vendredi 7 novembre 2008

Un saumon OGM bientôt sur les étals ?


De la nourriture génétiquement modifiée, c'est soit un grand pas en avant pour la science, soit une expérience potentiellement dangereuse. Aqua Bounty Technologies vient de créer un saumon génétiquement modifié. "Il ressemble à un saumon, il agit comme un saumon, toutes ses caractéristiques sont celles du saumon de l'Atlantique". Mais il y a une différence importante : il grandit beaucoup plus vite. Il atteint en un an la taille de saumons de 4 ou 5 ans. Reste à savoir s'il sera commercialisable. Pour l'instant, les supermarchés locaux hésitent à en acheter. Source: CBS

Le 14 janvier 2013


Le saumon transgénique AquAdvantage, produit par la firme américaine AquaBounty Technologies, vient de recevoir un nouvel aval de la Food and Drug Administration (FDA), qui juge les risques environnementaux «extrêmement faibles», dans un document rédigé fin mai et rendu public fin décembre.

Particularité de ce Frankenfish, surnom que lui donnent ses détracteurs, l’insertion d’un gène codant pour une hormone de croissance, normalement présent chez le saumon chinook, de l’océan Pacifique. Une modification génétique qui confère à l’AquAdvantage une croissance deux fois plus rapide que son cousin sauvage, le saumon atlantique.

En septembre 2010, la FDA avait déjà jugé que l’AquAdvantage «était aussi sûr que le saumon conventionnel, et qu’il y avait une certitude raisonnable pour que sa consommation ne provoque aucun mal». Une assertion contre laquelle la Consumers Union, association de consommateurs américains, continue à s’ériger, estimant au contraire que la FDA n’a pas levé tous les doutes en termes d’allergénicité.

Après l’éventuel impact sanitaire, c’est le volet environnemental de son évaluation que la FDA vient de publier le 21 décembre, un document désormais soumis aux commentaires publics pour une durée de 60 jours. Conclusion de l’agence: le risque posé par ces saumons transgéniques, tous femelles et en théorie stériles (ils sont triploïdes, porteurs de 3 copies de chaque chromosome au lieu de 2), est «extrêmement faible».

Selon le plan de production dressé par AquaBounty, les œufs de saumon seront produits au Canada, plus précisément sur l’Ile-du-Prince-Edouard. Ils seront acheminés au Panama, où les saumons seront élevés en bassin, jusqu’à maturité. Vivants, ils ne connaîtront donc jamais les Etats-Unis. Or c’est là une faiblesse majeure du rapport: les effets environnementaux au Canada et au Panama n’y sont pas évalués, la FDA n’ayant compétence qu’à les étudier sur le territoire américain.

Reste que les lieux de production, aussi bien des œufs que des saumons adultes, ont reçu la validation de la FDA: selon elle, le risque d’évasion de poissons transgéniques paraît très faible, au vu du système de sécurité mis en place....


Autre article :
Pour plus d'informations sur l'élevage de saumon et le saumon sauvage : Saumon / Salmoniculture

Pour aller pus loin...

Un rapport global citoyen sur l'état des OGM

Un nouveau rapport intitulé « Un rapport global citoyen sur l'état des OGM - Des fausses promesses, échec technologique » ("A Global Citizens Report on the State of GMOs - False Promises, Failed Technologies") a été publié par Navdanya (Inde), Navdanya international, et la Commission internationale sur l'avenir de l'alimentation avec la participation du Centre pour la sécurité alimentaire, rapports Colabora.

Le rapport se compose de contributions de groupes à travers le monde et peut être consulté à l'adresse: www.navdanyainternational.it. Les promoteurs des OGM affirment que la biotechnologie augmente les rendements, réduit l'utilisation de produits chimiques, contrôle les ravageurs et les mauvaises herbes des cultures, et fournit des semences adaptées au changement climatique telle que tolérance à la sécheresse. Toutefois, l'expérience sur le terrain révèle dans de nombreux pays que cette technologie a échoué sur tous les fronts…. Suite…

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Le 5 juillet 2012


L'industrie de l'aquaculture norvégienne s'est énormément développée ces dernières années. En 2011, plus d'un million de tonnes de poisson d'élevage a été vendu, pour une somme totale d'environ 30 milliards de couronnes norvégiennes (environ 4 milliards d'euros). Mais l'industrie doit encore surmonter de nombreux défis, tant en terme d'efficacité que sur les problématiques environnementales. L'un de ceux-ci est d'éviter que le poisson arrive à maturité sexuelle de manière précoce, c'est à dire avant qu'il n'atteigne le poids requis pour l'abattage.

"La chair n'est pas la même après maturité sexuelle. Le poisson mâle consomme beaucoup d'énergie dans le développement des gonades et cesse finalement de se nourrir, pensant entrer en période de migration de reproduction. La femelle produit des oeufs dans l'attente de la fécondation.", explique Øivind Andersen [1], chercheur à Nofima [2], le plus grand institut européen de recherche appliquée à la pêche et l'aquaculture. L'industrie est sur le point de résoudre ce problème concernant le saumon, grâce à des poissons à croissance rapide qui atteignent le poids requis avant leur maturation sexuelle. "Cette solution ne fonctionne malheureusement pas sur la morue.", indique Øivind Andersen. "Chez la morue, la majorité des poissons, mâles ou femelles, arrivent à maturité sexuelle dès l'âge de deux ans, c'est à dire bien avant d'atteindre le poids d'abattage.".

Le développement de poissons dit "triploïdes" est l'une des techniques testées pour résoudre le problème de la maturité sexuelle précoce. Les oeufs sont modifiés afin d'obtenir trois paires de chromosomes et non deux. Cela rend stériles les poissons femelles mais ne résout pas le problème des mâles. Cette technique a été développée dans les années 60 par Akvaforsk Genetics Center [3], mais a depuis été mise en attente en Norvège, les producteurs craignant l'acceptation de poissons génétiquement modifiés par le consommateur. Les saumons triploïdes sont néanmoins utilisés dans plusieurs régions du monde, notamment en Ecosse....

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Revue de presse ci-dessous


Plusieurs personnes ont manifesté jeudi matin (16 septembre 2010 ndlr) devant les installations de l'entreprise Aqua Bounty, à Fortune, à l'Île-du-Prince-Édouard, pour dénoncer le saumon transgénique. Les porte-parole des manifestants ont expliqué qu'ils craignent une contamination du saumon de l'Atlantique naturel, que l'on trouve dans l'est du Canada. Aqua Bounty produit des oeufs de saumons transgéniques destinés à des élevages au Panama. Ce saumon atteint sa maturité deux fois plus vite que le saumon de l'Atlantique.

Les manifestants craignent, en cas de contamination, que le saumon transgénique finisse par dominer, voire remplacer, le poisson naturel qui serait ensuite voué à l'extinction. Les manifestants demandent au gouvernement canadien de ne pas approuver la commercialisation du saumon modifié. Aux États-Unis, la Food and Drug Administration tiendra bientôt des audiences publiques au Maryland pour écouter les citoyens que cette perspective inquiète. Trois groupes du Canada participeront à ces audiences, dont le Conseil des Canadiens.

Stop Frankenfish


Frankenfish may have won the race to be the first genetically engineered animal approved for human consumption. The biotechnology industry has genetically engineered a fish that grows at twice the normal rate, so it can get to market sooner and make more money, faster.

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Le 15 décembre 2009

Une nouvelle étude, réalisée par l’Université de Göteborg en Suède et financée par l’UE (Projet « Ecological risk-assessment of transgenic salmon »), incite à la prudence en matière de commercialisation de poissons transgéniques (saumon et truite arc en ciel) [1]. Cette recherche a bénéficié de 202 600 euros via le programme « Marie Curie actions » du sixième programme-cadre (6ème PCRD) de l’UE. Les chercheurs demandent que les élevages de poissons transgéniques soient clairement « confinés » afin d’éviter absolument toute possibilité d’échappement. Ils préconisent même de réaliser ces élevages dans des bassins situés en pleine terre. « L’une des possibilités est d’élever les poissons transgéniques à terre, ce qui empêcherait toute évasion », explique le chercheur suédois. « Il faut au minimum maintenir les poissons fertiles dans un système clos ».

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Le 22 octobre 2009

Il y eut Dolly, la brebis clonée par une équipe scientifique écossaise en 1996. Il y a désormais Holly, un poisson « semi-cloné » par une équipe scientifique singapourienne. Le 17 octobre dernier, le professeur Hong Yunhan et deux de ses assistants du Département de biologie de l’Université nationale de Singapour ont présenté aux médias les résultats de leurs expérimentations, soulignant que leurs travaux ouvraient potentiellement la voie à un traitement de la stérilité chez l’être humain.

Selon deux spécialistes en théologie morale de Singapour interrogés par l’agence Ucanews (1), le dominicain David Garcia et le P. James Yeo, le « semi-clonage » de Holly ne pose pas en soi de problème éthique particulier dès lors que les chercheurs limitent leurs travaux à l’animal et cherchent par cette voie à comprendre certains mécanismes liés au fonctionnement des cellules. Toutefois, les deux théologiens précisent qu’il en irait tout autrement si ces recherches étaient utilisées chez l’homme, comme l’envisage le professeur Hong, qui a par ailleurs souligné qu’il faudrait de nombreuses années avant de passer de Holly à une expérimentation sur des cellules reproductrices humaines.

Holly, qui est une médaka, espèce de poissons fréquemment utilisée en laboratoire, est aujourd’hui âgée de 15 mois et compte déjà une centaine de descendants, qui se reproduisent normalement et sont en bonne santé. La percée scientifique du professeur Hong et de son équipe consiste en la réussite d’un « semi-clonage »: Holly est un semi-clone en ceci qu’elle n’est pas l’exacte copie du parent dont elle est issue; les chercheurs ont pris l’ovule d’un poisson et le sperme d’un autre poisson; les cellules spermatiques ont été bombardées aux rayons ultraviolets pour en retirer l’ADN et ont ensuite été utilisées pour féconder l’ovule; l’œuf ainsi obtenu ne comportant que l’ADN issu de l’ovule, les cellules, dites haploïdes, issues de cet œuf ont été combinées avec un ovule d’un autre poisson, pour finalement produire Holly (2). Les recherches à travers le monde pour obtenir un être vivant de cette manière avaient débuté dès 1983 mais, face à des échecs répétés, la plupart des équipes scientifiques avaient abandonné cette voie. Le professeur Hong a expliqué son succès par la persévérance, ne cachant pas qu’il faudrait encore dix ans avant d’envisager un transfert de cette technique à l’homme mais soulignant que c’était là une voie prometteuse car, contrairement au clonage, le semi-clonage permet de générer un être vivant distinct de son parent....

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Le 28 juin 2010

Le frankenfish serait donc en marche. Selon le New York Times, l’administration américaine de l’alimentation et des médicaments (FDA) pourrait engager la phase finale de la procédure d’approbation d’un saumon transgénique dès l’automne. Cinq des sept chapitres du dossier d’autorisation déposé par la firme AquaBounty seraient d’ores et déjà acceptés par la FDA, a annoncé l’entreprise il y a quelques jours.
Ce saumon OGM comporte deux gènes introduit: l’un —tiré d’un salmonidé— stimule la production naturelle d’une hormone de croissance, et le second —tiré d’un autre poisson active le premier. Au final, selon AquaBounty, le saumon atteindrait sa taille de commercialisation deux fois plus vite que le même saumon élevé en pleine mer…..

Ces deux poissons ont le même âge, celui du fond a été génétiquement modifié pour grandir plus rapidement.
Un saumon transgénique pourrait être autorisé à la vente aux États-Unis. Pour la première fois, un animal génétiquement modifié serait utilisé pour l'alimentation.
 
Aujourd'hui, quand on parle d'OGM, on pense immédiatement à des céréales. Demain, des animaux génétiquement modifiés pourraient être vendus pour être consommés. Le New York Times a révélé que les autorités sanitaires américaines (La FDA) envisagent d'autoriser prochainement à la vente un saumon atlantique transgénique, qui grandirait deux fois plus rapidement que les espèces classiques.
 
La société Aquabounty cherche à obtenir l'approbation de la FDA depuis plus de dix ans. Pour obtenir une croissance accélérée, cette entreprise a modifié un gène qui régule les hormones de croissance. Un saumon normal ne produit pas ces hormones dans l'eau froide, celui d'Aquabounty en génère toute l'année. Résultat : ces poissons atteignent leur taille adulte entre 16 et 18 mois, contre 3 ans pour les saumons d'élevage actuels.....

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Le 26 août 2010


La Food and Drug Administration (FDA) américaine a annoncé la mise en place d’une consultation publique de 60 jours sur une question délicate : accepteriez-vous dans vos assiettes du saumon génétiquement modifié ? Le processus d’approbation pourrait prendre moins d’un an, et si le feu vert est donné à la commercialisation du poisson, ce dernier pourrait se retrouver sur le marché dans 18 mois. La question est de taille, car l’approbation pourrait ouvrir la voie au commerce de nombreux autres animaux GM à consommer….. Pour arriver à ce résultat génétique, une hormone de croissance a été prélevée d’un saumon chinook (Oncorhynchus tshawytscha, une espèce des eaux froides), pour être jointe à une séquence ADN (promoteur) appartenant à la loquette d’Amérique, une sorte d’anguille, explique John Buchanan, scientifique en chef chez AquaBounty. Ce mélange génétique est ensuite injecté dans les œufs des saumons d’Atlantique. Le génome du poisson se charge du reste, l’ADN se répartissant ensuite chez le poisson. Outre cette manipulation, le saumon est rendu stérile, pour éviter les interactions avec les autres espèces….

Voir le document de la Food and Drug Administration (FDA) concernant les consultations publiques sur le saumon atlantique génétiquement modifié : Public Meetings on Genetically Engineered Atlantic Salmon

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Le 7 septembre 2010

Pour la FDA, le saumon OGM est sûr du côté élevage comme du côté alimentaire

Dans un rapport, les experts de Food and Drug Administration (FDA) indiquent que le saumon OGM était aussi bon que n’importe quel saumon de l’atlantique et qu'ils ne voyaient « aucune différence biologique pertinente » en vitamines, minéraux et acides gras. Il est « hautement improbable » que ces poissons causent de dommages significatifs à l'environnement, ajoute le rapport.

Les saumons AquAvantage qui « poussent » 2 fois plus vite que leurs homologues naturels, pourraient être vendu dans un délai de 2 à 3 ans. Les détracteurs du saumon OGM ont exprimé leur crainte à savoir la création de poissons mutants qui pourraient nuire aux populations sauvages s’ils s’échappaient dans la nature. C’est aussi la porte pour la production de truite et de tilapia OGM. Une réunion publique se tiendra le 19 septembre prochain. Source : GM salmon ‘safe to be farmed and eaten’ says FDA (Fishnewseu)


Un saumon transgénique à la croissance accélérée pourrait devenir le premier animal OGM autorisé à être servi dans les assiettes aux États-Unis. La FDA estime en effet que ce saumon est propre à la consommation et pose très peu de risque pour l’environnement.

D’après le comité vétérinaire de la FDA (Food and Drug Administration), un filet de saumon transgénique AquAdvantage ne diffère pas d’un filet de saumon de l’Atlantique classique. Sa consommation n’est donc pas dangereuse pour l’humain, estime avec «une certitude raisonnable» l’autorité de régulation sanitaire. Un bémol tout de même : des incertitudes demeurent sur les risques d’allergie et sur ce point l’autorité recommande davantage d’études.

Hormone de croissance - Le saumon transgénique mis au point par la société AquaBounty Technologies atteint sa taille adulte plus rapidement que le saumon de l’Atlantique qui est sur les étals et peut donc être commercialisé au bout de 16 mois de culture au lieu de 18 mois. Sa taille finale est la même qu’un saumon non transgénique élevé en ferme aquacole, précise la firme américaine.

Pour obtenir ce poisson à croissance rapide, AquaBounty Technologies a modifié l’expression d’un gène produisant une hormone de croissance chez un saumon du Pacifique (saumon chinook) à l’aide d’un gène antigel présent chez une autre espèce, une anguille de roche américaine (Zoarces americanus). Normalement le saumon ne produit l’hormone de croissance que lorsqu’il est dans une eau chaude. La version transgénique la produit toute l’année, ce qui accélère sa croissance.

Risque de dissémination - L’une des principales craintes des opposants à ce saumon transgénique est de voir quelques spécimens s’échapper dans l’environnement et concurrencer les espèces naturelles. La FDA estime de son côté qu’avec les barrières physiques et biologiques mises en place par AquaBounty Technologies sur les sites de production des œufs au Canada et au Panama, la probabilité d’une dispersion des saumons OGM «est très basse». On peut donc s’attendre à ce que l’élevage de ces saumons n’ait pas «un impact significatif» sur la qualité de l’environnement, conclut le document.

La décision finale de la FDA, qui peut s’accompagner d’une demande spécifique d’étiquetage, ne sera connue que dans quelques semaines. L’autorité fédérale organise auparavant trois jours de débat public, du 19 au 21 septembre, au sujet de ce saumon transgénique. Jusqu’à présent aucun animal transgénique n’a été autorisé par la FDA à entrer dans la chaîne alimentaire humaine.

Données insuffisantes - Une coalition d’associations dénonce cet avis de la FDA (Center for Food Safety, Food and Water Watch etc..). Selon ces organisations de défense du consommateur, de la pêche ou de l’environnement, l’analyse s’appuie sur des données insuffisantes et partiales. Cela fait des années qu’AquaBoutny Technologies attend cette autorisation et la coalition s’étonne que les études de morphologie ou d’allergénicité ne reposent que sur 12 poissons. Ces opposants demandent davantage d’informations et de transparence de la part de la FDA.

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Le 10 septembre 2010 : Avis des canadiens


Les autorités étasuniennes pourraient très prochainement autoriser la vente d’une variété de saumon transgénique. Selon l’Administration des produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA), le saumon génétiquement modifié AquAdvantage est en tous points semblable à son cousin de l’Atlantique. Conclusion de la FDA : il existe une « certitude raisonnable » que sa consommation ne pose aucun risque pour la santé. Ce poisson d’un nouveau genre pourrait donc très vite se retrouver sur les tablettes des supermarchés chez nos voisins du Sud.

Un plus pour la chaîne alimentaire… La FDA a prévu de statuer sur le cas de cette nouvelle variété de saumon d’ici à quelques semaines. Si les autorités de régulation sanitaires donnent leur feu vert, ce sera la première fois qu’un animal génétiquement modifié va pénétrer dans la chaîne alimentaire humaine.

De son côté, Santé Canada se borne à répéter que « à l’heure actuelle, la vente d’aliments provenant d’animaux génétiquement modifiés n’est pas autorisée au Canada ». Mais le ministère prend soin de préciser qu’« il est impossible de dire, à ce stade-ci, si la vente de tels aliments sera autorisée ». Avant qu’une telle décision puisse être prise, souligne-t-il, « il faudrait procéder à une évaluation scientifique complète de leur innocuité et de leur qualité nutritionnelle ».

Élaboré par la compagnie étasunienne AquaBounty Technologies, le saumon AquAdvantage a été modifié génétiquement de façon à arriver à maturité deux fois plus vite que ses congénères sauvages. Ce qui permet de le commercialiser au bout de 16 à 18 mois au lieu de trois ans. La firme assure également que son nouveau produit permettra de répondre à la demande croissante des consommateurs tout en soulageant les populations actuelles de saumons sauvages. « Je pense que cette technologie peut aider à soutenir une chaîne alimentaire sûre et pérenne », affirme son directeur général, Ronald Stotish.

… ou une menace pour l’environnement ? -


La vaste majorité des associations de protection de l’environnement et de défense des consommateurs sont d’un tout autre avis. Au total, plus d’une trentaine de groupes, dont le Center for Food Safety, le Food and Water Watch et la Consumers Union, ont demandé à la FDA qu’elle rejette le saumon AquAdvantage.


Ils estiment en effet qu’il représente une grave menace potentielle pour l’environnement. Et spécialement une menace de « pollution génétique » au cas où quelques spécimens de saumons s’échapperaient dans la nature et concurrenceraient leurs congénères.


Ainsi, une étude publiée aux États-Unis indique que si 60 saumons modifiés génétiquement se retrouvaient dans l’océan, cela pourrait mener à l’extinction d’une population de 60 000 saumons sauvages en moins de 40 générations.

Plusieurs spécialistes s’inquiètent aussi du manque de transparence de la FDA en ce qui concerne l’impact des aliments modifiés génétiquement sur la santé humaine et l’environnement. Dans un article publié en juin dans le New York Times, Margaret Mellon, responsable des questions d’alimentation et d’environnement à l’Union of Concerned Scientists, déplore le fait que « personne n’a accès aux données complètes ».
La porte ouverte à d’autres OGM....

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Le 21 septembre 2010


Des experts ont appelé les autorités sanitaires américaines à retarder l'autorisation de mise sur le marché. Ils estiment que les connaissances restent insuffisantes sur ce saumon, qui serait le premier animal transgénique consommé outre-Atlantique….

Le saumon d'AquaBounty est un saumon de l'Atlantique auquel on a ajouté deux gènes pour lui permettre de grandir tout au long de l'année, et non par périodes comme ses congénères «normaux». L'un, issu du saumon Chinook, favorise la production d'une hormone de croissance. Il est associé à autre un gène issu du tacaud qui joue le rôle d'un «antigel» pour permettre à l'animal de se développer même dans une eau froide. Résultat : le «super saumon» atteint sa taille optimale en 16-18 mois, contre 30 pour un individu «normal»….

Pas de mention spéciale sur l'étiquette - Autre sujet d'inquiétude des experts : les conséquences d'un mélange d'individus OGM avec des espèces sauvages, en cas de fuites accidentelles. La FDA est d'accord avec AquaBounty, pour estimer que ce danger est inexistant puisque les saumons génétiquement modifiés seront exclusivement élevés dans des piscicultures au Panama et au Canada. En outre, dans l'hypothèse où un spécimen s'échapperait, les rivières proches des élevages seraient trop chaudes et trop salées pour permettre aux saumons de survivre, estime la société. Mais certains membres du comité d'experts ont là aussi souhaité que soient menées des études d'impact environnemental de plus grande envergure, notamment pour étudier ce qui pourrait se passer si ce poisson venait à être élevé à grande échelle. Après la sécurité alimentaire et environnementale, ce devrait être au tour de l'étiquetage de créer le débat mardi, lors d'une nouvelle audition de la FDA. En effet, une fois l'autorisation sanitaire obtenue, rien n'oblige le distributeur, selon la législation américaine, à signaler qu'un produit est génétiquement modifié. Mais plusieurs organisations de consommateurs ont prévu de plaider pour un étiquetage spécifique, estimant que les acheteurs ont le droit de savoir ce qu'ils vont manger. Les doutes émis lundi par les experts devraient repousser à plusieurs mois l'approbation de la FDA. Mais même si cette étape était franchie, il faudra encore au moins deux ans avant de trouver le saumon OGM sur les étalages américains.....

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Le 22 septembre 2010 : Discussion autour de l'étiquetage du saumon transgénique


L'autorité américaine de régulation des médicaments et des aliments (FDA) a examiné mardi la question sensible de l'étiquetage d'un saumon OGM, dont elle pourrait autoriser la commercialisation, et en faire le premier animal transgénique sur le marché. La FDA a rappelé que selon la législation en vigueur, ce saumon, produit par la société américaine AquaBounty Technologies, "ne serait pas étiqueté comme produit transgénique" car étant biologiquement identique aux autres saumons…..

Michael Hansen, un biologiste de Consumer Union, l'une des plus grandes organisations américaines de défense des consommateurs, a rejeté mardi l'argument de la FDA selon lequel il n'y a aucune différence biologique entre les saumons transgéniques et les autres. Il a souligné le risque allergique accru et les études trop limitées de AdquaBounty sur cette question. "La FDA devrait de ce fait requérir un étiquetage spécial pour s'assurer que tout effet secondaire inattendu sur la santé résultant de la consommation de ce saumon transgénique puisse être immédiatement détecté", a-t-il dit. Il a rappelé que, "récemment, certains médicaments autorisés par la FDA comme étant sans risque ont provoqué des effets secondaires imprévisibles après qu'ils furent distribués largement". "Les Américains veulent pouvoir choisir et pour ce faire un étiquetage du saumon transgénique est impératif", a insisté Anna Zivian, de l'organisation de défense de la nature "Ocean Conservancy". Selon un sondage conduit aux Etats-Unis en 2008 par Consumer Union, 95% des Américains estiment que des aliments provenant d'animaux transgéniques devraient avoir un étiquetage spécial.

S'ils rejettent un étiquetage imposé, des représentants de pêcheries industrielles, comme Elliot Entis, de l'American Salmon Company, ne sont pas contre l'idée d'indiquer volontairement la nature transgénique de leur poisson, mais selon leurs propres termes. La FDA note que l'étiquetage volontaire est légal s'il n'est pas trompeur.

Bruce Chassy, professeur de science alimentaire à l'Université de l'Illinois, va plus loin: il estime que les consommateurs désirant seulement des produits non transgéniques devraient être prêts à payer davantage car ils sont plus chers à produire. "C'est leur droit de faire ce choix, mais ils devront en payer le prix car il n'y a aucune différence scientifiquement établie avec les OGM", a-t-il affirmé. Val Gildings, du cabinet d'experts PrometheusAB Inc, a aussi regretté "les inquiétudes suscitées dans le public par les OGM car elles sans fondement scientifique". Enfin Bill Muir, de l'American Society of Animal Science, voit dans l'étiquetage du saumon OMG l'occasion de promouvoir ces produits qualifiés d'"alternatives pro-écologiques" qui permettent de réduire la sur-pêche dans l'océan.

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Le 15 octobre 2010


La Food and Drug Administration (FDA) examine actuellement la possibilité d'autoriser l'élevage et la commercialisation de saumon génétiquement modifié pour la consommation humaine. Proposé par Aqua Bounty Technologies, Inc. (ABT) et nommé AquAdvantage, il s'agit d'un saumon capable de synthétiser des hormones de croissance tout au long de l'année, contrairement au saumon atlantique classique qui stoppe sa production en saison froide. Cela permet au saumon de grandir plus vite, et d'atteindre sa taille de commercialisation en 18 mois au lieu de 36.

La FDA a précédemment autorisé l'utilisation d'animaux OGM pour la recherche ou comme animaux de compagnies, et les cultures OGM sont très répandues aux Etats-Unis, représentant même la majorité de la production pour certaines variétés comme le soja, le maïs ou le coton. Cependant, il n'existe aucune loi spécifique à la réglementation des cultures ou animaux OGM, ceux-ci sont régulés par un ensemble complexe et hétérogène de lois par la FDA, l'Environmental Protection Agency ("Agence de Protection de l'Environnement") et le USDA ("Département de l'Agriculture").

Des sénateurs inquiets….

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Le 15 octobre 2010


Les scientifiques mandatés par l'agence gouvernementale américaine Food and Drug Administration (FDA) estiment que le saumon génétiquement modifié « Aquadvantage » est apte à la consommation. La FDA prendra sa décision d'ici quelques mois….. ces experts ont conclu qu’il n’y avait pas de différence biologique entre le saumon classique et l’Aquadvantage. Il leur parait donc bon pour la consommation. «Je ne serais pas inquiet de manger ce genre de poisson », a déclaré l’un des intéressés, Gary Thorgaard, de l’université de l’État de Washington. Et ce malgré les réserves émises par l’Union of Concerned Scientists et l’association de consommateurs Consumers Union, qui ont rebaptisé ce saumon «frankenfish», le poisson Frankenstein. Les fonctionnaires de la FDA doivent encore attendre les réactions du public, puis dans quelques mois, ils publieront leur avis définitif….

La décision de la FDA est attendue avec impatience par de nombreux universitaires. Car derrière l’Aquadvantage se profilent d’autres poissons modifiés. Les chercheurs d’AquaBounty planchent en ce moment sur une truite arc en ciel. Un cochon génétiquement modifié est également à l’étude. Les chercheurs de l’université de Guelph, dans l’Ontario, viennent en effet de produire un Enviropig, capable de mieux digérer et de produire un purin « plus écologique ». Tout un programme.


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Le 30 août 2010 :

Des associations disent « Non » au saumon OGM


Une coalition de 31 associations de consommateurs, de bien-être animal, de la nature, de pêche professionnelle et récréative ainsi que des détaillants en alimentation ont publié une déclaration commune critiquant l'annonce de l’administration américaine Food and Drug Administration (FDA) qui vient d’annoncer qu’elle pourrait approuver la mise sur le marché des saumons transgéniques AquAvantage comme les premiers animaux génétiquement modifiés (OGM) destinés à la consommation humaine. Source : Coalition demand thumbs-down for genetically engineered fish (Fishnewseu)


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Parlement européen : Questions parlementaires du 22 juillet 2010

Question avec demande de réponse écrite à la Commission de Ioannis A. Tsoukalas (PPE) et Theodoros Skylakakis (PPE)


Selon des publications récentes, la Food and Drug Administration (FDA, l'administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments), examine sérieusement la possibilité d'approuver le premier animal génétiquement modifié, une espèce de saumon, qui se développera deux fois plus rapidement que le saumon ordinaire.

La société qui s'occupe de la «création» de l'espèce génétiquement modifiée fait valoir que le poisson ne pourra pas se reproduire et, partant, ne constituera pas une menace pour la population sauvage. Elle prétend également qu'il constituera un mode énergétiquement plus performant de reproduction de cet aliment nourrissant pour l'homme.

Cette éventualité a déjà causé beaucoup d'inquiétude et d'hésitation parmi les organisations environnementales, les cercles scientifiques, le secteur de la pêche et de l'aquaculture ainsi que parmi les consommateurs, puisqu'il n'est pas encore clair si le saumon concerné sera accompagné de l'étiquette d'information pertinente lors de sa commercialisation.

Sur la base de ce qui précède, la Commission pourrait-elle répondre aux questions suivantes :
1. A-t-elle connaissance de ce fait et quel est son avis sur l'approbation probable du premier animal génétiquement modifié directement destiné à la consommation humaine? Une demande pertinente est-elle déposée auprès de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA)? Quel est le nombre de demandes portant sur l'approbation d'organismes végétaux et animaux génétiquement modifiés qui sont déposées et examinées par l'autorité européenne compétente?
2. Quelle protection l'UE peut-elle fournir aux consommateurs européens ainsi qu'aux pêcheurs et aquaculteurs européens qui se sentent menacés? Existe-t-il une législation relative aux animaux génétiquement modifiés, étant donné que, jusqu'à présent, les organismes génétiquement modifiés étaient limités aux cultures (maïs, soja et leurs dérivés) et aux aliments pour animaux et sont traités par le règlement (CE) no 1829/2003(1) concernant les denrées alimentaires et les aliments pour animaux génétiquement modifiés?
3. Estime-t-elle que pareille éventualité pourrait représenter une solution à la demande accrue en produits de la pêche et pour une meilleure protection de la biodiversité des mers de l'UE?

(1) JO L 268 du 18.10.2003, p. 1.


La Commission est consciente que la Food and Drug Administration (FDA) est en train d'examiner une demande portant sur les aliments dérivés d'organismes génétiquement modifiés (GM) pour la commercialisation du saumon aux États-Unis.

1. Cette question en ce qui concerne le saumon GM a déjà été analysé par la Commission dans la récente réponse à la question écrite E-5295/10, à laquelle l'honorable membre est bien visée.
2. La législation européenne offre une protection de la santé et l'environnement en vertu du règlement (CE) n ° 1829/2003 concernant les denrées alimentaires et aliments pour animaux(1) et en vertu de la directive 2001/18/CE sur la dissémination volontaire dans l'environnement des OGM(2). La mise sur le marché d'animaux GM ne peut avoir lieu après la santé et les aspects environnementaux ont été évalués par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et une autorisation de l'UE a été accordée en vertu.

Il est important de souligner que la législation de l'UE veille à ce que les consommateurs sont informés de la caractéristique de GM ou la nature des produits à travers un étiquetage clair, ce qui leur donne un droit effectif de choisir entre produits OGM et non-GM.

La Commission estime que les progrès de la science et la technologie, y compris en matière de biotechnologie, pourraient contribuer à la croissance de la production de produits de l'aquaculture de l'UE. Toutefois, et conformément au principe de précaution, une évaluation complète de l'potentiels pour la santé humaine et animale et les risques environnementaux seraient requises par la législation de l'UE dans le cas d'une demande liée à la commercialisation des poissons génétiquement modifiés est soumise dans l'UE.

(1) JO L 268 du 18.10.2003, p. 1.
(2) JO L 106 du 17.4.200

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Le 26 novembre 2010

Un colloque sur les poissons génétiquement modifiés à Paris


Le projet de recherche Dogmatis (pour « Défi des OGMs Aquatiques, Impacts et Stratégies »), financé par l'ANR et coordonné par l’Inra, tient son colloque de clôture les 22 et 23 novembre 2010. Ce projet a associé pendant plus de trois ans des spécialistes de différentes disciplines afin d’aborder dans toutes ses composantes la question des poissons génétiquement modifiés. Y a-t-il un risque avéré pour que de tels poissons se retrouvent dans nos assiettes ? Les lois françaises et européennes permettent-elles de protéger les consommateurs et les professionnels de la filière aquacole ? Quels apports peut-on attendre des innovations scientifiques et technologiques ? Lors de ce colloque à vocation participative, la pertinence des réponses apportées par les experts du projet sera examinée par une diversité d’intervenants (scientifiques, représentants de la société civile, professionnels de la filière, etc.). L’objectif : construire ensemble les suites à donner, par exemple en termes de recommandations sur la traçabilité, la législation, et d’identification de nouvelles pistes de recherche….

Les partenaires du projet sont AgroParisTech, ANR, Cnrs, Insa Lyon, Inra, Université de Nice – Sophia Antipolis, Université de Toulouse – Le Mirail.

Pour plus de précisions : https://colloque.inra.fr/dogmatis


Questions du journal de l'environnement

L’arrivée des poissons GM dans nos assiettes est-elle donc pour bientôt ?
Non et pour plusieurs raisons. L’autorisation pour le saumon GM aux Etats-Unis n’est pas acquise. L’élevage d’un PoGM impliquerait des conditions d’élevage strictes et donc un coût très élevé. Le moratoire européen sur les OGM dans l’alimentation s’appliquerait aux poissons. Enfin, les acteurs de la filière aquacole française y sont défavorables. Toutefois, si le risque à court terme est écarté, le risque à moyen terme est plus difficile à évaluer. Les technologies et la connaissance avancent très vite.

Quels sont les risques potentiels pour les consommateurs ?

Une analyse bibliographique approfondie a permis d’identifier 5 espèces (saumon, truite arc-en-ciel, carpe, tilapia, anguille japonaise, poisson-zèbre) susceptibles d’intéresser des producteurs. Sur le marché français, seuls le saumon et le tilapia sont à prendre en considération. Largement consommé en France (140.000 tonnes/an), le saumon provient principalement de Norvège, de Grande-Bretagne et du Chili. La provenance du tilapia, beaucoup plus marginal (environ 3.200 tonnes importées/an) est multiple et très opaque.

Concernant les impacts sanitaires, au vu de la complexité de la transgénèse chez le poisson, il sera nécessaire de conduire des évaluations spécifiques pour chaque espèce. Pour le saumon à croissance rapide par exemple, l’analyse se focalisera sur l’analyse des taux d’hormone de croissance dans la chair du poisson et sur l’évaluation des effets chez l’homme.

Comment les citoyens perçoivent-ils ce produit?....


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L’objectif du projet DOGMATIS est une analyse multidisciplinaire des impacts potentiels des poissons génétiquement modifiés (PGM) au sens large, et en particulier les conséquences d’une importation fortuite. Il regroupe biologistes, socio-économistes, juristes et philosophes, qui co-construiront les résultats suivants i) réalités techniques et évolution de la production, ii) conditions de traçabilité, iii) adaptations de la législation, iii) risques de présence fortuite incluant la perception et v) épistémologie des modèles et bioéthique.

Aux Etats-Unis, un poisson d’ornement transgénique fluorescent est autorisé à la commercialisation depuis 2003 (GloFish®) et une demande d’autorisation d’un saumon transgénique à croissance améliorée (AquAdvantage™ salmon) est en cours d’examen. Il est très peu probable que ces poissons génétiquement modifiés arrivent de manière volontaire dans notre assiette car les producteurs piscicoles français et européens en désapprouvent l'utilisation. De plus, compte tenu des lois américaines de protection sur l’environnement et des risques environnementaux encourrus, ces poissons seraient produits en circuits protégés à un coût prohibitif. Mais tous les pays n’ont pas de lois aussi drastiques ! Par conséquent, le risque de présence fortuite de ces poissons dans nos assiettes ne peut être ignoré par la recherche et le gouvernement. Nous nous sommes posé des questions simples :
  • le risque d'une présence fortuite de poissons génétiquement modifiés dans l'alimentation existe-t-il ? est-il important ?
  • Les lois et régulations françaises et européennes suffiraient-elles à nous en protéger et à protéger la filière française des produits d’aquaculture ?
  • Les dernières innovations technologiques en génie génétique vont-elles diminuer ce risque ? En particulier essaye-t-on d'améliorer des poissons sur d’autres critères que la taille ?
D'un point de vue philosophique, la technique de transgénèse est-elle une innovation comme les autres ? Comment définit-on ses risques et ses bénéfices ?

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17 décembre 2010


Les grandes compagnies de biotechnologie qui développent les organismes génétiquement modifiés ont dépensé plus d'un demi-milliard de dollars en contribution pour les campagnes de communication et le lobbying au cours de la dernière décennie. Une étude réalisée en septembre 2010 par Thomas Reuters, montre que 64% des Américains interrogés, s'inquiètent de la sécurité des aliments génétiquement modifiés (GM) et que 93% des membres de ce panel souhaitent que les aliments GM soient étiquetés. C'est dans ce contexte, que nous annoncions, dans un précédent bulletin [1] que le premier animal (GM), destiné à la consommation humaine, était sur le point d'être autorisé par la Food and Drug Administration (FDA). Il s'agit d'un saumon transgénique nommé AquAdvantage et développé par la société AquaBounty Technologies basée dans le Massachusetts. Il possède la caractéristique d'atteindre sa taille adulte deux fois plus rapidement que l'espèce sauvage. Les audiences publiques du mois de septembre n'ont pas permis à la FDA de prendre position quant à l'innocuité de ce produit et la décision finale a été reportée. Le Veterinary Medicine Advisory Committee (VMAC) de la FDA a demandé que des recherches supplémentaires soient faites pour évaluer ce nouveau produit. Certains groupes de consommateurs, et hommes politiques (membres du Congrès et du U.S. Fish and Wild Life Service) s'opposent à l'autorisation du saumon GM. Par ailleurs, une récente étude publiée dans Science remet en question la procédure mis en oeuvre par la FDA pour décider d'autoriser ou non ce produit.
L'avis des consommateurs….
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Le 15 janvier 2011


André Taillon (Tribune libre de Vigile)

Après l’agroculture, les OGM et la mort des abeilles, voici l’Aquaculture et les saumons génétiquement modifié !

Quand va s’arrêter la bêtise humaine dites-le moi ?

Selon la firme Américaine Aqua Bonty sur la page d’accueil de leur site web on peut y lire « Notre mission est de jouer un rôle important dans « La révolution bleue » regroupant les sciences biologiques et la technologie moléculaire pour permettre à une industrie aquacole de « conquérir le marché à l’échelle mondial »Notre industrie ce veut respectueuse de l’environnement afin de produire des fruits de mer de haute qualité. Un taux de croissance accrue, une meilleure résistance à la maladie, de meilleurs taux de conversion alimentaire, les cycles de reproduction gérable, et l’utilisation plus efficace des systèmes de production aquatique sont tous des éléments importants de l’industrie de l’aquaculture durable de l’avenir. »

ALLO 2 fois ALLO !

Comme le rapportait le mouvement Québec renouveau dans son édition de janvier « Le problème est que la FDA, seul organisme légalement compétent aux États-Unis pour délivrer ce genre d’autorisation, n’emploie aucun spécialiste des pêcheries et de l’aquaculture. Et pourtant, c’est bien cette administration qui, comme cela se voit très souvent pour les médicaments, est juridiquement compétente pour autoriser tous les débordements les plus dangereux des industries capitalistes qui veulent par mille et un moyens faire de l’argent trop facilement. Monsanto, dans l’agriculture, connait très bien les voies à emprunter pour séduire les fonctionnaires de la FDA et a souvent eu recours à des autorisations délivrées trop rapidement et sans étude sérieuse. Les œufs de ces saumons sont actuellement produits tout près de chez nous à titre expérimental, à l’Ile-du-Prince-Édouard, et transportés au Panama pour y être produits en masse par la suite. »

Après avoir vidé la plus belle rivière à saumon du monde (la MOISIE) les Américains rapportent quelques spécimens pour en faire une reproduction artificielle de masse dans leur laboratoire avant que la rivière soit contaminer avec leur projet d’Uranium. Faut être malade pas à peut prêt !

Tout ce qu’il y a de plus beau au Québec on se le fait voler, les pêcheurs Québécois doivent remettre les saumons à l’eau, pas les Américains !
La Rivière Moisie aux Américains….

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Le 6 mai 2011


Plus grand, plus vite plus grand, l'AquAdvantage® Salmon devrait être bientôt autorisé par les Etats-Unis. Avec quels risques?

Il sera fumé ou non, rose à l’arête, parfois associé à l’oseille. Mais dans tous les cas, il sera génétiquement différent de ses congénères: le saumon transgénique —d’origine américaine— est annoncé sur les étals planétaires. La Food and Drug Administration (FDA) américaine devrait, sous peu, donner son feu vert à la consommation —par l’homme— d’un saumon dont le patrimoine génétique a —par l’homme— été modifié. Si l’on excepte le cas très particulier des huîtres dont on a augmenté le nombre des chromosomes (huitres triploïdes), ce poisson sera le premier animal transgénique proposé à la consommation humaine.

Les différents animaux transgéniques qui avaient jusqu’ici été créés l’étaient à des fins de recherche scientifiques ou de production de médicaments; jamais à des fins alimentaires. Et tout laisse penser que la commercialisation de ce saumon d’un nouveau genre relancera la polémique récurrente sur les risques sanitaires et environnementaux inhérents à la consommation d’organismes végétaux génétiquement modifiés ou d’animaux obtenus à partir de la technique du clonage.

De qui s’agit-il ? Ce nouvel animal, protégé par brevet depuis 1996, a été créé par des généticiens d’AquaBounty Technologies. Cette société américaine s’est fixé comme objectif de participer au mieux à la «Révolution bleue», et ce en utilisant toute la gamme des biotechnologies pour augmenter la production et la rentabilité de l’industrie aquacole.
Ce poisson qui a déjà un nom de marque (AquAdvantage® Salmon) était au départ un saumon Atlantique (Salmo salar), une espèce présente dans les zones tempérées et arctiques de l'océan du même nom; un poisson aujourd’hui élevé de façon intensive, pour l’essentiel en Norvège (production annuelle de près d’un million de tonnes).

Un saumon qui grandit deux fois plus vite que son congénère non OGM....

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