim, visite chez un riverain de la centrale nucléaire, rencontre avec des agriculteurs
    Samedi 15 au 21 mars : périple en Allemagne et en Suisse
    Dimanche 16 mars : Visite de Wyhl et de Weisweil, dans le Baden Würtemberg, hauts lieux de la résistance antinucléaire outre-Rhin
    Lundi 17 mars : participation à la Mahnwache de Müllheim, rencontre avec les agriculteurs allemands
    Mardi 18 mars : conférence à la Haute École Pédagogique du canton de Vaud (Lausanne)
    Mercredi 19 mars : vigie devant l’OMS à Genève avec Independant Who
    Vendredi 21 mars : retour au Japon
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    FUKUSHIMA – 11 Mars : 3 ans et rien n’est réglé

    parmi les centaines d’actions de par le monde et en France

    le CEDRA appelle à un rassemblement

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    Le 12 mars 2014

    Pollution de Fukushima : la chaîne alimentaire touchée par la contamination

    L'eau de mer polluée par les rejets des centrales Tepco, au Japon, va bientôt toucher les côtes américaines. Pour l'association Robin des Bois, le risque sanitaire est réel pour les populations

    Source : Sud Ouest par Philippe Belhache

    Illustration : Evolution de la radioactivité des poissons au large de la préfecture de Fukushima : L'Agence japonaise des pêches nous montre que le taux de poisson radioactif, impropre à la consommation (> 100 Bq Ce / kg), diminue depuis la catastrophe du 11 mars 2011. La courbe (en vert) est passée de 57,7% en avril-juin 2011, à 9,6% à la fin de l'année 2012, et 1,7% début 2014... L'Agence des pêches est confiante !...

    Regardez plus bas l'autre graphique établi avec les mêmes données de départ, les résultats sont beaucoup moins encourageants...

    La pollution de l'eau de mer en provenance de Fukushima pourrait atteindre les côtes américaines – Hawaï puis la Californie – d'ici les prochaines semaines, annonce une simulation mise en ligne par la Woods Holes Oceanographics Institution, relayée notamment par le site SurferToday.com. Une situation préoccupante pour toutes les association écologistes, soucieuses de la préservation des océans. Pour Jacky Bonnemans, président de l'association Robins des Bois, le danger réside ailleurs, dans la contamination de la chaîne alimentaire.

    Les courants contaminés par Fukushima vont toucher les côtes américaines. Etait-ce anticipé ?

    Cette contamination sera comparable à la celle datant de 1960, après une longue série d'essais nucléaires américains et soviétiques. 

    Jacky Bonnemains. Oui. Et c'est bien la pollution de l'Océan Pacifique qui est en jeu. L'article parle de la teneur éléments radioactifs dans l'eau de mer. Cette teneur, notamment en Césium 137, dont la signature est celle du Césium de Fukushima, va augmenter et culminer en quelque sorte sur les côtes californiennes en 2014.

    Il y avait déjà dans les revues spécialisées des travaux de modélisation sur la distribution du Césium 137 de Fukushima. Ils mettent en évidence une diffusion progressive, qui à partir de 2012-2013 s'étend dans le Pacifique nord, puis en 2014-2015 atteint clairement les eaux de Californie.

    Ces mêmes projections montrent qu'en plusieurs phases, en 2021, 2026, 2031, ce sera tout l'Océan pacifique qui sera marqué par le Césium 137. Les articles disent que cette contamination, quand elle sera uniforme, sera comparable à la contamination datant de 1960, après une longue série d'essais nucléaires américains et soviétiques.

    Cette diffusion est donc particulièrement préoccupante ?

    Oui. Mais au-delà de ça, et avant ça, il y a le problème de la contamination des poissons dans l'océan pacifique. De nombreux prélèvements ont été effectués. Au milieu d'eux, des algues, du wakamé, des algues comestibles, des oursins, des saumons, des anchois, des sardines, une raie, des morues, un thon rouge analysés fin 2013 ont présenté des taux importants de Césium 137. On ne peut pas parler de toute la population, ni dans son ensemble, ni au sein chaque espèce. Mais force est de constater qu'il y a de plus en plus de spécimens analysés contaminés. Notamment un bar, en juin 2013, dont la teneur mesurée était de 1000 bq par kilo ! Quand la teneur maximale admissible est de 100 bq par kilo.

    Le véritable danger serait donc pas la pollution de l'eau elle-même ?

    Exactement. La teneur en Cs 137 de l'eau de l'Océan Pacifique est préoccupante. Mais le danger réside bien dans la concentration de la radioactivité dans certains organismes marins tout au long de la chaîne alimentaire.

    Illustration de l'IRSN :  les espèces benthiques et/ou carnivores concentrent la radioactivité


    Il va y avoir concentration de la radioactivité dans les derniers maillons de la chaîne alimentaire, pêchés et consommés par l'homme. 

    Cela commence par les organismes de fond, donc les benthiques, les mollusques, les oursins, certaines algues, les poissons plats qui vivent sur les fonds. Quand on suit les étapes de la chaîne alimentaire, on trouve ensuite les poissons herbivores, comme les sardines, qui mangent du plancton contaminé. Et ensuite les thons, poissons carnivores, qui vont manger les poissons contaminés par le plancton.

    Et au bout du compte, il va y avoir concentration de la radioactivité dans ces derniers maillons de la chaîne alimentaire. Notamment dans les poissons carnivores comme les saumons ou les thons, pêchés et consommés par l'homme. Le problème est le même pour les mammifères marins, même s'ils ne sont pas consommés, et pour revenir au fond de la mer, avec les crustacés.

    Les poissons ne connaissent pas les frontières administratives. 

    Les poissons migrent, ils ne connaissent pas les frontières administratives. Les sardines, qui voyagent beaucoup, mais aussi les thons et les saumons qui sont de grands migrateurs. On peut ainsi se retrouver avec un thon fortement contaminé par Fukushima en mangeant du poisson à San Diego en Californie, parce qu'il aura été pêché par des pêcheurs américains et qu'il n'y a pas de contrôle systématique. Il n'y en a pas assez à notre avis.
    Les professionnels américains sont-ils suffisamment informés ?

    Suite de l'article de Sud Ouest

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    Le 15 mars 2014

    N’oublions pas Bikini... 

    L'année 2014 est le soixantième anniversaire de Bikini : le 1er mars 1954, des bateaux de pêche japonais ont été irradiés lors des essais étatsuniens, de la bombe à hydrogène, près de l’atoll de Bikini, dans l’Océan Pacifique.

    En janvier 1954, un bateau de pêche, The Lucky Dragon, partait du port de Yaizu au Japon. Alors que l’équipage pêchait en dehors de la zone interdite, la bombe à hydrogène a été mise à feu dans l’atoll de Bikini et des matières radioactives ont été projetées à une distance plus grande que celle prévue, si bien que le bateau et les marins pêcheurs ont été exposés à une forte irradiation.

    Ōishi Matashichi faisait partie de l'équipage... Il témoigne...

    Lire l'article du Blog Fukushima

    Hiroshima, Nagasaki, … et Fukushima

    Texte de Yasuo Hori et traduit de l'espéranto par Paul Signoret

    On dit souvent que les Japonais, à trois reprises, ont eu à souffrir – et souffrent encore – du fait de la radioactivité : à Hiroshima, à Nagasaki et à Fukushima, or ce n’est pas exact. N’oublions pas Bikini. La présente année, 2014, est le soixantième anniversaire de Bikini : le 1er mars 1954, des bateaux de pêche japonais ont été irradiés à cause des essais, faits par les États-Unis, de la bombe à hydrogène, près de l’atoll de Bikini, dans l’Océan Pacifique.

    En janvier 1954, un bateau de pêche, Le Cinquième Dragon Heureux, est parti du port de Yaizu, dans le département de Shizuoka. Alors que l’équipage pêchait en dehors de la zone interdite, la bombe à hydrogène a été mise à feu dans l’atoll de Bikini et des matières radioactives ont alors été projetées à une distance plus grande que celle prévue, si bien que le bateau et les marins pêcheurs ont été exposés à une forte irradiation.

    M. Ōishi Matashichi, âgé alors de vingt ans et à présent octogénaire, membre de l’équipage du Cinquième Dragon Heureux raconte : “Une cendre mortelle tombait, semblable à de la neige, mais elle n’avait ni goût ni odeur. Quelques jours plus tard, sont apparues des boursouflures sur la peau des marins et leur cheveux tombaient. De retour au Japon, nous avons tous été hospitalisés. M. Kuboyama Aikichi, le radiotélégraphiste du bord est mort, victime du syndrome d’irradiation aiguë. Après ma sortie de l’hôpital, j’ai été en butte à la discrimination et aux préjugés, ainsi d’ailleurs qu’à l’envie, à cause de l’indemnité de 1 900 000 yens (soit 190 000 euros) que m’ont versée les États-Unis. J’ai décidé de vivre caché et j’ai ouvert une laverie à Tokyo.”.

    Dans un premier temps, les États-Unis avait accusé le bateau de pêche d’être un navire espion, mais après la mort de M. Kuboyama et en raison de pluies radioactives sur tout le Japon, la colère de la population atteignit une telle ampleur que les États-Unis ont changé d’attitude et ont « résolu » le problème en payant une indemnité de deux millions de dollars à l’industrie de la pêche, au propriétaire du bateau et à son équipage.

    Il y a trente ans, M. Ōishi a rompu le silence et s’est mis à donner des conférences dans tout le Japon. À ce jour, il en a fait plus de sept cents. Il répète maintenant au cours de ses conférences : “La technologie nucléaire à évolué de même que les armes nucléaires et les réacteurs nucléaires. Une radioactivité invisible influe inévitablement sur le corps humain. Vous devez le savoir. ”

    Beaucoup de (vieux) Japonais savent que Le Cinquième Dragon Heureux a été victime de ces essais et que M. Kuboyama est mort, mais beaucoup ignorent que mille autres bateaux de pêche ont aussi été irradiés, tout comme le bateau de Kuboyama et que beaucoup de marins sont tombés malades et ensuite sont morts. Le gouvernement japonais a dissimulé les faits, à la demande du gouvernement américain, qui voulait faire du Japon l’une des bases importantes de sa stratégie. Il a réussi à maîtriser le mouvement, et en cette même année 1954 a été adopté le premier budget portant utilisation de l’énergie atomique. Et en 1955, la « Loi fondamentale sur l’énergie atomique », première loi relative à l’énergie nucléaire, a été approuvée.

    Et seule une minorité de gens sait que 20 000 habitants de l’atoll Rongelap, distant de 240 kilomètres de Bikini, souffrent à présent encore des radiations dues aux essais et ne peuvent revenir dans leurs îles.

     M. Yamashita Masahisa, âgé de 68 ans, qui a découvert que, outre Le Cinquième Dragon Heureux, plus de mille bateaux ont eux aussi été victimes de l’essai américain, déclare : “Le gouvernement ne s’est jamais soucié de ces marins. Il estimait plus important de faire évoluer la politique énergétique initiée par l’Amérique sous le nom d’ “Usage pacifique de l’énergie atomique”, que de soigner ces victimes. Il craignait d’avoir à payer de fortes indemnités, ce qui mettrait en danger l’évolution de l’Etat. J’ai peur que la même chose se passe à Fukushima. L’avenir de Fukushima a de forts liens avec les essais de la bombe à hydrogène dans le sud du Pacifique.”

    Autres informations : 

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    Le 29 Septembre 2014

    Les Japonais refusent toujours de «manger Fukushima»


    Au Japon, le secteur de la pêche surmonte le tsunami, mais pas la radioactivité de la centrale de Fukushima... Dans la préfecture de Fukushima, les pêcheurs sont toujours privés de poisson 3 ans après la catastrophe...

    Les pêcheurs du port d'Iwaki, à 30 km de la centrale nucléaire de Fukushima, ne pêchent presque plus : au pays du sushi, les consommateurs ne veulent pas manger de poissons qui ont frayé dans une mer contaminée.

    Ont-ils raison d'avoir peur ? Le point en quelques questions.

    L'océan près de la centrale de Fukushima est-il radioactif ?

    L'eau contaminée utilisée pour refroidir les réacteurs endommagés de la centrale est entreposée dans d'immenses réservoirs. Cette eau est censée être en partie décontaminée au moyen d'appareils spéciaux, avant d'être rejetée dans l'océan. Mais à cause de plusieurs incidents, de grandes quantités de particules radioactives se sont retrouvées dans la mer. Les autorités assurent qu'elles sont inoffensives une fois diluées dans l'océan.

    Le poisson de la région est-il dangereux pour la santé ?

    Une trentaine d'espèces auraient des niveaux de radioactivité acceptables, soit moins de 100 becquerels - une unité de mesure de la radioactivité dans les aliments. Certaines espèces, comme la raie, absorbent des niveaux de radioactivité plus élevés et ne peuvent être consommées, note Maeda Hisashi, président de l'Association des pêcheurs d'Iwaki. La production d'algues de la région est aussi complètement arrêtée.

    Que font les pêcheurs ?

    Ils ne pêchent que 1% de la quantité de poisson qu'ils pêchaient anciennement. Ils rapportent surtout des débris emportés au large par le tsunami. Le gouvernement les paie selon le poids des déchets récupérés. Ils sont aussi indemnisés pour leurs pertes, en fonction de leur revenu d'avant la catastrophe. Certains ont abandonné la pêche côtière pour s'engager sur les gros chalutiers qui partent plusieurs semaines pêcher le maquereau en haute mer. Mais la majorité des 1700 pêcheurs de la région restent oisifs et touchent leurs indemnités gouvernementales, ce qui contribue à l'augmentation des problèmes sociaux.

    Est-ce la même chose pour la production agricole ?

    Les producteurs locaux de fruits, légumes, riz, viande et produits laitiers ont aussi du mal à écouler leurs produits. La famille Niitsuma, dont les terres se trouvent juste à l'extérieur de la zone évacuée, a dû cesser sa production de plusieurs fruits, de riz et de champignons shiitake. Conséquence: une chute de 40% de ses revenus.

    Y a-t-il des tomates «mutantes» et des pastèques géantes, comme sur les photos qui ont circulé sur les médias sociaux ?

    Non. Certaines de ces photos n'ont pas été prises au Japon et dataient d'avant 2011. Il arrive que des fruits et légumes grossissent de façon exceptionnelle ou adoptent des formes étranges, sans que cela soit lié à la radioactivité.

    D'après La Presse Canadienne : Les fantômes de Fukushima

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    Le 17 mars 2014

    Au Japon, Tokyo prépare les JO 2020 !!!

    Dans la région de Sendaï,  les entreprises de travaux publics ont reconstruit les routes, les ponts... Parfois elles ont construit des digues énormes à l'entrée des baies. Derrière ces murs qui devraient résister au prochain tsunami, la vie reprend malgré tout, 3 ans après la catastrophe du 11 mars...

    Exemple de la baie de Yamada, renommée pour ses élevages d'huîtres et de coquilles saint-jacques

    Avant le tsunami du 11 mars 2011

    Maintenant...


    Près de 250 000 personnes de la région de Sendaï au Nord-Est du Japon vivent toujours dans des habitations provisoires... Pêche et aquaculture, activités économiques principales des communautés littorales sont reparties dans le Tohoku (dans les 2 préfectures de Miyagi et Iwate les plus touchées par le tsunami). Dans la 3e préfecture, la pêche est toujours interdite, au large de Fukushima...

    Grandes et petites sociétés se tournent maintenant du côté de Tokyo vers le grand chantier des Jeux Olympiques de 2020...


    Aquaculture. Le taux d'occupation de la baie de Yamada (Iwate) est redevenu important....


     Ainsi que dans la baie de Kesennuma (Miyagi), la zone d'élevage de l'ostréiculteur Hatakeyama



    Contre vents et marées, une autre histoire du tsunami - extrait

    Contre vents et marées, une autre histoire du tsunami – extrait sur la partie conchylicole avec Hatakeyama

    Date de publication : 06/03/2014

    Durée : 01:53

    France 3 Poitou-Charentes

    Le 11 mars 2011, à 130 km des côtes japonaises, un tremblement de terre d’une magnitude 9 sur l’échelle de Richter est ressenti jusqu’au coeur même de la ville de Tokyo. Il laisse présager pour les nombreux pêcheurs qui connaissent la région une catastrophe sans précédent. Découvrez la première minute de ce documentaire diffusé sur France 3 Poitou-Charentes le 8 mars 2014

    Relire RPA du 23 mars 2011 : Tsunami : Hatakeyama Shigaru, ostréiculteur à Kesennuma, témoigne...


    Trois ans après la catastrophe, un architecte japonais fustige le tout-béton de la reconstruction

    Trois ans après le tsunami, l'architecte Toyo Ito s’insurge contre la  politique de reconstruction et défend ses Maisons pour tous.

    Ennemi du monumental et du béton, Toyo Ito, créateur prolifique depuis bientôt cinquante ans, a reçu l’année dernière le prix Pritzker, la plus haute récompense de la profession... Trois ans après la catastrophe, il fustige le tout-béton colossal des opérations de reconstruction.

    Après la catastrophe de mars 2011, vous vous demandiez si la société japonaise avait encore besoin d’architecte. Trois ans plus tard, avez-vous la réponse ?

    Après ce qu’il venait de se passer, j’avais l’espoir que le Japon se métamorphoserait. Mais je suis déçu, la société japonaise n’a pas tellement changé. Par certains côtés, on peut même dire que c’est devenu plus difficile de faire de l’architecture. Les coûts de construction ont énormément augmenté dans le Tohoku [région au nord-est de l’île de Honshu, la plus touchée par le tsumani, ndlr] et les sociétés de construction et du BTP ont la mainmise sur tous ces travaux. Tous les budgets sont essentiellement consacrés à des chantiers de route, de pont, de digues et ne sont pas consacrés à des projets architecturaux plus fins.

    L’architecture ne vous fait plus rêver, ne vous inspire plus comme vous le disiez en 2011 ?

    Je le pensais déjà avant le 11 Mars et je ne crois pas que cela soit limité au Japon. Cette société est tellement bureaucratique, laissant peu de place à la créativité, aux idées nouvelles… J’ai même l’impression que c’est peut-être encore pire qu’avant la catastrophe. L’arrivée des Jeux olympiques, en 2020, va retarder une prise de conscience et les travaux sur ce qui doit être fait dans le Tohoku.

    En quoi les JO influent-ils sur l’architecture et la reconstruction du Tohoku ?

    Les entreprises et les artisans ont plus tendance à venir à Tokyo pour les JO qu’à s’occuper du Tohoku. On leur fait des offres financières plus intéressantes. Quant aux installations des JO, les grands projets sont déjà attribués.

    L’architecte Hitoshi Abe disait, au lendemain du tsunami de 2011, qu’il fallait rétablir la confiance entre les gens et les lieux ravagés par la vague. Comment y parvient-on ?

    Je me suis rendu plusieurs dizaines de fois dans le Tohoku, pour rencontrer les habitants et entendre leurs attentes afin d’intégrer leurs besoins dans mes projets. Mais, même si les responsables des mairies font attention aux envies des populations, on se rend compte qu’à l’échelon supérieur de la province et de l’Etat, il est très difficile de faire passer les desiderata des populations dans les grands projets. Par exemple à Kamaishi [ville du nord-est de l’archipel, ravagée par le tsunami qui a tué plus de 1 100 personnes, ndlr], les autorités municipales ont été plutôt attentives aux besoins des habitants. Des projets intéressants d’écoles, de logements, de salles municipales ont été élaborés. Mais il a été impossible de trouver une société pour la construction. Les prix sont totalement prohibitifs et parfois, il n’y a même pas d’entreprise prête à travailler sur place. Les deux projets de logement ont donc été annulés. La solution qui se présente, c’est de proposer des préfabriqués améliorés. Ce qui revient à dire que les gens, déplacés et hébergés dans des habitats provisoires depuis trois ans, n’auraient droit qu’à du préfabriqué…

    Donc, on ne peut pas concilier les objectifs d’une reconstruction rapide et visible voulue par le gouvernement avec ceux des habitants, ce qui demande du temps et de l’écoute ?

    Non, c’est impossible pour le moment. Le gouvernement s’acharne sur des grands travaux. Toutes les sociétés se sont précipitées sur les projets de digues en mer. Ce sont d’énormes chantiers qui rapportent beaucoup d’argent, nécessitent beaucoup de béton et de main-d’œuvre. Mais cette priorité affichée est une erreur totale de jugement. Il faudrait au contraire commencer par bâtir des écoles, des logements. Je suis sûr qu’à l’étranger, on se moque de nous et de nos travaux colossaux de digues. J’étais en colère au début, maintenant j’en ris de désespoir.

    Vous avez lancé des Maisons pour tous, lieux de rencontre et d’échange au sein des communautés villageoises. Est-ce le cœur d’une nouvelle architecture de l’après-catastrophe ?

    Suite de l'article d'Arnaud Vaulerin dans Libération : Toyo Ito : «Une architecture à taille humaine»

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    Le 14 mars 2014

    Le "Père" de l'ostréiculture japonaise survit à la catastrophe du 11 mars 2011



    Shinsho Miyagi est le "Père" de l'ostréiculture japonaise. Dans les années 1920, il vulgarise la technique de l'élevage des huîtres en suspension (sur des coquilles saint-jacques ensemencées naturellement en naissain).

    En 1979, un monument est construit en son honneur à Ishinomaki dans la baie de Sendaï (Miyagi). C'est là dans cette ville où la catastrophe du 11 mars 2011 frappe le plus fort. Près de 6000 morts et disparus. Le monument de Shinsho Miyagi résiste mais il est cassé en deux morceaux !

    Fin 2012, les autorités locales et les professionnels de la mer se mobilisent... Ils se mobilisent tant que Shinsho Miyagi revit dans deux mausolées...

    En octobre 2013, deux monuments sont inaugurés en l'honneur du "Père" de l'ostréiculture japonaise !


    Réhabilitation de l'ancien monument en souvenir du 11 mars 2011


    A côté, le nouveau monument...

    Sources : Les photos du haut sont extraites de cet article : Monument honoring Shinjo Miyagi - father of the cultured oyster - to be restored. Puis, les deux photos des nouveaux mausolées viennent de ce blog - Pour plus de précisions voir ce compte facebook  d'un amoureux des huîtres à la française !

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    Contre vents et marées, une autre histoire du tsunami, Aji-shima

    Chaîne Voyage

    Publiée le 12 mars 2014

    Extrait de l'émission : CONTRE VENTS ET MARRES. L'île d'Aji-shima est habitée par un groupe de femmes plongeuses. Elles avaient l'habitude de descendre dans les fonds marins dans le but de récolter des coquillages. Mais le tsunami et l'affaissement des littoraux ont mis en péril cette tradition. CONTRE VENTS ET MAREES est un documentaire diffusé sur la chaîne Voyage. Plus de photos et de vidéos sur www.voyage.fr

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    Le 30 octobre 2014

    Les pêcheurs de Fukushima toujours à l'arrêt...

    Les pêcheurs ne commercialisent pas plus de 1,5% des quantités d'avant la catastrophe de 11 mars 2011. Pourtant, le taux de radioactivité des poissons diminue régulièrement et de nombreuses espèces sont passées sous la barre de 100 bq de Cesium radioactif (seuil de commercialisation)...

    Nuclear Watch: Fishing in Fukushima



    Deep13th Nuclear Waste Info

    NHK World - 10/22/2014

    Nuclear Watch : Fishing in Fukushima

    Source : NHK World - Oct. 22, 2014

    Fishermen in Fukushima are feeling the effects of the process of decommissioning the Fukushima Daiichi Nuclear Power Plant. They've been forced to change the way they work. And there are still restrictions on what they can catch. In this edition of "Nuclear Watch," NHK WORLD's Daisuke Kamikubo looks at how fishermen are trying to rebuild their industry.

    The port of Onahama in Iwaki City is 50 kilometers south of the Fukushima plant. Fish are brought to the port four times a week. Fishermen call it test fishing.

    Right after the fish arrive, they're screened for radioactive cesium. At least one per species is tested from each section of the fishing grounds.

     "We have a rocky road ahead. But we will display the spirit of fishermen."

    Fish that are confirmed safe can be shipped to consumers throughout Japan. Following the disaster, government officials established the world's strictest standards for radiation exposure for fish. 


    A new limit on cesium - 100 becquerels / kg - was established. Right after the accident, 53% of fish caught in Fukushima were above the government ceiling. The number has gradually declined to 0.6%.

    The Fukushima fisheries federation set an even stricter limit - 50 becquerels / kg.

    All fishing in the area was halted after the accident. 15 months later, fishing for just 3 species resumed, 50 kilometers out to sea north of Fukushima.

    The area has been gradually expanded. Now, fishing is allowed in almost all waters except those very close to the plant. Fishermen now catch 52 species, about one-fourth of what they could before the accident.

     "We just have to go step by step. We have to go beyond making loud claims about the safety of fish from Fukushima. We should continue testing fish and prove they're safe, so consumers will eat them."

    But fishermen have yet to resume full-scale operations. They're not allowed to catch some species including flounder, which was the main source of revenue for Fukushima fishermen. The total volume of the catch is still 1.5 percent of what it was before the disaster. Fishermen say test fishing is necessary to rebuild the industry.

    "Fishermen want to be fully back in business. But they face yet another hardship...a planned release of contaminated water from Fukushima Daiichi. Plant operator TEPCO says there is no problem as radioactive substances have been removed from that water. But fishermen are not so sure."

    Nuclear Watch: Fukushima fishermen against water release plan



    Deep13th Nuclear Waste Info

    NHK World - 9/18/2014

    In August, TEPCO officials said they might discharge groundwater that had accumulated in wells dug around the plant's reactor buildings. They say the groundwater is contaminated, but will be processed before it's released into the sea.

    Fisheries in Japan

    Note du Parlement européen 

    Décembre 2013

    Japan is one of the world's most important consumers of fishery products. Fisheries traditionally play a considerable role in its food supply and form a key element of the regional economies in coastal areas. Japan has developed its own set of values and habits in terms of fisheries practices, along with an elaborate fisheries management system. This note provides an overview of fisheries activities in Japan and reviews some specific aspects of this highly complex sector.

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    And over 500,000 tons of radioactive water is stored in tanks. The operator says it will continue storing the water there. Local fishermen say they will never allow TEPCO to discharge the water into the sea.

    But they say they are not opposed to all of TEPCO's plans.

    "We fishermen need to work hand in hand on decommissioning Fukushima Daiichi. We can't run away from the accident. If we wish to catch fish off Fukushima and sell them, we need consumers to know the fish are safe to eat."

    TEPCO executives say the decommissioning will take up to 40 years. Fishermen are closely watching how the work proceeds.

    Conséquences des accidents nucléaires majeurs sur la faune et la flore sauvages : les estimations dosimétriques demeurent un point faible pour établir des conclusions robustes

    Suite aux accidents nucléaires de Tchernobyl (Ukraine) en 1986 et de Fukushima (Japon) en 2011, une centaine d’études a été publiée sur le thème des conséquences de l’exposition chronique aux rayonnements ionisants sur la santé de la faune et la flore sauvages peuplant les écosystèmes impactés par les rejets radioactifs dans les environs des deux centrales nucléaires.

    Source : IRSN - 28/10/2014

    Si les effets immédiats d’une exposition aiguë aux rayonnements ionisants sont connus et incontestés, les conclusions sont souvent contradictoires pour ce qui concerne l’exposition dans la durée à des doses plus faibles. Certaines études rapportent ainsi des effets délétères importants chez les espèces étudiées quand d’autres ne constatent aucun effet, voire même des effets bénéfiques.

    A quelques exceptions près, ces études ont un point commun : les estimations des doses (ou des débits de dose) absorbées par les organismes étudiés sont soit absentes, soit parcellaires. Dans ce dernier cas, les doses sont estimées par la simple mesure de l’intensité du rayonnement ionisant ambiant réalisée à l’aide d’un radiamètre portatif.

    Le débit de dose externe ambiant, un indicateur incomplet

    Le débit de dose externe ambiant mesure l’irradiation externe d’un organisme à un instant donné et à l’endroit où est réalisée la mesure. Or, l’irradiation peut aussi se faire par voie interne, suite à une incorporation de radionucléides dans l’organisme par divers processus (respiration, nutrition, absorption dermique, transfert materno-fœtal…).

    Pour des espèces différentes, le débit de dose total (externe et interne) varie en fonction des caractéristiques de l’espèce, de ses spécificités métaboliques - notamment l’efficacité d’assimilation du radionucléide -, de son cycle et de son mode de vie. Même pour une espèce donnée, la contribution des deux voies d’irradiation (externe et interne) fluctue également au fil du temps, selon le stade de vie.

    Enfin, en fonction du radionucléide et de son émission principale « alpha », « bêta » ou « gamma », la contribution de l’irradiation externe face à l’irradiation interne peut devenir négligeable. Ainsi, substituer le débit de dose total absorbé par l’organisme par le débit de dose ambiant introduit un biais dans le cas des radionucléides ayant par exemple, une composante principale d’émission « bêta » tel le césium 137.


    Une estimation dosimétrique d’autant plus incertaine que l’aire de vie d’une espèce est grande

    Sur un même territoire contaminé, les dépôts radioactifs sont hétérogènes en qualité et en quantité. Ce constat de « tâches de léopard » établi à Tchernobyl et à Fukushima fait peser une  incertitude sur la dose ou le débit de dose absorbée par les espèces sauvages qui ont une aire de vie importante. Ceci est particulièrement vrai pour les espèces migratrices.

    Des problèmes de méthodes

    Dans la plupart des études, les méthodes d’analyse des données présentent souvent un défaut de puissance statistique, en l’occurrence une difficulté à détecter une différence (si elle existe) entre le groupe des individus ou espèces exposées et le groupe non-exposé (ou témoin) qui sert à établir des comparaisons. En outre, un même effet biologique n’a pas les mêmes conséquences démographiques sur la population, d’une espèce à l’autre.

    Enfin, les exigences méthodologiques contraignantes propres aux études in situ ne sont pas toujours respectées. Par exemple, la stratégie d’échantillonnage devrait être conçue pour permettre d’analyser l’influence de facteurs divers comme les effets saisonniers, la durée de l’échantillonnage, les relations de compétition entre espèces, l’immigration/émigration des individus de la même espèce, l’exposition à d’autres stresseurs (métaux, substances organiques, manque de nourriture, conditions climatiques extrême, etc.).

    Télécharger la note d’information de l’IRSN du 28 octobre 2014 « Conséquences des accidents nucléaires majeurs sur la faune et la flore sauvages : les estimations dosimétriques demeurent un point faible pour établir des conclusions robustes » (PDF)

    Autres informations...

    Fukushima en 2014

    Points sur l’état des installations à la centrale de Fukushima Daiichi

    Au Sommaire
    • Points sur l’état des installations à la centrale de Fukushima Daiichi
    • Les conséquences sanitaires de l’accident nucléaire de Fukushima Daiichi
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    Radioécologie marine

    Expertise : Une équipe consacrée aux conséquences marines de Fukushima

    Source : IRSN
    À partir de données fournies par le Japon, une équipe d’experts de l’IRSN s’est intéressée à l’impact sur le milieu marin des rejets radioactifs consécutifs à l'accident de la centrale de Fukushima-Daiichi. Elle a établi des cartes des zones marines contaminées et tiré des conclusions radioécologiques, qui ont permis de répondre à des questions de la Commission européenne.

    Dans les jours qui ont suivi l'accident de Fukushima, en mars 2011, une équipe dédiée à la surveillance de l’environnement marin, la « cellule mer », était mobilisée à l’Institut. « Notre principale tâche consistait à récupérer les données de mesure dans l'environnement qui étaient publiées par les autorités japonaises », explique Bruno Fiévet, océanographe biologiste au laboratoire de radioécologie de Cherbourg-Octeville (Manche). Une tâche ardue les premières semaines, ne serait-ce que parce que les données étaient publiées en japonais. « Nous avons dû faire avec, avant d'obtenir des autorités japonaises que les sites soient consultables en anglais », se remémore Bruno Fiévet.

    Au total, les experts de l'IRSN parviennent à récupérer des données géo-référencées de concentrations en radionucléides dans l'eau de mer et également dans des poissons ramenés par les pêcheurs.

    « Nous nous sommes partagé le travail entre le laboratoire de Cherbourg-Octeville, qui a travaillé sur l'eau de mer, et celui de La Seyne-sur-Mer (Var), qui s'est attaché aux poissons. Les données géolocalisées sur l'eau de mer ont permis la réalisation de cartes des zones contaminées sur lesquelles on peut observer des taches de concentration qui s'étalent et s'amenuisent au fil du temps. Il nous a également fallu tirer des conclusions radioécologiques en ce qui concerne les quantités de radionucléides relâchées, leurs vitesses de déplacement et de dilution dans le Pacifique, valider dans quelle mesure les taux relevés dans les poissons étaient cohérents avec les concentrations dans l'eau de mer – au regard des coefficients habituels de transfert de l'un à l'autre –, et prédire l'évolution de ces concentrations dans l'espace et dans le temps. »

    L'ensemble de ce travail d'expertise a donné lieu à la rédaction de notes régulières, au départ destinées aux experts de l'Institut mais qui ont rapidement été rendues publiques sur le site de l'IRSN, en français et en anglais.


    Succès de la 3e conférence ICRER organisée par l’IRSN et l'autorité de radioprotection norvégienne NRPA

    La conférence internationale de la radioécologie et de la radioactivité dans l’environnement (ICRER) s’est tenue en septembre 2014 à Barcelone. Co-organisée par l’autorité de radioprotection norvégienne NRPA et l’IRSN, cette 3e édition  après celles de Bergen (Norvège) en 2008 et d’Hamilton (Canada) en 2011, a connu une affluence record avec 430 participants – chercheurs, industriels, organismes de réglementation et experts – représentant 45 pays, notamment des pays émergents.

    Source : IRSN

    A cette occasion, les experts de l’IRSN ont présenté leurs thématiques de recherche et les applications opérationnelles qui en découlent. Pour sa part, Jacques Repussard, Directeur général de l’IRSN, a salué en ouverture de la conférence les progrès réalisés au niveau européen en matière d’intégration de la recherche en radioécologie.

    Enseignements sur l’accident de Fukushima

    Disposant à présent du recul nécessaire, les experts et les chercheurs ont tiré les premiers enseignements de l’accident de Fukushima. Deux domaines ont été abordés : les conséquences sur le milieu marin et les conséquences en milieu terrestre, en particulier sur des compartiments de l’environnement jusque-là peu ou pas étudiés comme les forêts, les rizières et des plantes spécifiques au Japon,…

    L’expérience de Fukushima  a également souligné l’importance, pour les experts et les chercheurs, de se mettre à l’écoute des populations menacées ou touchées par les conséquences d’un accident.  Ainsi, seule une gestion décentralisée et permettant aux populations affectées de reprendre leur destin en main permettra à l’avenir d’aborder dans de bonnes conditions ce type de situations.

    Besoin d’accélérer la recherche

    (...)


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    Exemple

    Present status in 137Cs contamination in the marine biota along the Pacific coast of eastern Japan derived from a dynamic biological model simulation following the Fukushima accident

    Y. Tateda1, D, Tsumune1, K, Tsubono1, K, Misumi1, M. Yamada2, J, Kanda3 and T. Ishimaru3
    1 Environmental Science Research Laboratory, CRIEPI, 1646, Abiko, Chiba, 270-1194 Japan. 2 Institute of radiation Emergency Medicine, Hirosaki University, 66-1 Hon-cho, Bunkyo, Hirosaki, Aomori, 036-8564,Japan. 3 Tokyo University of Marine Science and Technology, 4-5-7, Konan, Minato, Tokyo, 108-8477, Japan.

    Cliquer ici pour télécharger cette communication 


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    Le 11 Mars 2015 

    Le document de l'IRSN : « Fukushima en 2015 »

    L’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) vient de publier un dossier d’information « Fukushima en 2015 » sur la situation au Japon, quatre ans après l'accident du 11 mars 2011 à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

    Source : IRSN

    Ce dossier porte sur la situation à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (Japon) ainsi que sur les impacts pour la santé et l’environnement de l’accident nucléaire et des rejets radioactifs :

    « Point sur l’état des installations à la centrale de Fukushima Daiichi en 2015 » 

    Concernant la centrale de Fukushima Daiichi, l’IRSN fait le point sur les actions mises en œuvre pour contrôler les installations, maîtriser les rejets radioactifs ainsi que gérer et traiter les eaux chargées en éléments radioactifs.

    « Impact environnemental en 2015 de l’accident de Fukushima Daiichi »

    L’institut analyse également l’impact sur l’environnement des rejets radioactifs (contamination de l’air, du milieu forestier et des cours d’eau), leurs conséquences pour la population et le niveau de contamination des denrées alimentaires.

    « Impact sur la santé en 2015 de l’accident de Fukushima Daiichi »

    Un bilan est tiré des premiers résultats des études épidémiologiques sur la population de la région de Fukushima, en particulier l’estimation des doses potentiellement reçues et les conséquences psychologiques de l’accident de Fukushima Daiichi. L’IRSN fait également le point sur la situation des travailleurs impliqués dans les opérations menées sur le site de la centrale.

    « Accident de Fukushima : Décontamination et gestion des déchets en 2015 »

    Enfin, l'IRSN évalue l'avancée des travaux de décontamination et les stratégies en cours pour gérer les volumes très importants de déchets.

    « Fukushima en 2015 » 

    Impact environnemental en 2015 de l’accident de Fukushima Daiichi

    Près de 4 ans après les rejets radioactifs qui ont suivi l’accident de mars 2011 à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, l’IRSN fait un nouveau point sur la contamination environnementale et les expositions des personnes à partir des évolutions observées.

    L’institut analyse également les impacts des rejets radioactifs en milieu marin, notamment le césium 137. Ces investigations concernent trois aspects : la modélisation de la dispersion des rejets dans l’ensemble du Pacifique nord, la contamination des sédiments et les conséquences sur les espèces marines.

    Télécharger la note « Actualisation des connaissances à l’évolution de la pollution radioactive de l’eau de mer, des sédiments et des espèces marines »



    Impact sur le milieu marin

    La centrale de Fukushima est située sur la côte de l’océan Pacifique, à proximité de la zone d'interaction de deux courants, qui entraînent des courants giratoires variables. Ces courants sont déterminants pour la dispersion de la pollution radioactive à moyen et long terme.

    Les rejets en mer continuent depuis le site de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi et l’ensemble du Pacifique Nord est maintenant marqué par le césium 137 jusqu'à environ 500 mètres de profondeur. Les outils de modélisation ne permettent pas de s’affranchir des mesures sur des prélèvements en mer pour estimer la dispersion de la contamination.

    Les espèces marines sont encore parfois contaminées en radiocésium à un niveau qui dépasse la limite fixée par les autorités sanitaires japonaises (100 Bq.kg-1), essentiellement dans la préfecture de Fukushima, comme indiqué dans le rapport de l’Agence des Pêches Japonaises (*). Dans ce contexte, il est important que les mesures de contrôle des produits de la pêche soient maintenues dans la région de Fukushima.

    Actualisation des connaissances relatives à l’évolution de la pollution radioactive de l’eau de mer, des sédiments marins et des espèces marines issue du site nucléaire accidenté de Fukushima Daiichi



    Les poissons restent globalement les organismes marins qui présentent les niveaux de contamination en césium les plus élevés, même si une légère tendance à la baisse dans le temps apparaît. En effet, cet élément présente des facteurs de concentration plus élevés chez les poissons par rapport aux invertébrés (AIEA, 2004) et une légère biomagnification avec le niveau trophique est reportée dans la littérature (Harmelin-Vivien et al., 2012; Kasamatsu et Ishikawa, 1997; Zhao et al, 2001). Cependant, à ce jour, on ne note pas d’augmentation significative dans les évolutions temporelles qui puisse être directement liée à des fuites massives sous la centrale. L’incertitude sur les sources de contamination et leur quantification ne permet pas de donner une prédiction de l’évolution temporelle des concentrations au sein des chaînes trophiques. Les demi-vies écologiques données par Wada et al. (2013) et Iwata et al. (2013) sont de plusieurs centaines de jours, attestant que la surveillance sur des organismes marins devra se poursuivre.

    Depuis l’accident toutes les pêches dans la préfecture de Fukushima ont été interdites à l’exception des pêches à la senne coulissante au large pour des thons obèses et au filet de surface pour les "balaou du Pacifique" (poissons vivant au large près de la surface). Madigan et al. (2012) ont observé du 134Cs dans des thons (Thunnus orientalis) pêchés au large de la Californie à des niveaux très bas (de l’ordre de quelques Bq kg-1 poids sec pour les individus pêchés en 2011 et de moins de 1Bq kg-1 poids sec pour les individus pêchés en 2012). L’IRSN avait également observé un marquage en 134Cs chez un tazard du large (Acanthocybium solandri, Cuvier 1832), pêché par l’expédition TARA en octobre 2011 au Nord des îles Hawaï dans le Pacifique Nord. Ces marquages attestent de la migration de certaines populations de grands poissons pélagiques dans le Pacifique Nord.

    Télécharger la note « Actualisation des connaissances à l’évolution de la pollution radioactive de l’eau de mer, des sédiments et des espèces marines »



    Retour de la population dans certaines zones évacuées

    La diminution du débit de dose dans l’air extérieur et les mesures individuelles qui attestent que la dose externe effectivement reçue par les personnes est de l’ordre de 4 à 10 fois plus faible que celle dans l’air extérieur, ont permis dès 2012 aux autorités japonaises d’envisager le retour des populations dans certaines zones évacuées.
     
    Zonage des territoires évacués en octobre 2014. Bilan à cette date des personnes évacuées en fonction de leur lieu de résidence d’origine


    Une fois l’ordre d’évacuation levé, le retour effectif de la population et les intentions même de retour sont très variables d’une localité à l’autre. Si la santé reste la préoccupation principale des habitants qui se posent la question du retour, les raisons financières, liées à l’emploi et la vie sociale, viennent immédiatement après.

    La levée de l’ordre d’évacuation nécessite d’abord la restauration préalable des infrastructures (eau, gaz, voiries, télécommunications) et des services publics (médical, postal, éducatifs). Ils dépendent également de la perception du risque radiologique mais aussi des conditions socio-économiques. Fin 2014, suite à la levée en avril et octobre des ordres d’évacuation d’une partie des communes de Tamura et Kawauchi respectivement, la moitié des populations concernées était revenue chez elles.

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    Naoto Kan : "Comment Fukushima m’a rendu définitivement anti-nucléaire"

    On trouvera ci-après l’interview de Naoto Kann Premier ministre du Japon au moment de la catastrophe de Fukushima, réalisé par le rédacteur en chef du site Reporterre Hervé Kempf pour le film « Libres ! » de Jean-Paul Jaud, en salle le 11 mars prochain.



    Interview de Naoto Kan par Hervé Kempf ©Youtube/Jaud

    Naoto Kan a vécu comme Premier ministre du Japon les heures terribles qui ont suivi le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima. Une expérience qui l’a transformé en profondeur.

    Source : Sciences et Avenir Par Loïc Chauveau Publié le 26-02-201


    TÉMOIGNAGE. Naoto Kan témoignait le 24 février 2015 sur la scène du théâtre du Rond-Point à Paris. Il y a près de quatre ans, le cœur de 3 des 6 réacteurs de la centrale nucléaire  de Fukushima fondait en émettant une forte radioactivité dans l’air et dans la mer de cette région de l'est du Japon. Le Premier ministre Kan a vécu de près ces évènements mais, démissionné six mois plus tard de son poste. On a par la suite peu entendu cet homme du Parti démocrate du Japon (PDJ, Centre gauche), toujours député au Parlement japonais. A l’invitation de l’ONG Green Cross, il entreprend aujourd’hui une tournée européenne de témoignage.

    C’est peu de dire que cette catastrophe a transformé l’homme. Rappelant les heures qui se sont égrenées entre le tremblement de terre de magnitude 9 qui s’est déclenché à 14h46 le 11 mars et le 15 mars, où on a pu enfin évaluer correctement l’ampleur des dommages, Naoto Kan ne cesse d’avouer : «j’ai eu peur». Cette peur est évidemment due à l’intensité des événements, mais elle a été amplifiée par l’impossibilité de connaître l’évolution de la situation et l’impréparation totale du gouvernement, de la sécurité civile et de Tepco, l’exploitant de la centrale. Si les ravages provoqués par le tsunami ont pu faire l’objet d’une évaluation rapide après le retrait de la vague, comment faire quand il s’agit de réactions nucléaires en chaîne au sein d’un réacteur hors de contrôle dans une enceinte détruite par une explosion?

    "J'ai eu peur"

    Naoto Kan, raconte que dans un premier temps, on lui a assuré que les réacteurs se sont automatiquement arrêtés. L’explosion du réacteur 1 le 13 mars au soir et celui du 2 le 14 au matin infirment ces nouvelles rassurantes. Le Premier Ministre est alors un homme qui avance à l’aveuglette. Il n’existe pas de cadre particulier d’organisation des secours d’urgence, pas de plan d’évacuation des populations. "J’avais à ma disposition une agence de sûreté nucléaire, mais quand j’ai sollicité son secrétaire général, je me suis aperçu qu’il ne s’agissait pas d’un spécialiste de l’énergie nucléaire, mais d’un économiste !".

    ÉVACUER TOKYO. En urgence, un "scénario du pire" est élaboré. Onze réacteurs se situent dans la zone de Fukushima avec une dizaine de piscines contenant du combustible usé. Que se passerait-il si tous entraient en fusion ? "Pendant quelques heures, j’ai envisagé qu’il me faudrait ordonner l’évacuation d’un espace de 250km autour des centrales incluant Tokyo, soit 50 millions de personnes à déplacer sans aucune préparation et peut-être sans espoir de retour", poursuit l’ex-Premier Ministre. Passe le spectre d’une désorganisation totale des administrations et même la fin de l’Etat japonais.
    Contre le redémarrage des centrales nucléaires

    Le 15 mars, le scénario du pire est écarté, mais Naoto Kan ne sera plus jamais le même. "J’étais partisan auparavant d'une énergie nucléaire couvrant la moitié des besoins du Japon en électricité et je faisais confiance dans la solidité d’une industrie pouvant assurer la sûreté des installations, rappelle Naoto Kan. Après la catastrophe, j’ai fait fermer toutes les centrales et voter une loi réduisant à zéro la part du nucléaire puis institué le cadre d’un développement rapide des énergies renouvelables".

    LOBBY. Depuis son départ du pouvoir fin août 2011, il n’a jamais varié de cette position, bataillant contre le puissant lobby nucléaire de son pays. Il lutte contre la décision du gouvernement conservateur de Shinzo Abe de revenir à l’énergie nucléaire. 4 centrales sont aujourd’hui en attente d’une autorisation de redémarrage alors que 70% des Japonais sont contre l’énergie nucléaire.

    Le Japon est actuellement en train d’étudier la proposition de réduction des gaz à effet de serre que le pays doit faire dans le cadre des négociations sur le climat de Paris en décembre prochain. Débat difficile car l’arrêt total du nucléaire a imposé l’usage accru de gaz et de pétrole. Entre avril 2013 et mars 2014, le pays a émis 1224 milliards de tonnes de CO2 (troisième émetteur mondial derrière la Chine et les USA), soit 1,4% de plus que lors des 12 mois précédents. Depuis 1990, ses émissions ont augmenté de 16% alors que les objectifs prévoyaient une diminution de 8% d’ici 2020. « Mais grâce aux énergies renouvelables nous pouvons avoir des objectifs ambitieux de réduction de CO2 sans le nucléaire, assène Naoto Kan. Les scientifiques nous disent qu’il ne peut y avoir de risque zéro. Dans ce cas, il faut arrêter toutes les centrales nucléaires existantes».

    En 2011, la pêche japonaise a chuté de 550 000 tonnes soit 10% de production nationale 


    Après une baisse de 550 000 tonnes en 2011, l'année des catastrophes sur les côtes du nord-est japonaises, la pêche (compris l'aquaculture) a repris 100 000 tonnes en 2012...

    Comment les japonais vivent-ils quatre ans après le tsunami ?


    Certains villages de préfabriqués s’étant peu à peu vidés, des réfugiés sont amenés à déménager et à rejoindre une nouvelle communauté. Photo : Quentin Weinsanto

    Source : Ouest France

    Quatre années ont passé, depuis l’effroyable tsunami et la catastrophe de Fukushima, au Japon. Les situations divergent pour les réfugiés de la préfecture d'Iwate.

    Au Japon, Ofunato est l’une des villes les plus touchées par le tsunami du 11 mars 2011. À certains endroits, la vague a pu atteindre plus de 23 mètres de hauteur et pénétrer jusqu’à 3 kilomètres à l’intérieur des terres...Sur le site de Yamagishi Danchi, plus de deux tiers des 80 familles qui résidaient dans un village de préfabriqués temporaires ont déménagé dans leurs nouvelles maisons, construites dans des endroits plus élevés. « Pour moi, le plus difficile, c’est de voir moins souvent mes amis, déplore Misaki, qui a déménagé fin 2014. Nos voisins ne sont pas encore tous installés. De plus, nous n’avons encore aucun magasin à proximité. » Mais à proximité de là, à Rikuzentakata, la situation est bien différente. Cette ville a été pratiquement rasée par la catastrophe...

    Les plaies du Tsunami toujours douloureuses


    Un reportage de Quentin Weinsanto dans deux communautés de pêcheurs de la Préfecture d'Iwate : Ofunato et Rikuzentakata

    Cliquer Ici pour voir le reportage dans l'Edition du soir de Ouest France

    Ofunato : La vague destructrice




    Japan tsunami 2011 -  4 year anniversary



    Joseph Friedman
     
    Pour rappel (à la date du 3 octobre 2012)

    15870 morts
    2813 disparus

    Au nord-est du Japon, le Sanriku est la zone la plus touchée par le tsunami du 11 mars 2011


    Dans la province du Tohoku, Iwate et Miyagi sont les deux préfectures les plus dévastées par le tsunami. Elles produisaient plus de 600.000 tonnes de produits halieutiques chaque année (416.000 tonnes tirées de la pêche + 188.000 tonnes de l'aquaculture en 2007). Soit 11% de la production nationale totale (et 16% de l'aquaculture japonaise). Pour rappel, la production halieutique de la France est de 733 000 tonnes dont 200 000 tonnes issues de l'aquaculture.

    Sur 300 km de côtes, ces deux départements abritaient plus de 200 ports de pêche et près de 30.000 bateaux professionnels. Avec une diversité d’activités aquacoles remarquable : ostréiculture (notamment le captage pour l'approvisionnement en naissain des ostréiculteurs de la baie d'Hiroshima au sud de l'archipel nippon), pectiniculture, algoculture, élevage d’ascidies et pacage marin de saumons, d’oursins et d’ormeaux. Et un élevage de saumon Coho en cages...

    Pacage marin : A deux pas du port de pêche ravagée, l'écloserie de saumon de la coopérative de pêcheurs de Miyako (Iwate - 1987)

    Pacage marin (ou sea ranching) consiste à produire des juvéniles en écloserie... Puis à ensemencer la mer en jeunes saumons (smolts), petits oursins ou ormeaux... Les pêcheurs récoltent ensuite saumons (montaison), oursins et ormeaux à la taille adulte... C'est ainsi que le Japon est l'un des 4 plus grands producteurs de saumons "sauvages" avec des captures moyennes de 250 000 tonnes chaque année...

    Comparaison avec la Bretagne, première région halieutique française : La longueur de la façade maritime du Sanriku équivaut approximativement à celle de deux départements bretons (Miyagi + Iwate = Finistère + Morbihan). Cette région côtière japonaise bordée des baies profondes et encaissées  ressemblent aux abers bretons. Deux régions rurales et agricoles... Cependant la comparaison s'arrête là. Au Sanriku, l'espace maritime est occupé principalement par des ports de pêche et des cultures marines, alors qu'en Bretagne, les ports de plaisance et les bateaux au mouillage s'imposent de plus en plus dans le paysage...

    Depuis le train côtier, très belle vue sur les champs d'algue Wakame dans une baie du Sanriku (Miyagi - 1987)


    Tsunami : 11,5 milliards d'euros de dégâts dans la pêche et l'aquaculture

    Tous les détails dans la version japonaise datée du 17 juin 2014 : cliquez Ici  (sur Google chrome) ou (sur Firefox)

    11,5 milliards d'euros sur un total de 21,7 milliards pour l'ensemble Agriculture + Forêt + Pêche
    • 28 612 bateaux de pêche détruits ou endommagés
    • 319 ports de pêche détruits ou endommagés