mercredi 23 septembre 2009

L’irrigation « désertifie » les champs de la mer ?

La pêche a ses plateaux continentaux, la conchyliculture ses estuaires, ses baies, ses marais, des territoires où développer au naturel leurs activités. La vie marine se concentre sur cette bordure côtière généralement irriguée et amendée à partir des eaux douces des rivières et fleuves chargées des sels minéraux issus de la terre nourricière. (1)

Après 50 années de « Révolution Verte » à la française….

C’est la loi d’orientation agricole de 1960 complétée en 1962 qui a jeté les bases du modèle intensif de l'agriculture française durant ces 50 dernières années. La rançon du productivisme se manifeste maintenant au grand jour sur l’eau douce dont la qualité et la quantité sont cruciales pour la pérennité des activités halieutiques.

Au moment où Bretagne manifeste les marées vertes, Charente-Maritime pleure ses cours d’eau à sec. D’un côté, fleuves et rivières, bassins collecteurs de toute la pollution du monde, envoient leurs surplus nocifs qui débordent sur les champs de la mer. De l’autre, fleuves et rivières ne jouent plus leur rôle de fertilisants bienfaiteurs à la vie marine.

…. Le BRGM tire la sonnette d’alarme

M. Thierry Pointet, hydrogéologue, directeur-adjoint du service « eau » du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), dans une conférence donnée à la Cité des sciences de la Villette le 10 septembre 2009, y a dressé un tableau apocalyptique de la situation des réserves d’eau souterraines en France. Une franchise bienvenue tant l’omerta règne généralement sur cette question sensible.

M. Pointet est bien connu pour un franc-parler qui l’amène très souvent à s’emporter contre celles et ceux qui s’élèvent par exemple contre les prélèvements abusifs de l’eau par l’agriculture… Mais cette fois, surprise, il stigmatise la situation calamiteuse qui prévaut, par exemple, en Poitou-Charentes :

« Depuis trois-quatre ans par exemple, quand certaines nappes donnent des signes de faiblesse, l’État recommande aux agriculteurs avant le mois de mars d’opter pour des cultures moins gourmandes en eau. Dans certaines régions, ces permutations ont concerné jusqu’à 20 % des surfaces cultivées.

« Cependant historiquement, poursuit Thierry Pointet, des erreurs ont été commises. La région Poitou-Charentes par exemple, s’est orientée il y a quelques années vers une agriculture irriguée. On a laissé faire, voire même on a subventionné les achats d’équipements d’irrigation. Si bien que la région dispose aujourd’hui de moyens techniques permettant de pomper jusqu’à trois fois la ressource de pluie annuelle. » (Source : Eaux glacées)

Une mort à petit feu de la vie marine

Si les algues vertes, visibles et pestilentielles, peuvent tuer en quelques minutes un cheval, la mort à petit feu de la vie marine est difficilement perceptible. Les apports d’eau douce agissent pourtant directement sur la productivité planctonique en mer. Quand les rivières ne coulent plus, les pêcheurs remarquent les poissons qui s’accrochent à la vie dans les derniers trous d’eau au milieu des lits asséchés. Quand les rivières ne coulent plus, personne ne s’émeut de la disparition de la vie marine côtière.
Il y a moins de pollution me direz-vous. Mais sans eau douce et ses sels minéraux, plus de vie marine, plus de phytoplancton, plus de zooplancton, la chaine alimentaire est cisaillée à la base.

(1) Dans les zones à Upwelling comme au Pérou et au Chili, les eaux marines sont fertilisées par les remontées d'eau qui transportent les sels minéraux depuis le fond de l'océan vers la surface.

Autres articles :
Informations complémentaires :
  • Tout savoir sur le : Plancton du Monde
  • Programme de suivi des eaux côtières (température, plancton,...) : PREVIMER
  • Bassin de Marennes-Oléron : Avenir de l’ostréiculture / Conflit sur l’eau autour des bassins de la Charente et de la Seudre… Support audiovisuel / vidéo : « H20 mon amour, soyons SA.G.E » réalisée par élèves de Bac Pro Aquaculture du Lycée de la Mer de Bourcefranc (17) avec leurs enseignant/animateur Gigaroff & Lyonnet et Gilles & Gendre de MoTv (télé participative en Marennes-Oléron). Cette vidéo a été présentée en débat à Salon Ostréicole de La Tremblade en 2010, primée par Stockholm Junior Water Prize 2010. Pour visionner la vidéo, cliquer Ici
  • Nappe d’eau souterraines : les réserves sont-elles à sec ? (Cité Sciences)
    Pelouses desséchées, restrictions d'eau, chaque été la rumeur enfle : les nappes d'eau souterraines seraient à sec et la France, réchauffement climatique oblige, promise à un avenir difficile. Une ritournelle dont les couplets mêlent idées fausses et authentiques sujets d'inquiétudes. Après un été 2009 plutôt sec, mise au point avec Thierry Pointet du BRGM.
  • Enquête auprès des ostréiculteurs du bassin de Marennes-Oléron
    Audrey Rivaud Ifremer-Crief Université de Poitiers - Avril 2009
    La problématique du partage l’eau douce entre les agriculteurs et les ostréiculteurs du bassin versant de la Charente et du bassin de Marennes-Oléron est représentative des difficultés relatives à l’émergence d’une gestion intégrée de la ressource. Elle implique que l’on porte une attention particulière aux modalités de coordination qui existent entre les deux collectifs. Effectivement, l’utilisation par plusieurs acteurs d’une ressource commune et spatialisée, dont les principes d’allocation ne relèvent pas de la coordination marchande mais de l’attribution de droits d’usage, fait ressortir un certain nombre d’interdépendances qui peuvent pendre la forme de tensions et/ou de conflits d’usage. En considérant ces derniers comme révélateurs d’un dysfonctionnement au sein de l’organisation territoriale et donc d’un besoin de coordination, une partie de notre travail de recherche s’attache à comprendre et à proposer une grille de lecture appropriée pour appréhender ce type de dysfonctionnement. Cette construction théorique a, dès lors, vocation à intégrer les enjeux en termes de développement durable des territoires. Suite….
  • Projet du Lycée de la Mer & du Littoral de Bourcefranc : « Paysans de la Mer ; Paysans de la Terre »
    Proposition d’outils/actions pédagogiques pour une concertation entre Ostréiculteurs & Agriculteurs autour de la gestion de l’eau des fleuves Charente-Seudre
    Origine de l’action :
    Une action, intitulée "L’eau, une ressource à partager" ou "Paysans de la terre, Paysans de la mer", initiée par le Lycée de la Mer & du Littoral de Bourcefranc (17) et le Lycée de Montmorillon (86) , -sur une idée suggérée par Monsieur Patsouris, président de la Section Régionale Conchylicole Poitou-Charente- entre 2 classes de Bac Pro des 2 lycées, (Bac Pro Aquaculture & CGEA), a pour objectif d’essayer de faire comprendre aux futurs agriculteurs les "doléances" des ostréiculteurs du B.M.O. (Bassin de Marennes-Oléron) sur la qualité/usage l'eau du bassin versant de la Charente (et vice-versa, de faire comprendre aux futurs ostréiculteurs les besoins en eau et préoccupations d’agriculteurs.).
    Une réunion / conférence « Entre eau douce et eau salée » du 20 mars 2007 à Saintes, organisée par l'Inspection académique de Charente-Maritime, -avec l'aide de l'association GRAINE Poitou-Charentes et de l'ADEME-, a été le catalyseur de la construction d’un modèle simplifié du système « Charente/Agriculteurs/Ostréiculteurs » à usage pédagogique….

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Le WWF France publie son indicateur Empreinte Eau de la France

Alors que s’est ouvert en début de semaine le 6e Forum Mondial de l’eau, le WWF France engagé depuis 20 ans maintenant sur les questions de l’eau, renforce sa lutte contre la perte de biodiversité des écosystèmes aquatiques et la promotion de gestions plus responsables de la ressource eau, en publiant son indicateur Empreinte Eau.

L’Eau : une ressource naturelle extrêmement fragile

Alors que 70 % de la surface de la planète est couverte par les océans, seulement 3% de l’eau sur terre est douce, sans compter que cette eau douce est répartie de façon très inégale selon les pays. En effet, 23 pays s’accaparent aujourd’hui les 2/3 des ressources mondiales tandis que 26 autres, soit 250 millions d’habitants, souffrent de pénuries graves. Les cours d’eau ne représentent aujourd’hui que 0,001 % environ du volume total de l’eau douce sur terre.

L’eau est une ressource naturelle fragile. Elle est la base de toute forme de vie et nous l’exploitons au quotidien dans nos modes de vie : besoins vitaux, habitat, alimentation, production de biens et de services, culture et agriculture, moyens de transport et de biens marchands…

L’Empreinte Eau, un indicateur permettant à tous de mesurer son impact sur la ressource eau

Destiné à tous, entreprises, collectivités, particuliers…, l’étude sur l’Empreinte Eau, initiée et financée par le WWF France, et menée par l’Université de Twente (Pays-Bas), révèle pour la première fois les caractéristiques de l’empreinte eau de la France.

Cet indicateur fait prendre conscience de façon simple des impacts des modes de vie et donc des pressions exercées par les activités humaines sur la ressource eau, qu’elles soient domestiques, industrielles ou agricoles.

Qu’est ce que l’empreinte eau ?

L’empreinte eau d’un individu, d’une communauté ou d’une entreprise est définie comme le volume total d’eau douce utilisé pour produire les biens et services consommés par l’individu ou la communauté, ou produits par l’entreprise (ou le producteur agricole).

L’empreinte eau a trois composantes :

  • l’empreinte eau bleue : c’est la consommation des eaux de surface et des eaux souterraines ;
  • l’empreinte eau verte : c’est la consommation des eaux de pluie, notamment par évaporation dans les cultures agricoles ;
  • l’empreinte eau grise : c’est le volume d’eau douce requis pour diluer les polluants.

On distingue l’empreinte eau de production, l’empreinte eau virtuelle et l’empreinte eau de consommation.

Le saviez-vous ? Une tasse de café, c’est 140 litres !

Ces chiffres comprennent l’eau utilisée pour faire pousser le plan de café, le récolter, le transporter, l’emballer, le vendre et le préparer. Ce chiffre comprend également le volume d’eau nécessaire à la fabrication de la tasse dans laquelle il sera but.

L’empreinte Eau de la France en quelques chiffres :

Empreinte eau virtuelle d’importation : 47 % de l’empreinte eau française est liée aux importations. (Eau utilisée à l’étranger pour la fabrication de produits importés pour être consommés en France) : la France dépend donc presque de moitié de l’étranger pour son approvisionnement en eau.

Empreinte eau de consommation nationale : 53 % de l’empreinte eau de consommation nationale est interne (Eau utilisée en France pour la fabrication et la consommation de produit en France).

L’empreinte eau de production de la France (l’eau utilisée sur le territoire français pour la production de biens et services) est de 90 milliards de m3 par an . Les cultures agricoles représentent 86 % de cette empreinte eau, les céréales représentent 50 % de cette empreinte eau de production de la France (principalement sous forme l’empreinte eau verte), sachant que le maïs représente à lui seul 50% de l’empreinte eau bleue agricole.

Le Midi-Pyrénées et l’Aquitaine sont les deux régions françaises ayant la plus forte empreinte eau bleue, en raison des besoins en irrigation notamment pour le maïs.

L’empreinte eau d’un consommateur français est de 1.786 m3 par an, soit l’équivalent du volume intérieur de deux Boeing 747 . 36% de cette empreinte correspond à la consommation de viande (via le maïs et le soja pour le bétail), et 10% le lait (via les fourrages).

Pour accéder au rapport : Empreinte Eau de la France

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Le 17 juin 2011

Marennes Oléron. Arvert : Un débat sur l'avenir de l'agriculture est proposé (Sud Ouest)

Les filières agricoles peuvent-elles s'adapter aux changements de climat ? C'est la question du débat du 23 juin.

« Comment s'adapter au réchauffement du climat pour la filière agricole, que l'on soit céréalier, éleveur ou maraîcher ? » Un sujet d'actualité qui sera proposé par l'association Nature en Pays d'Arvert le jeudi 23 juin, à 20 heures, à la salle des fêtes.

Ce problème d'intense actualité pour les professionnels de l'agriculture mais aussi de l'ostréiculture, soumis aux graves conséquences du déficit hydrique (absence de pluviométrie, nappes phréatiques en danger, cours d'eau à sec, débits des rivières et réserves insuffisants), semble démontrer l'incapacité chronique des hommes à anticiper de telles situations.

Les choix de l'agriculture

Ainsi, l'usage de l'eau est un enjeu majeur pour les professions qui utilisent l'eau douce comme ressource essentielle à l'heure où, dans la région, « l'agriculture irriguée consomme environ 80 % de cette ressource ». Quant aux 20 % restants, ils sont consacrés à la consommation urbaine dont la demande est largement amplifiée l'été par l'afflux touristique.

Que faire quand celle-ci vient à manquer, sachant qu'aucune mesure de réduction de consommation urbaine ne permettrait de compenser le déficit global, même si des efforts importants étaient demandés aux populations ? À ce stade, peut-on imaginer que nos chercheurs trouvent la solution miracle d'une agriculture « sobre » en eau ?

Jean-Louis Durand, docteur ingénieur chargé de recherches en bioclimatologie à l'Institut national de recherches agronomiques de Lusignan (86), considéré tant en France qu'à l'étranger comme l'un des meilleurs spécialistes dans ce domaine, apportera l'éclairage scientifique au débat et des pistes de solutions face à cette situation.

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Le 8 juin 2011

Communiqué de presse Poitou-Charentes Nature

En réponse au président de la FNSEA et à tous les irrigants qui exigent des réserves d’eau et qui - en déclarant que toute eau non utilisée est perdue ! - ont malheureusement perdu toute notion du cycle naturel de l’eau....

Sécheresse. Xavier Beulin réclame un plan de stockage de l'eau (Le Télégramme)

Le président de la FNSEA Xavier Beulin a demandé un plan national pour le stockage de l'eau, pour permettre notamment le développement de retenues d'eau utilisables pendant la période sèche par les agriculteurs.

Le président de la FNSEA Xavier Beulin a demandé un plan national pour le stockage de l'eau, pour permettre notamment le développement de retenues d'eau utilisables pendant la période sèche par les agriculteurs. «Depuis 20 ans, on a décidé dans ce pays que le stockage d'eau n'était plus à l'ordre du jour», que les projets soient portés par des acteurs publics ou privés, a déploré Xavier Beulin, lors d'un déplacement à Carentoir (56) pour constater les effets de la sécheresse. «Je vais demander au président de la République qu'il prenne position pour mettre en oeuvre à l'échelle française, comme on l'a fait dans les années 60-70, un plan national autour du stockage et d'usage de l'eau, à partir d'une ressource hivernale qui est quand même relativement abondante», a-t-il expliqué. Selon Xavier Beulin, il tombe en moyenne chaque année 487 milliards de mètres cube d'eau en France, dont seulement 32 milliards sont captés par les activités humaines….

Contact : Jacques Brie - animateur du Groupe Eau de Poitou-Charentes-Nature

Tél : 06 01 91 68 34 ou 05 45 65 06 55

Les réserves d’eau sont une « fausse bonne solution » !

La crise météorologique exceptionnelle que nous traversons est cyniquement utilisée par les tenants de l’agriculture la plus intensive, qui est l’une des premières causes de la dégradation de la qualité des milieux, pour « vendre » la solution de pseudo ‘bon-sens’ que représenterait la « création de ressource », sous la forme de réserves artificielles. Il s’agit surtout pour eux de se faire financer des aménagements extrêmement coûteux, à leur seul profit mais aux dépens des finances publiques.

 Chaque été, entre le tiers et la moitié des cours d’eau et zones humides de la région sont artificiellement asséchées, ce qui perturbe leurs équilibres biologiques et affaiblit, entre autres effets, leur capacité de résistance face à une situation de crise exceptionnelle telle que celle rencontrée ce printemps.

 En se livrant à une promotion à ce point exacerbée de ce type d’ouvrages, leurs défenseurs reconnaissent de fait la situation de surexploitation des nappes et des rivières, après l’avoir longtemps niée.

 Or, le stockage artificiel de l’eau est déjà bien avancé dans la région, avec une myriade de petites retenues sur les terrains imperméables, des réserves de substitution (ou non) déjà construites ailleurs, et de grands ouvrages comme les barrages de Mas-Chaban et de Lavaud sur le bassin de la Charente : pourtant, la question n’est pas résolue !

 Les promoteurs de ce type de « solution » n’ont pas trouvé meilleur argument que ce qui s’avère être un véritable poncif ! Prétendre que l’eau qui « va à la mer » est « perdue » revient à nier le cycle naturel de cet élément vital, qui doit pouvoir continuer à circuler entre ses divers compartiments. L’extraordinaire productivité des eaux littorales est générée par l’apport de l’eau douce, sous réserve que celle-ci soit équilibrée en quantité et de bonne qualité. En hiver, les rivières et les zones humides ont besoin de crues pour se régénérer. C’est en hiver seulement que les nappes souterraines se rechargent significativement. Les niveaux des marais et les débits des cours d’eau doivent être suffisants au printemps pour assurer les cycles biologiques indispensables à leurs fonctions épuratoires.

 Il existe d’autres voies que la fuite en avant vers des aménagements qui font perdurer des pratiques dévastatrices, y compris quant à la qualité de la ressource en eau. L’exploitation de celle-ci devrait être orientée en priorité vers l’alimentation en eau potable.

Il est urgent de revenir à une agriculture adaptée au territoire, moins dépendante d’apports d’eau estivale, en réintroduisant dans les assolements des céréales d’hiver, la luzerne, …

 La construction de nouvelles retenues est la solution non seulement la plus coûteuse, mais aussi la plus rigide, puisqu’elle fige une pratique agricole inadaptée qui contraindra, pour le bénéfice de quelques-uns, à une fuite en avant technologique permanente, sans garantie de résultats. C’est donc la plus mauvaise des solutions face au changement climatique qui risque d’augmenter la fréquence d’évènements météorologiques exceptionnels.

C’est pourquoi les associations de protection de la nature et de l’environnement fédérées par Poitou-Charentes-Nature sont opposées à la généralisation des réserves d’eau agricoles, même dites de « substitution ».

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Quelques jours après le forcing des réservistes !!!! En effet, il faut mieux gérer l'eau et mieux la partager....

Il faut mieux gérer l'eau (Sud-Ouest)

L'Institution Adour demande à l'État d'aider à financer de nouvelles ressources en eau.

L'Institution Adour, établissement public territorial de bassin pour la gestion de l'Adour et de ses affluents, se soucie lui aussi des premiers effets de la sécheresse qui sévit ce printemps.

L'inter campagne 2010-2011 se traduit par une situation hydroclimatique exceptionnelle du point de vue du déficit pluviométrique (30 %) ainsi que des températures élevées (+ 3/4° C).

Localement, des lâchures d'eau ont été réalisées pour des besoins ponctuels et ciblés à partir des barrages landais et du Gabas pour des compléments de remplissage de réservoirs appartenant à des structures collectives d'irrigation.

Céréales d'hiver irriguées

Les maïs ont déjà reçu leur première dose d'irrigation, mais on a également remarqué, pour la première fois cette année, que les céréales d'hiver ont dû être irriguées.

Ce qui fait dire au président Jean-Claude Duzer, conseiller général de Trie-sur-Baïse (Haute-Pyrénées), reconduit après les dernières cantonales : « lorsqu'on nous dit qu'il faut une agriculture avec moins de maïs irrigué, afin d'économiser l'eau, je fais remarquer que cette année la consommation d'eau a débuté avant la saison du maïs, à cause des céréales. Ce n'est donc pas cette céréale, à l'heure actuelle, qui est responsable des effets de la sécheresse. »

C'est pourquoi l'organisation envisage de continuer à augmenter la ressource en eau pour l'ensemble des besoins, de maîtrise des risques d'inondation avec la problématique des digues, et de préservation des milieux et des espèces.

Les ouvrages de retenue, en stockant l'eau lorsqu'elle est excédentaire, permettent une amélioration des usages, compte tenu du changement climatique prévisible.

Les membres de l'Institution interpellent les services de l'État sur les volumes prélevables pour l'irrigation, le financement des ouvrages de réalimentation et le rôle susceptible de lui être dévolu dans la réforme des collectivités territoriales et la redéfinition des compétences.

À noter que suite aux dernières élections, Odile Lafitte, conseillère générale d'Amou, devient l'une des vice-présidentes de l'Institution Adour.

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Ils pompent l'hiver pour arroser l'été (Sud Ouest)

Les retenues d'eau vantées par Nicolas Sarkozy se heurtent à l'hostilité farouche des défenseurs de l'environnement. Les agriculteurs, eux, avancent une nécessité vitale pour sécuriser leur approvisionnement en été.

« C'est vieux comme le monde de stocker de l'eau », assurent Philippe Fréboeuf, Francis Charraud, Frédéric et Christophe Lemasson.

Il y a une semaine, Nicolas Sarkozy, en visite à La Rochefoucauld, promettait la mise en place d'un plan à cinq ans de création de retenues d'eau « pour mieux assurer l'équilibre entre les besoins de l'irrigation et des ressources ». Le chef de l'État entrait aussi en guerre contre tous ceux qui dépose des recours pour lutter contre l'implantation de telles réserves. « On ne peut pas être l'otage de telle ou telle association qui veut stériliser la totalité du paysage », a-t-il déploré.

Le président n'a cependant pas précisé s'il s'agissait de réserves de substitution ou de réserves collinaires (lire ci-dessous). Notre département compte actuellement 135 retenues, qui peuvent stocker 8,4 millions de mètres cubes d'eau.

L'Association syndicale autorisée (ASA) de la Vallée de Son-Sonnette gère trois retenues d'eau aux alentours de Ventouse (nord du département). Du chemin communal qui longe les champs, rien ne laisse deviner que derrière les hauts talus (pour favoriser le débit), des milliers de mètres cubes de clapotis voguent sous le soleil. Dans les herbes folles, une bouée de sauvetage. Une retenue de substitution ressemble à un plan d'eau. Seuls la baraque à frite et le loueur de canoës manquent au tableau.

Au total, 13 exploitants agricoles se partagent les 120 000 m3 du site de Beaulieu, les 220.000 m3 de celui de Cellefrouin et les 330.000 m3 de Ventouse. Les réserves d'eau sont constituées en puisant dans le Son-Sonnette en hiver, généralement entre le 1er décembre et la mi-avril. Pour aller contre une idée reçue, les retenues de substitution ne se remplissent pas avec de l'eau de pluie (qui compense tout juste l'évaporation naturelle).

Il y a vingt ans, la Charente connaissait une année de sécheresse intense. De nombreux exploitants avaient jeté l'éponge après un été sec. D'autres se sont dit qu'il fallait trouver des solutions. Francis Charraud et Philippe Fréboeuf, avec d'autres, se sont réunis et ont réfléchi. « Avec ces années très très sèches, l'irrigation ne suffisait pas », témoigne Francis Charraud. Après des années de réflexion et d'études, notamment en Charente-Maritime, les réserves sont été mises en eau entre 1998 et 2000. L'ASA a souscrit deux emprunts de douze et quinze ans. Des subventions du Bassin Adour-Garonne, de la Région et du Département sont venues compléter la mise....

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Le 22 mai 2011

Salon ostréicole de La Tremblade : De l'eau au débat sur les bassines

L'inauguration du 39e Salon ostréicole, mytilicole, cultures marines et pêche de La Tremblade, a fait écho hier matin, aux manifestations que les irrigants de la Charente-Maritime ont organisées en divers points du département, pour dénoncer la décision préfectorale de suspension de l'irrigation. Un temps même a circulé la rumeur qu'ils allaient s'inviter chez les ostréiculteurs à cette occasion. Il n'en a rien été, mais l'eau coulait dans les propos, parmi deux autres préoccupations fortes : le parc marin et les mortalités.

« On a besoin d'eau ! » s'est exclamé le président du Conseil général Dominique Bussereau, taclant au passage la politique de la région Poitou-Charentes : « Qui a toujours consisté à ne pas soutenir les réserves de substitution. » Aux ostréiculteurs, il a dit vouloir relancer le projet de la Trézence, mais à une échelle « plus humaine » que le vieux serpent de mer que tous croyaient terrassé. Une Trézence qui ressurgit, rétrécie de 10 000 hectares à 300 (lire notre édition d'hier), mais qui, comme dans le projet historique soutiendrait le cours de la Boutonne, donc celui de la Charente aval, et, par voie de conséquence, garantirait un apport d'eau douce au bassin ostréicole, cet indispensable levier d'un captage de larves d'huîtres réussi. Dominique Bussereau a aussi dit vouloir des réserves de substitution dont la gestion reviendrait non pas au « privé », mais serait entre les mains d'un syndicat départemental qui reste à créer. Il associerait les professionnels de l'agriculture et de l'ostréiculture, et des collectivités, dans une forme de cogestion.

Le vice-président du Conseil régional Benoît Biteau n'est pas hostile aux réserves. Mais il met en garde contre les excès de précipitation, si l'on ose dire : « Il faut se poser une question préalable : quel modèle agricole ces bassines vont-elles soutenir ? On peut aussi rappeler qu'elles vont être remplies par des forages, les mêmes que ceux qu'utilisent les irrigants l'été. Les nitrates, les phosphates, et les cinq herbicides du maïs posent problème dans les estuaires. Alors oui, on peut travailler sur la quantité d'eau. Mais il faut se poser la question de la qualité. » Source : Sud Ouest

Quelques heures plus tard....

Dominique Busserau, le président du Conseil général, est venu à la rencontre des agriculteurs en milieu d'après-midi, les assurant de son "soutien total". La revendication la plus immédiate du monde agricole: "Pouvoir de nouveau irrigueur la nuit, de 20 heures à 8 heures, le plus vite possible".

La décision appartient au préfet de la Charente-Maritime, Henri Masse, qui réunira lundi tous les acteurs du dossier à La Rochelle. Après avoir levé leur blocus du rond-point de la route de Rochefort, les manifestants n'ont pas immédiatement quitté Royan. De nouveau, ils ont investi le F ront de mer, qu'ils ont occupé à nouveau jusqu'à 18 h 45. Sud Ouest : Agriculteurs en colère : Royan débloqué

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Le 7 mai 2011

Irrigation : La sonnette d'alarme (Sud Ouest)

Réuni hier matin près d'Aigre, un collectif appelle notamment à cesser l'irrigation de printemps.

Rendez-vous était donné hier matin en rase campagne, sur les bords de l'Aume, près d'Aigre (Charente). À l'heure de « tirer la sonnette d'alarme », le lieu de ralliement du collectif associatif régional pour la gestion de l'eau se veut symbolique : le bassin de l'Aume-Couture est à cheval sur trois départements, la Charente, la Charente-Maritime et les Deux-Sèvres.

Ici, à hauteur du moulin de Gouge, le débit de la rivière a chuté à 100 m³/s. C'est dix fois moins que l'an dernier à la même époque. « Voyez ce cours d'eau. En 2010, il était à sec le 20 juillet. Il le sera début juin, avec deux mois d'avance », augure un pêcheur.

Réunies au sein du collectif, fédérations de pêche, associations environnementales, UFC-Que Choisir serrent les rangs en ces temps de sécheresse : « On est dans une situation exceptionnelle », prévient Jacques Brie, président de Charente Nature et porte-parole du collectif, des pages et des pages de graphiques à l'appui.

En septembre 2010, 47 % des rivières du Poitou-Charente étaient à sec. « En temps normal, on a beaucoup de mal à gérer l'eau. Si on ne s'y prend pas dès maintenant avec des mesures adaptées, on va au-devant de grandes difficultés. » La majorité des nappes phréatiques sont en-dessous de leur niveau moyen. « Qu'il pleuve ou pas, elles ne se rechargeront pas. »

« Mesures exceptionnelles »

« La climatologie n'est pas tout. Il faut qu'on parle de la gestion de l'eau », renchérit Pierre Lacroix, président de la fédération de pêche des Deux-Sèvres. « Quand il y a pénurie d'eau, il faut l'économiser. » Explicitement visée, l'irrigation de printemps. « Quand on voit des cultures comme le blé qui sont irriguées, on considère que c'est du gaspillage. Quand la ressource est rare, il n'y a pas de raison qu'on considère l'eau comme un intrant. Arrivera dans peu de temps le tour du maïs, ce sera catastrophique », continue Jacques Brie.

Si des restrictions, voire des interdictions de prélèvement d'eau entrent en vigueur d'un bassin à l'autre depuis plusieurs semaines, le porte-parole du collectif appelle les préfets des quatre départements à mettre en œuvre « des mesures exceptionnelles » : « Il serait intolérable de voir comme les années passées des prélèvements pour l'irrigation dans des bassins à moitié asséchées. »

Au passage, il regrette que les décisions préfectorales le soient « en ordre dispersé » : « Il faut qu'il y ait une cohérence interdépartementale. »

Ainsi trouvait-on, l'été dernier, « les agriculteurs de la Charente-Maritime qui continuaient de prélever de l'eau dans le bassin du Né alors que les agriculteurs de la Charente n'en avaient plus le droit. Il y a une disparité de la réglementation préfectorale», regrette Alain Piot, président de la fédération de pêche de Charente, soucieux de limiter la casse en nombre d'adhésions.

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Le 14 juillet 2012

Le syndicat des bassines est né (Sud Ouest)

Par 27 voix pour et 22 abstentions, le Syndicat mixte de réserves de subvention est né. La gestion de l'eau devra donc être publique.

Tout le monde s'accorde à dire que c'est un pas en avant. Mais tout le monde ne s'accorde pas à dire que c'est la panacée. D'où les abstentions de quelque 22 conseillers généraux sur la création de ce Syndicat mixte de réserves de substitution, plus communément appelées bassines. En fer de lance de ces absentionnistes, Jean-Yves Martin, l'élu radical de Saint-Jean-d'Angély, qui a toujours suivi de très près la question du partage de l'eau, et Pierre Feydeau, l'élu socialiste de Rochefort, qui expliqua son abstention en ces termes. « J'approuve cette création, je félicite qui a travaillé sur le dossier mais j'ai deux regrets : que la vente de l'eau se fasse au seul profit des Associations syndicales agréees (ASA) d'irrigants et que la composition de ce syndicat ne soit pas totalement représentatif de l'ensemble des utilisateurs de l'eau. »

Et Jean-Yves Martin d'abonder en regrettant à son tour que ce « syndicat ne puisse être ouvert à d'autres structures publiques ».

Gourmandise en eau

En filigrane de ce débat, le soutien sans faille de plusieurs conseillers généraux de la majorité départementale au monde agricole irrigant - Michel Doublet, Robert Chatelier, Patrick Blanchard, etc. - et le soutien, beaucoup plus modéré, d'une autre partie du Conseil général - et notamment l'opposition - à ce même monde irrigant en raison de sa gourmandise en eau en période de sécheresse. D'où le slogan lancé il y a quelques mois par Jean-Yves Martin concernant les bassines « financement public, gestion publique » et d'où la création de ce Syndicat mixte chargé de l'appliquer.

Reste que même avec un organisme de contrôle, la question de l'utilisation de cette eau stockée reste entière. Si les bassines ont été réalisées avec l'argent de tous les contribuables, pourquoi les seuls agriculteurs auraient-ils le droit de s'y abreuver ?

« En Aunis, les ASA d'irrigants ont de nombreux projets de réserves. Ils attendent notre décision avec impatience », commentait, notamment, l'élu du canton de Marans, Patrick Blanchard.

Et le Royannais UMP Michel Servit de repartir en guerre contre le conseiller régional PRG et adepte d'une agriculture raisonnée Benoît Biteau qui, selon lui, serait « contre toutes les bassines ».

L'intérêt général

Remontrance de Dominique Bussereau : « On ne cite pas nommément un conseiller régional en session de Conseil général, monsieur Servit. Pas plus que j'aimerais que l'on cite un conseiller général à la Région. »

Trop tard, le mal était fait. Et Jean-Yves Martin de voler au secours - comme à chaque fois - de l'éleveur de Sablonceaux : « Monsieur Biteau n'a jamais dit qu'il était contre les réserves. Il a seulement dit qu'il était contre une certaine gestion des réserves. De plus, il applique la politique de la Région qui est d'exiger un certain nombre de préalables avant la création de ces réserves ». Le Syndicat mixte mettra-t-il fin à la guerre que se livrent, depuis des années, les irrigants et les défenseurs de « l'eau pour tous » ?

Le conseiller général a les cartes en mains puisqu'il possède cinq des huit sièges du Comité syndical (deux pour la Chambre d'agriculture, un pour les ASA). Mais les cinq élus (MM. Doublet, Chatelier, Blanchard, Martin et Feydeau) parviendront-ils à s'entendre au nom de l'intérêt général ?

« Les choses devraient évoluer dans l'avenir en termes de représentativité. J'espère, qu'à terme, nous pourrons vraiment associer le monde conchylicole », nota le président Dominique Bussereau. Il est vrai que la section conchylicole avait dû décliner l'invitation à participer au syndicat parce qu'elle n'a pas le statut d'organisme public.

Les conchyliculteurs participent, néanmoins, au comité consultatif fort de 34 membres. Mais il n'a qu'un pouvoir… consultatif.

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Revue de Presse 2009 et 2010

Le 15 octobre 2009

Cette sécheresse têtue qui irrigue le débat (Sud-Ouest)
Le débat sur l'irrigation et ses conséquences sur les niveaux d'eau relancé lors du débat d'ouverture de la session du Conseil général
La Charente-Maritime est en tête du peloton régional, au nombre d'irrigants.
Et il ne pleut toujours pas. L'automne est bien là avec ses fraîcheurs matinales et ses journées plus courtes. Mais le ciel reste désespérément bleu. Cette sécheresse obsédante, qui épuise les rivières, ravive également le débat sur l'irrigation et ses conséquences sur les niveaux d'eau.
Lors de l'ouverture de la session du Conseil général, qui se tient cette semaine à La Rochelle, Bernard Ferrier, l'élu Vert du canton de Marans, a rappelé des chiffres : « Notre département est structurellement déficitaire en eau estivale, du fait du développement de la maïsiculture irriguée intensive en monoculture. La culture de maïs représente, en Charente-Maritime, 56 000 hectares. Dans ces 56 000 hectares, 38 000, donc près de 70 % des cultures de maïs, sont irrigués (1). Cela représente environ 80 millions de mètres cubes chaque année, qui sont majoritairement prélevés dans les nappes souterraines. En comparaison, l'usage domestique représente 50 millions de mètres cubes. »
Réserves subventionnées Suite...

Le 2 octobre 2009

Agriculture - « Avis de tempête » pour les irrigants (Sud-Ouest)
Les prévisions des volumes d'eau prélevable inquiètent les maïsiculteurs qui perdraient 20 % de la surface

Les prévisions font état de 15 473 hectares irrigables en moins, soit 20 % de la surface. Pour les maïsiculteurs, l'année 2009 a été spéciale. Un été très sec a fait suite à un hiver et un printemps bien arrosés, si bien qu'à l'arrivée, les gens ayant disposé d'eau pour arroser vont se réjouir de la récolte, qui débute. Par contre, les non irrigants, à qui il a manqué entre 80 à 100 millimètres d'eau de précipitation par rapport à un été normal, vont enregistrer de maigres rendements. D'où cette exigence des agriculteurs landais, réitérée depuis déjà plusieurs années, de disposer d'eau en quantité suffisante pour produire leur maïs, élément de base de l'économie agricole landaise.

Il y a trois ans, en août 2006, avant les deux années de mortalité massive de naissain :

le Nouvelobs titrait « France : Tes huîtres se meurent ! »
« Le manque d'eau douce asphyxie Marennes-Oléron »

On irrigue à tout-va, on assèche les marais pour en faire des champs. Et l’équilibre écologique d’une région qui fournit depuis toujours en fines de claire l’Europe entière est sur le point de s’effondrer

On fait des 5 et du chacoti», autrement dit de la petite et du rien du tout. Voilà, résumée en charentais ostréicole par le père Delage, la situation de l'huître en mal de croissance. Retraité, après une vie d'éleveur de mollusques bivalves sur les parcs et dans les claires du bassin de Marennes-Oléron, il s'affaire au pied de la cathédrale Saint-Pierre, à deux pas du marché couvert de Saintes, en casquette de marin et bleu de travail, à compter des spéciales ou des fines, treize à la douzaine, entre deux plaisanteries. Suite…

Le 23 octobre 2009

Charente-Maritime - Un film à charge contre le maïs (Sud-Ouest)
David Briffaud, coréalisateur, présentait vendredi son film « Pour quelques grains d'or ».
Vendredi 16 octobre, la salle des fêtes de La Laigne était comble, à la grande satisfaction de son maire, Jean-François Wacrenier. Environ 150 personnes étaient venues assister à la projection du film de David Briffaud et de Fabien Massocco, « Pour quelques grains ».
Il est vrai que le sujet évoqué est très sensible ici. Il s'agit de la culture irriguée du maïs et le décor du film est précisément celui des communes de La Laigne, Cram-Chaban et leur environnement immédiat.
La soirée était animée par Serge Morin, vice-président du parc du Marais poitevin, en présence du réalisateur David Briffaud, cogérant de l'écocamping de la Frênaie, à La Grève.

Rivalités sur l'eau
Le constat des réalisateurs est le suivant : la culture intensive et irriguée du maïs porte atteinte à l'environnement du marais. Les vallées du Mignon, de l'Autize, et les petites rivières sont asséchées l'été par le pompage effectué (80 millions de m³ par an) pour une culture gourmande en eau. Les écosystèmes de ces cours d'eau sont détruits. Le tourisme est privé de son principal atout : l'eau. De plus, le milieu est souillé par les intrants et autres pesticides utilisés. Les conséquences se feraient même sentir sur l'ostréiculture. Le maïs destiné pour 80 % à l'exportation aurait fait quasiment disparaître le maraîchage. « Je ne reconnais plus mon marais », disait une intervenante née dans le marais regrettant « de devoir acheter ses salades au supermarché ».

3,3 millions d'euros
En cause aussi, les projets de grandes réserves d'eau en cours qui pomperaient dans le marais l'hiver, au moment de la crue, fragilisant son écosystème. Elles ne serviraient qu'à une douzaine de gros céréaliers pour un investissement de 5,3 millions d'euros subventionné à 63 % par le Conseil général, l'État, l'agence de l'eau et l'argent des contribuables.

Des solutions pour sortir du maïs existent pourtant comme l'a démontré, après la projection, le débat qui a inévitablement fait apparaître les antagonismes entre les irriguants défendant leur emploi et les divers opposants au tout-maïs : écologistes, riverains, professionnels du tourisme. Ainsi, le sorgho et la luzerne semblent être des pistes intéressantes pour une agriculture plus respectueuse de l'environnement.
Demain : Dans notre édition de samedi 24 octobre, les céréaliers de l'ASAI des Roches, MM. Boucard et Pineaud, accompagnés de M. Servant, président de la chambre d'Agriculture, répondront aux questions de « Sud Ouest ».

« Nos réserves vont préserver le marais » (Sud-Ouest)
Après la projection du documentaire « Pour quelques grains » (notre édition d'hier), mis en cause dans le film, les céréaliers de l'Asai des Roches, MM. Boucard et Pineaud, accompagnés de M. Servant, président de la Chambre d'agriculture, répondent aux questions de « Sud Ouest ».

Où en sont les projets d'immenses réserves sur le bassin du Mignon ?
Il y aura cinq réserves sur les trois communes de La Laigne, La Grève-sur-Mignon et Cram-Chaban, qui alimenteront en eau 12 agriculteurs adhérents à l'Asai. Trois seront remplies dès cet hiver, en pompant la crue du marais pour l'utiliser l'été. Sur le bassin de La Laigne, les ruisseaux recouleront en aval pendant l'été, comme il y a trente ans. Pourquoi le Parc du Marais Poitevin critique-t-il ce projet ? Les craintes sur l'écosystème sont du domaine du fantasme. Nos réserves éviteront l'assèchement du marais. C'est du développement durable. L'étude d'impact a coûté 180 000 euros. Aujourd'hui, cela peut apparaître comme des projets fous mais, dans dix ans, on trouvera nos réserves formidables.

Comment justifiez-vous la culture intensive du maïs, jugée gourmande en eau et polluante ?
Les surfaces ont baissé d'un tiers depuis 2000, suite à la réglementation sur l'eau. Le maïs a beaucoup d'atouts. On utilise beaucoup moins d'intrants que sur d'autres cultures, contrairement à une idée reçue. C'est une plante qui consomme moins d'eau que le blé, mais ses besoins sont estivaux, donc cela choque plus l'opinion. C'est la plante la plus écologique qui soit. Nous utilisons des désherbants mais plus d'atrazine depuis 2003, pour épargner l'ostréiculture. On pourrait d'ailleurs encore réduire la quantité en binant mécaniquement.

Que pensez-vous des cultures de substitution proposées par l'Inra et les agriculteurs bio : la luzerne et le sorgho ?
Produire de la luzerne dans notre région, c'est une hérésie car il va falloir le double d'eau que pour le maïs. Le sorgho n'est pas un marché important. C'est bon pour un petit agriculteur bio, mais il ne participe pas à la création de richesses comme nous avec nos réserves. L'homme doit s'adapter à son milieu pour survivre. C'est un choix de société. Ce serait dommage de limiter notre production, l'économie en pâtirait.

Le 28 novembre 2009

Marais poitevin - « Un gigantesque réceptacle des polluants » (Sud-Ouest)
Le 1er janvier 2008, la France a été condamnée par la cour de justice de l'Union européenne pour manquement à ses obligations sur la qualité des eaux destinées à la consommation dans trois départements : la Vendée, les Deux-Sèvres et la Charente-Maritime. En cause, les teneurs en pesticides et en nitrates. Et quel est le cours d'eau commun aux trois départements ? La Sèvre Niortaise, colonne vertébrale du Marais poitevin.

Le rapport entre les algues vertes de la côte nord de l'île de Ré et les nitrates du fleuve semble couler de source.
« La Sèvre Niortaise dispose d'un gigantesque bassin versant : 630 000 hectares sur quatre départements. C'est le réceptacle de tous les polluants qui se déversent ensuite dans la baie de l'Aiguillon. C'est le même phénomène dans la baie de Bourgneuf et on a vu ce que ça a donné cette année, sur l'île de Noirmoutier, où deux plages ont dû fermer. Avec toujours les mêmes coups de fièvre saisonniers. S'il ne pleut pas pendant deux ou trois mois, du fait de l'imperméabilité du sol, tous les nitrates partent d'un seul coup, à la première pluie. Et encore, le marais joue un rôle de filtration », explique Yann Hélary, le président du Parc interrégional du Marais poitevin.

Établissement public de l'eau
« Je ne pense pas que les élevages intensifs de volailles, qui se sont installés dans le sud Vendée, soient responsables de cette pollution. Depuis les excès bretons, les normes sont beaucoup plus strictes pour les élevages hors-sol. Si ces normes sont respectées, et je crois qu'elles le sont à peu près, l'impact sur le milieu est minime », affirme-t-il.
« En revanche, les zones céréalières, très gourmandes en pesticides et en eau et qui n'ont cessé de s'accroître, jouent un rôle essentiel dans la pollution de la Sèvre Niortaise. On le sait depuis des années. Un établissement public de l'eau vient d'être créé. Il est désormais du ressort de l'État de résoudre ce problème », poursuit Yann Hélary, également élu vert de la région Pays de la Loire.

Usine à nitrates
Deux chiffres : il y avait 60 000 hectares de prairies humides dans le Marais poitevin en 1974. Vingt-cinq ans plus tard, il n'en restait plus que 24 000. Tout ce qui a disparu a été reconverti en céréales, donc en usine à nitrates.
La boucle est bouclée : la France avait déjà été condamnée pour non-respect de la directive oiseaux dans le Marais poitevin, puis le Parc s'est fait retirer son label de parc naturel, enfin c'est la qualité des eaux qui est vilipendée par l'Europe.
Jusqu'alors, hormis les associations de protection de la nature, il n'y avait pas grand monde pour s'en émouvoir. L'arrivée des algues vertes, avec son impact sur le tourisme et - cas extrême - sur la santé, pourrait bien changer la donne. Auteur : Thomas Brosset

Le 20 février 2010

Irrigation : La bataille de l'eau est désormais engagée (Sud-Ouest)
Les volumes prélevables annoncés entraîneraient un très net recul. Dans les campagnes, les agriculteurs se mobilisent. Manifestation « pédagogique », hier à Périgueux, devant la préfecture. Côte à côte, les produits du terroir permis par l'irrigation et l'« AOC Ronces », fille de la sécheresse.
En savoir plus
» Le maïs, un pilier de l'agriculture régionale
» Les retenues d'eau font débat
» Les nappes souterraines, un monde encore inconnu
La loi sur l'eau adoptée en 2006 commence à se mettre en place. Avec douleur et grincements de dents dans les milieux agricoles. Une première manifestion d'agriculteurs irrigants s'est déroulée hier devant la préfecture de Dordogne, à Périgueux. On en attend plus de 600 lundi prochain à Tonneins, à l'appel de la Chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne (Coordination rurale). L'intitulé de l'invitation annonce la couleur, sans équivoque : demain, « l'agriculture aura soif, le consommateur aura faim » !...

Le 2 avril 2010

Royan : Les agriculteurs irrigants sont inquiets et le font savoir (Sud-Ouest)
La réunion du Sage, menée par Jean-Pierre Tallieu, le président de la CdA, avec, à ses côtés, Pascal Ferchaud, le maire de Saujon, et Francis Bonnin.
Quelque 200 agriculteurs ont investi, hier, les locaux de la Communauté d'agglomération Royan Atlantique, interrompant une réunion devant définir les quotas d'eau pouvant être prélevés dans le cadre du Schéma d'aménagement et de gestion de l'eau (Sage) de la Seudre. Francis Bonnin, vice-président de l'Association syndicale des irrigants de Saintonge Centre et responsable du bassin de la Seudre, a dénoncé la révision des quotas de prélèvement fixés pour 2015, imposée par une directive européenne sur le bon état des eaux.

L'attente des réserves
Les agriculteurs, qui souffrent économiquement des réductions successives de leurs volumes d'eau, refusent d'appliquer cette nouvelle baisse tant que des réserves ne seront pas mises en place.
Pour cela, ils souhaitent que leur projet de réalimentation de la Seudre l'été, à partir de stockages d'eau répartis sur des petits affluents, soit enfin accepté. Ils menacent de ne plus respecter les compteurs qui réglementent leurs prélèvements d'eau si leur action ne reçoit aucun retour positif avant le début de la saison estivale. En fin d'après-midi, ils étaient reçus par le sous-préfet de Rochefort, Henri Duhaldeborde, venu pour « écouter et entendre leurs revendications ».
Clôturant le débat, celui-ci a annoncé son intention de joindre le préfet, Henri Masse - alors à Paris - le soir même pour lui faire part de leur rencontre. Auteur : Amandine Chappotteau

Le 3 avril 2010

Compétitivité oblige, l’agriculture remet en cause les règles environnementales définies dans le grenelle de l’environnement, les métiers de la mer vont continuer de trinquer !

La France veut rester sur le podium agricole (Ouest France)
Invité au congrès de la FNSEA à Auxerre, le ministre Bruno Le Maire a promis de regagner le terrain perdu face à nos voisins. Notre agriculture n'est plus assez compétitive.
Notre excédent agroalimentaire fond. « La chute est de plus de 30 %, constate Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA. Tous les jours, nous perdons des parts de marché et l'Allemagne en gagne ». Il pointe du doigt les distorsions de concurrence entre pays européens. Au niveau de l'environnement d'abord, avec des règles plus souples chez nos voisins alors que la France accumulerait les contraintes. « La redevance prélèvement d'eau représente 30 millions d'euros, celles pour les phytos 70 millions d'euros, constate-t-il. L'implantation des bandes enherbées, que nous sommes jusqu'à présent les seuls à appliquer, représente un manque à gagner de 42 millions ! ». Distorsions également dans les règles sociales. « Sur le coût des salariés saisonniers et permanents, la ferme France a un différentiel annuel avec son voisin allemand de près d'un milliard d'euros. »….

28 avril 2010

La guerre de l'eau risque bien d'avoir lieu en Charente-Maritime (Sud-Ouest)
Les prélèvements d'eau en milieu naturel devraient être revus à la baisse mais les agriculteurs refusent de céder aux pressions écologistes. Les deux-tiers des prélèvements agricoles en Poitou-Charentes s'effectuent dans les eaux souterraines. photo pascal couillaud
Un combat de longue haleine s'est engagé, depuis quelques années, entre les défenseurs de l'environnement et le monde agricole. L'eau est plus que jamais une ressource et un enjeu public, économique et environnemental du XXIe siècle. L'État, lui, se désengage de ce secteur hautement sensible et va être remplacé, à l'échelon local, par un organisme unique consacré aux ZRE (zones de répartition des eaux). C'est-à-dire les bassins considérés comme déficitaires par rapport à la somme des besoins de tous les usagers. La majeure partie du territoire régional est classée en ZRE (1). Principale bataille autour de l'eau, les 70 projets de bassins de réserve sont actuellement sous le coup de recours judiciaires engagés par des groupes écologistes. Un seul bassin de substitution est opérationnel, aux abords de la rivière l'Antenne qui traverse Matha.

Des réserves d'eau en hiver
Lors de la réunion du 23 avril, à Bussac-sur- Charente, sur la définition des nouveaux volumes prélevables sur le bassin de la Charente aval, près de 400 agriculteurs se sont « invités » afin de protester. Les représentants de la Chambre d'agriculture, de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles), des Jeunes Agriculteurs et d'associations d'irrigants demandent « une suspension immédiate du processus de définition des volumes prélevables ».,Ils souhaitent également « des études socio-économiques fiables et partagée sur les niveaux des nappes et la baisse des taux de redevances des agences de l'eau ». Luc Servant, président de la Chambre d'agriculture du département, explique que « les agriculteurs sont prêts à adapter leurs besoins de prélèvements aux possibilités de la ressource en eau, à condition qu'ils soient autorisés à constituer des réserves l'hiver ».

Les chiffres en bandoulière
Une bataille possède toujours son propre champ. Dans la région, chacun campe sur ses positions au sujet de l'installation des bassins de réserve. Si, l'été, les interdictions d'irrigation pleuvent, le monde agricole espère pouvoir stocker l'eau durant les crues d'hiver. Ils estiment que les réserves d'eau des nappes phréatiques sont suffisantes durant cette période. Une idée contestée par des écologistes comme Jean-Louis Demarcq de SOS Rivières et environnement. « Les 20 millions de mètres cubes d'eau en réserve, sur lesquels comptent les agriculteurs, représentent près de deux mois de précipitations, 24 heures sur 24 ; nos réserves d'eau souterraines ne sont pas aussi importantes », relève le militant pour l'environnement. Il développe ses arguments en regrettant que, sur les 100 millions de mètres cubes environ alloués à l'irrigation par les pouvoirs publics, les irrigants en consomment près de 60 millions. « C'est ce qui leur permet d'avancer des chiffres de prélèvement en baisse de l'ordre de 40 % », explique Jean-Louis Demarq.

Réduire les prélèvements
Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) est l'un des établissements qui fournit les chiffres - en matière d'hydrologie - à la Direction départementale des territoires et de la mer. Pour le département, les chiffres avancés proposent des réductions des prélèvements allant de 30 à 100 % sur certains bassins. Soit la suppression totale des pratiques d'irrigation pour les exploitations proches de ces zones. Le projet du bassin de la Boutonne, par exemple, vise à stocker 6 millions de mètres cubes grâce à 27 réserves sur la Charente-Maritime et 11 bassins du côté des Deux-Sèvres pour 3 millions de mètres cubes d'eau. Des associations comme Nature environnement 17, ou AIE 17 (Actions, informations, écologie) se mobilisent contre ces projets, par le biais de procédures judiciaires. Ainsi, en janvier, ils sont parvenus à annuler les autorisations préfectorales de cinq retenues d'eau du bassin du Mignon (communes de La Laigne, Cram-Chaban, La Grève) malgré des travaux bien avancés. Pour Jean-Jacques Gaucher, de la FDSEA, ces actions en justice sont autant « de bâtons dans les roues » qui affaiblissent un secteur dont les revenus ne cessent de baisser. Il évoque « un surcoût de l'ordre de 25 % » pour les agriculteurs qui ont investi dans les projets des bassins de substitution.

« Un faux combat »
Camille Plaize représente les cultivateurs du centre de la Saintonge et leurs 14 000 hectares irrigués. Proche des cours d'eau de la Seugne et de la Seudre, il parle de « faux combat mené par les écologistes ». « Ces gens-là se trompent de route, ils veulent du développement durable et une agriculture moins intensive mais, par leurs actions, ils condamnent les petites et moyennes exploitations. Elles ont besoin de l'irrigation afin de développer des cultures à valeur ajoutée (fruits, légumes, tabac) autre que le maïs. » Les 11 bassins versants du département demeurent ainsi l'objet de toutes les convoitises. Les agriculteurs attendent désormais un engagement clair des services de l'État sur l'établissement ou non de réserves d'eau tandis que les défenseurs du niveau des nappes continuent de veiller au grain.
(1) L'Observatoire régional de l'environnement Poitou-Charentes fournit les situations d'étiage annuelles sur internet : http://www.eau-poitou-charentes.org/.

Le 27 mai 2010 : La fausse solution

Terrena cultive le maïs avec deux fois moins d'eau (Ouest France)
Hervé Maudet et ses quatre associés testent l'irrigation du maïs au goutte à goutte.
Marier écologie et agriculture intensive. C'est le pari audacieux de la coop d'Ancenis. Jeudi et vendredi, près d'Angers (1), elle veut prouver à 10 000 agriculteurs que c'est possible.
Terrena trace le sillon de l'agriculture écologiquement intensive prônée par l'agronome Michel Griffon. Pendant deux jours, près d'Angers, la plus grande coopérative de France (25 000 adhérents) veut prouver aux 10 000 professionnels inscrits que le mariage de l'environnement et des hauts rendements n'est pas celui de la carpe et du lapin. Qu'il est possible de « produire plus et mieux avec moins ». Moins de pesticides, moins d'engrais, moins de carburant, moins d'eau, moins de terres. À condition de mobiliser les techniques de pointe et de gonfler les voiles de l'agronomie et de la biologie…..

Courante dans les serres, cette technique est inusitée en plein champ. Des sondes reliées à un boîtier émetteur enregistrent les courbes d'humidité du sol. Les résultats ? « Une consommation d'eau divisée par deux, des maïs tout aussi beaux, pas de manutention des tuyaux et une fertilisation azotée incorporée à l'eau », résume Hervé Maudet, l'un des agriculteurs de l'exploitation. Problème : « L'investissement deux fois plus élevé. Impossible à rentabiliser sur des cultures à faible valeur ajoutée ».

Solution : Revoir les systèmes basés sur le maïs…

Le 5 août 2010

Des affluents de la Charente menacés d'assèchement (Sud-Ouest)

L'assèchement de l'Antenne et la Soloire atteint un niveau inédit depuis 1976. Des associations demandent l'arrêt des prélèvements pour l'agriculture. L’Antenne et la Soloire, deux ruisseaux appartenant à un même bassin qui se déverse dans la Charente, sont dans un triste état. L’assèchement de ces cours d’eau atteindrait un niveau inédit depuis 1976, selon Françoise Garandeau, vice-présidente de l’association Antennne nature loisirs patrimoine. Celle-ci fait partie d’un collectif d’associations environnementales cognaçaises, la Salamandre, créé en septembre. Ce jeudi matin, les membres de la Salamandre sont venus porter à la sous-préfecture de Cognac une lettre pour exprimer leur inquiétude. Ils réclament le passage à une alerte de niveau 4, qui correspond à un arrêt des prélèvements pour la culture du maïs. Pour la Salamandre, les pompages pour l’irrigation amplifient dangereusement le phénomène d’assèchement. « J’ai l’impression que la sécurité routière occupe plus la préfecture que le niveau de nos rivières. Une rivière asséchée c’est une rivière morte, comme le prouve le Né où l’on ne trouve plus aucun poisson », commente un membre de la Gaule cognaçaise, association homologuée de pêche membre du collectif.

Le 5 septembre 2010

Manifestation pour une agriculture respectueuse en eau : « Ils nous bassinent » (Sud-Ouest)

200 manifestants réclament une agriculture plus respectueuse de la ressource en eau disponible. La Boutonne réduite à un filet d'eau, derrière les écluses de Bernouët à Saint-Jean-d'Angély, c'est la scène choisie par les écologistes et les défenseurs de la nature pour alerter sur les conséquences de l'agriculture irriguée sur la ressource en eau…..

« Le joug du maïs irrigué »…. Benoît Biteau coiffait sa double casquette d'agriculteur bio à Sablanceaux et de vice-président du Conseil régional. En charge de l'agriculture, de la pêche et des cultures marines à la Région, l'élu radical de gauche n'y alla pas par quatre chemins : « les 2 500 à 3 000 mètres cubes d'eau nécessaires à l'irrigation d'un hectare de maïs représentent la consommation annuelle de 80 familles […]. Le bassin ostréicole de Marennes-Oléron est en train de mourir sous le joug de la production de maïs irrigué. Or, l'ostréiculture rapporte cinq fois plus à l'économie de la Charente-Maritime que le maïs qui règne sans partage ! » Et Benoît Biteau d'en appeler, « au nom de la santé de nos enfants », à une réorientation de la PAC (politique agricole commune) « qui mobilise en Poitou-Charentes, 660 millions d'euros, en priorité pour les maïsiculteurs, soit une somme presque équivalente au budget du Conseil régional (685 millions d'euros). »….

Le 8 septembre 2010

Les gouvernements appelés à ''verdir'' leur législation sur l'eau douce (Actu-Environnement)

A l'occasion de la Semaine mondiale de l'eau à Stockholm, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a publié le 7 septembre un rapport invitant les gouvernements ''à verdir'' leur législation sur l'eau douce. ''La compétition augmente entre la croissance rapide de la population mondiale, qui a besoin de plus d'eau pour boire, pour l'assainissement, la production agricole et le développement économique, et les espèces et les écosystèmes, qui ont besoin d'eau pour survivre'', souligne le PNUE. Le principal défi aujourd'hui est de savoir ''comment répondre aux besoins croissants en eau de la société humaine, tout en préservant les écosystèmes d'eau douce, et soutenir la durabilité environnementale''….

Une gestion non durable de l'eau douce est aussi ''un facteur majeur'' de perte de la biodiversité - et ''les effets se font sentir dans les rivières, lacs et zones humides à travers le monde''. Ainsi, 27% de la faune d'eau douce seraient menacés d'extinction en Amérique du Nord, et plus d'un tiers de toutes les espèces de poissons en Croatie, selon le PNUE. Pour Gabriel Eckstein, auteur principal du rapport, ''atteindre un meilleur équilibre entre les hommes et l'environnement nécessite la mise en place de nouvelles législations et de nouveaux outils pour y parvenir''. Selon le PNUE, les législations de l'Australie ou du Paraguay permettent déjà d'atteindre cet équilibre ''entre les besoins en eau des hommes et la protection de l'environnement''. Le rapport souligne également les gains économiques apportés aux gouvernements. Tourbières, marécages, marais et autres types de zones humides dans le monde entier pourraient ainsi fournir l'équivalent de ''15.000 milliards de dollars US en services écosystémiques''. Rachida Boughriet

Image de Wikipedia / UDSA

1 commentaire:

jonaas17 a dit…

Merci d'avoir fait référence à
1°notre vidéo-reportage "H20 mon amour, soyons SAGE", - Merci de bien vouloir ajouter à ton "cliquer ici" un lien vers
http://web.mac.com/jonaas17/Site_JONAAS/VideoReportage.html
(et suivantes…)
2°à notre travail de "modélisation systémique dynamique" sur "Débit Charente, Irrigation & Ostréiculture", -dans le cadre de l'action "Paysans de la Mer/Paysans de la Terre" du lycée de la mer de Bourcefranc, Merci de bien vouloir en citer l'auteur H.G.… et mettre un lien vers:
http://web.mac.com/jonaas17/Site_JONAAS/PaysanMer_Ter_5.html
et/ou
http://web.mac.com/jonaas17/Site_JONAAS/PaysanMer_Ter_6.html
Bravo pour ton excellente biblio/revue, Phil., sur ce sujet
(voir aussi sur "Avenir de l'ostréiculture au temps du virus OsHV-1"…(!?!) à
http://web.mac.com/jonaas17/Site_JONAAS/VideoReportage_Projet2.html )
Merci