mardi 24 juillet 2012

Margiris. Super chalutier dans l'Océan Mondial

Abidjan : le super chalutier hollandais arrive au port de pêche en ce début de ramadan...

28 juin 2012. Ijmuiden (Pays-Bas) : Greenpeace tente de stopper l’appareillage du chalutier-usine FV MARGIRIS en route pour l’Australie. Ce super chalutier de l’armement hollandais, Parlevliet & Van der Plas (P&P) (1), n’est pas le bienvenu dans les eaux australiennes… Une pétition circule sur le net à l’intention du Ministre australien des pêches : Stop the Super Trawler ?

23 juillet 2012. Abidjan (Côte d’Ivoire) : Le MS MARGIRIS mouille au port de pêche ivoirien avec 4000 tonnes (2) de poisson congelé à bord. En ce début de ramadan, cette grosse cargaison de poisson est une véritable aubaine dans ce pays qui a du mal à se relever de plusieurs années de guerre civile.... (3)

Hien Sié, Directeur général du Port Autonome d’Abidjan (Paa) a révélé que c'est la première fois qu'un navire de pêche battant pavillon lithuanien et affrété par Parlevliet & Van der Plas, une société Néerlandaise spécialisée dans le trafic de poissons congelés en carton et long de 136,12 m fait escale au Port d'Abidjan pour décharger du poisson. En effet, c’est un chalutier qui fait ses opérations habituelles en haute mer. Ce navire qui a, à son bord, 4000 tonnes de poissons, compte en décharger 2000 tonnes à Abidjan. Pour Hien Sié, le choix du port d'Abidjan est relatif à la qualité de ses infrastructures et à ses performances. Mieux, de nouvelles mesures ont été prises au niveau de la sécurité et de l'exploitation au port de pêche. « Nous sommes décidés à mettre de l'ordre car l'espace doit être accessible aux seuls grossistes. Les détaillants doivent rester en dehors du port », a-t-il expliqué. Hien Sié qui a évoqué la question des infrastructures du port de pêche dont le quai est physiquement détérioré a expliqué que des projets sont en cours de finalisation afin d'améliorer ces infrastructures vieilles de 40 ans. Objectif : Accueillir de grands navires qui ont un tirant d'eau de 10m. Quant au ministre de la Production animale et des Ressources halieutiques, Kobenan Adjoumani Kouassi qui a visité le navire, il a fait savoir que ‘‘tant qu'il y aura du poisson en abondance, le prix va baisser’’. En Côte d'Ivoire, la consommation actuelle de poissons est estimée à 500.000 tonnes contre une production nationale de 40 000 tonnes. Source : Le Patriote

Fin août 2012. Davenport (Tasmanie - Australie) : Le chalutier FV Margiris arrive en Australie.

Le FV Margiris est basé dans le port de Davenport en Tasmanie. L'Autorité australienne de gestion de la pêche (AFMA) lui a réservé un quota de 18.000 tonnes de petits pélagiques (10.500 tonnes de chinchard + 7.500 tonnes de redbait) au sud de la grande île australienne, indiquant que le Margiris n'aura quasiment pas d'impact, voire aucun, sur l'éco-système, et il sera soumis à de strictes limites de quotas de pêche. Il ne pourra pêcher que 10% des poissons disponibles, un pourcentage inférieur aux normes internationales selon l'Autorité australienne (qui a consacré plusieurs pages de son site web à se justifier : Super trawler FAQs)

L’AFMA veut répondre aux accusations des associations de pêche récréative, très inquiètes pour ces petits poissons qui leur servent d’appâts. Elles n’admettent pas que les autorités australiennes laissent entrer un navire aussi gros : « Ce navire de 9.500 tonnes, long de 143 mètres, est un des plus gros chalutiers au monde, et c’est la première fois qu’un si grand bateau de pêche va opérer dans nos eaux… »

Le supertrawler a été accusé par Greenpeace dans le passé de surpêche au large de la côte ouest de l'Afrique. Où que ce bateau se soit rendu, il a détruit les stocks de poissons et les moyens d'existence des pêcheurs, affirme Nathaniel Pelle, de Greenpeace Oceans.

Mais, l'Autorité australienne de gestion de la pêche a balayé tous ces arguments…

Pas de réaction des pêcheurs professionnels australiens ?

Plusieurs manifestations ont regroupé près d’un millier de pêcheurs sportifs, le 22 juillet 2012 dans différents ports de Tasmanie : Hobart, Launceston et Davenport. Lire : Fishermen make anger clear.

L’arrivée de ce supertrawler fait débat en Australie : les contre (pêcheurs sportifs et plongeurs) et les pour (libéraux) : Hysteria over science. Mais, pas de réaction des pêcheurs professionnels dans les journaux ! Il semblerait qu’il n’y en ait plus beaucoup dans cette région australienne tournée vers la plaisance, la plongée et la pêche de loisirs. Et surtout, la privatisation de la ressource halieutique (avec l'application du système de gestion par les QIT en Australie) auraient éliminé les pêcheurs artisanaux ? Lire les commentaires plus bas....

Philippe Favrelière (texte modifié le 25 juillet 2012)

(1) Parlevliet & Van der Plas (P&P) est "propriétaire" des armements, boulonnais et malouin, Euronor et Compagnie des Pêches, à travers sa filiale UK Fisheries...
(2) 4.000 tonnes représentent les débarquements de toute une année dans une criée de moyenne importance en France. (La Cotinière : 5.000 tonnes avec une centaine de bateaux de pêche, Lorient : 25.000 tonnes)
(3) A une autre époque, j'avais participé à l'arrivée d'une cargaison de poisson congelé au port de pêche de Treich-ville à Abidjan. Quel spectacle ? Sur les quais et à l'extérieur du port. Les bâchés, Toyota, Hyundaï et autres, chargés à bloc de cartons, partaient à toute allure dans toutes les villes de l'intérieur, dans un pays où le réseau de "frigo" était probablement parmi les plus denses en Afrique. Les femmes achetaient ensuite ces cartons (de 20 ou 25 kg ?) pour fumer le poisson (maquereau, chinchard, sardinelle,...)....

Autres articles :
Aller à la source de la carte dans Mappemonde : L’océan mondial de la planète bleue

Pour suivre la route et savoir la position du Margiris sur l'Océan Mondial, cliquer : Marine Traffic (Port de Treichville à Abidjan le 23 juillet 2012) ou ShipSpotting (toujours au Pays-Bas le 3 juillet 2012)

Autre Supertrawler : Le Lafayette, chalutier de 240 m de long affrêté par Pacific Andes, après sa campagne européenne (et au large de la Mauritanie ?), est positionné depuis fin juillet 2012 à Montevideo (Uruguay), en route pour les Îles Féroé (16 août 2012), cliquer Marine Traffic

Question : D'où vient le poisson congelé débarqué à Abidjan ?
  1. Maquereau et chinchard pêchés en Atlantique Nord-Est avant le départ du MS MARGIRIS des Pays-Bas...
  2. Maquereau et sardinelle capturés au passage dans les eaux ouest-africaines (Maroc, Mauritanie, Sénégal,...)...
  3. ...
Quelqu'un aurait-il une réponse ? Mettre dans les commentaires plus bas

Merci à Yan Giron pour sa recherche... Il s'agit bien du même navire : FV Margiris et MS Margiris

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FV Margiris rebaptisé Abel Tasman suite...

Le 11 septembre 2012


SYDNEY (Australie) - Un chalutier géant, un des plus gros au monde, devait être provisoirement interdit de pêche dans les eaux australiennes, une décision saluée mardi par Greenpeace qui l'accuse de surpêche au large de la côte ouest de l'Afrique.

Le navire-usine de 9.500 tonnes, qui battait d'abord pavillon lituanien sous le nom de FV Margiris, récemment passé sous pavillon australien et rebaptisé Abel Tasman, se trouve depuis la fin août à Port Lincoln, dans le sud de l'Australie.

Alerté par les écologistes, le ministre de l'Environnement Tony Burke a cherché les moyens d'empêcher le Margiris de lancer une campagne de pêche au large de la Tasmanie mais, en l'état, la législation ne le lui permet pas.

Le ministre devait donc présenter mardi au Parlement un nouveau projet de loi étendant ses pouvoirs. Sauf surprise, il devrait être voté.

Il y a des risques que je ne suis pas prêt à prendre, s'est justifié M. Burke. On n'a jamais vu de bateau de pêche de cette capacité en Australie et la Loi sur la Protection de l'Environnement et la Conservation de la Biodiversité doit être revue pour en tenir compte, a-t-il ajouté.

La nouvelle loi tiendrait le Abel Tasman à distance des eaux australiennes le temps que des experts évaluent l'impact de son activité sur la faune marine, en particulier sur les dauphins, phoques et lions de mer qui peuvent finir accidentellement dans ses filets.

L'Autorité australienne de gestion de la pêche (AFMA) estime de son côté que le chalutier n'aurait quasiment pas d'impact sur l'éco-système en étant soumis à de strictes limites de quotas de pêche, 10% des poissons disponibles, un pourcentage inférieur aux normes internationales.

Le Margiris, qui battait alors pavillon lituanien, avait déjà été stoppé par une équipe de Greenpeace en tentant de quitter le port néerlandais de Ijmuiden fin juin.

Pour Greenpeace, la décision de Canberra constitue un message fort aux flottes de super chalutiers, selon lequel l'opposition du monde à leur activité non durable ne cesse de grandir, et accentue la pression sur l'Union européenne pour qu'elle retire ses subventions aux chalutiers géants.

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30 août 2012 : Margiris accoste à Port Lincoln

Greenpeace tente de bloquer un chalutier géant en Australie (Libération)

L'ONG accuse ce navire-usine d'avoir ravagé les réserves halieutiques en Afrique de l'Ouest.

Un méga-chalutier, l’un des plus gros bateaux de pêche au monde, a accosté jeudi à Port Lincoln, dans le sud de l’Australie, malgré une opération de Greenpeace qui l’accuse de piller les océans et tente de l’empêcher de lancer une campagne en Tasmanie.

Le FV Margiris, que les écologistes accusent de surpêche au large de la côte Ouest de l’Afrique, avait déjà été stoppé par une équipe de Greenpeace en tentant de quitter le port néerlandais de Ijmuiden fin juin.

Ils avaient entravé le Margiris, un navire-usine de 9 500 tonnes battant pavillon lituanien, en se suspendant à sa coque et en posant des chaînes autour de l’hélice.

Les activistes l’ont de nouveau harcelé jeudi alors qu’il tentait d’entrer dans Port Lincoln où, selon la presse locale, il devait rester plusieurs jours, le temps de passer sous pavillon australien et subir des travaux de maintenance.

Ils ont vainement tenté de monter sur le pont, les marins sectionnant les cordes qu’ils avaient lancées pour se hisser à bord, puis ils se sont enchaînés à un ponton du port, empêchant le navire de s’approcher du quai pour s’amarrer.

Le Margiris s’est finalement imposé, menaçant les activistes qui ont juste eu le temps de désamarrer leur zodiac, a indiqué à l’AFP une porte-parole de l’organisation, Julie Macken.

«C'était assez extraordinaire de voir l’agressivité avec laquelle le Margiris a manoeuvré alors que nos militants étaient toujours sur sa trajectoire», a-t-elle dit. Désormais, selon elle, «la balle est dans le camps des Australiens» et du gouvernement.

L’Autorité australienne de gestion de la pêche (AFMA) estime que le Margiris n’aurait quasiment pas d’impact, voire aucun, sur l'éco-système, et serait soumis à de strictes limites de quotas de pêche.
Il ne pourra pêcher que 10% des poissons disponibles, un pourcentage inférieur aux normes internationales, selon l’AFMA.

Mais le gouvernement doit encore donner son feu vert et le ministre de l’Environnement, Tony Burke, a mis la question à l'étude pour tenter de savoir notamment si le chalutier, comme l’en accusent les défenseurs de l’environnement, peut attraper dans ses filets dauphins, phoques et requins.

«Il a sollicité des avis (scientifiques) et il attend un retour», a indiqué sa porte-parole.

Ces bateaux de pêche géants «ont surpêché dans les eaux européennes, dévasté les stocks de poissons dans le Pacifique Sud et en Afrique de l’Ouest. Nous ne pouvons pas laisser cela se reproduire en Australie», a déclaré dans un communiqué un responsable des campagnes marines de Greenpeace, Nathaniel Pelle.

Canberra a annoncé mi-juin la prochaine création du plus vaste réseau au monde de réserves naturelles marines, autour de ses côtes.

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15 août 2012. En Australie, l’arrivée (imminente) du Super-Trawler Margiris fait débat. Les pêcheurs de thon rouge donnent leur opinion. Les pour et les contre : Super trawler: destructive or sustainable?

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Le 13 décembre 2012

Le Maartje Theadora reste à quai à Cherbourg

Ce navire, qualifié d'"aspirateurs à poissons", est suspecté d'avoir employé des méthodes de pêches illégales au large de la Baie de Seine.

Source : France 3 Basse Normandie Par Christophe Meunier



Reportage de Sylvain Rouil et Florine Ebbhah

Ce chalutier immatriculé en Allemagne à Rostock a été dérouté depuis la Baie de Seine par les autorités Françaises car il pêchait avec des filets non-conforme à la réglementation européenne. Visiblement ce bateau de 140 mètres de long n’en est pas à sa première infraction

Les 57 membres d'équipage et le capitaine allemand sont cantonnés dans leur bateau, le Maartje Theadora, un chalutier de 140 mètres, en attendant de connaître le montant de la caution dont devra s'acquitter l'armateur néerlandais. Ce navir, immatriculé en Allemagne à Rostock, a été dérouté depuis la Baie de Seine par les autorités Françaises car il pêchait avec des filets non-conforme à la réglementation européenne. Il est bloqué au port de Cherbourg depuis mardi.

Ce géant des mers traîne dans son sillage une réputation de prédateur. Il est dans le collimateur de Greenpeace. Des militants de l'association l'avaient stoppé dans ses activités de pêche au large de la Mauritanie en mars dernier. Quelques mois plus tard, le gouvernement sénégalais l'avait chassé de ses eaux territoriales.

"Il y a en quelques sortes un vrai problème des capacités de contrôle aujourd'hui et il y a beaucoup de possibilités pour ces navires qui opérent en haute-mer de passer à travers les mailles du filet", explique François Chartier, chargé de campagne Greenpeace France, "La pêche illégale est malheureusement extrêmement plus répandue qu'on l'imagine, ça touche aussi les navires européens. En France, on estime que 25% du poisson qu'on mange est d'origine illégale"

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Le « Maartje Theadora » est consigné jusqu'à nouvel ordre au quai de Normandie sur le port de Cherbourg.
Hier matin, le patrouilleur des Affaires maritimes a escorté l'un des plus gros chalutiers au monde à Cherbourg. On lui reproche une pêche illégale dans les eaux communautaires.

Il ne ressemble pas à nos modestes chalutiers d'une quinzaine de mètres. Ce bateau de pêche, immatriculé en Allemagne, a plutôt des allures de yacht de croisière. 140 mètres de long, un équipage de 57 hommes, il est capable de transformer 200 tonnes de poisson par jour. Ses campagnes de pêche durent plusieurs semaines. Le Maartje Theadoraest un monstre. Certains le surnomment « l'aspirateur des mers ». Et peu de pays apprécient son passage dans leurs eaux.

2 000 tonnes hors taille

Vendredi vers 17 h 30, quand le Thémis, le patrouilleur des Affaires maritimes basé à Cherbourg, demande à le contrôler, le chalutier géant est en pêche au large du cap d'Antifer, dans les eaux communautaires de la baie de Seine. Un endroit qui ne lui est pas interdit.

A son bord, les contrôleurs découvrent une cargaison de 3 980 tonnes de poisson. Du chinchard, du maquereau, du cabillaud. Mais 2.000 tonnes n'ont pas la taille minimale fixée par la réglementation européenne. A priori, le maillage des chaluts utilisés pour pêcher ces espèces est lui aussi trop faible.

C'est donc sous escorte que le navire a rejoint le port de Cherbourg hier matin. Il a été consigné au quai de Normandie. Les vérifications quant à la nature des infractions sont en cours. S'il veut que son bateau reparte, l'armateur devra payer une caution. En attendant les poursuites, qui ne manqueront pas de venir.

Le Maartje Theadora n'appartient pas à n'importe quel armement. Parlevliet et Van der Plas est hollandais et exploite en accord avec les gouvernements qu'il réussit à convaincre, les eaux les plus poissonneuses de la planète. L'armateur possède une véritable flotte de ces chalutiers très puissants. En février dernier, l'organisation Greenpeace dressait un portrait peu flatteur de ce « pilleur d'océans » : « Ces cinq dernières années, le Maartje Theadora est régulièrement parti dans les eaux du Pacifique Sud pêcher du chinchard ». Un petit poisson pélagique qui sert de denrée de base pour certains pays en développement, « mais pêché pour servir de nourriture dans l'aquaculture ou même pour des porcs. »

« Le Maartje Theadora est un exemple de la surcapacité de la flotte de pêche européenne. » expliquait Greenpeace en mars 2012 lors de ses actions pour contre le navire au large de la Mauritanie. « La capacité de pêche de cette flotte est beaucoup plus élevée que la quantité de poisson disponible dans les eaux de l'Union européenne. Et pour garder cette flotte économiquement rentable, les chalutiers européens opèrent dans les eaux étrangères. »

Mauvaise réputation

En septembre dernier, les armateurs, qui possèdent une douzaine d'autres bateaux de ce type, avaient cru trouver un filon. Le chalutier avait été envoyé en Australie. Une coopération avec un armement devait lui permettre de récupérer un quota de 18 000 tonnes de poissons pélagiques. Finalement, le parlement australien a fait marche arrière. Soumettant ce prélèvement à des études scientifiques préalables, qui dureront au moins deux ans.

L'armateur a eu beau protester de sa bonne foi, la réputation de ses « aspirateurs à poissons » a fait peur aux autorités.

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 Le 23 décembre 2012

Lutte contre la pêche illicite en Afrique: Sept Etats de la sous-région adoptent une stratégie

Source : Le Maghreb

A l'issu des travaux de la 19e session ordinaire de la conférence des ministres de la commission sous-régionale de la pêche (CSRP), une stratégie commune de lutte contre la pratique courante de la pêche illicite non déclarée a été adoptée , avant-hier, à Conakry par sept Etats de la sous-région.

Cette stratégie permettra aux Etats membres de la CSRP d'unir leurs efforts pour développer un plan global de lutte contre la pratique de pêche illicite, qui est devenue "monnaie courante" dans les eaux des pays côtiers, riches en ressources halieutiques, notamment en poissons et autres produits de mer. Crée il y a 27 ans, la commission est composée de six pays membres, dont la Gambie, la Guinée, la Guinée Bissau, la Mauritanie, le Sénégal et la Sierra Leone, qui partagent en commun une superficie estimée à 1,5 millions de km2, pour environ 30 millions d'habitants vivant essentiellement sur les côtes maritimes et pratiquant la pêche et autres activités connexes. La session ordinaire a planché sur la gestion des ressources transfrontalières pour éviter le pillage des ressources halieutiques dans la sous-région, la mise en œuvre effective de la convention de 1993 portant sur l'exercice du droit de poursuite, pour mieux contrecarrer la pêche illicite non déclarée.

Pour concrétiser les volontés politiques des Etats membres dotés chacun d'une politique sectorielle de lutte contre la pêche illicite, la 19e session de la conférence des ministres a décidé d'appliquer le droit de poursuite maritime aux navires de pêche en infraction dans l'espace maritime de la CSRP, l'arraisonnement et le retour du navire délinquant dans l'Etat membre où l'infraction a été commise conformément au droit international et la mise en commun des efforts des Etats membres pour renforcer la lutte contre la pêche illicite. Dans son plan d'action à long terme, la commission se donne pour mission de renforcer la coopération halieutique entre les Etats membres par une harmonisation à long terme des politiques et législation de pêches pour une exploitation durable des ressources halieutiques et des écosystèmes marins au bénéfice des populations de la Sous-région.

Les projets misent en œuvre par la CSRP sont essentiellement axés sur un objectif global qui contribue à la gestion durable des ressources halieutiques et au maintien du fonctionnement des écosystèmes marins, principalement la conservation et la gestion des populations de requins. Avec une distance de 350 km de littoral, la Guinée dispose d'un potentiel considérable en produits de mers. En eaux continentales les données disponibles certifient que le potentiel annuel exploitable est de l'ordre de 12 000 tonnes. Il ya lieu de rappeler que la pratique courante de la pêche illicite et la piraterie en mer causent une perte annuelle de plus de 100 millions de dollars américains à la Guinée.
Saïd I.

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Le 22 décembre 2012

Afrique du Nord Ouest : Vers des politiques régionales pour une pêche durable des petits pélagiques

Sénégal, Gambie, Mauritanie, Maroc

Dans la région Nord Ouest Africaine, les petits pélagiques représentent, les principales ressources vivantes exploitées. Les débarquements annuels varient entre 600.000 à 1.400.000 tonnes, jouant ainsi un rôle social et économique majeurs en dépit de leur faible valeur commerciale.

Ces espèces constituent plus de 80% des captures globales et représentent 23% de la valeur des exportations de produits halieutiques des pays membres de la CSRP (Commission Sous-Régionale des Pêches)

L’intérêt socio-économique grandissant de ces pêcheries, confère à leur gestion durable un rôle déterminant dans les efforts des gouvernements visant la gestion durable des petits pélagiques pour en tirer de meilleurs profits (contribution à la sécurité alimentaire, équilibre de la balance des paiements).

Ces pêcheries sont connues pour leur complexité tant au niveau des ressources exploitées que du mode d’exploitation. Cette complexité se double d’une difficulté de suivi des flottilles étrangères industrielles ; qui ne sont pas soumises à l’obligation de débarquement dans les ports des pays riverains ; d’où une qualité de statistiques souvent douteuse qui ne facilite pas la promotion d’une pêche responsable.

C’est dans ce contexte que s’inscrivent les efforts déployés par la CSRP à travers le projet « Vers des politiques régionales pour une pêche durable des petits pélagiques en Afrique du Nord Ouest ». 

Pour la mise en œuvre du composant pays (Sénégal), un plan d’actions nationales a été adopté en plus de la création par arrêté ministériel d’un Comité national de gestion des petits pélagiques. Le présent rapport vise en rendre compte du déroulement, des principaux résultats et recommandations  de l’atelier de formation  en cogestion, communication, plaidoyer et de restitution d’un certain nombre d’études visant à améliorer l’état de connaissance sur les petits pélagiques.


L’atelier s’est tenu les 25, 26 et 27 septembre 2012 à l’Hôtel Faidherbe de Dakar, sous la Présidence du Directeur des Pêches maritimes du Sénégal. Les participants sont venus des différentes structures socio-professionnelles impliquées dans la problématique de gestion durable des pêcheries de petits pélagiques en plus des membres du comité national de gestion des petits pélagiques.

Il s’articule autour de trois parties (i) le rappel du contexte de l’atelier ; (ii) rappel des objectifs et résultats attendus de l’atelier et enfin (iii) des  principales recommandations à retenir de l’atelier.

Le rapport de l’atelier restitue la formation en cogestion, communication et plaidoyer ainsi que les études faite sur les petits pélagiques. La formation en cogestion, communication et plaidoyer contribue à une meilleure connaissance de la cogestion des pêcheries artisanales en vue de promouvoir une gestion durable des petits pélagiques. Plus ...

Pour en savoir plus :

The sardinella of northwest Africa

Fisheries, stock assessment and management

Ad Corten
Asberr Natoumbi Mendy
Hamady Diop

Octobre 2012

CSRP / AFD

Synthèse des connaissances sur les sardinelles : 

ce rapport présente les résultats de l’atelier sur « Les lacunes dans la connaissance des sardinelles », organisé par la Commission Sous Régionale des Pêches (CSRP) à Dakar du 19 au 21 juin 2012. 

Le but de cet atelier était de considérer les données actuelles disponibles sur la sardinelle et d’identifier les données additionnelles requises pour une gestion régionale adéquate de cette importante ressource.

Pour télécharger le rapport, cliquer CSRP

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vendredi 20 juillet 2012

Japon. Peut-on rire des radionucléides après Hiroshima, Nagasaki et Fukushima ?

Peut-on encore rire aujourd’hui de la radioactivité au Japon, pays où la population mange une grande quantité de poissons et de produits de la mer (contaminée) ?

Peut-on rire des radionucléides alors que beaucoup de japonais ne souhaitent plus vivre sous la menace nucléaire ?

Les autorités tokyoïtes veulent banaliser la radioactivité dans la vie quotidienne à l’image de ce couple avec deux enfants qui annonce dans l’hilarité les nouvelles normes de radionucléides des denrées alimentaires (riz, poisson, viande, lait, légumes, eau,...). Image extraite de l’entête d'un document mis en ligne par l’Agence gouvernementale de la consommation : CAA

Depuis le 1e avril 2012, la norme standard de la radioactivité dans les poissons est passée à 100 becquerels de césium radioactif par kilo (50 Bq/kg pour les enfants). Une année plus tôt, elle avait été fixée dans la plus grande précipitation à 500 Bq/kg de poisson, après la détection des premiers lançons contaminés au césium et à l’iode radioactifs dans le port de pêche d’Ibaraki, 60 km au Sud de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

Toujours est-il qu’au pays d’Hiroshima et de Nagasaki, beaucoup de japonais prennent au sérieux le risque nucléaire et refusent cette banalisation de la radioactivité dans leur quotidien.

Des dizaines de milliers de Japonais ont répondu, le lundi 16 juillet 2012, à l'appel à manifester du mouvement « Adieu l'énergie nucléaire ! ». Traumatisés, ils s'opposent au redémarrage des centrales. Lire Ouest France : Japon : manifestations anti-nucléaires monstres.

Peut-on rire des radionucléides quand la liste des espèces aquatiques contaminées s'allonge ?


Depuis le 1 avril 2012, la liste des poissons contaminés s'allonge et elle concerne non seulement des espèces marines de la préfecture de Fukushima, mais aussi des poissons marins des 3 préfectures plus au Nord : Miyagi, Iwate et Aomori... Dans la région du Sanriku, l'épicentre de la catastrophe du 11 mars 2011... (voir la carte plus bas)

Pour rappel : Le tsunami a coûté plus de 11,5 milliards d'euros au secteur de la pêche selon les estimations du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche. Il faudrait y ajouter le coût des rejets radioactifs dans l'océan Pacifique ainsi que dans les étangs et les rivières... en liaison avec les interdictions de pêche.... Les pêcheurs de Fukushima n'ont repris leur activité que depuis le 20 juin 2012 en ciblant des espèces éloignées de la côte (100 km ?) et épargnées par la contamination radioactive comme les pieuvres, les poulpes et les buccins (voir la vidéo plus bas)....

Philippe Favrelière (texte modifié le 21 juillet 2012)

Autres articles :

Pour aller plus loin....

Le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche (MAFF) met en ligne beaucoup de données :

Les nouvelles limites standard pour les radionucléides dans les aliments (par le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales), cliquer Ici

Mi-juin 2012 : Reprise de la pêche au large de la Préfecture de Fukushima
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Pour plus de détails sur la reprise de la pêche dans le port de Soma (Préfecture de Fukushima), l'article de FIS : Seafood caught off Fukushima finally goes back on sale

Les points noirs de la contamination...



Illustration (ci-dessus) tirée de l'entête d'un document de l'Agence gouvernementale de la consommation










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Le 22 août 2012



Par Philippe Pons (Tokyo, correspondant)

Pour la première fois, des poissons capturés au large d'Ibaraki - à quelque 150 km au sud de la préfecture de Fukushima - ont montré des taux de radioactivité légèrement supérieurs aux normes admises, le 5 avril 2011.

Le niveau record de radioactivité détectée dans des poissons - du type de la rascasse - pêchés au large de la centrale accidentée de Fukushima pourrait affecter la reprise, depuis le 1er août, de la vente des pieuvres de cette région sur le grand marché de gros de poissons et de fruits de mer de Tsukiji, à Tokyo.

L'opérateur de la centrale, Tokyo Electric Power Co (Tepco) a annoncé, mardi 21 août, que des rascasses pêchées dans l'océan Pacifique à l'intérieur de la zone circulaire des 20 kilomètres autour de la centrale, fermée à toute activité humaine, présentaient un niveau de 25 800 becquerels (Bq) de césium par kilogramme. Ce chiffre - 258 fois supérieur au seuil fixé par le gouvernement - est le plus élevé depuis que sont effectués des examens sur les poissons et les coquillages après l'accident nucléaire du 11 mars 2011.

Selon Tepco, l'absorption de 200 grammes de ce poisson entraînerait un niveau de radioactivité de 0,08 millisievert (mSv) pour le corps humain - en France, la limite annuelle admise est de 1 mSv par an. Le précédent record de radioactivité (18 700 becquerels de césium par kilogramme) avait été découvert dans des poissons de rivière du département de Fukushima.

Les rascasses contaminées ont été pêchées, le 1er août, à un kilomètre au large du fleuve Ohta au cours des tests mensuels de radioactivité menés par l'entreprise. Ces poissons sont interdits à la vente depuis l'accident. Comme ils vivent dans les profondeurs, il est possible, avancent les experts, qu'il existe au fond de la mer des lieux de concentration de radioactivité. Tepco compte tester les crabes et les crevettes afin de détecter l'origine de cette contamination.

Il y a une dizaine de jours, des chercheurs japonais avaient établi que des anomalies observées chez les papillons de la région de la centrale étaient vraisemblablement liées à la radioactivité.

CERTIFICAT D'INSPECTION

Depuis juin, les pêcheurs du département de Fukushima avaient été autorisés à prendre des pieuvres et des coquillages dans un rayon de 50 kilomètres de la centrale. C'est le cas des pieuvres pêchées à Soma (département de Fukushima). Ne présentant pas de traces de radioactivité, elles ont fait leur apparition au mois d'août sur le marché de Tsukiji, à Tokyo, ainsi qu'à Nagoya. Il s'agit de la première livraison de produits de la mer de la région depuis mars 2011. Les pieuvres sont étiquetées comme provenant de Fukushima avec un certificat d'inspection.

Ces premières livraisons devaient être les prémices d'une reprise de la vente de pieuvres provenant de la région sinistrée. Selon le président de l'union des coopératives de pêche du département de Fukushima, Tetsu Nozaki, "le niveau de radioactivité découvert dans les rascasses pourrait inquiéter les consommateurs".
Les restrictions à la consommation des produits des régions qui risquaient d'être contaminées au cours de 2011 ont été levées. Dans la région de Fukushima, la population reste méfiante. A Tokyo, beaucoup d'habitants sont attentifs à l'origine des produits (légumes, viande). Ceux de Fukushima sont en général moins chers.

A la suite de la suspension des arrivages de poissons pêchés aux alentours de la zone contaminée, les consommateurs à Tokyo étaient moins regardants sur la provenance des poissons et les patrons de sushiya (restaurants de poisson cru) se disaient plus affectés par la morosité économique que par l'inquiétude suscitée par les risques de radioactivité. C'était avant la publication des derniers tests mensuels.

Philippe Pons (Tokyo, correspondant)

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Le 7 mars 2013

Les pêcheurs après Fukushima

Comment vivre avec une pollution invisible, impalpable ? Deux ans après la catastrophe, Arte a posé l'œil de sa caméra sur les habitants de Fukushima, résistants ou abattus. Et signe l'un des deux documentaires d’une soirée spéciale : « Le monde après Fukushima, documentaire de Kenichi Watanabe - mardi 5 mars à 22h25 sur Arte. »

Entre les témoignages des victimes, résistantes ou abattues, et les interventions des différents experts (sociologue, médecins…), ce documentaire souligne les failles multiples dans la gestion japonaise du nucléaire, des informations cachées aux risques minimisés. Il nous fait comprendre que nous sommes entrés dans une ère nouvelle. L’ère de la radioactivité. Et qu’il ne sera jamais possible de revenir en arrière.

Pour les pêcheurs, la catastrophe a entraîné la plus forte pollution maritime jamais observée. La contamination remonte des sédiments du plancton jusqu’à la chair du poisson via la chaîne alimentaire. A l’arrivée à quai, les marins mesurent toutes leurs caisses et une grande partie des poissons (ceux qui affichent plus de 80 becquerels) sont rejetés. Tepco indemnise les pêcheurs en fonction du poids de la prise remise à la mer.

Les agriculteurs, quant à eux, ne peuvent pas vendre leur production en dehors de la région. « Je hais, je déteste le nucléaire, vraiment, vraiment. Je n’arrête pas de penser que l’on a inventé quelque chose d’effroyable. C’est un vrai désastre fabriqué par l’homme. Il a fabriqué un monstre pareil en prétextant une sécurité absolue », lâche en sanglotant Mikiko Sato, agricultrice, qui en coupant quelques jonquilles dans son jardin pour s’en faire un bouquet a absorbé (en proportion du temps passé) autant que la dose admise pour un travailleur du nucléaire. D’après Terra Eco : Fukushima : la vie, deux ans après

Entretien avec Kenichi Watanabe, réalisateur du documentaire “Le Monde après Fukushima”, diffusé le mardi 5 mars 2013 sur Arte. D’après Télérama : “Dire qu’il n’y a pas de morts à Fukushima est un mensonge”, Kenichi Watanabe, documentariste

Vous avez passé beaucoup de temps dans la région de Fukushima ?

J'y suis allé trois fois. La première en repérage, deux semaines à l'hiver 2012, où j'ai fait le voyage seul, dans une voiture de location. Ça m'a permis de découvrir toute la côte, de rencontrer des associations de pêcheurs, les gens des collectivités locales, des personnes comme Madame Sato. Toute la côte est ravagée, les gens sont évacués et vivent dans des maisons provisoires. Ça fait bientôt deux ans, et la situation ne change pas, parce tout est bloqué par les déchets radioactifs, dont on ne sait pas comment se débarrasser.

J'y suis retourné en avril et en juillet 2012 avec un chef opérateur et un preneur de son. Oui, on a travaillé en zone contaminée. Je ne peux pas dire que je m'en fiche, mais avec mon âge, et puis, face aux gens de Fukushima, on peut pas porter le dosimètre comme ça ! Eux sont là en permanence, comment puis-je m'inquiéter de ma santé ?

Ce plan sur les cerisiers en fleur est magnifique, et il y a beaucoup d'autres plans dans votre film qui s'attardent longuement sur la nature, sur la beauté de la région de Fukushima…

La destruction nucléaire, c'est d'abord la destruction de la nature et de l'alimentation, qui sont à la base de la culture. C'est cela, la vraie tragédie, et pour qu'on la ressente, l'image de la nature doit être magnifique. On a donc consacré beaucoup de temps à la lumière, à la façon dont on filmait ces séquences-là, justement parce que sous la surface magnifique, tout est détruit…

Quand je montre les pêcheurs peser leurs poissons contaminés par les radiations pour se faire indemniser par Tepco, puis les rejeter à la mer, j'espère que l'on ressentira tout ce qu'il y a de cruel là-dedans. C'est aussi pour cela que j'ai voulu réduire les explications narratives, et laisser au spectateur le temps de la réflexion. Sur ce point, le commentaire écrit par l'écrivain Michaël Ferrier compte beaucoup.

Lui-même était sur place pendant la catastrophe, il est parti aider les gens, lui aussi a partagé ce moment noir des 14-15 mars où nous nous sommes perdus, où nous ne savions plus ce qu'était l'Etat. On a décidé très tôt de lui demander d'écrire le commentaire, et il lui apporte beaucoup, il amène une sorte de « politique poétique ». La politique, c'est très important, mais la dimension poétique, c'est ce qui manque dans le mouvement anti-nucléaire. Il faut élargir le front. Les philosophes doivent parler, les écrivains aussi, les musiciens et les peintres doivent créer, autour de cette même interrogation sur la civilisation.

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jeudi 19 juillet 2012

Les premiers poissons de chalut interdits de poissonnerie d'ici deux ans...

Ces espèces vivent dans les "Grands Fonds" de l'Atlantique du Nord-Est. Capturées à l'aide de chaluts, elles sont dans le collimateur de la Commission européenne...

Tous ces poissons ont le soutien de l'eurodéputé français, Jean-Paul Besset, et de José Bové à la fin de la vidéo



Pour apprendre le nom commun de toutes ces espèces dans les différentes langues de l'Union Européenne, télécharger le poster complet en cliquant Europa

LienLes poissonneries (et les cantines scolaires qui apprécient ce type de poissons aux filets sans arrête) pourront toujours se replier sur les espèces en eaux profondes du Pacifique Sud comme le Hoki de Nouvelle-Zélande, une pêcherie écolabellisée MSC....

Autres articles :

Pour aller plus loin...

Deux communiqués de la Commission européenne datés du 19 juillet 2012

Pêcheries : la Commission présente de nouvelles mesures visant à améliorer la protection des stocks d’eau profonde et de leurs habitats

La Commission européenne a proposé de nouvelles mesures visant à réglementer la pêche des espèces d’eau profonde dans l'Atlantique du Nord-Est. Les écosystèmes démersaux et les espèces qui y vivent sont particulièrement vulnérables aux activités humaines. Le nouveau règlement vise à garantir une exploitation durable des espèces d'eau profonde, une diminution des prises accessoires indésirées, une baisse des répercussions sur les habitats vulnérables situés en eau profonde et une augmentation des données disponibles sur la biologie de ces espèces.

À cette fin, la Commission propose de durcir le système des autorisations et de supprimer progressivement les engins de pêche qui ciblent spécifiquement les espèces d’eau profonde d’une manière moins durable, à savoir les chaluts de fond et les filets maillants de fond. La Commission prévoit également d’instaurer des exigences spécifiques pour la collecte des données sur les activités de pêche en eau profonde. Les ajustements nécessaires à la mise en œuvre de ces mesures pourraient bénéficier d’un soutien financier au titre des fonds de l'UE.

Les stocks d’eau profonde peuvent être capturés en tant que prises accessoires dans de nombreuses pêcheries. Cependant, il existe également des bateaux de pêche qui ciblent spécifiquement ces espèces. Ce sont ces derniers qui dépendent le plus de ces ressources et ils n’auront un avenir que si leur activité est gérée de manière à être durable. Cela suppose, tout d'abord, de mettre en place une transition progressive vers des techniques de pêche plus sélectives, dont les répercussions sur les habitats situés en eau profonde sont moindres.

La Commission propose de retirer progressivement les autorisations de pêcher les espèces d’eau profonde au moyen de chaluts de fond et de filets maillants de fond, car ces méthodes sont plus nocives que d'autres pour les écosystèmes démersaux vulnérables et entraînent des niveaux élevés de prises accessoires indésirées (20 à 40 % en poids, voire davantage). Les autres pêcheries commerciales utilisant les chaluts de fond ne seront pas touchées, les mesures proposées ne concernant que les pêcheries qui ciblent les poissons d’eau profonde.

Les pêcheurs coopèrent déjà avec les scientifiques pour accroître les connaissances sur les écosystèmes d’eau profonde, largement méconnus. Afin de trouver des moyens de tester des engins de pêche moins nocifs et de réorienter le secteur vers des techniques et des stratégies de pêche qui ont moins de répercussions sur ces écosystèmes fragiles, la Commission a décidé de financer une étude sur cette question, en collaboration avec des sociétés pratiquant la pêche en eau profonde.

Contexte

Les espèces d’eau profonde sont capturées dans les eaux de l'Atlantique au-delà des principaux lieux de pêche du plateau continental, à des profondeurs pouvant atteindre 4 000 mètres. Leurs habitats et écosystèmes sont largement méconnus, mais nous savons qu'elles abritent des récifs coralliens vieux de plus de 8 500 ans et des espèces anciennes qui sont encore peu étudiées. Il s’agit d’un environnement fragile qui, une fois abîmé, a peu de chances de se reconstituer. Extrêmement vulnérables à la pêche, les stocks de poissons d’eau profonde s’effondrent rapidement et sont lents à se rétablir du fait de leurs faibles taux de reproduction.

Le sabre noir et la dorade rose sont des espèces d'eau profonde à haute valeur commerciale, tandis que d’autres telles que la lingue bleue et les grenadiers présentent pour les pêcheurs une valeur moyenne. Certains stocks d’eau profonde sont gravement menacés, notamment l’hoplostète rouge et les requins d’eau profonde. D’autres peuvent être exploités (lingue bleue, grenadier de roche), mais impérativement dans des conditions respectueuses de l'environnement (en évitant les prises accessoires inutiles, par exemple).

Les pêcheries en eau profonde dans l'Atlantique du Nord-Est exercent leur activité dans les eaux de l’Union européenne, notamment les régions ultrapériphériques de l'Espagne et du Portugal, ainsi que dans les eaux internationales régies par des mesures de conservation adoptées au sein de la Commission des pêches de l'Atlantique du Nord-Est (CPANE), où les États membres de l'UE pêchent, au même titre que les autres pays, dans cette zone.

Les pêcheries en eau profonde représentent environ 1 % du poisson débarqué de l'Atlantique du Nord-Est, mais certaines communautés locales de pêcheurs sont tributaires, dans une certaine mesure, de ce type de pêcherie. Sous l’effet de l’épuisement des stocks, les captures – et les emplois qui y sont liés – diminuent depuis des années.

Dans le passé, ce type de pêcherie a perduré dans un contexte en grande partie non réglementé, ce qui de toute évidence a eu des répercussions négatives sur les stocks concernés. En 2003, l’Union européenne a commencé à fixer des limites à la quantité de poissons pouvant être capturée, au nombre de navires autorisés et au nombre de jours pouvant être passés en mer (l’effort de pêche) pour pêcher ces espèces.

Le graphique ci-dessus montre dans quelle proportion l'effort de pêche a diminué ces dernières années. Diminution de l'effort de pêche depuis 2000, selon les informations communiquées par les États membres de l'UE concernés

Pour de plus amples informations : DG MARE

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Améliorer la protection des stocks de poissons d'eau profonde et de leurs habitats

Questions et réponses

1. Quelles sont les pêcheries visées par les mesures proposées et celles qui ne le sont pas ? Quels sont les régions et secteurs de la pêche concernés ?

Les navires directement concernés sont essentiellement français, espagnols et portugais. Ces navires actifs dans les pêcheries d’eau profonde ne sont pas uniquement les grands chalutiers opérant au large de la côte ouest des îles britanniques (zones de «Hatton bank» et de «Rockall bank»), mais également ceux qui, dans certaines régions ultrapériphériques de l'Union (Açores, Madère, Canaries, par exemple), se livrent à la pêche artisanale à la palangre, sans utiliser de chalut de fond. Les gros chalutiers sont principalement basés en Bretagne et Normandie (France), ainsi qu’en Galice, dans les Asturies et au Pays basque (Espagne).

De l'avis de la Commission, l'importance économique des captures d’espèces d’eau profonde est globalement faible: les 34 334 tonnes d’espèces d’eau profonde débarquées de l'Atlantique du NordEst (2008) ne représentent qu'environ 1 % du total des débarquements (3 563 711 tonnes) de cette zone (données sur les captures de pêche en eau profonde fournies par le Centre commun de recherche). Dans un contexte régional, la situation peut être différente, mais les répercussions d’une suppression progressive des chaluts de fond et des filets maillants de fond restent limitées. Par exemple, en ce qui concerne la France, le gouvernement et le secteur concerné ont examiné, il y a deux ans, la situation de cette activité et ont estimé que 180 emplois environ étaient liés aux navires de pêche en eau profonde, des chalutiers pour la plupart, même si ces derniers opèrent également dans d'autres pêcheries. Quelque 200 poissonneries sont spécialisées dans les poissons d’eau profonde. Les quatre ports dont les activités sont le plus tributaires des pêcheries d’eau profonde sont BoulognesurMer, Lorient, Concarneau et Le Guilvinec. La proposition de la Commission aurait une incidence très limitée au niveau national, mais plus sensible au niveau local (Bretagne).

2. Cette initiative estelle le prélude à une interdiction totale de la pêche au chalut de fond dans les eaux de l’Union européenne ?

Telle n’est absolument pas l'intention de la Commission. Les pêcheries d’eau profonde, tant celles qui ciblent ces espèces que celles qui les capturent en tant que prises accessoires, seront définies sur la base du poids total journalier des captures d'un mélange d'espèces répertoriées avec précision. Le seul segment qui sera progressivement supprimé est celui des pêcheries ciblées. Les autres pêcheries commerciales ne seront pas touchées. Il s’agit en réalité d’espèces qui sont principalement pêchées au chalut, notamment la langoustine, à forte valeur économique.

3. Quels sont les efforts déjà entrepris en matière de recherche et de gestion dans le secteur des pêcheries en eau profonde ?

L’UE finance actuellement un projet (Deepfishman) dans le cadre de son programmecadre de recherche, qui vise à fournir une évaluation fiable des principales espèces d'eau profonde. Les efforts accomplis par l’industrie pour recueillir des données plus détaillées portent déjà leurs fruits; ainsi les avis scientifiques du Conseil international pour l’exploration de la mer devraientils être de meilleure qualité cette année.

En outre, la Commission poursuit ses recherches et ses essais pour améliorer les techniques de pêche, avec pour objectif final la durabilité. Au titre du cadre de l’UE pour la collecte de données, une étude a été commandée en vue de soutenir la recherche sur les améliorations des engins qui seraient de nature à contribuer à une exploitation plus durable des stocks d’eau profonde tout en réduisant les effets négatifs sur l'écosystème. L'étude est mise en œuvre en coopération avec l'industrie de la pêche et prévoit l’embarquement d’observateurs à bord des navires de pêche commerciaux.

Parallèlement, la Commission recueille des données très détaillées fournies par des localisateurs de navires par satellite et les croise avec des données sur les captures afin d’établir plus précisément quelle est l’empreinte des activités de ces flottes. Cela permettra d’avoir une idée claire des zones où cette pêche s’effectue pour les différentes flottes concernées et aidera aussi les scientifiques à comprendre avec une précision toujours plus grande où et comment les stocks de poissons évoluent.

4. Pourquoi les chaluts posentils des problèmes dans les pêcheries d'eau profonde et comment peuvent-ils être remplacés par des techniques de pêche plus respectueuses de l'environnement? Qu’en estil des filets maillants de fond ?

Par rapport à d’autres méthodes de pêche, la pêche au chalut de fond peut s’avérer plus nocive pour les espèces d’eau profonde et habitats vulnérables. D’autres voix se sont élevées pour dénoncer le fait que la pêche au chalut de fond a de graves incidences sur la faune benthique des grands fonds, en particulier les coraux formateurs de récifs1. Ce type de pêche peut expliquer, entre autres, la diminution des taxons d’eau froide et autres taxons constituant des habitats2. Étant donné que cet engin de pêche est remorqué sur le fond de la mer, ses effets sur certains habitats et écosystèmes sont plus importants. Par ailleurs, la pêche au chalut de fond entraîne des niveaux élevés de captures indésirées: les «prises accessoires». Les taux estimés de captures indésirées dans les pêcheries au chalut ainsi observées se situent en moyenne entre 20 et 30 % en poids (CIEM) 2010. La diversité des espèces rejetées par les chalutiers dépend principalement du lieu de pêche et de la saison. Par exemple, sur le versant occidental de «Hatton Bank», dans le cas de la pêche expérimentale au chalut ciblant les grenadiers de roche et des alépocéphalidés, les rejets sont principalement les grenadiers et les requins d'eau profonde3.

Les filets maillants de fond sont des filets «plantés» de manière fixe au fond de la mer ou de l’océan et dans lesquels les captures s'enchevêtrent. Les navires reviennent après un certain temps pour les remonter et récupérer les captures. L’incidence de ces filets sur l'environnement est estimée en termes de captures indésirées et, dans les cas où ceuxci sont perdus ou abandonnés, la pêche fantôme continue pendant très longtemps. Ces filets sont déjà frappés d'une interdiction générale à des profondeurs de plus de 600 mètres. La proposition présentée ici consolide pour l’essentiel les règles qui leur sont applicables.

La Commission est prête à collaborer avec l’industrie et les États membres afin de faciliter une transition vers des méthodes plus sélectives ou pour remplacer les engins de pêche ciblant les espèces d’eau profonde et/ou redéployer les navires concernés vers d'autres pêcheries susceptibles de les accueillir. Conjointement avec les autorités nationales, qui sont en premier lieu responsables, la Commission est disposée à étudier les possibilités de recourir aux fonds de l’UE pour atténuer les effets de l’arrêt définitif des activités de pêche en eau profonde et des pertes d'emplois potentielles (par exemple, en réaffectant les emplois à d’autres pêcheries).

5. Puisque les pêcheurs se sont montrés responsables en contribuant à améliorer la qualité des données, que, partant, la science progresse, et que, de fait, il y a des chances de pouvoir même pêcher davantage que par le passé, estil raisonnable de proposer la suppression progressive de la pêche au chalut en eau profonde ?

Il est généralement admis au sein de la communauté scientifique que de nombreux stocks de poissons d’eau profonde dans l'Atlantique du Nord-Est ont diminué et sont désormais en dehors des limites biologiques de sécurité4. Toutefois, les informations sur l'état de la plupart des stocks de poissons d’eau profonde restent limitées ou de mauvaise qualité, en dépit des initiatives prises récemment pour développer le prélèvement d’échantillons et les analyses de données. Ces efforts doivent être poursuivis et, dans certains cas, amplifiés. Un engagement à long terme sera nécessaire pour améliorer, en définitive, les évaluations des pêcheries d’eau profonde.

La réponse à la question posée est oui. En 2012, le CIEM a pour la première fois mis en œuvre une approche qui permet de donner des avis quantitatifs dans les cas où les données sont de mauvaise qualité, en se fondant sur le principe de précaution et, dans la mesure du possible, en tenant compte également du RMD. Si certains stocks très peu nombreux – devaient, sous l'effet d'une amélioration des résultats scientifiques, évoluer dans un sens positif, les pêcheurs pourront bien entendu voir leurs efforts récompensés.

Toutefois, cet argument n’enlève rien au principe de bon sens selon lequel il convient d’encourager le secteur de la pêche à exploiter ces espèces d’une manière plus durable et, pour ce faire, il convient de se pencher non seulement sur les niveaux des captures, mais aussi sur les traces laissées par les engins de pêche. Si, en ce qui concerne certains de ces stocks encore une fois, très peu nombreux– le poisson est plus abondant, on le doit également aux limites qui ont été imposées aux captures ces dernières années. Nous devons à présent aider l’industrie à se réorienter ellemême vers des moyens de pêche plus respectueux de l’environnement. La possibilité d'accroître, en toute sécurité, les captures pour certains stocks, pour autant que la science affirme que cela est possible, constitue pour les flottes de chalutiers une chance à saisir pour augmenter leur rentabilité économique à court terme. Autrement dit, elles doivent saisir cette chance unique de se restructurer en s’équipant à plus long terme d’engins dont les effets sur l’environnement sont moindres.

Pour l’avenir, une solution consistant à associer des stocks en meilleure condition et des méthodes de pêche plus propres, qui permettent de diminuer sensiblement les captures d’espèces indésirées et dont les effets sur les habitats en eau profonde sont bien moindres a toutes les chances de donner de bons résultats.

Pour en savoir plus : DG Mare

1 : Fosså et al., 2002.

2 : Gage et al., 2005.

3 : Duran Muñoz et al., 2012.

4 : Campbell et al., 2011.

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Le 27 juillet 2012

Le Marin du 27 juillet 2012 consacre un dossier sur la pêche dans les grands fonds... Pour lire ce numéro de l'hebdomadaire de l'économie maritime : aller dans un kiosque ou en ligne sur le Kiosk

Pendant ce temps, Bloom mesure les retombées de sa campagne médiatique contre la pêche en eaux profondes....



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Le 31 août 2012

Le Marin du 31 août 2012 consacre un dossier sur les grands fonds, cliquer Ici

Pêche des grands fonds. Le port de Lorient affûte ses arguments (Le Télégramme)

«On ne met pas un boulet à un coureur de 100 m pour qu'il avance plus vite». Avec d'autres élus de l'agglomération lorientaise, des représentants de la filière de la pêche et de la communauté scientifique, Norbert Métairie, le maire de Lorient, a filé la métaphore olympique, hier, en marge du Festival interceltique, pour rappeler sa franche opposition à la proposition de la commissaire européenne Maria Damanaki d'interdire la pêche de grands fonds dans un délai de deux ans.

«On ne peut pas à ce point dénigrer une activité sans en mesurer les conséquences économiques et sociales». Le temps presse. Et «l'inquiétude est réelle», reconnaît le maire de Lorient.

600 emplois dans la balance à Lorient

Avec près de 600 emplois concernés et un marché lorientais tourné vers la pêche au large (1 kg sur 2 de poisson vendu sous halles à marée provient de la pêche au large), une telle réforme reviendrait à mettre le port morbihannais à genou. Premier touché, l'armement Scapêche qui représente un tiers des poissons de grands fonds vendu sous halle à marée. «C'est plus de 200 emplois directement impactés», selon un représentant de l'armement mousquetaire. Une première saignée suivie d'une inévitable coupe claire dans les effectifs à terre. «Un emploi de pêche des grands fonds génère plus de trois emplois à terre», observe Bernard Kervarec, chargé de réaliser une étude d'impact par Lorient Agglomération.

«Les stocks de poissons sont reconstitués»

Surtout que les scientifiques y voient beaucoup plus clair que par le passé dans cet univers froid et sans lumière où évoluent empereur, grenadier, sabre, lingue bleue... «On entend beaucoup de fausses informations», relève pour sa part Alain Biseau, expert auprès du CIEM. L'appauvrissement de la ressource halieutique, argument massue des détracteurs de la filière, ne tient pas. «Cette pêche est désormais très encadrée en Europe et la reconstitution des stocks est très largement en cours. Conséquence, «l'interdiction défendue par la commissaire européenne n'est pas nécessaire, ni souhaitable». L'examen de la réforme sera à l'ordre du jour des parlementaires européens dès l'automne prochain. Les Lorientais ont déjà des arguments à faire valoir.

Des arguments balayés en un instant par les images chocs de Greenpeace et Océan 2012


Les dégats de la pêche de grand fond par gpfrance

Les dégâts de la pêche de grand fond par Greenpeace. Commentaire de OCEAN2012 sur sa page facebook : "Depuis que Mme Damanaki a décidé de faire cesser la pêche profonde le lobbying des pros français et d’intermarché est en marche. De grands et beaux esprits nient les dégâts sur les fonds marins et sur les échos systèmes, voici la vérité, faites circuler".

Source : Stoppons la surpêche pour sauver les poissons mais aussi les pêcheurs (Cdurable)

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Le 12 septembre 2012

Chalutage, chantage au labourage !

Quand des médias "scientifiques" mettent en pâture le chalutage....

En véritables racleurs de bas-fonds, ces médias instrumentalisent les travaux de scientifiques en recherche de compréhension. C’est notamment le cas de Futura Sciences à l'égard de Pere Puig et ses collègues de l'Université de Barcelone qui viennent de publier dans la revue « Nature » leurs premiers travaux sur l’impact du chalutage au large des côtes catalanes...

Le chalutage est devenu un sujet hautement sensible depuis que Maria Damanaki, commissaire européenne à la pêche, a décidé d’interdire le chalut dans les grands fonds. Pour beaucoup de pêcheurs, cette interdiction ouvrirait la voie à la prohibition de tous les arts trainants y compris la drague utilisée par les petits métiers de la coquille saint-jacques ainsi que par les ostréiculteurs, éleveurs d’huîtres en eaux profondes...

Futura Sciences, fossoyeur des grands fonds !

L’article de Futura Sciences publié le 10 septembre 2012 : Les chalutages profonds ravagent les fonds marins, s’inscrit dans le lynchage médiatique de la pêche au chalut...

« Une étude publiée dans la revue Nature par Pere Puig de l’Institute of Marine Sciences de Barcelone vient de confirmer ce que de nombreuses personnes pensaient. La pêche au chalut perturbe également les fonds marins profonds. Elle y réalise un véritable travail de terrassement, détruisant directement ou indirectement, par le dépôt de sédiments, les reliefs complexes sources d’abris pour la vie.... Sans surprise, les chaluts de fond causeraient de gros dégâts environnementaux en eaux profondes. La mise en mouvement des sédiments provoquée par les filets modifierait profondément la physionomie des grands fonds, notamment dans les canyons sous-marins méditerranéens.... »

Futura Sciences veut enterrer définitivement le chalutage dans les grands fonds, le chalutage tout court...

Les scientifiques cherchent à comprendre le labourage des fonds marins...

Futura Sciences va dans le sens du mouvement « anti-chalutage », alors que Pere Puig et ses collègues cherchent à comprendre l’impact du chalutage sur les fonds marins qu'ils comparent au labourage en agriculture. Les scientifiques sont beaucoup plus nuancés dans leurs premières conclusions (d’après les articles de la revue Nature et de l’Université de Barcelone) :

« Les conséquences écologiques et les effets sur la biodiversité marine de cette pêcherie sont évidentes dans certaines parties du monde, comme dans les fonds avec des coraux d'eau froide qui sont détruits lors du chalutage. Toutefois, sur les fonds meubles, certaines espèces commerciales, du moins dans nos eaux, ne semblent pas être affectées de manière critique, puisque ces zones sont exploitées depuis des décennies... »

« Le chalutage de fond a été comparé à la coupe à blanc des forêts. D’après nos résultats, il vaudrait mieux comparer le chalutage à une activité agricole intensive. Le chalutage répété sur le même terrain, par le déplacement et la redistribution des sédiments, favorise en fait la mise à niveau de la surface et il produit des effets morphologiques similaires à ceux du champ labouré par un agriculteur. »

« L'interdiction devrait être évaluée au cas par cas plutôt que comme une approche globale, car une pêche durable peut apparaître dans certains zones où les dommages géologiques et de l'écosystème sont faits... »

Comment Futura Sciences, site internet dont l’audience est très importante sur le web (comparable celle d’Ouest France), peut se prétendre de la science ? Futura Sciences instrumentalise les travaux de scientifiques, Pere Puig et ses collègues de l’Université de Barcelone, toujours en quête d’informations complémentaires...

Philippe Favrelière

Pour aller plus loin dans la réflexion...

Les Pêches et la biodiversité marine (d'après un scientifique canadien)

Pratiquement tout engin de pêche perturbera l’habitat marin dans une certaine mesure. La façon dont les habitats réagissent, dépend de leur sensibilité ainsi que du type et de l’intensité de la pêche. En général, les engins de pêche remorqués comme les chaluts et les dragues sont la principale cause de la destruction de l’habitat reliée à la pêche.

Toutefois, le premier passage d’un engin de pêche dans un habitat où il n’y a jamais eu de pêche auparavant a un impact plus grand que les passages subséquents. Ce fait est important, puisqu’il indique que le maintien relativement constant de la pêche dans certaines zones aura moins d’impact que le déplacement et la redistribution des pêches au fil du tempsSource : Société Royale du Canada 2012 : Le maintien de la biodiversité marine au Canada : relever les défis posés par les changements climatiques, les pêches et l'acquaculture

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Bataille scientifique autour de la pêche profonde (Le Monde)

Par Stéphane Foucart

Dures journées pour la pêche profonde. Alors que le Parlement européen se prépare à examiner la proposition présentée en juillet par la Commission de Bruxelles, visant à bannir progressivement les chaluts et les filets maillants de fond en Atlantique du Nord-Est, de récents travaux accablent de nouveau ces engins de pêche.

Une étude publiée dans la dernière édition de la revue Nature évalue l'impact du chalutage profond pratiqué au cours des dernières décennies en Méditerranée du Nord-Ouest. En raclant les fonds marins, les chaluts terrassent les talus continentaux et déplacent des millions de tonnes de sédiments : cette pêche "est devenue un important facteur d'évolution des paysages sous-marins" et ce, "à grande échelle". Dans la foulée de la proposition de la commissaire à la pêche, Maria Damanaki, nul doute que ces résultats seront enrôlés dans la bataille qui voit s'affronter les défenseurs de la pêche profonde à ses opposants.

Car, depuis le mois de juillet, cette bataille se tient aussi sur le terrain de la science. En France, les acteurs de la filière, de même que l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), affirment que la proposition de Bruxelles est infondée. Face à eux : les ONG (à l'exception de France Nature Environnement), les biologistes de la conservation, mais aussi de nombreux experts de la gestion des ressources halieutiques, assurent que la science impose l'arrêt de cette pratique.

Que dit la science ? L'essentiel des études publiées dans les revues scientifiques suggèrent que les cycles reproductifs des espèces profondes sont trop longs pour que celles-ci puissent être exploitées de manière à la fois durable et rentable. Cette opinion, largement partagée, a été résumée dans une analyse publiée en mars dans la revue Marine Policy, conduite par une quinzaine de chercheurs internationaux, dont Daniel Pauly, professeur à l'université de Colombie-Britannique (Canada), reconnu comme l'un des meilleurs spécialistes du sujet.

"Stabilisation de stocks, mais à des niveaux très bas"

Ray Hilborn, professeur à l'université de Washington, non moins reconnu, assure de son côté que "la plupart des poissons profonds ont une croissance lente et une durée de vie longue, mais cela ne veut pas dire qu'ils ne peuvent pas être durablement exploités, cela signifie que nous ne pouvons en prélever qu'une très petite fraction chaque année". Cela s'applique-t-il à la situation actuelle dans l'Atlantique du Nord-Est ? Pascal Lorance, chercheur à l'Ifremer, le pense. "Les choses ont beaucoup changé, assure-t-il. Jusqu'en 2003, les taux de capture d'espèces profondes étaient clairement non durables dans cette zone, mais depuis, l'effort de pêche y a été divisé par quatre."

L'Ifremer en prend pour preuve le dernier avis du Centre international pour l'exploration de la mer (CIEM), l'organisme chargé de prodiguer aux Etats des recommandations scientifiques sur les niveaux de prises à ne pas dépasser. Dans les zones travaillées par les armements français, le CIEM recommande ainsi pour 2013 une augmentation des prises pour le grenadier et le sabre noir. Tom Blasdale, président du groupe de travail du CIEM sur les pêcheries profondes, assure que "pour certaines espèces, nous avons de bons indices que les taux d'exploitation actuels sont au niveau, ou bien au-dessous des niveaux durables".

Un diagnostic contesté par certains, à l'image du biologiste Les Watling. Ce professeur à l'université d'Hawaï, à Manoa (Etats-Unis), estime au contraire qu'"en appliquant les critères de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), certaines espèces profondes de l'Atlantique du Nord-Est, comme le sabre noir ou la lingue bleue, devraient être considérées comme en danger d'extinction". "S'il y a eu stabilisation de certains stocks au cours des dernières années, celle-ci s'est faite à des niveaux très bas, par rapport au stock initial", ajoute M. Watling.... Suite...
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Faible augmentation des possibilités de pêche en eau profonde pour 2013 et 2014


Communiqué de presse

Bruxelles, le 9 octobre 2012

Faible augmentation des possibilités de pêche en eau profonde pour 2013 et 2014

La Commission européenne a présenté aujourd'hui ses propositions de possibilités de pêche concernant les stocks de poissons d'eau profonde dans les eaux UE et internationales de l'Atlantique du Nord-Est pour 2013 et 2014. Conformément aux avis scientifiques, la Commission propose, par rapport à l’année 2012, d'augmenter les totaux admissibles des captures (TAC) pour trois stocks, de les diminuer pour 13 stocks et de les maintenir à leur niveau actuel pour 8 stocks (y compris des TAC zéro pour 6 stocks).

Pour 2013, la Commission propose une augmentation de 77 % du TAC pour le stock de grenadier de roche à l’ouest des îles britanniques (pour le porter à 4 500 tonnes). Ces niveaux de pêche devraient permettre de ramener ce stock à des niveaux durables d'ici à 2015 [ce que l'on appelle le rendement maximal durable (RMD)]. La Commission propose également d'augmenter de 20 % et 5 % respectivement les TAC pour deux stocks de sabre noir des eaux occidentales (Ouest de l'Écosse/Irlande). Pour ces stocks également, les avis scientifiques indiquent la façon de parvenir au RMD d'ici à 2015. Pour les autres stocks de sabre noir et de grenadier de roche, il est proposé de réduire ou de maintenir inchangés les TAC actuels. Conformément à l'approche de précaution, la Commission propose de réduire de 20 % les TAC de dorade rose et de lingue bleue, car l'état de conservation de ces stocks n'est pas pleinement connu.

Mme Maria Damanaki, commissaire européenne chargée des affaires maritimes et de la pêche, a déclaré à ce propos: «Pour préserver les pêcheries d'eau profonde, nous devons suivre les avis scientifiques et ne pas surexploiter les espèces vulnérables. Néanmoins, trois des stocks concernés semblent en passe d'être reconstitués et d'atteindre un niveau compatible avec le RMD. Nous avons un objectif de gestion clair: assurer une exploitation durable à long terme de ces stocks.»

À deux exceptions près, les données disponibles sur les stocks d’eau profonde sont insuffisantes pour permettre aux scientifiques d'évaluer intégralement l'état des stocks, qu'il s'agisse du nombre de poissons ou de la mortalité par pêche. Néanmoins, les avis scientifiques se sont améliorés, en particulier pour les stocks qui offrent les possibilités de pêche les plus importantes.


Contexte

La pêche d'espèces d'eau profonde est réglementée par l'Union européenne depuis 2003 en ce qui concerne, d'une part, les totaux admissibles des captures (TAC) par espèce et par zone et, d'autre part, l'effort de pêche maximal pouvant être déployé dans l'Atlantique du Nord-Est.

Les poissons d'eau profonde sont capturés au-delà des principaux lieux de pêche du plateau continental. Ils sont répartis le long du talus continental ou peuplent les monts sous-marins. La plupart de ces espèces ont une croissance lente et une longue durée de vie, ce qui les rend particulièrement vulnérables face à la pêche.

Si les pêcheries d'eau profonde ne représentent qu'environ 1 % du poisson débarqué de l'Atlantique du Nord-Est, certaines communautés locales de pêcheurs sont tributaires, dans une certaine mesure, de ce type de pêcherie. Sous l’effet de l’épuisement des stocks, les captures – et les emplois qui y sont liés – diminuent depuis des années.

Les propositions de la Commission sont fondées sur les avis scientifiques rendus par le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM).

La Commission a récemment proposé un nouveau système de gestion pour les pêcheries d'eau profonde afin d’assurer une meilleure protection des stocks d’eau profonde et de leurs habitats (voir IP/12/813).

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Le 17 septembre 2013

Grands fonds : Laisser le champ libre à l’exploitation minière !

La France a demandé l’extension de sa ZEE au-delà des 200 milles marins... C’est pour pêcher plus loin et plus profond ?

La pêche en eau profonde bientôt interdite ?



TF1 Sciences - 1min 56s –  le 17 septembre 2013 à 20h35

Les marins pêcheurs d'eau profonde pourraient voir très prochainement leur activité interdite par l'Union européenne. Leurs filets qui plongent dans les entrailles des océans sont accusés de détruire un milieu fragile et encore méconnu. Source : La pêche en eau profonde bientôt interdite ? sur WAT.tv

Métaux sous-marins : quel contrôle de leur exploitation ?
        
Cet été la communauté internationale a accordé deux nouveaux permis d'exploration minière, au Japon et à la Chine, sur des sommets sous-marins situés dans les eaux internationales. Au cœur du dispositif d'autorisation figure une agence internationale très peu connue, l'AIFM. Mais ses pouvoirs sont-ils suffisants pour concilier exploitation industrielle et préservation de la biodiversité ?

Source : Novethic  par Thibault Lescuyer

Les fonds sous-marins font l’objet d’une forte attention, notamment parce qu'ils contiennent des terres rares. En juillet deux nouveaux permis d’exploration ont été accordés dans la « zone », ainsi que l'ONU définit les sous-sols dans les eaux internationales. Ils complètent ceux déjà octroyés à une quinzaine de pays par l’Agence internationale des fonds marins (AIFM) pour rechercher des gisements polymétalliques. Pour l’instant, ces permis ne sont qu’exploratoires. « Pour qu'une extraction ait lieu, il faut une certaine concentration de minerais. Or les sociétés chinoises et japonaises en sont encore probablement au stade des indices. Et les permis de l'AIFM ne concernent que l'exploration, mais pas l'extraction », précise Yves Fouquet, responsable du laboratoire Géochimie et Métallogénie à l'Ifremer. Une chose semble certaine : « Certains gisements peuvent contenir jusqu'à 5% de cuivre alors que le taux des mines terrestres est de l'ordre de 0,5% », ajoute le géologue.

Le seul problème est que cette nouvelle frontière pour les métaux en est une aussi pour la faune et la flore. Dans ces contrées abyssales le niveau de connaissance est « inégal, mais généralement insuffisant pour définir a priori les plans de préservation de l'environnement et de la biodiversité en cas d'exploitation », constate une récente étude de l'IFREMER (1). Et ce alors qu'on a découvert par endroit «une vie exubérante et extraordinaire ».

Greenpeace demande un moratoire sur l'exploration

Face à cette incertitude, Yves Fouquet invoque l'intérêt des missions d'exploration, avec l'idée que « pour contrôler, il faut connaître ». Mais des ONG comme Greenpeace dénoncent la précipitation des industriels. « Avant d'explorer les métaux sous-marins, il faut d'abord protéger les écosystèmes marins les plus vulnérables », estime François Chartier, chargé de campagne Océans à Greenpeace. L'ONG appelle à un moratoire, sur toute  exploration tant que des réserves marines n'ont pas été instaurées sur 40% des océans (contre 1% actuellement) et qu'un accord mondial sur la protection de la biodiversité en haute mer n'a pas été conclu (2).

Des industriels rassurants

Champion français de l'ingénierie et des infrastructures en eaux profondes, Technip juge important de préserver la biodiversité, mais sans partager les craintes de Greenpeace. Dans le cas du projet Solawara 1 par exemple, auquel participe Technip, « la biodiversité semble très pauvre, voire inexistante, d'après les études menées par les organisations qui envisagent l'exploitation» précise Julien Denègre, Business Development Manager chez Technip. Situé en Papouasie Nouvelle-Guinée et non dans la « zone », Solwara est cependant le projet d'extraction en eaux profondes (1 700 m) le plus avancé à ce jour. Selon Julien Denègre, toutes les précautions et même des clauses de restauration des écosystèmes sont prévues par les acteurs qui gèrent l'exploitation.

Les promoteurs de l'extraction invoquent aussi le fait que les mines sous-marines pourraient avoir moins d'impact que sur terre. Ainsi « extraire les nodules polymétalliques (sortes de gros caillous posés au fond des plaines abyssales) pourrait être beaucoup moins dommageable que l'extraction en surface », argumente Sheryll Murray, députée anglaise à l'origine d'une proposition de loi sur le « seabed mining »... De plus, les projets dans la « zone » devront faire l'objet d'études d'impact préalables et d'un contrôle par l'AIFM.

L'AIFM, ange gardien du patrimoine minier commun

L’AIFM ? Cette agence, instituée par la Convention de l'ONU sur le droit de la mer, a la lourde responsabilité de réguler l'exploitation des sous-sols internationaux, dont les richesses sont considérées, depuis 1982, comme le « patrimoine commun » de l'humanité. Regroupant 160 membres environ, mais pas les Etats-Unis, l'AIFM a établi les codes miniers et c'est elle qui instruit les demandes de concessions. Son rôle deviendra crucial si les explorations débouchent sur des extractions : car le demandeur devra alors spécifier deux zones d'égale valeur minière sur sa concession pour qu'une, au choix de l'AIFM, soit réservée au bien commun. Mais les mécanismes restent à préciser pour qu’il ne se transforme pas en usine à gaz comment s'assurer que les deux zones sont bien d'égale valeur, par exemple ?

L'autre défi de l'AIFM sera son rôle de gendarme, via une agence d'inspection à créer. Il y a « un besoin critique de discussions pour financer et mettre en place une agence » chargée de « vérifier la conformité des activités d'exploration et d'exploitation », déclarait en juillet son secrétaire général, le Ghanéen Nii A Odunton.

(1)   Les ressources minérales marines profondes, sous la supervision d'Yves Fouquet et Denis Lacrois, éditions Quae 2012.

(2)   Depuis le sommet Rio+20, des négociations sont en cours à l'ONU pour faire modifier la Convention sur le droit de la mer et y intégrer, notamment, des clauses sur la protection de la biodiversité.

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