vendredi 30 janvier 2009

Deux milliards de tonnes de poissons bons pour la planète

Deux milliards de tonnes, c’est l’estimation de la biomasse de poissons dans le monde. Des poissons capturés à hauteur de 100 millions de tonnes chaque année pour le bien-être alimentaire. Mais aussi, des poissons capteurs de carbone pour le bien-être de la planète.

Villy Christensen, professeur à l’Université de Colombie Britannique (Canada), avec une équipe de scientifiques des États-Unis et du Royaume-Uni, a publié les premières estimations de la biomasse totale de poissons dans le monde dans la revue Science. « Nous nous sommes souvent dits qu’il y avait beaucoup de poissons dans la mer, mais quelle quantité ? Deux milliards de tonnes » selon Villy Christensen.

Les pêcheurs capturent 5% de la biomasse de poisson

« L'homme extrait moins de 100 millions de tonnes de poissons chaque année, environ 5% de la biomasse totale », dit Christensen. « Ce taux peut paraître faible mais près de la moitié des espèces vivent dans les grandes profondeurs, inaccessibles à l'homme. »

« Deux milliards de tonnes sont suffisants pour « soutenir » la pêche » dit Christensen. « Mais, il est nécessaire de différencier de la biomasse globale les stocks côtiers qui préoccupent actuellement les chercheurs. » « Les pêcheries, comme les forêts doivent être bien gérées.

Plus de poissons dans l’océan, c’est plus de poissons à manger, mais aussi plus de poissons pour lutter contre le changement climatique.

Le poisson piège le carbone

Les chercheurs ont également découvert un rôle majeur du poisson jusqu’alors méconnu, un rôle de tampon contre le changement climatique ; « les poissons boivent de l'eau salée, ils avalent donc beaucoup de calcium qu’ils éliminent sous la forme de concrétions rénales » dit Christensen. Nous connaissions le rôle du phytoplancton dans la fixation du carbone, nous savons maintenant que les poissons le fixent en excrétant une très grande quantité de calcium sous forme de granules semblables à de la craie, le carbonate de calcium. Ces pastilles sont appelés "gut rocks".

Rod Wilson, physiologiste à l'Université d'Exeter au Royaume-Uni et co-auteur précise : « les poissons osseux produisent de 40 millions à 110 millions de tonnes de carbonate de calcium par année. Ce qui représente 3% à 15% du montant total estimé. »

« Les émissions de dioxyde de carbone acidifient les océans ce qui perturbe le développement des récifs coralliens, des coquillages et des petits organismes tout en bas de la chaîne alimentaire » explique Christensen, « Les "gut rocks" produits par les poissons favorisent une élévation du pH de l'océan, ce qui le rend moins acide.

« Les océans sont un gros tampon contre les changements climatiques» dit Christensen. «Si nous n’avions que la terre, nous serions déjà frits. Ce sont les océans qui nous permettent de vivre. »
D'après Vancouver Sun et Nature News
Photo de NOAA : thons

Pour des informations complémentaires : Fish Guts Explain Marine Carbon Cycle Mystery (ScienceDaily)

Cent cinquante scientifiques mettent en garde contre l'acidification des océans
30/01/09

NICE (AFP) — Cent cinquante scientifiques originaires de 26 pays ont mis en garde vendredi à Nice contre les risques que l'acidification des océans, intensifiée par les émissions de gaz à effet de serre, fait courir aux éco-systèmes marins et à l'industrie de la pêche.
 

Dans une "déclaration de Monaco", rendue publique vendredi à Nice, les scientifiques soulignent que l'acidification des océans est en augmentation constante depuis 25 ans, qu'elle s'accélère, et que "des dégâts sévères" vont en résulter de façon imminente.
 

Les océans absorbent actuellement un quart du CO2 émis dans l'atmosphère par les activités humaines. La dissolution du CO2 dans l'eau produit de l'acide carbonique, qui augmente l'acidification des océans.
 

Ce processus a un impact direct sur certains organismes marins qui secrètent du calcaire, comme les moules, les huîtres ou les récifs coralliens, et un impact indirect sur la chaîne alimentaire marine et sur l'industrie de la pêche, ont expliqué les chercheurs qui ont présenté la déclaration à la presse.
 

En 2050, selon eux, le taux moyen de concentration de CO2 dans l'atmosphère pourrait facilement atteindre le double de la période pré-industrielle. Les récifs coralliens, où de nombreuses espèces viennent se reproduire, pourraient en conséquence diminuer d'un tiers d'ici 2050.
 

Des espèces, comme les escargots ptéropodes, qui constituent la nourriture principale des saumons dans l'Atlantique nord, sont directement menacés.
 

La déclaration de Monaco a été élaborée à la suite d'une décision prise lors du deuxième symposium sur l'Océan, qui s'est tenu du 6 au 9 octobre 2008 dans la principauté monégasque en présence de 250 chercheurs.
 

Le texte appelle les décideurs politiques à soutenir les efforts de recherche sur l'acidification et à développer d'urgence "des plans ambitieux pour limiter de façon drastique les émissions" de gaz à effet de serre.

jeudi 29 janvier 2009

Philippines : le pétrole et le gaz apportent la misère et la destruction dans la région des mangroves

C'est l'histoire d'une compagnie pétrolière étrangère qui s'installeraient à moins de 10 milles de nos côtes de préférence abritées comme dans les pertuis charentais. Lisez la suite...

Il y a plus de trois ans, un grand bateau est arrivé à l’improviste au détroit de Tañon, l’une des zones de pêche les plus riches des Philippines centrales et un centre mondial de diversité biologique marine. Pendant deux mois, le M/S Veritas Searcher, propriété de la Japan Petroleum Exploration Co. Ltd (Japex) a parcouru le détroit pour détecter l’existence de gisements de pétrole et de gaz naturel et en déterminer l’étendue à l’aide d’une technologie très sophistiquée.

À l’insu de la population, Japex avait déjà entrepris une étude géophysique très complète par la méthode de la sismique réflexion : avec un canon à air et des hydrophones reliés à un câble que l’on traîne dans l’eau, on peut repérer les structures géologiques principales du sous-sol marin. Le bruit que produit cette installation est de 255 décibels (dB), ce qui dépasse de loin le seuil de 80 dB que tolère l’être humain et celui des animaux, qui est encore plus bas. Les explosions peuvent porter atteinte aux organes reproducteurs, faire éclater la vessie natatoire et provoquer du stress physiologique chez les organismes marins. Elles peuvent causer aussi des altérations du comportement, réduire ou éliminer l’habitat, modifier la distribution des poissons sur des dizaines de kilomètres et endommager les œufs et les larves du plancton. Depuis, la vie de milliers de pêcheurs de subsistance n’a plus été la même.

Les palétuviers qui longent le détroit de Tañon signalent la présence de la mangrove, un écosystème très riche en produits alimentaires, aujourd’hui menacé par la prospection pétrolière et gazière. Le poisson est un élément très important du régime alimentaire : il représente plus de 50 % des protéines d’origine animales consommées dans le pays. Les activités de Japex dans le détroit de Tañon et celles de NorAsia Energy Ltd dans le détroit de Cebu-Bohol sont en train d’affecter négativement près de 200 000 pêcheurs des provinces de Cebu, Bohol, Negros oriental et Negros occidental dans la région des Visayas centrales. Les diverses missions d’inspection conduites depuis 2005 par plusieurs organisations ont constaté la destruction d’engins de pêche, la disparition d’espèces de poisson locales et la diminution des prises que les opérations de Japex et de NorAsia ont provoquées. La pêche est passée de 15-20 kilos à 3-5 kilos d’après les pêcheurs qui utilisent des canots à moteur, et de 4-6 kilos à 0-2 kilos suivant ceux qui utilisent des canots sans moteur.

L’organisation de pêcheurs Pamalakaya craint que les activités d’exploration de pétrole et de gaz n’aient des répercussions de longue durée, non seulement sur les moyens de subsistance des pêcheurs de la région mais sur la sécurité alimentaire du pays tout entier. Ces activités risquent de provoquer une « crise du poisson » qui ferait tomber d’environ 600 000 tonnes par an la production de poisson et d’autres produits marins pendant une période de sept à dix ans. La consommation de poisson par personne diminuerait d’au moins 20 pour cent.

De son côté, l’entreprise australienne NorAsia s’apprête à commencer le forage off-shore dans le détroit de Cebu-Bohol au début de l’année prochaine. Au vu des effets dévastateurs de l’exploration, il n’est pas difficile d’imaginer quelles seront les conséquences de l’exploitation pétrolière et gazière. « Nous craignons qu’il ne nous reste plus rien à manger quand le forage commencera. Même maintenant, le riz est souvent tout ce que nous pouvons nous permettre. Quelques autres marchandes de poisson sont parties dans les villes pour travailler comme employées de maison parce qu’elles n’avaient plus moyen de gagner leur vie ici », a dit Lucena Sarahena, de 41 ans, résidant au barangay Langtad, à Argao. « Nos revenus suffisaient tout juste à payer le transport, la nourriture et l’électricité. À présent, c’est à peine si on réussit à mettre quelque chose sur la table », a dit Merla Labid, de 53 ans, dont le petit-fils est tombé malade de bronchopneumonie et a dû abandonner ses études à la 6e année.

NorAsia a promis aux habitants d’Argao que le prix de l’essence, ainsi que celui des produits de base, descendra si l’exploration de gaz et de pétrole donne de bons résultats. Mais les pêcheurs du barangay Langtad ne sont pas convaincus. « À quoi va nous servir la baisse des prix si nous n’avons pas d’argent parce qu’il n’y a pas de poisson ? », a demandé Felisa Albandonido, de 60 ans.

La situation a abouti à la création et le renforcement d’organisations de pêcheurs dans toute la région. Les pêcheurs organisent des activités, des assemblées publiques, des manifestations et des actions collectives.

« Nous avons vu en Asie et dans bien de régions du monde que le pétrole n’apporte pas la richesse au peuple », a dit Gilbert Sape, de la Coalition populaire pour la souveraineté alimentaire (PCFS). Au contraire, l’expérience des pêcheurs des Philippines centrales confirme que la possibilité de trouver du pétrole augmente la pauvreté et la destruction des richesses naturelles du monde.
Source : WRM - janvier 2009

Extrait et adapté de : “Hunger and plunder in the seas: Oil and gas exploration causes destruction of marine environment and food insecurity in Central Philippines”, Ilang-Ilang D. Quijano, PAN AP et PCFS, novembre 2008,
Carte de Wikipedia : le détroit de Tañon est le canal à l'ouest de Cebu

Mopti, un grand port de pêche au milieu du sahel

Mopti surnommé "La Venise du Mali" est un grand port de pêche africain dont personne ne parle en dehors de la sous région de l'Afrique de l'Ouest.

Situé à 1000 km de la mer la plus proche, Mopti est un port de pêche atypique. Au milieu du Sahel, mais au bord du riche delta intérieur du fleuve Niger, cette ville regroupe la majorité des captures de cette immense oasis, enchevêtrement de bras de fleuve et d'affluents, de mares, d'étangs et de marécages qui vit au rythme des crues et des décrues. Près de 100 000 tonnes de poissons sont débarquées chaque année dans le port (à titre de comparaison, total des criées bretonnes : 138 000 tonnes en 2007). Silure, poisson chien, carpe, nana, capitaine et autre poisson électrique s'entassent dans les entrepôts des grossistes. Ces poissons, conservés séchés et fumés, vont ensuite approvisionner les marchés du pays, mais aussi des pays voisins.

Personne ne parle de ce port, mais il a une importance cruciale pour la sécurité alimentaire du pays. Peut-être n'aurais-je pas du en parler ?... Il ne faudrait pas que l'économie mondialisée du poisson vienne perturber le rythme immuable des crues et des décrues, la source de tant de richesses halieutiques pour le bien-être de toute une population.
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Autres articles :

Pour aller plus loin...

En Afrique, au village, on hérite souvent du métier de ses parents. Mais rien ne dit comment le jeune garçon ou la jeune fille fait un tel apprentissage. Exemple de la pêche dans le milieu bozo, dans le delta central du fleuve Niger. Dans l’entendement général, Bozo signifie automatiquement pêcheur. Ils parlent d’eux-mêmes en disant qu’un vrai bozo naît sur l’eau, grandit dans l’eau, travaillent sur l’eau, et meurt sur l’eau.



 
Ecole de la pêche en pays Bozo au Mali

(02:19)







Mamoutou DIALLO présente la situation de la pêche au Mali
  • Le “Nil des Noirs” en péril
34 diapositives - janvier 2011
C’est entre Tombouctou et Gao, dans la légendaire « boucle » du Niger, que le fleuve est le plus agressé par l’ensablement et les boues. En pleine saison sèche, il est à peine navigable et se retire très loin des villages, contraignant les habitants à de harassants allers et retours pour se procurer de l’eau. Avec la désertification, les marigots et les lacs ont disparu, le grand fleuve est désormais la seule ressource régionale. Trop de troupeaux et de gens vivent dans sa vallée, accélérant sa disparition progressive.
Pour voir le diaporama : Cliquer Ici

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Pêche et aquaculture : Une contribution de 90 milliards à l’économie

Les secteurs de la pêche et de l’aquaculture constituent un maillon essentiel de l’économie malienne qui, à son tour, est orientée vers le secteur primaire. Le secteur halieutique occupe 7,2% de la population active, soit une estimation de 285 000 emplois. En effet, selon les statistiques, la production halieutique se situe autour de 100 000 tonnes par an en période hydraulogique normale, plaçant le Mali parmi les premiers pays africains producteurs de poisson d’eau douce. Le nombre de pêcheurs est estimé en moyenne à 70 000, regroupés en 33 000 ménages composés en moyenne de sept membres. Environ 260 000 personnes sont concernées par la pêche, ce qui correspond à 3,6% de l’ensemble de la population rurale malienne. La prise en compte des emplois générés en amont et en aval de la filière pêche conduit à une estimation minimale de 285 000 emplois au total, soit environ 7,2% de la population active.

90 milliards à l'économie malienne

La valeur ajoutée brute de l’ensemble de la filière pêche est évaluée à 90 milliards de F CFA, soit 4,2% du PIB (Produit Intérieur Brut). La pêche contribue également pour une part importante au budget de l’Etat par le placement des permis de pêche, les divers impôts et taxes prélevés tout au long de la filière. La pêche constitue par ailleurs un secteur important de la culture et du savoir-faire malien à l’étranger, résultant notamment d’une longue tradition. Les pêcheurs migrants du Mali ont en effet étendu leurs compétences techniques bien au-delà des frontières nationales, dans presque tous les pays au Sud du Sahara. Leurs activités génèrent des rapatriements de revenus non négligeables. En 2007, l’exportation des poissons du Mali était estimée à 549,846 tonnes de poissons frais et 451 tonnes de poisson transformé.

Des atouts de la pêche

La pêche qui est largement pratiquée autour du Niger et du Sénégal et de leurs affluents dispose de plusieurs atouts dont entre autres : la disponibilité de la zone deltaïque en ressources halieutiques tant pour les espèces destinées à la consommation locale que pour les espèces destinées à l’exportation. Les pêcheries sont principalement exploitées par des populations traditionnelles exploitées par des populations traditionnellement impliquées dans la pêche, et possédant une capacité d’autogestion de l’exploitation des pêcheries, les pêcheurs maliens possèdent un savoir-faire qui leur permet d’avoir accès aux ressources avec une technologie efficiente du point de vue économique, et globalement responsables vis-à-vis de la conservation de la ressource ; l’existence de marchés locaux, notamment et sous-régionaux pour les produits de pêche ; la mise en place des collectivités territoriales décentralisées ; l’émergence de nombreuses organisations professionnelles des producteurs ruraux ; l’engagement de l’Etat à favoriser la pêche et l’aquaculture notamment l’adoption du schéma directeur de développement de la pêche et de l’aquaculture et l’adoption du programme quinquennal d’aménagements aquacoles. Mamoutou DIALLO

Source : Nouvel Horizon

Image Google Earth : Quartier nord de Mopti sur le bord du fleuve
Carte du Mali : Wikipedia

Information ajoutée le 30 juillet 2009 : Extension du port de Mopti

Mali - Promotion de la pêche: Les infrastructures se renforcent   

Source : Afrique en ligne

Elles ouvrent une nouvelle ère pour les produits halieutiques qui ont fait la renommée de notre pays dans la sous-région. Le ministre de l'Élevage et de la Pêche Mme Diallo Madeleine Ba a bouclé lundi une visite de terrain dans la région de Mopti. Cette visite de trois jours (du samedi au lundi) avait pour objet de se rendre compte de l'état d'avancement des travaux de construction du débarcadère de Konna et de celui de Mopti et de l'extension du port de pêche de Mopti. Mme Diallo Madeleine Ba a saisi l'occasion de sa présence dans la Venise malienne pour présider la cérémonie d'ouverture de la 3è session du conseil de surveillance du Projet d'appui au développement de la pêche continentale dans le Delta central du Niger (PADEPCHE). Dimanche la délégation ministérielle s'est rendue sur le chantier de construction du débarcadère de Konna situé à 60 km de Mopti sur la route de Gao. Là, les techniciens de l'entreprise adjudicatrice des travaux la Compagnie malienne d'entreprise (CME), de la mission de contrôle BEDIS SARL et du maître d'ouvrage délégué qui est l'Agence d'exécution des travaux, d'infrastructures et d'équipements ruraux (AGETIER) ont expliqué au ministre le déroulement des travaux de réalisation du débarcadère de la localité. La délégation a été conduite sur le site du chantier du chenal d'écoulement d'eau sur une distance de 3,5 km jusqu'au débarcadère. Les pelleteuses étaient en pleine activité excavant des mètres cubes de terre. Le chenal se forme petit à petit. Il faut signaler que les travaux de réalisation n'ont débuté que le mois dernier (4 juin). L'entreprise enregistre un taux d'avancement de 10% sur un délai consommé de 16%. La fin des travaux est prévue dans 10 mois (hors période hivernale) pour un montant de 1,4 milliard Fcfa sur financement de la Banque africaine de développement (BAD). Les travaux de réalisation du débarcadère qui sera bâti sur une superficie de 3 hectares, comprennent entre autres le terrassement du chenal et de la plate-forme, l'aménagement de la piste d'accès reliant le débarcadère à la route nationale 16 (RN16 qui relie Mopti à Gao) et dépendances sur une distance de 1,7 km, le revêtement du talus du quai d'accostage du débarcadère, des ouvrages d'assainissement, 2 groupes électrogènes de 100 KVA, l'aménagement de 2 hangars pour la zone du marché, de 3 magasins de stockage, un centre de fumage et de séchage du poisson, de 2 hangars de pesée et de réception de marchandises. Lundi, Mme Diallo Madeleine Ba s'est rendue sur la digue de Mopti où se trouve le port de pêche de la localité. Là également, il est question de construction du débarcadère pour 1,8 milliard Fcfa financé par le même bailleur de fonds et exécutée par la même entreprise. Là les travaux qui seront réalisés sur une superficie de 2 hectares 87 ares et 05 centiares, comprennent entre autres le terrassement, la chaussée et dépendances avec la réhabilitation des caniveaux existants, le revêtement des talus du quai d'accostage du débarcadère. Les deux débarcadères disposeront d'une station d'épuration des eaux usées, d'ouvrages d'évacuation des déchets solides, la fixation des berges par le vétiver. Le maire de la commune urbaine de Mopti Oumar Bathily s'est réjoui de la réalisation des travaux d'extension du débarcadère auquel les élus locaux et même la population (selon lui) n'y croyaient pas. Après le début des travaux, la mairie a organisé une assemblée générale en vue d'exprimer la joie de toute la population pour la réalisation future de l'extension. "Ce lundi 27 juillet 2009, à n'en pas douter, restera gravé dans les annales historiques de la cité. Car c'est en ce jour que Mme Diallo Madeleine Ba posera la première pierre de l'extension du débarcadère de Mopti", a témoigné l'édile qui a prié Mme le ministre de transmettre la reconnaissance et la gratitude de la mairie et de la population au président Amadou Toumani Touré pour la réalisation de cette infrastructure de pêche. Après la pose de la première pierre des travaux d'extension du débarcadère de Mopti par Mme Diallo Madeleine Ba, Abdoulaye Kontao, représentant de l'organisation professionnelle des pêcheurs de Mopti s'est réjoui de la nouvelle prospérité que l'infrastructure qui sortira de terre va permettre aux pêcheurs d'atteindre. Il a salué le président de la République Amadou Toumani Touré et le PADEPECHE pour les appuis apportés à la communauté des pêcheurs. Mme Diallo Madeleine Ba faisant le bilan de sa visite de terrain a indiqué que ces réalisations s'inscrivent dans le cadre du renforcement des infrastructures de base (comme le débarcadère et les aires de traitement et de stockage de poisson). Elles contribueront à changer le visage du Delta central du Niger et ouvrent une nouvelle ère de prospérité sur un produit qui a fait et continue de faire la renommée de notre pays dans la sous-région. Ces activités de promotion de la pêche s'inscrivent parfaitement dans les objectifs du Projet de développement socio-économique (PDES) du président de la République Amadou Toumani Touré, a reconnu le chef du département. Mme Diallo Madeleine Ba a achevé sa visite par la cérémonie d'ouverture de la 3è session du Conseil de surveillance du PADEPECHE. M. COULIBALY - L'Essor n°16495 du 29 juillet 2009
Pisciculture : Techniques modernes de construction et de gestion des bassins

Les agents des services techniques de la pêche et les acteurs intervenant dans ce domaine étaient réunis lundi à la faveur d’un atelier de formation sur la composante I du Programme conjoint d'appui à la recherche dans les domaines de l'aquaculture et de la pêche au Mali (CRSP-Mali). La rencontre qui s'est déroulée au Laboratoire central vétérinaire était consacrée précisément au « développement de la pisciculture en étang ». C’est le ministre de l'Elevage et de la Pêche, Mme Diallo Madeleine Bâ, qui a présidé l’ouverture de travaux auxquels ont participé des experts venus des États-Unis et du Kenya.

Le CRSP, financé par l'Agence américaine pour le développement international (USAID), est un programme de recherche et de développement destiné à améliorer la productivité et le revenu des pêcheurs, faciliter leur accès aux technologies et renforcer les capacités des acteurs publics et privés en matière d’aquaculture pour une pêche durable. Le programme s’articule autour de trois composantes : la pisciculture en étang dans la zone périurbaine de Bamako, la « rizipisculture » dans la zone de Baguinéda et l'aménagement de pêcheries du lac du barrage de Sélingué.

Le ministre de l'Elevage et de la Pêche a insisté sur l'importance du sous-secteur dans l'économie nationale. En effet, la pisciculture est pratiquée dans la quasi-totalité des régions du pays. Sa contribution au budget national est estimée à 90 milliards de Fcfa, soit 4,2% du produit intérieur brut. L'activité génère beaucoup d’emplois et constitue un moyen de réduire l'exode rural. Elle peut être un bon instrument pour lutter contre la pauvreté et contribuer à la sécurité alimentaire, le poisson étant une des principales sources de protéines animales.

Mais depuis des années, on assiste à une stagnation voire une baisse des captures de poissons dans notre pays. Longtemps pratiquée en milieu rural, la pisciculture est cependant restée une activité marginale. Cette situation tiendrait à une insuffisance de l'encadrement et à la faiblesse des investissements effectués dans le domaine.

Pour développer ce secteur, le département de l'Elevage et de la Pêche s'est doté d'un programme quinquennal d'aménagements aquacoles pour la période 2008-2012. L’atelier d’hier participe du renforcement des compétences dans le développement de l'aquaculture. Ainsi, les professionnels de la pêche et de l'aquaculture ont été initiés aux techniques modernes de construction et d’exploitation des étangs, à la production d'alevins. La rencontre est, de ce point de vue, considérée comme une étape majeure dans le processus d'opérationnalisation des projets et programmes d'appui au développement harmonieux et durable de l'aquaculture dans notre pays.
C. A. DIA - 2/2/09

Source : l'Essor

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Le 4 mai 2010

Comment contrôler la pêche dans le district afin d’éviter d’accentuer les pressions sur les ressources halieutiques et la disparition d’espèces ? La question était inscrite à l’ordre du jour d’un atelier de réflexion des acteurs du secteur le mardi dernier au gouvernorat. Le bassin du fleuve Niger représente à la fois une richesse hydraulique et énergétique, une capacité de transport, un potentiel d’irrigation avec ses conséquences en matière de production agricole, sans oublier le secteur de la pêche ou encore celui de l’élevage. La gestion de la ressource, comme celui des aménagements sera lourde de conséquences pour le devenir de la région dans un contexte global de réchauffement climatique. Car le fleuve Niger (un des grands fleuves tropicaux au monde) constitue un véritable poumon humide pour l’Afrique de l’ouest et plus particulièrement pour notre pays où il déroule 1.700 km de son cours. 

Au Mali, la gestion du fleuve revêt un enjeu majeur. On y trouve à la fois de remarquables systèmes de production traditionnels multimillénaires comme la riziculture inondée du Delta intérieur, source de moyens d’existence pour des centaines de milliers de personnes, mais aussi de grandes réalisations et promesses en matière d’aménagement moderne hydroélectrique et hydro agricole. Cependant, la gestion de cette ressource en eau est confrontée à d’énormes problèmes, notamment en matière de pêche où il ressort la nécessité d’une meilleure connaissance des pratiques en milieu urbain afin d’obtenir une vision plus élargie de ce secteur. Au-delà des aménagements, la forte croissance démographique accentue les pressions sur les ressources halieutiques, conduit à la surpêche et contribue à la disparition de certaines espèces de poisson.

Par ailleurs, les activités artisanales et industrielles favorisent la pollution des milieux aquatiques. Ces évolutions sont de nature à entraîner des bouleversements dans la filière de la pêche urbaine. C’est fort de ce constat peu reluisant pour le développement du secteur, qu’une étude vient d’être réalisée. Ses conclusions ont été restituées le mardi dernier dans la salle de conférence du gouvernorat du district à la faveur d’un atelier qui a regroupé les acteurs de la filière. Il s’agissait, à travers cet atelier d’engager, la réflexion sur l’état actuel de la pêche et de la pisciculture dans le district de Bamako, sur l’opportunité qu’offre la pêche et la pisciculture dans le développement et les contraintes liées à celles-ci ; sur les bases nécessaires au développement de la pêche et de l’aquaculture au niveau du district ; sur la mise en place d’une structure de collecte des données statistiques fiables ; et enfin sur les perspectives de la pêche et de la pisciculture à Bamako et les possibilités d’appui. Ce qui fera dire au représentant du gouverneur, Balla Bamba, que le présent atelier est d’autant plus d’une importance capitale que ses conclusions sont indispensables à l’organisation et le développement de la pêche et de la pisciculture dans le district. Pour le représentant de l’UNESCO, Luc Ferry, face aux évolutions démographiques, il est plus que nécessaire aujourd’hui de promouvoir l’information et la sensibilisation de l’ensemble des acteurs concernés, en particulier les collectivités locales. Lesquelles, explique-t-il, sont les gestionnaires de proximité et qui seront de plus en plus amenés à intervenir sur ces questions dans le sens de la décentralisation. En clair, les discussions issues de cet atelier permettront d’enrichir les réflexions sur la pratique de la pêche urbaine dans le district. Organisé par l’UNESCO, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et la direction nationale de la pêche, le présent atelier s’inscrit dans le cadre du projet « Niger-Loire : gouvernance et culture ». L’objectif de ce projet est d’apporter une réponse locale aux enjeux de sauvegarde du fleuve Niger en s’appuyant sur une coopération de fleuve à fleuve entre le Niger et la Loire, mobilisant à la fois les collectivités locales, les services techniques de l’Etat, les universités et les institutions de recherche. Ce qui fera dire au responsable du projet, Bandiougou Diawara, qu’il vise à améliorer les connaissances sur les ressources en eau, à appuyer la formation des collectivités locales, à sensibiliser les communautés riveraines afin de favoriser une évolution des comportements vis-à-vis de la gestion des ressources en eau. Issa Fakaba Sissoko

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Poissons d’Afrique et peuples de l’eau

Ed. : IRD, 2011

Didier Paugy (chercheur à l’IRD, écologue, spécialiste des poissons d’eau douce d’Afrique)
Christian Lévêque (chercheur à l’IRD, écologue, spécialiste des écosystèmes aquatiques africains)
Isabelle Mouas (documentaliste iconographe à l’IRD)

L’Afrique a toujours nourri nos rêves d’aventure et de nature sauvage. Si les grands mammifères africains sont connus de tous, la faune aquatique reste, en revanche, fort méconnue. Pourtant, les hommes installés au bord des fleuves vivent de la pêche et entretiennent des relations ancestrales avec ce monde aquatique qui participe à un très riche patrimoine culturel.

De l’origine des espèces et des premiers inventaires naturalistes aux pratiques de pêche traditionnelles et actuelles, en passant par la systématique et l’écologie des principales familles, ce livre dresse un panorama complet et richement illustré des poissons d’eaux douces africains. Les représentations symboliques et artistiques ancestrales, ainsi que de nombreux témoignages actuels, invitent le lecteur à découvrir comment la pêche et les poissons continuent d’imprégner profondément les sociétés africaines. La domestication des espèces, à travers la pisciculture et l’aquariophilie, est également abordée. Un ouvrage documenté et passionnant sur les relations étroites entre les peuples de l’eau et leur environnement naturel en Afrique.

Source : Ird

Poissons d’Afrique et peuples de l’eau

Film publicitaire pour le lancement de l’ouvrage.

De l’origine des espèces et des premiers inventaires naturalistes aux pratiques de pêche traditionnelles et actuelles, en passant par la systématique et l’écologie des principales familles, ce livre dresse un panorama complet et richement illustré des poissons d’eau douce africains...

Avec les contributions de :
Jean-François Agnèse, Viviane Baeke, Edmond Dounias, Fabrice Duponchelle, Yves Fermon, Michel Hignette, Philippe Lalèyé, Sébastien Lavoué, François Malaisse, Olga Otero, Elisabeth den Otter, Louis Perrois, François Soleilhavoup

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Le 20 juin 2014  

Hamou Béya, pêcheurs de sable
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Source : Reporterre par Lorène Lavocat

Le réalisateur malien Samouté Andrey Diarra a suivi des jeunes Bozos, forcés à l’exode à cause du changement climatique. Ils ont troqué leur filet contre des seaux et pêchent désormais du sable.

Un film présenté le 20 juin à Paris, dans le cadre du Festival de cinéma des Foyers, en partenariat avec Reporterre.

« Quand l’eau est ta vie et qu’elle t’abandonne, tu pars la chercher. » Gala Sabé appartient au peuple Bozo, qui vit sur les rives du fleuve Niger au Mali. La pêche les fait vivre depuis des siècles.

Mais depuis quelques années, « les changements climatiques et la sécheresse ont provoqué la mort du poisson. » Le niveau du fleuve baisse, et les filets remontent vides à la surface.

Alors pour survivre, pas le choix : « La vie au village est devenue difficile », alors ils partent. Ils deviennent pêcheurs de sable. Dans les environs de Bamako, inlassablement, ils plongent, remplissent leur seau puis chargent leur pirogue du précieux matériau, qui servira ensuite à la construction de nouveaux bâtiments.

Le réalisateur Samouté Andrey Diarra retrace l’histoire de ces jeunes Bozos qui, à l’instar de Gala Sabé, ont quitté leur famille et leur terre natale pour tenter de gagner leur vie. Son documentaire, Hamou-Béya, pêcheurs de sable, se veut ethnographique. Mais il pose également la question des impacts socio-économiques, environnementaux et culturels de cette nouvelle économie.

Car l’exploitation du sable est en pleine expansion, stimulée par l’urbanisation croissante de la capitale malienne. D’après l’IRD (Institut de recherche sur le développement), entre 15 et 20 millions de mètres cubes de matériel auraient été extraits du fleuve de 2000 à 2006.

Le lit du Niger s’ensable en aval, mais il se creuse en amont. Et les conséquences sur l’agriculture et l’écosystème se font déjà sentir : les débordements du fleuve dans les plaines agricoles, qui permettent l’irrigation des cultures, sont moindres, et... les poissons se raréfient. Triste ironie du sort pour ces pêcheurs de sable.

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mercredi 28 janvier 2009

Des enjeux majeurs pour l'avenir des pêcheurs artisans

Lors de la première réunion du comité régional des pêches du Poitou-Charentes, peu de pêcheurs se sont déplacés. Pourtant, 2009 sera une année décisive pour l'avenir de la pêche artisanale dans le Golfe de Gascogne et plus particulièrement des trois ports de Charente-Maritime : La Côtinière (Oléron), La Rochelle et Royan. Derrière le pétoncle se cachent bien des choses ! D'une part, le passage en force de la "privatisation des ressources" avec la mise en place des premiers quotas individuels pour la langoustine et la sole, deux espèces stratégiques de la zone et qui en intéressent plus d'un. D'autre part, toute la zone de pêche de la région Poitou-Charentes sera bientôt soumise aux règles de Natura 2000.

Voir les articles concernant les QIT sur le site du Comité Local des Pêches Maritimes du Guivinec :

1) L’échec de la gestion par Quota Individuel Transmissible (QIT) en Islande

2) Mise en place d’un Quota Individuel Administré (QIA) pour la pêcherie de langoustine du Golfe

"Cette expérience, dont on ne perçoit pas forcément les tenants et aboutissants, s’inscrit dans la volonté du gouvernement français d’expérimenter de nouvelles formes de gestion. La pêcherie de langoustine étant l’une des mieux gérée en France on peut s’interroger sur les raisons de ce choix. L’important aujourd’hui est de rester vigilant" (René-Pierre Chever, Secrétaire Général du CLPM du Guilvinec)

Document de la Direction des Pêches et de l'Aquaculture : Expérimentation des Quotas Individuels Administrés

Voir aussi l'article de Philippe Baroux (Sud-Ouest) concernant la réunion du CRPM de Poitou-Charentes

Comité Régionale des Pêches. Aux voeux, l'assistance était maigre. Les sujets, tel le pétoncle, sont pourtant essentiels

Des pétoncles pour les pertuis charentais

Il y en avait plus sur le buffet que n'auraient pu s'en régaler les quelques présents... Faible, très faible affluence lundi soir, lors de la cérémonie des voeux du Comité régional des pêches maritimes, à La Rochelle. Parmi la quinzaine de personnes présentes, on n'a pu identifier qu'un seul professionnel en activité.
L'année 2008 pourtant, marquée par les manifestations professionnelles liées à la hausse du prix du gazole, et 2009, dont l'horizon se garnit de rendez-vous importants, pouvaient justifier une mobilisation plus dense.

Le prochain président en avril

Le président Albert Etien l'a relevé, sans trop insister. Tout en ellipse, l'administrateur régional des Affaires maritimes, Gilles Servanton, est aussi passé sur le sujet, remerciant Albert Etien du travail qu'il a accompli avec les services de l'État. Des propos qui sont à replacer dans la perspective de renouvellement des organisations professionnelles qui est en cours. Elle débouchera en avril prochain sur la désignation du prochain président du Comité régional des pêches maritimes. Albert Etien sera candidat au renouvellement de son mandat, à condition qu'il soit éligible, ce qui passe par sa désignation préalable comme représentant des armements coopératifs.

Quotas individuels

2009, ce sera aussi l'année du passage aux quotas individuels pour la sole et la langoustine, deux espèces ciblées par une partie de la flottille charentaise. Aux rendez-vous incontournables sont aussi listées la poursuite de la procédure d'extension de Natura 2000 dans la mer des pertuis et l'estuaire de la Gironde, et de parc naturel marin dans les pertuis. En évoquant un possible projet de réensemencement des bancs à pétoncle dans les pertuis, Albert Etien pointe du doigt la rentabilité de la flottille des bateaux de moins de 12 mètres que va mettre à mal le resserrement, cette année, de la réglementation sur la civelle.

Les bancs coquilliers, autre ressource de premier plan, ne seront donc pas à négliger. Un terrain sur lequel l'administrateur Servanton a exhorté l'amont et l'aval de la filière « à améliorer le dispositif de cette pêche », par l'écoute. Reviennent ici en écho les coups de gueule des criées charentaises, fin 2008, déplorant que l'essentiel de la production de saint-jacques était vendu en direct par les patrons de pêche.
Philippe Baroux

Source : Sud-Ouest
Image à partir de Google Earth : Les pertuis Charentais

Bientôt des Huîtres ASC, des Moules ASC, des Truites ASC,...

Après le MSC de la pêche durable, WWF a annoncé le 27 janvier 2009 la création d’un éco-label pour l'aquaculture durable : ASC (Aquaculture Stewardship Council)

WWF s’est fixé deux ans pour que la certification ASC soit vraiment opérationnelle. En effet, depuis plusieurs mois, l’organisation internationale a lancé des consultations dans le monde entier. Des réunions qui associent les aquaculteurs, les organisations environnementales et les administrations, doivent déboucher sur des règles en matière d’élevage pour les principales espèces aquacoles. « Ce travail s’inscrit tout à fait dans les objectifs du WWF qui sont de protéger les océans et les habitats côtiers tout en ouvrant des voies novatrices pour nourrir l’humanité de façon efficace et durable » a dit Charretier Roberts, le Président du WWF USA. Il est prévu qu’en 2010 les standards soient fixés pour neuf espèces : saumons, crevettes, truites, pangasius, ormeaux, moules, clams, huîtres et coquilles Saint-Jacques. Pour les tilapias, le standard est presque finalisé et devrait sortir au printemps.
Source : Seafoodsource

Autres articles :


Commentaire :

Marine Harvest est la première société à réagir officiellement à l’annonce du WWF. La plus grande société aquacole dans le monde qui produit près de 400 000 tonnes de saumon pour un chiffre d’affaires de 2 milliards d’Euros, se réjouit de la création de cet éco-label ASC. En effet, la salmoniculture est confrontée actuellement à la pandémie ISA et à plusieurs autres maladies infectieuses. Dans plusieurs régions salmonicoles, les populations littorales et de pêcheurs artisanaux comme en Colombie Britannique (Canada) et au Chili ont manifesté leurs mécontentements face à cette industrie polluante et envahissante qui affecte leur environnement et leur cadre de vie. Les pêcheurs amateurs très nombreux au Canada sont aussi fort inquiet car le saumon est un grand voyageur, et les poissons malades en Ecosse pourraient contaminer les populations sauvages sur la côte Est du Canada (Inquiétude pour le saumon).

Il est clair que l’aquaculture a besoin d’un encadrement. Mais est-ce uniquement d’un encadrement technique pour résoudre des problèmes environnementaux dont a besoin l’aquaculture de demain ?

Les organisations de pêches artisanales disent non aux Eco-labels

Lors de la réunion internationale de la pêche à petite échelle sous l’égide de la FAO à Bangkok en octobre 2008, les pêcheurs artisanaux (qui n'ont pas été associés aux discussions organisées par le WWF) demandent l’arrêt de tous ces élevages intensifs de crevettes et de saumons qui en plus des impacts environnementaux ont des conséquences économiques et sociales désastreuses sur les communautés littorales. L’organisation « Solidarity against Industrial Aquaculture » (ASIA) combat toutes les certifications apposées sur les produits issus de l’aquaculture industrielle et même tous les éco-labels qui masquent les impacts négatifs de cette activité ; elle souhaite sensibiliser les consommateurs du Nord afin de mener des campagnes pour influer sur les politiques gouvernementales pour réguler voire interdire le développement de l’aquaculture industrielle.

Les organisations de la pêche européennes s'interrogent sur le dumping social ou environnemental des produits extracommunautaires
voir les articles en espagnol :

et la contre-attaque vietnamienne au sujet des pangasius :
Poisson-chat : l'Espagne critique la CE pour une fausse information
08/02/2009
Hanoi (AVI) - Le site www.elcorreogallego.es a repris les propos de Roberto Sabrido, président de l'Agence espagnole chargée de la sécurité alimentaire et de la nutrition, selon lesquels il n'y a aucune crise liée à l'importation des tra et basa (poisson-chat) vietnamiens dans son pays. Lors d'un point de presse organisé samedi à Orense (Espagne) en marge d'une foire sur la gastronomie et le tourisme, il a critiqué la Commission européenne (CE) pour la "fausse information" provoquant un malentendu sur ce problème, annonçant que les lots de poissons-chats vietnamiens importés en juillet dernier via les ports de Vigo et de Bilbao ne contenaient aucune substance interdite. Fin janvier dernier, le ministère espagnol de la Santé et de la Consommation avait déclaré que les lots de poissons en question ne présentaient pas de danger pour la santé humaine. Ce ministère avait également affirmé qu'il ne pouvait pas interdire le commerce de poissons tra et basa vietnamiens sur le marché espagnol du fait qu'ils répondent aux règlements en terme de sécurité alimentaire de l'Union européenne (UE). Invoquant la sécurité alimentaire, les pêcheurs et aquiculteurs espagnols ont cherché à créer une opposition à l'importation des poissons vietnamiens. Le raison est que les produits vietnamiens, hautement compétitifs, menacent leurs affaires. L'Espagne est l'une des plus grandes consommatrices en Europe de tra et basa vietnamiens. Selon l'Association patronale des producteurs des cultures marines (Apromar), ce pays en achète pour environ 40.000 tonnes par an. - (Source : AVI)

Quelques jours plus tard : Le poisson vietnamien est conforme aux normes européennes
Mercredi, 11 Février 2009 - Le ministre espagnol de la santé et de la consommation a affirmé que le poisson importé du Vietnam, comme le panga, était conforme aux normes sanitaires exigées par l'Union européenne. Face aux accusations de Bruxelles selon lesquelles l'Espagne serait peut regardante sur la sécurité alimentaire des produits importés, le gouvernement espagnol a réaffirmé que les tests réalisés sur le poisson débarqué en juillet 2008 à Vigo n'ont révélé aucun risque pour la santé humaine, malgré des signes de contamination touchant uniquement les poissons. (Source : Agro-alimentaireNews)

Le 5 mars 2010

Pangasius : dialogue sur l'aquaculture (Vietnamplus)
Un dialogue sur l'aquaculture de pangasius (PAD-Pangasius Aquaculture Dialogue) est organisé jeudi et vendredi dans la ville de Can Tho par le Fonds mondial pour la nature (WWF).
Il s'agit du dernier dialogue permettant d'achever l'élaboration de normes internationale en matière d'élevage de cette espèce de poisson.
Selon le docteur Flavio Corsin, coordinateur du WWF, l'élevage de pangasius est une des formes d'aquiculture les plus répandues dans le monde, dont 90% est située au Vietnam.
L'explosion de l'élevage de cette espèce de poisson non seulement pose plusieurs défis aux éleveurs, mais menace en outre la santé des consommateurs comme l'environnement. C'est pourquoi, des normes de culture du pangasius sont particulièrement nécessaires pour un développement durable de cette activité. Celles-ci seraient achevées en mai prochain.
Débuté en 2007, le PAD a pour objectif de collecter les avis des éleveurs de pangasius du Vietnam et du Bangladesh afin d'achever ces normes internationales d'élevage. –AVI

Le 31 août 2010

Sorties des critères retenus par le WWF pour une conchyliculture durable et une pisciculture de panga durable

Deux standards mondiaux pour une aquaculture durable des coquillages bivalves et des espèces de poisson panga ont été finalisés, se félicite le WWF international dans un communiqué du 31 août. Ces standards ont été obtenus à l’issue d’une concertation initiée en 2007 par le WWF avec plusieurs centaines d’acteurs (aquaculteurs, scientifiques, ONG, etc.), dans la volonté de réduire les impacts négatifs de l’élevage de ces espèces sur l’environnement, les travailleurs et les communautés voisines. La majorité des bivalves (huîtres, palourdes, moules et coquilles Saint-Jacques) et des pangas (Pangasianodon hypophthalmus and Pangasius bocourt) consommés dans le monde sont produits dans des fermes aquacoles. Environ 80 % des bivalves d’élevage sont produits en Chine. Ce type d’industries est en pleine croissance. Le panga, l’un des poissons à chair blanche le plus vendu en Europe, est produit à 90 % au Vietnam à raison de plus d’un million de tonnes par an, selon le WWF….. Voir la suite Aquaculture: nouveaux standards pour le panga et les huîtres (Jdle)

Les standards du WWF pour une conchyliculture durable : Bivalve aquaculture dialogue standards et une pisciculture de panga durable : Pangasius aquaculture dialogue standards. Ces standards regroupent plusieurs dizaines de critères sociaux, juridiques, sanitaires et environnementaux… WWF précise que les standards ciblent les impacts-clés de l’aquaculture, car une liste exhaustive de critères aurait défavorisé leur adoption par les petits exploitants en raison d’un coût de certification trop élevé.

C’est l’Aquaculture Stewardship Council (ASC) qui sera chargée de vulgariser et de mettre en place ce nouveau concept de « Conchyliculture durable » sous la forme d’un label ASC. Voir le site ASC

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Le 11 novembre 2010

Aquaculture : La compétition entre les éco-labels est ouverte

Selon le journal en ligne Seafoodsource, deux grands éco-labels se dégagent (1) Global Aquaculture Alliance (GAA) et (2) Aquaculture Stewardship Council (ASC) en matière d’aquaculture durable. Le premier est porté par l’industrie aquacole. Le deuxième par l’organisation environnementale WWF…. « La compétition entre les deux éco-labels est ouverte c’est le marché qui décidera, » conclut James Wright, rédacteur-adjoint de Seafoodsource. Cependant, il ne faudrait pas oublier d’autres éco-labels, les uns officiels (comme le label AB), les autres associatifs portés par des structures plus petites, et qui représentent les différentes composantes de l’aquaculture durable. L’allemand Naturland pour l’aquaculture biologique. L'association Friend of the Sea qui a écolabellisé des moules de bouchot en baie du Mont-saint-Michel. D’après l’article : Farm fight (Seafoodsource)

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Le 19 janvier 2011

Premières directives mondiales pour la certification de l'aquaculture (FAO)

Bénéfices de l’étiquetage normalisé des fruits de mer pour les consommateurs

L’aquaculture, le secteur de production vivrière à plus forte croissance au monde

1er octobre 2010, Rome/Phuket, Thaïlande - Les premières directives mondiales pour la certification de l'aquaculture ont été adoptées par le Sous-comité de l'aquaculture de la FAO. Des représentants de plus de 50 pays ont participé à la réunion du sous-comité qui représente la seule instance intergouvernementale chargée du développement de l'aquaculture.

Les directives - non contraignantes - portent sur la santé animale, la sécurité sanitaire des aliments, l'environnement et les questions socio-économiques concernant les travailleurs du secteur aquicole.

Elles seront maintenant soumises pour approbation au Comité des pêches lors de sa prochaine session de janvier à Rome.

Si les pays appliquent pleinement les directives, la certification permettra aux consommateurs de savoir si les crevettes qu'ils s'apprêtent à acheter ont été élevées sans causer de dommages à une mangrove côtière, si l'ouvrier aquicole a reçu un salaire équitable, ou si le crustacé est exempt de contamination.

Les questions de santé des animaux aquatiques et de sécurité des aliments font l'objet de certification et d'application internationale depuis de nombreuses années, mais c'est la première fois que des directives soumettent le bien-être animal, les questions environnementales et les aspects socio-économiques à un processus de certification ou de conformité.

"Ces directives ont pour vocation d'harmoniser le secteur de production vivrière qui connaît la plus forte croissance au monde", indique l'expert d'aquaculture de la FAO, Rohana Subasinghe. "La certification des produits de l'aquaculture prolifère depuis des années, avec toutes sortes d'allégations, car il n'existe aucun critère, aucun indicateur de référence ni principes convenus. Les produits de l'aquaculture sont échangés sur les marchés internationaux et il est important de veiller à garantir une production responsable et la satisfaction des consommateurs".

Les directives ont été adoptées au terme de quatre années de consultations et de débats entre gouvernements, producteurs, transformateurs et négociants.

Quatre-vingt pour cent des aquiculteurs sont de petits exploitants qui pratiquent l'élevage de poissons dans l'étang de leur arrière-cour, ou de crevettes dans des bassins le long de la côte. Une des questions épineuses à résoudre était comment concevoir un processus coûteux de certification qui n'exclut pas les petits producteurs du marché.

Les directives invitent les gouvernements à soutenir le renforcement des capacités des producteurs de poisson pour l'élaboration et le respect des systèmes de certification de l'aquaculture. "Il existe des moyens pour les petits producteurs d'opérer au sein d'un système moderne de certification. Par exemple, en Inde et en Thaïlande, des groupes d'aquaculteurs se partagent les coûts de la certification pour qu'ils ne pèsent pas trop lourdement sur chacun d'entre eux", explique M. Subasinghe.

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Le 6 juin 2011

Migros s'engage en faveur d'élevages de poisson respectueux de l'environnement (Presseportal)

En tant que membre du WWF Seafood Group, Migros promeut la consommation de poisson de production durable. Elle a banni de son assortiment les espèces menacées et étendu son offre de poisson sous labels Bio et MSC. Aujourd'hui, Migros franchi un nouveau pas en encourageant également l'initiative «Aquaculture Stewardship Council» (ASC). Cette dernière a été lancée en 2009 par le WWF conjointement avec l'organisation néerlandaise pour le commerce respectueux du développement durable IDH afin de favoriser des élevages piscicoles répondant à cette préoccupation de sauvegarde de l'environnement.

Le poisson est digeste et facile à préparer. La demande globale de cet aliment augmente, y compris en Suisse. Or, cette consommation en hausse menace d'extinction les populations marines. Migros prend ce problème très au sérieux et met tout en oeuvre pour que ses clients puissent acheter du poisson sans arrière-pensée. Ainsi, elle collabore avec le WWF, élimine les espèces menacées de ses assortiments et développe en permanence son offre de poisson issu de pêcheries MSC et d'élevages Bio.

La moitié du poisson consommé dans le monde provient d'aquaculture (élevages piscicoles). Les espèces les plus respectueuses de l'environnement portant le label Bio ne représentent toutefois qu'une petite partie du poisson d'élevage. C'est pourquoi il est important d'introduire également des standards pour les exploitations ordinaires. L'ASC (Aquaculture Stewardship Council, www.ascworldwide.org) s'est fixé pour but d'élaborer des directives pour l'aquaculture. Celles-ci visent les douze espèces principales de poisson d'élevage au nombre desquelles figurent le pangasius, le tilapia et le saumon.

L'ASC est encore en pleine phase d'organisation. «Nous attachons beaucoup d'importance au fait de pouvoir acheter de la marchandise, même non certifiée Bio, qui provienne aussi d'aquaculture respectueuse de l'environnement. C'est pourquoi nous avons soutenu l'ASC dès ses débuts déjà», explique Oskar Sager, chef du Marketing Migros.

Le WWF Suisse approuve les efforts visant des méthodes d'élevage de poisson plus respectueuses du développement durable. «Nous soutenons l'ASC en plus des produits Bio et MSC. Les élevages conventionnels utilisent la plupart du temps des poissons comme aliments, ce qui augmente d'autant la pression sur les populations marines sauvages. En outre, ils contribuent souvent à la pollution des mers. C'est pourquoi des directives claires s'imposent», précise Felix Meier, responsable Consommation et Economie au WWF Suisse.

Du poisson de production durable à Migros Migros est un partenaire stratégique du WWF mais aussi un membre du WWF Seafood Group. L'année dernière, elle a pu augmenter sensiblement la part de poisson MSC et Bio dans son assortiment. Les ventes de poisson MSC ont augmenté de 30% pour atteindre 50 millions de francs....

mardi 27 janvier 2009

Géo-ingénierie : Fertilisons la mer pour encore mieux polluer

Nos pays industriels sont de grands émetteurs de gaz à effet de serre. Pour remplir les conditions du protocole de Kyoto, nos pays se rachètent de leurs pollutions en négociant des droits à polluer avec les pays du Sud et notamment la Chine. L'Allemagne, qui malgré son programme éolien ambitieux, émet toujours de grandes quantités de CO2, envisage de fertiliser l'océan !

Lire le très bon article de Denis Delbecq, un ancien de Libé : Polluons gaiement, la Chine encaisse les bénéfices, qui explique comment des industriels du Nord continuent à cracher du gaz carbonique tout en finançant, pour compenser, des projets dits “propres” au Sud : le fameux "Mécanisme de développement propre" (CDM). "L’Allemagne est l’un des grands bailleurs de fonds de l’énergie chinoise. Notre voisin se débat avec avec le carbone recraché par ses centrales à charbon. Faute d’une action énergique pour faire baisser la demande d’électricité, le boom spectaculaire de l’éolien allemand n’a pas permis de réduire l’usage du charbon. les électriciens se ruent donc sur le système de CDM pour honorer leurs engagements."

Vive polémique autour de la fertilisation des océans

Les ministères allemands de l'Environnement et de la Recherche s’affrontent à propos d'une mission scientifique qui vise à répandre du sulfate de fer dans les océans afin d'évaluer le potentiel de ces derniers comme réservoir de carbone, en y favorisant la croissance du phytoplancton.

Le bateau Polarstern, de l'Institut de recherche polaire allemand Alfred Wegener (AWI), a quitté le Cap le 7 janvier 2009 -avec 48 scientifiques à bord dont trente de nationalité indienne. Il est parti repérer les zones où seront déversées six tonnes de sulfate de fer devant favoriser le développement du phytoplancton sur une surface de 300 km² de l'océan austral, entre la Patagonie argentine et l''Antarctique.

Des sociétés privées projettent d'accroître la capture de CO2, via cette stimulation de la chaîne alimentaire océanique, pour commercialiser ainsi les crédits carbone. Le ministère de l'Environnement a demandé à celui de la Recherche « d'arrêter immédiatement » ce projet germano-indien baptisé Lohafex.

Selon le ministère de l'Environnement, l'expérience est « en contradiction avec le moratoire contre la fertilisation artificielle des océans décidé lors de la Conférence de l'Onu sur la biodiversité en mai à Bonn, avec le soutien prononcé du ministre de l'Environnement Sigmar Gabriel ».
Source : à partir de RFI Science (avec Yves Collos, chercheur au CNRS-Université Montpellier II-Ifremer)

Deux jours plus tard ...

"Voilà qui va donner du baume au cœur aux club des écopeurs de gaz carbonique à la petite cuiller. En une semaine, deux «bonnes nouvelles» sont venues les réconforter. Lundi, le gouvernement allemand a finalement donné le feu vert à son navire scientifique qui pourra donc actionner ses sulfateuses pour disséminer du fer sur deux cent kilomètres carrés d’océan austral, et étudier son effet sur la croissance du plancton et sur la séquestration du gaz carbonique dans l’océan. Le Polarstern rongeait son frein après que Berlin avait décidé de suspendre les opérations. Le comité d’experts chargés d’évaluer la légalité de l’expérience vis a vis des textes de la Convention de l’ONU sur la biodiversité a finalement lavé l’expérience de tout soupçon." (Effet de Terre) Voir l'article complet de Denis Delbecq : Oyez oyez bonnes gens, le climat est sauvé. Vive la pollution!

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Le 19 octobre 2012

Réchauffement climatique : Il est interdit de brumiser l’atmosphère...

Lors de la 11e Conférence des Parties à la Convention de la Diversité Biologique à Hyderabad (Inde), la communauté internationale a prorogé le moratoire sur la géo-ingénierie.

Il est donc interdit de brumiser l’atmosphère de sulfates pour imiter les volcans. Interdit aussi de blanchir les nuages en les aspergeant de gouttelettes d’eau de mer. Interdit enfin d’envoyer des miroirs dans l’espace pour renvoyer dans le cosmos une fraction de l’énergie solaire. Bref, pas question de refroidir le réchauffement climatique par des moyens techniques que n’aurait pas renié le docteur Folamour.

Russ George persiste à fertiliser la mer....

Depuis son chalutier, Russ George a déversé en juillet dernier plusieurs dizaines de tonnes de limaille de fer dans le Pacifique. But de cette «fertilisation marine»: créer un gigantesque bloom de phytoplancton pour absorber le CO2 atmosphérique. En espérant qu’à la mort des micro-algues, le gaz carbonique ingéré soit précipité dans les grands fonds océaniques, avant d’être transformé en carbonates. Un processus qui n’a jamais été validé scientifiquement in situ.

En agissant ainsi, le récidiviste (Russ George dirigeait la société Planktos qui, dans les années 2000, voulait industrialiser la fertilisation marine) est devenu hors-la-loi. D’abord, pour avoir soutiré 1 million de dollars (768.000 euros) à une communauté indienne en lui faisant miroiter que son système de séquestration marine allait générer des crédits carbone, révèle l’ONG ETC Group. Ce qui est tout à fait faux. Aucun texte, onusien ou national, ne prévoit de rémunérer de quelque nature que ce soit d’apprentis «géo-ingénieurs».

D’autre part, en se livrant à une expérience de géo-ingénierie, ce pirate des mers et du climat viole les conventions de Londres (sur la pollution marine) et la Convention sur la biodiversité (CDB). Lors de l’adoption du protocole de Nagoya, en 2010, [JDLE], la communauté internationale a instauré un moratoire sur les expérimentations de géo-ingénierie. Une mesure ratifiée depuis par le Parlement européen. D’après l’article de Journal de l’environnement : Hyderabad: la planète a eu chaud

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Le 25 mars 2009

Fertilisation des océans : un prédateur s'invite à table

Destinée à tester la capacité des océans à stocker du CO2, l’expérience LOHAFEX de fertilisation de l’océan austral a quitté les quarantièmes rugissants avec des résultats… inattendus. La dispersion du fer sur une surface de 300 km2 a bien provoqué un bloom de microalgues mais a aussi attiré des prédateurs qui n’étaient pas prévus. Des petits crustacés ont profité de l’aubaine pour se repaître d’algues, réduisant les chances de voir le phytoplancton emporter avec lui au fond de l’océan une quantité importante de CO2 atmosphérique.

Le projet apporte de nouvelles données sur l’écosystème de l’océan austral, explique le communiqué de l’Institut allemand Alfred Wegener, coorganisateur de l’expédition avec l’Inde, mais réduit un peu plus les espoirs d’utiliser cet océan comme puits de carbone pour réduire l’effet de serre.

Des projets controversés de géo-ingénierie voulaient mettre à profit le stockage du CO2 par le phytoplancton, notamment les diatomées qui utilisent du carbone pour fabriquer leur exosquelette rigide. Le fer est un nutriment essentiel pour le développement de ces microalgues mais qui fait globalement défaut dans l’océan austral. D’où l’idée de fertiliser artificiellement les océans. La mission LOHAFEX embarquée à bord du Polastern, menée à grande échelle avec 39 jours de suivi, devait apporter une évaluation plus précise des effets de la fertilisation artificielle.

Cependant, faute d’acide silicique dans la zone de l’expérience, ce ne sont pas des diatomées qui se sont multipliées sous l’effet de la fertilisation, expliquent les chercheurs de LOHAFEX, mais des microalgues dépourvues de coquilles. Au bout de deux semaines, leur biomasse avait doublé mais le bloom s’est arrêté là : les amphipodes, petits crustacés de 1 à 3 cm faisant partie du zooplancton, se sont repus.

Conséquence : très peu de CO2 atmosphérique aura été capté par le phytoplancton au cours de cette expérience. D’autres études, s’intéressant elles aux phénomènes naturels de fertilisation, avaient déjà montré que la fertilisation est plus efficace quand elle est naturelle et que, de toute façon, la quantité de CO2 stockée par ce mécanisme est au final assez modeste. Source : NouvelObs.com - Cécile Dumas

Le Burkina Faso met en ligne un cours de pêche artisanale

Qui aurait pensé que le premier cours de pêche artisanale en langue française serait mis en ligne à partir du Burkina Faso, un pays sahélien enclavé à priori pas avantagé pour la pratique des activités halieutiques ?

En Afrique de l'Ouest, le Burkina Faso est reconnu pour la qualité de ces centres de formation notamment le CESAO de Bobo-Dioulasso. Le Centre d'Etudes Economiques et Sociales de l'Afrique de l'Ouest (CESAO) propose un mode de collaboration dans le but de renforcer les organisations paysannes en tant que structures pouvant favoriser l’auto-promotion des populations rurales :

  • en contribuant, principalement en Afrique de l’Ouest, à un développement participatif, global et durable
  • en excluant toute discrimination fondée sur la religion, la race, les opinions philosophiques ou politiques.

Avec le développement d'un cours de pêche artisanale mis en ligne à Bobo-dioulasso, le Burkina Faso innove et propose probablement le premier cours accessible sur le net : "Aménagement des pêches artisanales" en langue française dans le monde.


Ce cours a été développé par Pr Kabré T. André en partenariat avec l’Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso. Il s'inscrit dans une démarche de "micro-projet"qui vise à aider des enseignants du Sud et à mettre en ligne tout ou partie d’un cours, dans une optique d’autoformation pour les étudiants.

Source : Agence Universitaire de la Francophonie

L’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) est présente sur tous les continents, avec plus de 420 agents répartis dans 64 implantations rattachées à neuf bureaux. Depuis 1989, cette association d’universités est un opérateur de la Francophonie institutionnelle. Partenaire des établissements d’enseignement supérieur et de recherche qui ont choisi le français comme langue d’enseignement, elle propose plusieurs programmes de coopération visant notamment à soutenir la recherche et l’enseignement en français. Chaque année, elle distribue plus de 2 000 bourses dans le cadre de son programme de mobilités. Son budget, de plus de 40 millions d’euros, provient essentiellement du gouvernement français et, dans une moindre mesure, du Canada, du Canada-Québec, de la Communauté Wallonie-Bruxelles, de la Suisse et du Cameroun.

Le Bureau Afrique de l’Ouest de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) a été créé en 1974 à la suite de la première réunion de la Conférence des Recteurs des Universités Francophones d’Afrique (CRUA), devenue par la suite CRUFAOCI (Conférence des recteurs des universités francophones d’Afrique et de l’Océan Indien). Ce bureau coordonne l’activité de 8 campus numériques francophones et de 3 centres d’accès à l’information. Tous les campus numériques mis en place par l’AUF en Afrique de l’Ouest sont implantés au sein d’universités. Ainsi, l’université d’Abomey Calavi, à Cotonou, dispose d’un campus tout comme l’université de Cocody, à Abidjan, l’université de Bamako, au Mali, l’université de Nouakchott, en Mauritanie et l’université de Ouagadougou, au Burkina Faso. Les trois autres campus sont implantés à la faculté d’agronomie de l’université Abdou Moumouni, au Niger, au sein du campus de l’université sénégalaise Cheikh Anta Diop à Dakar, et sur le campus universitaire de Lomé, au Togo. Le Sénégal accueille en outre un centre au sein de l’université Gaston Berger, à Saint-Louis. Un deuxième centre d’accès à l’information est implanté en Guinée, à l’université de Conakry. Enfin, le troisième centre d’accès, qui est aussi le plus récent, a été inauguré à l’université de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, le 20 mars 2004.

lundi 26 janvier 2009

La carpe du Nouvel An chinois

Le nouvel an chinois est la fête du printemps précoce, à l'origine fête agricole, lors de la deuxième lune après le solstice d'hiver. Pendant une semaine de réjouissances, on visite les proches, on déclenche des feux d'artifices, les maisons sont décorées de papiers colorés, lanternes, plantes de saison. Le rouge est la couleur dominante, signe de joie. On offre des cadeaux, on envoie des voeux et on va au restaurant.

C'est en visitant la Chine quelques jours avant la nouvelle année que j'ai pu mesurer l'importance de la carpe dans la culture chinoise. Dans les grandes régions piscicoles entre Pékin et Shanghaï, beaucoup de ruraux étaient mobilisés à la récolte des carpes pour les fêtes. Des millions de tonnes de poissons sont ainsi sorties des bassins d'élevage, puis triées, pesées et préparées pour l'expédition vers les centres urbains. Dans le même temps, plus de 200 millions de Chinois vont voyager pour ces fêtes de fin année. C'est le plus grand mouvement migratoire pour la plus grand pêche dans le monde.

La carpe dans l'imaginaire et la symbolique chinois

En Chine, la carpe (Li yu en chinois) est un poisson très populaire, cet intérêt est probablement du à un rébus ; "Li" peut s’entendre comme « avantageux en affaire ».

Sur les enveloppes rouges du Nouvel An (destinés à des cadeaux en argent appelés « l’argent porte-bonheur ») sont souvent dessinées des carpes : c’est un vœu de réussite dans les études. Une croyance en fait également un symbole des lettrés.

Les vases en forme de carpe dressée est un vœu de réussite aux concours : à l’époque du frai, l’esturgeon du fleuve jaune (confondu ici avec la carpe) remontait, dit-on, les rapides de Long-Men. S’il réussissait, on disait qu’il se transformait en dragon. Cet exploit faisait des carpes un symbole de la réussite aux concours d’état. Sa volonté inébranlable de luttes à contre-courant était aussi symbole de persévérance.

Comme leurs écailles les faisaient ressembler à des guerriers médiévaux, les carpes étaient aussi un symbole de valeur guerrière. Les légendes faisant état de documents trouvés dans leur ventre, elles représentaient aussi les échanges épistolaires.

Diverses légendes relataient que les Rois dragons se changeaient en carpes pour voyager incognito. Capturés, si leur acheteur les relâchaient, il avait droit à de somptueuses récompenses.


La carpe dans la tradition aquacole chinoise

Les traces de l'aquaculture en Chine remontent à 2 400 ans. Des poissons marins et des mollusques et crustacés ont été cultivés entre 1 700 - 2 000 ans. Le «Fan Li sur la pisciculture» est le premier travail existant en Chine sur la pisciculture. C'est également le premier travail écrit dans le monde sur la pisciculture et résume la riche expérience d'élevage de la carpe dans les étangs au 5ème siècle A.C.

L’élevage des poissons en Chine a toujours été une activité familiale basée sur l’expérience accumulée au cours des générations. Les technologies utilisées étaient primitives et avaient un rendement relativement faible, comparées aux techniques actuelles avancées. Après les années 50, le gouvernement de la Chine a commencé à employer de nouvelles méthodes d’élevage caractérisées par la percée technologique remarquable dans la reproduction artificielle des principales carpes chinoises.

En 1978, il y a eu une série de changements dans les politiques économiques de la Chine, faisant que la planification centrale ait été graduellement remplacée par une économie de marché. En brisant le monopole du marché et les entraves au commerce dans le pays, la Chine a créé un environnement favorisant le développement du marché de l'aquaculture. En même temps, l'évolution scientifique et technologique a également préparé le terrain pour la production à grande échelle.

Le succès dans la reproduction artificielle des carpes vers la fin des années 50 a bâti graduellement une grande industrie de carpe qui représentait, en 2004, 46,4% du rendement de l'aquaculture nationale, ou 78,58% de l'aquaculture continentale nationale. Beaucoup d'autres espèces telles que les algues, les mollusques, les crustacés et les poissons ont suivit et sont entrés dans la production massive après les années 80. La plupart des semences des espèces cultivées proviennent des écloseries. L'exception est marquée par l’anguille, dont l’élevage se base toujours sur des semences collectées dans les eaux naturelles ou importées d'autres pays.

La carpe dans la tradition culinaire chinoise

Sur la table familiale du Nouvel An, la carpe est le symbole de la persévérance, de la vigueur et de la longévité. Elle évoque également le profit, et, comme il n'y a pas de petites économies, elle figure au menu des fêtes.


Carpe à la sauce aigre-douce

Ingrédients : carpe, sauce de soja, sel, glutamate de monosodium, vin de riz, vinaigre, sucre, sauce de tomate, fécule imbibée d'eau, blance d'oeuf, poireau, gimgenbre, ail

Préparation :
- faire des incisions sur les deux côtés du poisson et y mettre du sel et du vin de riz.
- Préparer la sauce avec le sel, le glutamate de monosodium, le vin de riz, le vinaigre, le sucre et la sauce de tomate.
- Enduire de fécule imbibée d'eau et du blanc d'oeuf les incisions et jeter le poisson dans l'huile pratiquement bouillante jusqu'à ce que la peau du poisson durcisse.
- Faire d'abord frire le poisson à feu doux, puis à feu vif jusqu'à ce qu'il se dore.
- Le placer dans un plateau et le pincer avec la main pour que la chair se détende.
- Faire frire le poireau, le gingembre et l'ail dans une casserole jusqu'à ce qu'ils dégagent leur odeur agréable puis verser la sauce préparée d'avance.
- Lorsque celle-ci arrive à ébullition, ajouter l'huile qui a servi à faire frire le poisson.
- Tourner un moment la sauce puis s'en servir pour napper le poisson rapidement.

Particularité : Ce plat, croustillant à l'extérieur et tendre à l'intérieur, a à la fois une couleur jolie et un goût délicieux.

Autres articles :
Pour aller plus loin sur le développement de l'aquaculture en Chine...

Voir document FAO : Aperçu général du secteur national d'Aquaculture en Chine

Développement de l'aquaculture en Chine: rôle des politiques gouvernementales

Développement de l'aquaculture en Chine: rôle des politiques gouvernementales

Hishamunda, N.; Subasinghe, R.P.

FAO Document technique sur les pêches. No. 427. Rome, FAO, 2003. 69 p.

Les documents existants montrent que la Chine élevait déjà des poissons en 1 100 avant notre ère. La carpe commune (Cyprinus carpio), poisson d'eau douce, fut la première espèce cultivée. Son élevage était mené en étangs en terre.

Au cours de la dynastie Tang (618-917 après JC), l'élevage s'est étendu aux différentes espèces de carpes: carpe commune (C. carpio), carpe argentée ((Hypophthalmichthys molitrix), carpe à grosse tête (Aristichthys nobilis), carpe herbivore (Ctenopharyngodon idellus), carpe noire (Mylopharyngodon piceus) et carpe de vase (Cirrhina molitorella). Sauf dans le cas de C. molitorella prélevée dans la rivière des Perles, toutes les autres espèces provenaient du Yangtsé. Plus tard, sous la dynastie Song (960-1279 après JC), les éleveurs établis le long de ces deux rivières récoltaient des alevins provenant des espèces susmentionnées en milieu naturel qu'ils transportaient dans des endroits éloignés pour les mettre en élevage.

L'ostréiculture date de la dynastie Han (206 avant JC à 220 après JC). Les élevages marins et celui du chanos chanos se sont popularisés sous la dynastie Ming, surtout dans la province de Taiwan (Zheng Hongtu, 1600)…

Résumé

Ce rapport analyse les raisons et les facteurs qui ont conduit au développement de l'aquaculture en Chine, spécialement le rôle des politiques gouvernementales. L'objectif est de comprendre l'avenir de ce secteur et de rendre l'expérience chinoise disponible au reste du monde, particulièrement aux pays en développement, dans leurs efforts de développement de l'aquaculture en vue de contribuer à la sécurité alimentaire et à l'économie nationale. L'aquaculture chinoise semble s'être développée grâce aux politiques tournées vers l'autosuffisance alimentaire et aux raisons économiques. Celles-ci comprennent la création d'emplois, spécialement dans les communautés rurales, la création et l'accumulation de biens immobiliers et des richesses aux niveaux national, local et individuel ainsi que le gain de devises nécessaires à l'achat de biens d'équipement pour la reconstruction de l'économie après la libération du joug étranger et la fin des conflits internes en 1949.

Le secteur aquacole s'est surtout développé sous deux régimes politiques successifs: le modèle égalitaire sous le régime de la Planification Centralisée de 1949 à 1978, et le régime d'Economie d'Ouverture du Marché à partir de 1978. Dans le premier cas, des contrôles sévères étaient imposés à tous les stades, de la production jusqu'au marché. Ainsi, le manque de prise en compte d'apports des producteurs et des consommateurs, ainsi que de la situation de l'offre et de la demande dans les processus de prise de décision sur le choix de la production et de la consommation était monnaie courante. Le développement était alors très lent. Dans le deuxième cas, le plus efficace, des réformes économiques et de politiques aquacoles ont été menées pour permettre aux producteurs de prendre leurs propres décisions sur la production et le marché. L'attention était portée sur la pleine utilisation des ressources productives, y compris le facteur humain, le choix des zones d'élevage, les bas-fonds et les terres inondées. On a également fait la promotion des investissements dans la recherche et la technologie, la diversification des espèces élevées incluant des espèces indigènes et importées, les espèces à haute valeur commerciale, la création d'un système de vulgarisation atteignant les couches les plus basses de la société, et la mise en place et l'amélioration constante des cadres politique, juridique et réglementaire favorables.

Grâce à des politiques gouvernementales entreprenantes, une planification adéquate, des technologies de production fondées sur des résultats scientifiques, une gestion appropriée, et une demande mondiale sans cesse croissante pour les produits aquacoles, l'aquaculture chinoise peut être, et sera probablement, stable, durable et compétitive à la fois au niveau national comme au niveau international. D'importantes leçons peuvent être tirées de l'expérience chinoise: (1) l'aquaculture peut être développée d'une manière durable pour créer des emplois, produire à manger et améliorer les revenus et les moyens de subsistance des populations rurales et urbaines, diminuant ainsi la faim et la pauvreté; (2) le moteur d'une aquaculture économiquement forte et durable est la volonté du Gouvernement et sa détermination à mettre en place des politiques appropriées favorisant l'essor du secteur; c'est aussi la demande du marché pour les produits aquacoles; (3) la pleine utilisation des facteurs de production, y compris les ressources humaines, les améliorations permanentes des cadres politique, juridique et réglementaire favorables au développement du secteur, et des avancées scientifiques dans les technologies de production renforceront le secteur aquacole et assureront sa durabilité, faisant ainsi de l'aquaculture un sérieux contributeur à la croissance de l'économie nationale.

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La pêche en eau douce en Chine continentale : un modèle transposable ?

La République populaire de Chine (RPC) occupe une place de premier plan dans la production halieutique en eaux continentales. Ces dernières années, elle a fait des progrès remarquables dans ce domaine et pourrait constituer, dans une certaine mesure, un modèle d'inspiration pour d'autres pays en développement.

La croissance de sa capacité productive en eau douce (captures et aquaculture) dépasse de loin celle des pêches continentales ailleurs dans le monde. Au cours des 30 dernières années, la consommation par habitant, estimée sur la base de la production déclarée, est passée de 4,4 kg en 1972 à 25,1 kg en 1999. Le poisson contribue pour environ 20% à la consommation totale de protéines animales….

En Chine, une large gamme de technologies aquacoles est utilisée pour différentes espèces : carpes, anguille japonaise, crevette d'eau douce, poisson-chat, tilapia, etc.. Les conditions environnementales de la production sont diversifiées : élevage en étang ; élevage en enclos ou en cages, techniques introduites dans les années 1970 et 1980 ; élevage en rizières, ou rizipisciculture, est une pratique traditionnelle du système cultural, très importante pour le développement rural ; élevages en circuit fermé et pêcheries en eaux libres….

La "loi sur la pêche" de la RPC, promulguée en 1986 et révisée en 2000, régit la pêche et l'aquaculture. Elle a été complétée par un arsenal juridique (règles, règlements, directives) régissant le développement de l'aquaculture et par la "Réglementation sur la protection et la reproduction de la faune sauvage aquatique" de 1993. Par ailleurs, en 1999, le gouvernement a adopté la politique de "croissance zéro" de la pêche de capture et a renforcé les périodes d'arrêt de la pêche afin de protéger les ressources. À certains égards, cette politique a encouragé les fermiers à se tourner vers l'aquaculture.

La nouvelle réglementation a renforcé la confiance des aquaculteurs et encouragé leurs investissements. Les aquaculteurs peuvent obtenir, par contrat, des droits d'usage et d'aménagement des plans d'eau et des zones aquacoles, propriétés d'État ou propriétés collectives. La réglementation s'efforce aussi de réduire les impacts environnementaux générés par l'aquaculture : pollution de l'eau, perte de biodiversité génétique, etc. Par exemple, vingt-six stations aquacoles ont été créées dans le pays afin de conserver des souches sauvages de plusieurs espèces ou de variétés de poissons génétiquement sélectionnées.

Depuis le début des années 1980 (réformes économiques et politique d'ouverture), le gouvernement a encouragé et facilité le transfert de propriété des fermes aquacoles du secteur public au secteur privé. Cette réforme foncière a eu une influence positive sur le développement de l'aquaculture dans le pays que l'extension du bail à trente ans a aussi favorisé. Par exemple, la province de Hubei, dont la production était négligeable dans le passé, est devenue le premier producteur de poissons d'eau douce du pays, avec 2,18 millions de tonnes produites en 1998.

Le développement de la filière aquacole a été très rapide également. Auparavant, il n'existait pas, en Chine, d'usines d'aliments pour animaux aquatiques. Vers la fin des années 1970, les éleveurs ont commencé à nourrir les premiers élevages de crevettes (Penaeus spp.) avec des aliments préparés à domicile. Mais ce système s'est rapidement révélé insuffisant pour satisfaire une demande croissante d'aliments de qualité, d'autant plus qu'à la fin des années 1980 et au début des années 1990, de nouvelles espèces ont commencé à être élevées en eau douce ou saumâtre. Dès lors, de grosses entreprises privées de production d'aliments sont apparues, couvrant près de 50% des besoins du marché. Les grandes usines appartiennent à des entreprises locales ou étrangères. La filière industrielle a été complétée par des usines de production de farine de poisson, d'additifs alimentaires et d'équipements pour la transformation de poissons….

Les politiques d'ouverture des marchés ont été un facteur essentiel du développement de l'aquaculture, premier secteur concerné par les mesures de libéralisation dans le domaine de la production agricole. Avant 1978, les produits aquacoles, comme les autres produits agricoles et industriels, étaient achetés aux producteurs par l'État (qui possédait le monopole des achats et des ventes) et redistribués. À partir de 1979, le marché a été ouvert graduellement. Production, commercialisation et distribution ont été libéralisées et privatisées. Les barrières douanières entre régions ont été abolies et les produits aquacoles ont pu circuler librement dans tout le pays. En 1995, l'État a adopté un "Plan de développement national du marché de gros pour les produits aquatiques". De 150 marchés de gros en 1993, on est passé à 323 en 1998 (150 au niveau urbain et 173 dans les campagnes)….

Pour plus de renseignements, cliquer Geoconfluences

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Piscicultures : le poisson de demain

Piscicultures : le poisson de demain

Jérôme Lazard, René Lésel

Cahiers Agricultures - Vol. 18, N°2/3, mars-avril/mai-juin 2009

Éditeur John Libbey Eurotext, juillet 2009, 232 p.

Au cours des trente dernières années, la consommation de protéines animales, relativement stable dans les pays développés, a plus que doublé dans les pays en développement. Les produits aquatiques y ont apporté une contribution notable (doublement de la consommation au niveau mondial, de 6 à 14 kg/personne/an), comparable à celle des porcins.

Les prospectives à échéance 2020 montrent que produits de la pêche et produits d'aquaculture contribueront à égalité à l'alimentation mondiale. Dans l'avenir, la pisciculture se présente donc comme une option majeure pour les pays émergents et en développement. Réussir un tel projet nécessite de privilégier les axes de recherches tels que la nutrition et l'alimentation des poissons, la domestication de nouvelles espèces, l'optimisation des systèmes d'élevage, la co-construction d'innovations et la mise en place de démarches de développement durable.

Les enjeux

La pisciculture joue, et jouera encore plus dans l’avenir, un rôle essentiel dans l’alimentation du monde. Selon nombre de nutritionnistes, le poisson est un vecteur de l’ensemble des nutriments et sa consommation est de ce fait qualitativement un facteur d’équilibre nutritionnel incontournable. Par ailleurs, le calcul rapide du volume des besoins mondiaux fixés par cette exigence nutritionnelle comparé à nos capacités de production, montre que ces deux données sont du même ordre de grandeur. Toutefois, si tout est mis en œuvre au plan mondial pour assurer la ressource, sa couverture dépend de façon très rigide de la pisciculture.

Pour faire face à ces enjeux nutritionnels, la pisciculture ne peut pas ne pas être relativement intensive. Se pose alors la question de sa durabilité. Comment faire pour ne pas épuiser les ressources génétiques ? Comment faire pour ne pas créer de nuisances environnementales préjudiciables, à terme, à la production elle-même ? Comment répartir la richesse que pourrait créer la pisciculture de façon suffisamment harmonieuse pour favoriser l’entreprise sans provoquer de l’exclusion ?

Ce numéro des Cahiers Agricultures n’élude aucune de ces questions. Il a été réalisé à l’initiative de, et en collaboration étroite avec, Jérôme Lazard chercheur au Cirad et spécialiste international de la domestication et l’élevage d’espèces vivant en eaux chaudes.

Les éléments essentiels de ces problématiques sont rassemblés dans ce numéro thématique exceptionnel des Cahiers Agricultures qui regroupe 30 articles en un corpus unique de 232 pages. Source : CIRAD

Pour accéder à l’ensemble des articles, cliquer Piscicultures : le poisson de demain