mardi 29 novembre 2011

Une coquille ? Les pêcheurs boulonnais rêvent de saumon !


Une coquille ? Les pêcheurs de Boulogne rêvent de saumon !



Et bien non ! Éric Gosselin, directeur de la Coopérative maritime étaploise (CME), fait le point sur l'activité des 55 chalutiers et présente le projet de ferme aquacole où serait produit un saumon « made in... Boulogne ».

Alors que la pêche bretonne resserre les rangs et regroupe l'ensemble des pêcheries de l’Armor au sein de l'association « Pêcheurs de Bretagne » pour mieux affronter l'avenir, la pêche boulonnaise semble bien malade et vraiment à court d’idée… Rêver de saumon comme sortie de crise ! La coopérative maritime de pêcheurs CME rêve déjà d'une production de 500 tonnes en 2013 !

Boulogne, plus grand port de pêche de l’hexagone, ne doit plus savoir sur quel pied danser depuis l’effondrement de la pêche industrielle. Au lieu de renforcer l’existant - et toujours dans une logique de course au volume - les pêcheurs se lancent sur la piste de la pisciculture intensive d'un carnivore... dans une direction où aucune organisation de pêcheurs à ma connaissance n’a réussi dans le monde même en Norvège.

Il faut se souvenir des dizaines de faillites parmi les pêcheurs norvégiens au début des années 1990…. Et la reprise en main de la salmoniculture du pays par des sociétés sous perfusion pétrolière et l’implication directe de l’Etat norvégien dans la pisciculture avec la création de la multinationale Cermaq, 2e producteur mondial de saumon, derrière Marine Harvest.

De l’autre côté de la mer du Nord, Ewos doit sourire !...

Ewos (groupe Cermaq) leader mondial de l’aliment piscicole vient de célébrer le cap d’un million de tonnes de granulés à poisson fabriquées dans l’année. L’article de Fishupdate « EWOS celebrates the one million tonne mark » ne dit pas combien de milliers de tonnes de farine et d’huile de poisson ont servi à franchir cette barre et combien de millions de tonnes de poissons sauvages sont passées dans les fours minotiers….

Ewos doit sourire du changement de cap des pêcheurs boulonnais. Quelques années plus tôt, n’étaient-ils pas les portes drapeaux de la lutte contre la pêche minotière en mer du Nord pointant du doigt les pêcheries danoises et norvégiennes !

En se lançant dans l’élevage de saumon, les pêcheurs boulonnais deviendront assurément un bon client d’Ewos ou de ses concurrents, Nutreco le hollandais, Cargill l’état-sunien,…

Au Canada, 4 sociétés contrôlent la production de 100.000 tonnes de saumon


D’une dépendance Carburant à une dépendance Aliment piscicole

Le Canada nous révèle dans ses « Statistiques d’aquaculture 2010 », le poids important des aliments piscicoles dans les dépenses des entreprises de salmoniculture du pays. Principalement du saumon atlantique - 4e rang mondial et une production annuelle de plus de 100.000 tonnes - avec sur la côte atlantique le canadien Cooke Aquaculture pour 30.000 tonnes et sur la côte Pacifique les trois groupes norvégiens (Grieg Seafood, Mainstrean (Cermaq) et Marine Harvest) pour 70.000 tonnes…

Les pêcheurs boulonnais vont passer d’une dépendance "Carburant" à une dépendance "Aliment piscicole" qui est sous contrôle étranger vu l’absence de pêcherie minotière en France (*). A moins que le saumon de Boulogne ne se nourrisse des déchets de l'industrie halio-alimentaire de Capécure et que les pêcheurs n'anticipent sur la prochaine politique commune de la pêche en débarquant à terre tous les rejets de poisson, les fameux rejets zéro de la commissaire à la pêche, Maria Damanaki...

Et pourquoi pas le pacage marin de coquille saint-jacques ?....

Éric Gosselin, directeur de la Coopérative maritime étaploise (CME) rajoute : « On a beaucoup de demandes de Boulogne ou de l'étranger pour du hareng, du maquereau ou de la coquille, les trois produits phares de nos bateaux…. »

La France importe chaque année une quantité très importante de pectinidés, l'équivalent de près de 130.000 tonnes de coquilles saint-jacques (un chiffre similaire aux importations de saumon d'élevage).

.... çà marche dans le Cotentin !


Des milliers de petites coquilles Saint-Jacques de 6 à 7 centimètres se trouvent au large de Granville.

Le projet d’ensemencement de coquilles saint-Jacques mené au sud de Chausey, depuis deux ans, par le comité local des pêches de l’Ouest-Cotentin, semble déjà porter ses fruits. Ce mercredi 23 novembre 2011, un bateau de pêche granvillais a tiré un trait de drague et remonté à la pelle de petites coquilles Saint-Jacques. « On n’en avait jamais vu autant, se réjouit André Piraud, président du comité local des pêches de l’Ouest-Cotentin. Nous pensons que l’ensemencement commence à porter ses fruits, car nous trouvons en assez grande quantité des petites Saint-Jacques dans des endroits où traditionnellement nous n’en n’avions jamais pêché ». Source : Granville. Coquilles Saint-Jacques: le projet d'ensemencement porte ses fruits (Ouest France)

Philippe Favrelière

(*) Exemple de la salmoniculture irlandaise sous contrôle norvégien "Marine Harvest" : En 1981, la société irlandaise “Fanad Fisheries” impliquée dans la pisciculture marine depuis 1979 a établi une joint venture à 50/50 avec A/S MOWI basé à Bergen, en Norvège. Cela a considérablement renforcé les opérations irlandaises en facilitant l’accès aux ressources des stocks de poissons ainsi qu'aux ressources technologiques et financières. Cet accord initial a été la clé des premiers succès de l'entreprise dans l'élevage du saumon irlandais. Source : History of organic salmon

Autres articles :

Pour aller plus loin....

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L'aquaculture s'implante à Wimereux

Pour l'aquaculture, ce sera donc Wimereux. Lors du dernier conseil de la communauté d'agglomération du Boulonnais, les élus ont acté le choix du site ainsi que le lancement des travaux pour le futur centre expérimental d'aquaculture, dit projet "Nouvelles Vagues" 

Source : Nord Littoral  par Stéphane Danger le 19 octobre 2013

Il n'y aura donc pas d'aquaculture à Boulogne, à court terme en tout cas. « Trop compliqué à mettre en place sur le site portuaire  », résume le président de la CAB Jean-Loup Lesaffre. Trop compliqué et donc trop long. « Il s'est avéré que l'ensemble des travaux à réaliser préalablement, notamment la station de pompage, la cuve tampon, les voiries et réseaux divers, se traduisait par une sortie du projet fin 2016. Or, la pérennité de la plateforme exige un démarrage prochain, puisqu'une société de ce type ne peut tolérer un déséquilibre des comptes de trois années, susceptible d'être allongé à cinq », indique la délibération. En réalité, c'est que des sociétés privées sont partie prenante de l'aventure. « Elles ne vont pas attendre des années, commente le président, et la collectivité s'est engagée à fournir les équipements. » Il fallait donc trouver, au plus vite, un nouveau site. Rapidement, le choix s'est porté sur Seafare, à Wimereux (sortie de ville, direction Ambleteuse) qui n'est autre que l'ancien site de purification des moules et des coquillages, qui a mis la clef sous le paillasson. L'endroit, nous dit-on, serait particulièrement adapté pour la future station aquacole. Station de pompage déjà présente et en règle, bâtiments et équipements adaptés au projet, etc. «  Il répond aux besoins du process avec une réduction importante du coût d'investissement global (6 millions d'euros) en comparaison des autres sites identifiés sur la zone de Capécure. »

Les Domaines évaluent le site à 175 000 euros

La CAB a fait estimer le site par les Domaines, qui l'ont évalué à 175 000 euros. Problème, les locaux de l'ex Seafare ainsi que les terrains (11 100 mètres carrés), sont propriété d'un groupe norvégien. Guère pressé de vendre et en tout cas au rabais, ils en demandaient 1 million d'euros. Un grand écart de 1 à 5 qu'il fallait résoudre. « Les Domaines ont estimé qu'il s'agissait d'une friche industrielle, ce qui explique un prix si bas. Or, les équipements sont fonctionnels », croit bon de justifier Jean-Loup Lesaffre. Un expert indépendant a d'ailleurs estimé que, s'il fallait reconstruire à neuf le bâtiment et la station de pompage, cela coûterait 1,9 million d'euros.

Voilà pourquoi les élus ont décidé de déroger à l'estimation des Domaines, en se portant acquéreur du site « par voie amiable au prix d'un million d'euros hors frais, en considération des avantages qu'il comporte (chambre froide, équipements techniques, bassins extérieurs, installations de pompage). » « Cela reste une bonne opération, a conclu le président, on fera les économies après. » Parallèlement, pour lancer au plus vite les travaux, estimés à 2.3 millions d'euros hors taxe (financés à 50% par la Région), la CAB a désigné les membres du jury pour lancer au plus vite les appels d'offre, conformément au code des marchés publics.

Rappelons que le projet Nouvelles Vagues est un projet de recherche expérimental, une plateforme technologique d'innovation. « Il ne s'agit en aucun cas d'une unité de production. Je tiens à rassurer les riverains. Nous serons très vigilants pour faire en sorte qu'il n'y ait aucun impact sur la qualité de l'eau », tient à rassurer le président de la CAB. Les travaux devraient débuter en 2014.

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 Salmoniculture terrestre en parc clos.....


Un projet canadien qui pourrait intéresser les futurs salmoniculteurs étaplois….

La Première nation Namgis, située à l'extérieur de Port McNeill, en Colombie-Britannique, a reçu un financement de plus de 800 000 $ dans le cadre du Programme d'innovation en aquaculture et d'accès au marché (PIAAM) pour mettre au point une installation commerciale pilote dans le but de déterminer la viabilité technologique et commerciale de l'élevage du saumon atlantique destiné à l'alimentation humaine dans un système aquacole terrestre en parc clos et en recirculation. Le projet consiste en un module à l'échelle commerciale pouvant être incorporé en tant qu'unité autonome à une installation beaucoup plus grande.


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Recherche et Développement en aquaculture au Canada de 2011

R et D en aquaculture au Canada de 2011

Editeurs
D. John Martell, Ingrid Burgetz, Johannie Duhaime et G. Jay Parsons

Produit par
Pêches et Océans Canada, Association Aquacole du Canada

Nous vous souhaitons la bienvenue à la quatrième édition de la publication biannuelle R&D en aquaculture au Canada. Cette revue offre un recueil des projets de R.-D. en aquaculture qui ont été menés lors des deux dernières années dans l'ensemble du Canada. Elle contient la description de plus de 220 projets ainsi que des détails sur un éventail impressionnant de sujets, de domaines et d'espèces en provenance de la vaste étendue géographique du Canada. Les projets présentés portent sur les espèces marines et d'eau douce, et les sujets abordés couvrent la santé des poissons, les méthodes d'élevage, la nutrition, la génomique, les interactions environnementales et davantage encore.

R&D en aquaculture au Canada été publié avec le support et le financement de Pêches et Océans Canada – Programme coopératif de recherche et développement en aquaculture (PCRDA) et le support de l'Association Aquacole du Canada (AAC). Les ouvrages soumis ont été édité en considération de la longueur des textes et du style de la rédaction. Les projets qui ne sont pas inclus dans cette édition devraient être soumis à temps pour l'édition 2013.

Table des Matières
  • Introduction
  • Poissons – Dulcicoles
  • Poissons – Saumons
  • Poissons – Marins
  • RCAMTI
  • Pou du poisson
  • Mollusques et crustacés
  • Aquaculture – Interactions environnementales

Pour accéder au document cliquer Ici

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Pisciculture. Le miroir aux alouettes du modèle norvégien….

La Norvège, modèle de l’aquaculture dans le monde ?


Le dossier de la banque hollandaise Rabobank "Sustainability challenge for the global food supply chain" montre que le développement de la salmoniculture norvégienne s’inscrit dans une stratégie mondiale. Ce modèle aquacole s’appuie sur le contrôle des principales pêcheries minotières situées dans l’Atlantique Nord et le Pacifique du Sud-Est (Chili et Pérou). La farine et l’huile de poisson sont en effet indispensables aux élevages d’espèces carnivores comme le saumon, le bar, la daurade et le turbot…

Il est illusoire que la France se lance dans ce type d'élevage de poissons carnivores n'ayant aucun contrôle sur ces pêcheries minotières que convoitent les deux grandes puissances halieutiques, Chine et Norvège....

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Le saumon est un poisson très populaire et l'un des plus consommés au Canada. Depuis 2010, nous mangeons plus de poissons issus de l'élevage que de la pêche traditionnelle. Parmi eux : le saumon frais. Or, que le saumon d'élevage n'a pas que des amis. Certains accusent les éleveurs de polluer les océans; d'autres affirment que ce saumon est contaminé à divers polluants cancérigènes. Faisons le point.


Pour en savoir plus, deux documents de Pêches Océans Canada :

Le Canada est le 4e producteur de saumon d'élevage dans le monde avec une production de plus de 120.000 tonnes chaque année.... 

4 entreprises "trustent" la salmoniculture canadienne...
  • Façade Atlantique : 1 société canadienne : Cook Aquaculture (40.000 tonnes)


  • Façade Pacifique : 3 sociétés norvégiennes (80.000 tonnes) : Marine Harvest,  Grieg Seafood, Mainstream Canada (Groupe Cermaq)

Ajout de blogue par Sarah King - 15 octobre, 2012 à 9:29

Le gouvernement de la Première ministre de la C.-B. Christy Clark a donné son feu vert la semaine dernière à la création d’une autre ferme salmonicole à Clayoquot Sound, une réserve de biosphère de l’UNESCO. Si vous avez pris le temps de vous tenir au courant des derniers développements entourant l’élevage du saumon, cette démarche va sans doute vous sembler à l’encontre de l'intuition. Jusqu’à hier, Greenpeace et d’autres groupes espéraient encore un peu que les Fédéraux, qui n’avaient pas encore donné leur approbation finale, suivraient pour une fois une approche précautionneuse en suspendant toute nouvelle autorisation dans la région. Malheureusement, les Fédéraux ont comme d’habitude fait passer les intérêts de l’industrie salmonicole avant la santé précaire de nos écosystèmes marins et de nos stocks de saumons sauvages.

Le ministère des Pêches et des Océans du Canada a considéré hier qu’il valait la peine d’ajouter une 21e ferme dans la région malgré les risques potentiels encourus, l’état déplorable des stocks de saumons sauvages locaux, l’éclosion de diverses maladies dans les fermes existantes, sans attendre le dépôt prochain de la Commission Cohen portant sur le déclin des populations de saumon rouge du fleuve Fraser. De plus, le ministère des Pêches et des Océans a procédé en dépit de la nette opposition de la Première Nation Tla-o-qui-aht, de sept autres organisations environnementales bien connues dont Friends of Clayoquot Sound, de la Living Oceans Society, de la Fondation David Suzuki, de Georgia Strait Alliance, du Wilderness Committee, de la fondation T. Buck Suzuki et de Greenpeace.

Il est important de savoir qu'on n'a vu nulle part dans le monde une population de saumons sauvages prospérer à proximité immédiate de fermes d’élevage du saumon. Certains chercheurs établissent un lien entre la présence de nombreuses fermes aquacoles sur la côte est et le fait que le saumon sauvage de l’Atlantique apparaît dans la liste des espèces en voie de disparition. Cette dure réalité constitue un signal d’alarme pour les groupes de défense de l’environnement préoccupés par cette situation, dont il a été question précédemment. C’est pourquoi ceux-ci ont fait parvenir hier à la Première ministre Clark une lettre, la deuxième depuis que Mainstream Canada a proposé l’établissement d’une ferme salmonicole de 55 hectares à Meares Point, près de Plover Point. Dans cette missive, ils dénoncent l'autorisation et demandent des explications sur cette décision manifestement mal avisée. Parmi les principales raisons qui justifient notre opposition, il y a le fait que le gouvernement s'obstine à ne pas vouloir prendre en compte les préoccupations croissantes entourant les pathogènes décelés sur les fermes salmonicoles de la C.-B. Non seulement ces pathogènes rendent malades les saumons d'élevage, mais ils constituent une menace pour nos stocks de saumons sauvages.

Les remontes du saumon à Clayoquot Sound diminuent d'une manière spectaculaire, notamment pour le saumon Chinook, dont certaines remontes ne comportent que quelques dizaines de ces poissons, plutôt que des dizaines de milliers. On a par ailleurs signalé cette année la présence d'éclosions de maladies dans les fermes d’élevage de Clayoquot, ce qui, hélas, n'est pas un phénomène nouveau. On a en effet rapporté la présence de pathogènes hautement contagieux, dont le virus de la nécrose hématopoïétique infectieuse (NHI), le virus de l'anémie infectieuse du saumon (vAIS), et la nécrose pancréatique infectieuse (NPI). Pour cette raison, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a lancé un programme de surveillance des pathogènes de deux ans englobant toute la côte, dont le but est de dresser un tableau plus complet de la situation du saumon sauvage en Colombie-Britannique.

La situation est plus claire en ce qui concerne le marché canadien du détail. Les chaînes de supermarchés du Canada commencent à comprendre que la vente de produits de la mer très controversés et non durables comme le saumon élevé dans des piscicultures à enclos ouverts entre en contradiction avec leurs politiques d'approvisionnement durable, et l'une d'elles, Overwaitea Food Group, a même pris l'initiative audacieuse de cesser la vente de ces poissons dans ses magasins. Des entreprises innovatrices trouvent des façons nouvelles et plus intelligentes d'élever du poisson tandis que les consommateurs réalisent l'intérêt de conserver des stocks de poissons sauvages dans nos océans.

Il est honteux que le gouvernement provincial chargé de gérer nos côtes et les ministères fédéraux, dont le mandat est de préserver la vie marine de nos eaux, ont comme qui dirait la tête coincée dans des parcs à filet.

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samedi 26 novembre 2011

Huître de Claire. La grande migration de novembre avant affinage

Huîtres de Claire. La grande migration de novembre

Fine ou Spéciale, l’huître élevée en mer devient une huître de claire, le temps d’un affinage dans les champs de claires, avant de prendre le chemin des repas de Noël et du Nouvel an…

Dès octobre, les ostréiculteurs préparent activement les fêtes de fin d'année. Ils mettent à profit les grandes marées de l’automne (les malines en Charente) pour récolter les huîtres marchandes dans les parcs d’élevage en mer.

Elevées durant 2 à 3 ans en mer (estran, eau profonde ou filière), les huîtres dites de pleine mer deviennent des huîtres de claire après une période d’affinage d’une durée d'1 mois dans les claires, ces petits bassins argileux peu profonds façonnés de main d’homme sur d’anciens marais salants. Au cours de cet affinage, « l’huître ajoute à sa saveur marine la subtilité d’un goût de terroir. » Dans les claires, l’huître se « durcit » ; elle acquiert une qualité de coquille supérieure à une huître de pleine mer.

La grande migration de novembre

En novembre, c’est la grande migration des huîtres élevées dans les eaux fraiches et vivifiantes de Bretagne et de Normandie ; des "bretonnes" et des "normandes" rejoignent les huîtres des pertuis charentais, de la Baie de Bourgneuf ou de Noirmoutier pour l’affinage dans les champs de claires de Charente-Maritime et de Vendée.

Reportage du Télégramme à Paimpol... Un jour de novembre en Bretagne-Nord

Toutes les huîtres de la baie ne sont pas paimpolaises. De jeunes vendéennes, charentaises, normandes, voire bordelaises viennent y parfaire leur croissance avant de repartir vers leurs eaux d'origine pour s'y faire affiner. (…)

Les naissains (bébés huîtres) arrivent à l'âge de six mois dans la baie de Paimpol. Ils y resteront de deux ans à deux ans et demi, le temps de prendre du poil de la bête ou plutôt de la bonne coquille. «En Charente, elles se durcissent, ici elles sont plus tendres, elles prennent du poids car notre baie est plus riche en plancton», explique Yvon Le Berre, ostréiculteur du cru, venu donner un coup de main. «Elles gagnent une année», précise Pierre-Louis Dauphin, de Dauphin Nautic, qui grute ainsi les huîtres «étrangères» tous les quinze jours, de septembre à avril. (…) Un va-et-vient incessant qui se fait avec la Charente, mais aussi avec le bassin d'Arcachon, la Normandie, la Vendée. Guillaume Raimbert, qui s'active au milieu du quai, est arrivé le matin même de Beauvoir-sur-Mer (85). Dix tonnes dans le camion, dix tonnes dans la remorque: le Vendéen ne traîne pas: « C'est le gros boom en ce moment, la pleine saison. Il faut compter un mois pour affiner nos huîtres, aussi dès mon arrivée au port du Bec, on les triera, on les calibrera pour une future mise en place pour les fêtes ». Source : Huîtres. La grande migration (Le Télégramme)

Les claires, ces petits bassins argileux peu profonds façonnés de main d’homme


Fine de Claire, Spéciale de Claire ou Verte de Claire, une huître pour tous les goûts…

Novembre, c’est le dernier délai de mise en claires… Quelle soit Fine, Spéciale ou Verte, l’huître de Claire doit séjourner au moins 28 jours dans les eaux d’une claire à une densité maximale de 3 kg d’huîtres par m2… L’ostréiculteur-affineur commercialisera ensuite des huîtres de claire sur toute la période des fêtes, de Noël jusqu’au Nouvel An et après…

Selon son goût, le consommateur aura le choix entre des huîtres :

  • Fine de Claire, c’est l’huître préférée des consommateurs qui apprécient les huîtres peu charnues, (1)
  • Spéciale de Claire, c’est l’huître privilégiée de l’amateur qui apprécie les huîtres charnues et rondes en bouche. A la dégustation, l’huître Spéciale se distingue de la Fine par la consistance plus affirmée de sa chair et son volume en bouche.
  • Quant à l’huître Verte de Claire, c’est une huître généralement peu charnue reconnaissable à la teinte verte de ses branchies, témoignage de son verdissement en claire. Sa couleur verte est obtenue grâce à la présence dans les Claires de la navicule bleue, une micro algue filtrée par l’huître qui en retient le pigment, la marennine.

L’amateur d’huître de Claire aura le choix entre plusieurs terroirs :

Et pour ne pas rester sur sa faim… Le meilleur pour la fin…

L’exception, l'huître Pousse en Claire

C’est l’huître du gourmet, l’excellence de l’huître de la région des claires…. Une huître non pas affinée en claire, mais élevée en claire, à très faible densité, jamais plus de 5 au m². L'huître pousse en Claire y séjourne de quatre à huit mois et elle "pousse" en formant sur sa coquille des dentelles caractéristiques appelées lignes de pousse.

Pendant son séjour dans les claires, l’huître atteint un taux de chair élevé et une fermeté croquante, ainsi qu’un goût de terroir prononcé, long en bouche. Elle est sans conteste, l’huître la plus typée de la gamme Marennes-Oléron. (source : Huitre Marennes Oléron)

Autres articles :


(1) Calibrage des huîtres depuis le 12 mars 2012

Huîtres creuses : Colisage, dénomination et classification


Selon l’arrêté du 8 mars 2012 (JORF n°0072 du 24 mars 2012), deux délibérations du Comité national de la conchyliculture concernant :

1. Le colisage des huîtres creuses (approuvée par le conseil du Comité national de la conchyliculture du 6 décembre 2011),

2. La dénomination et la classification des huîtres creuses (approuvée par le conseil du Comité national de la conchyliculture du 28 juin 2011),

prennent effet pour une durée de trois ans à compter du 12 mars 2012.

Ces délibérations peuvent être consultées au ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire (direction des pêches maritimes et de l'aquaculture), 3, place de Fontenoy, 75007 Paris, ou au Comité national de la conchyliculture (CNC), 122, rue de Javel, 75015 Paris.

A partir du 12 mars 2012

  • Dénomination et la classification des huîtres creuses (approuvée par le conseil du Comité national de la conchyliculture du 28 juin 2011), cliquer CNC
  • Colisage des huîtres creuses (approuvée par le conseil du Comité national de la conchyliculture du 6 décembre 2011), cliquer CNC
Calibrage des huîtres creuses avant le 12 mars 2012

Réglementairement on différencie une huître Fine d'une Spéciale en fonction de l’indice de chair. L'indice de Chair est le rapport entre le poids de la chair égouttée et le poids total de l’huître. L’indice de chair varie d’une huître à une autre en fonction notamment de sa région et de son mode d’élevage. On différencie par exemple les huîtres fines (dont l’indice de chair est compris entre 6.5 et 10), qui sont moyennement charnues, et les huîtres spéciales (dont l’indice de chair est supérieur à 10.5) qui ont un volume de chair plus important.

Quant au calibre qui définit la taille des huîtres : de 0 à 5. Plus le numéro est petit, plus la taille de l’huître est importante. Pour plus de renseignements : Comité National de la Conchyliculture (CNC)

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Archive de l'INA : C'est à voir....

En 1970, l'ostréiculture du bassin de Marennes-Oléron connaissait beaucoup de problèmes avec l'huître portugaise "maladive"...

1970, c'est l'année des grandes mutations dans l'ostréiculture charentaise :

  • introduction de l'huître japonaise plus poussante,
  • passage à l'élevage sur table,
  • mécanisation...
  • Et l'éternel Professeur Daste et sa navicule bleue dans le laboratoire du Château d'Oléron...

Marennes : Les huîtres

Poitou Charentes actualités - 29/12/1970 - 10min48s - Si problème de chargement, cliquer Ina



Sur l'ile d'Oléron, le bassin de Marennes connait une forte activité ostréicole qui s'étend sur plusieurs kilomètres. En effet, la production d'huîtres dans cette région est très importante, le chiffre d'affaire croit et la consommation augmente. Cependant, les ostréiculteurs connaissent de plus en plus de difficultés qui aboutissent à une perte de leur production. Des solutions scientifiques sont alors envisagées: un bassin biologique a été mis en place pour étudier le verdissement de l'huitre ainsi qu'un laboratoire de biologie ostréicole et marine, à Poitiers, a été ouvert. Ce centre effectue des recherches sur le plancton dont l'huître se nourrit. Aussi, l'évolution ostréicole se veut industrielle et les cultivateurs doivent adapter leur structure à cette évolution.

Production : Office national de radiodiffusion télévision française Poitiers

Journaliste : Renaud, Edgard

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A lire aussi cet article de Philippe Baroux....


Outil de bonification, les claires d'affinage sont à l'huître ce qu'une barrique est à un grand cru. Seul le bassin de Marennes-Oléron maîtrise ce terroir. Solitaire dans la beauté du marais de la Pointe aux herbes, Daniel Conseil sème ses huîtres au vent.

Cela fait cinquante ans qu'il arpente le marais de la Pointe aux herbes. Ici, les salicornes et les lavandes de mer composent un doux tableau impressionniste, parcouru du lacis de chenaux endormis, souligné de bruyères folles. Un désert où l'unique relief est un murmure de vie. Quelques rares sons s'élèvent de ce lit de végétation basse. Le cri d'alarme d'une alouette que l'on dérange. Le plongeon mou de la pagaie d'un kayakiste assez hardi pour s'aventurer dans le labyrinthe de nature.

Depuis la route de Mornac-sur-Seudre, il faut hésiter longtemps sur un long chemin blanc pour gagner le paradis des claires. Géométrie improbable où le ciel, la terre et l'eau rencontrent le destin de l'huître de Marennes-Oléron. Ce sont d'anciens marais salants que des générations d'ostréiculteurs ont façonnés en dédale de bassins argileux. Ces claires d'affinage sont à l'huître ce qu'une bonne vieille barrique est à un grand cru : l'écrin où s'apaise la vie sauvage des grands parcs en mer, et où débute le temps de la sagesse, des saveurs arrondies et des teintes profondes. Celle de l'huître de Marennes-Oléron, lorsqu'elle répond aux canons, est un vert tendre comme une coupe d'herbe sur la bosse du marais.

Un geste qui se perd....


Images google earth : Champs de claires de Charente-Maritime (Seudre, îles d'Oléron et Ré) et photos de Huitre Marennes Oléron

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La Pousse en Claire se dévoile à la Cité de l'Huître

Cité de l'Huître / Marennes

28 et 29 avril 2012

La Cité de l’Huître organise des journées événements sur l’huître Pousse en Claire, le samedi 28 et dimanche 29 avril 2012...

L’idée est de communiquer sur la mise en claire, donc sur la spécificité des huîtres Marennes-Oléron, à travers l’huître Pousse en Claire.

A partir du 29 avril, tous les mois, seront relevées quelques huîtres mises à la Pousse en Claire. Elles seront ouvertes, photographiées, et envoyées sur le site de la Cité de l’Huître avec un commentaire.

Ainsi, de façon inédite, chacun pourra suivre l’évolution de ces huîtres et la particularité des huîtres qui passent en claire.

Par ce biais, nous pourrons ainsi intéresser des amateurs, des institutions, des écoles, et faire parler de ce produit.

Pour donner le départ de cette démarche, les 28 et 29, des animations spéciales seront données à la Cité de l’Huître.

Et dimanche 29, nous invitons la presse et le public à venir jeter leur huître en claire symboliquement.

Nous pensons qu’il serait bien que les producteurs puissent se rendre à cette manifestation, pendant laquelle ils seraient invités à parler de leur produit et à le mettre en valeur.

C’est pourquoi nous vous invitons à vous rendre parmi nous le dimanche 29 avril à la Cité de l’Huître. Le rendez-vous est à 15h, mais c’est avec plaisir que nous vous inviterons à notre table du restaurant La Claire dès 12h si vous le souhaitez.

Merci de prendre contact avec nous par mail ou téléphone.

Nous vous remercions de votre coopération, et restons à votre écoute pour tout besoin,

Aline Pauwels

Service animation de la Cité de l'Huître / aline.pauwels@cite-huitre.com / 05 46 36 78 98 / 06 38 90 56 32

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Le 29 juin 2012

Pont-l'Abbé. Espace pur, une entreprise qui innove et s'exporte (Ouest France)

Béatrice Cornic, gérante de cette société bigoudène, a reçu un prix. Son nom : Femmes entrepreneures en Bretagne.

Jeudi, Béatrice Cornic, gérante de l'entreprise Espace pur à Pont-l'Abbé (Finistère), a reçu le prix du jury du concours Femmes entrepreneures en Bretagne. L'entreprise commercialise la technique Stabiplage. Inventée et brevetée à la fin des années 90 par Jean Cornic, le père de Béatrice, elle permet de limiter l'érosion marine, fluviale et lacustre. Grâce à des sacs perméables à l'eau et remplis de sable, Stabiplage va capter les sédiments et ainsi recréer naturellement la plage.

Des chantiers au Vietnam

L'entreprise Espace pur a été créée en 1997 et le premier Stabiplage a été installé à Arzon (Morbihan) en 1999. « L'ouvrage est toujours en parfait état », souligne Béatrice Cornic. Même s'il est, pour l'instant, difficile de se prononcer sur la durée du Stabiplage, tout a été étudié pour qu'il résiste le plus possible aux UV, à l'abrasion, à la houle ou encore à la traction. L'entreprise emploie, à l'heure actuelle, cinq personnes et travaille essentiellement avec des collectivités locales, en France mais aussi au Vietnam et en Afrique....

La technologie STABIPLAGE®

La technologie du STABIPLAGE® a été mise au point dans la perspective d’offrir une méthode douce de protection contre l’érosion. A ce titre les ouvrages sont conçus pour s’intégrer de façon optimale dans l’écosystème : intégration dans la dynamique sédimentaire naturelle, respect de la biomasse et des usagers.

Le STABIPLAGE® ne bouleverse pas la nature.

Il ne bouleverse pas non plus les équilibres qui la régissent, il les assiste.

La technique a été développée à partir d’une bonne connaissance des environnements côtiers, fluviaux et lacustres. Elle s’appuie sur l’utilisation de matériaux de haute qualité pour créer des ouvrages inédits adaptés à chaque site, à chaque écosystème et à chacun de ses besoins.

Le STABIPLAGE® est fabriqué, dimensionné et posé selon les besoins :

  • En domaine maritime ou lacustre

Capteurs de sédiments, type « épis »

Ouvrages immergés, type butée de pied ou encore brise lames (sans les effets négatifs),

Ouvrages en pied de dune, avec possibilité de recouvrement,

Création de spots de surf artificiels : sports de glisse aquatique sur déferlement provoqué.

  • En domaine fluvial ou lacustre

Consolidation de berges,

Capteurs de sédiments, type « épis »,

Création de berges artificielles,

Lutte contre les inondations,

Création de seuils hydrauliques,

Ouvrages déflecteurs,

Création de batardeaux.

  • Implantation

Immergé ou émergé,

Perpendiculairement ou parallèlement au trait de côte,

Perpendiculairement ou parallèlement aux berges d’un fleuve,

Avec ou sans ancrage selon le type de mer, de marnage ou d’hydrodynamique.

Pour plus d’informations, cliquer Ici

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Le 5 juillet 2012

Les Vanuatuans regardent les charentais faire des huîtres

Les vanuatans sont des iliens vivant au Vanuatu, un archipel voisin de la Nouvelle-Calédonie (Pacifique Sud)

Ils nous livrent cette : Histoires d’Huitres

Un film réalisé par les stagiaires du Centre Culturel de Vanuatu. Dans le cadre de la formation initié par le Festival du cinéma des Pays du Pacifique Sud à Rochefort en 2011.

Source : MO-TV : La Télé participative de Marennes-Oléron

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Le 3 octobre 2012


L’univers de la mode s’infiltre partout y compris lorsqu’il s’agit de promouvoir des produits régionaux tels que des huîtres Marennes Oléron.

Un défilé se déroulera le 8 octobre à Paris

Une idée originale pour promouvoir l'huître

L’agence Gulfstream Communication a eu l’idée originale d’organiser deux défilés au cours d’une "Fashion huître" - en référence aux Fashion weeks - afin de présenter une nouvelle collection de prêt-à-porter ou de haute-couture.

L’un des deux défilés se déroulera le 8 octobre à Paris, plaque tournante de la mode. 

Les créations mises en avant ne seront donc pas le tailleur ou la robe de soirée mais bel et bien les différentes variétés d’huîtres comme les Fines de claire ou Spéciales de claire, aux côtés d’autres coquillages.

Gagnez vos places pour la première Fashion Huitre

Le 8 Octobre 2012, les Huîtres Marennes Oléron débarquent à Paris et vous invitent à la dégustation de leur nouvelle collection.

Fine de Claire, Pousse en Claire, Fine de Claire Verte et Spéciale de Claire vous attendent à bord d’une péniche au cœur de la capitale pour un véritable défilé de saveurs.

Jouez et venez découvrir les Huîtres Marennes-Oléron "clairement uniques" lors d'une dégustation !

Source : Metro France


La Fashion Week va bientôt rameuter tous les people, mannequins et créateurs à Paris. Clin d’œil au grand événement, les huîtres de Marennes-Oléron aussi montent sur les podiums pour le lancement de leur saison automne-hiver. Lundi 8 octobre, les belles...


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L’huître « Pousse en claire » à l’honneur du mariage princier



Le champion français des huitres au service du prince

Paris Match

A l'occasion de son mariage princier, le prince Guillaume va mettre à l'honneur sur la table des ses invités un produit noble : l'huitre de la variété de" Pousse en claire". Et pour les ouvrir, il s'est ni plus ni moins offert les services du recordman du monde d'ouverture d'huitres... et il est français ! Rencontre avec l'écailler du mariage princier au Luxembourg.

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Chez les ostréiculteurs,on s'active en cette fin d'année. À Ploubazlanec, François Lemoigne a expédié, début décembre, 20 t d'huîtres en Charente- Maritime. Une production qui sera revendue sous l'appellation Marennes-Oléron.

Pour François Lemoigne, ostréiculteur à Ploubazlanec, le «rush» de Noël est déjà passé. Sur sa production annuelle (environ 30 tonnes), 20 tonnes ont été expédiées début décembre, «vendues à un courtier». Les huîtres sont retournées d'où elles venaient, en Charente-Maritime... «Après trois semaines d'affinage là-bas, elles sont revendues sous l'appellation Marennes-Oléron», explique François Lemoigne.

Ses propres capteurs en Charente-Maritime

L'ostréiculteur, d'origine normande, s'est mis à son compte en 2008 à Pors Even, sur une petite exploitation de trois hectares. Mais 2008 n'était franchement pas l'année la plus faste pour s'installer. «La mortalité des naissains était de 80%». Du haut de ses 28 ans, François ne se laisse pas abattre. Ses dix années de salariat dans le métier lui ont donné à réfléchir. «Plutôt que d'acheter des naissains, j'ai décidé d'aller poser mes propres capteurs en Charente-Maritime. L'achat de ma concession a été amorti dès la première année», se réjouit-il.

Un salarié embauché

La solution s'est donc avérée payante pour pallier la mortalité des naissains. «Aujourd'hui, on commence à sortir la tête de l'eau et à être content», convient-il. Un salarié a même été embauché cette année. L'idée germe tout doucement d'acheter une seconde concession en Charente-Maritime. «Pourquoi ne pas augmenter la production de naissains? Et les vendre à d'autres producteurs à l'âge de 18 mois en attendant de pouvoir agrandir ma propre exploitation à Ploubazlanec...» Une belle perspective pour l'ostréiculteur, qui avoue, «après des débuts difficiles», avoir «fait son trou» et «faire maintenant partie du paysage». Depuis trois ans aussi, François s'installe sur le petit marché de Lannion le dimanche matin. Un endroit où il vend le reste de sa production à l'année. L'occasion de «fidéliser une bonne clientèle», dit-il. «Et de lisser la trésorerie avec une rentrée d'argent chaque semaine».

«La pénurie a finalement du bon»

Le prix de ses huîtres : 5,50 € la douzaine de calibre 3. Philosophe, il admet aujourd'hui que «la pénurie a finalement du bon». «Aujourd'hui avec deux fois moins d'huîtres, on gagne autant d'argent qu'avant 2008». Moins d'huîtres et toujours autant de gourmets: la loi de l'offre et de la demande est imparable.

Marina Chélin

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C'est un voyage pour redécouvrir les terres, les tribus, les combats et les bonnes raisons de vivre ici. Aujourd'hui la famille Favier, qui se bat pour des huîtres exceptionnelles malgré la fragilité de la nature.

Avant la fin du monde, qui a finalement été reportée, il faut prendre la route étroite de Coux vers le lieu dit la Clide, à gauche. C'est le seul bâtiment ostréicole dans le paysage balsamique des claires d'affinage. Les mouettes traversent en dormant. Le pays de silence, sanctuarisé en zone Natura 2000, est exclusivement réservé aux huîtres qui poussent. Cette douceur liquide ne concerne pas l'intérieur du bâtiment de la vieille maison Favier, qui ressemble plus à la corbeille de Wall Street un soir de fièvre acheteuse. La sonnerie du téléphone fait trembler les mails. Un ostréiculteur en décembre est un personnage considérable. Dans la famille Favier il y a le père, Roger, fils d'Alfred, lui-même fils d'un autre Alfred. Roger a posé les coupelles ici en 1976 avec son épouse Michèle. Ils ont bâti un lieu sûr, une adresse repérée, en investissant notamment un club d'exportateurs. Roger a survécu au désastre de 1970, quand une saloperie a dévasté la production. Il a tenu jusqu'à l'arrivée des japonaises en France pour transmettre au fils Philippe, qui a élargi et adapté l'ouvrage à son époque. L'huître est devenue très voyageuse, mais surtout très compliquée à élever et à vendre. Il exploite 20 hectares de parcs en mer et 60 de marais d'affinage. L'article 1er de ce métier rugueux à l'air vif indique qu'un ostréiculteur n'est rien sans sa femme. Voici donc Dominique, rayonnante, qui travaille l'anglais. C'est une horticultrice reconvertie. Les huîtres, au fond, sont des fleurs de mer. Elle représente, entre autres activités, le bassin de Marennes-Oléron et la maison Favier dans les salons. Avec eux, les deux filles, Stéphanie 27 ans et Jody 25 ans, possibles représentantes de la cinquième génération. Ils vont ouvrir les huîtres à Bruxelles et à Oslo. Ils assemblent des press-books et communiquent par le site (1) fondé très tôt, en 1996, où arrivent des messages du monde entier. Ensemble, ils ont attaqué l'Europe du Nord. En Suède, ils sont devenus partenaires du deuxième producteur mondial de saumon. La planète huître a muté. Les petits poissonniers écailleurs et les grossistes qui vendaient ont perdu la main. Les Favier envoient 60 % de leur volume à l'export.

Toutes les commandes et les ventes passent par l'arobase. Si Internet a élargi l'horizon, les menaces de mort l'ont rendu instable. Il ne suffit pas de chérir la mer pour se sentir libre. La mortalité a tout changé. Personne n'a trouvé la parade depuis 2008 pour sauver le produit festif. Le virus tue 70 à 100 % des juvéniles. Une bactérie élimine des huîtres commercialisables. 20 % des 3 ans sont mortes cette année. Le coût d'achat de la matière première représente la moitié du chiffre d'affaires. Passons sur les vols, que la crise économique a aggravés. La profession a des maux de tête.

C'est dans ce décor menaçant que les Favier ont une fierté ostréicole, comme il existe une fierté viticole, à la lumière du millésime espéré. Elle s'appelle la pousse en claire. Un groupuscule de 90 professionnels adhère à l'association qui lui est dédiée. Elle a été inventée pour retrouver ce que faisaient les vieux après guerre.

C'est le cheval de bataille de la famille, qui maîtrise son élevage depuis douze ans. La pousse, vendue 9,50 € départ établissement, d'octobre à avril, est un don de la création. Après avoir passé trois ans dans les parcs en mer, elle exige des surfaces. Moins il y a d'huîtres, plus elle se nourrit. Il en faut une ou deux au mètre carré dans 70 centimètres d'eau, quand les numéro 3 par exemple se comptent près de 40. « Je n'ai pas honte de le dire, explique Philippe, c'est une Rolls. Elle a tellement de senteurs, qu'on en est surpris. » La pousse ne se compare pas. Où trouver ce manteau d'ivoire, cette chair voluptueuse, ce bouquet d'arômes, cette générosité en bouche ? C'est le petrus de l'ostréiculture. On imagine ce qu'il faut de respect pour emballer la merveille sans attenter aux dentelles qui l'ornent. 200 tonnes seulement ont été mises en vente pour la saison 2011-2012. Longtemps, les initiés l'ont savourée sans bruit dans les recoins. Ils ont dû accepter de la céder un jour aux connaisseurs. La pousse tracte toute la production, dont la fine de claire verte Label rouge, une autre splendeur. « On se démène pour réussir notre vie, raconte pudiquement Dominique. C'est un bonheur d'avoir été choisis par des consommateurs. Quand on emballe nos pousses en claire, on sait qu'ils vont être heureux. »

Voilà pourquoi il ne nous est pas possible de concevoir la fin du monde de l'huître. Pour quelles raisons la nature nous punirait-elle à ce point ?


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jeudi 24 novembre 2011

Licence Bar : Quand plusieurs métiers se mettent autour d’une table….


Bar (ou loup), espèce convoitée en France (Wikipedia)

Licence Bar : Quand plusieurs métiers se mettent autour d’une table….

Depuis le 1 juillet 2012, les pêcheurs de loisir en mer se déclarent sur le site du Ministère de l'Ecologie...

Pour se déclarer, cliquer Ici

Réunir autour du Bar (1), un ligneur de la Pointe de Bretagne, un chalutier pélagique en bœuf de La Turballe, un chalutier de fond de Lorient, un senneur danois des Sables d’Olonne, ainsi qu’un fileyeur de Royan et un bolincheur de Concarneau…

S’entendre et fixer des règles de conduite pour une meilleure cohabitation des métiers aussi différents qu’un ligneur embarqué seul sur un bateau de 6/8 mètres et un chalutier de 24 mètres avec 5 hommes à bord….

Avec comme objectif : La gestion durable de la pêcherie de bar en Manche et dans le Golfe de Gascogne en imposant une licence de pêche pour l’accès à la ressource dès le 1 janvier 2012 (2)…

Les difficultés de cohabitation entre des métiers aussi différents…

Le 11 octobre 2011, devant une assemblée d’eurodéputés, Jean-François Plessis expliquait son métier de pêcheur à Saint-Quay-Portrieux (Côte d’Armor), 6 mois de coquilles saint-jacques à la drague et 6 mois de palangre de fond principalement pour pêcher le bar, le turbot et le lieu…

Il pointe les difficultés de cohabitation avec les chalutiers : « Les ligneurs et palangriers ciblant le bar ont perdu 50% de leur prises après le massacre des chalutiers pélagiques travaillant en bœuf sur les zones de frayère des bars, pêchant les géniteurs et passant par les dalots le surplus pour ne pas dépasser le quota hebdomadaire de 10 tonnes par paire. Un armateur armant une paire avouant qu’il lui fallait 4 tonnes à bord pour les charges de son équipage…. En comparaison, j’ai pêché cette saison 4,5 tonnes de bars en 6 mois…. » (3)

Explications d'Ifremer - La période de frai, ou "quand le bar devient accessible aux chaluts pélagiques" : Les chalutiers pélagiques, les bolincheurs, certains chalutiers de fond et récemment la senne danoise ne pêchent le bar, de manière ciblée, qu’en période de frai. La concentration des bars à cette période les rend en effet facilement accessibles par ces techniques de pêche et les rendements sont très élevés. En dehors de cette période, lorsque le bar retrouve un comportement moins grégaire, ces navires ne les capturent que de manière accidentelle. Le bar est alors ciblé par les métiers de l'hameçon, les fileyeurs et les pêcheurs récréatifs.

L’enjeu de la durabilité d’une pêcherie vitale mais aussi convoitée

Le bar concerne plusieurs milliers de marins-pêcheurs (pour près d’un millier de bateaux de pêche sur les côtes Atlantique et de la Manche). Cette espèce concerne aussi des dizaines de milliers de pêcheurs amateurs. Selon les estimations d’Ifremer, la pêche récréative prélèverait une quantité comparable à celle des marins-pêcheurs (5.400 tonnes en 2008).

"Ces estimations seront prochainement affinées à partir des résultats d'une enquête BVA-Ifremer en cours. À noter que certains pays, comme l’Irlande, ont fait le choix de réserver cette ressource à la pêche plaisancière. [...]". En attendant, consultez le document d’Ifremer de février 2011 : Le bar, une espèce convoitée

(1) Aujourd’hui, la réglementation européenne ne limite pas les quantités de prises de bar (pas de TAC ni quotas), mais impose une taille minimale de débarquement, fixée à 36 cm en Atlantique-nord-est. De plus, en France, les apports des chalutiers (pélagiques et de fond) sont limités à 5 tonnes hebdomadaires par navire… La pêche à la bolinche est également encadrée aux niveaux individuel et collectif et le plafond total pour la flottille a été établi à 72 tonnes en 2011 (CRPMEM Bretagne, décision du 31 janvier 2011) (Source : Ifremer)
(2) Comité local des pêches du Guilvinec : Licence Nationale Bar
(3) Audition publique de la commission PECH du Parlement européen le 11 octobre 2011 sur le thème « Viabilité socio-économique et solutions pour les pêches artisanale et côtière dans l'Union européenne dans le cadre de la réforme de la PCP »/ Intervention de Jean-Francois PLESSIS (La pêche artisanale, Saint-Quai Portrieux, France), cliquer Ici

Autres articles :

Pour aller plus loin....
  • Pêche au bar. Cours et apports en criée (bars de ligne et autres bars), cliquer : FranceAgriMer

Bar de Ligne : « De l’hameçon à l’assiette »

« De l’hameçon à l’assiette »

Grand Site de la Pointe du Raz

Vendredi 20 & samedi 21 avril 2012

Maison de la Pointe du Raz

Connue pour être une étape touristique incontournable, la Pointe du Raz est aussi à certaines périodes le point de rendez-vous d’un cercle d’initiés et de passionnés qui pratiquent l’art d’une pêche très particulière, dans un environnement souvent hostile : celle du bar de ligne.

Seul sur son bateau, le pêcheur guette le signal donné par les oiseaux pour cette rencontre tant attendue avec un poisson noble, le bar de ligne, pour le plaisir des amateurs de bonnes tables.

Le Syndicat Mixte de la Pointe du Raz propose durant deux jours à la Maison de la Pointe du Raz des animations, et des rencontres pour mieux connaître cette pêche, les hommes qui la pratiquent, et découvrir le bar, ce poisson étonnant.

Programme

Durant les 2 jours de 10h30 à 18h à la Maison de la Pointe du Raz : des ateliers animés par l’Association aux Goûts du Jour (borne sur le patrimoine gastronomique, quiz, laboratoire de l’innovation…)

Dans l’auditorium à 17h présentation de séquences de pêche et échanges avec le public en présence de :
  • représentants de l’Association des Ligneurs de la Pointe de Bretagne (vendredi 20 avril 2012)
  • pêcheurs fréquentant le Raz de Sein (samedi 21 avril 2012)

Vers 18h à l’issue de la séance du samedi 21 avril 2012, découverte des produits de la pêche transformés par les professionnels de la Pointe associés à cet évènement : restaurant Le Grand Bleu, restaurant Les Pirates de la Pointe et le Fumoir de la Pointe.

Et pour votre déjeuner, ou votre dîner sur le Grand Site de la Pointe du Raz, le bar à l’honneur sur la carte des restaurants associés à l’opération :
Réservation conseillée : Le Grand Bleu (Tél : 02 98 70 35 96)
Les Pirates (Tél : 02 98 70 64 60)

Et pour vos commandes à emporter de poissons fumés et pêchés en face de la Pointe du Raz…
Le Fumoir de la Pointe du Raz : 02 98 70 31 72
Contact : Maison de site de la Pointe du Raz / 02 98 70 67 18
Source : Ouest Cornouaille

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Bar de ligne. Des images prises dans la houle de la Pointe du Raz

A voir ces images prises à bord d'un ligneur de 8 m dans la forte houle, au milieu des rochers de la pointe du Raz...

Le 17 janvier 2012, le nouveau magazine «Le chef en France» (M6), présenté par Cyril Lignac, a été regardé par 2,5 millions de personnes en moyenne, soit 17 % de part d’audience.

Consacrée à la Bretagne, l'émission a permis aux téléspectateurs de découvrir les recettes du kouign amann, du far breton et du kig-ha-fars. Le chef s'est aussi essayé à la pêche au bar et à la langoustine. Certains y auront peut-être vu une série de clichés sur la cuisine bretonne, mais l'ensemble était plutôt sympathique. Et vous, qu'en avez-vous pensé ?

Le Télégramme : M6. 2,5 millions de téléspectateurs pour "Le chef en Bretagne" : votre avis sur l'émission ?
  • Partie 1 : pêche au bar de ligne à la pointe du raz
  • Partie 6 : pêche langoustine au Guilvinec

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1 décembre 2011

Contamination du bar de nos côtes ! Consternant !

Joseph Schnitzler, chercheur au laboratoire d'océanologie de l'Université de Liège (Belgique), étudie l’impact de la pollution marine sur le bar :« Si vous consommez trois fois sur un mois du bar provenant des régions côtières de la Seine ou de l'Escaut, vous dépassez la dose de PCB considérée comme nocive pour la santé. Et certains poissons de mer, comme le thon, le saumon ou l'espadon, sont encore plus contaminés. »

Des polluants relâchés dans l’environnement depuis plusieurs dizaines d’années se sont accumulés dans nos mers et nos océans. Toute la chaîne alimentaire marine est contaminée. Et les organismes vivants qui sont en bout de chaîne sont particulièrement contaminés : les ours polaires, les grands cétacés, les poissons prédateurs… Plusieurs études réalisées à l’université de Liège ont mesuré l’impact de certains polluants organiques sur la thyroïde du bar, un poisson très présent le long de nos côtes, mais aussi dans nos assiettes. Les résultats ne sont pas rassurants…

Perturbation du système endocrinien

Joseph Schnitzler a étudié l'impact des polluants organiques sur la thyroïde du bar :
  • des bars prélevés au niveau de cinq estuaires européens : la Gironde, la Charente, la Loire, la Seine et l'Escaut. Après analyse, le chercheur liégeois peut affirmer que le muscle des bars provenant des deux derniers estuaires, qui sont aussi les plus pollués, contient sensiblement plus de PCB que les autres. D'autre part, les bars auraient une plus grande activité thyroïdienne dans les estuaires plus pollués.
  • des bars d'élevage soumis à des degrés de pollution différents confirmeraient les analyses in vivo....

« Le problème des polluants organiques, explique Joseph Schnitzler, c'est qu'ils ressemblent aux hormones. Ils ont donc tendance à perturber le fonctionnement de certaines glandes comme la thyroïde, les ovaires ou les testicules. Les fonctions biologiques menacées sont essentielles : reproduction, régulation de la chaleur, croissance, etc. »…

Cela dit, il serait imprudent d'attendre les conclusions définitives de ce genre d'étude pour réduire la production de polluants organiques. Certes, nous ne produisons plus de PCB ou même de DDT, mais l'industrie chimique invente chaque jour de nouvelles molécules qui les remplacent et causent le même type de problème….

Article intégral sur le site de l’Université de Liège : Polluants organiques: la mer boit la tasse

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Le 19 décembre 2011

Pour montrer leur bonne volonté en matière de préservation des stocks, les pêcheurs professionnels viennent de se mettre d'accord pour limiter l'effort de pêche sur le bar.

«On préfère devancer la commission européenne au lieu qu'on nous impose n'importe quoi. Onveut montrer qu'on est des pêcheurs responsables.On ne pêche plus bêtement. On veut que la pêche ait un avenir». Éric Guygniec est le patron de l'Annytia, un chalutier de 17mètres qui pêche, entre autres espèces, le bar en Manche et en Atlantique. Depuis plus d'un an, il participe, sous l'égide du Comité National des Pêches Maritimes, à une série de réunions qui viennent de déboucher sur un accord entre les différents métiers qui pêchent le bar.

«Une réelle volonté de la profession»

À compter du 1e janvier 2012, il faudra avoir une licence pour pêcher le bar au-delà d'un certain seuil. À Lorient, cela concerne, quatre ou cinq paires de chalutiers pélagiques et des ligneurs. «Les évaluations de stock pour le bar sont bonnes», explique Yves Foëzon, directeur de l'organisation de producteurs PMA. «Il y a notamment beaucoup de bars en Manche est, qui migrent vers la mer du nord. Il y a une réelle volonté de la profession d'encadrer la pêcherie, pour éviter les conflits de métiers entre ligueurs, chalutiers pélagiques et bolincheurs». Le bar n'est pas une espèce soumise à quota. 8.000 tonnes sont pêchées en France chaque année: 4.000 par les pêcheurs professionnels et 4.000 par les pêcheurs plaisanciers. C'est une espèce à forte valeur ajoutée, donc recherchée. Actuellement le bar, se négocie entre 10 et 15 € le kilo sous criée. Pour l'Annytia et le Carmalia, deux chalutiers lorientais qui pêchent en boeuf, le bar représente 35% de leur chiffre d'affaires. «Pour les pêcheurs professionnels, la pression sur les stocks a baissé, ces dernières années», affirme Yves Foëzon. «Côté plaisance, on se pose des questions».
«Ça va dans le bon sens...

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Le 22 mai 2012

Depuis son plus jeune âge, Olivier Mével, originaire de Plogoff, rêvait de devenir ligneur. C'est aujourd'hui chose faite. Mais plus qu'un métier, Olivier Mével vit une véritable passion.

Olivier Mével a 39 ans, il a passé son enfance à Plogoff à quelques centaines de mètres du raz de Sein. Il découvre très tôt le monde marin par le biais de la chasse sous-marine. Un bac D en poche, Olivier rejoint les bancs de la faculté de Brest et étudie la biologie marine jusqu'à la licence. Mais si la mer l'attire, ce n'est pas derrière un microscope. Alors il franchit un cap en s'inscrivant à l'école de pêche de Douarnenez. Diplômé de l'EAM, il part à la pêche sur un fileyeur pendant trois ans à Audierne, puis sur un bolincheur.

À la traque du bar

Mais son objectif est de devenir ligneur. Il monte un dossier auprès du comité des pêches d'Audierne afin d'obtenir le PME (permis de mise en exploitation). Après un an d'attente, il se lance, à bord de Mundaka, à la traque du bar. Au bout de trois ans, il décide de construire un deuxième bateau plus adapté aux conditions extrêmes du raz de Sein: Mundaka 2 mesure 8,90m. Il fait partie des 18ligneurs basés à Audierne qui traquent le bar, la daurade et le lieu, du raz à Ar-Men. Les méthodes de pêche variant avec les coefficients de marée, entre la pêche de surface et la dandine par faible coefficient.

Un label «Bar de ligne»

(....)

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Nouvelles baisses des prises de bars par les professionnels en 2011


le 29 mai 2012

dede17

Président du CBE

(Collectif Bar Européen)


Malheureusement les prises de bars déclarées en criées continuent à diminuer comme chez les plaisanciers

2006 : 5307 T / Retrait 22 t
2007 : 4768 T / Retrait 10 t
2008 : 4954 T / Retrait 12 t
2009 : 4220 T / Retrait 115 t
2010 : 4213 T / Retrait 39 t
2011 : 4074 T / Retrait 17 t

noter que retrait ne veux pas dire destruction ni farines, heureusement.

Source : France Agrimer

Il serait peut être temps de faire enfin quelque chose comme l'augmentation de la taille légale et l'interdiction de pêche sur les frayères par les pélagiques

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Le 20 juin 2012

Un touriste tchèque, depuis le promontoire de la Pointe du Raz, dans le Cap-Sizun, a filmé l'impressionnant naufrage du Brisant, il y a un mois. Il a posté la vidéo sur YouTube en fin de semaine dernière.


En fin d’après-midi, le vendredi 18 mai, Sylvain Normant, 45 ans, un marin-pêcheur professionnel d’Audierne, pêchait le bar dans le Raz de Sein, entre la Pointe du Raz et le phare de la Vieille. Des parages très tourmentés, aux courants violents, un monde dantesque par mauvais temps.

Ce jour-là, la houle était forte et le vent de suroît soutenu. Alors qu’il manœuvrait, une vague plus violente que les autres a pris son bateau de 8 mètres par le travers. Le Brisant a litttéralement été retourné comme une crêpe. Le marin pêcheur, seul à bord a été projeté à l’eau mais est parvenu à s’accrocher à la coque retournée de son ligneur.

Filmé par un touriste tchèque

Ronan Thomas, patron de l’Altaïr, témoin du drame, a immédiatement coupé sa ligne de pêche pour se porter au secours de son collègue et lui jeter une bouée. Après dix minutes passées dans une eau très froide, Sylvain Normant sera hissé à bord de l’Altaïr. Sauf ! Il était temps, avouera-t-il, « Je n’avais plus de force, mes muscles étaient tétanisés par le froid ». Le marin a aussi dû son salut au fait qu’il portait une veste à flottabilité intégrée (VFI).

Un touriste tchèque, depuis le promontoire de la Pointe du Raz, dans le Cap-Sizun, a filmé toute la scène, le naufrage et le sauvetage du pêcheur de bar dont le bateau a fini par sombrer

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Le 20 juillet 2012

Collectif Bar Européen

On en parlait et le réclamait depuis longtemps, mais on y va, nos amis de l'association des ligneurs de Bretagne ont publié un article intêressant sur un projet de quotas pour le bar en 2013. Espérons que ça aille jusqu'au bout.

La Commission vient de publier un « non-paper » sur le sujet : elle envisage de mettre en place un système de gestion basé sur un TAC dès 2013. Particularité : les pêches de loisir verraient elles-aussi se mettre en place un système de gestion dont chaque Etat aurait l’initiative.

Ce « non-paper » n’existe qu’en version anglaise. Compte tenu de l’importance des enjeux, nous vous livrons ci après une traduction partielle du document.

Introduction :

Les captures de bar ont augmenté significativement depuis le début des années 90. A la lumière des tendances observées, il serait prudent d’instaurer un TAC (taux admissible de captures) pour cette espèce. Une clé d’allocation basée sur les captures pourrait se baser sur les données de débarquement 2010 et 2011.

Captures :

Il y a une augmentation des captures commerciales depuis le milieu des années 80, avec une diminution récente depuis 2010. L’espèce est ciblée par des flottilles côtières et hauturières. Les flottilles hauturières opèrent de novembre à avril sur les zones de reproduction. Les captures opérées par les flottilles côtières sont le fait de captures accessoires, ou de pêches dirigées saisonnières. Dans certaines régions, notamment la France, une diminution du rendement par unité d’effort de pêche a été constatée, affectant particulièrement les métiers côtiers sans qu’il soit possible de préciser s’il s’agit d’un déclin d’abondance ou d’un changement dans la répartition spatiale.

Pêches de loisirs :

Un aspect particulier du management de cette pêcherie réside dans l’importance des captures opérées par la pêche récréative. Les pêches de loisirs en France sont estimées à un niveau équivalent à celui des pêches commerciales (+-5000T).

Les Etats ont mis en place différents systèmes de gestion des pêches récréatives qui ont eu un impact sur les niveaux de captures des pêches commerciales ces dernières années. Par exemple l’Irlande a interdit les pêches commerciales de bar et fixé une taille limite de capture plus forte. Le Royaume Uni a interdit la pêche au chalut pélagique en bœufs depuis 2005 pour protéger les cétacés. Cependant, d’autres Eats poursuive ces pêcheries. En France, une taille de capture supérieure a été mise en place pour les pêches de loisir (erreur ?). D’autres pays ont mis en place différentes mesures comme des limites maximales de capture, des cantonnements protégés, et différentes tailles minimales de capture….

Suite sur Collectif Bar Européen

Ci-après le texte européen en anglais

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Le 21 juillet 2012

Pêche Maritime de Loisir : Déclarez, pêchez...


Activité populaire et pratiquée par environ 2,5 millions de personnes en France, la pêche récréative maritime n’est pas sans impact sur la ressource et les milieux littoraux et aquatiques. Afin de sensibiliser les pratiquants aux enjeux environnementaux de leurs pratiques, l’ensemble des acteurs de la pêche de loisir (pouvoirs publics, fédérations, le conseil supérieur de la navigation de plaisance, le conservatoire du littoral et l’agence des aires marines protégées) a signé le 7 juillet 2010 une charte pour une pêche de loisir éco-responsable.

Pour une meilleure connaissance et préservation des ressources
Cette charte a inauguré une collaboration inédite entre les amateurs de pêche récréative et les autorités pour une meilleure préservation des ressources halieutiques et des écosystèmes marins. La déclaration préalable de l’activité de pêche de loisir via un site de télédéclaration, prévue par l’article 5 de la charte, est un grand pas pour améliorer la connaissance de l’impact de cette activité sur les stocks de poisson et la biodiversité marine. En se déclarant, le pêcheur de loisir contribue à la protection et au respect des ressources marines.

Pour une pêche de loisir éco-responsable

Depuis le 1er juillet 2012, le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, en charge de la pêche récréative maritime, a ouvert un site de déclaration d’activité sur Internet. Si vous êtes amateurs de pêche récréative en mer, que ce soit de la pêche embarquée, à pied, du bord ou sous-marine, vous pouvez désormais déclarer votre activité en ligne avant d’aller pratiquer votre loisir favori. Vous contribuerez ainsi à l’amélioration de la connaissance sur les pratiques de pêche et sur la ressource.

Pour mieux informer les pratiquants

Cette déclaration volontaire et gratuite permettra à chaque pratiquant de recevoir une information sur la réglementation nationale en vigueur et les sanctions potentielles en cas d’infraction, la sécurité et les bonnes pratiques, comprises comme celles qui assurent la pérennité des ressources et des écosystèmes marins et littoraux. En se déclarant, le pêcheur de

Vous êtes un pêcheur responsable ? N’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre Fédération et déclarez-vous !

Pour se déclarer, cliquer Ici

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Le 17 août 2012


Bernard Aubert et Philippe Tanneau, qui déclarent avoir des fins de mois difficiles, dénoncent avec virulence les méthodes de pêche de certains bolincheurs concarnois. Ces deux marins ligneurs bigoudens, de Sainte-Marine et Loctudy, les accusent de pratiquer une pêche ciblée sur le bar.

La pêche du bar en baie de Concarneau, espèce emblématique en raison de sa forte valeur, environ 15 € le kilo, est à l'origine de tensions récurrentes entre deux branches de la pêche côtière, les ligneurs et les bolincheurs.

Deux marins ligneurs bigoudens, Philippe Tanneau de Loctudy et Bernard Aubert de Sainte-Marine, accusent certains pêcheurs à la bolinche de Concarneau de pratiquer des pêches uniquement ciblées sur le bar, contrairement aux accords entre les deux professions.

« Difficile de nourrir ma famille »

Les bateaux ligneurs, économiquement dépendants de la pêche du bar, et qui représentent les métiers de la petite pêche, à l'hameçon, regrettent que certains bolincheurs de Concarneau ne se contentent pas des sardines qui leur sont dévolues.

« Cela fait plusieurs années que des bolincheurs de Concarneau pratiquent des pêches ciblées sur le bar, accuse Philippe Tanneau qui, à huit ans de la retraite, affirme être au bout du rouleau. Je ne sais pas si je vais réussir à aller jusqu'au bout. C'est devenu parfois difficile de nourrir ma famille. »

Il critique les pratiques « industrielles et non respectueuses de l'environnement » de certains bolincheurs concarnois. Même son de cloche pour Bernard Aubert, qui déclare devoir travailler deux fois plus qu'auparavant pour tenter de survivre.

« On sent une diminution des ressources en bar qui n'est pas due qu'au caractère cyclique de la pêche. Là, il s'agit d'une diminution sérieuse du poisson qui nous laisse au bord de l'asphyxie. C'est presque un pillage de la baie. » Et de préciser que tous les bolincheurs de Concarneau ne sont néanmoins pas visés.

La pêche à la bolinche se pratique à l'aide d'un filet tournant coulissant permettant d'encercler des bancs de poissons préalablement repérés au sonar.

Quotas respectés par les bolincheurs

Les espèces ciblées par les bolincheurs sont les poissons bleus comme la sardine ou le chinchard. En 2010, le pourcentage de sardines de la façade atlantique pêchées à la bolinche s'est élevé à 85 %, d'après les chiffres du rapport publié fin 2011 par la commission « pêche côtière » du comité régional des pêches de Bretagne.

Des captures « accessoires » d'autres espèces sont parfois réalisées au cours d'une sortie, source de conflits entre les flottilles se partageant une même ressource.

Selon le comité départemental des pêches, la réglementation en cours cette année limite la prise de bars par les bolincheurs, à trois tonnes par semaine et par bateau et à dix tonnes par an.

« Il y a bien un problème de ressources en bar autour des Glénan, mais pour diverses raisons. Même si nous regrettons les difficultés rencontrées par les ligneurs, la pêche à la bolinche reste très encadrée et il n'y a pas lieu de saisir les affaires maritimes », affirme le comité.

Le respect des quotas est d'ailleurs confirmé par la criée du Guilvinec ou la gendarmerie maritime de Concarneau. « Ils travaillent à plusieurs bateaux pour ne pas les dépasser,dénonce Philippe Tanneau, très remonté. Le problème de fond reste le même : celui d'une pêche sournoisement ciblée sur le bar. »
Selon le comité départemental des pêches, l'espèce devrait être prochainement placée sous quotas à l'échelle européenne. Une décision qui pourrait faire évoluer la situation.

Stéphane QUINTIN. Ouest-France

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Octobre 2012

Chronologie d'un conflit entre des petits métiers et un armement industriel

Concarneau. Les ligneurs remontés contre des bolincheurs


Pour protester contre la pêche intensive du bar, une dizaine de ligneurs de Loctudy, Sainte-Marine, Trévignon, mais aussi Saint-Guénolé... ont investi le port de Concarneau, ce lundi après-midi.

Leur objectif : bloquer le War Raog IV , afin de l'empêcher de prendre le large, mardi matin à l'aube.

"Les bolincheurs ont droit à 3 tonnes de bar par bateau et par semaine alors qu'ils gagnent déjà leur vie avec les sardines et les anchois. Nous, c'est notre métier", résume un pêcheur de Loctudy.

"Ils sont 27 bateaux comme ça sur la côte. Si tous se mettent à pêcher de manière aussi intensive le bar, nous on disparaît", poursuit Gwen Pennarun, président de l'association des ligneurs. Pointant le coeur du problème : "Un vide juridique de l'Europe qui leur permet de pêcher sans aucun contrôle, puisque les bolincheurs ne sont ni considérés comme des engins traînant, ni dormant".

Décidés à "maintenir le blocage du War Raog IV jusqu'à demain, la semaine prochaine ou même un mois", les marins-pêcheurs du secteur demandent l'institution de quotas par la commission régionale de pêche.

Bolinche : manifestation à Concarneau


Ce mardi 1er octobre, les patrons et équipages d’une vingtaine de petits métiers de Concarneau et du Guilvinec s’étaient regroupés sur une dizaine de bateaux pour faire route sur le port de Concarneau : motif de la grogne, une fois de plus les pêches ciblées de bar par les bolincheurs.

En effet, ces dernières semaines, quelques bolincheurs se sont livrés à une traque systématique du bar, et les apports journaliers sous criée approchaient régulièrement les 5 tonnes.

Il s’agit là d’un changement radical de stratégie de la part de ces navires, probablement lié au passage sous statut d’armement  »industriel »  à capitaux étrangers de ces quelques bateaux à l’origine artisans. Il y a bien eu par le passé quelques captures accidentelles de bar ou de dorade qui ont pû défrayer la chronique, mais il s’agit cette fois de tout autre chose et d’une volonté délibérée de pêcher spécifiquement cette espèce convoitée.

Le comble dans cette affaire est que ces armateurs s’appuyent sur des textes précisément destinés à encadrer ces pêches accidentelles pour se livrer à leurs méfaits : en effet, en décidant de limiter à 3 tonnes les quelques captures accidentelles de bar que réalisaient chaque année la flotille de bolincheurs par le passé, l’organisation professionnelle a finalement donné un blanc seing à ceux-ci pour aller pêcher 3 tonnes de bar tous les jours! 

D’autant plus surprenant que ces bateaux revendiquent une pêche responsable et affichent haut et fort leur écolabel MSC (Marine Stewardship Council)!

Il y a fort à  craindre que d’autres bolincheurs suivent ce triste exemple, et il convient de rappeller que profitant d’un vide juridique au niveau des règlements européens, ces bateaux peuvent utiliser n’importe quel type de maillage jusqu’au zéro des cartes : les règlements de maillages qui encadrent les autres métiers se déclinent en effet en distinguant engins trainés et engins fixes, et par une bizarrerie administrative, la senne tournante n’est considérée ni comme fixe ni comme trainée.

On imagine aisément les conséquences sur les stocks de juvéniles très présents dans la proche bande cotière si d’autres pêcheurs jusque là responsables, rejoignaient le camp de ces opérateurs préoccupés de leur seul profit immédiat et dont on sait qu’une fois cette ressource mise à plat il n’auront aucun soucis à redéployer leur effort de pêche dans d’autres régions d’Europe ou du monde.

Tout ça au moment où les niveaux de stock de cette espèce bar donnent des signes inquiétants d’effondrement, et alors même que la toute nouvelle  licence de pêche au bar mise en place au niveau national en a dispensé ces navires au motif qu’ils ne menaient pas de pêche ciblée sur le bar!

Pour l’instant, l’organisation professionnelle campe sur ses positions, considérant que tout ce qui n’est pas interdit est autorisé : les petits métiers réclament une réécriture du cadre règlementaire, considérant que l’esprit de ces accords a été bafoué.

Le 5 octobre 2012 : Greenpeace entre en scène....


Manifestations, blocage, mobilisations : les pêcheurs artisans organisent la résistance face aux armements industriels.

De la Méditerranée au Finistère les pêcheurs artisans agissent !

La semaine dernière, ils ont manifesté à Paris et ils se sont fait entendre. Suite à la mobilisation des pêcheurs artisans de Méditerranée, le Ministère délégué aux transports, à la Mer et à la Pêche a décidé de doubler leur part dans le quota national de thon rouge.

Est ce vraiment une bonne nouvelle ? En réalité, le quota attribué aux artisans de Méditerranée passera de 4,5% à 9% du quota total. C’est un premier pas, mais certainement pas assez quand on sait que leurs embarcations représentent 84% de la flotte de la région !

Et en début de semaine, les pêcheurs artisans du Sud Finistère ont entrepris leur propre action de blocage d’un bolincheur (bateau qui utilise une sorte de petite senne), pêchant habituellement la sardine et l’anchois. Les pêcheurs artisans ont organisé cette action car ils reprochent à ces bolincheurs de cibler désormais exclusivement le bar sur leurs zones de pêche.

Les bolincheurs utilisent des filets à sardines, aux mailles très petites, ce qui ne leur permet pas d’être sélectifs, et entraîne de nombreux rejets à la mer. De plus, les bolincheurs peuvent pêcher sans limitation de distance de la côte et se retrouvent sur les mêmes zones que les artisans.

Ces bolincheurs appartiennent à l’armement Dhellemmes, l’un des trois armateurs de chalutage profond en France, déjà en cause dans le dossier d’investigation publié par Greenpeace à l’automne 2011. Avant que Dhellemmes n’arrive sur zone, ce type de bateaux bolincheurs cohabitait avec les pêcheurs artisans, prenant accidentellement du bar en pêchant la sardine ou l’anchois. Mais depuis que Dhellemmes a racheté ces bateaux à des pêcheurs locaux, ils sortent en mer pour pêcher spécifiquement du bar, en plus de leurs sorties nocturnes à la sardine. Et ce, pour maximiser les bénéfices. Au mépris de la ressource en poisson.

L’avenir passe par la petite pêche !

C’est Gwenaël Pennarun, pêcheur artisan de bar à la ligne du Sud Finistère, qui résume le mieux  le besoin de changement : “L’accès à la ressource doit être juste et équitable, et permettre à tous de vivre. Elle ne peut être accaparée par un seul armement, qui défend d’abord ses intérêts financiers.”

Il est plus qu’urgent qu’un travail soit engagé au niveau national pour réformer l’accès aux ressources, et donner toute leur place aux pêcheurs artisans, qui ont les meilleures pratiques, qui veulent pêcher moins mais pêcher mieux.

Un choix s’impose pour savoir quel modèle de pêche souhaite notre gouvernement : une industrie qui vise à tirer le maximum de profit de son activité, ou des filières locales qui créent de l’emploi et respectent la ressource ?

Les petits métiers pointent un armement industriel

Dossier bolinche : réunion avortée


Interpellé par la manifestation des petits métiers sur Concarneau (retard à l’appareillage d’un bolincheur de l’Armement Delhemmes), le Comité Régional des Pêches avait programmé une réunion de concertation pour le 10 octobre, réunion  sensée répondre aux revendications des acteurs de la Petite Pêche.

Sauf que l’organisation professionnelle entendait limiter cette réunion de concertation aux seules associations de ligneurs et de bolincheurs .

Erreur de casting colossale : pourquoi vouloir une fois encore opposer deux corporations au risque de ranimer des antagonismes qu’on croyait oubliés, alors qu’il s’agit du comportement inacceptable d’un armement industriel et de lui seul, face à une communautés de petits métiers, fileyeurs, ligneurs, palangriers, chalutiers,.

Les canots n’en peuvent plus de voir une poignée de bateaux, toujours les mêmes, épuiser unes à unes les ressources qui les font vivre.

Finis les beaux grisets qui faisaient vivre nombre de ligneurs et fileyeurs, terminée la pêcherie de mulets noirs des petits métiers, réduits à la portion congrue les stocks de dorades royales et de sars à force de coups de senne sur les frayères, menacés aujourd’hui les rougets barbets incapables d’échapper aux gigantesques sennes danoises., un lointain souvenir les belles pêches de chinchard à queue jaune….

Tout ça sans jamais contrevenir à la règlementation, mais toujours en exploitant les failles d’un dispositif règlementaire forcément perfectible. Une coquille dans le règlement « mesures techniques » européens aura suffit à déclencher un effort de pêche sans précédent sur les stocks de bars mulets et dorades de la bande côtière, et ce avec des mailles de la taille d’un timbre poste déployées jusque sur les plages. Une imprécision dans la rédaction d’un règlement régional visant à traiter le cas de captures accidentelles de bar et grisets, et voilà notre armement qui se lance dans des pêches ciblées de ces espèces…, le reste à l’avenant.

En déployant des innovations technologiques dont la démesure interpelle au regard de la capacité des stocks halieutiques à se régénérer, la pêche industrielle a initié un jeu de chaises musicales jetant hors du métier une part grandissante de petits métiers. Alors que le terme de responsabilité environnementale a perdu toute signification à force d’être accomodé à toutes les sauces, ne serait-il pas temps que le terme de responsabilité sociale prenne enfin place dans les discours?

Dernier avatar de cette course effrénée à l’innovation, le chalut électrique déjà déployé par une quarantaine de navires en Mer du Nord. Un seul projet déclaré en France pour le moment : devinez par qui ?

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4 novembre 2014

Pêche au bar : taille minimum des captures à 40cm

Même s’il n’existe pas de quotas de débarquement pour le bar, ce poisson bénéficie depuis 2011 d’un plan de gestion  et notamment des mesures de régulation des captures. Une régulation des captures qui concerne les professionnels mais cible aussi la pêche récréative.

Regardez le reportage de Catherine Aubaile et Christian Polet :

La pêche au bar réglementée



France3 Iroise

Source : France 3 Iroise par Christophe Molina

Le conseil International pour l'Exploitation de la mer (CIEM) tire la sonnette d'alarme. Les scientifiques sont préoccupés par le stock mondial de bar (-32% depuis 2009). La "commission bar" du Comité National des Pêches Maritimes et des Elevages Marins (CNPMEM) a opté pour une augmentation de la taille minimale de capture du bar à 40 cm, pour tous les métiers pêchant le bar, et pour l’ensemble des zones concernées par cette espèce (Mer du Nord, Manche, Mer Celtique et Golfe de Gascogne).

Des mesures de gestion complémentaires ont également été proposées, pour l’ensemble de ces zones :
  • L’arrêt biologique d’un mois à prendre entre le 1er janvier et le 31 mars.
  • Des limitations de capture par navire.
  • Des seuils de prises accessoires de bar par marée pour les pêcheries.
  • La commission Bar souhaite également qu’un système d’AEP (Autorisation Européenne de Pêche) par zone soit mis en place dans le cadre d’un plan de gestion de l’espèce à long terme.

Un effort est aussi demandé aux pratiquants de pêche récréative. il serait question d'autoriser la capture d'un bar par personne et par jour. Une mesure très mal perçue par les pêcheurs plaisanciers et qui serait d'après eux de nature à déstabiliser l'économie de la pêche loisir.

Une récente étude estime qu'il faudrait diminuer de 80% les quantités de bar pêchés au large de nos côtes.

Principaux visés les chaluts pélagiques mais aussi la pêche loisir qui représenterait 30% des captures en Europe. Un chiffre contesté par les plaisanciers. Les pêcheurs plaisanciers estiment que si les professionnels ne prenaient des bars de 42cm au lieu de 36cm cela suffirait à préserver la ressource. Un argument qu'ils vont tenter de faire entendre à la commission européenne.

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La limite à un bar par jour « inacceptable » pour les plaisanciers

Au détour de ses propositions de Tac et quotas de pêche pour 2015, la Commission européenne a proposé une limitation à un bar par jour et par pêcheur de loisir en Manche, qui provoque un tollé...

Source : Le Marin

La récente proposition de la commission européenne de limiter la pêche du bar à un individu par jour et par pêcheur plaisancier en Manche est « inacceptable », dénonce la FNPPSF. La Fédération nationale des pêcheurs plaisanciers et sportifs de France estime que cette mesure « impacterait de façon très significative, toute la filière nautique : fabricants de matériel de pêche, de bateaux, etc... C’est la mort de la pêche de loisir. »

Elle rappelle qu’elle demande déjà aux pêcheurs de loisir de respecter un repos biologique lors de la période de reproduction et qu’elle a adopté fin 2012 la taille minimale de 42 cm. Depuis ce passage, « on estime que les prises des plaisanciers ont chuté de 40 à 50 % selon les secteurs. Les chiffres sur lesquels s’appuie la Commission européenne ont été établis à partir de données antérieures à 2012 et ne tiennent donc pas compte de la baisse induite par ce changement de taille. » La pêche de loisir a aussi accepté, pour lutter contre le braconnage, le marquage du poisson. Elle réitère sa demande d’étendre à tous les pêcheurs la taille à 42 cm et l’interdiction de pêche en février-mars.

Alain Cadec, président de la commission de la pêche du Parlement européen, estime aussi cette mesure « scandaleuse et aberrante. On veut tuer la pêche de loisir et toute l’économie qui en découle ! » Il dénonce « une limitation extrême », « un véritable aveuglement bureaucratique » et en appelle au nouveau commissaire, Karmenu Vella.

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Le 10 Novembre 2014

Cohabiter veut dire d'abord parler ensemble

La Commission cohabitation du Comité des Pêches Maritimes du Finistère s'est réunie le 6 novembre 2014 à la CCI de Morlaix en présence d'une quinzaine de personnes.

Illustration : copie d'écran de Avel Nevez Film

Le film « Pêcher ensemble tout un art » produit par l’association Avel Nevez Film a permis de montrer aux pêcheurs que leurs accords intéressaient un public plus large que la Commission cohabitation. La reconnaissance publique de ces accords permet d’entamer la procédure de leur solidification. Elle sera poursuivie par une présentation au Comité Régional des Pêches et des Elevages Marins de Bretagne, au niveau ministériel et européen au travers des Comités Consultatifs Nord-Ouest et Sud-Ouest. Il serait très utile de le sous-titrer en anglais pour une bonne compréhension à ce dernier niveau.

Source : Cdpm 29

Le film "Pêcher ensemble : tout un art" n'a suscité aucune critique, au contraire il faut le sous-titrer en anglais

La cohabitation en 2014 (jusqu’à présent) s’est bien déroulée. Il n’y a pas eu un seul incident majeur. C’est le cas du côté Ouest où il n’y a pas eu cette année l’arrivée massive de 15 perchistes en une nuit. Gaël Abjean a remercié nommément l’Armement Porcher qui a mis un second à la passerelle la nuit. Depuis, les problèmes ont disparu. Le seul incident signalé concerne la cohabitation entre deux engins dormants filets et casiers au niveau de la petite fosse. La demande des fileyeurs de pouvoir commencer à caler leurs filets dès le coefficient de 78 a été mise en délibéré entre Gaël Abjean et Patrick Loncle. Quand ils se seront mis d’accord les cartes A et B 2015 seront expédiées par la poste, ceci avant le 15 décembre prochain. Le ramassage des filets reste inchangé et doit être terminé avant le coefficient de 75.

En ce qui concerne l’installation des pingers, 10 navires  de la flottille des fileyeurs hauturiers en sont pourvus. Jusqu’à présent aucun navire n’a été contrôlé par la Royal Navy. C’est à croire qu’ils les détectent autrement que visuellement…

Le point d’information sur les rejets a été fait par Thomas Timaud de l’AGLIA (association qui regroupe les régions Aquitaine, Poitou Charente, Pays de Loire et Bretagne). Beaucoup d’informations sont disponibles en Manche Est, en Mer Celtique ou dans le Golfe de Gascogne, très peu dans la zone Manche Ouest (7e). Les informations du plan rejet filet du Golfe de Gascogne pourront être retransmises aux fileyeurs de Manche Ouest. Le souci est d’être aussi sélectif que possible, d’éviter de faire des co-produits à bas coûts, de valoriser les quotas au maximum et d’éviter l'installation des caméras à bord.

L’Ifremer, représenté par Martial Laurans, a fait un compte rendu pédagogique de la Campagne Manche Occidentale (Camanoc), menée par son institut. Les pêcheurs ont pu constater la montée progressive au Nord et à l’Est des "sangliers" (petits poissons rouges dont la forme rappelle celle des cochons sauvages), ce qui prouve un changement profond de la nature des masses d’eau. De même le développement des bryozoaires à une vingtaine de milles de la côte Nord-Ouest de la Bretagne et Sud-Ouest de la Cornouaille anglaise pose un problème aux pêcheurs qui ne pêchent aucun poisson à proximité. Les premiers renseignements datent de 4 ans, ce qui était considéré au début comme une rencontre fortuite devient monnaie courante et constitue un autre signe de modification du milieu.

L’impact des échanges de KW/Js, que ce soit pour les coquilles Saint-Jacques ou les tourteaux, devient potentiellement important. La tendance est de vider le trop plein d’effort de pêche de la zone Manche Est (7d) dans la Manche Ouest (7e). Pour la Commission locale ces échanges ne peuvent se faire que si le CDPMEM29 est dans la boucle. La proposition de délibération mise au point par la Commission gros crustacés, d’interdire toute pêche de langouste du 1ier janvier au 31 mai d’une même année, a été rediscutée longuement. Il est apparu qu’il n’était pas forcément utile d’appliquer cette décision au-delà du 6° Ouest. Cela reste à confirmer par la commission gros crustacés et le bureau du Comité National des Pêches maritimes et des Elevages Marins.

Discussions nourries sur une multitude de sujets au cours de cette Commission cohabitation.

La réunion a été conclue à 17 heures 30 par Gaêl Abjean, le président de la Commission cohabitation, qui apportera au CDPMEM29 les éléments nécessaires pour établir les prochaines cartes de cohabitation 2015.

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Le 11 Novembre 2014

La limite à un bar par jour « inacceptable » pour les plaisanciers


Au détour de ses propositions de Tac et quotas de pêche pour 2015, la Commission européenne a proposé une limitation à un bar par jour et par pêcheur de loisir en Manche, qui provoque un tollé.

Cliquer Ici pour lire le marin ou aller dans le Kiosk

UE: la Commission veut limiter la pêche de loisir au bar, CPNT s'insurge
   
La Commission européenne a récemment proposé de limiter la pêche de loisir au bar à un poisson par jour et par pêcheur, une "restriction inepte et inadmissible" dénonce vendredi le parti Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT) qui demande à l'Etat français de s'y opposer.

Source : Le Parisien

Cette proposition figure dans une proposition de la Commission en date du 28 octobre établissant pour 2015 les possibilités de pêche pour certains stocks halieutiques dans les eaux de l'Union européenne.

Elle propose notamment une série de mesures "pour la protection du stock de bar dans l'Atlantique du Nord-Est", s'appuyant sur une étude publiée en juin dernier par le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM) qui fait état d'un appauvrissement rapide du stock de bar, "une espèce à croissance lente et à la maturité tardive".

"Compte tenu de la situation préoccupante de ce stock, qui pourrait être sur le point de s'effondrer", la Commission propose de limiter les prises des "principaux responsables de la mortalité par pêche, à savoir les chaluts pélagiques et la pêche récréative", indique le document.

Pour la pêche récréative, la limite de capture serait "fixée à un bar par personne et par jour pour l'Atlantique Nord-est (Mer du Nord, Manche, côte normandes et du nord de la Bretagne, Mer d'Irlande, etc.)

Fustigeant "une bande de technocrates européens coupés des réalités des terroirs", CPNT estime que "ce n'est plus une mesure de gestion écologique des populations, c'est une mesure uniquement idéologique et militante, destinée à tuer la pêche populaire de loisir".

"Comme si une telle mesure allait sauver l'espèce ? L'Europe veut cette restriction alors que dans le même temps, les quotas de pêche des pibales-civelles sont augmentés dangereusement sans réaction de sa part !", affirme le parti dans un communiqué transmis à l'AFP par son président, Frédéric Nihous, également conseiller régional d'Aquitaine.

"La Commission a-t-elle vu qu'une telle nouvelle restriction impacterait lourdement toute une filière économique liée à la pêche de loisir et à la pêche populaire littorale ?", poursuit CPNT, qui attend "du gouvernement français qu'il s'oppose et empêche l'adoption de cette restriction inepte et inadmissible".

Pêche. Cinq fédérations de pêche récréative lancent une pétition sur le bar


1 bar par an pour 2,5 millions de pêcheurs récréatifs = 2500 tonnes

Pour tenter de contrer la mesure qui vise à protéger une espèce menacée de surpêche, cinq fédérations de la pêche loisir décident de lancer une pétition en ligne.

Source : Ouest France par Jean-Pierre Buisson

Colère sur les pontons

La réduction des captures de bar à un seul poisson par jour et par pêcheur amateur, proposée par la Commission européenne, enflamme les pontons. « Cette mesure aberrante menace gravement notre activité mais aussi les filières nautique et halieutique » s’emporte Jean Kiffer, secrétaire national de la Fédération nationale des pêcheurs plaisanciers.

Pour tenter de contrer cette mesure, qui vise à protéger une espèce menacée de surpêche, cinq fédérations de la pêche loisir décident de lancer une pétition. « Soutenez les mesures de bon sens que nous avons proposées : taille minimale de capture de 42 cm pour tous les pêcheurs amateurs et professionnels et interdiction de pêche pendant la période de reproduction ».

Vous pouvez retrouver la pétition ici

Pétition - Nature et environnement

Non au quota pêche loisir de 1 bar (loup) par jour !

Auteur : FFPM, FNPPSF, FFESSM, FCSMP, UNAN

Créé le 10/11/2014

Prononcez-vous contre la proposition aberrante de limiter le prélèvement à un bar/jour/pêcheur en pêche récréative.

Soutenez la proposition des cinq fédérations signataires de la charte d’interdire la pêche du bar pendant la période de reproduction et d’adopter une taille minimale de capture de 42cm pour tous les pêcheurs amateurs et professionnels.

Conscientes de la gravité de la situation, les fédérations restent, par ailleurs, ouvertes à toute discussion pour étudier d’éventuelles mesures raisonnables visant à lutter contre le braconnage et les pratiques abusives.

Le bateau de pêche au bar idéal

Pour pêcher le bar, un bateau est un sérieux atout. Il permet d’aller rapidement prospecter les différentes zones où les bars se situent sur le moment.



Source : Ocqueteau

Quelles sont les caractéristiques qui font qu’un bateau est adapté à la pêche au bar ou plus généralement à la pêche à la ligne ?

Le bateau de pêche au bar idéal ?

Un bateau de pêche ! Première évidence : mieux vaut choisir un bateau de pêche, c’est la garantie d’avoir un bateau adapté disposant en série des principaux équipements tels que portes cannes, vivier et surtout grand cockpit dégagé. Vous n’imaginez pas le nombre de concessionnaires qui voient arriver des clients venant d’acheter une superbe vedette hors-bord avec grand bain de soleil pour madame, sans protection, cockpit modulaire prétendu parfaitement polyvalent avec là-encore un bain de soleil dans les genoux ! Etc. Impossible de pêcher avec ce bateau sans risque de passer à  la baille ou de divorcer. Et flabant neuf, le bateau est difficile à reprendre par le concessionnaire qui n’a pas les moyens d’immobiliser une telle somme... Pas le choix il faut soit arrêter la pêche soit changer de bateau et cela coute cher…

Un bateau protégé sera plus confortable : Comme les bars ne « sortent » pas exclusivement par beau temps, autant avoir un bateau bien protégé. Si vous aimez sortir des journées entières, les Timonier classiques offrent un abri  habitable où l’on peut casser la croute et prendre un café chaud par mauvais temps ou simplement à l’abri du soleil. Mais l’inconvénient des Timonier est que la pêche depuis le pont avant est moins sécurisée notamment par mer formée. Vérifiez que ses passavants sont suffisamment larges et profonds et les balcons hauts. C’est le meilleur choix pour les pêcheurs qui aiment emmener leur famille, à condition de privilégier un grand cockpit.

Si un semi-rigide offre la meilleure circulation à bord il est réservé aux sportifs et aux météo clémentes, faute de protection.

Aussi, mieux vaut profiter des « fishings » type chalutiers traditionnels ou nordiques avec impérativement un pont plat intégral comme sur la gamme OSTREA. Ils offrent une circulation à bord sans entrave, ni marches pièges, et une protection contre le soleil et le mauvais temps ainsi que de nombreux rangements. Ce n’est pas la configuration des bateaux de pêche professionnels par hasard.

Aussi en pratique, la protection du bateau est synonyme de rayon d’action : avec plus de confort on n’hésite pas à s’aventurer plus loin.

Un bateau rapide pour pouvoir prospecter rapidement le plus grand nombre de spots. Que l’on aime pêcher tranquillement dans un coin abrité ou prospecter le plus grand nombre de spots, il faut privilégier un bateau rapide en croisière.

La vitesse de pointe ne sert à rien d’autre que d’alimenter les discussions de café pour épater les voisins ! En revanche la vitesse de croisière confortable est la seule vitesse utile. C’est celle à laquelle on pourra utiliser son bateau la plupart du temps quand le petit clapot habituel empêche les racers de faire leurs démonstrations !

La vitesse de croisière est synonyme de rayon d’action. Elle permet d’aller plus loin donc de profiter d’un plus grand nombre de spots, de passer plus de temps en action de pêche en perdant moins de temps en déplacement. Une vitesse réduite ou un bateau sans protection limite drastiquement le rayon d’action et le temps de pêche. Très vite on risque la lassitude, surtout sur les côtes ouvertes et peu protégées avec des spots éloignés.

La vitesse de croisière est aussi synonyme de sécurité. Quand on sort par temps mitigé, il est bon de savoir que l’on peut rentrer rapidement si le temps tourne. Là encore, quand la mer s’est levée, une vitesse rapide mais confortable est indispensable si l’on veut fuir le mauvais temps. Le clapot se lève toujours plus vite que prévu…  Dans ces conditions, le must est un inboard moderne : 20-25 nœuds en croisière, 15 nœuds par mauvais temps avec une bonne protection.

Enfin, pour la traine, n’oubliez pas de vérifier que la vitesse de ralentis peut être ajustée finement de 0,5 à 5 nœuds (avec une trolling valve sur les inboard).

Un bateau suffisamment grand pour ne pas se gêner. En pratique, quand on navigue seul, un bateau de 5 m à 5,50 m est suffisant. Mais dès que l’on est plusieurs à pêcher, on se gêne facilement. Mieux vaut alors opter pour un bateau de 6 à 7m où l’on sera plus à l’aise et mieux protégé. Au-delà de 7m, le confort augmente mais les coûts aussi. Ces bateaux se justifient plus pour les pêches au gros ou pour une utilisation mixte pêche et croisière.

Le tirant d’eau : sur les petits hors-bord peu de soucis. Sur les inboard, pas plus de soucis si l’on dispose d’une quille avec talon de protection. La quille offre aussi une meilleure stabilité en dérive et lors des déplacements à bord. En revanche un inboard sans talon de protection ne pourra pas s’aventurer sur les spots les moins profonds.


Pêche. La baisse des stocks de bar pèse sur les ligneurs dans le Finistère



La petite pêche souffrira des mesures européennes qui seront prises pour sauver les stocks. Un comble : cela fait quinze ans que ces professionnels réclament une gestion de la ressource. Entretien avec Gwen Pennarun, pêcheur ligneur de Sainte-Marine. Président de l'Association des ligneurs de Bretagne (130 bateaux, contre 220 il y a 15 ans).

Source : Ouest France par Corinne Argentini

Pourquoi l'Europe prend-elle des mesures restrictives sur le bar ?

Aujourd'hui, le conseil international pour l'exploration de la mer (Ciem) constate que les stocks sont gravement atteints. Il décrète qu'il faut diminuer de 60 % à 80 % les captures en Manche. Dans le Golfe de Gascogne, il préconise moins 20 % à 30 % face à des données scientifiques qui font défaut. La commission européenne a demandé aux États membres de faire des propositions, pour chaque pêcherie, afin de baisser fortement la mortalité de l'espèce.

Quelles sont ces propositions ?

La France a proposé de porter la taille minimale des captures à 40 cm au lieu de 36. Et que les pélagiques (1) observent un mois de repos biologique par an, ce que les ligneurs font déjà. Pour les bolincheurs c'est plus flou. Si les ligneurs doivent baisser leurs captures de 30 %, c'est déjà catastrophique. Et ce sera pire pour les bateaux qui pêchent au plus près des côtes, donc les plus petits, parce que plus on va vers le large, plus le poisson est gros.

Ces propositions seront-elles retenues ?

Les simulations montrent qu'elles sont insuffisantes. Il y a un risque de se faire recaler au niveau de l'Europe. Apparemment, les autres pays sont d'accord pour fermer la pêche pélagique. Mais pas la France, qui pêche 70 % du bar européen... La commission européenne va prendre note des propositions de chaque pays. Elle fera ses calculs, et elle proposera vraisemblablement des mesures plus fortes. En dernier lieu, c'est le parlement européen qui décidera. Il peut modifier les choses. On craint un lobbying très fort derrière les élus... Et des mesures finales plus sévères.

Comment réagissent les pêcheurs ?

Au Nord ils sont très inquiets. Ils ont fait une mauvaise saison. S'ils doivent pêcher moins, ils n'ont plus qu'à arrêter. Beaucoup font la coquille aussi, mais le chiffre d'affaires couvert par le bar est variable selon les bateaux. En ce qui me concerne, je fais 95 % de bar. Si je dois réduire de 30 %, c'est grave.
Pourtant, les ligneurs réclament depuis longtemps une gestion de la ressource...

Cela fait quinze ans que nous tirons la sonnette d'alarme auprès au comité national des pêches, parce que nous observons une diminution des stocks. Mais l'lfremer assurait le contraire. Or, la France, il y a dix ans, avait les cartes en mains pour décider, d'elle-même, d'une gestion du bar avec des pêcheurs qui étaient partants. On ne nous écoutait pas, parce que le lobbying des pélagiques est trop fort. Aujourd'hui, notre avenir dépend de bureaucrates de Bruxelles pour qui la pêche ce n'est que des chiffres sur une table. Notre avis ne pèse rien. Si on avait décidé de pêcher moins il y a dix ans, on n'en serait pas là aujourd'hui.

Quelle solution voyez-vous ?

C'est presque trop tard. L'objectif est de boucler le dossier avant le printemps. Les pélagiques, qu'on a voulu protéger, auront toujours la possibilité d'aller sur d'autres espèces. Nous, les ligneurs, on est cuit ; on risque tous de reporter nos captures vers la même espèce.

Le bar a été trop convoité selon vous ?

Oui, c'est un poisson qui vaut cher. Les chaluts de fond pêchent autant que les pélagiques. La plaisance aussi pêche beaucoup. En France, elle capture 3 000 tonnes par an d'après les évaluations, contre 5 400 tonnes pour les professionnels.

(1) Le chalutier pélagique pêche en pleine eau les poissons pélagiques (sardine, anchois, maquereau, bar, etc.), par opposition au chalut de fond. Les bolincheurs ciblent aussi le poisson pélagique, mais au moyen d'un filet tournant nommé bolinche. Les ligneurs, eux, pêchent au moyen d'une longue ligne à main non lestée et portant des leurres.

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Le 20 juin 2012

Sauvetage en direct. Un ligneur coule dans le raz de Sein

Un ligneur coule dans le raz de Sein, un pêcheur sauvé par son collègue...

Le 18 mai 2012 à 17 heures un ligneur immatriculé à Audierne, Le Brisant, a été déséquilibré par une lame de fond alors qu'il se trouvait dans le raz de Sein. Le bateau s'est subitement retourné. Le patron pêcheur, seul à bord, est tombé à la mer.
Légèrement blessé au visage, il est resté une dizaine de minutes dans l'eau avant d'être récupéré, sain et sauf, par un autre ligneur d'Audierne, en pêche à proximité, l'Altaïr.

Pendant ce temps, l'hélicoptère Dragon 29 avait décollé. Il a pu faire demi-tour. Le canot SNSM a, lui, poursuivi sa route pour tenter de remettre le bateau à flot. Malgré les efforts de l'équipage, Le Brisant a fini par couler, à proximité du phare de la Vieille.

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Un touriste tchèque, depuis le promontoire de la Pointe du Raz, dans le Cap-Sizun, a filmé l'impressionnant naufrage du Brisant, il y a un mois. Il a posté la vidéo sur YouTube en fin de semaine dernière.


En fin d’après-midi, le vendredi 18 mai, Sylvain Normant, 45 ans, un marin-pêcheur professionnel d’Audierne, pêchait le bar dans le Raz de Sein, entre la Pointe du Raz et le phare de la Vieille. Des parages très tourmentés, aux courants violents, un monde dantesque par mauvais temps.

Ce jour-là, la houle était forte et le vent de suroît soutenu. Alors qu’il manœuvrait, une vague plus violente que les autres a pris son bateau de 8 mètres par le travers. Le Brisant a litttéralement été retourné comme une crêpe. Le marin pêcheur, seul à bord a été projeté à l’eau mais est parvenu à s’accrocher à la coque retournée de son ligneur.

Filmé par un touriste tchèque

Ronan Thomas, patron de l’Altaïr, témoin du drame, a immédiatement coupé sa ligne de pêche pour se porter au secours de son collègue et lui jeter une bouée. Après dix minutes passées dans une eau très froide, Sylvain Normant sera hissé à bord de l’Altaïr. Sauf ! Il était temps, avouera-t-il, « Je n’avais plus de force, mes muscles étaient tétanisés par le froid ». Le marin a aussi dû son salut au fait qu’il portait une veste à flottabilité intégrée (VFI).

Un touriste tchèque, depuis le promontoire de la Pointe du Raz, dans le Cap-Sizun, a filmé toute la scène, le naufrage et le sauvetage du pêcheur de bar dont le bateau a fini par sombrer

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Le 18 octobre 2012

À la rencontre de Gwen, ligneur finistérien



Portrait de Gwen, pêcheur artisan du Sud Finistère. Gwen est un "ligneur" , il pêche des bars, à la ligne. Il s'engage, chaque jour, pour que la qualité des produits soit mise en valeur. Source : Campagne Greenpeace

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Le 16 Décembre 2014

La pêche au bar bientôt sous quotas : les pêcheurs du Sud Bretagne inquiets




Source : Public Sénat par Pauline Dame et Paul Bouffard, envoyés spéciaux à Sainte-Marine (Finistère Sud)

Il est 8h du matin, au large des Glénan, à 11 milles des côtes (20 kilomètres).

Le Belouga, un bateau de 8m, est déjà en pêche. A bord, son capitaine, Gwenael Pennarun traque le bar. Dans sa famille, on est ligneur de père en fils.

Au mois de décembre, les conditions de mer sont rudes mais impossible pour le patron-pêcheur de rater le coche. L’eau se refroidit. Les bars se regroupent en banc et cherchent à manger. Alors ils mordent à l’hameçon. En cette période, Gwenaël réalise son plus gros chiffre d'affaire. Son ami et collègue, Alain, est venu l'épauler.

(Voir également notre reportage photo : « Au large des Glénan, avec Gwenaël, pêcheur de bar »)

200 hameçons

« On est à la palangre. Un kilomètre de ligne et 200 hameçons tout le long », indique le pêcheur en relevant sa première ligne. La palangre, une technique de pêche qui est ancestrale. Aujourd’hui, pour appâter les poissons, les pêcheurs fixent des petits crabes.

Des plombs sont accrochés de chaque côté de la ligne. Elle flotte entre deux eaux et attire le bar en chasse. Aujourd’hui, l’équipage relèvera sept lignes au total.

Une ressource qui se raréfie

En trente ans, Gwenael Pennarun a vu son métier changer. « Y'a des périodes où on voit pas un seul poisson, y'a certains endroits où y'a plus un poisson du tout », observe Gwenael Pennarun. « Les pélagiques en pêchent beaucoup dans une période où il faudrait les laisser tranquille. (...) Au niveau de la ressource; c'est dramatique ce qu'ils font depuis 20 ou 30 ans. »

Les chalutiers pélagiques pêchent le bar à l'aide de filets d'une centaine de mètres. Ils concentrent leur activité de janvier à mars, lorsque le bar est regroupé et donc vulnérable. A l'inverse, les Ligneurs se sont imposés 1 mois d'arrêt biologique pendant cette période de fraie.

Pour faire face à cette concurrence, il a dû multiplier ses heures en mer. « Il faut travailler beaucoup plus  et dans des conditions beaucoup plus compliquées. On sort à des périodes où on ne serait jamais sorti avant. C'est devenu beaucoup plus dangereux. »

5 tonnes de bars en une journée

En une journée, ces bateaux remontent en moyenne 5 tonnes de bar, l'équivalent d'une année de pêche pour Gwenaël.

Pour valoriser la ressource, Gwen, comme on l’appelle, « signe ses prises » à l'aide d'une étiquette orange, une sorte de label, sur laquelle est inscrit « bar de ligne ». Un numéro d'identification inscrit au dos permet au consommateur de connaître l'origine du produit, depuis sa prise jusqu'au nom du pêcheur et de son bateau.

Et si des quotas étaient appliqués ?

Pour mieux encadrer la ressource, des quotas de pêche pourraient être imposés par la Commission européenne. Une décision qui, selon Gwen, signerait la fin de sa profession.

« Le problème c'est pas forcément ceux qui déconnent qui vont en pâtir le plus.

C'est souvent les plus gros qui s'en sortent le mieux malheureusement quand ce genre de réglementation est appliquée", s'inquiète-t-il. Si le bar passe sous quotas, Gwenaël nous le confie : c’est en fini des ligneurs en France.

Pour lui, l'urgence est avant tout d'interdire la pêche pélagique, empêcher les gros chalutiers de piller les grands bancs de poissons. « Si la pêche pélagique était stoppée, ça arrangerait tout le monde, sauf eux évidemment ». Il y a encore quinze ans, on comptait 250 ligneurs en Bretagne. Aujourd'hui ils ne sont plus que 130.

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