vendredi 26 octobre 2012

Poissons de Fukushima radioactifs... Pour longtemps....

Poissons de Fukushima radioactifs... Communautés de pêcheurs sinistrées pour des décennies....

Depuis la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, Regard sur la pêche et l'aquaculture (RPA) a régulièrement suivi l'évolution de la contamination radioactive des poissons sur la côte nord-est du Japon.

Le 20 juillet 2012, nous faisions le point sur cette pollution des produits aquatiques toujours contaminés aux césium 134 et 137, à un moment où les autorités japonaises commençaient à banaliser la radioactivité dans la vie quotidienne (illustration ci-contre tirée d'un document  du ministère japonais de l'alimentation) : Peut-on rire des radionucléides, après Hiroshima, Nagasaki et Fukushima ?

En effet, les données sur la radioactivité des poissons, crustacés, coquillages et algues, mises en ligne depuis 17 mois par le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche (MAFF) montraient que la situation ne revenait pas à la normale... Au contraire...

Une étude étatsunienne de l'Institut océanographique de Woods Hole (Massachussetts) publiée le 26 octobre 2012 dans la revue Science le confirme.... 

La contamination au césium toujours élevée pour les poissons

Le niveau de contamination radioactive demeure élevé chez les poissons au large de Fukushima, au Japon, plus d'un an et demi après l'accident de la centrale nucléaire, d'après un article publié dans la revue Science datée du 26 octobre.

Plus de 80% de la radioactivité émise par la centrale accidentée de Fukushima s'est retrouvée dans l'océan Pacifique, soit directement par écoulement des eaux contaminées soit indirectement en retombant au large, rappelle Ken Buesseler, auteur de l'étude et chimiste à l'Institut océanographique de Woods Hole (Massachussetts).

Une contamination inédite d'autant plus dramatique que le Japon est le plus gros consommateur de produits de la mer par habitant.

Pour la majorité des poissons pêchés près des côtes nord-est du Japon, la contamination est en-dessous des seuils acceptables pour la consommation humaine, même après abaissement de ces seuils par les autorités de 500 à 100 Becquerels par kilogramme (Bq/kg). Cependant, au large de la préfecture de Fukushima, où la pêche est encore interdite, près de la moitié des poissons dépassent les 100 Bq/kg.

La zone la plus impactée par les rejets radioactifs de la centrale de Fukushima s’étend tout de même sur près de 200 km de façade maritime, depuis la préfecture de Miyagi au Nord, jusqu’à celle d’Ibaraki au Sud...

C’est dans le port de pêche d’Ibaraki-Ibaraki à la limite de la préfecture de Fukushima, où les premiers poissons radioactifs, des lançons, ont été identifiés, une quinzaine de jours après la catastrophe du 11 mars 2011.

Face à la gravité d'une situation aussi inattendue, le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche allait fixer dans la grande précipitation une norme standard de radioactivité qui n'existait pas pour les produits de la pêche, un seuil de 500 Becquerels par kilogramme (Bq/kg) sur la base des légumes !.. Puis, les autorités japonaises mettait rapidement en place un dispositif de contrôle des produits aquatiques tout le long de la côte du Nord-Est du Japon, jusqu’à Hokkaïdo, ainsi qu'à l’intérieur des terres dans les étangs piscicoles.

Près de 9.000 échantillons de poissons, de crustacés, de coquillages et d'algues ont ainsi été analysés depuis mars 2011. Les résultats consultables sur le site du Ministère japonais de la Pêche, ont servi de base à l’étude de Ken Buesseler.

La radioactivité des poissons ne diminue pas

Ken Buesseler estime, sur la base de ces données, qu'environ 40% des poissons pêchés dans les environs de Fukushima ne sont pas consommables selon les normes établies par les autorités nippones.


Le scientifique souligne en outre que les niveaux de contamination par le césium-134 et le césium-137 dans presque toutes les espèces de poissons et crustacés ne diminuent pas - ce qui suggère que les sédiments contaminés sur le fond marin pourraient fournir une source continue.

Mais ces niveaux de radioactivité varient selon les espèces, ce qui complique la réglementation par les pouvoirs publics. Les poissons de fonds sont les plus touchés : cabillaud, colin d’Alaska, plie, congre, sébaste...

Pour Ken Buesseler, qui avait conduit en juin 2011 une mission internationale de recherche sur un navire afin d'étudier la dispersion des radionucléides provenant de Fukushima, il faudra faire plus qu'étudier les poissons pour prédire comment évolueront ces différents niveaux de contamination.

« Une meilleure connaissance des sources et des puits de césium est nécessaire pour prévoir les tendances à long terme de la contamination des produits de la mer, » estime le chercheur.

« Nous avons surtout besoin de mieux comprendre les sources de césium et d'autres radionucléides qui continuent à maintenir ces niveaux de radioactivité dans l'océan au large de Fukushima, » insiste-t-il.

Pour aider à atteindre cet objectif, le scientifique et son collègue Mitsuo Uematsu, de l'Université de Tokyo, organisent un symposium dans la capitale nippone les 12 et 13 novembre. Le but est de présenter les dernières estimations disponibles sur les émissions de radioactivité de la centrale Daiichi, ainsi que leur impact sur l'océan, la vie marine, les poissons et fruits de mer.

Philippe Favrelière (texte modifié le 28 octobre 2012)

Pour rappel : Le tsunami du 11 mars 2011 a coûté plus de 11,5 milliards d'euros au secteur de la pêche et de l'aquaculture selon les estimations du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche. Il faudrait y ajouter le coût des rejets radioactifs dans l'océan Pacifique ainsi que dans les étangs et les rivières... en liaison avec les interdictions de pêche....

Pour accéder au site Web de l'auteur de l'étude :  Fishing for Answers off Fukushima
Japan fisheries data provides a look at how the ocean is faring 18 months after the worst accidental release of radiation to the ocean in history
 

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    Le 20 janvier 2013

    La rascasse de Tepco habite les fonds marins

    Source : Gen4

    Photos : Rascasse super contaminé du nom vernaculaire murasoi (Sebastes pachycephalus) haut : Tepco et bas : Le Monde 

    Vous n’avez pas pu échapper à cette dépêche AFP qui reportait – une fois n’est pas coutume – vendredi 18 que Tepco avait péché “récemment” une rascasse radioactive fourrée de 254 KBq / kg de Césium radioactif.

    Ce poisson, un murasoi, appartient à la famille des sébastes et présente, tout comme nos rascasses méditerranéennes, la particularité d’habiter les zones rocheuses des fonds marins ; l’habitat spécifique du murasoi se situe plus précisément au niveau des fonds côtiers, donc de faible profondeur.

    Que représentent exactement 255 KBq / kg de radiocésium ?

    Ladite dépêche, fort concise, nous apprend que cette activité spécifique représente 2500 fois le seuil fixé par le gouvernement Japonais le 1er avril 2012 sans nous renseigner vraiment sur la dangerosité de consommer une telle prise.

    En avalant l’équivalent de 1 kilogramme de ce poisson la dose engagée équivalente s’élèverait à environ 4 mSv ; un pécheur dévorant régulièrement de tels mets en fricassée présenterait ainsi au bout d’un mois de consommation une dose engagée (donc à vie) estimée à 20 mSv, ce qui est loin d’être une affaire négligeable.

    Il est enfin nécessaire de savoir qu’il est très difficile de se “désintoxiquer” d’une contamination radioactive prolongée, surtout si elle est cachée et prolongée, et que les chiffres repris ci-dessus (les facteurs de doses) semblent représenter, pour certains, un moyen pratique de camoufler une partie des doses réellement engagées par les organismes soumis à une contamination radioactive.

    Le poisson a l’air OK ?

    En ne tenant pas compte de son aspect patibulaire habituel, ladite bestiole semble apparemment en bonne santé si on compare son allure générale par exemple avec les malheureux rats médiatisés récemment par le Professeur Séralini. En fait, il est nécessaire de savoir que les organismes simplifiés des poissons, sans réel système de protection immunitaire, ne développent généralement pas de grosseurs pouvant représenter l’indice évident d’un problème de croissance désordonnée de cellules anormales (cancer).

    En comparant un peu les photos de Tepco (en haut) et d’un murasoi sain (en bas), il est possible de noter que la zone des ouïes semble très décolorée et que la nageoire caudale semble divisée chez le spécimen péché par Tepco, indice d’un possible problème de dégradation de l’état de santé de l’animal.

    La parade à la diffusion biologique de la radioactivité : Des filets installés

    Pour éviter que les poissons hautement contaminés ne partent trop loin au risque d'être consommés par d'autres espèces ou pêchés, Tepco va installer de nouveaux filets alentour. Plusieurs restrictions ont frappé ou concernent encore des aliments de la préfecture de Fukushima et de province voisines, le gouvernement ayant durci l'an passé les normes légales.

    Le 21 août 2012, Tepco avait annoncé que des rascasses pêchées dans l'océan Pacifique à l'intérieur de la zone circulaire des 20 kilomètres autour de la centrale, fermée à toute activité humaine, présentaient un niveau de 25 800 becquerels de césium par kilogramme. Ce chiffre – 258 fois supérieur au seuil fixé par le gouvernement – était alors le plus élevé enregistré depuis le 11 mars 2011. Des niveaux comparables ont été relevés sur des lottes. (Dans Le Monde : Radioactivité record sur un poisson pêché près de Fukushima)
     
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    Le 7 mars 2013

    Les pêcheurs après Fukushima

    Comment vivre avec une pollution invisible, impalpable ? Deux ans après la catastrophe, Arte a posé l'œil de sa caméra sur les habitants de Fukushima, résistants ou abattus. Et signe l'un des deux documentaires d’une soirée spéciale : « Le monde après Fukushima, documentaire de Kenichi Watanabe - mardi 5 mars à 22h25 sur Arte. »

    Entre les témoignages des victimes, résistantes ou abattues, et les interventions des différents experts (sociologue, médecins…), ce documentaire souligne les failles multiples dans la gestion japonaise du nucléaire, des informations cachées aux risques minimisés. Il nous fait comprendre que nous sommes entrés dans une ère nouvelle. L’ère de la radioactivité. Et qu’il ne sera jamais possible de revenir en arrière.

    Pour les pêcheurs, la catastrophe a entraîné la plus forte pollution maritime jamais observée. La contamination remonte des sédiments du plancton jusqu’à la chair du poisson via la chaîne alimentaire. A l’arrivée à quai, les marins mesurent toutes leurs caisses et une grande partie des poissons (ceux qui affichent plus de 80 becquerels) sont rejetés. Tepco indemnise les pêcheurs en fonction du poids de la prise remise à la mer.

    Les agriculteurs, quant à eux, ne peuvent pas vendre leur production en dehors de la région. « Je hais, je déteste le nucléaire, vraiment, vraiment. Je n’arrête pas de penser que l’on a inventé quelque chose d’effroyable. C’est un vrai désastre fabriqué par l’homme. Il a fabriqué un monstre pareil en prétextant une sécurité absolue », lâche en sanglotant Mikiko Sato, agricultrice, qui en coupant quelques jonquilles dans son jardin pour s’en faire un bouquet a absorbé (en proportion du temps passé) autant que la dose admise pour un travailleur du nucléaire. D’après Terra Eco : Fukushima : la vie, deux ans après

    Entretien avec Kenichi Watanabe, réalisateur du documentaire “Le Monde après Fukushima”, diffusé le mardi 5 mars 2013 sur Arte. D’après Télérama : “Dire qu’il n’y a pas de morts à Fukushima est un mensonge”, Kenichi Watanabe, documentariste

    Vous avez passé beaucoup de temps dans la région de Fukushima ?

    J'y suis allé trois fois. La première en repérage, deux semaines à l'hiver 2012, où j'ai fait le voyage seul, dans une voiture de location. Ça m'a permis de découvrir toute la côte, de rencontrer des associations de pêcheurs, les gens des collectivités locales, des personnes comme Madame Sato. Toute la côte est ravagée, les gens sont évacués et vivent dans des maisons provisoires. Ça fait bientôt deux ans, et la situation ne change pas, parce tout est bloqué par les déchets radioactifs, dont on ne sait pas comment se débarrasser.

    J'y suis retourné en avril et en juillet 2012 avec un chef opérateur et un preneur de son. Oui, on a travaillé en zone contaminée. Je ne peux pas dire que je m'en fiche, mais avec mon âge, et puis, face aux gens de Fukushima, on peut pas porter le dosimètre comme ça ! Eux sont là en permanence, comment puis-je m'inquiéter de ma santé ?

    Ce plan sur les cerisiers en fleur est magnifique, et il y a beaucoup d'autres plans dans votre film qui s'attardent longuement sur la nature, sur la beauté de la région de Fukushima…

    La destruction nucléaire, c'est d'abord la destruction de la nature et de l'alimentation, qui sont à la base de la culture. C'est cela, la vraie tragédie, et pour qu'on la ressente, l'image de la nature doit être magnifique. On a donc consacré beaucoup de temps à la lumière, à la façon dont on filmait ces séquences-là, justement parce que sous la surface magnifique, tout est détruit…

    Quand je montre les pêcheurs peser leurs poissons contaminés par les radiations pour se faire indemniser par Tepco, puis les rejeter à la mer, j'espère que l'on ressentira tout ce qu'il y a de cruel là-dedans. C'est aussi pour cela que j'ai voulu réduire les explications narratives, et laisser au spectateur le temps de la réflexion. Sur ce point, le commentaire écrit par l'écrivain Michaël Ferrier compte beaucoup.

    Lui-même était sur place pendant la catastrophe, il est parti aider les gens, lui aussi a partagé ce moment noir des 14-15 mars où nous nous sommes perdus, où nous ne savions plus ce qu'était l'Etat. On a décidé très tôt de lui demander d'écrire le commentaire, et il lui apporte beaucoup, il amène une sorte de « politique poétique ». La politique, c'est très important, mais la dimension poétique, c'est ce qui manque dans le mouvement anti-nucléaire. Il faut élargir le front. Les philosophes doivent parler, les écrivains aussi, les musiciens et les peintres doivent créer, autour de cette même interrogation sur la civilisation.

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    Le 23 août 2013

    Tsunami. On élimine le bateau de pêche mais pas la radioactivité...

    Le second naufrage du «Kyotoku-maru», navire stigmate du tsunami

    Source : Libération par Mathias Cena - 22 août 2013 - Photo : AP

    A Kesennuma le 11 mars 2013, deux ans après le tsunami. L'épave du Kyotoku-Maru, dont il avait été envisagé de faire un monument commémoratif, sera finalement démantelée. L'immense navire de pêche, échoué en pleine ville de Kesennuma depuis que la vague meurtrière l'y a déposé le 11 mars 2011, doit disparaître pour de bon.

    C’était devenu le monument emblématique de la ville. Un navire de pêche au thon de 60 mètres de long, posé comme un poisson hors de l’eau à 750 mètres de la mer, en plein milieu d’un quartier résidentiel. Mais ce totem de 360 tonnes, les habitants de Kesennuma (à 490 km au nord de Tokyo) n’en veulent plus. Car le souvenir du tsunami du 11 mars 2011, qui a transporté là le Kyotoku-maru No. 18, est encore trop douloureux. La ville portuaire comptait 75 000 habitants avant la catastrophe, et lui a payé un lourd tribut : plus de 800 morts et près de 1 200 disparus, sur les 18 000 personnes tuées par le tsunami dans l’ensemble du nord-est du Japon.

    Dans un premier temps, on avait dégagé le terrain autour de cette carcasse métallique bleue et rouge, noircie par les flammes de l’incendie qui avait ravagé une bonne partie de la ville après le passage de la vague ravageuse. On avait nettoyé les débris qui jonchaient le sol, calé de lourdes poutres métalliques pour soutenir la coque, dont un maigre ruban jaune protège les abords. Il était question d’en faire un mémorial du tsunami, et déjà les visiteurs y affluaient de tout le Japon pour le photographier, y déposer une gerbe de fleurs et se recueillir. Mais après un vif débat, la question a été mise au vote des habitants, et leur verdict est sans appel. Environ 68% se sont prononcés pour bouter hors de Kesennuma ce mastodonte échoué qui leur «rappelait constamment cette terrible catastrophe». Seulement 16% auraient voulu le maintenir en place. Parmi eux, Shigeru Sugawara, le maire de la ville, qui était un fervent partisan de ce projet et se dit déçu de perdre «un symbole visible de ce qui est arrivé, [qu’il] voulait laisser aux générations futures».

    D’autres regrettent déjà la manne des visiteurs qui, après avoir photographié le Kyotoku-maru, s’arrêtaient au marché provisoire pour faire des emplettes. Alors qu’une grande partie du littoral dévasté par le tsunami est toujours en ruine, ils craignent que Kesennuma ne devienne une ville fantôme en l’absence d’activité économique.

    Avant le 11 mars 2011, le port de Kesennuma était connu pour la pêche intensive au requin : 14 000 tonnes de squale en 2009. C’est de là que venaient 90% des ailerons de requin vendus dans l’archipel, et exportés jusqu’à Hongkong et la Chine. Les touristes s’y pressaient l’été par cars entiers pour se faire servir la soupe d’ailerons, censée être la meilleure du pays. Mais le musée du requin, qui accueillait 45 000 visiteurs par an, est toujours fermé. Tous espèrent donc qu’avec ou sans bateau, la vie reprendra enfin pour les habitants de Kesennuma. Une nouvelle existence attend aussi le Kyotoku-maru, qui sera démantelé par une organisation à but non lucratif. Puis recyclé.

    Japon : la pêche stoppée au large de Fukushima


    Source : Le Point.fr - Par Patrick Artusle 22 août 2013

    Partiellement relancée depuis juin dernier, la pêche va cesser début septembre à cause des risques accrus de contamination radioactive.

    La pêche, qui avait été partiellement relancée depuis juin dernier au large de Fukushima, sera de nouveau stoppée début septembre à cause des risques accrus de contamination radioactive, selon l'agence de presse Kyodo. L'association des pêcheurs de Soma et Futaba (préfecture de Fukushima, nord-est) avait recommencé en juin à prendre quelques variétés de poissons et à effectuer des contrôles avant de les vendre si leur niveau de contamination était inférieur aux limites légales en vigueur au Japon.

    Mais compte tenu des récents aveux de nouvelles fuites radioactives en mer en provenance de la centrale saccagée Fukushima Daiichi, ces pêcheurs ont décidé de cesser leur activité dans les environs à compter du 1er septembre. Une autre organisation de pêcheurs de la région, celle d'Iwaki, a aussi renoncé à réactiver la pêche dans le Pacifique au large de la province de Fukushima, alors qu'elle projetait de recommencer prochainement à titre expérimental, toujours selon l'agence Kyodo.

    Ces dernières semaines, la compagnie gérante de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima a reconnu que de l'eau contaminée s'écoulait dans l'océan Pacifique voisin depuis les sous-sols situés entre les réacteurs et la mer. De surcroît, Tokyo Electric Power (Tepco) a indiqué mercredi soir que l'eau hautement radioactive qui a fui d'un réservoir de stockage du site a pu également descendre jusqu'à l'océan.

    Risque radioactif élevé à Fukushima


    Source : Novethic par Amélie Mougey pour terraecoublié le 21-08-2013
     
    En début de semaine, une nouvelle fuite a été constatée sur le site de Fukushima. Un réservoir a laissé s'échapper 300 tonnes d'eau radioactive, selon l'opérateur Tepco. Le 22 août, l'Autorité de régulation nucléaire japonaise a annoncé qu'elle allait relever de 1 à 3 sur l'échelle internationale de classement des événements nucléaires, qui en compte 7, la gravité de cette fuite d'eau radioactive.

    Près de la centrale nucléaire japonaise, césium, strontium et tritium dérivent lentement vers l'océan. Une nouvelle fuite d'eau radioactive s'est en effe produite en début de semaine. Déjà, début juillet, le gérant de la centrale ravagée par les séisme et tsunami de mars 2011 se faisait l’écho de prélèvements inquiétants. Dans les eaux souterraines situées entre la centrale et la mer, le taux de césium 134 a bondi de 9 000 à 11 000 becquerels en une journée, après avoir été multiplié par 90 les trois jours précédents. Même topo pour le césium 137, passé de 18 000 à 22 000 becquerels en moins de 24 heures. L’origine de ces hausses spectaculaires n’est pas clairement identifiée. Pourtant les incidents sont récurrents. En avril déjà, puis en juin, des fuites ont été signalées et, la semaine passée, d’autres éléments radioactifs tel que le strontium 90 ou le tritium ont, eux aussi, dépassé les limites autorisées.

    Risque élevé pour la santé humaine

    Césium, strontium et tritium… les noms de ces radionucléides comme leur dangerosité nous sont peu familiers. Depuis l’accident de Tchernobyl, on connaît bien l’iode radioactif, ou iode 131, libéré massivement lors d’une explosion et responsable des dérèglements de la thyroïde. Dans une certaine mesure, on sait aussi comment s’en protéger : à grand renfort de cachets d’iode non radioactif pour saturer la thyroïde. Mais concernant les substances qui circulent aujourd’hui dans les sous-sols japonais, les choses sont un peu plus compliquées.

    Le césium se fixe dans les muscles. Le strontium 90, lui, préfère les os. Et comme tout élément radioactif, chacun augmente les risques de cancers. « Mais ce n’est qu’après une exposition longue et régulière qu’il y a danger », relativise Monique Sené, présidente du Groupement des scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire (GSIEN). Dans le cas du césium, l’élément le plus facile à mesurer, les symptômes apparaissent bien plus tard que les effets de l’iode radioactif, « au bout de dix ou quinze ans », précise la chercheuse en physique nucléaire. A ce moment-là, le lien de cause à effet avec une exposition à la radioactivité sera difficile à établir. « Sur l’ensemble des cancers qui se déclenchent, on ne saura pas forcément identifier ceux liés à Fukushima », confirme Didier Champion, directeur du pôle « crise » au sein de l’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN). Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’existeront pas car : selon un quotidien japonais repris par Enerzine 15 000 terabecquerels de césium 137 ont été rejetés au moment de l’explosion. Ce serait 168 fois plus qu’à Hiroshima.

    « Ne surtout pas assouplir les interdictions de pêche »

    Pour ce qui est des incidents récents, que les Japonais se rassurent. Les hausses mesurées cette semaine ne menacent pas directement leur santé. En tout cas pas dans l’immédiat. « Ces eaux ne vont pas se répandre dans toute les nappes phréatiques de la région, précise Didier Champion, elles se dirigent dans l’autre direction, vers l’océan. » L’ont-elles déjà atteint ? Pour l’instant l’incertitude règne : « Nous ne sommes pas en mesure de dire si l’eau contaminée s’écoule ou non dans la mer », affirmait le mardi 9 juillet la société Tepco. Si cela se produit, le niveau de radioactivité dans la zone proche de la centrale, qui actuellement diminue, repartirait à la hausse. Et la faune maritime reprendrait une nouvelle charge de radioactivité.

    « Les coquilles des coquillage se chargeront en strontium, dont les propriétés sont similaires à celles du calcium, précise Didier Champion, le Césium, lui, se retrouverait dans la chair des poissons. » C’est-à-dire dans les parties potentiellement comestibles. Pour le chercheur, ces nouvelles mesures invitent donc à « ne surtout pas assouplir les interdictions de pêche ».

    Les récents prélèvements effectués sur un bar pêché à quelques dizaines de kilomètres de Fukushima confirment la nécessité d’une telle prudence. L’animal, interdit à la consommation, contient un taux de césium dix fois supérieur à la limite autorisée. Si par mégarde il était consommé, « le césium resterait au moins 200 jours dans l’organisme du consommateur, avant de diminuer de moitié », indique Monique Sené. Cependant, la contamination de ce poisson est sans doute antérieure aux hausses phénoménales mesurées récemment dans les nappes phréatiques. « Car le césium, strontium et tritium migrent doucement, tout au plus de quelques mètres par an », précise Didier Champion. Or, les prélèvements inquiétants ont été effectués dans les terres, 25 mètres avant le rivage.

    « Tepco est complétement dépassé »

    Pour stopper l’exode, lent mais continu, de ces éléments hautement radioactifs vers l’océan, Tepco doit achever l’installation, d’ici à un an, d’un écran étanche en sous-sol. Mais pour l’IRSN, cela ne suffira pas. « L’étanchéité n’est jamais totale et il existe un risque de contournement de l’écran du fait de l’apport permanent d’eau de nappe », indique l’institut dans sa dernière publication (en pdf). Actuellement, 350 m3 d’eau servant à refroidir les réacteurs arrivent quotidiennement dans les sous-sols, avant d’être à nouveau pompées. « Ce n’est pas un système satisfaisant, le refroidissement des réacteurs devrait avoir lieu en circuit fermé », souligne Didier Champion. Un diagnostic que partage Monique Sené : « Tepco est complétement dépassé par la gestion de l’eau », affirme la chercheuse.

    Sur le site, des milliers de mètres cubes d’eau doivent aujourd’hui être stockés en attendant d’être traités. « Dans un premier temps, l’exploitant utilisait des cuves en métal puis stockait l’eau en pleine terre avec des bâches géotextiles, détaille la physicienne, mais rien n’empêche les fuites, l’eau s’infiltre partout. » Et les éléments radioactifs finissent par rejoindre la mer. « Ce qui est un moindre mal, car ils sont dilués », précise Didier Champion. Dilués certes, mais toujours présents. Au bout de trente ans, les quantités de césium n’auront diminué que de moitié.

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    Poissons de Fukushima. Les informations de l'IRSN


    Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) : Bulletin d'information destiné aux ressortissants français vivant au Japon...

    Accident de Fukushima-Dai-Ichi

    Bulletin d’information n°10 du 4 juin 2013 de l’IRSN

    Ce bulletin élaboré par l’IRSN est spécialement destiné à l’information des ressortissants français vivant au Japon. Il actualise les informations et recommandations du précédent bulletin daté du 6 août 2012, compte tenu des données les plus récentes publiées au Japon concernant l’évolution de la contamination environnementale ainsi que celle des denrées alimentaires produites au Japon...

    Ce nouveau bulletin aborde deux sujets particuliers, développés respectivement en annexes 1 et 2 :
    • l’évolution des dépôts radioactifs dans le milieu terrestre depuis l’année de l’accident, et son incidence sur le zonage mis en place par les autorités japonaises autour de la centrale de Fukushima Dai-ichi ;
    • l’évolution des niveaux de contamination constatés dans les différentes catégories de denrées produites au Japon et l’estimation par l’IRSN des risques pour les consommateurs.

    En ce qui concerne les produits de la mer, seules les espèces vivant à proximité des sédiments autour de la centrale de Fukushima dépassent encore très régulièrement la norme de commercialisation. Il s’agit notamment des ainames, flétans, sébastes, grondins. Les poissons moins liés aux sédiments comme les maquereaux, les sardines, les chinchards, ainsi que les mollusques, présentent désormais des niveaux de contamination le plus souvent inférieurs à la norme.

    Remarque : depuis le 28 mars 2012, TEPCO a mis en place une stratégie des prélèvements d’espèces marines dans l’environnement proche de la centrale de Fukushima. C’est ainsi qu’en octobre et en décembre 2012, des poissons ont été capturés dans le port de la centrale, autour d’un point dénommé « Shallow draft quay ». Les activités en césium (137+134) y sont très élevées : de quelques dizaines à quelques centaines de milliers de Bq/kg frais avec une activité maximale observée dans une espèce de sébaste de 254 000 Bq.kg-1 frais. Ces activités sont liées au niveau de contamination très élevé présent dans le port de la centrale de Fukushima et en particulier à celle des sédiments pour cette espèce benthique (qui évolue à proximité des sédiments).


    Concernant les espèces d’eau douces, près de 4 000 prélèvements ont été réalisés entre mars 2011 et décembre 2012 et les résultats sont mis à disposition sur les sites officiels japonais. Parmi les différentes espèces prélevées en lac ou en rivière, 6 présentent des niveaux de contaminations plus élevés et font l’objet d’un suivi régulier (figure 14). Il s’agit des naseux (Tribolodon hakonensis), des ombles blancs tachetés (Salvelinus leucomaenis), des Ayu (Plecoglossus altivelis), des saumons masous (Oncorhynchus masou), des saumons rouges du Pacifique (Oncorhynchus nerka) et des éperlans japonais (Hypomesus nipponensis). Mis à part les naseux, toutes les autres espèces sont des espèces caractérisées comme amphihalines (espèces qui effectuent des migrations entre les eaux douces et les eaux de mer). La variabilité des résultats est importante, en raison de la diversité des lieux de pêche. Les échantillons les plus contaminés ont tous été récoltés dans des rivières ou lacs de la préfecture de Fukushima, de Gunma et de Tochigi. La concentration en césium la plus élevée (18 700 Bq.kg-1 frais) a été relevée près du village d’Iitate-Mura, dans la préfecture de Fukushima, le 18 mars 2012.

    Plusieurs autres espèces d’eau douce ont fait l’objet d’un suivi plus ou moins régulier comme des espèces de crevettes, de carpes, de barbues de rivière ou de truites. Le plus souvent les césiums y sont détectés à des niveaux inférieurs à 200 Bq kg-1 frais (137Cs+134Cs).


    Pour plus d'informations, accéder à l'ensemble des documents de l'IRSN : Fukushima, 2 ans après. Points de situation technique, environnemental et sanitaire 

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    Les radionucléides dans les espèces marines

    Les niveaux maximaux admissibles pour la consommation alimentaire, établis par les autorités japonaises, sont passés de 500 Bq/kg frais à 100 Bq/kg frais pour la somme des césiums 134 et 137 à partir du 1e avril 2012. Depuis 2012, les espèces pour lesquelles des teneurs en césium dépassent ces niveaux sont majoritairement des espèces benthiques.

    La Figure montre l’évolution des concentrations pour les deux isotopes du césium chez des espèces prélevées régulièrement. Ces résultats révèlent une grande variabilité, toutefois, les poissons ayant un mode de vie en forte relation avec le sédiment (ainames, sébastes, flétans, grondins) se situent plutôt dans les valeurs élevées de la gamme de concentration en césium (couleurs jaune, marron et violette), contrairement aux poissons pélagiques, vivant dans la colonne d’eau comme les maquereaux, les chinchards et les sardines (couleurs vertes)

    Outre les poissons, il est à noter que les échantillons d’oursins et d’ormeaux prélevés dans la préfecture de Fukushima peuvent également atteindre des niveaux élevés.

    La distinction entre les espèces très liées aux sédiments et celles évoluant dans la colonne d’eau se retrouve également dans l’évolution des activités au cours du temps. Ainsi, parmi les produits marins qui ont présenté les niveaux de contamination les plus élevés dès le début de la surveillance des produits de la pêche, figuraient les lançons japonais (Figure 30). Ces poissons sont pêchés et consommés par les Japonais aux stades larvaires et juvéniles sur la période janvier avril. Durant cette période de leur existence, ils évoluent et se nourrissent dans la colonne d’eau. Comme attendu, leurs activités en césium 137 (losanges rouges de la Figure 30) ont suivi l’évolution de la contamination de l’eau de mer (points bleus) en diminuant très rapidement, d’un facteur 100 en un mois. Les nouvelles pêches de début 2012 montrent que leur teneur en césium 137 a nettement diminué et continue d’évoluer parallèlement à celle de l’eau.


    Les tendances chez les espèces de type filtreurs comme les moules, huîtres, palourdes reflètent les évolutions dans le milieu ambiant, eau et aussi matières en suspension. Leur concentration en césium 137 (carrés verts) a diminué d’un facteur 100 en 18 mois et se situent maintenant en dessous des limites de commercialisation (trait rouge).

    L’évolution des concentrations de césium 137 chez une espèce de raie (Okamejei kenojei) prélevée depuis le mois de juin 2011 le long des côtes de la préfecture de Fukushima, illustre le cas des espèces très liées aux sédiments. La diminution de leur contamination est à peine perceptible à l’instar de celle des sédiments (cf. Figure28). Ces poissons dépassent encore régulièrement la limite de commercialisation.

    Depuis le 28 mars 2012, TEPCO a mis en place une stratégie des prélèvements d’espèces marines dans l’environnement proche de la centrale, c’est ainsi qu’en octobre et en décembre 2012, des poissons ont été capturés dans le port de la centrale, autour d’un point dénommé « Shallow draft quay ». Les activités en césium (137+134) y sont très élevées : de quelques dizaines à quelques centaines de milliers de Bq/kg frais avec une activité maximale observée dans une espèce de sébaste de 254 000 Bq/kg frais. Ces activités sont liées au niveau de contamination très élevé présent dans le port de Fukushima et en particulier à celle des sédiments pour cette espèce benthique (qui évolue à proximité des sédiments).

    Du 4 au 18 juin 2011, une campagne de prélèvements a été organisée dans le Pacifique Nord par des chercheurs américains (Buesseler et al., 2012). Outre des mesures sur l’eau, ils rapportent divers résultats sur des prélèvements de plancton et de poissons mésopélagiques. Les concentrations en césium 134 et 137 y varient de la limite de détection à 56,4 Bq/kg frais, suivant le lieu de pêche et la nature de l’échantillon. Les rapports d’activités 137Cs/134Cs se situent le plus souvent autour de 1. Il est à remarquer que de l’argent 110m est quasi systématiquement détecté dans le plancton à des niveaux variant de la limite de détection à 23,6 Bq/kg sec. Cet élément a également été mesuré, par TEPCO, dans des crabes (Ovalipes punctatus) et des seiches (Sepia andreana) prélevés dans la zone des 20 km au large de Fukushima, en mai-juin 2012. Dans les crabes, les concentrations varient de 13 à 69 Bq/kg frais. La présence de ce radionucléide n’est pas mentionnée dans les rejets en mer mais il a été détecté dans les prélèvements de sol autour de la centrale.

    Durant la campagne dans le Pacifique Nord du navire TARA, un échantillon de tazard (Scomberomorus commerson) a été prélevé pour l’IRSN en octobre 2011 au nord de l’une des îles de Hawai (Oahu). Cet échantillon a été analysé par l’IRSN ; il présente des traces de césium 134 (de l’ordre de 0,05 Bq/kg sec) qui atteste de son marquage par les rejets de l’accident de Fukushima.

    Source : Impact environnemental de l’accident de Fukushima-Daiichi / Rapport IRSN - Mars 2013 : Annexe 2 du dossier « Accident de Fukushima-Daiichi : état des lieux 2 ans après l’événement ». Cliquer Ici pour télécharger le rapport de l'Irsn / mars 2013

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    Fuites d’eau contaminée à Fukushima Daiichi : point de la situation au 7 août 2013

    Source : IRSN le 07/08/2013

    La publication le lundi 5 août 2013 par l’agence de presse Reuters d’une dépêche sur la situation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi a relancé les questionnements concernant la gestion et le devenir des eaux contaminées sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima-Daicchi.

    L’IRSN tient à souligner qu’il n’y a pas eu d’aggravation subite de la situation ces derniers jours, mais des déclarations de l’autorité présente sur le site rappelant à l’exploitant TEPCO la nécessité de mettre en place au plus vite des actions correctives concernant la contamination diffuse de l’Océan Pacifique.

    Les volumes d'eaux contaminées sur le site de Fukushima seraient estimés à plusieurs centaines de milliers de mètre-cube. Pour rappel, lors de l’accident du 11 mars 2011, les phénomènes naturels ont entraîné une inondation du site générant une accumulation d’eau dans les sous-sols des bâtiments de la centrale. En outre, depuis l’accident, l’eau assurant le refroidissement des cœurs dégradés des réacteurs s’écoule dans les sous-sols des bâtiments d’où elle est pompée pour assurer à nouveau, après traitement, le refroidissement de ces réacteurs.

    Mais les galeries en dessous de la centrale n’étant pas parfaitement étanches, il y a un soupçon de contamination des nappes phréatiques. Tepco tente actuellement de renforcer l'étanchéité du sol par des injections de produits étanchéifiants, et également par la réalisation d'un écran étanche entre les installations et l'océan (échéance de fin de travaux prévue pour mi-2014).

    Pour plus d’informations sur la situation, téléchargez les notes d’information de l’IRSN publiées le 11 juillet 2013 :
    • Accident nucléaire de Fukushima Daiichi : Gestion des eaux contaminées provenant des réacteurs accidentés - Situation à fin juin 2013
    • Accident nucléaire de Fukushima Daiichi : Contamination du sol entre les réacteurs accidentés et l’océan Pacifique
    Autres informations :
    • Le cout économique d’un accident nucléaire / IRSN – Mars 2013
    • Actualisation des connaissances relatives à l’évolution de la pollution radioactive de l’eau de mer et des sédiments issue du site nucléaire accidenté de Fukushima Dai-ichi / IRSN - 6 février 2013 mis à jour le 12 mars 2013. Cliquer Ici pour télécharger ce document de l'IRSN

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    Le 29 août 2013

    Fukushima : Tepco démuni face à la colère des pêcheurs

    Naomi Hirose s'incline devant les représentants des pêcheurs japonais venus lui réclamer des comptes au siège de Tepco à Tokyo. © Jiji press/AFP 

    Source : Le Point.fr

    Naomi Hirose, patron de Tepco, a dit aux pêcheurs japonais, qui lui reprochaient ses défaillances dans la gestion de l'eau contaminée, qu'il était "désolé".
    Les pêcheurs japonais se sont mis en colère face au patron de la compagnie d'électricité Tepco, qui tentait en vain de leur expliquer les mesures prises face aux fuites en mer d'eau radioactive de la centrale ravagée de Fukushima. "Nous pensons que la façon dont votre entreprise gère l'eau contaminée a failli", s'est agacé Hiroshi Kishi, chef de JF Zengyoren, fédération de plus de 1 000 coopératives de pêche du Japon. "Nous sommes extrêmement inquiets de l'impact incommensurable [de cette gestion] sur l'avenir de notre industrie", a-t-il poursuivi face à un patron de Tokyo Electric Power (Tepco) démuni. "Nous sommes réellement désolés, nous allons prendre les dispositions maximum", a répondu ce dernier, Naomi Hirose.

    Il était venu présenter la façon dont son groupe compte remédier aux graves problèmes de fuites d'eau bourrée de césium, strontium et autres éléments dangereux dans l'océan Pacifique, voisin de la centrale saccagée par le tsunami du 11 mars 2011. Tepco a notamment décidé de monter une cellule de crise et de renforcer les équipes sur le terrain pour éviter que ne se reproduise un "incident grave" comme la récente fuite de 300 tonnes d'eau hautement radioactive d'un réservoir de stockage. Une partie de ce liquide souillé a coulé jusqu'à l'océan.

    Après l'écoulement de 300 tonnes d'eau hautement radioactive dans les eaux japonaises près de Fukushima, les activités de pêche sont suspendues dans le secteur



    Fuites d'eau radioactive à Fukushima : un coup fatal pour les pêcheurs sur WAT.tv

    Les promesses du gouvernement japonais

    La pêche, qui avait partiellement été relancée depuis juin 2012 au large de Fukushima, sera de nouveau stoppée le 1er septembre à cause des risques accrus de contamination dus aux fuites dont certaines, depuis le sous-sol de la centrale, durent en réalité depuis plus de deux ans. Face aux inquiétudes croissantes non seulement chez les pêcheurs mais dans l'ensemble de la population nippone et à l'étranger, le gouvernement japonais ne cesse de promettre ces derniers jours qu'il va intervenir directement pour aider Tepco à venir à bout de ce dramatique problème d'eau contaminée. "Nous voulons que l'État prenne sérieusement en charge la conduite des opérations", a insisté le représentant des pêcheurs.




    Fukushima: la pêche à nouveau interdite – BFMTV 26/08

    Au total, Tepco doit déjà faire face à quelque 400 000 tonnes d'eau polluée enfouie dans le sous-sol ou stockée dans des réservoirs, un volume qui augmente chaque jour de 400 tonnes, sans compter les 300 tonnes environ qui filent quotidiennement en mer. "Notre premier devoir est de protéger l'environnement et les personnes, en prenant des mesures pour minimiser les risques d'accident et, le cas échéant, pour éviter une aggravation", a pour sa part déclaré jeudi lors d'une conférence de presse le patron de l'autorité indépendante de régulation nucléaire, Shunichi Tanaka.

    La confiance rompue

    "Nous ne sommes certes pas dans une situation où toutes les ressources marines sont contaminées par la radioactivité, mais je pense qu'il est nécessaire de suivre ce qui se passe de façon systématique et de fournir les informations au public. C'est ce que nous allons commencer à faire", a assuré M. Tanaka. Jusqu'à présent, des prélèvements et contrôles d'eau de mer sont effectués par différentes institutions et personne ne sait à quel saint se vouer. Mercredi, Tepco avait publié les plus récents résultats de ses propres tests sur diverses espèces de poissons pêchés dans un rayon de 20 kilomètres au large de la centrale, mais ces mesures sont extrêmement limitées et n'inspirent aucune confiance au public.

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    Témoignage des pêcheurs de Fukushima


    Reportage diffusé sur la Rtbf le 25 août 2013.... Cliquer Rtbf

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    3 ans après l'explosion de la centrale de Fukushima

    Fukushima : vers une contamination planétaire ?

    http://www.france3.fr/emissions/pieces-a-conviction/diffusions/26-02-2014_170742

    Trois ans après l'accident nucléaire de la centrale de Fukushima (Japon), une autre catastrophe se profile, sanitaire cette fois. Quelle est l’ampleur réelle de la contamination, humaine et environnementale ? Les contrôles sont-ils efficaces ? Sommes-nous au bord d’une catastrophe sanitaire à l’échelle mondiale ? "Pièces à conviction" fait le point sur ces interrogations, mercredi 26 février à 23h15 sur France 3, dans une enquête réalisée par Lionel de Coninck.

    Pour visualiser cette vidéo

    Un documentaire de 52' de Lionel de Coninck / Une production Code 5 avec la participation de France 3

    Partout, les scientifiques voient se profiler une catastrophe sanitaire mondiale. Chaque jour, des centaines de tonnes d'eau hautement contaminée se déversent dans le Pacifique, puis sur les plages californiennes, contaminant les poissons qui sont consommés sans aucun contrôle.

    Trois ans après la catastrophe nucléaire de la centrale de Fukushima Daiichi, une autre catastrophe se profile. Sanitaire celle là. Les premiers cas de cancer sont apparus. 26 déjà, tous chez des enfants de 0 à 18 ans. Plus d’une trentaine de cas sont suspects, et des dizaines de milliers d’enfants n’ont pas encore été testés. Le gouvernement tente de minimiser l’ampleur du drame. Mais les familles s’angoissent, et des mères sont en colère. La contamination s’étend, au-delà du Japon.

    Tous les jours, des centaines de tonnes d’eau hautement contaminée sont déversées dans le Pacifique. Sur les plages de Californie les chercheurs, témoins de l’arrivée quotidienne de déchets du tsunami sur leurs plages, tentent par tous les moyens d’alerter les autorités. Les scientifiques du monde entier redoutent les effets incalculables sur la santé des populations si les poissons du pacifique continuent à être consommés sans aucun contrôle : un laboratoire d’analyses suisse vient de découvrir du césium 131 et 134 dans des barquettes de poisson dans un supermarché, ou dans du thé vert venant du Japon !!

    Quelle est l’ampleur réelle de la contamination, humaine et environnementale ? Les contrôles sont-ils efficaces ? Sommes-nous au bord d’une catastrophe sanitaire à l’échelle mondiale ?

    Enquête sur le premier scandale nucléaire de l’ère de la mondialisation.

    "Nous sommes assassinés à petit feu"



    Depuis le début de la campagne de dépistage du cancer de la thyroïde lancée en 2011 par la préfecture de Fukushima, trente-trois cas de cancer de la thyroïde ont été recensés chez les jeunes de moins de 18 ans. Plus d’une trentaine d'autres cas sont suspects, et des dizaines de milliers d’enfants n’ont toujours pas été testés. La population visée est d’environ 375 000 jeunes de 0 à 18 ans. Seuls 254 000 Japonais ont été testés. Selon les autorités, à ce jour, rien ne permet de penser que ces cancers soient directement liés à l'accident du 11 mars 2011.

    Face à l'inquiétude et à l'angoisse des familles, le docteur Nishio, spécialiste du cancer de la thyroïde, pratique des dépistages bénévolement. Selon l'avis du médecin, les tests des autorités de Fukushima ne sont pas fiables et le Japon est menacé par une épidémie de cancer.
    "C’est une tragédie pour la faune"

    A des milliers de kilomètres Fukushima, sur les plages de Californie, des chercheurs s’inquiètent de l’arrivée quotidienne de déchets radioactifs sur leur littoral, mais aussi dans les barquettes de poisson vendues dans les supermarchés. En effet, tous les jours, des centaines de tonnes d’eau hautement contaminées sont déversées dans le Pacifique depuis la centrale de Fukushima. Depuis, les scientifiques tentent d’alerter les autorités car tous redoutent des effets incalculables sur la santé des populations si les poissons du Pacifique continuent à être consommés. Source : France Tv info

    Fukushima : la contamination est-elle planétaire ?

    Trois ans après la catastrophe nucléaire, retour à Fukushima. Alors que des centaines de litres d'eau contaminée ont été rejetés dans la mer depuis l'accident, les résultats de l'enquête de Lionel de Coninck -Fukushima: vers une contamination planétaire?-, diffusée mercredi 26 février sur France 3 (23h15), est sans appel: au Japon, le discours officiel sous-évalue les risques auxquels la population est exposée.

    Source : Le HuffPost  |  Par Stanislas Kraland

    Voir la bande-annonce de l'émission



    Hommes et animaux malades, crainte d'une épidémie de cancers de la thyroïde: le film documentaire fait également le point sur les risques de contamination au-delà des frontières de l'archipel nippon.

    En Suisse, des chercheurs ont identifié de la radioactivité sur des thons pêchés dans l'océan Pacifique. Du césium 134 et 137 qui prouve que ces poissons ont été contaminés. Ils se livrent alors à un test sur du cabillaud acheté à Bâle, avec le même résultat.

    Même chose sur la côte ouest des Etats-Unis. Alors qu'au printemps prochain, les débris de la centrale devraient gagner les côtes californiennes, les chercheurs se mobilisent. Là aussi, la présence de césium 134 a été décelée dans du thon pêché à moins de 150 km de San Diego.

    Risque zéro ?

    La consommation de ces poissons est-elle dangereuse pour l'homme? La communauté scientifique est divisée. Certes, les doses extrêmement faibles sont en-dessous des normes, mais plusieurs experts rappellent qu'en matière de radioactivité, il n'y a pas de seuil d'innocuité.

    En France, près de Paris, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), qui a cartographié l'évolution du nuage radioactif depuis la catastrophe, évoque un "accident majeur". Parti du Japon, le nuage aurait traversé le Pacifique, l'Amérique du Nord et l'Atlantique avant de gagner le pôle Nord. Il aurait pénétré l'Europe par la Suède et les pays de l'Est, avant de gagner l'Europe de l'Ouest, et notamment l'Hexagone.

    Les doses auxquelles les Européens ont été exposées n'ont rien de comparables à celles du nuage de Tchernobyl. Elles seraient en effet mille fois plus faibles que celles du nuage de 1986, mais comme le résume un scientifique de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), "toute dose augmente les risques".

    "Le dernier homme de Fukushima"

     Naoto Matsumura "dernier homme de Fukushima" jette une pierre sur la centrale

    Naoto Matsumura sera bientôt à Bure

    de la tragédie de Fukushima à la folie de Bure

    Source : Alterinfos

    Naoto Matsumura a choisi de rester en territoire contaminé pour ne pas abandonner les animaux laissés à eux-mêmes après l’évacuation de leurs maîtres.

    Aujourd’hui, il souhaite témoigner de l’horreur nucléaire directement aux Français et aux Européens, afin qu’ils saisissent réellement ce que veulent dire des mots comme « territoire contaminé », « exode », « abandon », « séparation », « désert », « désolation », « maladie », « mort », mais aussi « combat », « solidarité », « espoir ».

    Naoto Matsumura dénonce TEPCO, exploitant de la centrale de Fukushima (le EDF local) et l’autorité de sûreté nucléaire qui assuraient que le nucléaire était propre et sûr, ainsi que les gouvernants qui ont minimisé et travesti l’ampleur de la catastrophe.

    Comme nombre de ses compatriotes, Naoto Matsumura subit une double, voire une triple peine : la contamination de ses terres et de son terroir, le déchirement de voir détruit ce qui a fait sa vie, le rejet de la société considérant les habitants de la région de Fukushima comme des parias.

    Le cas de Naoto Matsumura démontre, s’il en était encore besoin, que NON, nul ne peut vivre sainement en territoire contaminé, que ce soit dans les région de Tchernobyl et de Fukushima, ou de tout autre territoire qui dans un avenir plus ou moins proche pourrait subir une nouvelle catastrophe nucléaire (440 cocottes minutes atomiques parsèment toujours la planète)… et pourtant, les autorités japonaises viennent de décider que les populations de réfugiés pourraient revenir en territoire contaminé dès le 1er avril (!), la norme maximale d’exposition à la radioactivité ayant été multiplié par ces mêmes autorités… par 20 ! Et les autorités françaises viennent d’emboîter le pas par un sidérant « plan national de réponse à un accident nucléaire majeur »

    Programme du voyage de Naoto Matsumura : Paris - Bure - Fessenheim…

    Naoto Matsumura sera accompagné tout au long de son périple en France par Ren Yabuki (acteur-réalisateur), Kazumi Goto (interprète), Catherine Connan (à l’initiative de l’évènement), Pierre Fetet (auteur du blog de Fukushima) et Antonio Pagnotta (auteur du livre « Le dernier homme de Fukushima »)
     
    Mardi 4 mars : arrivée à Paris de Naoto Matsumura et Ren Yabuki
    Mercredi 5 mars : rencontres à Paris
    Jeudi 6 mars : conférence (2ème arrondissement)
    Vendredi 7 mars : étape à BURE (Meuse/Haute-Marne/Vosges), sous les feux de l’actualité par son site ciblé pour l’enfouissement de déchets nucléaires, fausse solution et controversée ô possible
    Ø  Accueil en Mairie de BONNET vers 13H puis déjeuner
    Ø  Déplacement à Bure > examen de « Cigéo », sur site
    Ø  Conférence de presse > à Bonnet, horaire en cours de calage (vers 17H)
    Ø  Rencontre avec les militants résistants de la région > fin ap midi 
    Ø  Soirée publique, rencontre-témoignage-débat > BONNET – 20H30 – Salle des fêtes
    Ø  Programme complet et horaires en cours de finalisation
    Ø  Organisation locale : Mairie de Bonnet / CEDRA / EODRA …
    Samedi 8 mars : visite des forêts vosgiennes et rencontre de militants anti-nucléaires
    Dimanche 9 mars : participation à la manifestation pour la fermeture de la centrale de Fessenheim
    Lundi 10 mars : rencontre avec des viticulteurs alsaciens, conférence et soirée de clôture de l’exposition inter-lycée (Molsheim, Obernai et Barr) des photos d’Antonio Pagnotta au lycée Schuré de Barr
    Mardi 11 mars :  conférence de presse au Parlement Européen à Strasbourg
    Mercredi 12 mars : participation à une table ronde sur Les leçons de Fukushima à Strasbourg
    Jeudi 13 mars : rencontre avec les lycéens  du lycée Théodore Deck à Guebwiller, visite d’un agriculteur bio, visite de la centrale photovoltaïque de Feldkirch, réunion publique avec les riverains de la centrale nucléaire de Fessenheim
    Vendredi 14 mars : rencontre à la mairie de Fessenheim, visite chez un riverain de la centrale nucléaire, rencontre avec des agriculteurs
    Samedi 15 au 21 mars : périple en Allemagne et en Suisse
    Dimanche 16 mars : Visite de Wyhl et de Weisweil, dans le Baden Würtemberg, hauts lieux de la résistance antinucléaire outre-Rhin
    Lundi 17 mars : participation à la Mahnwache de Müllheim, rencontre avec les agriculteurs allemands
    Mardi 18 mars : conférence à la Haute École Pédagogique du canton de Vaud (Lausanne)
    Mercredi 19 mars : vigie devant l’OMS à Genève avec Independant Who
    Vendredi 21 mars : retour au Japon
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    FUKUSHIMA – 11 Mars : 3 ans et rien n’est réglé

    parmi les centaines d’actions de par le monde et en France

    le CEDRA appelle à un rassemblement

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    Le 12 mars 2014

    Pollution de Fukushima : la chaîne alimentaire touchée par la contamination

    L'eau de mer polluée par les rejets des centrales Tepco, au Japon, va bientôt toucher les côtes américaines. Pour l'association Robin des Bois, le risque sanitaire est réel pour les populations

    Source : Sud Ouest par Philippe Belhache

    Illustration : Evolution de la radioactivité des poissons au large de la préfecture de Fukushima : L'Agence japonaise des pêches nous montre que le taux de poisson radioactif, impropre à la consommation (> 100 Bq Ce / kg), diminue depuis la catastrophe du 11 mars 2011. La courbe (en vert) est passée de 57,7% en avril-juin 2011, à 9,6% à la fin de l'année 2012, et 1,7% début 2014... L'Agence des pêches est confiante !...

    Regardez plus bas l'autre graphique établi avec les mêmes données de départ, les résultats sont beaucoup moins encourageants...

    La pollution de l'eau de mer en provenance de Fukushima pourrait atteindre les côtes américaines – Hawaï puis la Californie – d'ici les prochaines semaines, annonce une simulation mise en ligne par la Woods Holes Oceanographics Institution, relayée notamment par le site SurferToday.com. Une situation préoccupante pour toutes les association écologistes, soucieuses de la préservation des océans. Pour Jacky Bonnemans, président de l'association Robins des Bois, le danger réside ailleurs, dans la contamination de la chaîne alimentaire.

    Les courants contaminés par Fukushima vont toucher les côtes américaines. Etait-ce anticipé ?

    Cette contamination sera comparable à la celle datant de 1960, après une longue série d'essais nucléaires américains et soviétiques. 

    Jacky Bonnemains. Oui. Et c'est bien la pollution de l'Océan Pacifique qui est en jeu. L'article parle de la teneur éléments radioactifs dans l'eau de mer. Cette teneur, notamment en Césium 137, dont la signature est celle du Césium de Fukushima, va augmenter et culminer en quelque sorte sur les côtes californiennes en 2014.

    Il y avait déjà dans les revues spécialisées des travaux de modélisation sur la distribution du Césium 137 de Fukushima. Ils mettent en évidence une diffusion progressive, qui à partir de 2012-2013 s'étend dans le Pacifique nord, puis en 2014-2015 atteint clairement les eaux de Californie.

    Ces mêmes projections montrent qu'en plusieurs phases, en 2021, 2026, 2031, ce sera tout l'Océan pacifique qui sera marqué par le Césium 137. Les articles disent que cette contamination, quand elle sera uniforme, sera comparable à la contamination datant de 1960, après une longue série d'essais nucléaires américains et soviétiques.

    Cette diffusion est donc particulièrement préoccupante ?

    Oui. Mais au-delà de ça, et avant ça, il y a le problème de la contamination des poissons dans l'océan pacifique. De nombreux prélèvements ont été effectués. Au milieu d'eux, des algues, du wakamé, des algues comestibles, des oursins, des saumons, des anchois, des sardines, une raie, des morues, un thon rouge analysés fin 2013 ont présenté des taux importants de Césium 137. On ne peut pas parler de toute la population, ni dans son ensemble, ni au sein chaque espèce. Mais force est de constater qu'il y a de plus en plus de spécimens analysés contaminés. Notamment un bar, en juin 2013, dont la teneur mesurée était de 1000 bq par kilo ! Quand la teneur maximale admissible est de 100 bq par kilo.

    Le véritable danger serait donc pas la pollution de l'eau elle-même ?

    Exactement. La teneur en Cs 137 de l'eau de l'Océan Pacifique est préoccupante. Mais le danger réside bien dans la concentration de la radioactivité dans certains organismes marins tout au long de la chaîne alimentaire.

    Illustration de l'IRSN :  les espèces benthiques et/ou carnivores concentrent la radioactivité


    Il va y avoir concentration de la radioactivité dans les derniers maillons de la chaîne alimentaire, pêchés et consommés par l'homme. 

    Cela commence par les organismes de fond, donc les benthiques, les mollusques, les oursins, certaines algues, les poissons plats qui vivent sur les fonds. Quand on suit les étapes de la chaîne alimentaire, on trouve ensuite les poissons herbivores, comme les sardines, qui mangent du plancton contaminé. Et ensuite les thons, poissons carnivores, qui vont manger les poissons contaminés par le plancton.

    Et au bout du compte, il va y avoir concentration de la radioactivité dans ces derniers maillons de la chaîne alimentaire. Notamment dans les poissons carnivores comme les saumons ou les thons, pêchés et consommés par l'homme. Le problème est le même pour les mammifères marins, même s'ils ne sont pas consommés, et pour revenir au fond de la mer, avec les crustacés.

    Les poissons ne connaissent pas les frontières administratives. 

    Les poissons migrent, ils ne connaissent pas les frontières administratives. Les sardines, qui voyagent beaucoup, mais aussi les thons et les saumons qui sont de grands migrateurs. On peut ainsi se retrouver avec un thon fortement contaminé par Fukushima en mangeant du poisson à San Diego en Californie, parce qu'il aura été pêché par des pêcheurs américains et qu'il n'y a pas de contrôle systématique. Il n'y en a pas assez à notre avis.
    Les professionnels américains sont-ils suffisamment informés ?

    Suite de l'article de Sud Ouest

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    Le 15 mars 2014

    N’oublions pas Bikini... 

    L'année 2014 est le soixantième anniversaire de Bikini : le 1er mars 1954, des bateaux de pêche japonais ont été irradiés lors des essais étatsuniens, de la bombe à hydrogène, près de l’atoll de Bikini, dans l’Océan Pacifique.

    En janvier 1954, un bateau de pêche, The Lucky Dragon, partait du port de Yaizu au Japon. Alors que l’équipage pêchait en dehors de la zone interdite, la bombe à hydrogène a été mise à feu dans l’atoll de Bikini et des matières radioactives ont été projetées à une distance plus grande que celle prévue, si bien que le bateau et les marins pêcheurs ont été exposés à une forte irradiation.

    Ōishi Matashichi faisait partie de l'équipage... Il témoigne...

    Lire l'article du Blog Fukushima

    Hiroshima, Nagasaki, … et Fukushima

    Texte de Yasuo Hori et traduit de l'espéranto par Paul Signoret

    On dit souvent que les Japonais, à trois reprises, ont eu à souffrir – et souffrent encore – du fait de la radioactivité : à Hiroshima, à Nagasaki et à Fukushima, or ce n’est pas exact. N’oublions pas Bikini. La présente année, 2014, est le soixantième anniversaire de Bikini : le 1er mars 1954, des bateaux de pêche japonais ont été irradiés à cause des essais, faits par les États-Unis, de la bombe à hydrogène, près de l’atoll de Bikini, dans l’Océan Pacifique.

    En janvier 1954, un bateau de pêche, Le Cinquième Dragon Heureux, est parti du port de Yaizu, dans le département de Shizuoka. Alors que l’équipage pêchait en dehors de la zone interdite, la bombe à hydrogène a été mise à feu dans l’atoll de Bikini et des matières radioactives ont alors été projetées à une distance plus grande que celle prévue, si bien que le bateau et les marins pêcheurs ont été exposés à une forte irradiation.

    M. Ōishi Matashichi, âgé alors de vingt ans et à présent octogénaire, membre de l’équipage du Cinquième Dragon Heureux raconte : “Une cendre mortelle tombait, semblable à de la neige, mais elle n’avait ni goût ni odeur. Quelques jours plus tard, sont apparues des boursouflures sur la peau des marins et leur cheveux tombaient. De retour au Japon, nous avons tous été hospitalisés. M. Kuboyama Aikichi, le radiotélégraphiste du bord est mort, victime du syndrome d’irradiation aiguë. Après ma sortie de l’hôpital, j’ai été en butte à la discrimination et aux préjugés, ainsi d’ailleurs qu’à l’envie, à cause de l’indemnité de 1 900 000 yens (soit 190 000 euros) que m’ont versée les États-Unis. J’ai décidé de vivre caché et j’ai ouvert une laverie à Tokyo.”.

    Dans un premier temps, les États-Unis avait accusé le bateau de pêche d’être un navire espion, mais après la mort de M. Kuboyama et en raison de pluies radioactives sur tout le Japon, la colère de la population atteignit une telle ampleur que les États-Unis ont changé d’attitude et ont « résolu » le problème en payant une indemnité de deux millions de dollars à l’industrie de la pêche, au propriétaire du bateau et à son équipage.

    Il y a trente ans, M. Ōishi a rompu le silence et s’est mis à donner des conférences dans tout le Japon. À ce jour, il en a fait plus de sept cents. Il répète maintenant au cours de ses conférences : “La technologie nucléaire à évolué de même que les armes nucléaires et les réacteurs nucléaires. Une radioactivité invisible influe inévitablement sur le corps humain. Vous devez le savoir. ”

    Beaucoup de (vieux) Japonais savent que Le Cinquième Dragon Heureux a été victime de ces essais et que M. Kuboyama est mort, mais beaucoup ignorent que mille autres bateaux de pêche ont aussi été irradiés, tout comme le bateau de Kuboyama et que beaucoup de marins sont tombés malades et ensuite sont morts. Le gouvernement japonais a dissimulé les faits, à la demande du gouvernement américain, qui voulait faire du Japon l’une des bases importantes de sa stratégie. Il a réussi à maîtriser le mouvement, et en cette même année 1954 a été adopté le premier budget portant utilisation de l’énergie atomique. Et en 1955, la « Loi fondamentale sur l’énergie atomique », première loi relative à l’énergie nucléaire, a été approuvée.

    Et seule une minorité de gens sait que 20 000 habitants de l’atoll Rongelap, distant de 240 kilomètres de Bikini, souffrent à présent encore des radiations dues aux essais et ne peuvent revenir dans leurs îles.

     M. Yamashita Masahisa, âgé de 68 ans, qui a découvert que, outre Le Cinquième Dragon Heureux, plus de mille bateaux ont eux aussi été victimes de l’essai américain, déclare : “Le gouvernement ne s’est jamais soucié de ces marins. Il estimait plus important de faire évoluer la politique énergétique initiée par l’Amérique sous le nom d’ “Usage pacifique de l’énergie atomique”, que de soigner ces victimes. Il craignait d’avoir à payer de fortes indemnités, ce qui mettrait en danger l’évolution de l’Etat. J’ai peur que la même chose se passe à Fukushima. L’avenir de Fukushima a de forts liens avec les essais de la bombe à hydrogène dans le sud du Pacifique.”

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    Le 29 Septembre 2014

    Les Japonais refusent toujours de «manger Fukushima»


    Au Japon, le secteur de la pêche surmonte le tsunami, mais pas la radioactivité de la centrale de Fukushima... Dans la préfecture de Fukushima, les pêcheurs sont toujours privés de poisson 3 ans après la catastrophes...

    Les pêcheurs du port d'Iwaki, à 30 km de la centrale nucléaire de Fukushima, ne pêchent presque plus : au pays du sushi, les consommateurs ne veulent pas manger de poissons qui ont frayé dans une mer contaminée.

    Ont-ils raison d'avoir peur ? Le point en quelques questions.

    L'océan près de la centrale de Fukushima est-il radioactif ?

    L'eau contaminée utilisée pour refroidir les réacteurs endommagés de la centrale est entreposée dans d'immenses réservoirs. Cette eau est censée être en partie décontaminée au moyen d'appareils spéciaux, avant d'être rejetée dans l'océan. Mais à cause de plusieurs incidents, de grandes quantités de particules radioactives se sont retrouvées dans la mer. Les autorités assurent qu'elles sont inoffensives une fois diluées dans l'océan.

    Le poisson de la région est-il dangereux pour la santé ?

    Une trentaine d'espèces auraient des niveaux de radioactivité acceptables, soit moins de 100 becquerels - une unité de mesure de la radioactivité dans les aliments. Certaines espèces, comme la raie, absorbent des niveaux de radioactivité plus élevés et ne peuvent être consommées, note Maeda Hisashi, président de l'Association des pêcheurs d'Iwaki. La production d'algues de la région est aussi complètement arrêtée.

    Que font les pêcheurs ?

    Ils ne pêchent que 1% de la quantité de poisson qu'ils pêchaient anciennement. Ils rapportent surtout des débris emportés au large par le tsunami. Le gouvernement les paie selon le poids des déchets récupérés. Ils sont aussi indemnisés pour leurs pertes, en fonction de leur revenu d'avant la catastrophe. Certains ont abandonné la pêche côtière pour s'engager sur les gros chalutiers qui partent plusieurs semaines pêcher le maquereau en haute mer. Mais la majorité des 1700 pêcheurs de la région restent oisifs et touchent leurs indemnités gouvernementales, ce qui contribue à l'augmentation des problèmes sociaux.

    Est-ce la même chose pour la production agricole ?

    Les producteurs locaux de fruits, légumes, riz, viande et produits laitiers ont aussi du mal à écouler leurs produits. La famille Niitsuma, dont les terres se trouvent juste à l'extérieur de la zone évacuée, a dû cesser sa production de plusieurs fruits, de riz et de champignons shiitake. Conséquence: une chute de 40% de ses revenus.

    Y a-t-il des tomates «mutantes» et des pastèques géantes, comme sur les photos qui ont circulé sur les médias sociaux ?

    Non. Certaines de ces photos n'ont pas été prises au Japon et dataient d'avant 2011. Il arrive que des fruits et légumes grossissent de façon exceptionnelle ou adoptent des formes étranges, sans que cela soit lié à la radioactivité.

    D'après La Presse Canadienne : Les fantômes de Fukushima

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