mardi 21 décembre 2010

Bonnes fêtes et bon appétit de fruits de la mer... et d'eau douce...

Une pose pendant les expéditions massives de fruits de mer….

Pour bien passer les fêtes…

Quelques idées glanées dans les journaux favoris de RPA : Ouest France, Le Télégramme, Sud-Ouest, Midi Libre, La Dépêche,….

«L'huître est trop festive et symbolique pour s'en passer à Noël »

  • Le Télégramme nous propose un plateau avec des fruits de mer 100% bretons et une démonstration d’ouverture d’huîtres creuse et plate : Roscoff (29). A vos huîtres

Ce sera un des produits phares des réveillons : les huîtres. Clément Jacq, cuisinier au restaurant les Trois Crevettes de Roscoff, fait une démonstration de leur ouverture.

Le reportage de Claude Prigent

À 62 ans, Loïc Sannier vient de transmettre à ses apprentis son restaurant La Mer, à Saint-Guénolé. À deux pas « du plus grand port langoustinier de France », impossible de faire l'impasse sur le crustacé. « Nous servons surtout du poisson, mais il faut qu'il y ait de la langoustine, explique le chef. Autrement, ce serait comme un restaurant du Périgord sans foie gras. » La langoustine se décline en deux catégories : fraîche et glacée. La première est travaillée le jour même de la pêche. La seconde est conservée plusieurs jours dans la glace à bord des bateaux de pêche au large. « On peut servir la fraîche nature, avec une sauce type mayonnaise, avance le restaurateur. La glacée, on la cuit plutôt à la poêle ou en brochettes. Dans l'eau, elle risquerait de partir en farine. Dans les deux cas, on évite de gâcher le caractère du produit avec des artifices. »

Une dernière recette avec des saint-jacques….

Toutes les idées sont bonnes pour réussir ses repas de fête. La Maison du tourisme de l'île d'Oléron et du bassin de Marennes met en place, dès les vacances de Noël, une animation originale pour découvrir les produits de la mer, les huîtres Marennes-Oléron et les poissons de la Cotinière…. Visites les 20, 21, 22, 23, 27, 28, 29 et 30 décembre. Limitées à 30 personnes. Tarifs : adultes 2 €, enfants (6-16 ans) 1 €. Rendez-vous au portail de la criée, à 15 h 30. Réservation dans les offices de tourisme. Tél. 05 46 85 65 23

Les poissons fumés devraient faire un tabac sur les tables de fêtes. Tant mieux pour Thierry Salas dont l'atelier artisanal qu'il a ouvert, il y a neuf ans à Rouffiac-Tolosan, à l'est de Toulouse, est un des rares recensés dans toute la région. Après avoir séduit les chefs étoilés et les épiceries fines de la région toulousaine, l'artisan fumeur ouvre sa gamme de produits aux particuliers….

David Prevel est le chef de l'auberge Côté Jardin, à Conilhac. Pour l'agneau et le porc, il s'approvisionne localement et fait confiance à la démarche de qualité Pays Cathare ®. « L'avantage du porc Pays Cathare est bien entendu sa qualité, grâce au cahier des charges auquel sont soumis les éleveurs, la viande est goûteuse et ferme et ravit les gastronomes. » Le jeune chef est également membre du club Prosper-Montagné et se reconnaît pleinement dans la devise de l'association : « On ne fait du bon qu'avec du très bon ». Parmi les spécialités de l'Auberge, David Prevel propose le porc Pays Cathare aux morilles….

Autre alliance surprenante : celle du porc avec les fruits de mer. Côté Jardin, David Prevel propose une farce de cochon avec un tartare d'huîtres. Inattendu, déconcertant, à découvrir absolument ! Du bonheur pour les papilles !

N’oublions pas les terriens avec leurs poissons d’eau douce !!!!

On ne pêche plus en eau douce pour se nourrir mais pour satisfaire une passion. La pêche est avant tout un loisir pour certains, une détente pour d'autres. Elle permet de s'évader loin des vicissitudes de la vie. Parmi la plupart des poissons que nous pêchons et relâchons sitôt leur capture, il n'est pas interdit de conserver une belle pièce pour la consommer en famille.

Par exemple : un brochet, un sandre ou une belle perche, d'autant plus si l'on a la chance de capturer l'un de ces poissons à la veille des fêtes de fin d'année. Bien que nous vivions actuellement une époque du « prêt à consommer » dans de nombreux domaines, y compris la cuisine, faut-il encore savoir et surtout vouloir préparer un poisson pour le déguster. Le brochet et le sandre seront cuits au court-bouillon ou braisés pour être dégustés chaud ou froid….

Garnir une table de fêtes avec des mets de la Loire ? Défi relevé, grâce au talent, inventif, des 530 producteurs fermiers du département....

Un élevage de truites à Riotord. Et un laboratoire à Saint-Genest-Malifaux, pour « travailler tous les poissons » précise Valérie Fontbonne. Qui a repris il y a trois ans, avec son frère Grégory, la poissonnerie familiale tenue depuis 35 ans par leurs parents. Les préparations maison ? La liste est longue. Terrines de saumon ou de Saint-Jacques, saumon fumé, brandade de morue, soupe de poissons….

Bonnes fêtes et bon appétit....

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Autres idées pour les réveillons

Préparez un plateau de fruits de mer en suivant la « recette » de Marthe de Lorigel Marée à Keroman (Lorient)

Chez Marthe, le réveillon sera goûté et iodé ! (Ouest France)

Homards, tourteaux et araignées sont bichonnés par Johann Le Maguer, responsable des viviers chez Lorigel Marée. Les recettes de Keroman. Un plateau de fruits de mer en guise de plat principal au réveillon du Nouvel an ? Une très bonne idée, signée Marthe de chez Lorigel.

En cette fin d'année, les commandes pleuvent au téléphone chez Lorigel Marée, dirigé par Cyrille Gouliou. Le mareyeur de Keroman est spécialisé dans les coquillages et les crustacés. Marthe y officie depuis une trentaine d'années. Employée de bureau, elle est aussi fine cuisinière. Elle nous concocte ici un plateau de fruits de mer qui fera un excellent plat principal du réveillon du Nouvel an.

Pour 4 personnes : 2 tourteaux, 2 araignées (choisir des animaux de 400 g à 600 g chacun) ; 1 kg de langoustine vivante. Par personne : 100 g de bigorneaux, 100 g de crevettes tropicales (congelées crues puis vendues cuites), 100 g de palourdes, 4 huîtres creuses calibre 3 et 4 huîtres plates calibre 2. Et, carapace sur le plateau, du homard breton (300 g par personne).

Les cuissons…..

dimanche 19 décembre 2010

Huître triploïde : D’où vient la « charolaise » des huîtres ?


D’où vient la « charolaise » (1) des huîtres ?

Regardez bien cette huître toute en forme. C'est une championne, elle vient de gagner le prix « NOAA Sea Grant Awards » d'un montant de 394.000 US$ en Californie. Cette somme rondelette va aider les deux sélectionneurs, Dennis Hedgecock et Donal Manahan, à booster encore plus les performances de cette huître japonaise dont la vitesse de croissance atteint déjà le double d'une Crassostrea gigas ordinaire. Pour plus d'informations : NOAA Sea Grant Awards $394,000 to Breed a Bigger, Better Pacific Oyster.

La « charolaise » des huîtres serait dotée d’une « vigueur hybride ». Nous en avions déjà parlé dans un article précédent, mais à ce moment-là, aucune photo n’avait été publiée par les deux chercheurs de l’University of Southern California (USC) : Quatre saisons après, l'huître immortelle !

Observez mieux la photographie dans l'angle du haut à gauche.... Cette huître a un petit bec recourbé.... Elle ressemble étrangement à l’huître triploïde commercialisée en France sous l’appellation « Huître des 4 saisons » ou « Huître de l'été ».

Et bien oui, les chercheurs californiens ont gagné leur prix avec la copie conforme d'une huître de Marennes-Oléron comme l'atteste cette photographie publiée dans l’encyclopédie en ligne : Wikipedia !!!

Etrange, vous avez dit étrange ? Comme c'est étrange !!!

Ce qui nous amène à nous interroger sur l’origine de cette huître californienne à la « Vigueur hybride ». Ne sortirait-elle pas tout droit du laboratoire « Génétique » d’Ifremer à La Tremblade (situé au coeur du bassin de Marennes-Oléron) ?

De plus, cette histoire étrange ne dit pas si cette super huître à la vigueur hybride résiste ou bien sombre sous les attaques mortelles de l'herpès virus de l’huître 1 μvar (OsHV-1 μvar) !!!

Aussi terminerons-nous sur le proverbe : « Rien ne sert de courir ; il faut partir à point !»

Philippe Favrelière (texte modifié le 20 décembre 2010)

(1) Chez les bovins, la charolaise est la race à viande par excellence

Autres articles :

Pour aller plus loin...

Le 13 Décembre 2014

Huître triploïde, une nouvelle variété

Dans un document sur les huîtres pour les fêtes de fin d'année, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) présente les huitres triploïdes, comme une nouvelle variété!!!

L’huître triploïde, une nouvelle variété

L’huître triploïde possède trois lots de chromosomes alors que l’huître est naturellement biploïde (deux lots de chromosomes). Cette particularité est issue du croisement entre une huître tétraploïde (ayant subi un choc thermique agissant sur la fécondation) et une huître biploïde. Ces huîtres à l’état de larves sont exclusivement produites en écloserie. Stérile et donc sans laitance, l’huître triploïde présente l’avantage de grossir plus vite et sa texture est constante toute l’année. Saisie par la DGCCRF, l’Anses a confirmé l'innocuité de cette huître pour le consommateur et l’absence de risques pour l’environnement. Source : DGCCRF


Avez-vous eu connaissance de la saisine de la DGCCRF auprès de l'Anses ? et de la réponse de l'Anses sur l'innocuité de l'huître triploïde pour le consommateur et l'absence de risques pour l'environnement ?

La réponse est dans cet avis de l'Afssa signé par Martin Hirsch en novembre 2001

Saisine n° 2001-SA-0080 – Maison Alfort, 23 novembre 2001

Avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments relatif à la présentation d'éléments scientifiques d'appréciation de l'équivalence des huîtres Crassostrea gigas triploïdes, par rapport à des organismes diploïdes ou "sauvages", en vue de répondre à certaines inquiétudes des consommateurs

L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments a été saisie le 20 mars 2001 par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes afin de disposer des éléments scientifiques d'appréciation de l'équivalence des huîtres Crassostrea gigas triploïdes, par rapport à des organismes diploïdes ou "sauvages", en vue de répondre à certaines inquiétudes des consommateurs. L'Association Force Ouvrière Consommateurs avait également saisi l'Afssa sur ce sujet le 18 septembre 2000.

Contexte

Des recherches effectuées sur les organismes marins et plus récemment sur les huîtres ont conduit à produire des organismes stériles dotés de trois génomes de base par croisement d'huîtres tétraploïdes avec des huîtres diploïdes. Sur le plan organoleptique, les huîtres triploïdes ne sont plus laiteuses (gamétogenèse incomplète) et présentent, toute l'année, les caractéristiques des huîtres hivernales. Par ailleurs les gains de croissance observés seraient de 22% à 38 %.

Le comité d'experts spécialisé "Biotechnologie", réuni le 22 octobre et le 21 novembre 2001, a orienté sa réflexion sur les questions suivantes :
  • le caractère polyploïde constitue-t-il en lui-même un facteur de risque sanitaire ?
  • des incidents particuliers liés à la consommation d'huîtres triploïdes par rapport à des huîtres diploïdes ont-ils été rapportés ?
  • le caractère triploïde a-t-il une influence sur les performances biologiques par rapport aux huîtres diploïdes, notamment au regard du pouvoir de filtration et du risque d'accumulation vis-à-vis des contaminants de l'environnement ?

La polyploïdie dans le règne végétal et animal

Le génome de base d'un organisme est caractérisé par le nombre de chromosomes non homologues contenu dans le noyau d'une cellule (par exemple 23 chez l'homme, 10 chez l'huître, 14 chez le blé dur). Les êtres vivants, surtout dans le règne animal, sont généralement diploïdes, leur génome étant constitué de deux génomes de base, l'un d'origine maternelle, l'autre d'origine paternelle....

Suite en téléchargeant l'avis de l'Anses (ex Afssa) : Saisine n° 2001-SA-0080

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Requiem pour les huîtres

Documentaire

Enquête sur le mystérieux syndrome de disparition qui frappe les naissains d’Huîtres partout en France.

52min. 2012. HD. Ushuaia TV & TEBEO

Réalisation : Rémi Laugier

Synopsis de Requiem pour les huîtres

Depuis 2008, l'ostréiculture connaît une crise sans précédent : un virus frappe chaque année les jeunes huîtres et handicape gravement la profession.

Résumé : Depuis 2008, l'ostréiculture connait une crise sans précédent. En effet, un virus frappe chaque année les jeunes huîtres et handicape gravement la profession. Parallèlement à l'expansion de ce virus, de nouvelles pratiques ostréicoles ont vu le jour avec notamment, depuis une quinzaine d'années, la création d'une huître issue de laboratoire et modifié chromosomiquement : L'huître triploïde. Ce documentaire partira à la rencontre des ostréiculteurs, scientifiques, écloseurs... afin d'entendre leurs points de vue sur les mortalités et de découvrir le métier d'ostréiculteur souvent méconnu.

Toutes les diffusions TV
  • Mer 12 décembre 2012 à 20h40 sur Ushuaia TV
  • Ven 14 décembre 2012 à 08h35 sur Ushuaia TV
  • Dim 16 décembre 2012 à 07h32 sur Ushuaia TV
  • Mer 19 décembre 2012 à 09h28 sur Ushuaia TV

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Un plateau d'huîtres modifiées pour Noël ? (Le Point)

Développées dans les laboratoires de l'Ifremer, les huîtres triploïdes sont en passe de détrôner les huîtres naturelles pour le meilleur ou... pour le pire.

Les huitres triploïdes sonneront-elles la fin des huitres naturelles ?

Par Victoria Gairin

On l'appelle huître "triploïde" ou plus poétiquement "huître des quatre saisons"... Vous l'avez sans doute déjà consommée sans le savoir, car elle représente une part importante de la production ostréicole. La triploïde a subi des manipulations chromosomiques importantes, la faisant passer de 2 à 3 paires de chromosomes et la rendant stérile. Pas très anodin... Pourtant, aucune obligation d'étiquetage ni étude préalable ne sont requises car, légalement, elle n'est pas un OGM mais un OVM, c'est-à-dire un organisme vivant modifié.

Danger pour la biodiversité

Face aux risques de prolifération de ces organismes manipulés, une réglementation plus contraignante devrait voir le jour... dans les prochaines années. "Il y a un véritable consensus de la communauté scientifique mondiale sur les risques liés aux OVM et sur l'importance d'une évaluation avant la mise sur le marché ", explique Jean-Patrick Le Duc, du Muséum national d'histoire naturelle.

"Aujourd'hui, ils ne sont pas assez évalués ni encadrés alors que l'on n'a aucun recul. Les cas des huîtres triploïdes ou du saumon transgénique - qui constitue désormais l'essentiel de l'offre du saumon d'élevage - sont emblématiques : on les a introduits massivement au risque de déséquilibrer complètement les écosystèmes, sans appliquer le principe de précaution. D'après moi, l'huître triploïde constitue un danger pour la biodiversité et l'hécatombe ostréicole qui sévit depuis 2008 pose la question de la fragilité de ces organismes modifiés".

Maturité accélérée

Développée depuis 15 ans au sein de l'Ifremer, l'huître triploïde a été initialement conçue pour augmenter la production durant l'été. Théoriquement stérile, elle ne produit pas de laitance (gamètes) entre mai et août et remplace donc avantageusement l'huître naturelle, laiteuse durant cette période de reproduction. La triploïde réserve un autre avantage de taille pour les producteurs : plutôt que se reproduire, elle met à profit son énergie pour grandir plus vite et arrive ainsi à maturité en deux ans contre trois bonnes années pour l'huître naturelle.

"Pour fabriquer la triploïde plusieurs méthodes se sont succédé", explique Jean-François Samain, ancien directeur de recherche à l'Ifremer. "La première technique nécessitait l'utilisation d'un produit mutagène au stade embryonnaire. En théorie c'est sans risque, mais pour des produits destinés à l'alimentation humaine, je déconseille ce genre de procédés... Aujourd'hui, certaines écloseries (sites de reproduction des huîtres) l'utiliseraient encore. La deuxième méthode mise au point donnait des individus résistants, mais c'était un processus plus long, aussi en 2007, un troisième procédé plus rapide a vu le jour et prédomine aujourd'hui." À savoir : on crée une huître tétraploïde, dotée de quatre paires de chromosomes, sorte de super mâle qui féconde des millions de femelles diploïdes (deux paires de de chromosomes).

Risque de dissémination

Procédé coûteux et complexe, l'huître tétraploïde serait vendue 1 000 euros l'étalon aux écloseries et nécessite des installations hautement sécurisées pour éviter tout risque de dissémination de la précieuse semence. "Nous ne sommes pas à l'abri d'une manipulation malheureuse et un tel accident pourrait signer la fin des huîtres naturelles", s'inquiète Jean-François Samain. D'autant qu'il existerait des écloseries clandestines en France, notamment en Bretagne.

Face à ce risque de dissémination, l'association des ostréiculteurs traditionnels a déposé une requête devant le tribunal administratif de Rennes contre l'Ifremer pour "développement de biotechnologies sans en mesurer les conséquences". Benoît Le Joubioux, qui dirige ce mouvement, souhaite que le principe de précaution soit appliqué et réclame des zones de préservation des huîtres naturelles, surtout après l'épisode de l'herpès virus, qui décime depuis plusieurs années tous les élevages. "En 2009, après le début de l'épidémie, l'Ifremer a constaté que la mortalité touchait surtout les triploïdes - jusqu'à 95 % des jeunes huîtres -, mais aujourd'hui on ne comprend plus rien ! L'épidémie s'est étendue à tout le bassin et il n'y a plus aucun repère, tout crève."

La fin de l'huître naturelle ?

Alors que les anti-triploïdes accusent les huîtres modifiées d'être moins résistantes et d'avoir ainsi propagé partout l'épidémie, les pro-triploïdes soutiennent qu'il s'agit d'un virus particulièrement virulent qui n'a rien à voir avec leur protégée. Au sein d'un milieu conchylicole divisé, les expertises se succèdent et les soupçons s'accumulent sur l'implication des nouvelles venues dans cette pandémie.

L'huître modifiée sonnera-t-elle la fin du coquillage naturel ? Pour arrêter cette épidémie, les ostréiculteurs du bassin d'Arcachon demandent un moratoire afin de suspendre l'introduction des triploïdes dans la mer. En attendant, des consommateurs avertis la boudent déjà. En l'absence d'étiquetage, on la reconnaît à sa coquille qui rebique comme la proue d'un bateau mais certains ostréiculteurs couperaient cette partie pour faire passer la belle incognito...

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samedi 18 décembre 2010

Gestion des Pêcheries : Aucune certitude...

Ancien titre : Gestion des Pêcheries mondiales : Gardons notre sang-froid !

Du sang-froid vis-à-vis des ressources en poissons à sang froid

A l’issue des négociations sur les quotas de pêche 2011, ministres et responsables des pêcheurs européens sont repartis de Bruxelles plutôt satisfaits. Après les coupes sombres du début des années 2000, chacun pouvait rentrer dans son port d’attache rassuré… Rassuré que les efforts consentis depuis plusieurs années donnent des résultats et soient enfin reconnus. Tout n’est pas parfait, les ressources en cabillaud et en hareng souffrent encore. Mais comme l’a souligné Maria Damanaki, Commissaire européenne chargée de la pêche : « Dans l'ensemble, le compromis trouvé représente un progrès non seulement vers des pêches plus durables, mais aussi vers notre objectif d'un rendement maximum durable pour tous les stocks de poisson commerciaux d'ici 2015 ».

Pourtant quelques jours avant le conseil européen des ministres de la pêche, Maria Damanaki en avait refroidi plus d’un et c’est la peur au ventre que ministres et pêcheurs étaient partis à Bruxelles. Etait-elle tombée elle-aussi dans la sinistrose, la psychose transmise par plusieurs organisations environnementalistes ? Pas du tout…

« Pourquoi toutes les pêcheries ne s’effondrent pas ? : Apocalypse retenu !»

Pour prendre un peu de hauteur et s’élever au-dessus des messages alarmistes, Maria Damanaki a très probablement lu l’article de Ray Hilborn, professeur en halieutique à l'Université de Washington : « Why do we keep hearing global fisheries are collapsing ? » publié une semaine avant le Conseil des Ministres (dans Mother Nature Network / The Nature Conservancy).

Pourquoi continuons-nous à entendre que les pêches mondiales s'effondrent ? Certains scientifiques avancent que les stocks mondiaux de poissons sont en voie d'effondrement, mais les données réelles suggèrent le contraire. L’auteur de l’article indique qu’il procède à l'analyse quantitative des données environnementales depuis 30 ans dans une grande variété de lieux (la biotechnologie, les espèces en péril, l'aquaculture, la pêche, etc.). Il déplore qu’en général, la communauté des conservationnistes et des environnementalistes se trompe en tenant des propos alarmistes et apocalyptiques dans l'interprétation des données. /.../ Mais il y a aussi des pêcheries bien gérées dont les médias ne parlent jamais. Et ce sont ces exemples de réussite qui importent /.../ Lorsque des scientifiques extrapolent certaines données pour en conclure que les analyses annoncent de graves menaces pour la sécurité alimentaire dans le monde, pour la qualité des eaux côtières et la stabilité des écosystèmes, de graves menaces qui toucheront les générations actuelles et futures, ils ne font que faire peur et cela paralyse au lieu de favoriser la recherche de solutions. /.../

Il est important que la communauté des experts de la biodiversité et le grand public apprécient rationnellement les messages d'une apocalypse prochaine. Nos pêches maritimes sont trop importantes pour l'économie mondiale et l'approvisionnement alimentaire pour se permettre un gaspillage émotionnel d'énergie. Nos océans demandent des analyses de sang-froid. Pour être juste, il y a des endroits dans le monde où l'effondrement des stocks est peut-être réel. Un diagnostic plus équilibré donne une image différente loin d'être alarmiste. Mais ce diagnostic équilibré est presque entièrement ignoré au profit d'une rhétorique apocalyptique qui obscurcit les vrais enjeux de la pêche. C’est ainsi que Boris Worm et Daniel Pauly sont dans l’erreur. /.../ Or les vues de Pauly ne sont pas universellement acceptées par les scientifiques. /.../ De nombreuses critiques de cette position apocalyptique ont été depuis publiées après le rapport de 2006. /.../ Par exemple, Steve Murawski, directeur des programmes scientifiques et conseiller scientifique a défendu le système de gestion de la pêche des États-Unis et a souligné que la proportion de stocks surexploités aux États-Unis était en baisse /.../ La vraie question est de savoir si les pratiques de pêche actuelles déciment les stocks ou si elles permettent de les reconstruire ? /.../ Il faut identifier les pêcheries qui sont en difficulté et trouver les remèdes pour ces pêcheries. Les données montrent clairement que nous le pouvons. /../ Les affirmations apocalyptiques sont contre-productives - non seulement parce que ces affirmations sont fausses, mais surtout parce qu'elles ne reconnaissent pas le long et dur travail des gestionnaires des pêches, des scientifiques et des intervenants dans les nombreux endroits où la gestion est efficace. Alors que les prêcheurs d’apocalypse ont attiré l'attention du public et la couverture médiatique, des milliers de personnes - décriées par Pauly (2009b) comme des agents de la pêche commerciale - ont travaillé pendant des années et ont pris des décisions douloureuses de réductions de l'effort de pêche avec des résultats notoires maintenant. /.../ (traduction transmise par le réseau pêche durable)

Autres articles :

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Autres études et colloques


Trop de sélectivité tue la pêche !

Sélectivité des engins de pêche, comme solution à la surpêche… Et bien non selon une équipe de chercheurs dirigée par Shijie Zhou du CSIRO en Australie.

Ces chercheurs proposent une nouvelle « Philosophie » dans la gestion des ressources halieutiques avec une approche moins sélective de la pêche - Etude publiée en 2010 dans Proceedings of the National Academy of Sciences « Ecosystem-based fisheries management requires a change to the selective fishing philosophy ».

Pour maintenir une bonne productivité des écosystèmes, tout en préservant les ressources halieutiques et la biodiversité marine, Shijie Zhou propose de combiner :

  • Réduction de l’effort de pêche,
  • Stratégies de pêche moins sélectives et
  • Meilleure utilisation des captures.

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Pic du poisson = Pic du pétrole !

Du 17 au 21 février 2011, l'Association américaine pour la promotion de la science (AAAS) organise sa conférence annuelle à Washington. Il s’agit du plus grand colloque mondial de science généraliste avec quelque 5.000 participants. Le chapitre « Des terres et des océans » (Land and Oceans) aborde la question halieutique…

Villy Christensen, professeur à l'Université de Colombie Britannique (Canada) a expliqué « Actuellement, beaucoup de poissons sont transformés en farine et huile pour être utilisés comme aliments pour l'industrie aquacole qui dépend de plus en plus de cette source d'alimentation ». « Si cette situation persiste, nos océans risquent de devenir un jour une ferme à produire des aliments pour l'aquaculture », a-t-il mis en garde.

Pour Reg Watson, un scientifique travaillant également à l'Université de Colombie Britannique, il semblerait que l'humanité pourrait avoir déjà atteint un seuil dans l'exploitation de ressources de pêche de la planète. « Il semble que nous consacrons de plus en plus d'énergie et de ressources pour saisir le même tonnage de poissons voire moins ce qui doit être un signe de l'état de santé de l'océan », a-t-il dit lors de cette même présentation. « Nous pourrions en fait avoir atteint un pic pour les poissons au même moment où nous pourrions connaître la même situation avec les réserves de pétrole... », a-t-il noté. Pour donner une idée de la frénésie et de l'ampleur de l'activité de la pêche industrielle dans le monde, ces chercheurs ont calculé l'énergie totale nécessaire pour faire fonctionner les chalutiers et autres bateaux de pêche en 2006. « Nous avons calculé qu'il a fallu utiliser 1,7 milliard de watts d'énergie ou environ 22,6 millions de chevaux pour l'ensemble de l'industrie de la pêche mondiale cette année-là », a indiqué Reg Watson. Source : La surpêche menace d'épuiser les océans dans les prochaines décennies (AFP)

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30 août 2011 : Affrontement des biologistes outre-atlantique !

La guerre des pêches

En Amérique du nord, deux écoles de biologistes marins s’affrontent. L'Université de la Colombie-Britannique de Daniel Pauly et l'Université de Washington de Ray Hilborn…

Y aura-t-il encore des pêcheurs en 2050 ? C'est la question que se posent depuis une quinzaine d'années les biologistes marins. Deux écoles s'affrontent: ceux qui jugent que la surpêche est irréversible ; et ceux qui pensent que la gestion scientifique, notamment aux États-Unis, peut rendre la pêche durable. La bataille entre les deux camps fait des étincelles.

Depuis la fin des années 90, un groupe de chercheurs nord-américains crie sur tous les toits que les pêcheries mondiales se dirigent tout droit vers le précipice. Au milieu du XXIe siècle, préviennent-ils, les pêcheurs du monde devront accrocher leurs filets et trouver un autre métier.

La contre-attaque est venue il y a cinq ou six ans : pour contrer l'«alarmisme» de leurs confrères, des biologistes ont montré que la gestion moderne des pêches peut renverser la vapeur et que, aux États-Unis, l'immense majorité des espèces pêchées n'est plus en danger d'extinction.

Des chercheurs des deux groupes ont récemment tenté de faire la paix. Mais les plus tenaces refusent d'enterrer la hache de guerre. « Ce sont des âneries ! », tonne Daniel Pauly, de l'Université de la Colombie-Britannique, quand on lui demande son avis sur les études optimistes. « Ceux qui disent que la surpêche a été exagérée font le jeu des industriels qui veulent affaiblir les règlements existants et éviter qu'on les resserre dans les pays en voie de développement, notamment en Afrique. »

Selon Gabriella Bianchi, coordonnatrice du secteur des pêcheries à la FAO : «Tout le monde s'accorde à dire qu'il y a un problème grave de surpêche dans la plupart des régions. Mais il existe des pays occidentaux où la surpêche a disparu, et il faut le reconnaître.»

Texte intégral de Mathieu Perreault dans La Presse : La guerre des pêches

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Mars 2012

Pêche équilibrée. L’UICN propose de repenser la gestion de la pêche

Contrairement à la vision conventionnelle de la pêche sélective, qui s'attache à prélever uniquement les plus grands individus de certaines espèces et à limiter les prises accessoires et les rejets, la pêche équilibrée vise à ce que les prélèvements par la pêche reflètent les proportions naturellement présentes dans l'écosystème, en diversité de tailles comme d'espèces.

Un régime équilibré : l’UICN propose de repenser la gestion de la pêche

Une étude de l’UICN publiée en mars 2012 dans le journal Science propose de repenser la gestion de la pêche de façon à améliorer la sécurité alimentaire et réduire les effets négatifs de la pêche sur l’environnement.

La nouvelle approche, présentée par un groupe de spécialistes de l’environnement et de la pêche, membres de la Commission sur la gestion des écosystèmes (CGE) de l’UICN, change complètement le cap en matière de gestion de la pêche.

« Pendant des siècles, on a cru qu’une pêche sélective qui évite les jeunes poissons et les espèces rares et emblématiques et préfère les individus plus âgés et de grande taille permet d’accroître les captures et de réduire les impacts sur l’environnement, » dit François Simard, conseiller principal de l’UICN pour la pêche. « Mais en fait les individus plus âgés ont un fort potentiel de reproduction et leur capture altère la structure et le fonctionnement de l’environnement. Elle peut aussi avoir des effets secondaires graves sur le plan de l’évolution et de l’écologie.»

Dans la partie est du plateau néo-écossais, par exemple, la pêche sélective classique a modifié la structure de la chaîne alimentaire du milieu marin et, en Mer du Nord, on observe une proportion croissante d’espèces de plus petite taille.

La nouvelle approche proposée par l’UICN, appelée « prélèvement équilibré », cible toutes les composantes comestibles du milieu marin, de façon proportionnelle à leur productivité.

En effet, lorsque la pêche cible une plus grande diversité d’espèces et de tailles, la capacité de production de l’écosystème est pleinement utilisée. Cette approche améliore la sécurité alimentaire en préservant le potentiel des ressources marines, tout en minimisant les effets négatifs des pêcheries sur l’environnement. Nécessitant une réduction de l’exploitation des stocks de poissons, elle change radicalement notre mode actuel de gestion de la pêche, qui vise la pleine exploitation des populations prises individuellement et entraîne souvent leur surexploitation.

« Le prélèvement équilibré est un mode de pêche sélectif mais, conformément à l’approche axée sur l’écosystème adoptée par la Convention sur la diversité biologique et l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), il s’agit d’une sélectivité entendue dans une perspective bien plus large que celle utilisée jusqu’à présent, » explique Serge M. Garcia, président du Groupe de spécialistes de la pêche de la CGE de l’UICN. « Au lieu de viser exclusivement l’optimisation des captures d’un certain nombre d’espèces cibles et de tailles sélectionnées, elle a pour but de préserver la structure et la productivité de l’ensemble de l’écosystème ».

Le document est fondé sur une étude comparative de plusieurs types de sélectivité, en utilisant 36 modèles d’écosystèmes différents. Quelques exemples de modes de pêche se rapprochant du prélèvement équilibré ont aussi été trouvés en Afrique, dans des pêcheries artisanales des eaux intérieures du continent.

« Cette nouvelle démarche en matière de pêche peut paraître utopique, car la capacité humaine de gestion des écosystèmes est limitée », dit Jeppe Kolding, membre du Groupe de spécialistes de la pêche. « Mais il s’agit d’une utopie qui permet de mobiliser les énergies dans le bon sens. Nous avons maintenant suffisamment d’éléments qui démontrent que cette nouvelle approche peut accroître considérablement la durabilité de la pêche, réduire son impact sur les écosystèmes et améliorer l’environnement marin aussi bien que la sécurité alimentaire ».

Des questions liées à la gestion de la pêche seront examinées de façon plus approfondie pendant le Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui se tiendra à Jeju, République de Corée, du 5 au 15 septembre 2012. Source : IUCN

Rapport (en anglais) : Selective Fishing and Balanced Harvest in Relation to Fisheries and Ecosystem Sustainability

S. M. Garcia, (Ed.)

IUCN, Gland, Switzerland

2011 International Union for Conservation of Nature and Natural Resources

Report of a scientific workshop organized by the IUCN-CEM Fisheries Expert Group (FEG) and the European Bureau for Conservation and Development (EBCD) in Nagoya (Japan), 14–16 October 2010.

Téléchargement, cliquer IUCN

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Réflexion autour du concept de "pêche équilibrée"

Un collectif international de scientifiques propose un nouveau regard sur la sélectivité de la pêche. Leurs travaux, menés autour du concept d'une « pêche équilibrée », constituent une réflexion pour une meilleure prise en compte de la biodiversité et des écosystèmes dans la gestion des pêches.

Un nouveau paradigme par rapport à la « pêche sélective » conventionnelle...

« Dans le monde, la gestion des pêches a beaucoup misé, outre les quantités pêchées, sur l'augmentation de la sélectivité : on cible les espèces d'intérêt commercial, et en jouant sur l'engin ou sur la taille des mailles du filet, on sélectionne les plus grands individus pour permettre la croissance des jeunes et les laisser participer à la reproduction. Or, cette pêche sélective ne s'intéresse qu'au contenu du filet et à sa valeur potentielle. L'idée développée dans l'article, c'est de rapporter les captures dans une zone donnée à ce qui est « au fond » : la composition de l'écosystème marin », explique Marie-Joëlle Rochet, chercheur halieute à l'Ifremer : « On passe alors d'un point de vue économique et utilitaire, à un point de vue écologique ».

Contrairement à la vision conventionnelle de la pêche sélective, qui s'attache à prélever uniquement les plus grands individus de certaines espèces et à limiter les prises accessoires et les rejets, la pêche équilibrée vise à ce que les prélèvements par la pêche reflètent les proportions naturellement présentes dans l'écosystème, en diversité de tailles comme d'espèces.

... mais une vision commune : l'exploitation modérée des ressources

Plusieurs résultats scientifiques pour argumenter sur les nombreux avantages d'une pêche équilibrée, pour autant qu'elle reste raisonnable. Cette pêche maintiendrait suffisamment d'adultes, indispensables pour la reproduction et pour assurer les générations suivantes ; elle conserverait les proportions naturelles des populations au sein de l'écosystème et elle perturberait moins la chaîne alimentaire que la pêche sélective conventionnelle. Les auteurs indiquent aussi qu'elle pourrait contribuer à la sécurité alimentaire en permettant des productions totales plus élevées pour le même niveau d'impact écologique.

Les nuances existent et sont complexes. La pêche équilibrée est sélective puisqu'elle ne consiste pas à prélever indifféremment n'importe quel organisme. Mais cette sélectivité se place dans une nouvelle perspective, plus écosystémique. « Nous prônons dans tous les cas une pêche modérée, nécessaire à la restauration de l'écosystème et de ses communautés. Si de plus, elle est équilibrée, cela pourrait faciliter cette restauration et permettre des rendements durables plus élevés... », explique Marie-Joëlle Rochet.

Une approche en synergie avec les accords internationaux

La route à parcourir est encore longue avant de définir concrètement une gestion des pêches basée sur cette nouvelle approche. Cela nécessiterait notamment une reconsidération des rejets, puisqu'ils n'auraient plus le statut de nuisance mais deviendraient partie intégrante de la stratégie de gestion. En parallèle, une évolution des modes de consommation occidentaux devrait également s'opérer, car une gestion basée sur la pêche équilibrée impliquerait d'utiliser des espèces dédaignées actuellement par les consommateurs.

Cette approche entre en résonance avec les récents accords et conventions internationales qui préconisent la restauration des stocks de poissons et des écosystèmes marins. Ainsi, la sélectivité devrait être prise en compte dans les stratégies de reconstruction des stocks à un niveau durable préconisé par les accords des Nations Unies à Johannesburg en 2002. Cette réflexion menée par les scientifiques du monde entier accompagne une prise de conscience internationale de l'importance de considérer les effets des pratiques humaines sur les écosystèmes et la biodiversité, en vue de diminuer les impacts de nos activités.

Le fruit d'échanges à Nagoya

Une étude a consisté à comparer, grâce au développement d'un modèle mathématique, les effets de pêches sélectives à ceux de pêches moins sélectives mais de même intensité, sur les tailles des individus d'un écosystème. Le modèle a montré que la pêche déstabilise le système, qui est stable en l'absence de pêche : par le jeu des relations prédateur-proie, la biomasse totale oscille (augmente puis diminue sans cesse au cours du temps). A un instant donné, la biomasse disponible peut être, soit faible, soit moyenne, soit élevée, mais l'équilibre n'est jamais atteint. Plus la pêche est sélective, plus les oscillations sont amples.

Un modèle plus complexe décrivant aussi la diversité des espèces avait permis de montrer que pour un rendement donné, exploiter de façon sélective une gamme réduite d'espèces ou de tailles, affecte toujours davantage la biodiversité qu'une exploitation moins sélective. Source : Communiqué de presse de l'Ifremer du 8 mars 2012

Article du Télégramme : Côté mer. Après la pêche sélective, la pêche équilibrée

mardi 14 décembre 2010

Quand Greenpeace détruit la vie de pêcheur….


Quand Greenpeace joue avec la vie de pêcheur….

En cassant un bateau de pêche pendant la réunion des ministres européens de la Pêche, les membres de Greenpeace n’ont pas compris… Ils n’ont pas compris le métier de pêcheur, l’intimité du pêcheur avec son navire. En cassant un bateau de pêche, ils détruisent non seulement un outil de travail mais aussi toute la vie d’un patron-pêcheur et de son équipage….

Un bateau de pêche n’est pas outil de travail comme un autre… Peut-on le comparer au tracteur de l’agriculteur, au « 35 tonnes » du camionneur ou même au voilier de compétition d’un skipper ? Non ! Un bateau de pêche est en même temps le lieu de travail et le lieu de vie de tout un équipage. Leur deuxième maison et souvent leur première… C'est aussi un compagnon à qui le pêcheur donne un nom. Pas le nom d'une marque, d'une société ou même d'un sponsor... Le nom d'un ami, d'une compagne, d'un protecteur... Physiquement et administrativement liés, bateau et marins « naviguent » ensemble sur un « rôle d’équipage » : nom, date « de naissance », adresse, taille,…

Le bateau de Gaëlle

Y a-t-il une vie après la mer ? Gaëlle et Alain, un couple de marins-pêcheurs bretons, voient approcher avec appréhension le moment où il leur faudra lâcher leur bateau. Ce film émouvant et tonique (de Philippe Lubliner, réalisateur) suit au plus près leurs gestes quotidiens et leurs inquiétudes à l’aube d’un douloureux tournant.

Toute la vie de Gaëlle et d’Alain tourne autour du Lorrigan, le chalutier familial. Un jour, Alain s’est trouvé à court de matelots et a proposé à sa femme d’embarquer avec lui. Depuis, elle n’a plus quitté le bateau. Passionné par son métier de marin-pêcheur, ce couple breton estime pourtant qu’il est temps de "raccrocher". Des années de vents glacés, de travail harassant et de semaines sans loisir les ont "cassés". Oui, mais que faire du bateau ? Leurs fils, marins eux aussi, n’ont pas envie de se mettre à leur compte : trop de soucis, trop de factures, pas assez de revenus. La profession, sinistrée, n’attire plus. Le couple espère vendre le chalutier. Mais les coups de fil ne se bousculent pas. L’envoyer à la casse ? Gaëlle et Alain ne peuvent s’y résoudre...

Ecouter et entendre

« En mars 2008, le jury du premier Festival de films Pêcheurs du Monde à Lorient a attribué son prix au Bateau de Gaëlle. C’est un film que tous les responsables des pêches en Europe devraient voir pour mesurer l’impact humain de leurs mesures. Les écologistes aussi devraient le voir quand ils répètent à l’envi qu’il faut diminuer le nombre de pêcheurs. Tous ces gens sont-ils capables de les écouter et de les entendre ? La voix d’une femme saura-t-elle les convaincre plus que les manifestations ?

Depuis le tournage du film, Alain, le mari de Gaëlle et patron du bateau, est tombé gravement malade et il a dû abandonner la pêche. Contre son gré, le bateau a été détruit, alors qu’il aurait pu permettre à un jeune patron de commencer sa carrière avec un investissement modéré…» (Alain et Danièle Le Sann dans l'article de Yemaya : Le Bateau de Gaëlle)

Philippe Favrelière (modifié le 15 décembre 2010)

« Mes bateaux étaient comme mes frères, une deuxième partie de moi-même, ce qu'il me manquait pour ne plus faire qu'un avec la mer ». Yvon Le Corre artiste et navigateur (Source : Le Télégramme)

Autres articles :
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Le 16 août 2013

Dieppe : Appel à la solidarité après l'incendie du Cygogne, au large de Fécamp

Samedi 3 août, à 15h30, un bateau de pêche était en feu au large de Fécamp. Il avait fini par couler le lendemain. Un appel à la solidarité a été lancé pour aider le propriétaire.

Jean-Louis Séron, propriétaire du bateau, entretenait depuis vingt-cinq ans son chalutier.

Source : 76actu

Jean-Louis Séron aimait son chalutier. « Mon bateau, c’est ma fierté. Il m’a fait des misères, mais il m’a fait vivre avec ma famille », sourit le père de famille de trois enfants et grand-père de six petits-enfants. Avec son épouse, ils ont eu à cœur de bichonner, chouchouter et d’entretenir leur outil de travail. Un outil de travail indispensable, c’est pourquoi tous les deux sont déjà bien décidés à racheter un nouveau chalutier. « De toute façon, on n’a pas le choix. Il faudra qu’il soit prêt pour la prochaine saison de coquille Saint-Jacques », lance le Dieppois. « Et j’ai déjà son nom, nous l’appellerons le Phénix, on va renaître de nos cendres », conclut tout simplement Eliane.

Samedi 3 août 2013, le Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage (CROSS) de Jobourg recevait un appel de détresse de la part d’un bateau de pêche situé à 70 km au large de Fécamp. Quatre personnes étaient à bord et indiquaient un incendie sur le chalutier. Les quatre marins ont été secourus par hélicoptère mais leur bateau, lui, a coulé le lendemain.

Un appel à la solidarité a été lancé par la Ville de Dieppe, le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins de Haute-Normandie, la Société nationale des sauveteurs en mer et le Cercle maritime de Dieppe Mers et Marines, comme le rapportent nos confrères des Informations Dieppoises.

Toute personne souhaitant faire un don pour soutenir ces marins-pêcheurs peut le déposer à la mairie de Dieppe, à la mairie annexe de Neuville-lès-Dieppe, à la Maison Jacques-Prévert, au comité régional des pêches, au Cercle maritime de Dieppe Mers et Marines, ou à la SNSM. L’ensemble de cette collecte sera complété par une subvention municipale. Le tout sera réparti entre les cinq marins concernés, expliquent nos confrères.

« Mon bateau, c’est ma fierté »

Le propriétaire du bateau, visiblement très touché mais soulagé pour l’équipage, avait témoigné son attachement au Cygogne, après l’incendie : « Mon bateau, c’est ma fierté. Il m’a fait des misères, mais il m’a fait vivre avec ma famille. c’est un peu comme notre gosse. Il a 25 ans. Avec lui, il y a eu des hauts et des bas. Mais on venait de finir de le payer en octobre dernier. On pensait que maintenant on allait pouvoir vivre le bon. » Cliquer Ici pour plus d'informations

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Analyse des situations de travail à bord des navires de pêche

Analyse des situations de travail à bord des navires de pêche

IMP - Institut Maritime de Prévention

Lorient


L’objectif de ce document est de présenter une méthode d’analyse des situations de travail qui soit utilisable par tous ceux qui participent à une projet de conception et par tous ceux qui souhaitent établir un diagnostic sur les conditions de travail et de vie à bord d’un navire de pêche. L’application de cette méthode doit leur permettre de décrire une situation de travail, d’identifier les risques que présente cette situation pour la santé et la sécurité des marins et d’élaborer des propositions visant l’amélioration des conditions de travail.



Pour plus d’informations sur la sécurité maritime et télécharger le document cliquer IMP

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Rudy Amand, Socio-anthropologie des marins pêcheurs,


Socio-anthropologie des marins pêcheurs

Rudy Amand

Paris, L'Harmattan, coll. « Sociologies et Environnement », 2011

Baisse des effectifs, crise écologique, redéfinition des techniques de travail... Le monde des marins pêcheurs est en pleine mutation. L'arrivée d'une population touristique et "rurbaine" dans les villages portuaires transforme l'organisation spatiale et la façon "d'être ensemble" des communautés traditionnelles. Quel est l'état d'esprit des professionnels et des membres de la communauté dans ce contexte ? Quelles résistances opposent-ils à cette vague qui semble devoir les submerger ?

L’ouvrage de Rudy Amand met au jour les évolutions d’un métier, celui de marin pêcheur, qui semble destiné à disparaître, face à la montée des exigences écologiques. Le nombre de marins pêcheurs en France a diminué d’un tiers entre 1990 et 2006 (passant de 25.726 à 17.088). Face aux transformations techniques, à l’émergence des questions écologiques et des normes européennes en matière de pêche, « les communautés locales de marins pêcheurs ont développé des modes de résistance originaux ». L’étude de l’évolution des classifications de l’INSEE montre que les marins pêcheurs étaient considérés comme une catégorie à part entière dans la table des groupes professionnels en 1936 mais avec la table des PCS, cette catégorie s’efface. Ils sont à la fois assimilés aux ouvriers, aux agriculteurs et aux artisans. Pourtant, ce métier connaît certaines spécificités liées aux rythmes de travail et de vie, interdit aux femmes : « la difficulté du métier, les conditions de travail intenses, sont des éléments constitutifs de l’identité des marins pêcheurs ».

L’exercice du métier rend difficile le travail de l’enquêteur « ils sont soit en mer, soit à terre en train de travailler, ou bien encore chez eux en train de se reposer. Afin d’éviter les refus, il nous fallait aller sur les ports, guetter l’arrivée des bateaux, attendre la fin de la débarque et sauter sur nos victimes avant qu’elles ne se dépêchent de rentrer chez elles ». L’enquête multiplie donc les portes d’entrée : entretiens avec des informateurs, entretiens avec des femmes de marins pêcheurs et des jeunes en lycée maritime, exploitation de données statistiques, cartographie, photographies, expérience à bord d’un navire, promenades dans les ports, observations de pots servis aux cercles familiaux et amicaux de l’équipage du navire, revue de presse.
L’ingéniosité de l’enquêteur permet de rendre compte des évolutions de la répartition spatiale des marins pêcheurs : les littoraux, devenus des espaces attractifs, accueillent de nouveaux habitants, modifiant ainsi l’organisation de la vie communautaire : « Avec leur adresse, et grâce aux images satellitaires des communes, nous avons cartographié l’habitat des marins pêcheurs. Il nous fut alors possible de mesurer la mobilité géographique intergénérationnelle en comparant les lieux de résidence des actifs actuels avec celui de leurs parents lorsque l’un des conjoints exerçait la même activité que son enfant : les marins pêcheurs sont-ils exclus du littoral qui serait investi par les touristes et les travailleurs urbains ? ». Les espaces d’habitation à proximité du port ne sont plus occupés par les actifs de la commune en raison de la montée des prix des biens ; Les marins pêcheurs et leur famille investissent les confins des communes portuaires, voire migrent vers les villages limitrophes.

Les promenades dans les ports donnent souvent à voir une carte postale inanimée : « Ils sont peu nombreux, peu visibles, ils pénètrent les quais qui leur sont réservés grâce à des badges contrôlant les lourdes barrières qui interdisent leur accès au commun des mortels ». « Ce sentiment est renforcé par l’absence de bateaux, le jour de notre promenade, à proximité des écluses, à une place qu’ils occupent habituellement. Peu importe de toute façon : même lorsqu’ils sont là, ils sont absents ». Le port détient un rôle important dans la construction des sociabilités marines : c’est un lieu qui favorise la constitution de clans familiaux et les regroupements amicaux.

Le bateau est représenté comme un « espace de vie protecteur et infaillible contre une nature hostile et imprévisible. Il est si important qu’on lui prête des caractères anthropomorphiques en le baptisant (les prénoms des bateaux). Un bateau mise à la casse, c’est un crève-cœur pour son patron et les membres de l’équipage. Certains feront tout leur possible pour ne pas arriver à cette solution extrême ». Les fêtes qui entourent la bénédiction religieuse des navires apparaissent de plus en plus comme des spectacles folkloristes à destination des touristes. Si le navire est un lieu protecteur, c’est également en raison du maintien de la hiérarchie et du respect de cette hiérarchie par les marins ; les espaces sont dévolus aux hommes en fonction du statut qu’ils occupent au sein du bateau. La non remise en cause de l’ordre établi passe également par l’interdiction de faire monter les femmes à bord des navires (à l’exception des manifestations festives) puisque la présence des femmes est « assimilée à une anomalie ». La promiscuité entre les hommes participe à une tension sexuelle qui se manifeste dans des verbalisations de pulsions ou bien encore dans un passage à l’acte symbolique entre marins.

D’autres aspects du mode de vie des marins pêcheurs sont évoqués dans l’ouvrage : la remise en cause du couple traditionnel en raison de la montée du travail des femmes, les retours des marins au sein des domiciles, les nouvelles règles en matière de pêche et les tensions environnementales sur leur activité, les formes que prend la contestation, et l’impuissance face à l’écologie et les lois du marché.

Si l’originalité du travail de Rudy Amand réside dans le choix de l’objet de recherche et la pluralité des méthodes d’investigation, le lecteur peut se sentir parfois « noyé » dans des explications techniques qui s’avèrent longues (cela n’enlève rien à la qualité de l’ouvrage). On aurait également pu interroger les processus d’entrée dans la carrière de marin pêcheur et les parcours de ces jeunes qui décident de s’engager dans des formations menant à ce métier : comment se fait la transmission du métier avec les jeunes ? Que deviennent les enfants de marin pêcheur ? Rudy Amand nous donne quelques pistes qui mériteraient d’être approfondies dans d’autres enquêtes : la profession de marins pêcheurs est plus jeune que les autres actifs : « cela s’explique certainement par le faible capital scolaire requis pour y entrer, et aussi, par le départ à la retraite anticipée dont bénéficient les marins pêcheurs. Ceci n’est pas sans conséquence sur les perspectives d’évolutions rapides offertes par le secteur. Ainsi, les jeunes marins pêcheurs espèrent-ils rapidement connaître une ascension dans la hiérarchie des navires ». Ainsi, on pourrait mettre en avant les capacités de résistance de ces gens de la mer en étudiant les différentes formes de mobilisation collective et individuelle, dans le quotidien, dans les navires, et au cours d’actions symboliques (les manifestations). Comment se construit la culture professionnelle des marins pêcheurs et comment ces derniers perçoivent leur devenir ?

Référence électronique

Joachim Benet, « Rudy Amand, Socio-anthropologie des marins pêcheurs », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, 2011, mis en ligne le 07 décembre 2011, consulté le 08 décembre 2011. URL : http://lectures.revues.org/6970

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Dernier jour de pêche dans le golfe... (France 3 Bretagne)

Par Antonin BILLET
Michel et Gilbert, deux frères, partent à la retraite. Et c'est sans regrets qu'ils rangent leurs casiers. Les deux frères naviguaient sur le Ty Me Zad, un bateau construit par leur père.

Dernier jour de pêche à Conleau

Michel a 45 ans de pêche derrière lui. Gilbert, 50 ans... Ces deux frères naviguaient sur le Ty Ma Zed, dans le golfe du Morbihan. Mais ils sont rentrés définitivement au port, désormais. Tous deux prennent leur retraite. Et sans regrets, à vrai dire.

Raréfaction du poisson, détérioration de la qualité de l'eau, contraintes administratives de plus en plus pesantes... même leur dernière pêche n'a rien de miraculeuse !

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28 octobre 2011


Six chaluts détruits au Grau du Roi, la flotte de pêche ne comporte plus qu'une vingtaine de bateaux.
Ils étaient quarante cinq, il n'en reste plus qu'une vingtaine. Le nombre de chalutiers du port du Grau du Roi se réduit lentement. Cette destruction programmée suit le plan à la casse.

Un bateau détruit, permet aux marins-pêcheurs de toucher une indemnité de 250 000 euros à 400 000 euros et d'envisager une reconversion.

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Le 11 février 2012


En novembre, ils avaient démembré le Nostra Mar. Voilà ce qu’il restait samedi du Fernand.

S’ils sont reconnus comme des maîtres en la matière, c’est qu’avant de déconstruire, ces deux-là ont appris à les construire et à les réparer, les bateaux de bois. D’ailleurs, que nul ne s’y trompe : Fred et Yann Bellec, qui ont reposé leurs valises pour une quinzaine de jours au bout du Môle (mandatés par la société Barthès), ne sont pas de simples bûcherons. Malgré la barbe, les cheveux longs et les sortes de longues haches (des “merlins”, en fait) dont ils sont armés.

Charpentiers de marine, ces deux gars de Lorient “déchirent” des bateaux sétois en sortie de flotte ou fin de vie depuis 10 ans. Et depuis une semaine, c’est autour du Fernand qu’ils s’affairent. Un vénérable chalutier de bois sorti des chantiers en 1976 qui a pêché à Sète, puis à Agde, et en a vu passer, du poisson. La belle époque, quoi.

"Bien entretenu, ce bateau aurait encore pu naviguer un siècle…"

On ne peut pas dire, d’ailleurs, que les deux “démolisseurs bretons” n’aient aucun état d’âme à déconstruire ce chalutier qui, "bien entretenu, aurait encore pu naviguer un siècle". Ils ont une sorte de respect pour les 130 tonnes de la bête (armée) et les 60 autres de bois - "que du bon : de l’iroquo et du chêne" - qu’ils découpent de manière chirurgicale, eux qui savent lire entre les membrures comme d’autres entre les lignes d’une main.

Le chalutier, ils l’ont d’abord “pelé” (ils ont ôté la couche de polyester) puis démembré, faisant le tri entre métal, bois, polyester et béton (eh oui, il y en a aussi). Puis le bois a fini dans des bennes ("d’où il semble que certains l’extraient pour se chauffer, vu que les bennes se vident seules") et le métal a été en partie récupéré par la société Barthès (dont un vieux groupe électrogène Perkins du genre increvable). D’ici la fin de la semaine, il ne restera plus rien du Fernand si ce ne sont les souvenirs de ceux qui, 35 ans durant, ont travaillé dessus.

Au mois de février, nos “démolisseurs bretons” remettront ça, et engloutiront avec le respect qui lui est dû un autre témoin d’une époque décidément révolue.

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L’exposition au soleil et les risques pour la santé

Au sommaire du Culture Prévention n°8, l’exposition au soleil et les risques pour la santé :

- indicateurs et facteurs de risques (index UV et types de peau),

- risques pour la santé (coups de soleil… et cancer)

- mesures de prévention (éviter l’exposition et se protéger)

Pour télécharger le document, cliquer IMP










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Les VFI (Vêtement de travail à flottabilité intégrée)

Source : IMP

Guide d'achat des VFI Vêtements de travail à flottabilité intégrée

Pour télécharger le document, cliquer IMP

Lorsque la protection collective est insuffisante, le chef d’établissement doit mettre à disposition des travailleurs des équipements de protection individuelle (EPI). Ces équipements, choisis en concertation avec les salariés, doivent être adaptés aux conditions de travail et aux risques professionnels rencontrés. La réglementation précise les devoirs du chef d’entreprise en matière de choix, de port, de conformité, de maintien en état des EPI, ainsi que les informations qui doivent être données à leurs utilisateurs, tout comme les obligations de ces derniers concernant la préservation de la santé.

L’équipement des marins en Vêtement de travail à Flottabilité Intégrée (VFI) est donc de la responsabilité de l’employeur et son maintien en état est l’affaire de tous. Le choix du VFI doit être guidé par l’évaluation des risques professionnels effectuée à bord des navires et retranscrite dans le document unique de prévention.

L’employeur peut librement choisir, conformément aux dispositions de la circulaire de la Direction des Affaires Maritimes (DAM) du 12 octobre 2007 entre des aides à la flottabilité de niveau de performance 50 ou des vêtements autogonflants de niveau de performance 100, 150 ou 275 utilisés alors comme des équipements de protection individuelle.

Si les VFI choisis sont d’un type 50 ou 100, ils ne peuvent en aucun cas remplacer la drome de sauvetage réglementaire.

Dès lors que l’employeur dispose de cette dernière à bord, il a satisfait aux obligations relatives à la détresse et au sauvetage et il peut donc ne retenir que des VFI de niveau de performance 50.

En 2011, plus de 20 marins professionnels ont été sauvés, en France, grâce au port systématique d’un VFI en situation exposée au risque de chute à la mer.

Réglementation et normes

Le décret n° 2007-1227 du 21 août 2007 relatif à la prévention des risques professionnels maritimes et au bien-être des gens de mer en mer et dans les ports indique, dans son article 9 que : ‘‘Le port d’un équipement de protection individuelle destiné à prévenir les risques de noyade [...] est obligatoire en cas d’exposition au risque de chute à la mer et notamment dans les circonstances suivantes :
  1. Lors des opérations de pêche ;
  2. En cas de travail de nuit, en l’absence de visibilité ou en cas de circonstances météorologiques défavorables ;
  3. Lors de trajets en annexes ou autres embarcations légères.
Le port de cet équipement de protection individuelle est également obligatoire en toute circonstance le justifiant, dont le capitaine est le seul juge, compte tenu du niveau de formation de l’intéressé.’’ Il prévoit par ailleurs, dans sont article 8 que : ‘‘Les conditions de mise à disposition, de maintenance, d’utilisation et de formation à l’utilisation des équipements de protection individuelle [...] sont applicables aux équipements de protection individuelle [...] fournis à bord des navires.

Le fait de contrevenir à l’une des dispositions des articles 8 et 9 du décret de 2007 est puni de la peine d’amende pour les contraventions de la 5ème classe (1500 €)‘‘.

Sur le plan normatif, ‘‘la norme NF EN ISO 12402 a été élaborée pour fournir des recommandations sur la conception et l’application des équipements individuels de flottabilité…’’
Cette norme distingue deux types de VFI :
  1. Les aides à la flottabilité : niveau de performance 50 ;
  2. Les gilets de sauvetage : ils garantissent une position de flottaison sur le dos (tête hors de l’eau) de l’utilisateur quelles que soient les conditions physiques (niveau de performance 100, 150 et 275).
Vérification et maintenance des VFI....

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Le 16 novembre 2012

Les Hommes et la Mer

Histoire des hommes et de la mer

Les hommes et la mer

Histoire de la marine

Documents INA

Série documentaire de douze émissions sur l'histoire des rapports entre la mer et les hommes. 

Georges Blond évoque la vie des marins à bord des navires, les ressources que l'homme tire de la mer, l'histoire de la marine et des grandes batailles navales...

Réalisation : André Fey

Pack de 12 vidéos à télécharger ou à graver sur DVD

Pour en savoir plus, cliquer Ina

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Le 24 mars 2014

Saisie de navires. Des pêcheurs obtiennent gain de cause auprès du Conseil constitutionnel

La saisie de navires est jugée anticonstitutionnelle... La déclaration d'inconstitutionnalité prend effet à compter du 21 mars 2014. Elle est applicable aux affaires non jugées définitivement à cette date.

Le 31 janvier 2013, des pêcheurs normands avaient été surpris en train de pêcher la coquille saint Jacques dans une zone interdite, au large du Calvados. Une zone contaminée par la toxine ASP, qui rend le mollusque impropre à la consommation. Certains rapportaient à Port-en-Bessin jusqu'à deux tonnes du précieux coquillage.

Le 4 février 2013, le directeur départemental des territoires et de la mer du Calvados prononce la saisie des navires pour des infractions de pêche.

Le 6 février 2014, les pêcheurs en cause n'avaient pu qu'obtenir du juge des libertés du tribunal de Caen la restitution de leurs engins contre le versement de cautions de 10.000 à 20.000 €. Mais ils n'avaient pas pu faire appel de sa décision pour contester la saisie et discuter le montant de la caution.

Le 21 mars 2014, les patrons pêcheurs ou armateurs de Port-en-Bessin et Granville qui contestaient la saisie de leurs navires ont obtenu gain de cause auprès du Conseil constitutionnel. Ce dernier a déclaré contraire à la Constitution les articles du code rural et de la pêche maritime qui privaient de recours les propriétaires de navires saisis.

Lorsqu'un navire est saisi, disait la loi jusqu'à ce jour, le juge des libertés doit, dans les six jours, se prononcer sur l'éventuelle restitution contre le versement d'un cautionnement, jusqu'au procès en correctionnelle. Le Conseil a condamné cette procédure non contradictoire, non susceptible de recours, qui ne permettait pas de demander la mainlevée de la saisie. Elle n'offrait pas, selon lui, une garantie de droits suffisante et se trouvait contraire au droit de propriété comme à la liberté d'entreprendre protégés par la Constitution.

Par une décision du 21 mars 2014, le Conseil constitutionnel a jugé contraires à la Constitution les articles L. 943-4 et L. 943-5 du code rural et de la pêche maritime relatifs au régime de saisie des navires utilisés pour commettre des infractions en matière de pêche maritime.

Le juge constitutionnel en déduit que les deux articles méconnaissent les exigences découlant de l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, de même que la liberté d'entreprendre et le droit de propriété. La déclaration d'inconstitutionnalité, qui prend effet à compter du 21 mars 2014, est applicable aux affaires non jugées définitivement à cette date.

A partir des articles de :
et du communiqué du :

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